PCF : Fil rouge

MARDI 2 OCTOBRE 19h. Paris, 61 rue VIOLET/ 38e congrès du PCF – Présentation du texte : « RECONSTRUIRE LE PARTI DE CLASSE – PRIORITÉ AU RASSEMBLEMENT DANS LES LUTTES »

Mardi 2 Octobre 2018 à partir de 19h00

Au Patronage Laïque, 61 rue Violet, 75015 Paris

(métro Commerce – Emile Zola – Dupleix)

Nous sommes des militants d’organisation du PCF. Notre texte est à la fois une motion de censure et un appel à reconstruire le Parti. Nous t’invitons à une réunion de présentation et de débats sur notre texte, que tu sois signataire du texte ou que notre démarche t’intéresse. Nous pourrons aussi aborder la protection sociale, un véritable enjeu de classe aujourd’hui. Notre parti vient de franchir un nouveau palier d’effacement. Les législatives de 2017 (1,23% des inscrits) ont débouché sur le plus mauvais résultat de notre histoire. Pour nous, cette nouvelle sanction ne résulte pas d’erreurs tactiques ou de « l’ingratitude de Mélenchon ». C’est la sanction logique du choix d’abandon de l’organisation et des positions communistes. Les quelques députés « gagnés », au prix de négociations humiliantes, ne justifient rien. Aucune remise en cause de nos stratégies n’a été faite, et aucun texte de congrès en dehors du notre ne propose d’analyse. Ce congrès n’a rien d’extraordinaire. Il a été avancé afin d’éviter les débats sur l’UE et les élections européennes. Le CN a d’ailleurs tracé la ligne politique avant le congrès lui-même, désigné un candidat sans appel à candidature. Alors que nous aurions pu recevoir les textes par la Poste durant l’été, la direction nationale a choisi de laisser les fédérations et les sections se débrouiller pour faire parvenir comme elles le peuvent les 100 pages du document de congrès aux communistes. Nombres d’entre eux ne les ont pas encore. Des groupes dirigeants se divisent sur plusieurs textes pour ce congrès. La lecture de ces différents textes montre si peu de différences que la conclusion s’impose : c’est une « lutte des places », un changement superficiel de tête. Tous reprennent en chœur les positions réformistes : « visée communiste », « dépassement du capitalisme », « réorientation des aides au patronat, des institutions de l’UE ». La crise de l’UE a franchi un nouveau stade. L’euro va jusqu’au bout de sa logique de concurrence de tous contre tous au profit des capitalistes et des plus puissants. La gestion du Brexit ou l’avènement au pouvoir d’un gouvernement populiste-nationaliste en Italie soulignent la nécessité d’apporter au rejet de classe de l’UE des propositions de rupture de classe. Notre lutte internationaliste contre la politique de l’UE, ses directives et l’euro est à l’opposé de l’illusion propagée d’une réorientation de l’UE du capital et de ses institutions. Nous ne suivrons pas Macron sur l’illusion d’une « souveraineté européenne ». Pour nous, le Parlement européen est un alibi démocratique. Communistes, nous ne pouvons l’utiliser que comme une tribune. Quand la direction nationale lançait un appel illusoire et hors-sujet pour que la BCE aide la SNCF (sic!) ou évoquait des « dérogations » aux directives, nous avons lancé une pétition nationale exigeant le maintien du monopole public. Faire converger les luttes, ce n’est pas les juxtaposer, encore moins les récupérer politiquement (pour renvoyer la solution à 2022), c’est construire les mobilisations à partir des concordances objectives d’intérêt. Notre texte vise à propager une démarche totalement différente, la seule qui ait un avenir avec une perspective nationale, de reconstruction du Parti de classe en partant de ses organisations locales qui se battent toujours. Les positions communistes sont essentielles pour construire les convergences de luttes. Nous débattrons des campagnes politiques essentielles pour alimenter la lutte des classes aujourd’hui et de se présenter à des élections dans des conditions bien plus positives qu’aujourd’hui.

A propos de la dernière vague de licenciements au Conseil national du PCF

Emmanuel Dang Tran, pour Vivelepcf, 29 septembre 2018

Exceptionnellement, nous reproduisons sur notre site un article qui ne vient pas de nous, en l’occurrence l’article de Médiapart  du 25 septembre 2018 relatif aux licenciements au Conseil national du PCF. Il circule déjà largement dans le Parti sur les « réseaux sociaux ».

Le journaliste me cite, après m’avoir interviewé. Il rend très exactement le témoignage et les éléments que m’a aussi apportés Sylvie, l’une des camarades licenciés.

Je suis intervenu à la réunion du CN du 5 septembre 2018, après avoir été contacté par Sylvie. Mon objectif était d’informer les membres du CN car ils ne l’avaient pas été et les camarades licenciés n’avaient pas toutes leurs adresses. Leurs propres collègues, autres salariés du CN, apprennent, pour la plupart, maintenant seulement la situation. Mon deuxième objectif était d’être mieux informé par la direction exécutive. Le journaliste a eu plus de succès que moi. Mon troisième objectif, l’essentiel, était et est de contribuer à ce que les 4+2 camarades soient repris, reclassés dans de bonnes conditions (avec leur CV, ce sera très difficile), indemnisés à hauteur de leur préjudice, y compris moral, vu leur engagement pour le Parti. Les difficultés financières du CN sont réelles et rentrent dans un autre débat, de congrès, mais il reste beaucoup d’argent…

Il s’agit aussi de défendre l’image du Parti qui ne saurait passer pour un « patron comme les autres ».

A ce titre, plusieurs éléments ont de quoi inquiéter les camarades. Le CN choisit le recours, coûteux, à un cabinet privé de reclassement plutôt que de passer par Pôle Emploi (Sylvie a refusé « l’aide » du groupe privé). Il se vérifie aussi que des mouvements de personnels récents ont eu lieu, avec des embauches. L’intitulé, sinon la nature, des nouveaux postes diffèrent, beaucoup ou seulement un peu, de ceux qui sont supprimés. Les compétences des camarades licenciés n’ont jamais été remises en cause, notamment celles de Sylvie, qui est aussi militante du PCF depuis 37 ans. Dans le Parti, c’est aussi une considération qui devrait peser.

L’embauche, certes à un poste politique, ni confirmée, ni infirmée, par la direction du PCF contactée par Médiapart, de Christian Picquet, transfuge de la LCR, à 66 ans, a de quoi laisser les communistes pantois. Il n’y a pas si longtemps, nous dénoncions les « cumulards » !

Ce n’est pas de notre faute si l’ancien permanent de la LCR, spécialisé dans la rubrique anti-Marchais de « Rouge » a été mal payé et touche une petite retraite. Qu’il règle ses comptes avec l’héritier de sa maison-mère, le NPA, pour « travail » dissimulé ! Passé de la LCR à l’aile la plus pro-PS du PCF en … 2015 (après avoir constitué le parti alibi bidon, « Gauche unitaire »), M. Picquet a déjà bénéficié, grâce aux communistes, d’un emploi d’attaché au Parlement européen, puis d’un poste de conseiller régional à Toulouse. C’est déjà pas mal !

En 2008, il était licencié, au bout de 28 ans, à 55 ans, de la LCR où il touchait 1745 euros net par mois (Libération du 10 mai 2008). Fraternel, Krivine disait de lui : «C’est un vrai militant, mais des comme lui, j’en connais des centaines.» Avant de rappeler qu’à la direction tous les vieux ont cédé leur place, que la LCR «n’a que deux permanents et ne peut se payer le luxe d’en avoir un qui ne fout rien».

Tiens, Sylvie va précisément avoir 55 ans et 28 ans aussi de bons et loyaux services. Mais elle a aussi 6 enfants, 37 ans de militantisme fidèle pour le PCF de Gaston Plissonnier, Etienne Fajon et Georges Marchais et des compétences professionnelles et politiques que personne ne conteste…

 

 

Le PCF licencie, lui aussi

Article de Médiapart du 25 septembre 2018, Par Dan Israel

En proie à une chute de son budget, le Parti communiste a procédé à quatre licenciements économiques cet été, et devrait supprimer deux postes supplémentaires, pour aboutir à 30 salariés à la fin de l’année. Une secrétaire licenciée proteste et un responsable du parti opposé à la direction déplore que le PCF se comporte « comme un mauvais patron ».

Des lettres de licenciement qui arrivent au cœur de l’été, visant des salariés ayant plus de 50 ans, une longue ancienneté professionnelle, et dont trois sur quatre sont des femmes. Deux autres suppressions de poste sont à venir, et la situation est justifiée par les difficultés économiques récurrentes de l’employeur. Ces faits pourraient être banals, et ne pas plus retenir l’attention que les centaines de cas semblables qui se sont produits cette année. Mais l’employeur ayant procédé à ces licenciements économiques, fin juillet, n’est autre que le Parti communiste français (PCF). Et la procédure attire, fatalement, le regard.

Sylvie est l’une des salariées concernées. Celle qui a fait toute sa carrière au siège du PCF, dans l’emblématique immeuble de la place du Colonel-Fabien à Paris, n’accepte pas la situation. « J’ai 54 ans, j’ai adhéré à 17 ans au parti et j’y ai toujours milité, dans l’Essonne, indique-t-elle. Je suis employée au siège depuis 1991. J’ai commencé par le ménage, puis je suis passée par dix ans au standard, avant de devenir secrétaire. J’ai encore trois enfants à charge, qui voudra m’embaucher désormais, à mon âge, et avec un tel C.V. ? ». « Licencier comme cela, c’est grave, on se bat justement pour que de telles choses n’arrivent pas dans les entreprises. Je n’ai pas adhéré à un parti qui agit ainsi ! », insiste-t-elle.

Le licenciement de Sylvie et de ses collègues jette une lumière crue sur les finances du PCF. En chute libre. Selon la lettre de licenciement de la secrétaire, alors que le budget 2016 du parti s’élevait à 8,5 millions d’euros, il a chuté à 7,5 millions en 2017, et ne devrait pas dépasser 5,6 millions pour 2018. Cette brutale chute financière s’explique par les mauvais résultats électoraux lors des élections législatives et sénatoriales de juin et septembre 2017. Ils « se sont traduits par des pertes de sièges qui ont impacté le budget national ».

« Nous allons donc subir une perte de 1,6 million, soit une baisse de 27 % par rapport à 2017, et nos prévisionnels d’exploitation démontrent qu’à défaut d’économies substantielles, nous risquons d’être en état de cessation de paiement dès l’année 2019 », indique le courrier lui annonçant la suppression de son poste. Suppression qui « ne permet pas de solution de reclassement au sein du conseil national, compte tenu des éléments budgétaires évoqués et des profils de postes correspondant au nouvel organigramme », assure la lettre signée par Jean-Louis Frostin, administrateur du siège et directeur des ressources humaines du parti.

« Dès juin 2016, le comité exécutif national du PCF a engagé une réflexion sur le dispositif de travail, explique ce dernier à Mediapart. Nous avons fait en sorte de ne pas remplacer tous les départs à la retraite, nous avons négocié des ruptures conventionnelles avec des salariés et nous avons procédé au maximum à des économies, mais cela n’a malheureusement pas suffi. » Les licenciements se sont révélés inévitables, assure l’administrateur, et tous les postes de secrétaires et de conseillers politiques attachés à un seul dirigeant ont disparu, au profit de salariés « au service d’un collectif de direction ».

Là où le siège du PCF comptait 44 salariés en 2015, ils ne sont plus que 32 à l’automne 2018. Deux autres postes seront encore supprimés d’ici la fin de l’année, sans doute sous forme de licenciements économiques, et d’autres départs à la retraite sont attendus dans les prochains mois.

Contactés par Mediapart, les représentants du personnel (CGT) du siège du parti, Jérôme Wurtz et Yann Henzel, soulignent avoir « toujours veillé à ce que le maximum soit fait » pour éviter les licenciements, et rester « très attentifs à ce que tout ce qui est légalement possible dans ce cadre soit fait » concernant « ces licenciements, durement vécus, non seulement par les collègues concernés, mais aussi par les salariés du siège du PCF ». Un accompagnement personnalisé a été proposé aux licenciés, assuré par le cabinet de reclassement privé Oasys, « afin de les aider à définir et réaliser un nouveau parcours professionnel s’inscrivant dans un projet de vie ». Trois salariés sur quatre l’ont accepté.

Solidaires à la manœuvre

Pour protester contre les licenciements, ce n’est pas la CGT, mais le syndicat Solidaires qui a mené la fronde. Le 3 août, un courrier, signé par Virginie Duval, une militante d’Asso, l’antenne de Solidaires en charge du secteur associatif, et Cécile Gondard-Lalanne, la co-porte-parole, s’étonne de la procédure auprès des dirigeants du parti, et rappelle que le syndicat et le parti « se sont régulièrement retrouvés, dans le mouvement social, et au sein de collectifs pour les droits des chômeurs, pour la défense d’un vrai droit à la retraite ou encore pour les droits des femmes ».

Le syndicat demande que « les travailleurs licenciés puissent bénéficier d’un soutien financier supplémentaire leur permettant de toucher, par exemple, en plus de leurs indemnités de chômage un salaire complet jusqu’à leur retraite ou bien jusqu’à leur retour en emploi ». Mais le courrier reste sans réponse.

« Depuis le début de cette affaire, nous ne rencontrons que le silence, souligne Virginie Duval. Pour nous, il n’est pas concevable d’être un acteur du mouvement social et d’agir comme cela. Sans réponse au premier courrier, nous en avons envoyé un second aux députés, aux sénateurs et aux députés européens communistes. Sans obtenir plus de retour. »

La syndicaliste et Sylvie se sont aussi rendues à la Fête de l’Huma, le week-end du 14 septembre, mais les deux femmes n’ont pas réussi à capter l’intérêt des militants ou des sympathisants communistes. Elles soulignent que l’argent dépensé pour l’université d’été du parti, du 24 au 26 août à Angers, aurait pu être consacré à aider les salariés licenciés. « Durant l’été 2017, c’est EELV qui avait procédé à des licenciements collectifs. Le PCF et les Verts paraissent gérer leur parti comme une entreprise, c’est problématique », déplore Virginie Duval.

L’ancienne salariée estime pour sa part que le Parti communiste aurait dû veiller, comme le préconise le code du travail, à ne pas licencier en premier les salariés les plus anciens ou ayant charge de famille. L’administrateur du siège assure que cette règle ne s’applique pas lorsque tous les postes d’une même catégorie sont supprimés.

À notre connaissance, le seul élu à avoir questionné la procédure est Emmanuel Dang-Tran, figure de la fédération parisienne, communiste orthodoxe, opposé à la stratégie du Front de gauche et figure déclarée de l’opposition à la direction actuelle. Membre du conseil national, le « parlement » du parti, il y est intervenu à ce sujet le 5 septembre. « J’ai fait remarquer qu’il n’est pas admissible que des camarades soient licenciés sans possibilité de reclassement ou d’aide financière leur permettant d’aller jusqu’à la retraite, confirme-t-il. Il est particulièrement malvenu que le parti puisse apparaître comme un mauvais patron. Financièrement parlant, le PCF a encore largement les moyens d’arranger les choses. »

Pour Sylvie, la preuve qu’il reste de l’argent est que des embauches ont eu lieu récemment. Elle en dénombre cinq en 2017 et 2018, dont un remplacement de poste et quatre créations, contre huit départs et un décès depuis 2016. « On peut être amenés à faire des recrutements, mais pas sur les catégories de personnel qui ont été supprimées », répond Jean-Louis Frostin. « Sur les catégories de postes concernées, aucune embauche n’a été faite, ni avant, ni après ces licenciements », confirment les élus du personnel.

Selon nos informations, parmi les nouveaux salariés figure Christian Picquet, devenu salarié du siège peu de temps avant les quatre licenciements. Âgé de 66 ans, l’homme est une ancienne figure de la LCR, favorable à l’union des gauches, membre du PCF depuis 2015 et candidat du parti aux législatives en 2017. Il est membre du conseil exécutif national, l’organe de direction du parti, comptant 36 membres. Ni lui, ni l’administrateur du siège n’ont souhaité confirmer cette information.

Sylvie, elle, est résolue à se faire entendre. « Je vais engager une démarche aux prud’hommes. Je suis militante, j’agis comme je l’aurais fait pour n’importe quel autre salarié que j’aurais pu accompagner, dit-elle. C’est simplement plus douloureux. »

Congrès du PCF 2018 et lutte pour la SNCF: sur les abstentions en 2014 d’André Chassaigne sur les articles de la « réforme » ferroviaire portant dissolution de la SNCF historique.

A la suite de la publication sur notre site de l’article « 38ème congrès du PCF. Nous n’avons aucune raison de rallier le texte Chassaigne/économistes+ «identitaires». La rupture que nous voulons ne passe pas par une révolution de palais et la lutte des places. », plusieurs camarades, ne s’en souvenant plus et ayant du mal à le croire, nous ont demandé des informations plus détaillées sur les abstentions du député André Chassaigne sur la dissolution de la SNCF historique lors du passage à l’Assemblée de la réforme ferroviaire de 2014 qui préparait celle de cette année.
Vous trouverez sur ce lien vers la page du site de l’Assemblée qui fait l’analyse du scrutin public du 18 juin 2014 sur l’article 1 du projet de loi, dissolvant la SNCF historique et créant 3 nouvelles entités éclatées, ce que dénonçaient et combattaient les cheminots en lutte. Le débat en commission est également retrouvable dans le rapport AN 1990.
Il va de soi que la position d’André Chassaigne, alors, n’engageait pas que lui-même et qu’il serait injuste de l’en accuser personnellement.
Fin juin 2014, plusieurs camarades, responsables d’organisations locales du PCF, devant de tels flottements et leur gravité pour la suite de la lutte, ont fait signer un appel pour le vote des députés PCF sur l’ensemble du texte soit clairement négatif, évitant également le discrédit total du parti dans le service public où il tient une place historique particulière.  
Ci-dessous en rappel,  mais aussi en lien avec la lutte actuelle et la préparation du congrès du Parti, ce texte de juin 2014.
 
Nous vous renvoyons également vers l’analyse de mars : PCF, SNCF et CONGRES: Tribune pour le lancement d’une pétition nationale PCF (Monopole, Epic, statut, contre concurrence, SA et casse sociale), TRIBUNE. A l’attention du Conseil National du PCF, des organisations et militants du Parti, 1er avril 2018

 

APPEL DU 22 JUIN 2014

Nous appelons solennellement les députés communistes à voter contre le projet de « réforme ferroviaire ».

Les conditions d’un renforcement de la lutte cheminote et de larges convergences existent dans les prochains jours. La place des communistes est d’y contribuer.

Lettre ouverte adressée aux 7 députés membres du PCF.

Le 22 juin 2014,

Mardi 24 juin 2014 se déroulera le vote solennel à l’Assemblée nationale du projet de loi portant « réforme ferroviaire », en fait la dissolution de la Société nationale des chemins de fer français créée par le Front populaire et l’abrogation du statut de cheminots SNCF, fruit de 74 ans de lutte.

L’objectif de la « réforme » est de lever les derniers obstacles au processus de mise en concurrence et de privatisation du rail voulue par l’Union européenne, d’abattre des normes sociales faisant référence pour tous les salariés. Les conséquences désastreuses de cette politique sur le service public, la réponse aux besoins des peuples et les conditions sociales sont observables, sans contestation possible, dans tous les pays.

Depuis 11 jours, les cheminots, à l’appel des syndicats CGT et SUD, poursuivent une grève hautement consciente de ces enjeux. Le pouvoir, le Président et le Premier ministre en tête, surpris par la détermination du mouvement, déploie tout son arsenal de propagande et multiplie les menaces. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas entendu et lu une telle campagne de haine orchestrée contre des travailleurs.

Mais l’opération médiatique « menace sur le baccalauréat » s’est écrasée lamentablement. L’affaire des « TER trop larges pour les quais » se retourne contre ses responsables patronaux et gouvernementaux. La fable de la « réunification de la SNCF et de RFF » est démentie : le gouvernement ne peut plus cacher qu’il éclate la SNCF maintenant en 3.

Dans ce contexte, les prises de position à l’Assemblée et les interventions dans les médias, du porte-parole du groupe de la « Gauche démocrate et républicaine », où siègent les députés communistes, suscitent notre stupéfaction et notre colère.

Il y a un mois déjà, bien avant la grève, dans la confidentialité de la Commission parlementaire[1], André Chassaigne montrait son état d’esprit défaitiste en ne votant pas contre le projet. Il avait déclaré partager les objectifs affichés du texte. Il était, déjà, rentré dans une logique d’amendement validant de fait l’éclatement de la SNCF. Dans l’opposition de postures PS/droite, les surenchères de la droite ne peuvent pas occulter leur identité de vues étroite au niveau européen ou en France quant à la politique de privatisation des services publics.

La force de la grève aurait pu et dû renverser la logique du « moindre pire » et l’état d’esprit de résignation. Mais non ! En séance publique le 18 juin, Chassaigne s’abstient lors du vote de l’article 1, central, puisqu’il porte l’éclatement de la SNCF et sa disparition. Dans les médias, par exemple sur RMC, le jeudi 19 juin, jour de la première manifestation interprofessionnelle de convergence des luttes, Chassaigne appelle explicitement à la fin de la grève au nom « d’avancées » obtenues dans la discussion parlementaire.

Quelles avancées ! Le deuxième verre de rhum au condamné ?

La direction de la CGT-Cheminots a clairement qualifié ces « avancées » de tentative « d’enfumage », de « modifications de surface». Ces « concessions » gouvernementales téléphonées étaient prévues de longue date. Soucieux de désamorcer au plus vite la grève, le secrétaire d’Etat Cuvilier les avait déjà accordées le 14 juin en en attribuant le bénéfice aux syndicats de collaboration, CFDT et UNSA, (qui n’ont pas appelé à la grève…), court-circuitant la mise en scène prévue de l’adoption d’amendements à l’Assemblée.

Ne laissons aucune ambiguïté ! La création de la « holding de tête » est une disposition provisoire, en attendant la mise en concurrence complète. Politiquement « l’EPIC de tête » masque la division étanche entre les nouvelles entités « mobilités » et « réseau ». Techniquement, elle assume certaines fonctions centrales destinées à être réparties ultérieurement entre les autorités régulatrices, dont les euro-régions, où à être filialisées et/ou privatisées. Le modèle retenu par la « réforme » française suit de près l’exemple belge. La « holding de tête » SNCB, créée lors de l’éclatement de l’entreprise historique, vient d’être dissoute au 1er janvier 2014.

Les amendements visant à « renforcer l’EPIC de tête » ne font donc qu’alimenter le leurre. Le gouvernement a laissé aux députés « verts », les plus chauds partisans de l’UE et de la régionalisation, le bénéfice de l’amendement rajoutant l’expression fumeuse, dénuée de toute valeur juridique, sur le « caractère indissociable et solidaire » des entités issues du démantèlement de la SNCF. Il a laissé au groupe GDR le soin d’insérer un amendement attribuant à « l’EPIC de tête » la centralisation des cotisations chômage et logement des salariés des 3 entités. Cela n’a rien à voir avec la constitution d’un « employeur unique » dont se prévaut André Chassaigne. Cela n’aurait rien d’ailleurs d’un gage d’unité. Eloigner des entreprises privatisables la gestion du personnel et la liquidation des dispositions sociales, c’est le modèle choisi par les privatiseurs belges. En l’occurrence, les fiches de paye des cheminots sous statut ne comportent ni cotisation chômage, ni cotisation logement. A ce qu’on sache, la garantie de l’emploi et les facilités de logement font encore partie du statut !

Il ne saurait faire aucun doute que l’abrogation du statut et l’institution d’une convention collective de branche, négociée, suivant les règles Sarkozy/Parisot de la « représentativité », avec poids prépondérant du patronat et des syndicats de collaboration, sous les coups de boutoir de la concurrence, prépare des reculs sociaux sans précédent pour les cheminots SNCF, notamment en ce qui concerne leur régime de travail.

Une ombre a plané sur les débat de l’Assemblée : celle de Jean-Claude Gayssot, le ministre qui a appliqué la première loi de division de la SNCF avec la création de RFF en 1997 puis a fait passer les première directives européennes de mise en concurrence – le « 1er paquet ferroviaire » – en 2001. A tour de rôle, les orateurs de tous les partis se sont répandus en louanges en l’honneur de Gayssot, présenté même comme conseiller des auteurs de la réforme d’aujourd’hui ! Communistes, nous ne pouvons pas nous permettre, pour la suite de la lutte, comme pour notre parti, de cautionner un deuxième cas Gayssot !    

Le Conseil national du PCF s’est réuni les 14 et 15 juin. Nous avons vivement regretté l’absence d’André Chassaigne en ce moment crucial alors qu’il était à Paris et a participé à la réunion du club PS « Un monde d’avance ». Le CN aurait pu prendre le temps d’échanger et d’ajuster les positions tenues par le Parti et ses représentants au Parlement.

En tout cas, le CN du PCF a adopté une résolution claire de soutien aux grévistes et d’opposition à la réforme ferroviaire. Nous nous en félicitons, nous qui, depuis des mois appelons à une grande campagne nationale du Parti sur cette lutte essentielle et fédératrice.

Le Parti dans son ensemble aurait pu la lier à la question européenne pendant la campagne électorale. Rien n’aurait été plus juste. Aujourd’hui, il est frappant qu’aucune voix ne s’élève dans le débat parlementaire pour refuser l’application des directives européennes, la nécessité de se plier à « l’euro-compatibilité ». Alors que les peuples désavouent massivement l’UE du capital, alors que des luttes de cheminots se développent dans tous les pays contre la privatisation et ses conséquences – en Suède, en Belgique, en Grande-Bretagne, en Allemagne… -, alors que les grévistes français reçoivent des témoignages de soutien de cheminots de tous les pays… La rupture avec l’UE du capital partira des luttes nationales comme celle des cheminots et de leur jonction internationaliste ! Communiste, c’est plus que jamais, ce que nous devons mettre en avant !

Pour l’engagement du PCF, mieux vaut tard. Allons-y à fond, tous ensemble !

Des grévistes ont suspendu le mouvement. Ils ne l’ont pas fait convaincus par la campagne conjointe du gouvernement, de la CFDT et de l’UNSA. La rage au ventre, ils ont jugé préférable de garder des forces. D’autres, dans le même état d’esprit, souvent – et c’était marquant dans les rassemblements des 17 et 19 juin – des jeunes, poursuivent la grève, l’organisent dans la durée.

Communistes, l’heure est toujours, et plus que jamais, à alimenter la lutte et son développement alors que des semaines très intenses d’affrontement politique s’annoncent, porteuses de grandes opportunités de convergences de lutte.

Lorsque les députés voteront sur la « réforme ferroviaire » le 24 juin, la discussion aura déjà commencé sur les budgets rectificatifs (Etat et Sécu) porteurs des pires dispositions antisociales du « Pacte de responsabilité » contre les salariés, les retraités, l’hôpital public etc. Exactement dans le même temps, comptant sur l’été pour charger la barque des mauvais coups, le gouvernement lance sa contre-réforme territoriale, programmée début juillet au Sénat.

Les mobilisations des travailleurs grandissent. Les fonctionnaires territoriaux, menacés au plus haut point, s’engagent dans une grève reconductible. Leur lutte est directement connectée à celle des cheminots alors que les Régions (« de gauche ») poussent à l’éclatement de la SNCF, à la régionalisation et ont obtenu de fixer les tarifs ferroviaires dans la « réforme ».

La journée d’action interprofessionnelle du 26 rassemblera très largement, notamment les autres salariés des transports (dont la RATP). Des luttes se développent partout en France à La Poste contre les « réorganisations ». La casse industrielle – Alstom, PSA, raffineries … – suscite l’intervention des travailleurs.

Dans ce contexte, le vote des députés PCF[i] contre la réforme ferroviaire, contre la dissolution de la SNCF, pour une véritable réintégration de RFF dans une société nationale unique, contre l’abrogation du statut, est une nécessité absolue. Communistes, nous n’aurions même pas pu imaginer une autre position sans les derniers déroulements à l’Assemblée.

Ensemble, interpelons ces députés PS, qui se disent « affligés »,  qui émettent des critiques sur la politique qu’ils ont soutenue jusqu’alors et qui prétendent, à leur tour, amender et aménager le « pacte de responsabilité ». Double jeu, numéro de claquettes ? C’est évident, du moins s’ils ne s’opposent pas à la « réforme ferroviaire » comme les cheminots de leur circonscription le leur demandent avec insistance.

Le développement des luttes, de la lutte des classes, remet à leur place les préoccupations de ceux à « gauche » qui préparent la relève de Valls à Matignon ou les primaires de 2017. Il démonte le consensus PS/droite sur les questions économiques et sociales, guidé par l’UE du capital. Il prend totalement à contre-pied la démagogie « sociale » de l’extrême-droite raciste et bourgeoise.

Camarades, n’ayons pas peur d’être communistes ! La rupture politique ne pourra partir que des luttes ! Notre place est avec cette avant-garde, dont les cheminots sont actuellement la locomotive !  

PREMIERS SIGNATAIRES (Chronologie) :

Corinne BECOURT (secrétaire de la section du PCF de Saint-Quentin), Emmanuel DANG TRAN (Membre du CN du PCF, secrétaire de la section de Paris 15ème), Claude FAINZANG (Membre du CN du PCF, Paris 19ème), Michel GAGLIANO (syndicaliste cheminot, ancien membre du Conseil national de la fédération CGT des cheminots, communiste, Saint-Etienne), Armelle HERVE (Secrétaire de la section du PCF de Mantes-la-Jolie), Eric JALADE (Membre du CN du PCF, secrétaire de la Fédération du PCF du Tarn), Marc JAMMET (conseiller municipal PCF de Mantes-la-Jolie), Eric MONINI (secrétaire de la section du PCF du Jarnisy, fédération de la Meurthe-et-Moselle), Cyril MORLOT (secrétaire de la fédération de la Haute-Saône du PCF), Dominique NEGRI (Membre du CN du PCF, secrétaire de la section de Saint-Martin-d’Hères), Michel PERRIN (Syndicaliste cheminot, section PCF cheminots de Limoges, ancien secrétaire de la fédération du PCF de la Haute-Vienne), Nino PICCARETTA (section d »Echirolles, fédération de l’Isère), Laurent RICHARD (secrétaire de la section du PCF des Terres Froides, fédération de l’Isère), Pierre VIRGILIO (secrétaire de la section de Thil, fédération de la Meurthe-et-Moselle)

PCF, SNCF et CONGRES: Tribune pour le lancement d’une pétition nationale PCF (Monopole, Epic, statut, contre concurrence, SA et casse sociale)

TRIBUNE. A l’attention du Conseil National du PCF, des organisations et militants du Parti, 1er avril 2018

OBJET : Proposition de lancement d’une pétition nationale contre les ordonnances Macron/SNCF : Non à l’abrogation du monopole de la SNCF sur les trains de voyageurs, Non à la transformation de la SNCF en sociétés anonymes et la suppression du statut des personnels lié au service public (Texte en lien)

Nous proposons à la direction du PCF de lancer rapidement une pétition nationale, dans une optique de rassemblement très large, visant à préciser dans l’opinion et mettre en échec, face aux manipulations du pouvoir, les objectifs de son projet (loi, ordonnances) anti-SNCF.

Notre démarche se situe dans le cadre de la préparation du congrès. Pour nous, le congrès ne peut pas se préparer sur des débats à ambition théorique coupés de l’actualité de la lutte des classes.

La bataille SNCF actuelle pose de façon cruciale et urgente, la nécessité de la remise en cause des alliances politiques institutionnelles préalables et de l’illusion d’une « réorientation » de l’UE du capital. Ces orientations ont une large part dans le sinistre électoral de juin 2017 et la quasi-disparition du Parti, que les mois qui passent sous la présidence Macron ne peuvent pas faire oublier.

Pour autant, notre démarche ne vise pas à trancher ces désaccords de fond mais à proposer une initiative immédiate, que tous les communistes peuvent reprendre dans l’état actuel des débats, pour que l’intervention du Parti trouve toute son utilité pour le service public SNCF et la convergence des luttes.

CONSTATS, largement partagés dans le Parti:

Nous faisons le constat que l’attaque frontale du pouvoir contre les cheminots et leur statut, pour réduire à une bataille « corporatiste » la casse du service public au profit de la concurrence privée, est en train d’échouer.

Les cheminots ne sont pas perçus comme des « privilégiés ». Les ordonnances anti-SNCF sont mises en parallèle avec les ordonnances anti-droit du travail de l’automne, les offensives pour précariser les travailleurs, dénaturer l’assurance chômage. La volonté du gouvernement de régler le régime « spécial » des cheminots avant de s’attaquer, à nouveau, à l’ensemble des retraites se dévoile de plus en plus.

Deuxième constat : Le pays a fait son expérience des dégâts du processus de concurrence/privatisation, sous l’égide de l’UE, de tous les grands services publics depuis France Telecom jusqu’à la SNCF. Après la « réforme » ferroviaire de 2014/2016, le cadre est fixé, malgré le statut des cheminots, pour accélérer la casse de leurs conditions de travail, les suppressions d’emplois (d’abord statutaires, – 30.000 en 15 ans) en même temps que la réduction du service public dont les « petites lignes » (à charge des régions de s’en occuper), l’explosion des tarifs.

Troisième constat : Notre Parti tient encore une place particulière et unique dans l’histoire du service public SNCF. Nous n’avons pas besoin d’en rappeler les grandes dates.

Ce rôle de référence demeure même s’il s’est fortement érodé ces dernières décennies. La « gauche plurielle » et les ministres PCF dont JC. Gayssot, entre 1997 et 2002, ont opéré la première division de la SNCF en vue de la privatisation et cautionné, entre autres, les « ouvertures du capital » d’Air France ou de France Télécom. La social-démocratie, dans les régions, a, au long des années 90, 2000 et même ensuite, choisi de confier à des vice-présidents PCF les transports, pour leur faire cautionner, même en limitant les dégâts suivant les régions, la préparation de la mise en concurrence. En 2014, le porte-parole PCF à l’Assemblée (A. Chassaigne – ce n’est pas la personne du camarade qui est visée) s’est abstenu sur la dissolution de la société SNCF historique et a appelé prématurément à la fin de la grève, dans l’incompréhension des militants engagés dans la lutte.

Les conceptions de fond qui ont amené à cette suite de positions doivent vraiment, enfin, être revues en congrès. Mais dans l’immédiat, le Parti a un rôle urgent à jouer contre le projet SNCF-Macron. Contrairement à la discrétion de 2014, la direction du Parti a produit de nombreuses déclarations et plusieurs matériels de propagande. Mais les nombreuses orientations exposées ne fournissent pas les points d’intervention et de convergence pour mobiliser l’opinion et faire échec aux objectifs centraux des ordonnances.

C’est pourtant d’autant plus important que la propagande gouvernementale et la procédure choisie cherchent à diluer le débat dans le contenu et dans le temps. La manœuvre du recours aux ordonnances permet au gouvernement d’abattre ses cartes petit à petit, suivant la tournure du mouvement. Les ordonnances pourraient être dévoilées seulement fin mai pour une adoption définitive au cœur de l’été. Les restructurations annoncées par le PDG G. Pépy s’étalent sur le même calendrier. E. Philippe a ouvertement présenté le chantage aux cheminots sur des dispositions techniques et sociales qui les frapperaient. Il veut entraîner les organisations syndicales à négocier en retrait, entérinant les objectifs principaux des ordonnances. Les syndicats tentent de déjouer ce calendrier vicieux. Il n’en est que plus important pour nous, PCF, de préciser les enjeux majeurs. Voilà pourquoi nous proposons que le Parti prenne l’initiative d’une pétition nationale précise contre la mise en concurrence du rail et pour le maintien du monopole de la SNCF sur les trains de voyageurs, contre la transformation en Sociétés anonymes et la suppression du statut du personnel.

Nous tirons les leçons toujours actuelles d’une initiative incomplète sur un objet similaire : la « votation » pour La Poste de 2009. D’un côté, l’initiative avait permis de mobiliser très largement dans le pays et a obtenu des millions de signatures, au-delà des attentes. De l’autre côté, le caractère politicien de la démarche, rassemblant en préalable toute la « gauche » sur un « vote », a renvoyé la mobilisation vers l’illusion d’une issue électorale avec une alternance en 2012 (F. Hollande avait fait signer le conseil général de Corrèze !). Et cette « unité » a empêché de poser toutes les bonnes questions. La « votation » a porté uniquement sur la transformation de La Poste en SA mais a occulté la question essentielle de la transposition de la dernière directive européenne de mise en concurrence du courrier, puisque les socio-démocrates et Verts l’avaient approuvée. Cela a notamment nui gravement à la mobilisation contre la résignation aux dégâts de la concurrence dans l’entreprise elle-même.

Sur la SNCF cette année, le Parti ne peut pas rester bloqué au plus petit dénominateur commun de la « gauche » en recomposition. Le tract national appelant au 22 mars, comme plusieurs déclarations des dirigeants, font une priorité du rassemblement des « forces de gauche » dont EELV, « Génération », le groupe de B. Hamon, FI, les « socialistes opposés à Macron » etc. Cette priorité politicienne va à contre-sens de la lutte. Comme en 2009 pour La Poste, il ne pourra pas y avoir de position juste et efficace pour la SNCF aujourd’hui dans une perspective de recomposition électorale à « gauche » d’ici les européennes, les municipales ou 2022, en particulier sur la question capitale de l’application des directives et règlements européens alors que la plupart des politiciens, nationalement et dans les régions, accompagnent, depuis des années, la concurrence à l’européenne.

Il faut des revendications claires et précises à soumettre à pétition.

Sur le statut de l’entreprise, on doit pouvoir se prononcer pour le refus de la transformation des entités issues de la SNCF en sociétés anonymes et pour la réunification de l’entreprise sous forme d’un établissement public unique et intégré. L’expression « SNCF 100% public » dans les tracts PCF est insuffisante et ambigüe. Elle risque de rentrer dans le jeu du gouvernement qui promet des « Sociétés nationales », en fait des SA dont – au départ – toutes les actions seraient détenues par l’Etat ou des groupes publics. Des SA « publiques » sont vouées à la privatisation, comme les exemples de FT ou de GDF l’illustrent. L’établissement public est le statut qui fait rempart à la privatisation.

La question de la répartition de la dette est directement subordonnée au statut de l’entreprise. Nous sommes tous d’accord sur l’explication de l’origine de la dette - les investissements que l’on a fait peser sur la SNCF alors que les investissements routiers ne pèsent pas sur les transporteurs – , sur la dénonciation des intérêts versés à la finance privée, sur la riposte à la tentative grossière du gouvernement de rendre les cheminots coresponsables de la dette. Mais, nous devons faire attention au calcul du pouvoir qui cherchera à délester de la dette, vers la collectivité, les SA issues de la SNCF qu’il destine le plus rapidement à la privatisation.

Le rejet de la mise en concurrence organisée par l’UE du capital : c’est maintenant que ça se joue !La raison d’être première du projet de loi initialement prévu, puis des ordonnances, est de faire sauter les derniers verrous législatifs et techniques au début de la mise en concurrence et du passage au privé de réseaux de transports de voyageurs (régions). Le gouvernement suit le calendrier européen qui lui fixe le délai de la fin 2018. Il s’agit notamment de régler l’utilisation commune par les concurrents d’infrastructures et de services communs – de détricoter la SNCF unifiée – de régler la situation des personnels SNCF se retrouvant sur des lignes privatisées. Il s’agit aussi, très précisément, d’abroger l’article 2141, alinéa 1, du code des transports qui pose le monopole de la SNCF sur les trains de voyageurs. Dans ce contexte, alors que l’immense majorité des cheminots, même, dans les mots, les principaux syndicats réformistes, une majorité des usagers, échaudés par les précédents de la casse des autres services publics, s’y opposent, il serait incompréhensible que le PCF ne mette pas au centre le blocage immédiat du processus de concurrence/privatisation.

Les positions qui minimisent et reportent les dangers de la concurrence sont incompréhensibles, même inacceptables. Un tract de la direction du PCF estime que l’ouverture à la concurrence ne serait qu’un prétexte à la réforme et renvoie, dans l’avenir, à des « dérogations » que « permettraient les traités européens ». C’est marcher sur la tête ! L’UE est l’organe qui organise, coordonne la liquidation des services publics. Dans ce règlement européen, des dérogations ont été prévues pour les pays dont les réseaux ferrés publics sont si dégradés qu’aucun concurrent privé ne peut être rapidement constitué. Même en Grèce, A. Tsipras, toujours soutenu par le PGE, essaie de privatiser les quelques lignes modernes. En France comme en Allemagne, imposer la concurrence, ne signifie pas que la SNCF perde tout d’un coup ses activités mais qu’un service public et un cadre social dégradés soient imposés à tout le ferroviaire. Jouer sur les « dérogations européennes », c’est aussi renoncer définitivement, pour le rail, au retour au monopole public des trains de marchandises, ou ailleurs de l’électricité…

Chercher à dédouaner l’UE est une aberration alors qu’elle est le prétexte et l’instrument repris par les représentants politiques de gauche et de droite en France pour leur politique au service du capital français et international. Et c’est bien en France, comme dans chaque pays, que la riposte doit s’organiser contre elle, sur la base des acquis démocratiques et sociaux nationaux de la classe ouvrière. Concrètement, à propos de la SNCF aujourd’hui, cela veut dire mettre en échec la fin du monopole public SNCF du transport de voyageurs. L’existence de services et d’entreprises publics forts est une condition de coopérations internationales positives. C’est le contraire de la stratégie d’intégration de l’UE et des capitalistes européens qui mettent en concurrence les travailleurs des pays. Toujours dans le ferroviaire, cela vaut aussi pour Alstom. Nous ne comprenons pas que la direction du PCF ne porte pas la revendication, facilement rassembleuse, de nationalisation face à la prise de contrôle par Siemens voulue par Macron.

Pour nous, la direction du PCF doit rompre avec sa conversion à l’intégration européenne, au discours illusoire de la réorientation de l’UE du capital, en lien avec son intégration mortifère dans la « gauche » institutionnelle en recomposition. Sa soumission à l’idéologie de l’UE touche à l’absurde quand elle propose de créer un « fonds de financement européen des services publics alimenté par le Quantitative Easing de la BCE ». On va gentiment s’adresser à l’organe le plus antidémocratique, le plus éloigné des interventions démocratiques nationales, pour réorienter des artifices financiers créés pour alimenter la spéculation boursière et immobilière. Demander aux capitalistes de la BCE de faire du social avec leur « Quantitative Easing » ? Ce serait vraiment aberrant pour des dirigeants communistes…

Ajoutons que, face à l’UE du capital, sur des sujets comme les services publics et les droits sociaux, les nationalistes et l’extrême-droite sont incapables de détourner la colère des travailleurs, étant incapables de masquer leur haine de classe et leur rejet des syndicats ouvriers. Communistes, c’est le moment de les confondre !

Nous le répétons : l’actualité et la situation du Parti imposent de poser ces questions de fond. Les débats et les constats de désaccords vont continuer jusqu’au congrès et ensuite. Mais, au-delà de ces profonds différents, dans l’immédiat, nous pensons que notre proposition de pétition nationale peut convenir à tous les communistes, dans l’actualité et le feu de l’action, notamment avec l’étape de la journée nationale d’action interprofessionnelle prévue par la CGT le 19 avril.

Dans un esprit de construction, de reconstruction,

Salutations fraternelles,

 

EN LIEN : Monopole, établissement public, statut contre concurrence, sociétés anonymes et casse sociale : PETITION POUR L’AVENIR DU SERVICE PUBLIC NATIONALISE SNCF

 

PREMIERE LISTE DE SIGNATAIRES:

Emmanuel DANG TRAN (75, Paris 15, CN du PCF), Dominique NEGRI (38, Saint-Martin-d’Hères, secrétaire de section), Corinne BECOURT (02, Saint-Quentin, secrétaire de section), Eric MONNINI (54, Jarny, secrétaire de section), Armelle HERVE (78, Mantes-la-Jolie, secrétaire de section), Christiane ODETTI (81, Lavaur, secrétaire de section), Frédéric BERNABE (70, Vesoul), Cyril MORLOT (70, Vesoul, secrétaire fédéral du PCF Haute-Saône), Eric JALADE (81, Castres), Laurent RICHARD (38, Terres Froides, secrétaire de section), Michel PERRIN (87, Limoges-cheminots, ancien secrétaire fédéral du PCF Haute-Vienne), Michel GAGLIANO (42, Saint-Etienne, cheminot), Guy MANIN (38, Terres Froides), Marc JAMMET (78, Mantes-la-Jolie), Pascal GALANTINI (54, Jarny, cheminot), Saverio GUZZO (54, Jarny, cheminot), Gauthier DUCOS (02, Val d’Origny, secrétaire de section), Joran JAMELOT (75, Paris 15), Noël ZICCHINA (2A, Ajaccio), Pierre YAGHLEKDJIAN (75, Paris 15 RATP), Myriam KOROBAEFF (68, Mulhouse-Campagne), Yves RALLIERES (81, Bastides, secrétaire de section), Danielle RALLIERES (81, Bastides), Jeanne JIMENEZ (81, Castres), Aurélien JAN (02, Saint-Quentin), Ernest MONTEAGUDO (38, Pont-de-Claix), Antoine BIMBEAU (75, Paris 15), Diana KDOUH (38, Saint-Martin-d’Hères), Jean-Claude MAZZOLINI (92, Fontenay-aux-Roses), Jean-Jacques SUZANNE (94, Orly-Ville), Nasser DIFFALAH (70, Couthenans), Fabienne LIEVIN (70, Saint-Rémy), Patrick LIEVIN (70, Saint-Rémy), Guy NIEL (94, Gentilly), Franck CLET (38, Saint-Martin-d’Hères), Jérôme RUBES (38, Saint-Martin-d’Hères), Josette GAWSEWITCH (75, Paris 15), Anne-Marie KOLLI (33/75, Arcachon), Savino PICCARRETTA (38, Echirolles), François ROQUIN (38, Saint-Martin-d’Hères), Marie LECLERC (54, Jarny), Nicolas KIEFFER (42, Saint-Etienne), Joël COPIN (62, Rouvroy), Alain GIRARD (54, Jarny), Patrice MUZARD (70, Gray), Véronique JUNG (70, Gray), Matthieu PIOTROWSKI (54, Jarny), Matthieu RENAULT (75, Paris 15), Olivier TOURNAY (02, Saint-Quentin), Michèle GABERT (02, Gauchy, secrétaire de section), Pierre DARGHAM (75, Paris 15), Bernard GISCLARD (81, Vallée du Thoré), Nelly MONTET (81, Bastides), Albert BARRE (75, Paris 15), Morane BARRE (75, Paris 15), Francis GUEZOU (02, Saint-Quentin), Frédéric JOUBBE (02, Saint-Quentin), Mickaël LIBOUTON (75, Paris 15 RATP), Cemil KAYGIZIZ (75, Paris 15 RATP), Jean-Pierre POINSOT (70, Gray), André RUIZ (70, Ronchamp), Muguette PAQUIS (70, Ronchamp), Loïc CARINCOTTE (38, Saint-Martin-d’Hères), Mathilde RABUT (38, Terres Froides), Jean-Louis NEGRI (38, Saint-Martin-d’Hères), Eliane PERRIN (87, Limoges), Jacqueline DANG TRAN (35, Rennes), René BARDE (81 Lavaur), Marie-Rose LAFLEUR (81 Lavaur), Michel LAFLEUR (81 Lavaur), Jean-Pierre LATCHER (81, Lavaur), Jean-Marc PETIT (81 Lavaur), Claude RAVEL (38 Terres Froides), Angelo PRIZZI (38 Saint-Martin-d’Hères), Suzanne BARBAUX (02, Saint-Quentin), Ludovic BOULANGER (02, Saint-Quentin), Jean-Luc TOURNAY (02, Saint-Quentin), Serge CARRIER (02, Saint-Quentin), Serge CASIER (02, Saint-Quentin), Julien CASIER (02, Saint-Quentin), Johnny DENIMAL (02, Saint-Quentin), Jean-Marie DESMIDT (02, Saint-Quentin), Alice GORLIER (02, Saint-Quentin), Jean-Jacques GABERT (02, Gauchy), Amélie DARDE (02, Saint-Quentin), Franck MOUSSET (02, Saint-Quentin), Grégory PLE (02, Saint-Quentin), Didier TASSIN (02, Saint-Quentin),

SUITE DE LA LISTE: Paul RIO (58, Guérigny), Guy HAREL (37, Montlouis, cheminot), Rolande HAREL (37, Montlouis), Caroline WAVELET (75, Paris 15, cheminote), Henri PUYGRENIER (38, Saint-Martin-d’Hères), Robien MATTA (13, cheminot), Henri SABATTIER (07, Sud-Ardèche), Anne-Marie AGUDO (81, Bastides), Paul FOURCHARD (75, Paris 15), Thierry LA BARBERA (81, Lavaur), Malou MONNINI (54, Jarny), François THIRY (54, Jarny), Jean-Pierre CAMELLINI (54, Jarny), Louis CAMENZULLI (83, La Garde), Lionel HOFF (57, Basse-Orne), Jean-Claude DELVAL (78, Mantes-la-Jolie), Christine SAMPERE (83, Six-Fours), Russell YATES (77, Meaux), Gilbert DELMAS (31, Toulouse), Justine PROUST (75, Paris 15), Martine NATIVI (06, Cagnes-sur-Mer), Olivier APRUZZESE (13, Trets), Benjamin LANDAIS (84, Avignon), Jean-Claude PATE (50, Valognes, cheminot), David SPANIER (54, Jarny), Alain ANTOINE (54, Jarny), Alain CONSTANTINI (54, Jarny), Francis SACHER (54, Jarny), Patrice MOREAU (24, Singleyrac), Marie Llorente (78, Mantes-la-Jolie)

Pour cosigner cette tribune :

TRIBUNE PCF/SNCF/CONGRES: pour le lancement d'une pétition nationale PCF pour le monopole public SNCF

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Dernières Signatures

166Alain CASALEMarseilleavr 23, 2018
165Jacques VICTORNICEavr 18, 2018
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158damlencourt olivierSAINT AMAND LES EAUXavr 12, 2018
157Léo Fleurence Strasbourg avr 12, 2018
156Sacha BurgySainte-Marie-Aux-Chênes (57255)avr 11, 2018
155Jean marc Lafoy Lussac les châteaux avr 11, 2018
154Michelle Bardot BardotStrasbourgavr 10, 2018
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152Serge GARNERINTROYESavr 09, 2018
151gilbert remondvaulx-en-velin 69avr 08, 2018
150PATRICE MOREAUCUNEGESavr 08, 2018
149Amélie DARDESaint-Quentin 02avr 08, 2018
148roger pinetbriareavr 08, 2018
147CLAUDE DEFFONTAINEBANYULS SUR MERavr 08, 2018
146Huguette Le DanoisLisieuxavr 08, 2018
145claude lejeunechampigny sur marneavr 08, 2018
144ARNAUD PETITWOINCOURTavr 08, 2018
143Dominique SERRAMARSEILLEavr 08, 2018
142mohamed Naceur Chambéry avr 08, 2018
141Yves BoureilleRuomsavr 07, 2018
140Barbara KNOCKAERTSaiint-Quentin Aisneavr 07, 2018
139Georges VarenneSt-Quentin Aisneavr 07, 2018
138Francis SAHALLAVAUR-81avr 07, 2018
137Dominique NowakFayet 02avr 06, 2018
136Heinrick MartineauSaint-Quentin 02avr 06, 2018
135Claudine PotierSaint-Quentin 02avr 06, 2018
134Henry WelshMontréal QCavr 06, 2018
133Grégory Plé02100 - ST QUENTINavr 06, 2018
132Valerie TranchantSaint Martin d'heresavr 06, 2018
131Michel LaplaceLunas 34650avr 06, 2018
130Jean HochartSaint-Quentin 02100avr 06, 2018
129Nicolas BretteLe Lardin Saint Lazareavr 05, 2018
128Denise REBOURSAufreville_Brasseuilavr 05, 2018
127annie ardoinoLa Seyne sur Mer avr 05, 2018
126Martine NATIVICagnes-sur-Meravr 04, 2018
125Claude ChamekPARIS 13avr 04, 2018
124Gauthier DUCOSVal d'Origny 02avr 04, 2018
123Ekin TEKParisavr 04, 2018
122Gilbert DelmasToulouse (31)avr 04, 2018
121Russell YatesMeaux (77)avr 04, 2018
120Christine SampereSix-Fours (83)avr 04, 2018
119Jean-Claude DelvalMantes la Jolie (78)avr 04, 2018
118Lionel HoffBasse-Orne (57)avr 04, 2018
117Louis CamenzulliLa Garde (83)avr 04, 2018
116Jean-Pierre CamelliniJarny (54)avr 04, 2018
115François ThiryJarny (54)avr 04, 2018
114Malou MonniniJarny (54)avr 04, 2018
113Thierry La BarberaLavaur (81)avr 04, 2018
112Anne-Marie AgudoBastides (81)avr 04, 2018
111Henri SabatierSud-Ardècheavr 04, 2018
110Robien MattaCheminots 13avr 04, 2018
109Henri PuygrenierSt Martin d'Hères (38)avr 04, 2018
108Caroline WaveletParis 15avr 04, 2018
107Guy HarelMontlouis (37)avr 04, 2018
106Paul RioGuérigny (58)avr 04, 2018
105Romain DenimalSaint Quentin (02)avr 04, 2018
104Didier TassinSaint Quentin (02)avr 04, 2018
103Grégory PléSaint Quentin (02)avr 04, 2018
102Franck MoussetSaint Quentin (02)avr 04, 2018
101Amélie DardeSaint Quentin (02)avr 04, 2018
100Jean-Jacques GabertGauchy (02)avr 04, 2018
99Alice GorlierSaint Quentin (02)avr 04, 2018
98Jean-Marie DesmidtsSaint Quentin (02)avr 04, 2018
97Jhonny DenimalSaint Quentin (02)avr 04, 2018
96Julien CasierSaint Quentin (02)avr 04, 2018
95Serge CasierSaint Quentin (02)avr 04, 2018
94Serge CarrierSaint Quentin (02)avr 04, 2018
93Ludovic BoulangerSaint Quentin (02)avr 04, 2018
92Suzanne BarbauxSaint Quentin (02)avr 04, 2018
91Angelo PrizziSt Martin d'Hères (38)avr 04, 2018
90Claude RavelTerres Froides (38)avr 04, 2018
89Jean-Marc PetitLavaur (81)avr 04, 2018
88Jean-Pierre LatcherLavaur (81)avr 04, 2018
87Michel LafleurLavaur (81)avr 04, 2018
86Marie-Rose LafleurLavaur (81)avr 04, 2018
85René BardeLavaur (81)avr 04, 2018
84Jacqueline Dang-TranRennes (35)avr 04, 2018
83Eliane PerrinLimoges (87)avr 04, 2018
82Jean-Louis NégriSt Martin d'Hères (38)avr 04, 2018
81Mathilde RabutTerres froides (38)avr 04, 2018
80Loïc CarincotteSt Martin d'Hères (38)avr 04, 2018
79Muguette PaquisRonchamp (70)avr 04, 2018
78André RuizRonchamp (70)avr 04, 2018
77Jean-Pierre PoinsotGray (70)avr 04, 2018
76Cemil KaygizizParis 15avr 04, 2018
75Mickaël LiboutonParis 15avr 04, 2018
74Frédéric JoubeSaint Quentin (02)avr 04, 2018
73Francis GuézouSaint Quentin (02)avr 04, 2018
72Morane BarréParis 15avr 04, 2018
71Albert BarréParis 15avr 04, 2018
70Nelly MontetBastides (81)avr 04, 2018
69Bernard GisclardVallée du Thoré (81)avr 04, 2018
68Pierre DarghamParis 15avr 04, 2018
67Michèle GabertGauchy (02)avr 04, 2018
66Olivier TournaySaint Quentin (02)avr 04, 2018
65Matthieu RenaultParis 15avr 04, 2018
64Matthieu PiotrowskiJarny (54)avr 04, 2018
63Véronique JungGray (70)avr 04, 2018
62Patrice MuzardGray (70)avr 04, 2018
61Alain GirardJarny (54)avr 04, 2018
60Joël CopinRouvroy (62)avr 04, 2018
59Nicolas KiefferSaint Etienne (42)avr 04, 2018
58Marie LeclercJarny (54)avr 04, 2018
57François RoquinSt Martin d'Hères (38)avr 04, 2018
56Savino PiccarrettaEchirolles (38)avr 04, 2018
55Anne-Marie KolliArcachon (33)avr 04, 2018
54Josette GawséwitchParis 15avr 04, 2018
53Jérôme RubesSt Martin d'Hèresavr 04, 2018
52Franck CletSt Martin d'Hères (38)avr 04, 2018
51Guy NielGentilly (94)avr 04, 2018
50Patrick LiévinSaint Rémy (70)avr 04, 2018
49Fabienne LiévinSaint Rémy (70)avr 04, 2018
48Nasser DiffalahCouthenans (70)avr 04, 2018
47Jean-Jacques SuzanneOrly ville (94)avr 04, 2018
46Jean-Claude MazzoliniFontenay aux roses (92)avr 04, 2018
45Diana KdouhSt Martin d'Hères (38)avr 04, 2018
44Antoine BimbeauParis 15avr 04, 2018
43Ernest MonteagudoPont-de-Claix (38)avr 04, 2018
42Aurélien JanSaint Quentin (02)avr 04, 2018
41Jeanne JimenezCastres (81)avr 04, 2018
40Danielle RallièresBastides (81)avr 04, 2018
39Yves RallièresBastides (81)avr 04, 2018
38Myriam KorobaeffMulhouse (68)avr 04, 2018
37Pierre YaghlekdjianParis 15avr 04, 2018
36Noël ZicchinaAjaccioavr 04, 2018
35Joran JamelotParis 15avr 04, 2018
34Gauthier DucosSaint Quentin (02)avr 04, 2018
33Pascal GalantiniJarny (54)avr 04, 2018
32Marc JammetMantes la Jolie (78)avr 04, 2018
31Guy ManinTerres froides (38)avr 04, 2018
30Michel GaglianoSaint Etienne (42)avr 04, 2018
29Michel PerrinLimoges (87)avr 04, 2018
28Laurent RichardTerres froides (38)avr 04, 2018
27Eric JaladeCastres (81)avr 04, 2018
26Cyril MorlotVesoul (70)avr 04, 2018
25Frédéric BernabéVesoul (70)avr 04, 2018
24Christiane OdettiLavaur (81)avr 04, 2018
23Armelle HervéMantes la jolie (78)avr 04, 2018
22Saverio GuzzoJarny (54)avr 04, 2018
21Yves EchardParis 19avr 04, 2018
20philippe MASLONKAlimeil Brevannesavr 03, 2018
19Andres BelSaint Martin d'Hères (38)avr 03, 2018
18Sylvie TORRESVidaubanavr 03, 2018
17patrick PenelCercottesavr 03, 2018
16Jean marc MourmansVenansonavr 03, 2018
15Henri PUYGRENIER38 Saint-Martin-d'Hères avr 03, 2018
14Jean Luc TOURNAYPCF ST QUENTIN 02avr 03, 2018
13Paul FourchardParis 15avr 03, 2018
12Sophia PIKULASParisavr 03, 2018
11michel mahoLAMPAUL GUIMILIAUavr 03, 2018
10fanny BenavidesANTONYavr 03, 2018
9Arnaud PICARDCaluire-et-cuireavr 03, 2018
8Henri Bartholoméus4801 Stembert -Belgiqueavr 03, 2018
7PATRICE LE GALLOISMONTPELLIERavr 03, 2018
6jeanne jimenezCastres avr 03, 2018
5saverio guzzojarnyavr 03, 2018
4Eric MonniniJarny (54)avr 03, 2018
3Corinne BécourtSaint-Quentinavr 03, 2018
2Dominique NegriSaint-Martin-d'Hèresavr 03, 2018
1Emmanuel Dang TranParis 15avr 03, 2018