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Retrait des ordonnances Macron: tract version courte

Seules les luttes sociales peuvent aujourd’hui mettre en échec la politique au service de l’argent. Forts des mobilisations syndicales des 12 et 21 septembre, faisons grandir l’opposition jusqu’au RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON !

Tract version PDF

Des luttes sectorielles, contre les mauvais coups de Macron montent pour mieux converger:

Jeudi 28 septembre: journée de protestation des retraités contre l’amputation des pensions par la hausse de la CSG (manifestation 14h00, Opéra)

Mardi 10 octobre: grève et manifestation dans les fonctions publiques contre le blocage des traitements, les saignées de personnels, les déstructurations des services publics, notamment par la casse des statuts.

L’an dernier, l’opinion publique s’est opposée massivement à la loi El-Khomry. Cette année, les ordonnances Macron vont beaucoup plus loin dans la casse du code du travail.

- Avec les ordonnances, un salarié pourra être licencié simplement parce qu’il aura refusé une modification de son contrat de travail signé auparavant.

- En cas de licenciement abusif – illégal donc ! – un patron ne pourra plus être condamné qu’à des indemnités minimes aux prud’hommes.

- Les multinationales pourront déplacer plus facilement leurs profits vers des filiales à l’étranger pour mieux licencier et délocaliser en France.

- Le repreneur d’un sous-traitant pourra remettre à zéro les acquis antérieurs.

- Les petits patrons pourront modifier à tout moment l’organisation du travail, remettre en cause les primes, organiser des référendums bidons sans tenir compte ni du code du travail, ni des accords de branche ni encore moins des syndicats de salariés…

Il y en a pour 159 pages de mesures techniques et vicieuses concoctées par le patronat et que le gouvernement veut nous imposer par une guerre éclair contre le monde du travail.

QUEL TRAVAILLEUR, QUEL JEUNE A LA PORTE DE L’EMPLOI VA CROIRE QUE FACILITER LES LICENCIEMENTS C’EST « BON CONTRE LE CHOMAGE » ?

C’est d’autant plus vrai que, dès son élection, Macron a choisi d’imposer sa ligne antisociale :

- L’étatisation programmée de l’assurance chômage va finir de décharger le patronat de sa responsabilité, le transfert des cotisations chômage vers la CSG est injuste envers les retraités et profondément grave pour tous les travailleurs.

- Macron a de nouveau attaqué les cheminots en menaçant leur régime « spécial » pourtant associé à leurs contraintes et à leur mission de service public.

- Aux fonctionnaires, il a déjà infligé le gel des salaires et des recrutements.

- Aux locataires et aux étudiants : la baisse des APL,

- Aux retraités, une augmentation de 1,7% de la CSG dès 1.200 euros mensuels …

LES CONDITIONS DE LA CONSTRUCTION D’UNE  LARGE CONVERGENCE DES LUTTES EXISTENT DONC BIEN.

Et le succès de la journée d’actions interprofessionnelle qui a associé grèves dans les entreprises et manifestations rassemblant de 400.000 personnes montre qu’un rapport de forces peut se construire pour mettre en échec, TOUT DE SUITE, les mesures antisociales commandées par le patronat.

Un rapport de forces construit dans la lutte et la grève !

Communistes, nous sommes déterminés à agir pour « démonter » les ordonnances et expliquer comment la plupart des salariés risquent concrètement de les subir, pour construire les convergences de lutte contre ce qui serait un véritable recul de société. Communistes, nous ferons tout pour développer les luttes, les actions jusqu’au retrait des ordonnances Macron.

Rien à attendre d’une prochaine duperie électorale (en 2022!)

Grâce à une abstention record, Macron dispose d’une large majorité à l’Assemblée nationale mais il ne bénéficie pas – loin de là – d’un soutien majoritaire pour casser le marché du travail.

Il le sait ! C’est même pour cela qu’il veut bloquer toute perspective politique : désespérer les citoyens coincés entre une droite et son extrême, dangereusement renforcée, mêlant démagogie sociale, nationalisme et racisme et « une gauche », comme Hamon ou Mélenchon, cachant son réformisme et son populisme derrière de grandes déclarations … d’intention renvoyant à un douteux succès électoral sans contenu.

Non, le monde du travail ne peut pas se permettre d’attendre à nouveau 5 ans une prochaine duperie électorale.

Non, il n’existe aucun début de majorité politique qui ne s’exprimerait que le week-end derrière un hypothétique sauveur suprême.

Après les présidentielles : Intensifier la résistance sociale et les luttes ! – tract 1er mai

Contre la casse sociale, l’exploitation, Pour la paix. Manifestons le 1er mai!

Repris de PCF Paris 15.

Avec l’élection présidentielle au suffrage direct (que, communistes, nous avons toujours dénoncée), aggravée par le quinquennat, le système dispose d’un formidable outil politique et idéologique pour contourner la volonté du peuple.

En 2010, plus de 70% des travailleurs s’opposaient à la casse de la retraite à 60 ans par Sarkozy. En 2016, la même proportion a rejeté la casse du code du travail par Hollande (loi El-Khomri). Pourtant, avec le résultat des présidentielles 2017, les puissances d’argent et le grand patronat sont en état d’aggraver encore ces politiques, également d’engager le pays puis loin dans la logique de militarisation et de guerre. La situation est grave pour le monde du travail.

Le système, avec son idéologie dominante, a atteint trois objectifs, à l’occasion de la présidentielle :

Le système a réussi à dépasser son modèle d’alternance, à bout de souffle, qui voyait droite et ce qui reste de « gauche » se succéder et se compléter pour appliquer la même politique, depuis au moins 1983. Hamon, social-démocrate, pourtant frondeur, mais lâché de tous côtés, a payé pour le bilan de Hollande. Le soldat Fillon a été sacrifié, livré en pâture pour ses petites affaires, peu reluisantes certes, mais si banales. Les projecteurs dirigés sur quelques milliers d’euros ont ébloui suffisamment pour aveugler sur les milliards d’euros transférés vers le capital.

Le système a réussi, de justesse, à introniser le produit politique marketisé Macron, candidat « ni droite, ni gauche », fusionnel et confusionniste, au discours creux, en tant que figure du renouvellement politique. Malgré son passé de grand banquier et de suppôt de Hollande.

Depuis le 1er tour, le programme antisocial de Macron se précise, avant la consécration électorale annoncée du 7 mai.

Le système réussit à établir l’extrême-droite comme principale force d’opposition pour les années qui viennent. Le Pen est au plus haut électoral, en voix, de l’histoire du FN. Elle est renforcée dans son rôle de diversion de la colère et de repoussoir, fausse opposition légitimant la politique au service du capital. Elle l’est d’autant plus devant les ralliements aussi bien de personnalités de « gauche » que de droite à Macron et le dépassement du « clivage gauche-droite ». Par ailleurs, le FN a affiné sa démagogie sociale, ce qui le rapproche d’un parti fasciste. Le duo avec Macron se fait beaucoup sur des sujets de société, comme le multiculturalisme », loin de l’affrontement de classe. Des ponts commencent à être tendus avec la droite « classique » réactionnaire comme avec Dupont-Aignan.

Nous sommes loin de sous-estimer le risque d’utilisation de la droite extrême et de d’extrême droite comme recours prochain du système, comme l’histoire nous le fait craindre.

Troisième sujet de satisfaction pour les tenants du système, ce qui reste de la « gauche », même de « gauche de la gauche », est en passe de se recomposer hors de toute orientation de combat de classe. Sous des formes encore imprécises, un amalgame pourrait se réaliser entre les restes du PS, les socio-démocrates rocardiens, version Hamon ou Aubry, socio-libéraux version Hidalgo et le mouvement populiste institutionnel de Mélenchon. L’effacement du parti historique des travailleurs en France, pas seulement pour ces élections, notre parti, le PCF pèse aussi très lourd.

C’est à partir de ce début d’analyse, à approfondir, que nous nous positionnons dès les semaines qui viennent.

Pour le 2ème tour, l’opération de propagande s’amplifie encore, visant à conditionner la vie politique et sociale des prochaines années. L’idéologie dominante somme les électeurs de choisir le moindre mal contre Le Pen. Communistes (section PCF Paris 15), nous ne disons pas « blanc bonnet/bonnet blanc ». Non, mais Macron et Le Pen sont deux aspects, l’un très grave, l’autre critique pour le peuple, des pouvoirs  au service du capital. Nous refusons de considérer Macron comme un « rempart » contre l’extrême-droite et de nous laisser enrégimenter dans une « Union sacrée » derrière lui. En fait le duo se complète dramatiquement: la politique de l’un fait le lit de la démagogie de l’autre et vice versa.

Voilà pourquoi, nous avons décidé de ne pas donner de consigne de vote pour le 2nd tour. Individuellement, chacun fera selon son âme et conscience. Tous, nous sommes d’accord pour tout faire pour dissuader voisins, collègues, citoyens de voter Le Pen. Tous, nous nous préparons à combattre la politique ultracapitaliste de Macron, auquel nous ne voulons donner aucune caution.

Mais nous disputer entre opposants aux mêmes politiques, tomber dans la dramatisation orchestrée du 2nd tour, c’est rentrer dans le calcul de l’idéologie dominante et faire le jeu et de Macron et de Le Pen, aux dépens des travailleurs.

La bataille pour « faire barrage à l’extrême-droite » s’engage, dans des conditions nouvelles, pour une longue période, bien au-delà du 7 mai. Elle est pour nous indissociable de la lutte contre la politique ultracapitaliste, la purge antisociale dont Macron sera le nom et Le Pen le sinistre faire-valoir, dans un contexte d’approfondissement de la crise du capitalisme.

L’alternative politique ne peut partir, dans les conditions actuelles, que du développement des luttes. En nombre, en conscience et en organisation. Pour combattre la politique de Macron, la mystification et les organisations de l’extrême-droite, pour reconstruire une perspective de progrès pour le monde du travail. Le duo Macron/Le Pen se met en place, notamment sur des questions de société comme le « multiculturalisme ». Remettons la question sociale au centre !

Les mouvements pour les retraites ou contre El-Khomri, ou pour les services publics, l’hôpital, La Poste, la SNCF, ont montré de grandes possibilités de mobilisation. Quand ces luttes dominent, la millionnaire Le Pen et l’énarque Philippot sont démasqués, hors jeu. Ils ne se préoccupent alors que d’attaquer les syndicats de lutte.

Dans la campagne, le FN a franchi un pas dans la démagogie sociale, tout azimut. Mais elle a une limite : l’argent ! La mise en cause du capital est abstraite. Le FN se retrouve toujours, à la fin, dans le camp du patronat. Le discours de haine raciste et de division a aussi sa limite. Qui peut croire que ce sont nos collègues, issus de l’immigration, ou les pauvres réfugiés des guerres impérialistes qui empochent les milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises ?

Communistes, nous n’entendons pas laisser l’opposition à l’UE du capital, que nous avons condamnée depuis sa fondation, il y a 60 ans, au discours nationaliste et hypocrite de Le Pen. Elle s’applique à canaliser l’opposition de classe à l’UE pour mieux dévoyer et renvoyer aux calendes grecques la rupture nécessaire (mais non suffisante) avec les directives, les traités européens et l’euro. Sur la question de l’UE, le duo confusionniste entre Macron et Le Pen ne fait que commencer.

Avec Macron, les contre-réformes du plan Attali apparaissent. Elles pourraient être imposées par un coup de force, par ordonnances (sans débat parlementaire et surtout public). Tout y passe : la poursuite de la sape du financement de la sécurité sociale, la « loi travail » puissance 2, l’attaque contre les statuts, contre la fonction publique en s’y prenant par la territoriale etc. Il annonce notamment la casse de l’UNEDIC et de l’assurance chômage par son étatitsation. Le peu de responsabilité reconnue du patronat dans le chômage disparaîtrait, remplacé par une sorte de service du travail obligatoire.

Sur le plan extérieur, Hollande sera allé jusqu’au bout dans l’alignement sur l’impérialisme américain, notamment en Syrie. Macron s’annonce prêt à prendre la suite de cette politique guerrière de surarmement en haussant le budget militaire, notamment.

Face à cette perspective, la mobilisation du 1er mai, pour la défense et la reconquête des droits sociaux, pour les salaires et retraites, pour les services publics, pour la réponse aux besoins (industrie, agriculture), pour les libertés démocratiques, pour la paix et le désarmement, est essentielle.

C’est la meilleure riposte à Macron et le meilleur barrage à Le Pen.

 

Au 1er tour, nous (PCF Paris 15) n’avons pas donné de consigne de vote, en l’absence de candidat communiste. Les voix se sont réparties « à gauche », notamment sur Mélenchon, souvent sans illusion. Nous exprimons clairement notre désapprobation des conceptions de Mélenchon – culte de la personnalité, dédain des partis, populisme -, notre désaccord avec sa conception dirigiste d’un capitalisme d’Etat, avec de faibles revendications immédiates et une négation de la lutte des classes dans non programme, notre inquiétude devant la perspective politique qu’il propose de changement de régime institutionnel. Populisme, renversement de régime : c’est un terrain dangereux où l’extrême-droite est bien plus à l’aise.

Dans toute la France, des organisations du PCF militent et travaillent à la reconstruction de notre parti, dont nous reconnaissons la crise, mais dont l’histoire de notre pays connaît l’importance.

 

 

 

Crise du lait: LA VRAIE SOLUTION: RÉPONDRE AUX BESOINS DES FEMMES ET DES HOMMES, PAS DES MARCHÉS FINANCIERS

Tract de la section du PCF Mantes-la-Jolie, septembre 2016

Une mobilisation des producteurs pour qu’un groupe (Lactalis) augmente son prix d’achat, un ministre de l’Agriculture qui avoue son impuissance (ou sa soumission?) face aux marchés financiers …. La crise du lait a fait couler beaucoup d’encre avant qu’un accord ne soit trouvé avec un syndicat de droite, la FNSEA.

Mais cet accord ne donne qu’un répit de courte durée à certains producteurs et ne résout rien du problème d’ensemble.

Travailler à perte? C’est la situation que les producteurs laitiers vivent depuis plusieurs dizaines d‘années.

En 15 ans, le nombre des exploitations laitières a été réduit de moitié. Seules les plus importantes d’entre elles ont réussi à s’en sortir.

Et « l’accord » trouvé entre Lactalis et la FNSEA va encore encourager ce processus parce qu’il fixe à nouveau un prix de vente inférieur au coût de production (29 centimes le litre alors qu’il faut 39 centimes pour « commencer à vivre » de cette production).

Seules les exploitations les plus importantes s’en sortiront au prix d’une véritable industrialisation (« hors sol » type ferme des 1.000 vaches).

DES BESOINS MONDIAUX IMMENSES.

Contrairement à ce que nous affirment gouvernement, économistes autoproclamés et dirigeants politiques de droite ou de gauche non communiste, il n’y a pas trop de production de lait.

Bien au contraire, alors que des centaines de millions d’êtres humains meurent ou souffrent de la faim, les besoins n’ont jamais été aussi importants (particulièrement en Asie, Afrique et Amérique centrale).

Mais pour les marchés financiers, ce qui compte ce n’est pas la vie des femmes et des hommes plutôt que leur mort, c’est leur capacité à payer et à permettre la réalisation de profits pour les multinationales.

SORTIR DE LA LOGIQUE DES MARCHÉS FINANCIERS.

Plutôt que de théoriser sa soumission « devant l’Europe », « devant les marchés financiers » …, le gouvernement français devrait jouer tout son rôle.

Les communistes proposent:

. la création d’un office national du lait. Il garantirait à chaque paysan l’achat de sa production à un prix décent et briserait le monopole des multinationales comme Lactalis,

. la construction de coopérations mutuellement avantageuses entre pays plutôt que de s’en remettre pieds et mains liés aux marchés financiers. Alors que chacun reconnaît le besoin d’une agriculture raisonnée, cela permettrait le maintien et le développement d’exploitations à taille humaine. Cela permettrait également de construire de nouvelles coopérations avec d’autres pays (l’Algérie, par exemple, est fortement déficitaire en production de lait mais est aussi un producteur important de pétrole et de gaz) dans le strict respect de la souveraineté de chacun des états.

Dans ce domaine comme ailleurs, répondre aux besoins des femmes et des hommes, c’est avoir le courage de refuser la soumission aux marchés financiers.

Tract manifestation cheminot pour les conditions de travail – 10 mai 2016

Militants CGT en action à la gare de Lyon le 26 avril 2016

Rail : pour le maintien intégral et l’extension des dispositions du RH 077 ! Comme face à El-Khomri, défendre la juste hiérarchie des normes :

DECRET-SOCLE > Convention collective > accords d’entreprise

Tract, PCF Paris 15, mai 2016 

L’équivalence est connue au-delà du monde cheminot. La casse du statut social SNCF est la condition de l’intrusion de la concurrence. La mise en place de la concurrence est l’instrument de la casse du statut du travail SNCF. Les deux conjugués afin que le monopole et le service publics soient détournés vers le profit privé.

Passer du RH077 (désignation du statut du travail des agents SNCF) au simple code du travail, c’est tout de suite 20% d’exploitation supplémentaire sur le dos des cheminots. Sans ce capital, face à la position dominante de fait de la SNCF historique, les groupes privés (y compris les propres filiales de la SNCF) ne trouvent pas des conditions de profit suffisantes pour leurs actionnaires.

En 2014, la lutte déterminée des cheminots contre la « réforme ferroviaire » a démasqué ce scénario. Pour l’interrompre, le pouvoir a dû concéder la promesse d’un « décret-socle », prétendant protéger les dispositions sociales du RH077. Il n’y avait pas à être dupes des amendements de complaisance au projet de loi, mis en scène en connivence avec les syndicats réformistes. Mais en 2016, la lutte peut et doit reprendre sur le contenu de ce « décret socle » alors que le projet « plancher » du gouvernement ouvre la voie, sans surprise, à un recul social sans précédent.

La coïncidence, en ce début d’année, entre la suite de la contre-réforme ferroviaire et le projet de loi El-Khomri de démantèlement du code du travail est tout sauf fortuite. Elle est éclairante. La disposition sans doute la plus grave du projet Valls-ElKhomri-Medef est l’inversion de la hiérarchie des normes sociales. L’accord d’entreprise primerait sur l’accord de branche qui primerait sur le code du travail, même et surtout quand les premiers seront plus défavorables aux travailleurs. Autant dire que pour le rail, le « décret-socle » sera la seule garantie à peu près pérenne et c’est pour cela que le gouvernement et la direction de la SNCF le veulent minimal.

Quel crédit apporter au PDG Guillaume Pépy quand il prétend (Figaro du 9 mai) : « S’il n’y avait pas demain de convention collective», «les cheminots auraient face à eux de nouvelles entreprises (…) qui seraient simplement au décret socle». «Ce serait très inquiétant pour l’avenir de la SNCF en raison des risques de dumping social ». ?

La privatisation est pavée de bonnes intentions. Il se trouve toujours des syndicats de collaboration pour négocier le poids des chaînes. Sur la base d’un compromis qui existe probablement déjà, ils négocient le nombre de repos, de week-ends en famille sacrifiés etc. Le patronat ne cache pas un de ses objectifs antisociaux structurels : l’annualisation du temps de travail qui permettrait des journées de 10 heures (et combien d’autres non comptabilisées ?).

Le moment est critique, pour tous, y compris pour le gouvernement et patronat. Face à la résistance cheminote, ils ont pris du retard dans le calendrier, prenant le risque d’une convergence avec l’opposition à la loi El-Khomri. La fin de quinquennat n’est pas propice aux pires mauvais coups contre des salariés qui ont fait la preuve de leur capacité de mobilisation.

Pour le gouvernement actuel, il faut faire vite pour finir de préparer le terrain à la concurrence sous les nouveaux président et parlement qui seront élus en 2017. Les nouvelles régions, de droite et même de « gauche », sont prêtes à relayer l’austérité. Elles anticipent la concurrence. Elles savent se répartir, avec les directions de la SNCF, les responsabilités, devant les usagers, des politiques de casse du service public : fermetures de guichet et de gare, suppression des contrôleurs dans les TER, incitation à la sous-traitance, etc.

L’Union européenne peaufine son « 4ème paquet ferroviaire ». Elle règle encore le cas de quelques « canards boiteux » publics dans certains pays, pour faire payer les contribuables, avant de prétendre imposer la mise en concurrence des trains de voyageurs en 2020/2023 (mais avec possibilité d’anticiper dès 2017 dans certaines régions).

L’œuvre de sape des «  »cars Macron monte en puissance contre les TER notamment. La SNCF a déjà gaspillé 120 millions d’euros pour les développer à pertes et détruire son propre réseau ferré !

Le rapport de force existe dans l’entreprise SNCF et dans le pays pour agir maintenant et inverser ce cours des choses.

La mobilisation cheminote du 9 mars a été plus forte que les débuts du mouvement de 2014. La pédagogie de la résignation des médias et des organisations de collaboration échoue face à la prise de conscience de la menace sociale. Partout en France montent et s’organisent des résistances contre le démantèlement du réseau, pour la sûreté et la sécurité. A un autre niveau, les diktats européens ne passent plus dans aucun pays.

Quels que soient la confusion de ses formes, les tentatives diverses de récupération, le manque de continuité du mouvement, l’opposition de fond au projet de loi El-Khomri, devant les convergences manifestes avec la défense du statut du travail à la SNCF, ouvre des possibilités d’une large compréhension et de relais de la lutte cheminote.

La manifestation nationale des cheminots du 10 mai, toutes catégories confondues, est un nouveau point de départ.

Communistes de la SNCF, des autres entreprises, des quartiers et des campagnes, nous sommes dans cette lutte et exigeons le maintien intégral et l’extension, dans le décret-socle, des dispositions du RH077 du statut cheminot SNCF. Plus que jamais, nous nous battons pour la défense et la reconquête du monopole public SNCF du transport ferroviaire.