PCF

Sur le congrès extraordinaire du PCF, l’opinion du bureau de la section de Castres (Tarn).

Sur le congrès extraordinaire du PCF, l’opinion du bureau de la section de Castres.

 

Sa tenue, son organisation nous semblent effectivement indispensables, à la suite des résultats catastrophiques de notre parti, à l’issue de la séquence électorale Présidentielles/législatives du printemps dernier.

Cependant, le calendrier proposé ressemble davantage à celui d’un congrès ordinaire : il se tiendrait en juin ou en novembre 2018, soit plus d’un an après l’événement électoral évoqué – un an et demi, si c’est en novembre … et en réalité quelques mois avant l’échéance qui serait celle du congrès ordinaire (printemps 2019).

Cette question du calendrier, si elle est symptomatique d’une gestion du temps qui pose problème n’est toutefois pas notre préoccupation première.

Nous voudrions en venir à la méthode et au fond.

  1. D’abord la méthode et le questionnaire en lui-même.

Dans la situation où nous nous trouvons, il faut tout revoir.

Il faut en particulier offrir aux communistes les possibilités de prendre la parole, une parole libre, non « guidée » ou avec un discours pré-maché.

A cet égard, il est parfois utile de faire un détour par notre histoire …

Le calendrier nous amène à évoquer les cent ans de la Révolution d’Octobre 1917, ses origines comme ses prolongements et son actualité. Dans trois ans, nous célèbrerons le centenaire du Parti, né à Tours en décembre 1920. Ce parti a vécu une première décennie compliquée, avec une perte d’adhérents, des crises à répétition, une influence électorale qui va décliner jusqu’au début des années 1930. Mais malgré cette naissance compliquée, il a été capable d’impulser des combats politiques et une stratégie qui lui ont permis de s’ancrer dans l’ensemble du territoire français – et non plus seulement dans quelques « bastions » limités à certains grands centres industriels, urbains et des îlots où s’épanouissait un « communisme rural »1 – avec le Front Populaire.

Ce parti, on l’oublie un peu souvent, a été capable, avec un groupe dirigeant de jeunes militants ouvriers principalement – autour notamment de Maurice Thorez ou de Benoit Frachon – de faire preuve d’une grande intelligence politique, y compris dans des périodes critiques, ce qui est le cas du Parti au tournant des années 30. C’est le moment que choisissent ces dirigeants pour lancer une campagne dans « l’Humanité », qui va durer plusieurs semaines, appelant à libérer la parole des communistes … dont l’article le plus connu « les bouches s’ouvrent !2»

Le parti compte alors moins de 30 000 adhérents et se trouve dans une grave crise, après l’épisode du « groupe Barbé-Célor ».

Dans ce contexte critique, la direction du parti de l’époque, sous l’impulsion de Maurice Thorez, fait le choix d’animer une bataille publique – dans les colonnes de « l’Humanité ». Ainsi, Thorez écrivait-il dans l’un de ces articles : « on cherche ainsi à atténuer les couleurs sombres du tableau et à affaiblir par conséquent , la rigueur et l’efficacité d’une autocritique sincère et salutaire ». Et d’ajouter : « il n’est pas possible de se prévaloir de quelques menus résultats, voire même de quelques petits succès, pour se dissimuler à soi-même, et dissimuler au Parti, la persistance des graves faiblesses de notre mouvement et même sa régression (…) »3.

Les périodes sont évidemment différentes, notamment pour notre parti, son ancrage social et politique. L’état de la société française est profondément différent de ce qu’il était il y a près d’un siècle.

Néanmoins, ce qui demeure comparable c’est la capacité (ou non) d’une direction à se remettre en question, à permettre ou même à susciter la critique comme l’autocritique.

Cela devrait être un processus « naturel » dans un parti révolutionnaire comme devrait l’être le PCF.

Or, c’est, somme toute, quelque chose de compliqué aujourd’hui.

C’est l’un des problèmes que nous devrions pouvoir poser tranquillement, à tous les niveaux, jusqu’à l’exécutif national.

Et c’est précisément ce que ne permet pas le questionnaire, qui, nous pouvons le constater, ne suscite pas l’engouement des camarades.

Il y a même un paradoxe à produire un questionnaire individuel et, par la suite, mettre en place une « animation nationale » pour (entre autres) le remplir collectivement dans des réunions du parti, ou à l’issue de ces mêmes réunions ou assemblées … il s’agit là d’une « activité » totalement guidée par la direction qui va à l’encontre même de l’objectif visé au départ, à savoir « faire remonter » les avis individuels des camarades.

Nous sommes, depuis plusieurs semaines, sollicités via une campagne de « mailing » insistante à remplir ce même questionnaire … Cela ressemble à des techniques publicitaires – ou marketing – qui ne devraient pas avoir cours dans notre parti. S’agit-il là des conséquences d’un contrat passé avec la société américaine Nationbuilder par notre direction pour gérer le fichier Cociel de nos adhérents ? Nous souhaiterions avoir une réponse à cette question qui est loin d’être anecdotique… Si c’est effectivement le cas, nous souhaitons qu’il y soit mis un terme au plus tôt.

Les communistes de la section, très majoritairement, ne se retrouvent pas dans la méthode proposée, tout en souhaitant discuter de manière sereine et fraternelle des orientations de notre parti et des changements que le congrès extraordinaire devrait y apporter.

  1. Sur le contenu du questionnaire et les enjeux du congrès.

Il est anormal qu’un débat de congrès – a fortiori, un congrès extraordinaire, dans la situation du parti – comme dans celle de notre pays – ne débute pas par un compte-rendu ou un bilan d’activité de la direction nationale sortante (qu’il s’agisse de la coordination ou de l’exécutif national).

Les quelques lignes de la première page du questionnaire, si elles « contextualisent » quelque peu la période sont totalement insuffisantes à cet égard. Dans les circonstances politiques que nous vivons, ce bilan est indispensable.

Où en sommes-nous de l’influence et de l’implantation du parti ? Quelles sont nos perspectives et notre projet politique aujourd’hui ? Quel bilan devons-nous tirer des stratégies électorales – et notamment du « Front de gauche », qui nous a fait soutenir un candidat (une nouvelle fois) qui n’était pas issu de nos rangs en 2012 et 2017, après les présidentielles et les législatives de 2017, où le PCF a recueilli le plus faible résultat de toute notre histoire.

Les communistes sont affectés par cette situation. Nous ne devons pas en sous-estimer la gravité. En l’occurrence, ce questionnaire contribue à banaliser la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Il ne s’agit pas là d’un débat de personnes, mais d’une question normale dans toute organisation ou association. Pour se projeter et envisager l’avenir, il est nécessaire de faire le bilan et de se tourner vers ce qui a été réalisé, autrement dit, ici, sur la période passée. En réalité, si nous sommes logiques et cohérents,c’est la période ouverte avec la stratégie du « Front de gauche » – et ses traductions électorales, dès les élections européennes de 2009 – qu’il nous faut questionner, avec un bilan depuis cette période, et une attention toute particulière au moment politique qui vient de se terminer avec l’élection de Macron et de sa majorité parlementaire – depuis le début de l’année 2016 et le dernier congrès de notre parti.

Concernant le contenu lui-même du questionnaire, nous déplorons que son contenu soit « guidé » avec des réponses censées être « au choix » des adhérents mais qui constituent déjà une orientation et ne permettent pas de débattre sérieusement et librement d’enjeux essentiels.

Nous prendrons quelques exemples précis et emblématiques, en sachant que nous pourrions en faire une étude exhaustive (mais ce serait fastidieux).

Dans le I – Sens et actualité du combat communiste, le 2e point porte sur « les défis du combats communiste (…) à « travailler en priorité ».

Il est proposé de cocher 3 réponses prioritaires. Sont indiquées parmi ces réponses : « la lutte contre le coût du capital et les inégalités », « la transformation de la mondialisation pour un monde de paix », « la construction d’un monde des Communs ».

Or, dans les 3 cas, alors que ces questions sont fondamentales, il s’agit, déjà, dans la rédaction de la réponse « au choix » d’une orientation choisie ou très fortement suggérée

Ainsi la lutte contre « le coût du capital », si elle peut séduire initialement des camarades parce qu’ils retrouvent le terme « capital » dans cette formule, est en réalité un piège parce qu’il risque de nous inscrire dans une « gestion des affaires » du capital ou de la bourgeoisie. Bien évidemment que dans le capitalisme, le capital est parasitaire – mais c’est sa nature intrinsèque : le capitalisme c’est l’exploitation du travail salarié pour dégager de la plus-value et des profits. Si le libellé de la réponse était « la lutte contre la politique au service du capital », nous pourrions y répondre positivement : c’est le sens, depuis toujours du combat des communistes et face à Macron et Gattaz, c’est plus nécessaire que jamais !

De même, la question de la lutte pour la paix et contre les politiques des puissances impérialistes est centrale. Nous devons porter singulièrement notre attention à celle que mène l’impérialisme français, en particulier depuis que la France a réintégré l’OTAN. Les menaces de guerre sont particulièrement préoccupantes à l’heure actuelle, en particulier au Proche et au Moyen-Orient, du fait notamment des menées de l’Arabie Saoudite, avec l’aval de Trump et des dirigeants israéliens. De même les menaces récurrentes de Trump tout comme son agitation belliciste en Asie, à propos du conflit qui déchire toujours la péninsule coréenne constituent aussi un réel danger pour la paix dans le monde et un défi pour tous les progressistes de se battre pour le désarmement, notamment la dénucléarisation de la planète !

C’est donc une question décisive, d’autant que, dans notre histoire, à de multiples reprises, nous avons animé des batailles politiques majeures pour la paix dans le monde et contre la prolifération nucléaire.

Cela dit, pourquoi accoler cette question à celle de la « transformation de la mondialisation » ?

Ce processus – la mondialisation capitaliste – depuis plusieurs années, est un facteur complexe, mais à bien des égards inhérent à la transformation du système capitaliste, avec des marchés de plus en plus concurrentiels, une course effrénée aux profits, une course et une recherche – aussi – de tous les moyens de la part des grands groupes et de leurs actionnaires pour échapper à l’impôt (voir les affaires récentes révélées par les « Paradise papers » après celles des « Panama Papers » …).

La mondialisation capitaliste, nous devons la combattre avec nos moyens, dans nos pays respectifs, aux côtés notamment des organisations syndicales. Nous devons en outre renforcer la solidarité de classe avec tous les travailleurs – ceux qui sont exploités, qui subissent les guerres et les destructions provoquées par les impérialistes comme ceux qui fuient cette misère et ces conflits pour se réfugier chez nous.

Tous les travailleurs subissent la mondialisation capitaliste : les forçats du textile des pays d’Asie, comme ceux des mines d’Afrique – la plupart du temps exploités par des multinationales des pays capitalistes « développés » – ou, d’une autre manière, les travailleurs des pays capitalistes qui subissent eux les délocalisations, la casse industrielle, le chômage de masse et les attaques concertées contre les droits conquis depuis des décennies.

Bref, s’opposer à la mondialisation capitaliste, cela participe de notre action dans la lutte des classes, à tous les niveaux, local, national et international.

Par ailleurs, comme nous l’avons dit plus haut, nous devons aussi lutter pour la paix, la solidarité internationale et contre les politiques de guerre et d’agressions impérialistes partout dans le monde. A ce titre, nous ne pouvons laisser passer l’hypocrisie des dirigeants français (les autres pays capitalistes font de même) qui ne trouvent jamais rien à redire sur la « nature » d’un « régime » dès lors qu’il s’agit d’un client fortuné des trusts de l’armement, Dassaut par exemple4 ….

Enfin, la construction d’un « monde des Communs » est une formule quelque peu absconse et nébuleuse. Si ce terme est semble-t-il à la mode, il manque vraiment de clarté et son horizon est assez brumeux … En revanche (si nous parlons là du projet communiste), rien n’est indiqué sur la nécessaire reconquête des services publics et les ruptures nécessaires à opérer avec la construction européenne – notamment en luttant contre les directives de libéralisation, à l’origine, largement du démantèlement du service public, des entreprises publiques et des attaques contre les droits des salariés, tant du secteur public que du secteur privé.

Ce processus s’est considérablement aggravé avec les traités de Maastricht, Amsterdam, Nice et Lisbonne et n’a cessé de s’aggraver depuis.

Il nous faut reconquérir des services publics, recréer face à la concurrence des trusts et des multinationales qui écrasent tout – salariés comme clients – des monopoles publics qui servent les usagers et protègent les salariés !

Prenons simplement l’exemple du secteur bancaire. Il est indiqué, dans le programme « la France en commun » que notre objectif est de créer un « pôle public bancaire autour de la Caisse des dépôts et consignations, de la BPI, de la Banque postale, des banques mutualistes avec la nationalisation de BNP Paribas et de la Société Générale »5. Cette formule – qui est évidemment meilleure que l’existant – est néanmoins insuffisante si l’on veut s’en prendre réellement au pouvoir nocif des grandes banques capitalistes ou « mutualistes » (qui se distinguent assez peu des autres en réalité). Nous sommes favorables à une nationalisation de l’ensemble du secteur bancaire – de l’ensemble des grandes banques, pour des raisons faciles à comprendre. Mais cela ne pourra se faire sans un affrontement – politique et social – d’ampleur avec les dirigeants de l’UE, avec la Commission Européenne, la BCE … Mais cela implique de construire un rapport de forces politique et idéologique en ce sens !

Sur la partie II, à propos du « bilan et (de l’) avenir de notre démarche ».

Il nous apparaît assez incroyable de donner autant d’importance aux « enseignement de la consultation citoyenne » alors que cette démarche n’a pas suscité (c’est le moins que l’on puisse dire !) un grand intérêt, ni chez la plupart des communistes, et encore moins dans le pays.

Sur le fond, la question du bilan ne peut – nous l’avons dit – faire l’objet d’un « choix » opéré via un questionnaire, mais cela doit, au contraire être examiné, dans sa globalité, à partir d’un bilan d’activité présenté par la direction sortante du PCF.

Concernant les « dynamiques de changement majoritaires », il est évoqué notamment – parmi 3 questions prioritaires - « quelle gauche voulons-nous reconstruire ? Comment y faire entendre notre singularité ? ». Une nouvelle fois, il s’agit d’une pré-réponse qui est tout sauf neutre et qui donne une orientation politique pré-établie. Nous voulons reconstruire et redonner du souffle et du dynamisme au PCF, avant toute chose. La gauche est elle aussi en crise, mais ce ne sont pas les deux mêmes questions, à moins de lier l’avenir du PCF à une « recomposition » dans laquelle il serait subordonné à une « gauche » dans laquelle demeurerait simplement sa « singularité » ou sa « sensibilité ».

Nous affirmons ici notre refus d’une stratégie de recomposition politique dans laquelle le Parti Communiste Français ne serait qu’une force d’appoint dans une « gauche » dominée par l’idéologie social-démocrate ou réformiste.

Quelles batailles politiques allons-nous impulser pour faire face à la « stratégie du choc » que tente d’imposer Macron et son gouvernement à notre pays ? Ce sont d’abord ces questions que notre parti doit prendre à bras le corps. Nous vivons une période très grave pour le monde du travail en général, avec des attaques tous azimuts de la part de ce pouvoir, directement en prise avec le grand patronat et les milieux d’affaires.

Face à ces attaques, il existe un potentiel de luttes décisives que notre parti doit prendre à bras le corps en en ciblant les plus emblématiques pour mener ou proposer des batailles politiques de masse, qui nous permettront de cristalliser cet affrontement de classe majeur dans lequel nous sommes et, dans le même temps de faire progresser le niveau de conscience des travailleurs6 pour qu’ils nous rejoignent et pour mettre en échec le pouvoir. Dans cet objectif, la question du renforcement du PCF est aussi un enjeu décisif, vital.

Constater qu’il existe un potentiel de luttes, réel, ancré dans l’expérience de notre peuple, c’est un fait que nous pouvons observer à de multiples reprises : luttes pour défendre l’emploi, des services public menacés (perceptions, écoles, hopitaux, bureaux de postes, gares SNCF …).

Néanmoins, un des écueils que nous rencontrons (mais cela concerne aussi le mouvement syndical, aujourd’hui) c’est une sorte de fatalisme ou de résignation sourde chez beaucoup de salariés, de jeunes, de retraités … Ils sont, sur le fond, en accord avec ce que nous pouvons dire, mais ne passent pas nécessairement à l’action, parce qu’ils ont, hélas, encore en tête l’expérience d’échecs passés, par exemple celles des grandes mobilisations populaires de 2010 ou de 2003.

Nous devons bien prendre en compte cette situation, l’étudier en profondeur, avec ses contradictions, mais aussi ses potentialités. C’est un enjeu décisif pour nous.

La société française a été profondément abimée par les politiques au service du capital, singulièrement depuis les années 707 : politique de casse industrielle, privatisations massives et démantèlement d’entreprises publiques et de services publics, concentration des pouvoirs – et des moyens – dans les métropoles (elles-mêmes mises en concurrence) …

La bourgeoisie a aussi intensifié sa bataille idéologique visant à murer l’avenir, voire à criminaliser toute perspective révolutionnaire, le socialisme, le communisme. Souvenons-nous de l’offensive lancée, dans les années 80 contre les idéaux de la Révolution française sous la houlette de François Furet. Ce fut d’abord une attaque contre 1793 et Robespierre, accusés d’être la matrice de tous les « totalitarismes », une décennie après, les mêmes idéologues, avec en pointe les auteurs du « livre noir du communisme » ont pu déverser leur haine anticommuniste dans tous les médias, sans que notre parti – et sa direction de l’époque – n’organise une riposte idéologique conséquente en face.

Il est clair qu’aujourd’hui, autour du centenaire d’octobre 1917, la bourgeoisie et ses différents partis – ou relais – prolongent cette offensive contre les idées révolutionnaires.

Face à cette bataille idéologique constante, il est temps aussi que notre parti se dote – enfin – d’outils modernes de communication mais aussi surtout qu’il s’arme à nouveau idéologiquement pour prendre sa place dans une bataille idéologique offensive en faveur des idées communistes et marxistes, en rupture avec les politiques d’aménagement du capitalisme.

Notre conviction est qu’il est nécessaire pour le PCF de redevenir un parti de classe et de masse, un parti révolutionnaire.

L’enjeu prioritaire de ce congrès, c’est de défricher les chemins qui nous permettront d’être à nouveau le parti efficace et reconnu au service du monde du travail, un parti révolutionnaire qui se bat clairement et en toutes circonstances aux côtés de ceux qui souffrent pour en finir avec le capitalisme.

En réfléchissant à « quel parti nous avons besoin », nous avons la conviction que, s’il existe un avenir pour un PCF qui joue à nouveau pleinement son rôle ; à l’inverse, nous pensons qu’il n’existe pas d’avenir (ou alors celui d’une force marginale) si nous nous inscrivons dans une recomposition politicienne où nous ne serions plus qu’un énième groupe ou mouvement, subordonné à telle ou telle branche de la social-démocrate …

C’est probablement le défi le plus crucial auquel nous sommes confrontés : allons-nous être capables d’incarner à nouveau l’espoir pour les travailleurs, de porter et d’animer des batailles8 (offensives comme défensives) dans notre pays, allons-nous parvenir à faire exister une perspective et un espoir de changement de société en l’emportant sur la résignation et en affrontant les forces du capital qui veulent imposer une régression sans précédent au pays tout entier ?

Il y a un avenir pour un parti révolutionnaire comme le PCF dans la France du XXIe siècle, à l’heure où les inégalités, dans notre pays comme dans le monde s’étalent comme jamais aux yeux de tous. Face au président des riches et à la société plus inégalitaire encore qu’il veut mettre en place, nous devons être le fer de lance des résistances populaires.

1Ce communisme rural s’inscrivait lui aussi dans une tradition nationale très riche, que l’on peut faire remonter à la Révolution française ou aux mouvements républicains ou révolutionnaires du XIXe siècle.

2L’Humanité, 21 août 1931.

3Extrait de « Pas de ‘mannequins’ », l’Humanité, 14 août 1931.

4Un ancien ministre des affaires étrangères se présentait comme promoteur d’une « diplomatie économique » … Et un ancien ministre de la défense s’était targué d’être le meilleur VRP de Dassault, salué d’ailleurs par le Figaro … et depuis récompensé par Macron !

5Dans la brochure « la France en commun », p. 16.

6Il peut s’agir de faire progresser le niveau de conscience des travailleurs des différentes catégories sociales ou des différents secteurs d’activité touchés, mais cela concerne aussi la majorité des jeunes, la grande majorité des retraités qui soit touchent déjà des retraites de misère, soit sont paupérisés ou fragilisés par la hausse de la CSG, le gel du niveau des pensions …

7Il ne nous est pas possible, dans ce cadre d’être exhaustif, mais nous citons quelques points qui nous semblent fondamentaux.

8En respectant, contrairement à d’autres, l’autonomie et l’indépendance du mouvement syndical …

Conseil national du PCF des 13 et 14 octobre 2017 – Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris, préparée pour la discussion sur la préparation du congrès extraordinaire.

Ce congrès s’apprête à n’avoir d’extraordinaire que le nom ou plutôt la méthode pour le moins peu commune. Cette dernière permet aux dirigeants d’esquiver, une nouvelle fois, un bilan réel sur les causes, et sur leurs responsabilités, dans le processus de disparition du PCF, dont le nouveaux désastre électoral de juin permet de mesurer l’avancement.

Avancer le congrès de 6 ou 12 mois n’en fait pas un congrès « extraordinaire ». C’est la seule question que les adhérents sont invités à trancher dans ce questionnaire, pour sans doute leur donner l’illusion qu’ils décideront sur le reste.  Dans tous les cas, avec un congrès prévu en 2018 ou 2019 on ne sera plus sur un congrès « à chaud ». La préparation envisagée par la direction laisse présager une phase de débat statutaire aussi précipitée et bâclée qu’aux congrès précédents, si les communistes obtiennent le respect des statuts. De plus, avancer le congrès permet d’éviter une coïncidence avec la préparation des élections européennes qui aurait eu l’intérêt de mettre sur la table des discussions la ligne politique d’intégration européenne de la direction, 25 ans après notre grande campagne contre Maastricht, dont l’anniversaire a été totalement occulté par l’Huma et la direction.

Le congrès ne peut pas être « extraordinaire » si tout est fait pour écarter ce qui le justifie : l’état d’échec et de désaveu inédit que le résultat électoral de juin a traduit. Le déni, l’absence d’autocritique, la volonté d’imposer la poursuite de la même stratégie, envers et contre tout, sont pourtant ce qui ressort de la volonté de la direction du Parti, depuis le CN de juin, dans la préparation du congrès, comme dans la vie politique sous Macron. Pour Pierre Laurent, on est toujours au milieu du gué, il faut continuer les « transformations » et la matrice « Parti communiste » est usagée comme nous l’indiquent les sondages. Toujours les sondages ! Elle est d’autant plus usagée qu’on ne s’en sert pas et qu’on lui tourne le dos !

C’est une bonne chose qu’il reste des groupes à l’Assemblée et au Sénat. Mais nous savons tous que cela tient à des situations et à des arrangements locaux, à géométrie variable. Quand la liste à Paris aux sénatoriales obtient 9% des « grands » électeurs inscrits mais qu’aux législatives, moins de 2% de la classe ouvrière vote pour nos candidats : c’est le monde à l’envers pour un Parti communiste.

L’introduction du questionnaire et toute sa conception traduisent cette volonté de se défausser du bilan et de diluer les critiques. Dans les sections la méthode suscite scepticisme, réticence. Ne nous racontons pas d’histoires : les directions les plus volontaristes ont du mal à faire remplir les formulaires. Je fais partie de camarades qui invitent à rejeter le questionnaire, à rejeter une méthode biaisée, correspondant à une volonté de contourner le débat et l’expression critique des communistes pour mieux poursuivre la stratégie qui remet en cause l’existence même du Parti.

Le marketing n’a rien à faire dans un parti communiste. Les sondages sont conçus, les réponses traitées et interprétées dans le sens voulu par leur commanditaire. Les questions « ouvertes » appellent des réponses « cause toujours ». Les camarades ne doivent pas se faire d’illusions.

Deux ou trois formules identitaires vont être mises en discussion, mais seulement pour, communistes, nous occuper et nous rassurer. Il est question, enfin, de classe mais sous la formule antimarxiste de « classe populaire ». Une fois de plus, nous allons sauver le nom du Parti, symboliquement, pour que la ligne et la stratégie de la direction continuent à le vider de son sens et à le diluer publiquement, dans des tentatives de recomposition à « gauche ». Après le « Front de gauche », les « Communs » et ensuite ?

Il y a 25 ans, Robert Hue commençait à faire appel aux instituts de sondage bourgeois pour valider la stratégie de « transformation ». Avec ce questionnaire, nous sommes passés à l’étape d’après, semble-t-il.

La direction du Parti recourt au logiciel de la multinationale américaine du marketing électoral Nationbuilder, dont Trump aux Etats-Unis, Juppé, Fillon ou Mélenchon sont des clients « addicts ».

La spécialité de Nationbuilder : le profilage, le fichage des électeurs, des adhérents pour mieux vendre des produits politiques. Nous apprenons, horrifiés, que la direction du Parti a acheté, en janvier, les services de Nationbuilder. En février, la CNIL interdisait heureusement le fichage, depuis les réseaux sociaux des clients électoraux potentiels (dont la direction aura peu profité malgré l’investissement !). Mais les services de Nationbuilder continuent d’être utilisés pour les élections (avec quelle efficacité pour un Parti communiste !!) et maintenant pour le fichage et l’orientation des adhérents. Dans la presse spécialisé, je lis : « le précieux fichier interne Cociel alimentera la plateforme NationBuilder. A terme, le PCF envisage de gérer l’ensemble de sa base militante et de son maillage territorial grâce au logiciel américain ».

Une nouvelle façon de faire de la politique, le marketing électoral 2.0 ? Le fichage des clients-électeurs. Je préfère la discussion militante avec les collègues et voisins ! L’Humain d’abord ? Non Orwell version 1984.

Je demande que l’utilisation de ce logiciel soit abandonnée. Je propose qu’une question soit posée aux communistes : souhaitez-vous être fichés par le logiciel NationBuilder.

Cette étape de la préparation du congrès ne peut être séparée de nos positions et de nos actions contre la politique de Macron. Là aussi, l’absence de remise en cause a de lourdes conséquences.

Dans le Parti, aux précédentes réunions du CN aussi, a été analysé comment l’opération politicienne de Mélenchon court-circuite dangereusement le mouvement et le rapport de force pour gagner le retrait des ordonnances Macron et commencer à mettre en échec sa politique. Mais pourquoi donc, Pierre Laurent est-il allé soutenir la grand’messe de Mélenchon le 23 septembre ? Mélenchon a clairement annoncé sa voie, son impasse, dans son discours à « ses gens »: « au bout de la rue, il y a les élections ». Pierre Laurent enfonçait le clou en annonçant à la presse le lendemain son espoir d’une alternative politique, électorale pour 2022, avec les Insoumis, EELV et Hamon. Un contre-sens total dans la période. Une majorité de travailleur existe contre les ordonnances tout de suite, certainement pas pour une nouvelle illusion en 2022 !

Sur le fond, c’est également mauvais et contre-productif. Nous sommes en complet désaccord avec les positions de Mélenchon, favorables à une fusion CSG/Impôt sur le revenu, et de Hamon, avec son revenu universel attaquant la Sécurité sociale. Loin de s’opposer, ces socio-démocrates accompagnent idéologiquement les contre-réformes du pouvoir.

Contre la suite du démantèlement d’Alstom, pourquoi, communistes, nous ne portons pas l’exigence de la nationalisation du ferroviaire comme de l’énergétique, livrés, à défaut de capitalistes français, à Siemens demain, à General Electric hier ? En système capitaliste, la nationalisation n’est pas notre réponse à tout : mais un rapport de force existe dans le pays, sur ces activités cruciales à la réponse aux besoins, pour gagner une nationalisation démocratique. Nous ne pouvons pas en rester à demander une commission d’enquête parlementaire et un rachat, au profit de Bouygues, comme le demande aussi le PS, des actions qu’il a prêtées à l’Etat.

Riposte sociale, industrie, Europe, organisation du Parti : les questions du congrès sont des questions présentes, urgentes. Il faut la rupture avec les positions d’abandon.

Je finis par une proposition, une demande, que je partage avec de nombreux camarades en vue de l’assemblée des animateurs de section le 18 novembre. Après le désastre électoral de juin, le Comité exécutif national a choisi – malgré certaines voix semble-t-il – de ne pas remettre sa démission aux communistes. Le CEN doit donc assumer ses choix clairement devant eux. Plutôt que le questionnaire de diversion, nous demandons  – comme c’est logique dans toute association – que le CEN présente son bilan d’activité depuis le dernier congrès, soumette et assume son analyse, et l’orientation qu’il propose.

Les communistes ont besoin de discuter sur un texte commun, dès à présent. C’est la condition du débat démocratique mais aussi de la survie et de la renaissance du PCF.

Fête de l’HUMA 2017: débat sur l’avenir du PCF – Introduction

Fête de l’HUMA 2017 (Parc départemental de la Courneuve), 15, 16, 17 septembre. Retrouvez-nous sous les stands de la section PCF Paris 15 (av. Joséphine Becker), de la section du PCF Saint-Quentin (av. Valentina Terechkova) et de la fédération du PCF de Haute-Saône (av. Valentina Terechkova). Samedi 16 septembre à 11h sous le stand du PCF Paris 15: débat « Pas d’avenir sans PCF »

«Après la sanction électorale, face à Macron, avant le congrès : PCF, reconstruire le Parti de classe à partir des luttes, ne pas le laisser finir de se dissoudre dans la recomposition de la social-démocratie ».

Avec Corinne Bécourt, secrétaire de la section du PCF de Saint-Quentin de l’Aisne, Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section du PCF de Paris 15ème, membre du Conseil national du PCF, Eric Monnini, secrétaire de la section du PCF du Jarnisy en Meurthe-et-Moselle, Cyril Morlot, secrétaire de la fédération du PCF de Haute-Saône

INTRODUCTION:

Plusieurs évolutions politiques, depuis un an, rendent encore plus impérieux notre objectif de reconstruire le PCF :

Le système et son idéologie dominante ont réussi à mettre en œuvre une recomposition politique inédite pour continuer et aggraver leur politique au service du capital. Des batailles majeures s’annoncent face aux contre-réformes structurelles programmées, notamment celle du marché du travail.

L’avènement orchestré de Macron laisse la droite réactionnaire et l’extrême-droite, elles-mêmes en recomposition, comme recours politique principal pour le capital. A « gauche », la recomposition de la social-démocratie, comme force « d’opposition » durablement minoritaire, s’organise, sur les décombres d’un PS sacrifié, autour du populisme de Mélenchon, du mouvementisme petit-bourgeois, du rocardisme d’un Hamon.

Cette situation est de nature à peser lourdement sur le mouvement syndical et le développement des luttes sociales qui s’annoncent, notamment, dès le 12 septembre, avec la mobilisation nationale CGT contre la poursuite de la casse du droit du travail.

Va peser lourdement également l’effacement historique de notre parti, le PCF, qui a enregistré son plus mauvais résultat électoral depuis sa création, à la limite de la disparition, avec 1,23% des inscrits et 613000 voix aux législatives.

La réunion du Conseil national du PCF des 23 et 24 juin a confirmé que ce résultat catastrophique découle de la stratégie de liquidation des positions et de l’organisation communistes que nous ne cessons de dénoncer.

Après toutes les compromissions pour sauvegarder des députés et l’appareil, Pierre Laurent, sans aucune remise en cause, engage la nouvelle étape de la « réinvention du PCF ».

C’est l’ordre du jour du 38ème congrès avancé de quelques mois, à juin ou novembre 2018, pour s’éloigner de l’échéance des élections européennes, susceptible d’imposer un débat à découvert sur le fond.

Le CN a annoncé la volonté de la direction de se servir de son propre échec pour accélérer la liquidation : un véritable coup de force, d’une direction qui a fini de se disqualifier.

Nous avons analysé cette nouvelle phase, critique, du processus de liquidation. Nous avons décidé de contrer le coup de force, d’engager aussitôt la préparation du congrès, d’imposer le débat démocratique – indissociablement de notre intervention dans les luttes. Après la période électorale, la diversité de nos situations locales dans notre lutte pour la reconstruction du Parti, pèse beaucoup moins.

Notre préparation du prochain congrès peut et doit aussi, dans ces circonstances exceptionnellement graves, être le moment de passer à une nouvelle étape d’organisation pour reconstruire le PCF.

C’est le slogan et l’identification que nous proposons de retenir vis-à-vis des camarades et de l’extérieur, dans la transparence indispensable.

D’ici la Fête de l’Huma, après ce CN, l’appel lancé, par certains d’entre nous, à la démission de Pierre Laurent prend tout son sens : il n’est pas seulement le moyen de remettre en cause les combines électorales désastreuses des 18 derniers mois (primaires/alignement d’en haut sur Mélenchon, négociations humiliantes avec ce dernier etc.), mais clairement de dénoncer et contrer la stratégie de liquidation qui les a amenées et que la direction entend poursuivre coûte-que-coûte.

Nous n’imaginons pas et ne laisserons pas faire un avenir sans PCF!

 

Egalement sous le stand du PCF Paris 15 et celui du PCF Saint-Quentin: MATERIEL MILITANT

En vente: Drapeaux rouges avec faucille et marteau, badges, autocollants, affiche

Dernier numéro de Cahiers communistes

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Point de rencontre du site

« Solidarité internationale PCF »

Diffusion militante :

En masse, le tract de rentrée, PAR LA LUTTE SOCIALE, GAGNER LE RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON, 25 ANS APRES LE REFERENDUM, FAIRE GRANDIR ENCORE LE NON A MAASTRICHT, 100 ANS APRES, TOUJOURS SUR LA VOIE DE LA REVOLUTION D’OCTOBRE

CARTES D’ADHESION AU PCF !

Législatives: tract des candidats PCF de Saint-Quentin. A toutes fins utiles.

Nous reprenons l’édito du dernier tract des camarades Corinne Bécourt et Olivier Tournay, candidats dans la deuxième circonscription de l’Aisne pour les législatives. Il tient compte de l’avènement de Macron.

 

Le vote communiste pour engager la riposte sans attendre ! Priorité au rassemblement dans les luttes !

Macron : son amie, c’est la finance ! Faisons entendre les voix de la résistance ouvrière !

Avec Macron, tout change en apparence pour que rien ne change en réalité, surtout pas la politique violemment antisociale de ses parrains Hollande et Sarkozy. Dès l’été, par ordonnances, devant un peuple qu’il espère « sonné » par l’élection, il veut aggraver la loi El-Khomri à laquelle 80% se sont opposés. Il s’apprête à dissoudre l’assurance chômage pour aller vers des formes de travail obligatoire sous-payé. Il veut encore attaquer les retraites et les retraités. Il promet aux marchands de canons et aux impérialistes toujours plus d’armes et de guerres.

Alors qu’est-ce qui change avec le «jeune» Macron ? L’enfant chéri de la banque n’a jamais eu à s’occuper de problèmes de fermeture de classe ou de places en maison de retraite. Quand il parle des ouvrières de l’agro-alimentaire en Bretagne, c’est pour les traiter d’illettrées. Avec Macron, la finance place à la présidence son agent direct – hors de l’alternance droite/gauche – pour gérer le pays comme un patron du CAC-40.

Ne laissons aucun état de grâce au président-patron-banquier ! Malgré l’intox médiatique, l’affaire Fillon, le repoussoir Le Pen, il n’a obtenu les voix que d’un électeur inscrit sur 6.

Voisins, collègues du Saint-Quentinois, résistons ! Et d’abord par les luttes populaires et leur organisation contre la classe des privilégiés ! C’est le signal que porte, toute de suite, notre candidature aux législatives : Ensemble, tête haute, défions les calculateurs du Medef, de Science-po ou de l’Elysée !

Bien de trop se sont encore fourvoyés sur l’impasse de la division et de la haine. Ouvrez les yeux ! La dynastie de millionnaires Le Pen, avec le cousin énarque Philippot, se déchire à la Dallas (ou à la « Game of Throne »), sans considération pour vos souffrances. Ils s’allient avec le bourgeois propret Dupont-Aignan et montrent que leur opposition à l’UE et l’euro n’est que démagogie nationaliste. Les Le Pen font le jeu de Macron et vice-versa tout en laissant au système un recours au pire.

A «gauche», on a voté comme on a pu. Hamon, ex-ministre, a payé, au lieu de Macron, pour le bilan de Hollande-Valls. Mélenchon, en homme providentiel renaissant tous les 5 ans, a fait oublier son ralliement à Hollande en 2012. Il rejoue ses airs populistes vantant sa « république » mélenchonnienne dans l’ignorance de la lutte des classes. On ne sait jamais si on a affaire à lui ou à un hologramme ! Ce n’est pas notre conception, à nous, militants communistes, du respect de la classe ouvrière et de ceux qui souffrent et luttent !

En trois semaines – le quinquennat a été pensé pour cela – le brouillage va continuer d’ici les élections législatives.

Conscients de cette réalité, mes camarades m’ont désignée pour être, avec Olivier Tournay comme suppléant, la candidate communiste dans la 2ème circonscription. Olivier est enseignant. Il est la seule vraie opposition au conseil municipal. Je suis mère de 3 enfants, travailleuse sociale, militante syndicale, militante pour le droit au logement.

Dans nos entreprises, quartiers, villages, ensemble, nous résistons à l’arbitraire patronal et ses collaborateurs. Dans le refus de l’exploitation, de l’injustice et de la mal-vie, nous affirmons  notre dignité. Ces luttes locales ne suffisent pas. Mais elles construisent la perspective politique nationale de changement dont les travailleurs ont besoin: la mise en commun plutôt que la concurrence et le profit, le renversement des privilèges des possédants, le socialisme.

Sécu, services publics, nationalisations, statuts : c’est aux luttes animées par les communistes qu’on les doit de 1936 à 1968, en passant par 1945.

Nous ne débarquons pas de nulle part pour capter des voix. Avec mes camarades, nous sommes de tous les combats du Saint-Quentinois : pour l’hôpital, les services publics, l’école, pour le droit du travail (dans le mouvement national contre El-Khomri), contre les délocalisations, l’application des directives européennes qui sapent l’industrie ou l’agriculture d’ici, contre les loyers de voleurs et les expulsions, pour le respect de notre cadre de vie… Rejoignez-nous !

Macron ne doit pas rimer avec résignation ! Faites entendre les voix de la colère et de la riposte par la lutte.

Corinne Bécourt