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Contre la guerre israélienne sur Gaza : maintenir, amplifier la mobilisation

Avant la manifestation du 2 août à Paris, repris de Pcf Paris 15

Le gouvernement israélien juge visiblement qu’il n’a pas encore causé assez de morts – plus de 1500 – et de destructions à Gaza. Aucune des trêves annoncées depuis quelques jours ne dure. Il veut aller encore plus loin dans ses buts de guerre : éliminer le plus gros des capacités militaires des Palestiniens, rendre impossible toute solution politique à la question palestinienne, accessoirement reforger une large cohésion de la population israélienne sur la base du racisme et du nationalisme. Une expédition meurtrière sur Gaza tous les deux ou trois ans pour maintenir le statu quo : la stratégie israélienne reste la même. Combien de temps fonctionnera-t-elle ? Certainement pas indéfiniment.

L’impérialisme américain temporise, malgré l’horreur de la situation et l’émotion de l’opinion publique internationale. Il cale ses réactions sur le calendrier de son allié israélien. Les autorités américaines viennent de reconnaître que le jour même où elles condamnaient l’attaque contre une école de l’ONU à Gaza, elles avaient livré pour 1 milliard de dollars de munitions à l’armée israélienne.

De leur côté, Hollande, Valls et Fabius demandent vaguement un cessez-le-feu mais sans se départir d’une complaisance officielle inédite pour Israël. Obama ou Hollande croient donner le change en prônant la création d’un Etat palestinien mais laissent la politique d’Israël la rendre impossible.

Dans ces conditions, l’amplification de la mobilisation de l’opinion publique est nécessaire pour l’arrêt immédiat des combats et pour résolution juste et durable de la crise.

Le Collectif national  pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, dont fait partie le PCF, appelle à manifester samedi 2 août sur les mots d’ordre suivants :

Halte à l’agression israélienne

Levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza

Libération de tous les prisonniers

Sanctions immédiates contre Israël jusqu’au respect du droit international

Soutien à la résistance du peuple palestinien

Oui à la liberté d’expression, non à la criminalisation de la solidarité

Soyons nombreux !

Dans son soutien inconditionnel à la politique d’Israël, le gouvernement de Valls multiplie les diversions et les provocations. C’est le but de l’interdiction de certaines manifestations. Il cherche à réduire en France l’expression de l’émotion et de la colère, qui peuvent et doivent toucher tous les citoyens épris de justice et de paix, à une affaire entre communautés et extrémistes.

Maintenant le gouvernement annonce qu’il envisagerait de dissoudre le groupe sioniste extrémiste et violent LDJ, « Ligue de défense juive » (qui n’est même pas organisé en association…). Dans le même temps, il engage des poursuites judiciaires contre un cadre du NPA, Alain Pojolat, pour avoir maintenu son appel à la manifestation interdite du 19 juillet.

L’intention perverse du pouvoir est limpide : assimiler le plus grand nombre des organisations solidaires avec le peuple palestinien à un groupuscule pro-israélien ultraviolent et ultra-marginal. Nous exprimons tout notre soutien à Alain Pojolat.

Continuons à déjouer les calculs du gouvernement français, à le replacer devant ses responsabilités nationales et internationales, à mettre au centre l’exigence absolue : la paix.     

Communistes, que faire dire à Jaurès en 2014 ?

Vivelepcf, 31 juillet 2014

La figure de Jean Jaurès représente un matériau politique infiniment recyclable. Sa récupération politique va aujourd’hui jusqu’à la droite. Elle a commencé dès sa mort puis sa panthéonisation en 1924.

Tout concourt à faire de Jaurès un objet politique encore d’actualité.

Jaurès bénéficie d’une bonne notoriété. Il n’y a qu’à voir le nombre de rues qui portent son nom. Il dispose d’une bonne image dans l’opinion générale, celle d’un homme politique honnête, proche du peuple. Sa probité n’a jamais été contestée. Surtout il a été assassiné pour avoir tout fait pour préserver la paix.

Et puis, on peut faire dire énormément de choses à Jaurès. Il a exposé ses engagements successifs  avec volubilité et générosité. Il a écrit des milliers de pages.

Autant dire que l’on trouve de tout dans son œuvre, beaucoup de contradictions, traduisant l’évolution de sa réflexion, sa grande exposition publique. On peut trouver un Jaurès colonialiste, appuyant Jules Ferry, pensant que la domination française allait apporter des bienfaits républicains aux peuples retardés. On peut trouver un Jaurès antisémite, sur une fausse base de classe, qu’il corrigera. Ce sont sans doute les évolutions de Jaurès qui sont les plus intéressantes et fructueuses à analyser aujourd’hui.

Et puis surtout Jaurès est mort assassiné, il y a 100 ans, le 31 juillet 1914. Donc, on ne peut pas savoir, si après avoir appelé si fortement les socialistes, les prolétaires de tous les pays à empêcher la guerre, il aurait – ou non – fait comme ses principaux compagnons : rallier l’Union sacrée nationaliste et guerrière. On ne peut pas savoir comment il aurait réagi à la Révolution d’octobre.

Le 25 juillet 1914, il vient défendre pour une élection partielle à Lyon, où il tient un discours mémorable contre la guerre, Marius Moutet, qui sera adjoint d’Aristide Briand dans le gouvernement d’Union sacrée pendant la guerre, puis ministre des colonies (pas le pire). Aux obsèques de Jaurès, Léon Jouhaux prononce l’éloge funèbre et prépare les esprits au ralliement à la guerre. Le dirigeant syndical Jouhaux confirmera son engagement dans la collaboration de classe, dans l’anticommunisme jusqu’à fonder FO.

De l’autre côté, il y a le symbole que représente l’assassinat de Jaurès. Il faudrait d’ailleurs différencier la postérité politique et historique de la personnalité de Jaurès et celle de son assassinat, même si les deux sont évidemment liées. Notamment pour nous communistes tant la prise de conscience et le rejet de la guerre impérialiste vont être aux fondements de la création de notre parti, à Tours, avec l’adhésion d’une majorité du Parti de Jaurès à l’Internationale communiste.

Les communistes, le PCF, la direction du PCF, sont fondés à s’exprimer aujourd’hui en héritiers de Jaurès, mais parmi beaucoup d’autres. Les socialistes du PS les plus droitiers sont aussi descendants de Jaurès. Légitimité, usurpation : ces querelles d’héritiers n’ont pas lieu d’être.

L’important, c’est plutôt de définir ce que représente pour nous, communistes, l’héritage de Jaurès, notre part d’héritage.

Depuis des mois, la direction du PCF et l’Humanité en font des tonnes. Pas un discours, un article sans une citation, plus ou moins bien choisie, de Jaurès. Des centaines d’hommage. Voilà Jaurès enrôlé dans toutes les prises de position des dirigeants du PCF ! On ne trouve guère que le gaz de schiste comme sujet sur lequel on ne fait pas parler les mânes de Jaurès !

Quel contraste avec l’absence lamentable de tout hommage de la direction du PCF à Maurice Thorez pour le 50ème anniversaire de sa mort! Avec Jaurès, c’est le retour du culte de la personnalité, disons du culte des ancêtres !  

On comprend bien comment la direction du PCF entend le conjuguer avec sa ligne politique actuelle.

La référence urbi et orbi à Jaurès, c’est le moyen d’effacer l’histoire du PCF et le caractère fondamental de la rupture, issue de 1917 et 1920, avec le réformisme.  

C’est dans l’immédiat le moyen de justifier les retrouvailles avec d’autres héritiers de « gauche », cousins éloignés, « socialistes » notamment, que la direction du PCF voudrait rejoindre dans des alliances et une recomposition politiques.

C’est le moyen, en puisant dans les puissantes formules de Jaurès l’idéaliste, de masquer la vacuité du mot d’ordre et du programme de « l’Humain d’abord ». L’humanisme, même anticapitaliste, de Jaurès intégrait très superficiellement la théorie de la lutte des classes.

L’honnêteté et le courage de Jaurès à défendre en 1914 les résolutions pacifistes de l’Internationale socialiste, si rapidement abandonnée par la plupart des dirigeants socio-démocrates de tous les pays, son assassinat qui grave cette position dans l’Histoire, ne doivent pas servir de « caution de gauche » au réformisme, au parlementarisme vain, à l’intégration dans la démocratie bourgeoise, à la collaboration de classe que pratiquaient les socio-démocrates français et les jauressistes, aussitôt convertis à l’Union sacrée…

Ce n’est pas insulter Jaurès que de constater qu’il est mort sans avoir atteint le stade du dépassement du réformisme. Il reste un « tribun du peuple », notamment dans les débats parlementaires les plus oiseux, un porte-parole « aux côtés des ouvriers » mais il n’est pas encore le dirigeant du parti révolutionnaire socialiste de la classe ouvrière. L’historien Jean-Paul Scot reprend cette situation dans Le Monde daté d’aujourd’hui : « la République bourgeoise doit se développer en une série de formes politiques et sociales toujours plus démocratiques et plus populaires, antécédents nécessaires ou préalables, tout au moins, de la République socialiste ». On peut mesurer le décalage presqu’abyssal qui sépare – à quelques années près pourtant – Jaurès de la théorie de l’Etat de Lénine…  Un retard historique !

La direction du PCF, d’une façon grossièrement opportuniste, célèbre Jaurès totalement à contresens. Elle veut « retourner à Jaurès » ou plutôt au réformisme du temps de Jaurès. Les communistes – tout au contraire – ont intérêt à étudier et commémorer Jaurès et son évolution politique, même lente, le symbole de son assassinat pour leur rôle dans l’avènement, après 1917, du parti de classe d’un type nouveau en France, le Parti communiste.  

Le symbole le plus net du contresens adopté par la direction du PCF est le changement, par étapes, du sous-titre de l’Humanité passé « d’organe central du Parti communiste français » à « journal fondé par Jean Jaurès ». Du temps de Jaurès, c’était « journal socialiste quotidien »…

Jaurès est passionnant à étudier pour sa personnalité, pour ses évolutions politiques comme chaînon dans le développement du mouvement ouvrier français, dont Jaurès porte les spécificités nationales (héritage de 1789), vers ses formes d’organisation politique nationale propres.

Ses contradictions sont permanentes, même dans le domaine de la paix et des relations internationales. En 1908, il célébrait l’Entente cordiale et l’alliance de la France et de l’Angleterre avec la Russie tsariste, qu’il considérait comme un facteur de paix. Cette position lui vaut les foudres de Rosa Luxemburg (voir notre traduction de sa lettre ouverte à Jaurès).

Le révolutionnaire russe Zinoviev, compagnon de Lénine, juge sévèrement Jaurès dans un article de 1916 sur les socialistes français et la guerre, son incapacité à s’émanciper, avant 1914, du discours patriotique de la bourgeoisie (voir en lien) et du réformisme. En 1919, le même Zinoviev commémore avec un profond respect le 5ème anniversaire de la mort de Jaurès, reprend ses derniers discours, se réfère aux « meilleures traditions de Jaurès », prépare, au nom de Jaurès, l’adhésion des socialistes français à la 3ème internationale.

Contradiction ? Non !  Les deux considérations sont justes. Jaurès était un réformiste petit bourgeois mais Jaurès était aussi un socialiste dont l’action et la mort ont nourri le développement du mouvement ouvrier et la construction du parti révolutionnaire.

Voilà, communistes, ce que nous devrions avant tout étudier et valoriser dans l’héritage de Jaurès, sans se tenir évidemment à l’écart du débat et des récupérations politiques – tout azimut –actuels.

Au CN du PCF de juin 2014, puis à la Conférence nationale de novembre : alimenter des illusions sur une nouvelle « gauche plurielle » d’ici 2017 ? Non, merci ! On a donné !

Dominique Negri, Emmanuel Dang Tran, membres du CN, vivelepcf, 28 juillet 2014

Le Conseil national du PCF s’est réuni les 14 et 15 juin 2014. Dans un contexte marqué par l’aggravation de la politique au service du Medef, par les sombres résultats des élections européennes, par une nouvelle crise du Front de gauche, mais également par la montée de luttes aussi importantes que celle des cheminots, les communistes étaient en droit de concevoir de grandes attentes avant ce CN. Elles ont été déçues.

Certes, une conférence nationale est officiellement convoquée pour les 8 et 9 novembre. Ce sera l’occasion à partir de la Fête de l’Huma de pousser le débat dans le Parti et au-delà. Mais dans le cadre statutaire restrictif, il est clair qu’elle vise à avaliser la « relance stratégique » engagée par Pierre Laurent et une majorité du CN. Il est frappant que le secrétaire national, au milieu du CN, le samedi 14 au soir – la résolution n’étant pas encore adoptée – choisisse d’aller figurer à la tribune du meeting d’un club du PS, dénommé « Un monde d’avance », présidé par Henri Emmanuelli, en compagnie d’une sélection de dirigeants PS et EELV…

Le nouveau « choix stratégique », c’est la poursuite de l’ancien : toujours aller dans le mur mais plus vite ! C’est la combinaison d’un Front de gauche élargi (avec une diminution illusoire de l’influence de Mélenchon) et d’alliances plus larges encore, avec les « écologistes » et des courants du PS. L’appellation choisie, le « Front du peuple », en référence à 1936, est complètement déplacée.

Nous sommes intervenus trois fois, avec notre point de vue local et notre expérience différents, mais animés du même refus radical de ce cours suicidaire et de la même conviction que les communistes doivent prendre l’initiative pour défendre et reconstituer leur parti.

Enfin, on a parlé au Conseil national de la « réforme ferroviaire ». Une résolution soutenant clairement les cheminots, alors en grève depuis 5 jours, a été adoptée. Le sujet n’en est pas moins resté très secondaire dans les discussions et encore davantage dans le rapport. Il était trop tard pour corriger l’indifférence, très politique, que nous avions essayé de contrecarrer aux CN précédents en appelant à une campagne nationale de masse pour préparer cette lutte essentielle.

Le CN des 14 et 15 est loin d’avoir tout clarifié pour autant. (Lire la suite…)

Faire creuser une tranchée et élever un talus pour empêcher l’installation des caravanes des gens du voyage : décision du nouveau maire (PCF ?) de Magnanville

26 juillet 2014, tiré du blog de Marc Jammet (élu PCF de Mantes-la-Jolie) Le Parisien. Magnanville. Une tranchée pour empêcher l’installation des caravanes

Après les élections municipales, marquées de lourds échecs en France pour le PCF et dans les Yvelines par la perte de la municipalité historique d’Achères, certains, comme le secrétaire départemental, ont essayé de se consoler avec l’élection de Michel Lebouc, « encarté » PCF, à la mairie de Magnanville, 5.900 habitants dans le nord du département.

C’était se cacher que la candidature de Michel Lebouc, sur une liste quasiment sans communistes, était portée par un clan du PS, menée par la députée et conseillère générale, contre un autre. M. Lebouc avait déjà jugé opportun aussi de mener campagne sur le thème de la vidéosurveillance pour « gagner la ville ».

Depuis son élection, il va plus loin dans cette même conception de la politique. Il s’est notamment distingué en se faisant élire vice-président de la communauté de communes, la CAMY, seul à « gauche », en compagnie de 14 collègues de droite. La personnalité de M. Lebouc s’est-elle imposée à la droite ou le président de la CAMY n’a-t-il pas voulu être ingrat après son élection disputée (droite contre droite) ?

Maintenant, M. Lebouc, inspiré peut-être par le centenaire, a fait creuser autour d’un  espace vert une tranchée de 50 à 70 cm et élevé un talus correspondant pour rendre le terrain inaccessible aux caravanes des gens du voyage…

Cette grande cohérence a amené le maire de Magnanville à déclarer « mettre sa carte du PCF dans sa poche ». Il vaut mieux ! Même s’il y met sans doute aussi ses indemnités d’élu.