Brèves

Le gouvernement recule (semble reculer) sur les planchers des indemnités prud’homales pour licenciement abusif

Brève, vivelepcf, 26 mars 2016

Quelques voix, dont la nôtre, ont dénoncé le double mauvais coup qui se cachait derrière le projet d’encadrement des indemnités fixées par le juge (les prud’hommes) en cas de licenciement abusif, dans l’avant-projet de loi El-Khomri.

Toute l’attention a été focalisée sur le plafonnement des indemnités. Rien n’a été dit sur la disparition du plancher fixant à 6 mois minimum l’indemnité due par l’employeur, en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, au salarié ayant plus de 2 ans d’ancienneté, travaillant dans une entreprise de plus de 11 salariés. Ce dernier point aurait des conséquences néfastes beaucoup plus larges contre les salariés.

L’annonce par Hollande et Valls de l’abandon du projet de plafonnement et de son remplacement par un barème indicatif ne signifiait pas le rétablissement du plancher.

Finalement, du moins à l’étape du projet de loi déposé le 24 mars par le gouvernement au bureau de l’Assemblée nationale, l’ensemble de l’article 30 de l’avant-projet El-Khomri disparaît. Pour l’instant donc, le second alinéa de l’article L-1235-3 du code du travail, qui devait initialement être supprimé et remplacé, est donc maintenu. C’est là qu’est fixé le plancher de 6 mois.

Reste à veiller à ce que la disposition antisociale ne réapparaisse pas via un amendement dans la discussion parlementaire.

Reste surtout le fait que la CFDT s’est bien gardée d’aborder ce point lorsque, par complaisance avec le gouvernement, elle a fait de l’abandon du plafonnement l’un des motifs de son ralliement au projet de loi de casse du code du travail.

Attentats de Bruxelles – réactions de partis communistes (PCP – KKE – DKP)

Le Parti communiste portugais condamne les attentats en Belgique

 

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Déclaration du PCP, 22 mars 2016, traduite par MlJ pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».

Le PCP condamne formellement les attentats qui se sont produits aujourd’hui à Bruxelles et exprime sa consternation et ses condoléances aux familles des victimes ainsi que sa solidarité avec le peuple belge.

Le PCP souligne que le terrorisme – quels que soient ses causes, ses formes et ses buts affichés – sert toujours les stratégies et les intérêts les plus réactionnaires et les plus sombres. Il est inséparable des politiques d’exploitation et d’oppression comme de la logique du militarisme et de la guerre.

Le PCP attire l’attention sur les dangers d’instrumentalisation des sentiments sincères d’indignation pour imposer des mesures antidémocratiques, pour mettre en place des politiques inhumaines concernant le drame des réfugiés, encore plus attentatoires aux droits, aux libertés et aux garanties fondamentales, ainsi que pour développer les sentiments racistes et xénophobes qui ont nourri la poussée des forces d’extrême-droite et fascisantes en Europe.

Le PCP rappelle également que la réponse aux crimes, tels que ceux qui viennent d’être perpétrés dans la capitale belge, ne passe pas par un renforcement du militarisme et de l’interventionnisme de l’Union européenne, comme les guerres contre des Etats souverains du Moyen-Orient, d’Afrique-du-Nord ou d’Asie Centrale le montrent. Elles ne font qu’alimenter la croissance dangereuse des groupes rétrogrades et xénophobes et leur action terroriste.

La réponse nécessaire au terrorisme et à la logique de conflit qu’il alimente passe nécessairement par la lutte contre ses causes profondes – politiques, économiques et sociales –, par la défense et l’affirmation des valeurs de liberté, de démocratie, par le respect de la souveraineté et de l’indépendance des États et par une politique de détente dans les relations internationales, de dialogue et de paix.

 

 

Le SG du CC du Parti communiste grec (KKE) condamne les attentats de Bruxelles

Ces actes meurtriers font monter les dangers de nouvelles interventions et de mesures répressives

Dans sa déclaration sur les attaques meurtrières à Bruxelles, le secrétaire général du Parti communiste grec (KKE), Dimitri Koutsompas a insisté sur les points suivants ( traduction MlN pour Solidarité internationale PCF – vivelepcf »), 23 mars 2016

« Nous condamnons les actes meurtriers commis à Bruxelles et exprimons, naturellement, une nouvelle fois, notre entière solidarité avec le peuple belge et avec les familles des victimes. Ces actes meurtriers servent, fondamentalement, à faire monter encore les dangers de nouvelles interventions, de nouvelles guerres, le développement de l’activité terroriste, comme à susciter des mesures répressives contre les peuples, une poussée de la xénophobie et du racisme. Ces phénomènes sont à combattre, non seulement en Belgique, mais en Europe et dans le monde entier. »

 

 

Attentats de Bruxelles/déclaration du Parti communiste allemand (DKP) : « combattre les causes profondes de la terreur »

Traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf », 23 mars 2016

« Le Parti communiste allemand (DKP) condamne les attentats de Bruxelles. Nous adressons aux familles des victimes toutes nos condoléances. Nous souhaitons aux services de secours toute la réussite possible.

Le gouvernement belge a essayé ces derniers mois de prévenir le danger d’une attaque terroriste. Il a déployé des patrouilles de soldats et de policiers. Les perquisitions, les alertes au terrorisme n’ont pas pu empêcher les attentats. Les lois sécuritaires plus dures programmées par le gouvernement belge n’y auraient rien fait non plus.

Au lieu de combattre les causes profondes du terrorisme, les politiciens et les médias ont stigmatisé tous les musulmans en en faisant des terroristes potentiels.

Combattre les vraies causes du terrorisme, cela veut dire : une formation et du travail pour les jeunes, un vivre ensemble dans l’égalité entre immigrés et autochtones, la fin des guerres impérialistes. Qui sème la guerre, récolte la guerre et le terrorisme.

L’horreur à Bruxelles le montre : la sécurité des hommes ne peut être garantie que par une politique qui proscrit la guerre et qui contribue à trouver une solution aux contradictions sociales de nos sociétés. »

 

Entre une visite au premier ministre turc Davutoglu et une invitation de président français Hollande, Tsipras s’arrête un instant avec le PGE et Pierre Laurent (11 mars 2016)

Brève, vivelepcf, 12 mars 2016

Finalement, le « grand meeting européen » du Parti de la Gauche européenne annoncé pour le 11 mars par la direction du PCF avec Pierre Laurent, Alexis Tsipras et – « à confirmer » – Pablo Iglésias s’est réduit à une conférence de presse, coincée entre deux rendez-vous de Tsipras. Sans Iglésias, mais avec la députée verte allemande Ska Keller (ex-binôme de José Bové aux élections européennes).

Nous ne revenons pas sur la signification politique du choix de Pierre Laurent de s’afficher derrière la figure européenne de l’extrême-gauche de la résignation ou plutôt de la gauche de l’extrême résignation. Voir notre article en lien : Meeting Laurent/Tsipras le 11 mars: Tsipras inspirateur de la direction du PCF et des primaires à la française ?

La conférence de presse a principalement porté sur la question des réfugiés. Là encore, l’hypocrisie et le cynisme de Tsipras ont éclaté.

Notons d’abord que Mme Ska Keller s’est lancée dans le plaidoyer classique pour « plus d’Europe », fustigeant l’égoïsme – et surtout la souveraineté nationale – des peuples. Comme si l’UE, coordination des impérialismes européens, ne portait pas une responsabilité écrasante, à côté des Etats-Unis, dans la déstabilisation des Etats et les guerres au Moyen-Orient et dans le drame des réfugiés. Comme si, en fait de grandeur d’âme, sa chancelière Merkel ne recherchait pas à importer de la main d’œuvre qualifiée et bon marché pour le capitalisme allemand quitte à sacrifier des centaines de milliers d’autres « migrants ».

Tsipras a plaidé pareillement pour une Europe plus généreuse. Pourtant, trois jours plus tôt, le 8 mars, il s’accordait à Izmir avec le premier ministre islamo-réactionnaire Ahmet Davutoglu.

Que les dirigeants de pays voisins, directement concernés par cette question majeure, se rencontrent : cela n’a rien de choquant. Mais Tsipras a affiché son soutien avec la politique du pouvoir turc qu’il s’est engagé à défendre au sommet européen. Comme si la Turquie ne jouait pas, au niveau d’un Etat, le rôle de « passeur », de « dealer » de réfugiés, retirant 6 à 7 milliards d’euros de l’UE de son chantage. « Généreux » à la façon européenne, Tsipras remercie la Turquie d’accepter, pour cette somme, de reprendre sur son territoire les migrants « économiques » refoulés par l’UE. Comment Tsipras distingue-t-il un réfugié afghan économique d’un réfugié afghan politique ? Sinon, pas un mot critique de Tsipras envers la politique turque qui attise la guerre en Syrie, soutient les terroristes islamistes, exacerbe les tensions avec la Russie, massacre les Kurdes.

Tsipras a poussé la complaisance jusqu’à distribuer des roses, en compagnie de Davutoglu, à l’occasion de la Journée de la femme, au moment même où les femmes progressistes turques se faisaient tabasser et arrêter par la police…

Il faut rappeler que la Grèce de Tsipras et la Turquie d’Erdogan ont un parrain commun : l’OTAN. Tsipras et son ministre de la défense d’extrême-droite Kammenos ne cessent de réclamer plus d’intervention de l’alliance impérialiste et fauteuse de guerre en mer Egée.

Tsipras mérite sans conteste la médaille d’or européenne de l’opportunisme en politique. Suivre son exemple est-il un gage de réussite (même par défaut) aux élections ? Pas sûr ! Tous les dirigeants « de gauche » ne disposent pas de son brio personnel. Surtout la Grèce a traversé un état de crise politique très particulier amenant le système à avoir recours à son profil.

A propos, le lendemain de la conférence de presse, Tsipras est parti à l’Elysée honorer l’invitation de Hollande faite aux dirigeants socio-démocrates d’Europe. C’est pour cela qu’il est venu à Paris.    

Meeting Laurent/Tsipras le 11 mars: Tsipras inspirateur de la direction du PCF et des primaires à la française ?

Tsipras fêtant sa victoire électorale avec ses amis du PGE le 20/09/15. Tsipras se concertant avec Porochenko au sommet capitaliste de Davos le 22/01/16

Brève, vivelepcf, 5 mars 2016 

L’événement est finalement confirmé. Le 11 mars, un « grand meeting » se tiendra avec comme intervenants Marisa Matias du « Bloc de gauche » portugais, Alexis Tsipras, premier ministre grec et Pierre Laurent sur le thème « L’Europe doit changer ». Pierre Laurent est annoncé comme « Président du Parti de la gauche européenne ».

Pierre Laurent n’en est pas moins en même temps secrétaire national du PCF, d’un PCF qu’il engage dans une perspective électorale vers 2017 passant, au moins momentanément, par une stratégie de « primaires » à l’américaine.

Tsipras a réussi à se faire élire et réélire. Est-il une personnification de l’objectif de la stratégie de la direction du PCF ? Visiblement, oui.

Pourtant, l’illusion Tsipras est complètement retombée. Tsipras et Syriza, avec leurs alliés de droite radicale, se sont confirmés être les champions de l’étouffement du mouvement populaire, de la pédagogie de la résignation, en particulier à l’UE du capital. Ils infligent aujourd’hui aux travailleurs et au peuple grecs le programme politique le plus antisocial que leur pays ait connu, un programme qui prépare le retour de la droite.

La direction du PCF, comme les communistes avertis notamment par les camarades du Parti communiste grec KKE, avaient tous les éléments pour alerter, dès le début, sur l’opération Syriza en Grèce et ses répercussions européennes.

Après le soutien de Pierre Laurent notamment au volant de mesures antipopulaires de juillet, son meeting commun à Athènes en septembre après la reconduction par défaut aux élections de la coalition Syriza-Anel, il ne peut plus être question de confusion, d’erreur mais bien d’une option politique assumée européenne et française.

Le meeting du 11 mars confirme cette perspective hautement critiquable et critiquée dans le PCF, le mouvement syndical révolutionnaire et au-delà en France. Nous tenons à la souligner et à le faire savoir.

Pour notre gouverne à tous, ajoutons que Alexis Tsipras a participé au sommet des économistes et dirigeants capitalistes du globe à Davos en Suisse en janvier, contre lequel manifestaient les altermondialistes. Tsipras y a, entre autres grands de ce monde, choisi de rencontrer le président ukrainien Petro Porochenko. L’oligarque ukrainien et le leader « radical » grec se sont félicités de leurs points d’accord, ont lancé une intensification de leur collaboration bilatérale. Porochenko s’est réjoui aussi du soutien grec aux sanctions contre la Russie et de la facilitation de la délivrance facilitée de visas aux ressortissants ukrainiens par la Grèce. Une visite de Tsipras à Kiev est prévue cette année…