Social – Travail

Manifestation à Colmar pour s’opposer au « RSA contre bénévolat forcé » : dignité pour les privés d’emploi et accès à des formations qualifiantes et de vrais emplois ! Un élément important d’une bataille générale pour le statut de l’emploi.

Brève, vivelepcf, 29 septembre 2018

Jeudi 27 septembre 2018, un rassemblement était organisé à Colmar contre le dispositif « RSA contre bénévolat » mis en place par le Conseil départemental du Haut-Rhin. Une bonne centaine de militants syndicaux, associatifs et politiques, dont le PCF 68, ont répondu présents à cette nouvelle initiative. Il s’agit de dénoncer un « bénévolat » quasiment forcé, dans sa nouvelle version, après que le Conseil départemental a essayé de conditionner entièrement le versement du RSA à l’acceptation de 7 heures de travail gratuit en associations, dans des EHPAD ou dans le périscolaire.

Nous reprenons ci-dessous le compte-rendu à chaud que Myriam K., du PCF 68, nous a envoyé :

« Hier nous avons manifesté contre la mesure RSA contre bénévolat. Nous avons été reçus par Josiane Mehlen-Vetter, vice-présidente du conseil départemental du Haut-Rhin en charge du pilotage de la mesure. Elle a été mise en place par le député Éric Straumann alors qu’il était président du conseil départemental soi-disant pour « remettre le pied à l’étrier des allocataires du RSA ». 

Un bilan de la mesure « RSA contre bénévolat », qui propose aux allocataires du RSA de faire du bénévolat dans le cadre de leur contrat de réinsertion, sera fait en novembre prochain, après un an d’expérimentation du système. 

Pour le collectif dont le PCF fait partie, cette mesure est « une fausse bonne idée » car « le vrai moyen pour aider les chômeurs à se réinsérer est de leur permettre de retrouver un travail ». La mesure « dévoie le bénévolat, par essence purement volontaire ». C’est  un cache-misère de la diminution des emplois aidés décidée par le gouvernement. « Les missions de bénévolat dans les Ehpad, les services sociaux associatifs, le périscolaire remplacent ce qui était auparavant de vrais emplois. Ce sont en fait des emplois déguisés ». Or, quand on est fragilisé, on est en situation de faiblesse et on n’ose pas refuser. « Du bénévolat forcé, on n’a jamais vu ça depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Cette appréciation est d’ailleurs, avec l’aspect « contractualisation » du bénévolat, un des « points de divergence avec les associations », a reconnu Josiane Mehlen-Vetter, qui préfère parler de « RSA avec bénévolat ». « Rien n’est imposé, on ne coupera jamais les vivres à quelqu’un qui refuse ».Ce point fera d’ailleurs partie des éléments du bilan qui sera établi « en concertation avec les associations ; nous verrons ensuite s’il y a des points à modifier ». Quant à la contractualisation, « elle ressort d’une décision politique »

D’autres départements suivent la même voie du « RSA contre vrai/faux bénévolat », notamment la Marne ou l’Aisne. Dans ce dernier département, l’ancienne majorité de « gauche » (élus « Front de gauche » compris) avait amorcé le mouvement dès 2011 en suivant les orientations d’un certain ministre nommé Wauquiez. Notre camarade Corinne Bécourt avait alors fortement réagi via un communiqué que nous reprenons ci-dessous et qui continue à poser les éléments de réflexion. La majorité, désormais de droite, du conseil général de l’Aisne vient de voter, dans la continuité, ce 24 septembre, sous son appellation hypocrite, « un programme départemental d’insertion qui prévoit la possibilité d’expérimenter de nouvelles orientations en valorisant notamment l’implication des bénéficiaires du RSA dans le mouvement associatif».

Cette question du travail sous-payé, subventionné voire gratuit renvoie aussi à la bataille complexe des « contrats aidés ». Dans ce dossier, la lutte contre l’emploi précaire, nous pensons utile et important de lier les analyses sur les contrats aidés : défense des personnes concernées, rejet du dispositif. En lien, notre tract de septembre 2018 : http://vivelepcf.fr/6315/conjuguer-la-bataille-pour-de-vrais-emplois-pour-les-travailleurs-declasses-en-contrats-aides-avec-la-bataille-contre-les-ordonnances-macron-refuser-de-rentrer-dans-le-piege-de-la-defe/

Il ne saurait nous échapper non plus qu’un débat binaire entre deux mauvaises alternatives est en train de se préciser au niveau national : travail obligatoire et soi-disant revenu minimum universel.

D’un côté, une partie du patronat et de la droite « conservatrice » va prétendre dénoncer l’assistanat et défendre ces formes de travail contraint et sous-payé. De l’autre, une autre partie du patronat, la droite et la gauche « libérales », dont le Rocardien Maastrichien Hamon, vont relancer l’idée fumeuse et dangereuse de « revenu universel » qui revient à sortir une partie des travailleurs de la citoyenneté par le travail, la production et la lutte des classes.

Au milieu, Macron et son gouvernement, dans le droit fil de ces deux logiques faussement concurrentes, fusionnent les minima sociaux, les allocations pour mieux les sabrer et couper le lien avec leur légitimité sociale d’origine (handicap, logement, vieillesse, bourses d’études etc.).

La déstructuration engagée de l’assurance chômage s’inscrit dans le même cadre. A terme ce sont les contrats zéro heure britanniques ou les emplois sous-payés allemands qui se profilent.

Autant dire que la bataille contre le « RSA avec bénévolat forcé » est d’actualité et doit être au cœur de nos préoccupations. Dignité pour les privés d’emploi et leur famille, accès à des formations qualifiantes et de vrais emplois !

 

 

RSA/SMIC: Grossière attaque du ministre Wauquiez contre les travailleurs

Corinne Bécourt, 9 Mai 2011

Travail gratuit obligatoire pour les allocataires du RSA : indigne !

A son tour, le jeune loup de l’UMP Laurent Wauquiez, ministre des affaires européennes, se lance dans une attaque démagogique répugnante. Il s’agit une nouvelle fois d’opposer les salariés entre eux, en l’occurrence les salariés mal payés avec les salariés privés d’emploi percevant le RSA.
Il accuse ces derniers de gagner trop ! Incroyable ! Qu’il y vienne ce propret M. Wauquiez, né dans la ouate patronale ! Vivre avec 500 euros, 700 euros ou les à peine 1000 euros net du SMIC. Il n’imagine même pas ce que c’est.
Il se permet de les accuser moralement d’être des assistés et demande qu’on les oblige à travailler gratuitement au moins 5 heures par semaine au nom « des droits et des devoirs ».
Cette politique d’humiliation permanente, d’atteinte à la dignité de celles et ceux qui se retrouvent dans les conditions les plus difficiles est contradictoire avec le travail d’insertion que les travailleurs sociaux et les personnes concernées mènent ensemble pour retrouver un emploi stable, vivre et faire vivre leur famille, reprendre pleinement leur place dans la vie sociale.
Mais ce n’est pas la préoccupation de M. Wauquiez et de ses amis politiques, tout au contraire.
Ce qu’ils veulent, c’est maintenir en concurrence des salariés très pauvres avec des salariés pauvres.
Ce qu’ils veulent, c’est que les patrons puissent profiter d’une main d’œuvre bon marché et même, pourquoi pas, gratuite.
Dès le départ, le RSA du ministre soi-disant de « gauche » d’un gouvernement de droite, Martin Hirsch, porte cette logique. Elle est malheureusement largement défendue au-delà de la « droite ». Avec stupéfaction, j’ai appris que le Conseil général de l’Aisne, avec sa majorité de gauche (Front de gauche compris) a adopté un document sur le RSA allant exactement dans le sens des propos de M. Waucquier. Pour « adapter la logique de droits et devoirs qui soumet l’octroi d’une allocation à l’engagement de démarche d’insertion », le Conseil général envisage de faire réaliser aux allocataires « des tâches contribuant à l’intérêt collectif de la société », en prenant garde « de ne pas tomber dans le droit du travail ». Voyons !
Avec mes camarades communistes et mes camarades syndiqués, nous en avons discuté le 1er mai : pas question de laisser faire !
Il est inadmissible que 60% des chômeurs ne soient pas indemnisés, que les minima sociaux soient si faibles, que des jeunes en dessous de 25 ans n’aient rien pour vivre.
Seule une vie quotidienne décente peut permettre de sortir la tête de l’eau. Les chômeurs, les jeunes, ne demandent pas la charité, des stages bidon mais de vrais emplois, répondant aux vrais besoins. Il faut plus de moyens pour de vraies formations.
Les salariés les plus précarisés ne sont pas les ennemis des smicards et des autres salariés, tout au contraire. Le SMIC doit être porté à 1600 euros net avec la reconnaissance des qualifications et le rétablissement d’une échelle mobile des salaires.   
Que l’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas d’argent. M. Waucquier en trouve pour diminuer l’impôt sur la fortune et les actionnaires du CAC 40 en ont empoché 43 milliards d’euros en dividendes !
C’est entre ces gens là et nous, salariés, smicards ou Rmistes que se situe la « fracture sociale » et que doit se développer la lutte des classes !
Corinne Bécourt, chargée des familles dans un centre social, PCF Saint-Quentin

La fin des « emplois aidés » ? CHICHE ! MAIS IL FAUT CRÉER DE VRAIS EMPLOIS

La fin des « emplois aidés » ? CHICHE ! MAIS IL FAUT CRÉER DE VRAIS EMPLOIS

Toujours soucieux de faire faire aux autres des économies afin qu’il puisse les offrir au Patronat, Emmanuel Macron et son gouvernement ont annoncé la fin des « emplois aidés ».

Et bien, quitte à surprendre, je pense que c’est une bonne chose … à condition que l’on recrée enfin les VRAIS emplois qu’on a supprimés.

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Conjuguer la bataille pour de vrais emplois pour les travailleurs déclassés en « contrats aidés » avec la bataille contre les ordonnances Macron ! Refuser de rentrer dans le piège de la défense du système des « contrats aidés ».

Conjuguer la bataille pour de vrais emplois pour les travailleurs déclassés en « contrats aidés » avec la bataille contre les ordonnances Macron ! Refuser de rentrer dans le piège de la défense du système des « contrats aidés ».

Vivelepcf, 12 septembre 2017

Le nouveau gouvernement passe pour être habile en communication. L’annonce, très médiatisée, de son intention de supprimer 100.000 à 149.000 « contrats aidés » dès la rentrée, ne coïncide pas par hasard avec le coup de force pour faire passer les ordonnances de casse du code du travail.

Communistes, nous distinguons notre défense des travailleurs déclassés en « contrats aidés » et une défense du principe des « contrats aidés ». Loin de défendre ces derniers, nous les condamnons depuis 40 ans, depuis les TUC et les SIVP de Fabius jusqu’aux CES et « contrats d’avenir ». Nous combattons ces formes d’emploi dégradé, au rabais, de chômage déguisé, frappant notamment les travailleurs les plus jeunes et les plus vieux.

Alors que nous engageons la lutte contre la casse du code du travail, contre la nouvelle dégradation programmée du statut du travail, nous ne tomberons pas dans le piège de considérer les « contrats aidés » comme une quelconque référence. Nous ne sommes pas des héritiers et des satellites de la social-démocratie à l’origine du soi-disant « traitement social du chômage » qui érigent aujourd’hui la bataille des « contrats aidés » en symbole de la lutte pour l’emploi, en parallèle ou au-dessus de la revendication de retrait des ordonnances Macron.

On saisit le calcul du gouvernement, sa tentative de diversion.

Ses ordonnances sont techniques dans la forme, d’autant moins lisibles qu’elles ont été tenues secrètes jusqu’au 31 août. Elles frapperont les emplois à l’avenir. Au contraire, la remise en cause des « contrats aidés » est évidente à comprendre et suscite, logiquement et légitimement, la protestation immédiate des acteurs touchés brutalement.

Pour ajouter à la confusion politique, parmi les employeurs de contrats aidés, on trouve des municipalités de toutes couleurs. Des élus, notamment de droite, parfaitement favorables à la casse du code du travail, se rangent dans les défenseurs des « contrats aidés » auxquels ils recourent abondamment au lieu d’emplois statutaires.

Le premier ministre prétend vouloir faire des « économies » en supprimant les « contrats aidés », ce qui associe son annonce à la politique d’austérité que nous combattons. En réalité, les « contrats aidés », le plus souvent à temps très partiel, ne donnant pas lieu au paiement de cotisations sociales, reviennent à peine au niveau de dépenses du RSA.

La réalité, c’est que Hollande et Valls ont gonflé le nombre de « contrats aidés » avant les élections et que Macron et Philippe ont moins besoin de dissimuler le chômage. La réalité, c’est que les employeurs privés, du secteur marchand, pour lesquels l’emploi de « contrats aidés » correspond à seul effet d’aubaine, vont bénéficier d’autres dispositifs d’emplois sous-payés.

Dans les administrations, les écoles, les hôpitaux (où des « services civiques » font le travail d’aides-soignants !) etc., les « contrats aidés » servent et continueront à servir à pallier le déficit de personnel et à accompagner les suppressions de postes de fonctionnaire ou de CDI. Dans le secteur associatif, les meilleurs cas côtoient les pires. Trop souvent, les associations ne sont que des sous-traitants bon marché et déqualifiés des services publics.

En cette rentrée, nous sommes avec les personnes en « contrat aidé », les personnels des services publics, notamment les enseignants, les responsables d’établissement, contre les menaces de désorganisation brutale de leur travail et de leur vie que fait peser l’annonce des suppressions de « contrats aidés ».

Mais plus que jamais, nos mots d’ordre sont d’exiger de véritables emplois statutaires pour les travailleurs déclassés en « contrats aidés », de véritables formations pour les chômeurs ainsi parqués.  La mobilisation de tous pour des services publics de qualité, avec des emplois statutaires et qualifiés, partant des besoins, est la seule façon de maintenir et de gagner des emplois dans les moins mauvaises ou les meilleures conditions.

Ainsi seulement, la question des « contrats aidés » peut et doit s’inscrire dans la lutte générale pour le retrait des ordonnances Macron.

Loi El-Khomri : ATTENTION A LA SUPPRESSION DES PLANCHERS DES INDEMNITES PRUD’HOMALES !

ACTUALISATION: 26 MARS 2016: Le gouvernement recule (semble reculer) sur les planchers des indemnités prud’homales pour licenciement abusif

JJ pour Vivelepcf, 21 mars 2016 

Dans le projet de loi Valls-El-Khomri, un mauvais coup en cache toujours un autre. 

Une disposition, parmi les quelque 50 articles du projet, a particulièrement été commentée dans les médias : le plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement abusif. Son abandon lors de la supposée réécriture de la loi par Valls et Hollande et son remplacement par un barème indicatif ont été fortement mis en avant.  Ils ont largement servi à expliquer le ralliement complice de la CFDT qui en avait fait un casus belli « social ». De son côté, le Medef hurle, comme sur commande.

Mais personne ou presque ne signale et ne dénonce que le projet de loi transformé prévoit toujours la suppression des planchers des indemnités prud’homales. Or cette disposition frapperait les salariés dans des cas bien plus nombreux que l’hypothétique plafonnement (qui, de toute façon, allait sans doute être invalidé pour inconstitutionnalité).

Pour l’instant, le code du travail stipule qu’un licenciement reconnu par le conseil des prud’hommes sans cause réelle et sérieuse est indemnisé par l’employeur, pour un salarié ayant plus de deux ans d’ancienneté et travaillant dans une entreprise de plus de 11 salariés, au minimum du montant de six mois de salaire brut.

Si la loi Valls-El-Khomri passe, les juges prud’homaux représentant à parité les patrons seraient évidemment tentés de négocier avec les juges représentant les salariés des indemnités sur une base très inférieure à ces 6 mois. C’est aussi une base qui disparaîtrait, entre un patron et un salarié, dans la négociation d’une rupture conventionnelle du CDI et la fixation de la prime (procédure de licenciement déguisé que nous continuons à dénoncer).

Pour le salarié lésé, qui obtiendrait seulement 3 mois de salaires aux prud’hommes, pour contester et espérer récupérer les 6 mois d’indemnité accordés actuellement de droit, il faudra passer par un juge professionnel puis éventuellement faire appel. Des procédures qui durent de deux à quatre ans, sans assurance de gagner !

On comprend aisément combien cette disposition du projet Valls-Khomri va faciliter la vie des patrons qui veulent se débarrasser de tel ou tel de leur salarié et quel moyen de pression nouveau elle leur donne dans l’entreprise.

Il est temps, avant la journée nationale de grève du 31 mars, d’alerter très largement les salariés. Bien plus sont concernés par la suppression du plancher que par la suppression du plafond des indemnités prud’homales. Ne manquons pas non plus de confondre, dans les entreprises, les syndicats de collaboration !