Education

Rentrée scolaire 2016 : loin des boniments ministériels ! Violence contre un surveillant, manque de personnel : deux semaines de grève d’alarme au lycée Suger de Saint-Denis.

« Lire, écrire, compter pour tous », Nadjat Vallaud-Balkacem place la barre bas dans un de ses « tweets» qui lui tiennent lieu de politique à cette rentrée. Gestionnaire de façade de la pénurie organisée des moyens et de la crise de l’éducation nationale, la ministre est bien obligée d’entendre les alarmes qui montent à 30 minutes de métro du ministère, venant des lycées les plus en détresse.

Du 6 au 19 septembre, et pas de gaieté de cœur, les enseignants et les personnels du lycée Suger de Saint-Denis, largement soutenus par les élèves, ont fait grève. Pour être sûrs d’être mieux entendus, ils sont allés manifester sous les fenêtres du lycée des privilégiés de la République « Louis le Grand ».

A Suger, à Saint-Denis, la rentrée scolaire a été marquée par l’agression sauvage d’un surveillant à la porte du lycée dès le premier jour de cours. Ce dernier, après avoir interdit l’entrée à une personne extérieure à l’établissement, a été violemment pris à partie par trois individus. Il s’en ressort avec un nez cassé, un traumatisme crânien et 15 jours d’ITT.

Le jour même, les enseignants réunis en assemblée générale, à l’appel des syndicats SNES, CGT et SUD, ont décidé de se mettre en grève pour apporter leur soutien au surveillant et pour pointer du doigt le manque criant de moyens pour l’exercice de leur mission.

Le lycée Suger compte 1 300 élèves. Il est situé dans un quartier pauvre (ex-classement ZEP) où les familles sont frappées de toutes les difficultés sociales que l’on connaît. Pour autant le lycée Suger ne compte que 7,5 postes de surveillants en équivalent temps plein : soit un surveillant pour 175 élèves ! Bien moins encore en termes de travail de terrain d’accompagnement des élèves quand on sait la multitude de tâches – en particulier administratives – qu’ils ont à effectuer! Pour compléter le tableau, depuis la rentrée, un poste de CPE du lycée n’est pas pourvu.

Ce manque d’encadrement est directement pointé du doigt dans l’agression de la rentrée. La direction du lycée a dû envoyer un surveillant s’occuper seul de l’entrée du lycée, alors même qu’il venait tout juste d’arriver dans l’établissement. L’agression n’aurait pas eu lieu, ou tout du moins pas dans ces proportions, si une équipe de surveillants s’occupait de l’entrée, comme cela doit toujours être le cas. Mais pour cela, encore faut-il encore avoir un minimum de personnel!

Pour les grévistes, enseignants, personnels administratifs ou ouvriers, il s’agit de défendre leur travail, l’éducation à Saint-Denis, l’éducation nationale. La revendication précise a porté sur la création de 7,5 postes de surveillants supplémentaires ainsi que la nomination immédiate d’un nouveau CPE. Un minimum.

Le mouvement, très largement suivi, fortement soutenu par les élèves (qui ont mené différentes actions conjointement avec leurs enseignants) et par les parents d’élèves est parvenu à gagner un poste de surveillant et un « contrat d’insertion » à mi-temps. On est loin du compte. Mais la cohésion de la communauté éducative s’est renforcée et cela pèsera. Elle a enregistré les appuis des élus locaux de « gauche » qui ont soutenu ou soutiennent encore la politique antisociale du gouvernement. Elle connaît la logique de casse, de division sociale, de rabaissement de l’éducation nationale proposée par la droite et l’extrême-droite.  Elle sait que sa propre lutte, avec celles des travailleurs, sera déterminante.

Pour nous communistes, l’illustration est à nouveau montrée que seule la voie de la lutte paie et ouvre une perspective, y compris politique. Dans des centaines d’établissements, face aux fermetures de classe, aux manques d’enseignants, ou parfois à des situations de crises aigües comme à Saint-Denis, la rentrée s’est faite sous tension.

Le gouvernement prétend imposer l’état d’urgence, le climat de peur, la méfiance généralisée aux élèves et aux enseignants tout en continuant sa politique de casse du fondement même du développement de notre pays. Coupes dans les budgets, non recrutement, non revalorisation des métiers, précarisation des personnels, destruction de l’éducation prioritaire…  autant d’éléments qui aggravent les conditions de travail des personnels et les conditions d’étude des élèves.

Communistes, nous apportons tout notre soutien au surveillant agressé ainsi qu’aux travailleurs de l’éducation nationale en lutte en ce début d’année. Partout nous nous battons pour exiger :

  • la création de postes d’enseignants et de surveillants à la hauteur des besoins ;
  • l’augmentation des moyens alloués à l’éducation nationale. Plutôt que de financer les guerres et l’armée, finançons les écoles !
  • l’arrêt de la précarisation des métiers d’enseignement ou d’encadrement ;
  • la revalorisation des métiers de l’enseignement ;

A Saint-Denis, comme dans tout le pays !

ABROGATION DE LA RÉFORME DU COLLÈGE !FACE À LA SURDITÉ DE LA MINISTRE, FAISONS ENTENDRE NOTRE VOIX.

Texte du tract repris de PCF

Paris 15, 26 Janvier 2016

Malgré les fortes mobilisations de l’année 2015, malgré l’opposition des syndicats et malgré un refus presque unanime du monde enseignant, le gouvernement s’entête à vouloir appliquer sa « réforme » du collège. Cette réforme s’insère dans le processus de casse du service public d’éducation débuté par la droite et prolongé aujourd’hui par la « gauche ». Elle est l’équivalent au collège de la réforme des lycées de Luc Châtel dont les effets sont aujourd’hui décriés par le monde ensei-gnant. Elle s’insère également dans un ensemble de mauvais coups portés par le gouvernement à l’éducation (qui était pour-tant censée être une priorité du quinquennat) : aucuns nouveaux moyens alloués, embauches qui se font attendre, casse de l’éducation prioritaire, formation des nouveaux enseignants au rabais… Depuis plusieurs mois, la ministre Najat Vallaud-Belkacem semble ne pas vouloir entendre le refus de sa réforme. Faisons du 26 janvier le début de la riposte à la politique du gouvernement ! Retrait immédiat de la réforme du collège !

Les forces existent pour faire reculer le gouvernement et gagner le retrait de la réforme !

Une marche inacceptable vers « l’autonomie » des établissements !

Ne laissons pas d’ambiguïté sur la conception gouvernementale de « l’autonomie » des établissements (de la maternelle à l’université en passant par le collège)! Il ne s’agit en rien de stimuler l’initiative des équipes pédagogiques locales – de plus en plus limitées au fil des réformes – mais, au contraire, de briser la cohésion nationale sur laquelle elles s’appuient et se défendent contre la remise en cause de leurs conditions d’enseignement. Il s’agit de soumettre notamment les collèges à l’arbitraire de chefs d’établissement transformés en « managers », à l’austérité transférée au niveau des départements (en charge techniquement déjà des collèges), aux pressions du monde patronal.

La réforme prévoit d’abord d’éclater le cadre national des horaires en donnant aux établissements le pouvoir de moduler la répartition des heures par discipline et par année. Très concrètement, tout en conservant le volume global d’heures, l’établissement pourra décider de mettre davantage d’heures de maths en 5e et 4e et peu en 3e. La répartition des heures sera votée par le Conseil d’Administration dans lequel le chef d’établissement a une voix de plus en plus prépondérante.

Le chef d’établissement disposera ainsi d’un nouvel outil de « management ». Il pourra, çà et là, ajouter ou retirer des heures selon sa volonté et la plus ou moins bonne « disposition » des enseignants. Les fluctuations annuelles des horaires sont également de nature à généraliser le recrutement de contractuels précarisés. La soi-disant « autonomie » se confirme être un moyen de remettre en cause le statut d’enseignant, ses garanties en matière sociale mais aussi en termes de liberté pédagogique dans le cadre national.

Avec la modulation des horaires suivant les classes, il sera désormais encore plus simple de faire un collège à plusieurs vitesses ; 4000 collèges en France, ce sera 4000 organisations horaires différentes. De quoi aggraver encore son rôle de « gare de triage » dans l’orientation. La « réforme » de Vallaud-Belkacem va en sens contraire de la réforme nécessaire du collège.

Les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) : appauvrissement et réorientation idéologique des enseignements

La « réforme » prévoit d’instaurer des « Enseignements Pratiques Interdisciplinaires ». Cette innovation se fait au détriment des heures d’enseignement des disciplines, jugées par la ministre et ses idéologues « contre-productives » et « ennuyeuses ». Derrière ce discours se cache une volonté de réorienter les programmes enseignés, comme cela a déjà été fait au lycée à la suite de la « réforme » Châtel. Adieu aux savoirs rigoureux permettant la construction intellectuelle des élèves ! Bonjour aux thématiques fumeuses dans l’air du temps !

Parmi les huit thèmes définis par le ministère, nous trouvons « Développement durable », « Corps, santé et sécurité », « Information, communication, citoyenneté » ou encore « Monde économique et professionnel ».

Selon les cas, la porte est ouverte au n’importe-quoi ou à la propagande patronale ! Pour nous, l’objectif de l’école doit rester la construction intellectuelle et critique de la jeunesse.

Dans le contexte général de la baisse des moyens, les langues sont les premières sacrifiées

Réduire les enseignements fondamentaux comme le français, les mathématiques ou la géographie est socialement irresponsable. Les enseignements des langues sont quant à eux les premiers sacrifiés.

Par exemple, l’enseignement des langues anciennes sera désormais circonscrit aux EPI, si encore des heures y sont allouées par le collège, ce qui sera l’exception, vu l’insuffisance générale de la dotation horaire. La restriction de l’enseignement du latin menace la maîtrise et le rayonnement du français : nous partageons cette grave inquiétude largement exprimée. C’est aussi les classes bilingues ou euro qui sont menacées d’être supprimées.

En raison des nouvelles modalités de gestion des heures (au niveau de l’établissement), la réforme porte en elle une restriction de la diversité des langues vivantes enseignées, sans que l’apprentissage de l’anglais et de l’espagnol n’en soit amélioré.

La réforme du collège ; ou comment faire le jeu de l’enseignement privé !

Le collège public a aujourd’hui plus que jamais besoin d’une réforme. Mais cette réforme doit aller dans le sens d’une augmentation des moyens alloués, d’une réduction du nombre d’élèves par classe et d’un recrutement massif d’enseignants. Il faut également remettre en place une réelle carte scolaire afin de favoriser la mixité sociale dans les établissements. Ce n’est que par de telles mesures que les problèmes actuels du collège pourront se régler.

Les propositions du gouvernement vont complètement à l’opposé de tout cela ! En réduisant de nouveau les moyens de l’éducation publique le gouvernement favorise directement le privé. La suppression des langues anciennes, des sections euros ainsi que des dotations horaires permettant de mettre en place par exemple des clubs ou des ateliers va encore davantage pousser les familles qui en ont les moyens à mettre leurs enfants dans le privé. Car le privé continuera de proposer tout cela, mais cette fois ce sera aux familles de payer si elles souhaitent que leurs enfants apprennent le latin ou participent à un club de théâtre.

La réforme du collège c’est donc détruire l’enseignement public, faire le jeu du privé et réduire encore un peu plus la mixité sociale dans nos établissements !

Gagner le retrait des décrets : le rapport de force existe !

Après les fortes mobilisations de l’année 2015, la très grande majorité des travailleurs de l’éducation nationale, ainsi qu’un large front syndical (représentant 80% du personnel), s’opposent à cette réforme. Les conditions sont donc réunies pour lancer un large mouvement de lutte permettant de mettre en échec le gouvernement.

Communistes, enseignants, parents d’élève ou simples citoyens, nous portons cette lutte et demandons notamment:
-L’abrogation immédiate de la « réforme » des collèges et l’ouverture d’un large débat public sur l’avenir des collèges.
-L’augmentation des moyens alloués à l’éducation nationale : « L’argent pour l’école, pas pour la guerre » !
-Le recrutement, sur concours, de nouveaux enseignants et personnels fonctionnaires, au minimum des 60.000 postes promis par Hollande en 2012 d’ici 2017.
-Le maintien et le renforcement du cadrage national de l’enseignement secondaire.
-Le maintien des moyens consacrés aux enseignements disciplinaires fondamentaux.
-La sauvegarde d’une offre diversifiée d’enseignement des langues vivantes et anciennes dans tous les collèges.
-L’établissement d’une carte scolaire contraignante permettant la mixité et la cohésion sociales.
-L’intégration de l’enseignement privé à cette sectorisation et l’interdiction de toute subvention publique extra -conventionnelle à leur profit.

État d’urgence – L’école publique, une des victimes des dérives sécuritaires

Tract diffusé aux sorties d’écoles, PCF Saint-Quentin, lundi 07 décembre

 

Suite aux drames du 13 novembre, l’État a choisi de mettre en place l’état d’urgence. Si des mesures en matière de sécurité doivent être prises et qu’il est important de laisser travailler les services de renseignements pour éviter tout attentat et arrêter les coupables et complices, cela peut tout à fait être accompli en respectant les règles de l’état de droit.

En revanche, les terribles attentats du 13 novembre et l’émotion qui en découle ne doivent pas être utilisés par le pouvoir pour museler le peuple et restreindre ses libertés. Nous constatons dès à présent que ces dérives se mettent peu à peu en place, soit par la volonté politique, soit par le zèle de certains fonctionnaires d’état.

L’école publique, comme souvent, est en première ligne des évolutions politiques. De nombreux témoignages affluent sur la dégradation du climat dans les établissements. Les plans Vigipirate et les circulaires sont librement interprétés.

  • Certaines écoles refusent l’accès aux parents d’élève,

même pour déposer les enfants en maternelle, créant ainsi des encombrements aux entrées, à la limite de la chaussée, à l’encontre des principes de sécurité de base et coupant le lien quotidien parents-enseignant.

  • D’autres établissements mettent en place un «contrôle visuel» des sacs … d’élèves de 2 à 11 ans.

Les enseignants se transforment alors en vigiles. On imagine facilement ce qui peut alors passer par la tête des enfants, le sentiment de suspicion, la crainte de l’autre… Quelles valeurs sommes-nous en train de leur inculquer ? Pour rappel, les enseignants ne sont pas légalement habilités à effectuer des fouilles systématiques des élèves.

  • Les traditionnelles fêtes de fin d’année sont annulées,

Les inspections de Saint Quentin demandent aux directeurs d’annuler les spectacles et marchés de Noël. Une initiative locale injustifiée, aucune circulaire ministérielle ou départementale de la sorte n’étant prise.

Des mesures à deux vitesses quand on sait que les grandes surfaces restent ouvertes… même le dimanche, que les marchés de noël commerciaux des centres ville sont maintenus, tout comme les gros événements sportifs. Seuls les petites associations, les événements populaires de quartier et les mouvements syndicaux font les frais de ces mesures démagogiques.

Alors que l’heure devrait être à l’apaisement et que tout devrait être fait pour que les institutions puissent continuer de fonctionner de la manière la plus normale possible, certains ont vraisemblablement intérêt à entretenir le climat de peur. L’heure doit aussi être au renforcement du lien social, il est aberrant de voir l’administration s’évertuer à couper ce qu’il reste de lien entre l’école et les familles.

Ensemble, mobilisons-nous et organisons-nous pour refuser de nous voir imposer des mesures antipopulaires sous prétexte de sécurité pour mieux faire oublier les mauvais coups des gouvernements.

Collège, éducation nationale : la grève des enseignants doit dissiper les enfumages du gouvernement et de la droite

La force de la contestation du monde de l’éducation contraint le système à pousser l’intox dans les médias.

Vallaud-Belkacem et Valls entretiennent la confusion dans l’opinion. Non, ce qu’ils appellent « autonomie », ce n’est plus de liberté pédagogique, mais la remise en cause du cadre national, de l’égalité, la mise sous tutelle de « directeurs-managers », sous pression de l’argent. Non, ce qu’ils appellent « interdisciplinarité », ce n’est pas aider le travail en équipe des enseignants, mais l’appauvrissement des enseignements fondamentaux, la quasi-suppression de certaines options historiques, au profit d’heures de cours dévaluées, sur des sujets fumeux, idéologiques, avec un personnel précarisé.

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