Brèves
Le modèle de 6ème république? L’Union sacrée de 14-18!
Rappel, vivelepcf, 6 mai 2013
Mélenchon sur BFM, le 18 mars 2012 (jour du rassemblement à la Bastille…)
« On fait croire que le régime d’assemblée, c’est la pagaille. Il faut se souvenir qu’on a gagné la guerre 14-18 grâce à un régime d’assemblée dans lequel il y avait un comité secret qui dirigeait les opérations aux côtés de Clémenceau! »
Il faut se souvenir aussi que le PCF a été fondé en rupture avec cette collaboration de classe de la CGT, cette trahison de la SFIO-PS, qui se sont rangés alors derrière la droite de Clémenceau au nom de l’ « Union sacrée », ceux qui ont mené la guerre avec « leurs comités secrets » antidémocratique et ont cautionné la boucherie impérialiste que fut la première guerre mondiale!
Soit dit en passant, se dire héritier de Jaurès, l’internationaliste pacifiste, et se revendiquer également de Clémenceau, le « père la Victoire de 14-18 », le premier soutien de la contre-révolution en Russie, c’est un tour de force!
Aucune voix n’a condamné à l’Assemblée la poursuite de la guerre impérialiste au Mali !
Brève, vivelepcf, 23 avril 2013
L’Assemblée nationale était appelée hier à donner un avis sur la poursuite de l’opération « Serval », autrement dit de la guerre française au Mali.
Une incroyable unanimité s’est manifestée pour soutenir la politique d’intervention militaire de François Hollande. Aucun vote contre, 10 abstentions bienveillantes dont celles de 7 membres de la composante « Front de gauche » du groupe de la « gauche démocrate et républicaine » (les 3 autres n’ont pas pris part au vote).
Dans son interview télévisée du 28 mars sur France 2, le Président s’était engagé à ce qu’au moins un budget soit épargné par l’austérité : celui de la « défense ». Il mettait en avant la guerre au Mali. Bénéficiera-t-il du même consensus parlementaire ? Ce serait logique.
Pour Hollande, l’opération au Mali se passe bien. Pas trop de morts français, 5 seulement, bien moins qu’en Afghanistan ! Du côté tchadien, il y en a eu des dizaines, du côté malien des milliers, combattants et civils, mais ceux-là ne comptent dans le débat public français.
La quatrième armée du monde, suivant le chiffre de ses dépenses militaires, est facilement venue à bout de quelques centaines de « djihadistes ». Elle a réparé les effets « collatéraux » de sa guerre en Libye qui a permis à ces hordes de s’emparer d’armes lourdes. On imagine difficilement comment elles auraient pu contrôler un pays de 15 millions d’habitants grand comme trois fois la France…
L’impérialisme français est intervenu seul. C’est un choix. Il a défendu ce qui reste de sa chasse gardée, héritée de la « Françafrique » et de la colonisation, devant les prétentions d’autres puissances. Il a préservé les intérêts de ses trusts, pétroliers, nucléaires, miniers opérant au Mali, mais aussi au Niger ou en Mauritanie.
On comprend la satisfaction des tenants de l’impérialisme tricolore.
Ceci dit, si les forces armées du fascisme islamiste, courant saharien, sont défaites au Mali, elles ont pu se replier en Libye. Le fascisme islamiste dans le monde n’est pas atteint politiquement et exploite ses nouveaux martyrs.
Beaucoup de Maliens se sentent soulagés par la disparition de la menace ressentie des « Djihadistes ». Ce mouvement d’opinion est difficile à contrecarrer même par les organisations politiques maliennes les plus progressistes. Nous le comprenons.
Dans les villes du nord, certains sont, effectivement et heureusement, libérés de l’obscurantiste fondamentaliste. Pour d’autres composantes du peuple malien, la situation s’aggrave. La presse ne peut plus taire les exactions contre les populations touareg et arabe : assassinats, tortures perpétrés par des éléments l’armée malienne recomposée. L’impérialisme français va continuer à attiser ces antagonismes à son profit, n’en doutons-pas ! Il l’a toujours fait.
L’Etat malien reste en état de décomposition, sous les pressions du FMI et de la Banque mondiale, certes, mais avant tout de la France. Celle-ci va maintenir une présence militaire pendant des années, contrairement à la présentation officielle. On ne voit ce qui devrait changer.
Communistes, pour nous, ce bilan est globalement indéfendable, indéfendable, coupable. Il est impensable pour nous de donner quitus à cette politique de barbouzes.
Dans le PCF, au Conseil national, le débat a un peu eu lieu. L’alignement sur le militarisme de Hollande est apparu impossible (voir nos anciens articles). La ligne médiane qui avait été adoptée nous paraît intenable.
La ligne exposée à l’Assemblée par le député Front de gauche, ex-PCF, François Asensi, n’est pas admissible. « La France a entendu l’appel à l’aide d’un peuple ami. » prétend-il. D’un gouvernement fantoche ! Il se félicite des « succès importants remportés par nos troupes sur le terrain ». Agrafe-t-il des drapeaux bleu-blanc-rouge sur une carte d’Afrique ? Pour donner le change à « gauche », il accuse le FMI et la Banque mondiale mais oublie l’impérialisme français…
Cet apparatchik, en poste à l’Assemblée nationale depuis 33 ans, qui ne reverse plus rien au Parti qui lui a permis d’obtenir de succéder à notre grand camarade Robert Ballanger, n’a plus aucune légitimité pour parler au nom des communistes, surtout pour salir notre engagement anticolonialiste et antiimpérialiste fondamental.
Non à la guerre au Mali ! Non à toutes les interventions de l’armée française à l’étranger ! Retour de tous les soldats français en place dans des bases à l’étranger ! L’argent pour l’école, l’hôpital, pas pour la guerre !
NON A LA GUERRE !
Sur la guerre au Mali, nos précédents articles:
CN du PCF du 16 janvier 2013 – Intervention d’Emmanuel Dang Tran sur la guerre au Mali
Les communistes algériens (PADS): non aux ingérences impérialistes au Mali!
Le MJCF condamne l’intervention au Mali
Le Conseil mondial de la paix condamne l’intervention militaire française au Mali
Guerre au Mali : les leaders du Front de gauche s’intègrent à l’Union sacrée. Ce n’est pas la place du PCF !
Non à l’aventure guerrière de l’impérialisme français au Mali !
Nouveau scrutin cantonal. Le mariage forcé, paritaire, pour tous ? Un véritable recul démocratique !
Brève, vivelepcf, 18 avril 2013
Le Parlement vient d’adopter définitivement le projet de loi du gouvernement modifiant le mode de scrutin pour les élections cantonales. L’innovation, « unique au monde » selon le ministre, représente à la fois un recul démocratique et une interférence malvenue dans des débats de société brûlants.
Au nom de la parité, pour corriger la faible proportion de femmes dans les conseils généraux, l’élection se déroulera dans le cadre de nouveaux cantons, deux fois moins nombreux que ceux qui existent actuellement. Dans chacune de ces nouvelles circonscriptions cantonales, les électeurs voteront, non pour élire un conseiller général, mais deux « conseillers départementaux », selon la nouvelle dénomination. Ils ne voteront pas sur des candidatures individuelles mais pour des ensembles de deux candidatures, nécessairement un homme et une femme.
On mesure la limpidité de ce nouveau système…
Comme les parlementaires communistes l’ont dénoncé, il aggrave encore l’injustice profonde du scrutin majoritaire. Le PS, tout comme l’UMP précédemment, a rejeté l’introduction de la proportionnelle. Avec des cantons deux fois plus grands, en moyenne de 30.000 habitants, l’expression locale est diluée. Pas de proportionnelle, moins de proximité : la « bipolarisation » est encore davantage favorisée.
D’ici 2015, et non 2014 puisque le gouvernement a fait voter le report d’un an des élections cantonales et régionales, on va assister au spectacle affligeant des manœuvres et jeux d’influence sur le redécoupage, le charcutage, des nouveaux cantons. Il a déjà commencé. C’est vraiment bienvenu dans un contexte de remise en cause des institutions !
Et que penser de l’obligation de constituer obligatoirement des couples hommes-femmes ? Un mariage paritaire forcé ? Ce serait presque risible !
La réflexion sur les effets de la « parité » doit s’approfondir. Il y a parité pour les scrutins de liste, municipal, régional depuis plusieurs élections. Pour autant, dès que le mode de scrutin est majoritaire, comme aux législatives ou aux cantonales, l’immense majorité des élus continue à des être des hommes. Voilà qui devrait poser question sur l’efficacité de la politique de quotas de femmes, pour donner son nom réel à la parité.
Proportionnelle intégrale, statut de l’élu, politique égalitaire volontariste en termes de garde des enfants, de limitation du travail partiel et tant d’autres choses : la « parité » ne remplace pas la transformation des conditions structurelles qui maintiennent la sous-représentation politique des femmes. Le PCF, dès son origine a été le parti le plus féminisée dans ses responsables et ses élus. Pas par hasard, par sa nature de classe.
Sur la « parité », le débat reste ouvert.
Mais utiliser le prétexte de la parité pour justifier un nouveau recul démocratique, avec le nouveau mode de scrutin cantonal, c’est inacceptable !
Que cherche vraiment le pouvoir Hollande Ayrault avec l’exposition de la richesse des ministres ?
Le patrimoine des 37 ministres est en moyenne 10.000 fois plus faible que celui des 37 plus grosses fortunes de France !
Brève, vivelepcf, 16 avril 2013
Que cherche vraiment le pouvoir Hollande Ayrault avec l’exposition de la richesse des ministres ? La question reste ouverte. Mais on peut constater les premiers résultats. Ils sont lamentables.
En aucun cas, il n’y a de réponse à l’affaire Cahuzac. Si on avait demandé la même chose à l’ex-ministre, il est évident qu’il aurait menti et caché le montant de ses comptes à l’étranger. Répétons-le, le cas Cahuzac, isolé, doit être ramené aux questions qu’il pose précisément : celle des moyens supplémentaires à accorder, notamment en emplois qualifiés, aux finances publiques pour lutter contre la fraude des riches et l’évasion fiscale. Pour le reste, la justice doit suivre son cours.
L’initiative du gouvernement espère montrer au peuple que les ministres, de « gauche », ne sont pas de « gros richards », de « gros profiteurs ». Echec! Absolument sans surprise, on constate qu’ils appartiennent globalement à la moyenne bourgeoisie. Mais cette exhibition va avoir pour résultat de les faire passer pour riches. Leur patrimoine moyen, de l’ordre de 700.000 euros par ministre, excède largement celui de la moyenne des ménages français, 259.000 euros. Mais encore, ce dernier chiffre cache une profonde inégalité, l’immense majorité des Français se situant largement en dessous de cette moyenne. Ainsi, par exemple, 78% des héritages ne donnent pas lieu au paiement de droit de succession.
On peut s’attendre à une nouvelle campagne démagogique sur les privilèges des gouvernants. Voilà qui est vraiment peu opportun. Les plus gros privilégiés sont ailleurs et si bien préservés par les gouvernements. C’est là le problème.
L’opération « transparence » participe de l’abaissement général du niveau du débat politique précipité par l’affaire Cahuzac.
Cela pourrait être risible. Voilà que les politiciens se font concurrence, entre eux, voire dans le même parti. C’est à qui en aura le moins (relativement)! On a bien noté la peau de banane balancée par Fillon (qui ne possède qu’une gentilhommière dans la Sarthe) à son challenger de l’UMP, Jean-François Copé, avocat d’affaires et flambeur avéré. Dans les déclarations des ministres, des petits malins et des petites malignes glissent, en toute démagogie spontanée, qu’ils roulent en vélo, en scooter, en deux-chevaux ou en vieux combi Volkswagen. Le monde politicien comme une cour de récréation ? Le peuple risque de ne pas apprécier.
Revenons au principal ! Le problème n’est pas que les ministres se défendent de s’enrichir eux-mêmes démesurément, il est de mesurer à qui profite leur politique, aussi bien celle des Hollande/Ayrault que des Sarkozy/Fillon. Où vont passer les 20 milliards de déductions d’impôt pour les patrons, sur les salaires, les baisses d’allocations familiales et de retraites complémentaires, les baisses de salaires grâce au chantage à l’emploi avec « l’accord » flexibilité etc ?
En fin de compte dans les poches des capitalistes, d’abord des plus gros ! Dès qu’il s’agit de millions, de milliards, c’est difficile de mesurer les choses tant ces sommes sont éloignées de la vie quotidienne.
Mais il y a une différence entre les revenus et patrimoines des serviteurs du capital, les ministres par exemple, et ceux des capitalistes eux-mêmes. 37 ministres annoncent un patrimoine moyen de 700.000 euros par tête. Les 37 fortunes les plus grosses de France se montent en moyenne à 7.000.000.000 euros, soit dix mille fois plus !
C’est là qu’est l’argent ! C’est là qui faut le prendre ! Et c’est pour le prendre, qu’il faut combattre la politique des ministres !


