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Le Chant des Marais : comment est né un chant ouvrier. – Hanns Eisler 1948

Le Chant des Marais : comment est né un chant ouvrier.

Le « Chant des Marais » a été composé en 1933 par des antifascistes allemands détenus dans les premiers camps de concentration nazis. Il est devenu une expression de la résistance des déportés dans de nombreux camps, de la solidarité avec eux, maintenant une forme d’hymne de la Déportation.

Le compositeur allemand Hanns Eisler (auteur, entre bien d’autres œuvres, de l’hymne de la RDA) a adapté le Chant des Marais dès 1935. Il explique l’origine de chant ouvrier dans un article passionnant que nous avons fait traduire. Comment, au cœur de la barbarie nazie, sous la pression permanente des SA et des SS, mais en usant de leur contradiction, en partant du vécu extrême des détenus, une musique et des paroles ont pu devenir une aide précieuse, un instrument de résistance collective et politique.

Le Chant des Marais chanté en Français

Le Chant des Marais : comment est né un chant ouvrier.

 

Article de Hanns Eisler, 1948, traduit de l’allemand par JV pour vivelepcf.fr ©

 

Papenburg est un camp de concentration situé en Frise orientale. On y a emprisonné cinq mille travailleurs allemands. Les environs du camp sont sinistres et d’une extrême tristesse – aux alentours ce ne sont que marais et landes. Les prisonniers étaient employés à travailler dans les marais – en l’occurrence, à ouvrir des tranchées de drainage. Ils devaient marcher, au pas et en colonnes, deux heures pour se rendre sur le lieu de travail, et deux heures pour revenir à leurs baraquements. Leur tâche était effroyablement difficile : toute la journée les prisonniers devaient ouvrir les tranchées avec de lourdes pelles, de l’eau jusqu’aux genoux. C’est un des travaux manuels les plus durs qui soient. Comme on n’avait donné aux prisonniers ni bottes en caoutchouc ni gants, des maladies se répandirent très vite parmi eux : rhumatismes, goutte, maladies du cœur, eczéma, abcès. Le traitement des prisonniers par les surveillants était des plus durs, et la nourriture déplorable. Torture supplémentaire infligée aux prisonniers, il leur était interdit de fumer ; cela ne leur était permis que deux après-midi dans la semaine, le mercredi et le dimanche. La marche pour aller travailler et pour s’en retourner aux baraquements était épouvantable. Celle du retour en particulier, où il fallait porter les lourds outils, était terrible : beaucoup s’effondraient, poussés cependant à avancer par les coups de crosse des surveillants.

Telle était la situation des cinq mille prolétaires, communistes, socialistes, sans-parti, et de la poignée d’intellectuels, qui ont composé un magnifique chant ouvrier. La chanson née là-bas s’appelle le Chant des Marais[1]. Le texte devait être composé de manière à pouvoir être chanté devant les surveillants : il devait donc être « camouflé ». Le chant n’est pas né spontanément, comme les spécialistes bourgeois de la chanson populaire pourraient le croire : les cadres politiques des prisonniers l’ont composé de manière organisée.

Quelle était la visée principale de ce chant ? Comment se fait-il que cinq mille prolétaires, qui n’ont pu étudier ni la poésie ni la musique, se soient donné la peine de composer cette chanson ? Pourquoi s’y sont-ils sentis poussés, et pourquoi ont-ils composé un chant tellement magnifique, que nous, compositeurs révolutionnaires, ne puissions que leur tirer notre chapeau, avec admiration et respect ? Ce chant compte selon moi parmi les plus belles chansons révolutionnaires du mouvement ouvrier international. Il n’est pas surprenant pour nous, révolutionnaires, de voir la force considérable que peut avoir, y compris sur le front de la culture, un collectif de prolétaires conscients.

Cette chanson visait à relever de leur abattement les camarades du camp encore peu assurés politiquement, de leur redonner courage, et de faire que lors des marches tous les prisonniers avancent d’un même pas. Les premiers mois, on devait chanter au camp les chansons proposées aux prisonniers par les S.A.[2] Il s’agissait de chants patriotiques, de chansons de soldats, et autres du même genre. Le joyeux ton de pioupiou de ces chansons était en totale contradiction avec l’effroyable moral des prisonniers encore peu assurés politiquement. Avant la composition de la chanson, on a d’abord essayé de trouver de nouvelles paroles aux mélodies de soldats. Cela ne fut pas suffisant : furent ainsi rédigés dans plusieurs groupes de camarades politiquement avancés un certain nombre d’ébauches de textes. Nous citons plus bas celui qui fut jugé le meilleur : qui le lirait sans savoir ni dans quel but ni comment il est né, se demanderait ce qu’il a de révolutionnaire. Ce que l’on peut répondre, c’est qu’il est tout à fait bouleversant de voir comment nos camarades emprisonnés sont parvenus à résoudre le problème pratique du « camouflage » d’une chanson révolutionnaire.

Les premiers couplets de la chanson ne parlent que de la tristesse et de l’absence d’espoir qu’offre leur situation. Le dernier dit cependant :

« Il n’est pas question pour nous de nous plaindre :

L’hiver ne peut durer toujours.

Un jour, tout emplis de joie, nous dirons :

‘Ma patrie, tu es à nouveau mienne !’

Et ce jour-là, les soldats n’iront plus aux marais,

Ployant sous le poids de leurs bêches. »[3]

Les prisonniers accentuent tout particulièrement les négations. De la même manière, ils font bien ressortir les mots « Ma patrie, tu es à nouveau mienne ! ».

Ce texte ne peut être séparé de sa mélodie, vraiment superbe, qui se rattache à la tradition des vieilles chansons allemandes des XVIe et XVIIe siècles. Comment se fait-il donc, se demandera-t-on, que le prolétariat industriel d’aujourd’hui connaisse si bien les chansons du Moyen Âge, que sans formation musicale spécifique il puisse s’inspirer de ce style de musique ? C’est que dans le mouvement de la jeunesse ouvrière on chantait volontiers des chants des soulèvements paysans du XVIe siècle[4], et d’autres du temps de la Guerre de Trente Ans[5] qui s’insurgeaient contre les incursions des pillards suédois. Les quatre premières mesures de la mélodie sont tirées à la note près d’une chanson de [6]l’époque de la Guerre de Trente Ans, dont les paroles étaient les suivantes :

« Enfants ! Ecoutez gronder le vent de la tempête !

Il gronde à la fenêtre.

Enfants ! Là où Tilly[7] vient loger,

Ne logent plus que des spectres »

La suite de la chanson reprend, un peu différemment, ces quelques mesures. Le refrain est quant à lui une composition plus originale, inspirée cependant de certains chants militaires – ce qui du reste correspond bien au contenu du Chant des Marais. La construction très particulière du refrain, en majeur, alors que les couplets sont en mineur, se rattache, et d’une manière remarquable, aux marches funèbres révolutionnaires russes.

On peut dire pour résumer que la chanson, dans sa forme musicale, est une sorte de montage de différents éléments, mais qu’une chanson combinée de la sorte n’exclut pas qu’elle puisse être neuve, ni qu’elle puisse avoir une force nouvelle.

Chanté avec cette mélodie, le texte prend un caractère lugubre, voire parfois très violent. Il est tout à fait remarquable que malgré la tristesse qui régnait dans le camp, de l’optimisme pointe dans le refrain – tout particulièrement à la fin, avec les mots « ployant sous le poids de leurs bêches ». Les camarades qui m’ont transmis cette chanson me racontaient que ce passage était chanté avec une force particulière, et qu’il faisait la puissance d’attraction de la chanson toute entière.

Ce chant a aidé lors des marches les camarades blessés par les coups, épuisés et affamés, et a donné d’eux à la population et aux surveillants une image imposante de défi, de force et d’endurance. Quand une troupe de prisonniers se mettait à chanter, la chanson était interdite par le commandant de troupe, même si sa signification politique n’était pas apparente. Cette chanson-ci cependant ne peut plus être interdite : les travailleurs d’Allemagne la connaissent, même en dehors du camp ; beaucoup de travailleurs, de plusieurs pays, la connaissent déjà, et elle va se répandre dans le monde entier. Le Chant des Marais est un document révolutionnaire d’une grande importance ; c’est également une des plus belles chansons révolutionnaires jamais composée par la classe ouvrière révolutionnaire.

 

 

Notes :

 

1 Dans sa traduction française ; la version allemande s’intitule « Les soldats des marais » (Die Moorsoldaten).

2 Sturmabteilungen : « Sections d’Assaut ». Miliciens du parti nazi.

3 Traduction libre du texte original allemand. La version française de cette dernière strophe est la suivante :

« Mais un jour dans notre vie

Le printemps refleurira.

Libre enfin, ô ma patrie,

Je dirai : ‘tu es à moi’.

Ô terre d’allégresse

Où nous pourrons sans cesse,

Aimer, aimer »

4 Référence notamment à la « Guerre des Paysans », vaste soulèvement antiseigneurial des paysans d’Allemagne centrale et de Rhénanie (1524/1525).

5 Suite d’affrontements armés, opposant de 1618 à 1648 sur le sol du Saint-Empire Romain Germanique (grossièrement, l’Allemagne, l’Autriche et la République Tchèque actuelle) différentes puissances protestantes européennes, soutenues par la France, et des forces catholiques appuyées par l’Empereur et l’Espagne.

6 Commandant des troupes catholiques pendant la Guerre de Trente Ans.

Agents des hôpitaux et cheminots: des luttes qui peuvent et doivent converger, dès juin! J. Jamelot au congrès de la fédération CGT de la santé

Congrès de la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale, Montpellier, 28 mai-1er juin 2018

Intervention de Joran Jamelot, syndicat CGT de l’hôpital européen Georges Pompidou (AP-HP), le 31 mai 2018 

Chers camarades, 

J’ai écouté l’intervention de Philippe Martinez comme celles de Laurent Brun et de Baptiste Talbot.

J’en retire la nécessité de la « convergence des luttes » et la nécessité de la construire et non de la décréter et, aujourd’hui, de décider, en tant que fédération de la santé d’un acte immédiat dans ce sens. 

La convergence des luttes, ce n’est pas la juxtaposition de mobilisations disparates. 

La convergence des luttes, c’est le renforcement de chaque lutte, à partir de ses propres revendications, sur la base d’intérêts communs, en gagnant chacun sur la solidarité entre tous. Dans un objectif commun : mettre en échec la politique du capital, là où chaque victoire fait avancer toutes nos luttes. 

C’est pourquoi, aujourd’hui, agent de l’AP-HP, je me sens cheminot et je propose que la journée d’action décisive, envisagée par Philippe, soit choisie en fonction du calendrier de la lutte des camarades cheminots et portée, sur nos propres revendications, par notre fédé. 

La date du 12 juin, semble se préciser. Dans le même temps, nos camarades de Martinique de la CGTM qui sont intervenus hier se préparent à un blocage de l’économie à partir du 12 juin.

La question de fonctionner en intersyndicale est subordonnée, pour moi, à la question de la convergence pour gagner sur le fond. On le voit à la SNCF, quand la CGT impose son analyse et sa dénonciation du principal, la concurrence, la casse des statuts, les syndicats réformistes sont moins à l’aise pour négocier le poids des chaînes. L’intersyndicale sur le plus petit dénominateur, ou sur l’énumération la plus floue des revendications ne peut pas être un préalable.

Les convergences entre hospitaliers et cheminots ? Elles ne sont pas difficiles à trouver ! Conditions de travail, sous effectifs, bas salaires, etc.

Nos luttes ne sont pas catégorielles mais défendent le service public. 

L’attaque sur le statut de l’AP-HP et de la Fonction Publique coïncide avec celle du statut de la SNCF et des Cheminots.

Elle rentre dans une politique globale de précarisation, de déqualification et de dévalorisation des emplois et missions. Ce qu’ont combattu et combattent les cheminots face aux « réformes ferroviaires » de 2014/2016 et d’aujourd’hui : journée à rallonge, remise en cause des temps de repos, etc.

C’est exactement le plan Hirsch contre lequel se sont mobilisés, en mai et juin 2015, massivement les hospitaliers de l’AP.

Maintenant, on apprend que Hirsch veut casser le statut de l’AP, bien sûr parce qu’il est un verrou à la remise en cause générale du statut de la fonction publique hospitalière, à la généralisation de l’embauche de contractuelle, comme à l’éclatement et à liquidation à la découpe de l’AP [notamment par l’intégration directe dans les GHT, groupements hospitaliers de territoire].

Enfin, la concurrence que l’on veut imposer au service public SNCF, notamment régionale, c’est celle que nous subissons, notamment via les pouvoirs renforcés des ARS.

Toujours pomper plus de moyens publics et détourner les missions les plus rentables vers le privé. Faire pression, toujours plus, sur les salariés de tous les prestataires. Laisser au public, aux contribuables, les lignes non rentables, les services hospitaliers difficiles, la formation etc.

A Paris, nous avons pu mesurer la mauvaise foi des Korian ou Orpea qui instrumentalisent leur politique d’accueil dégradé ou indigne dans les EHPAD pour obtenir de nouvelles aides publiques qui leur serviront à développer leurs multinationales prédatrices. Avec des anciens dirigeants de l’AP-HP qui auront détruit les structures publiques de longs séjours… 

Tout cela sans parler – je n’ai pas le temps et d’autres l’ont dit – de l’attaque globale contre tous les régimes de retraite, que le gouvernement – soulignons-le – est obligé de reporter à l’an prochain tant il redoute la conjonction des luttes avec les cheminots.

Le 12 juin  se prépare une grosse action des cheminots, dont 24 jours de grève et 3 mois de lutte n’ont pas atteint la détermination, qui sentent que le pouvoir est incapable de gagner sur le fond. Travailleurs de la santé et de l’action sociale, et cégétistes en tête, nous pouvons et devons-y porter nos revendications communes !    

Notre fédération doit être aux avant-postes de la solidarité, sous toutes ses formes avec la lutte des cheminots, de nos camarades !  

Vive la fédé de la santé, vive la CGT !

 

 

Histoire et actualité de mai 68: introduction au débat du PCF Tarn Bastides du 20 mai 2018

Par Philippe TILLARD, secrétaire de l’Union locale CGT de Gaillac, militant communiste. Fête de la Section des bastides et du Gaillacois. 20 Mai 2018

Chères, Chers Amis et Camarades,

Mesdames et Messieurs,
Tout d’abord, je vous demanderai d’être conciliant avec l’entrée en matière de notre débat sur la période Mai/Juin 1968. J’ai essayé de faire de mon mieux avec mes connaissances et mon éducation de militant syndical et politique : je précise que je ne suis ni conférencier encore moins historien professionnel. Volontairement et afin de ne pas nuire au débat, en accord avec la Direction de la Section, mon propos ne devrait pas dépasser une quinzaine de minutes et permettre ainsi de situer ce que nous a légué ce formidable mouvement en corrélation avec ce qu’aujourd’hui le Patronat et le Pouvoir capitalistes mettent en place , guidés, s’il en était besoin, par ce Président des riches, le plus extrême que nous ayons connu depuis 50 ans (et pourtant, il y en a eu des « pas mal »).

Il ne s’agit pas ici de tomber dans une célébration nostalgique voire théâtrale comme beaucoup voudraient nous entraîner à leurs côtés (tous ceux qui veulent habiller l’histoire à leur façon…) mais au contraire de tenter une confrontation entre le mouvement de mai/juin 68 et les luttes d’aujourd’hui.

Comme tout autre date marquante de notre histoire (et plus particulièrement l’histoire des peuples et de la Classe ouvrière), force est de constater qu’à chaque fois que nous avons fait reculer le Capitalisme, ce dernier, même affaibli, s’est redonné de l’air progressivement jusqu’à remettre en cause les acquis de la lutte. 1936, ses acquis sociaux et Patronat et Gouvernement déclarant : « Hitler plutôt que le Front Populaire », après 1945, la remise en cause du Programme du CNR que De Gaulle avait été contraint d’accepter tant le rôle de la Résistance et de ses responsables communistes étaient indiscutables. Rappelons que le CNR a permis entre autres mesures de nationaliser la Banque de France, le Gaz et l’Electricité, les grandes Compagnies d’assurance, le rétablissement des 40 heures, l’extension du nombre et des attributions des Comités d’entreprise, la généralisation de la Sécurité sociale et la mise en place de la retraite « des vieux », l’instauration du statut de la Fonction publique… Cette énumération ne vous rappelle t-elle pas ce « qu’ils nous ont pris »depuis et ce « qu’ils veulent nous prendre » maintenant ? Le 22 mai, il faudra y être afin qu’ils n’arrivent pas à leurs fins : démanteler le statut de la Fonction publique.

1968 fut le détonateur d’une contestation grandissante qui n’est pas née en mai 68 … Mais qui s’est poursuivie et qui se poursuit encore… La révolte des travailleurs et des étudiants découle d’une multitude de luttes (les luttes anticoloniales comme l’Indochine et l’Algérie, les mineurs en 1963, les grandes grèves de 1966 puis 1967 qui a battu tous les records de journées de grève avec 450 000 journées de grève. Des conflits longs éclatent dans des grandes entreprises comme Sud Aviation, Dassault, Berliet, Rhodiaceta, Saviem, les raffineries, les Chantiers de l’Atlantique, dans les mines et la Sidérurgie. Les lycéens et étudiants exprimeront leur colère face à une politique autoritaire et leur désir de Liberté. Résumer cette colère à la seule histoire de Cohn Bendit ou Geismar utilisée complaisamment par les médias et qui, depuis, ont dévoilé leur vrai visage (opportunistes, collabos, défenseurs de la société libérale, soutien de Jupiter) reflète la volonté du Pouvoir à faire un trait sur l’Histoire quitte à utiliser le mensonge et la force comme en son temps Papon, Ministre de l’intérieur en 68 (pétainiste, condamné pour crime contre l’Humanité avec la déportation de plusieurs milliers de juifs, responsable en 1962 du Massacre du Métro Charonne).

Le mouvement mai/juin 1968 déboucha sur des avancées sociales énormes arrachées par les grèves : hausse générale des salaires (globalement autour de 10%), augmentation du SMIG de 35%, engagement sur la semaine de 40 heures, affermissement des conventions collectives et reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise. D’autres segments de la Société furent mis au grand jour comme l’émancipation et le droit des femmes, une nouvelle approche de la question de la liberté sexuelle, une amorce discrète mais palpable concernant la conditions de nos camarades travailleurs immigrés avec leur implication dans les luttes, la mobilisation des créateurs et des intellectuels…1968, c’est aussi la Victoire du Peuple vietnamien contre l’impérialisme américain (la Paix fut signée en 1975 à Choisy le roi)après la victoire du Peuple algérien, en 1962, pour son indépendance. En 1967, CHE GUEVARA a dit : «  Nous pourrions regarder l’avenir proche et lumineux si, 2, 3, plusieurs Vietnam victorieux fleurissaient sur la surface du Globe ».

Notons que les grèves se poursuivirent après Grenelle dans un certain nombre d’entreprises comme Renault Billancourt pour obtenir satisfaction à leurs revendications de branche.

C’est pour toutes ces raisons qu’avec acharnement, les Présidents et Gouvernements successifs soutenus par la droite ou, malheureusement, par les socialistes, tentent de reprendre ces avancées. Si la situation n’est pas simple pour des millions de nos concitoyens avec une aggravation de leur condition de vie, il faut cependant admettre que malgré tous les moyens qu’ils mettent en œuvre, ils n’y sont pas encore parvenus. Rappelons- nous que Sarkozy, Président, avait juré de «  liquider une bonne fois pour toute l’héritage de Mai 68 ». Il avait engagé le processus avant de perdre dans les urnes devant Hollande qui, sans reprendre au mot son prédécesseur continua la besogne… avant également de perdre lui aussi dans les urnes. Aujourd’hui, Macron a pris le relais ayant retenu la leçon dès le biberon dans la petite bourgeoisie avant de côtoyer le must avec les Rothschild puis dans les couloirs élyséens ou dans les bras de sa mamie Brigitte…

Du côté syndical, les résultats de la Lutte furent palpables immédiatement et même quelques années plus tard .Mais la question s’est posée et se pose encore de savoir comment ce mouvement de 10 millions de grévistes, avec des milliers d’usines occupées, des services publics à l’arrêt, des Sociétés nationales comme la SNCF, EDF/GDF, l’Aéronautique, les Raffineries et la Sidérurgie n’a pas débouché sur un changement politique ?…

Des démagogues anarcho-guignolesques ont tout fait pour récupérer un mécontentement et un mal être réel des lycéens et étudiants en laissant entendre que « le Grand soir » était pour demain, que l’autogestion était à portée de mains et que dès aujourd’hui, on pouvait trouver« sous les pavés la plage ». Ils ont sans doute eu un impact sur une issue qui n’était pas de leur goût, déjà engagés dans des stratégies libérales… II leur importait plus de diviser le mouvement ouvrier en utilisant un anticommunisme primaire (encore en vigueur par les mêmes personnages de nos jours) que de rassembler pour gagner. Cohn-Bendit se dévoile sans filtre quand il déclare après la manif du 13 mai  68: « ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est d’avoir marché à la tête d’un défilé où les crapules staliniennes étaient à la remorque ». Il a démontré depuis qu’il n’avait pas changé… et même progressé sur le sujet. A ce sujet, je partage le point de vue de l’écrivain Arno Bertina lorsqu’il écrit dans l’Humanité des débats : « l’image de mai 1968 a été confisquée par les petits bourgeois (étudiants) au dépens du monde ouvrier. Cette confiscation devient une chose folle (sur le plan des mœurs) quand on mesure que, 50 ans plus tard, la régression est colossale. Au pouvoir depuis 50 ans, les acteurs de mai 68 n’ont pas fait vivre leurs audaces ; en soutenant Macron, ils valident des choses invraisemblables (appel à l’Eglise catholique, à la Manif pour tous, absence de dénonciation des identitaires se transformant en milices ségrégationnistes, etc…), tout en cautionnant les coups de butoirs contre l’autre pan des acquis de 68 arrachés par les ouvriers. …. Il n’est plus possible, de parler de mai 1968 sans parler de 2018 et du couronnement des renégats et des vendus (Wolinski a dit, dans les années 1980, que sa génération avait fait mai 68 pour ne pas devenir ce qu’ils sont devenus)

Geismar n’eut pas la même couverture médiatique mais resta toujours en lien avec le pouvoir (en particulier socialiste), exerçant des fonctions de conseiller auprès de Rocard, Glavany, Delanoé et même Strauss Khan.

Sauvageot disparaitra des médias se consacrant à sa vie professionnelle. Comme Geismar, il fut l’un des dirigeants du PSU mais, tout à son honneur, défendit ses convictions dans l’honnêteté et la discrétion qui me permettent de le différencier des deux autres vassaux du Capitalisme.

S’il faut reconnaître que la jeunesse fut un accélérateur du mécontentement grandissant du peuple français, il faut tout aussi bien reconnaître que ce dernier grondait de plus en plus bruyamment avec les multiples mouvements , grèves voire occupations que connaissait notre Pays, à l’initiative, en particulier de la CGT et du Parti communiste français. Déclencheur mais pour aller où ?

Ce mouvement ne peut pas être réduit ni à une grève générale ouvrière ni à une révolte étudiante, ce sont les deux à la fois. Le PCF, à cet instant, est de loin la première force progressiste et révolutionnaire : cette situation « de confort » est le résultat de notre engagement clair et sans compromission auprès de la Classe ouvrière, dans les circonstances les plus dures comme celles de la Résistance. Rappelons-nous que le PCF lors des élections législatives de novembre 1946 recueillait 28% des suffrages. En 1969, Notre Camarade Jacques Duclos recueille 21% des suffrages alors même que les évènements de 1968 ne nous ont pas été favorables et que l’anticommunisme des gauchistes voulait nous couper des travailleurs en lutte : ils n’y sont jamais arrivés et les organisations gauchistes qui, en 68, combattent la CGT et le PCF sont mal reçues dans les usines. Il faut cependant s’interroger sur nos difficultés du moment face à ce mouvement où s’investissent tout un tas de nouvelles catégories professionnelles, l’intervention nouvelle des femmes et des jeunes… Le PCF semble un peu pris de court tellement l’essentiel de sa démarche reste autour de la classe ouvrière (et même de la dictature du prolétariat, notion abandonnée lors du 22ème congrès en 1976).

Cet immobilisme n’était qu’apparent tant l’activité de « nos amis et meilleurs ennemis » était grande. Le 20 mai 1968, Waldeck Rochet apprend que des tractations se déroulent entre Mitterrand, Mendès France et Lecanuet pour créer une 3ème force, excluant le Parti communiste. Notre Secrétaire général va taper du poing sur la table mais, au final, Mitterrand annoncera sa candidature… Le 27 mai, à l’appel de l’UNEF, est organisé un grand rassemblement à Charléty où seront présents, entre autres et autour des « gauchistes », la CFDT et le PSU et auquel participera Mendès France : le point commun, l’anticommunisme. La suite, vous la connaissez… Après son « évasion » en Allemagne, De Gaulle organisera la grande marche de la Droite le 30 mai qui lui permit de garder le pouvoir…

1968 a commencé par un mouvement social, sans équivalence durant tout le 20ème siècle mais n’a pas débouché sur une victoire électorale. Peut-être « le Parti communiste n’était pas disposé à reconnaître qu’on puisse organiser des mobilisations anticapitalistes en dehors de lui » comme le souligne René Piquet. Dans les années 80/90, le PCF abandonne la représentation des classes populaires au profit de la France des diversités. La lecture de la Société de classe s’efface au profit de la participation citoyenne. Si en 1981, Georges Marchais réalise encore 15,3% en 2007, nous atteignons péniblement 1,9%. A notre engagement révolutionnaire marxiste s’est mise en place une rhétorique humaniste partagée. Tout le monde peut s’y retrouver ; on se fond dans un moule réformiste tout en perdant notre identité… Même le mot ouvrier disparaît de nos discours. Nous abandonnons le terrain et en particulier celui de l’entreprise.

1968 put être un révélateur de nos faiblesses sans que pour autant le Parti communiste n’ait failli un seul instant au soutien des travailleurs en lutte et aujourd’hui encore, il est toujours de leur côté. Cependant, il doit, tout en tenant compte de « l’analyse concrète de la réalité concrète », se positionner sans équivoque sur des positions de classe et revendiquer son rôle révolutionnaire. Il n’est plus possible d’être dans des débats à « fleurets mouchetés » avec les socialistes ; il ne peut y avoir de concessions entre ceux qui prônent la gestion sociale du Capitalisme – les réformistes – et ceux qui prônent le dépassement du Capitalisme, pour aller vers une société communiste – les communistes. Il n’y a pas plus de place à laisser croire (les médias et le pouvoir s’y emploient) à une 3ème voie qui se situerait entre les deux comme voudrait le faire croire Mélenchon par exemple . Rappelons que ce dernier se réfère encore aujourd’hui à Mitterand , ce qui me laisse plus que perplexe quant à sa réelle volonté de combattre jusqu’au bout le Capitalisme. Je crains également que sa volonté affichée d’un large rassemblement du Peuple et de ses forces progressistes ne cache, si l’on n’y prend garde,celle de l’utiliser comme tremplin pour accéder au pouvoir, aux pleins pouvoirs si l’équilibre des forces et des sensibilités n’en sont pas respectées, mais ceci n’est que mon sentiment et n’engage que moi….
La seule voie possible est le développement des luttes, dans la diversité des branches professionnelles comme des secteurs géographiques (industrielles, services, secteur public, santé, transports, bâtiment, etc…). Lançons les passerelles qui permettent d’aller vers une plus grande convergence des luttes : nous n’en sommes pas si loin et « en même temps » pas si près. Il nous faut nous appuyer encore plus sur les luttes existantes comme bien sûr les cheminots, les travailleurs des hôpitaux ou des EHPAD, AIR France, les territoriaux, etc…

Notre Fête d’aujourd’hui, si localisée soit-elle, est une étape pour aller à la reconquête de nos droits et libertés reniés chaque jour un peu plus par « le rejeton à Hollande ». Elle doit également être un tremplin pour le Parti communiste pour regagner une place correspondant plus à ses valeurs et à son poids historique dans notre Pays. Je ne peux que vous inciter à répondre favorablement aux sollicitations de nos Camarades pour adhérer au Parti communiste français.

Je suis conscient que cette introduction puisse vous laisser sur votre faim ; je pense qu’elle ouvre plusieurs pistes de réflexion qui vont bien au-delà de la simple « célébration de mai 1968 » ; elle fait de la sincérité son fil conducteur en évitant, de fait, toute interprétation complaisante.

Merci de votre attention et que la discussion soit riche…

Grande réussite de la 4ème fête populaire des Résistances de la section de Saint-Martin-d’Hères du PCF

3 juin 2018, repris du site du PCF Saint Martin d’Hères

Grande réussite de notre 4ème fête populaire des Résistances.

Le nouveau cadre choisi s’avère parfait, le temps nous a respecté !

Trois cents personnes sont passés sur la fête. Certains ont pu déguster la savoureuse paella de notre camarade Maria Louisa. Les enfants ont pu utiliser les jeux gratuits et des livres à lire.

Et la politique et les luttes étaient aussi présentes.

  • nous avons édité un journal encore disponible à la section contre une participation financière.
  • nous avons organisé une collecte de solidarité avec les cheminots en lutte sur la fête et nous avons pu remettre à Franck Boyer, secrétaire CGT des cheminots de Grenoble le fruit de cette solidarité de classe.

Au débat politique à 14h30 « Stoppons le Massacre de Macron », avec la CGT Cheminot, finances publiques et la FSU :

Quatre vingt dix personnes étaient au débat (sans compter les passants accrochés par les débats qui se sont arrêtés pour écouter) .

Le débat politique « Stoppons le Massacre de Macron » était riche des interventions de responsables de la CGT Cheminot, CGT des finances publiques et de la FSU.

- La lutte des cheminots n’est pas corporatiste puisqu’elle condamne l’ouverture à la concurrence du rail synonyme de services publics aux rabais et plus coûteux pour les usagers.

- Les agents des finances publiques luttent également pour leurs missions de services publics et pour l’abandon du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

- Le parcours sup fait peser sur les jeunes la responsabilité de leurs échecs d’orientations et des 2 500 places en université manquantes, une goutte d’eau par rapport à l’enjeu. Ce système ouvre grand les portes à toutes les officines de bachotages payantes, une discrimination par l’argent.

Ce débat a montré, sans surprise, que les luttes sont porteuses de ruptures politiques immédiates et que le rassemblement doit se faire dans les luttes.

Nous remercions Agnès Martin (CGT Finances Publics), Franck Boyer (CGT Cheminots) et Serge Paillard (FSU) de leurs participations.

Voir en ligne : Journal « Impact communiste » de juin 2018

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