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Réforme du lycée, réforme du bac, Parcoursup : trois réformes, trois attaques contre l’éducation nationale. Enseignants, élèves et parents d’élèves, par la lutte battons-nous pour un vrai service public d’éducation

Le gouvernement précédent avait fait fort en termes d’attaques contre le service public d’éducation (rythmes scolaires de Peillon, réforme du collège de Belkacem…). Sans surprise aucune, Macron et son ministre Blanquer continuent dans la même voie en s’attaquant désormais frontalement à l’organisation du lycée, du baccalauréat et de l’orientation. Leurs mots d’ordre ? Economies, concurrence et autonomie des établissements. Enseignants comme élèves seront touchés de plein fouet par ces réformes qui visent à faire des économies tout en portant un projet idéologique d’attaque contre le service public d’éducation. Le 12 novembre prochain un mouvement d’ampleur du monde enseignant s’annonce. Le Parti communiste français s’impliquera entièrement dans cette mobilisation pour faire monter la contestation, pour mettre en échec Macron et son ministre Blanquer, pour défendre les conditions de travail des enseignants et pour exiger un service public d’éducation qui réponde aux besoins des jeunes du pays.

Derrière les économies, un vrai projet idéologique : la concurrence de tous contre tous

La réforme prévoit, à partir de la rentrée prochaine, de transformer entièrement le lycée en supprimant les filières générales S/ES/L. A la place de cela, tous les élèves auront des cours de tronc commun et devront choisir en fin de classe de seconde des spécialités au nombre de trois en première et de deux en terminale parmi une liste de 12 spécialités définies par le ministère. Problème, aucun établissement ne sera en mesure d’ouvrir autant de spécialités. Le ministre prévoit alors que les spécialités seront ouvertes dans un « périmètre raisonnable » ce qui est porteur d’une concurrence de tous contre tous inacceptable.

Concurrence d’abord entre établissements puisque les chefs d’établissement chercheront à ouvrir les spécialités permettant d’attirer les élèves au détriment des autres établissements. La carte scolaire est depuis longtemps mise à mal, elle sera encore un peu plus sacrifiée par cette réforme qui ne fera que renforcer les inégalités entre lycées. Concurrence ensuite entre les disciplines puisqu’on demande aux enseignants de faire de la publicité pour leur matière en classe de seconde afin d’inciter les élèves à la prendre en spécialité. Les chefs d’établissement font alors planer la menace d’une perte de volume horaire et donc de potentielles suppressions de poste. Blanquer transforme le prof en VRP de sa discipline ! A mille lieues du métier d’enseignant et des intérêts des élèves qui n’ont pas besoin de publicité mais de suivi et de conseils pour leur parcours scolaire.

La réforme entérine même une attaque gravissime contre la notion d’établissement. Puisque toutes les spécialités ne seront pas ouvertes dans chaque établissement, il est prévu que les élèves puissent suivre des cours dans divers lycées. Afin de permettre la mise en place de la réforme, le ministère envisage également que les enseignants titulaires d’un poste dans un établissement puisse aller enseigner dans un autre qui serait en besoin d’heures dans sa discipline. C’est une évidente dégradation des conditions d’étude pour les élèves et de travail pour les enseignants. Le ministère rassure en disant que cela se fera dans un « périmètre raisonnable ». Nous savons que ce qui est « raisonnable » pour eux, ne l’est pas pour les travailleurs.

La réforme continue de casser le cadrage national en renforçant l’autonomie des établissements et le pouvoir des proviseurs

Les réformes présentées visent par bien des aspects à faire sauter les cadrages nationaux. C’est une nouvelle étape dans l’autonomisation des établissements et dans le renforcement des pouvoirs des proviseurs. Par exemple, la liste des spécialités ouvertes dans l’établissement est définie par le proviseur. Cela revient à lui donner le pouvoir d’ouvrir ou de fermer des postes dans telle ou telle discipline. Un pas de plus vers le recrutement local et la casse du statut. Autre exemple, la réforme prévoit d’allouer une enveloppe appelée « marge d’autonomie » de 12h par semaine en seconde et de 8h par semaine en classe de première et de terminale. Ces heures serviront à mettre en place les dédoublements, les groupes de langue ou encore l’accompagnement personnalisé. Autant d’éléments qui sont absolument indispensables, aussi bien pour les élèves que pour les enseignants. Ce sera alors au chef d’établissement de décider de ce qu’il fera de cette enveloppe, pouvant ainsi privilégier telle ou telle discipline, tel ou tel enseignant en fonction de ses préférences personnelles.

Cette réforme s’inscrit donc dans une longue suite de mesures qui visent à l’autonomisation des établissements que nous pouvons faire remonter au moins à 1985 et la création des EPLE. C’est une attaque très claire contre la notion de service public qu’il faut combattre en affirmant la nécessité d’une même éducation partout sur le territoire et pour tous les jeunes du pays. C’est aussi une réforme qui vise à renforcer le rôle du chef d’établissement comme « manager » d’une équipe enseignante ouvrant ainsi la porte à toutes les dérives que nous pouvons observer là où ces méthodes managériales ont été mises en place.

Une réforme destinée à faire des économies : 2 600 postes supprimés l’année prochaine dans le secondaire

Dernier objectif affiché de la réforme, faire des économies sur le dos de l’éducation nationale. Cela se traduit directement par un abaissement des volumes horaires pour toutes les classes. Ainsi, un élève de seconde perd, avec la réforme, 2h30 de cours par semaine. Un élève de première qui avait 30h de cours par semaine avant la réforme, n’en aura plus que 28. Difficile de justifier une amélioration du service d’éducation rendu quand on supprime des heures !

A cela s’ajoute une gestion purement comptable des choses. En supprimant les filières, le gouvernement souhaite optimiser le remplissage des classes et ainsi réduire le nombre d’enseignants. Désormais, ce sera 36 (voire parfois 37) élèves par classe de la seconde à la terminale. Dans bien des établissements, par faute de moyens, les dédoublements existants (en particulier en langues) seront supprimés. Quand on sait l’importance qu’a le nombre d’élève par classe dans l’enseignement, on sait d’avance que cette réforme mènera à une dégradation et des conditions de travail des enseignants, et des conditions d’étude des élèves.

Au total, le SNES a fait les comptes. Chaque élève perdra en moyenne entre 7 et 10% d’heures de cours par an de quoi permettre la suppression de 12 000 à 17 000 postes. Cela fait écho avec l’annonce par Blanquer, il y a quelques semaines, de la suppression de 2 600 postes dans le secondaire en 2019. Dans le même temps, ce seront 40 000 lycéens en plus que les établissements devront accueillir à la rentrée 2019 du fait de la hausse démographique. Le gouvernement répond donc à ces nouveaux besoins par la suppression de milliers de postes. Il faut bien trouver l’argent quelque part pour financer les milliards de cadeaux au patronat.

La réforme du bac met fin au diplôme national ; une nouvelle étape dans la casse des références communes

En parallèle de la réforme du lycée, le duo Macron/Blanquer lance une très grave attaque contre le baccalauréat. Il est bon de rappeler que le baccalauréat est aujourd’hui le premier diplôme du supérieur, qu’il est une référence commune et qu’il donne droit à une place dans le supérieur pour tout bachelier. Le baccalauréat, en tant que référence commune, sert aussi sur le marché du travail, non pas toujours pour trouver un travail, mais comme un des éléments constitutif des statuts d’emploi.

La réforme prévoit de faire sauter le bac que nous connaissons pour le remplacer par une véritable usine à gaz. Le slogan du gouvernement est « simplifier un examen devenu trop complexe », mais en y regardant dans le détail c’est tout l’inverse. Aujourd’hui, les élèves passent entre 12 et 13 épreuves pour la très grande majorité en fin d’année de première (épreuves anticipées) ou de terminale. Avec le nouveau bac sauce Macron/Blanquer ce sera désormais 21 épreuves réparties pendant les deux années du cycle terminal (première/terminale). Ces épreuves se dérouleront pour une grande majorité pendant l’année ce qui prendra un temps incroyable aux enseignants et aux élèves réduisant encore un peu plus le temps consacré aux enseignements disciplinaires, déjà bien amaigris par la réforme.

Plus grave encore, le baccalauréat sera désormais composé d’épreuves nationales en fin d’année mais aussi d’un « grand oral », d’épreuves communes et de contrôle continu. Au final, 40% de la note totale résultera d’épreuves sans cadrage national. Il s’agit donc de la fin programmée du baccalauréat national qui sera remplacé par un « bac maison » qui n’aura pas la même valeur selon l’établissement dans lequel l’élève sera.

Parcoursup instaure la sélection à l’université pour cacher les manques de moyen

En utilisant les échecs réels d’APB, le gouvernement a mis en place l’année dernière Parcoursup, nouvelle méthode de gestion de l’orientation post-bac qui trouve toute sa cohérence avec ces réformes du lycée et du bac. Après un an de fonctionnement, et malgré les réjouissances des ministres Blanquer/Vidal, aucun bilan chiffré sérieux n’a été fait sur ce nouveau dispositif et ne peut être fait tant l’opacité est totale. Parcoursup a été présenté comme le moyen de répondre aux manquements de la plateforme APB, ce qui est bien impossible puisque le problème central réside dans la baisse des moyens alloués aux universités en cette phase de hausse démographique. Parcoursup n’a donc fait que maquiller les chiffres en poussant de nombreux candidats à démissionner de la plateforme ou à accepter des formations dans lesquelles ils ne souhaitaient pas aller.

Plus grave encore, Parcoursup a instauré pour la première fois à l’échelle nationale, un principe de sélection à l’université, ce qui est en cohérence totale avec la réforme du bac. Désormais, le bac ne sera plus le premier grade universitaire et ne donnera plus le droit à une place dans le supérieur. Cette sélection s’appuie sur une opacité la plus totale et sur une absence de cadrage national qui a permis toutes les dérives. On a ainsi observé le cas d’universités parisiennes qui ont intégré dans les critères de sélection la distance entre le lieu d’habitation de l’élève et l’université afin de privilégier les élèves issus de l’académie de Paris au détriment des autres.

Parcoursup et la réforme du lycée font désormais porter le choix de l’orientation post-bac dès la classe de seconde. En effet, les formations supérieures sont amenées à rentrer dans la plateforme des attendus qui, à partir de la rentrée prochaine porteront sur les spécialités choisies par l’élève en fin de classe de seconde. Ainsi, un élève qui aura pris des spécialités peu demandées dans le supérieur se verra fermer de très nombreuses portes sur Parcoursup. Tout enseignant, ou tout parent d’élève, sait que pour bon nombre d’élèves de seconde, il est impossible de se projeter dans le supérieur et dans la vie professionnelle. Les familles qui auront les moyens financiers et les connaissances du système pourront bien aiguiller leurs enfants dès la seconde. Quant aux autres, ils se perdront encore un peu plus dans les méandres du système scolaire.

Réforme du lycée, réforme du baccalauréat, Parcoursup : trois réformes, trois attaques contre le service public d’éducation. Comme toute la politique du gouvernement, ces réformes portent un contenu de classe évident. Elles cassent le service public d’éducation dans le but d’économiser pour financer les mesures fiscales faites au patronat. Elles font sauter à tous les niveaux les cadrages nationaux afin de renforcer une éducation à deux vitesses : de qualité pour les enfants de la bourgeoisie, dégradée pour les autres. L’attaque contre le baccalauréat est une attaque contre les références communes et les statuts du travail. Parcoursup attaque quant à lui le droit de tous à poursuivre des études supérieures. Face à ces attaques de classe, le Parti communiste français appelle à y répondre par la seule manière qui permette de l’emporter ; la lutte. Le PCF appelle à la construction d’une large mobilisation à partir du 12 novembre prochain pour mettre en échec le gouvernement. Enseignants, élèves et parents d’élèves, tous réunis pour défendre le service public d’éducation. Non à la réforme du lycée ! Non à la réforme du baccalauréat ! Non à Parcoursup ! Oui à un service public d’éducation qui réponde aux besoins des jeunes du pays !

Le Parti communiste français appelle à une large mobilisation pour exiger :

-l’abandon des réformes du lycée et du baccalauréat.

-l’abandon de Parcoursup et la mise en place d’un dispositif transparent et démocratique d’orientation post-bac assurant à tous l’orientation de son choix.

-l’arrêt des suppressions de poste et le recrutement massif dans le primaire, secondaire et supérieur pour répondre aux besoins et réduire le nombre d’élèves par classe.

-l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail des enseignants afin d’enrayer la crise de recrutement dans le métier.

-la fin du processus d’autonomisation des établissements et le retour à un vrai cadrage national seul élément à même de garantir un réel service public d’éducation.

Réforme de l’éducation prioritaire : baisse des moyens et laboratoire de l’autonomie libérale

Le gouvernement socialiste avait prétendu vouloir faire de l’éducation une « priorité » de son quinquennat. Mais que faut-il entendre par « priorité »? Une priorité à la construction d’une éducation mieux dotée en moyens, plus égalitaire et attachée à son rôle émancipateur ? Ou une priorité à la poursuite et à l’aggravation des manques de moyens, à l’accentuation des inégalités sociales et spatiales, et à l’entrée toujours plus importante des logiques libérales dans l’école ? Après plusieurs réformes successives, la réponse est claire ! Le gouvernement s’inscrit dans la logique débutée par leurs prédécesseurs de casse de l’Education Nationale et de nos conditions de travail, d’accentuation des inégalités et d’encadrement idéologique de nos enseignements. La réforme de l’éducation prioritaire présentée par la ministre s’inscrit totalement dans cette logique, entre baisse des moyens et utilisation des REP/REP+ comme laboratoire d’expérience de l’autonomie libérale ! 

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La priorité à l’éducation ? Seule la lutte l’imposera !

La journée de grève du 3 février dans l’éducation nationale a sonné la rentrée des luttes. La manifestation régionale à Paris, modeste en nombre, n’a pas reflété l’ampleur de la grève notamment en Seine-Saint-Denis et dans certains lycées de Paris. On est encore très loin de la force que représenterait l’addition des luttes des derniers mois, contre la mise en œuvre des nouveaux « rythmes scolaires », contre les dégâts induits par la « réforme » de l’éducation prioritaire, des actions un peu partout contre les fermetures d’école et de classe, de la montée de l’exigence élémentaire de véritables recrutements et d’une revalorisation des traitements. Les annonces qui viennent de tomber dans les rectorats, très mauvaises, pour la rentrée 2015, en particulier dans certaines zones actuelles d’éducation prioritaire, ne peuvent que renforcer la détermination et l’ampleur des luttes.

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Retraites des fonctionnaires : Ne pas laisser dire n’importe quoi !

Repris de Pcf Paris 15, 27 novembre 2013

Le vote à l’Assemblée de la nouvelle contre-réforme des retraites a été l’occasion d’une nouvelle tentative de division des salariés avec une nouvelle attaque en règle des médias contre les fonctionnaires.

Les mensonges les plus gros sont alignés les uns derrière les autres, sous couvert de chiffres manipulés.

En 2010, au cœur de la bataille contre la contre-réforme Fillon-Woerth, nous avons édité un tract rétablissant la réalité. Nous le reproduisons ci-dessous.

La comparaison des cotisations retraites du régime général avec les « cotisations » des fonctionnaires d’Etat n’a aucun sens. L’Etat est à la fois l’employeur et fait office de caisse de retraite pour ses fonctionnaires. Il ne se verse pas de cotisations « patronales » à lui-même.  

Les soi-disant « cotisations » prélevées sur le traitement ne constituent en fait qu’une « retenue pour pension ».

Ce qui est comparable entre privé et public, c’est le salaire et le traitement nets (à qualification et poste équivalents etc.), mais pas les taux de « cotisation ».

L’offensive de l’idéologie dominante sur les retraites des fonctionnaires vise à baisser les traitements nets en augmentant la retenue pour pension, ensuite à faire pression à la baisse sur tous les salaires.

Malgré l’augmentation de la population et des besoins, le gouvernement Fillon a fortement réduit le nombre de postes de fonctionnaires. Ayrault n’inverse pas la tendance. Les traitements sont gelés. De nombreux postes de fonctionnaires d’Etat ont été transférés vers la fonction publique territoriale. Comment s’étonner ensuite d’une dégradation de l’équilibre démographique dans la fonction publique d’Etat entre actifs et retraités ?

Même dans cette situation, les fonctionnaires contribuent toujours massivement, plus d’un milliard d’euros par an, à la solidarité avec les régimes de retraites les plus déficitaires structurellement comme celui des mineurs, ceux des paysans et ceux des commerçants.

Et oui, les fonctionnaires payent pour les retraites des indépendants et commerçants !

Ci-dessous le texte de notre tract plus complet d’avril 2010 :

 

Retraites public/privé : on ne peut pas les laisser dire !

Mesurons-le ! La fonction publique est la cible de la nouvelle contre-réforme des retraites, avec le report de l’âge de départ, un nouvel allongement de la durée de cotisation, de nouveaux prélèvements injustes…

L’objectif du pouvoir est autant de diminuer les droits à la retraite des fonctionnaires, comme des salariés du privé, que de détruire un élément constitutif du statut de la fonction publique. L’attaque va de pair avec l’offensive générale contre les dépenses publiques et sociales, les services publics de l’Etat, au nom de la « dette publique » creusée par le gouvernement.

Une campagne médiatique de grande ampleur est lancée pour propager des mensonges éhontés sur les soi-disant « privilèges » des fonctionnaires. La même avait sévi pour tenter de justifier le passage de la loi Fillon en 2003. Cela ne les empêche pas de recommencer.

Le quotidien « Aujourd’hui/Le Parisien » publie notamment un tableau de comparaisons qui se veut accablant. Sauf qu’aucune de ses comparaisons n’est valide !

Mensonge 1 : il est faux d’écrire que les fonctionnaires partent plus tôt. L’âge de départ à la retraite des fonctionnaires, en moyenne 59 ans, correspond à l’âge de cessation d’activité. Dans le régime général, 60% des salariés sont hors emploi au moment de valider leur retraite, en moyenne à 61,5 ans. Ils sont pris en charge par l’assurance chômage, sont en préretraite ou en invalidité. L’âge moyen de cessation d’activité des salariés du privé est en fait de 57 ans.

Mensonge 2 : il n’y a pas lieu de faire des comparaisons malveillantes pour laisser entendre que les fonctionnaires paient moins de cotisations. On ne peut pas comparer de taux de cotisations. Cela n’a pas de sens. Les fonctionnaires ne cotisent pas mais subissent une retenue pour pension de 7,85% du traitement brut. L’Etat est à la fois l’employeur et le payeur des retraites. Il n’y a pas lieu d’avoir de caisse particulière alimentée par cotisation. Ce que l’on peut comparer, c’est le niveau des salaires nets du privé et des traitements nets de la fonction publique. Il apparaît alors que les cadres fonctionnaires sont moins bien payés que leurs collègues dans le privé, notamment les débutants (enseignants, à peine 1300 euros!) et que les travailleurs peu qualifiés sont un peu mieux payés en fin de carrière.

Mensonge 3 : il est faux d’écrire que le mode de calcul des pensions avantage les fonctionnaires. Pour les fonctionnaires, elles sont calculées sur les 6 derniers mois. Pour les salariés du privé, maintenant, sur les 25 meilleures années.

Mais dans la moitié des cas aujourd’hui, et cela risque de s’aggraver, les salariés du privé ne finissent pas leur carrière avec leur meilleur poste. Calculer leur retraite sur les derniers mois ne serait pas du tout avantageux (En revanche, il faut retourner au calcul sur les 10 meilleures années, supprimé par les lois Balladur-Veil de 1993).

Dans la fonction publique, les primes ne sont pas prises en compte. Elles peuvent atteindre 40% du revenu. La perte sèche en termes de « taux de remplacement » est très lourde.

Comble de la malhonnêteté, certains journalistes vont jusqu’à omettre que les fonctionnaires n’ont pas de régime complémentaire obligatoire de type AGIRC/ARCCO et comparent retraite des fonctionnaires avec la seule retraite de la CNAV.

Mensonge 4 : certains journaux avancent des comparaisons, intellectuellement malhonnêtes, entre la moyenne des pensions du public et celle du privé. Ils arrivent à prétendre que les fonctionnaires retraités toucheraient jusqu’à 600 euros de plus par mois. Faux, faux et archi-faux !

A carrière et qualification équivalentes, les fonctionnaires et les salariés du privé touchent actuellement à peu près la même retraite. Dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale, la moyenne de retraite sont encore plus basse. Dans la fonction publique d’Etat, la proportion d’emploi de cadre est 3 fois plus importante que dans le privé.

Les retraités de la fonction publique ont, beaucoup plus souvent, notamment en ce qui concerne les femmes, moins discriminées que dans le privé, pu avoir une carrière relativement complète. L’Etat ne sert d’ailleurs de pension qu’aux fonctionnaires ayant effectué au moins 15 ans de service.

Dans les retraites du privé servies par la CNAV, on retrouve quantité de carrières incomplètes, voire parcellaires, par exemple de salariés passés travailleurs indépendants qui n’ont cotisé que quelques années, de femmes qui sont restées sans emploi très longuement etc… D’où les moyennes très différentes et incomparables au sens strict.

Salariés du privé, fonctionnaires, ne nous trompons pas d’adversaire ! Ceux qui veulent que nous touchions moins de retraite, les uns et les autres, sont les mêmes : les patrons et les capitalistes ! Dans un cas, ils veulent récupérer à leur compte les cotisations sociales qui servent à assurer une retraites aux anciens salariés du privé, dans l’autre, ils veulent récupérer l’argent public de l’Etat qui sert à assurer une retraites aux anciens fonctionnaires.

Nous en avons l’expérience. Depuis 1993, ils « réforment » les retraites en tentant de nous opposer entre nous, de nous opposer aux salariés relevant des régimes spéciaux. Le résultat est là, les retraites ont déjà perdu 20% de pouvoir d’achat.

Le seul alignement que nous pouvons accepter, c’est un alignement par le haut de chaque prestation, tantôt plus favorable dans le privé, tantôt dans le public. Ainsi, la prise en compte de la maternité est meilleure dans le privé (2 ans) que dans le public (1 an pour les enfants nés avant 2004 si la femme était fonctionnaire à ce moment). Pour le calcul des pensions de réversion, le régime privé offre un meilleur taux, 54%, mais dans des cas beaucoup plus restrictifs que le public (50% sans condition de revenu du conjoint survivant). Pour les emplois pénibles, des professions comme les égoutiers, les gardiens de prisons, certains militaires peuvent partir avant 60 ans dans le public. Certains patrons voudraient envoyer en sous-sol ou en Afghanistan des papys ! Ce n’est pas notre cas. Des retraites anticipées doivent être prévues pour toutes les professions pénibles pour maintenir des conditions de vie équivalentes pour tous. Etc…

Les prestations de retraites du privé et de la fonction publique sont grosso modo équivalentes. L’existence du code des pensions civiles et militaires pour les fonctionnaires tire sa pleine justification de la mission de service public qui est la leur.

Le gouvernement veut utiliser des arguments spécieux sur les retraites pour le détruire, détruire le statut de la fonction publique. Il veut supprimer plus facilement des centaines de milliers d’emplois, privatiser, détruire l’esprit de service public basé sur l’impartialité et les valeurs de la République.

On voit ce que ça donne à France Télécom, que nous soyons salariés, fonctionnaire, usagers ou simple citoyens. Ne laissons pas faire !

Unité public/privé pour défendre nos systèmes de retraite respectifs! Ensemble mettons en échec le projet du gouvernement !