PCF

Meeting national PCF et banquet fraternel du PCF Paris 15ème – dimanche 11 décembre

Chers camarades,

La section du PCF Paris 15ème organise, comme chaque année, son banquet fraternel de fin d’année, le 11 décembre 2016.

Nous avons décidé d’utiliser cette – bonne – occasion pour tenir un meeting. Il nous semble important de faire le point, en cette fin d’année, sur notre démarche communiste nationale, celle du texte de congrès « PCF : Reconstruisons le Parti de classe, priorité au rassemblement dans les luttes ».

La période, déjà grave, est lourde de menaces internationalement et nationalement. En France, le système prépare une alternance à droite en 2017 qui, avec Fillon, en s’appuyant sur les mauvais coups de Hollande et Valls, s’apprête à enfoncer encore les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple. L’extrême-droite est en situation de jouer sa terrible diversion.

Une recomposition de la « gauche » réformiste est lancée pour limiter les dégâts en termes de places et continuer à essayer de stériliser le mouvement populaire en préparant une posture d’opposants. Dans ce cadre, la direction du PCF louvoie pour se tirer le moins mal possible des échéances électorales en restant à la remorque de la social-démocratie et en aggravant sa mutation réformiste. L’acceptation de l’UE du capital, à l’exemple de Tsipras, ou la caution au social-libéralisme comme à Paris, en sont deux symptômes. Elle recourt à de petits calculs politiciens pour tenter de faire illusion (voir nos dernières déclarations sur la conférence nationale et la consultation des communistes de fin-novembre liens 1. et 2.).

La défaillance du point de vue et de l’organisation communistes ont pesé et pèsent lourdement sur des luttes pourtant nombreuses, avec un noyau déterminé, sur le mouvement syndical.

En 2016, notamment grâce à notre texte de congrès, nous avons mieux fait entendre et développé notre démarche. En cette fin d’année, nous nous proposons d’en faire un bilan et de mettre en avant nos propositions d’axes de rupture pour alimenter la riposte populaire, pendant et après les campagnes électorales.

Le cadre festif du 11 décembre ne nuira pas, au contraire. N’oublions pas qu’en 2017, nous célébrerons le 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre !

La rédaction de Cahiers communistes
—————————————————–

MEETING, dimanche 11 décembre 2016, à 10h30 au 61 rue Violet, 75015 Paris
« PCF : reconstruire le parti de classe. 2017 : priorité à la riposte populaire pendant et après les élections ! »

Interviendront :
- Un camarade de la direction du PCF Paris 15.
- Dominique NEGRI, secrétaire de la section du PCF Saint Martin d’Hères, sur le développement de l’activité à l’entreprise
- Emmanuel DANG TRAN, membre du Conseil national du PCF sur le Parti en 2017.

Le meeting sera suivi du banquet fraternel de fin d’année du PCF Paris 15ème.10h30 – Meeting national PCF
Prises de paroles :
- Bilan de l’année militante (Pierre Dargham, PCF Paris 15)
- Luttes et entreprise (Dominique Négri, secrétaire de section du PCF Saint-Martin d’Hères)
- Situation nationale (Emmanuel Dang Tran, secrétaire de section du PCF Paris 15, membre du CN)

12h30 – Repas fraternel de fin d’année

Menu :
- Terrine de poisson / Assiette de charcuterie
- Poulet façon chasseur, écrasé de pommes de terre, tomate provençale
- Plateau de fromage
- Trou normand

- Pâtisseries

Animation musicale :
- Les mauvaises herbes (Brassens & chanson française)-

 

——————————————————

Pour les sections et camarades de province souhaitant participer, voici quelques détails pratiques :

- La salle ouvrira vers 9h et le banquet se termine en général vers 18h
- Des hébergements chez les camarades parisiens peuvent être organisés pour le samedi soir et/ou le dimanche soir.
- Merci de renvoyer vos inscriptions par retour de ce mail, ou par téléphone (Pierre D. au 0671526237) si possible avant le 4 décembre.

Pour réservation ou détails : Pierre / 0671526237

Fête de l’Huma 2016 : actes inqualifiables à l’encontre de nos militants, inquiétudes renforcées sur l’état d’esprit de la direction du PCF

Communiqué de la section du PCF Paris 15, 20 septembre 2016

Après réflexion, à froid, après avoir laissé retomber l’excitation, nous décidons de dénoncer publiquement, à l’attention de l’ensemble du Parti d’abord, les actes inqualifiables que certains de nos militants ont subis à la fête de l’Humanité 2016, les 8, 9, 10 et 11 septembre. Ils sont trop graves pour être tus, dans l’intérêt du Parti.

Nous indiquons au préalable que la direction de la Fête, venue à notre rencontre le 10 septembre, dans un esprit d’apaisement dont nous lui sommes gré, nous a garanti n’être d’aucune manière responsable des agissements de « l’accueil sécurité » et que de nombreux camarades des équipes de cet « accueil sécurité » nous ont apporté leur soutien moral pendant la fête.

Les événements que nous dénonçons ci-dessous n’altèrent pas non plus notre bilan globalement positif de la Fête de l’Huma, celui de notre présence cette année, des milliers de contacts réalisés, même si la fête a renforcé nos inquiétudes sur la montée globale de la violence et nos inquiétudes pour l’avenir de notre parti.

Venons-en aux faits : notre stand était placé avenue Joséphine Baker, à côté du stand de la section de Saint-Quentin. Avec le stand de la Haute-Saône plus éloigné, ces deux stands, de notoriété publique, représentaient sur la Fête des organisations du PCF militant majoritairement contre la stratégie d’effacement et d’intégration du Parti dans la gauche réformiste. Elles ont porté au congrès de juin la motion « Reconstruisons le parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes ! ».

Nos stands ont été victimes d’agressions inqualifiables venant d’éléments de « l’accueil sécurité » (AS) dont la direction du Parti a la responsabilité.

Jeudi 8 septembre, en soirée, ces éléments de l’AS interpellent avec véhémence les camarades de Saint-Quentin au prétexte de nuisances sonores excessives. Une demi-heure après, une bombe lacrymogène est balancée de l’extérieur dans le stand, polluant durablement les 120 m2 et incommodant gravement les occupants. Goguenards, la vingtaine de gros bras de l’AS rigolent devant le stand. Ils nient à peine l’usage d’une arme de 6ème catégorie (voire plus sous réserve d’examen de la bombe) hors de toute situation légitime et légale. Une délégation part alerter la direction politique de l’AS qui l’éconduit et couvre ses gros bras. Les camarades de Saint-Quentin, soucieux de ne pas aggraver les choses en début de fête, en restent là, prenant sur eux.

Vendredi 9 septembre, dans la nuit, c’est au tour de notre stand d’être attaqué après le même type de provocations et le même lâche procédé. Là, aucun prétexte puisque notre stand ne disposait pas de sonorisation (sinon un haut-parleur d’ordinateur !) et que la fête avait officiellement commencé. La bombe lacrymogène, particulièrement puissante, a rendu notre stand inexploitable pendant 36 heures (heureusement qu’il a fait beau !). Le samedi matin, il a fallu faire venir les services de santé quand plusieurs enfants pleuraient de douleur à cause des gaz persistant sous le stand.

De tels agissements sont absolument intolérables à la Fête de l’Huma. Mais il y a eu pire.

Un élément de l’AS s’est identifié le jeudi soir en fanfaronnant sur le ton de la haine politique. Dans la nuit de vendredi à samedi, au moment de l’attaque contre notre stand, un de nos militants, par ailleurs responsable syndical, a été agressé par un individu cagoulé, sur l’allée devant le stand. Malgré la cagoule, notre camarade a reconnu aisément l’insulteur de la veille.

Celui-ci a précipité à terre notre camarade, l’a bloqué, puis l’a aspergé à bout portant sur le bras et le visage de gaz lacrymogène.

Nous avons immédiatement fait constater médicalement l’agression. 10 jours d’incapacité totale de travail ont été constatés le samedi par un médecin, 6 jours le mardi suivant par les urgences médico-judiciaires sous réserves de séquelles psychologiques plus graves.

Devant la gravité des faits, nous informons la direction de la Fête, lors d’un échange courtois et fraternel, que nous allons alerter Pierre Laurent le dimanche, lors d’un débat sur un stand voisin auquel quelques uns d’entre nous avaient déjà l’intention de participer. Nous considérons en effet que la Fête de l’Huma peut et doit aussi être un endroit où les communistes et leurs sympathisants débattent politiquement, y compris de la stratégie de la direction du PCF, et non seulement un lieu de rencontre où se montrent « frondeurs » du PS, écolos-politiciens et diverses autres personnalités.

Loin de pouvoir engager le dialogue le dimanche matin, nous sommes accueillis par un double service d’ordre mobilisé par l’état-major de Pierre Laurent qui nous empêche l’accès au stand où à lieu le débat. Le service d’ordre habituel est doublé d’un deuxième dont la promptitude à la provocation et à la violence nous a paru inversement proportionnelle à la culture politique. Mais leurs insultes ont été déçues par notre calme olympien.

Le spectacle était consternant pour les générations de camarades présents. Loin de tenir le propos d’apaisement et d’ouverture qu’on attendrait de n’importe quel dirigeant, Pierre Laurent s’en est tenu à une invective avant de filer précipitamment, sans même honorer réellement le débat prévu par la section invitante, pour semble-t-il … accueillir Christiane Taubira. Vraiment consternant !

Nous ne pouvons que relier ces épisodes de la Fête de l’Huma 2016 à l’aggravation de la crise du PCF devant l’obstination de la direction à poursuivre sa stratégie suicidaire d’insertion dans la gauche réformiste pro-UE. Congrès bâclé, questions de fond évitées, voix de communistes étouffée, décision unilatérale de s’insérer dans les primaires (ou, pour d’autres clans, de s’aligner sur le populisme politicien de Mélenchon), statuts bafoués : la finalité et la méthode s’accordent.

Ce que nous venons de vivre à la Fête n’est qu’une répétition. Au Congrès national à Aubervilliers début juin, la direction manoeuvrait pour éliminer tous les représentants de notre motion de congrès du Conseil national. Le samedi 4 juin, le même « service d’ordre » que celui de la Fête était envoyé pour empêcher les militants de diffuser un communiqué informant et alertant les congressistes, allant jusqu’à le leur reprendre des mains et à fouiller les sacs de certains camarades pourtant délégués…

Ces méthodes en disent long sur l’état d’esprit des dirigeants du PCF… Elles n’atteignent en rien notre détermination à continuer à faire vivre notre parti, suivant sa raison d’être, marxiste et léniniste, avec, sans ou malgré eux.

Sur les événements de la fête, nous appuyons la plainte de notre camarade et continuons à rassembler les témoignages. Pour le reste, nous nous en tiendrons à ce communiqué et poursuivrons le débat politique général.

Dans son « discours aux personnalités » (sic), prononcé à la fête le 10 septembre, Pierre Laurent s’exclame : « face au poison distillé, nous sommes venus ici, à La Courneuve, pendre un grand shoot d’espoir et de bonheur ! ». De ce « shoot », nous nous souviendrons, en particulier un de nos camarades !

Débat national à l’occasion de la Fête de l’Huma 2016 – Samedi 10 septembre 11h00 – stand PCF Paris 15

Débat national à l’occasion de la Fête de l’Huma 2016, Samedi 10 septembre 11h00

RETROUVONS-NOUS sur le stand de la section du PCF Paris 15ème pour une conférence de presse/débat

« Quand la volonté de changement et les luttes se heurtent aux calculs réformistes et à la logique du moindre mal dans les institutions, engageons la reconstruction du Parti de classe, la reconquête de l’indépendance du PCF au service du monde du travail ».

Avec Corinne Bécourt, secrétaire de la section du PCF de Saint-Quentin de l’Aisne, Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section du PCF de Paris 15ème, membre du Conseil national du PCF, Eric Monnini, secrétaire de la section du PCF du Jarnisy en Meurthe-et-Moselle, Cyril Morlot, secrétaire de la fédération du PCF de Haute-Saône, Dominique Negri, secrétaire de la section du PCF de Saint-Martin-d’Hères

 

Fête de l’Humanité, Parc Georges Valbon, La Courneuve, 9, 10, 11 septembre 2016

ATTENTION, NOUVEL EMPLACEMENT : Avenue Joséphine Baker, sous le ballon hélium PCF – (faucille et marteau), à côté du stand de la section du PCF Saint-Quentin.

 

 

ET TOUT LE LONG DE LA FETE SUR LE STAND, MATERIEL MILITANT EN VENTE

-Drapeaux rouges avec faucille et marteau

-Badges, autocollants, affiches

-Nouvelle affiche de rentrée « De l’argent pour les salaires, pas pour la guerre »

-Dernier numéro de Cahiers communistes

-Brochures politiques par thème

-Point de rencontre du site « Solidarité internationale PCF »

37e Congrès – Texte Alternatif – II: Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes notamment sur l’UE et l’euro

37ème congrès du PCF – Texte alternatif  » PCF: Reconstruisons le parti de classe! Priorité au rassemblement dans les luttes ».

Lien vers la page de présentation du texteLien vers le texte intégral en PCF

II – Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes. Rupture avec l’UE et l’euro!


De « crise » en « crise » : la crise générale du capitalisme

A l’automne 2008 éclatait la « crise financière ». Elle suivait la « crise des « subprimes ». Les économies des principales puissances capitalistes (États-Unis, Europe, Japon…) ont connu en 2009 une récession d’une gravité souvent inédite depuis 1945. Ce mouvement de repli continue depuis 2010. On parle maintenant de la « crise des dettes publiques ». Nos économistes s’attendent à une nouvelle crise après 2017 avec l’explosion des bulles spéculatives, notamment immobilières, gonflées par la politique d’injection massive d’argent dans l’économie par la BCE.

La succession rapprochée de ces crises, leur intensité donnent lieu à différentes interprétations. Pour nous, elles ne résultent pas d’un excès du capitalisme, du « néolibéralisme », mais de la manifestation de la crise générale du capitalisme.

La financiarisation du capitalisme ne date pas d’aujourd’hui. Elle a été précisément analysée déjà par Lénine en 1916 dans « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme ». La faculté du capitalisme à impulser et instrumentaliser à son profit de nouvelles techniques et technologies est inhérente à son essence.

Un facteur peut expliquer l’intensification de la crise générale du capitalisme : l’affaiblissement, puis la disparition du contrepoids que représentait, dans le rapport de classe mondial, l’existence de l’URSS et des pays socialistes d’Europe de l’est. Notamment en Europe de l’ouest, la période du « compromis social » est révolue. Depuis 40 ans en France, la tendance à la paupérisation de la classe ouvrière, théorisée par Maurice Thorez, se confirme au grand dam des réformistes d’hier et d’aujourd’hui.

La disparition du « camp socialiste » a entraîné également une nouvelle étape de la mondialisation du capitalisme. Elle s’est caractérisée par une extension géographique du système, par une lutte encore plus exacerbée entre puissances capitalistes et multinationales pour le contrôle des richesses naturelles et des marchés.

Des économies dites « émergentes » ne semblent plus échapper à la crise du capitalisme, que ce soit le Brésil ou même la Chine.

L’analyse marxiste fondamentale se vérifie : La réalité du capitalisme, c’est la recherche du profit maximal confrontée à la baisse tendancielle du taux de profit. Ce qui est décrit comme la financiarisation de l’économie, l’explosion de la dette privée, notamment dans les pays anglo-saxons, puis de la dette publique est autant une manifestation de la crise qu’un instrument pour renforcer l’exploitation du travail. Le système a besoin, plus que jamais, de détruire du capital pour renforcer son taux de profit.

La crise est inhérente au système. Le capitalisme sait utiliser sa propre crise pour renforcer sa domination en l’absence d’un mouvement révolutionnaire suffisamment fort.

On assiste ainsi à un affrontement terrible entre le capital et le travail, à l’échelle planétaire, les uns pour maintenir et accroître leur taux de profit, les autres pour s’assurer des conditions d’existence décentes. Les gouvernements au service du capital entreprennent d’accélérer et d’aggraver brutalement, à la faveur de la crise, toutes leurs politiques antisociales qui sont pourtant à l’origine de cette dernière. Les mêmes recettes s’appliquent dans tous les pays, notamment d’Europe, où tous les acquis sociaux et démocratiques des peuples sont attaqués. Le risque de guerre s’aggrave.

Ces fondamentaux de notre théorie marxiste de la crise nous font réfuter certains raisonnements réformistes actuellement mis en avant, même à « gauche ». Il y a quelques années, la dénonciation par Sarkozy des « excès du capitalisme » et son invitation à « le moraliser » avaient amusé et scandalisé. Aujourd’hui est diffusée à « gauche » la thèse qu’il faudrait « baisser le coût du capital plutôt que le coût du travail ». L’expression semble opposer capital et travail, alors qu’au contraire elle légitime le système lui-même dans une formule trompeuse. Dans les deux expressions, la notion de coût suppose que l’on se mette dans la situation du patron, du capitaliste. Un taux de profit de 10% serait excessif, un taux de 5% légitime. Nous mesurons le danger de ces théories qui légitiment l’exploitation capitaliste et s’opposent aux revendications des travailleurs. Par ailleurs, nous savons que la captation du profit par les capitalistes s’effectue de plusieurs façons. La hausse constatée des dividendes servis aux actionnaires (à corriger statistiquement pas les dividendes servies aux maisons-mères) est totalement à dénoncer, mais elle coïncide avec des taux d’intérêt très bas. Notre seul combat doit être contre l’exploitation capitaliste.

De même, nous savons depuis Marx que le chômage est inhérent au système capitaliste qui a besoin « de l’armée de réserve » des chômeurs pour renforcer l’exploitation des actifs. Nous ne pouvons concevoir de lutte contre le chômage hors d’une lutte contre le capital. Nous luttons pour le renforcement de l’assurance chômage, de la formation professionnelle, financées par la cotisation patronale, pour des moyens nouveaux de Pôle emploi. Nous nous battons aussi pour la baisse du temps de travail (la semaine de travail à temps plein est remontée à 39,4 heures) et le rétablissement de la retraite pleine à 60 ans avec 37,5 annuités, revendication de progrès et de justice sociale, amenant une baisse du chômage.      Mais nous rejetons toute prise en charge par la collectivité – les travailleurs – de la précarité, de la flexibilité, d’une partie des salaires dus par l’exploiteur destinée à camoufler statistiquement le chômage tout en continuant à peser sur les salaires et les conditions de travail. Notre principal axe de lutte contre le chômage restant la défense de l’appareil productif, du salaire et du salaire socialisé, de la réponse aux besoins.

Face au réformisme, une autre clarification s’impose : la levée du mythe d’une possible transformation de l’UE du capital en « Europe sociale ».

UE du capital/euro : la question, c’est comment s’en sortir !

L’UE est une machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. Ce constat est de plus en plus partagé. Les reculs sociaux dans chaque pays s’inscrivent dans le droit fil du Traité européen de Lisbonne. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la recherche de « compétitivité », l’UE sert de prétexte et d’instrument aux gouvernements nationaux en vue d’augmenter le profit capitaliste, par le renforcement de l’exploitation des travailleurs et par l’extension du marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent, services publics, protection sociale.

L’UE dévoile encore plus clairement sa raison d’être, qui remonte au Traité de Rome, en faveur de la finance et des trusts. Avec le FMI et les gouvernements nationaux, elle est à la barre pour imposer les plans de recul social aux pays, similaires aux plans d’ajustements structurels qu’impose le FMI. L’exemple grec est éloquent.

Profitant de la crise, l’UE tente un pas de plus dans la remise en cause des démocraties nationales. La Commission européenne prétend maintenant placer les budgets nationaux directement sous sa tutelle pour imposer le carcan de Maastricht.

Les effets de l’euro, pour lequel devraient être consenties toutes les régressions sociales, apparaissent de façon flagrante. Ce que nous dénoncions dans les années 90, dans nos campagnes contre le traité de Maastricht, celui d’Amsterdam et la monnaie unique, se réalise exactement.

L’euro est conçu dans l’intérêt de la finance européenne. L’euro fort l’aide à spéculer, à délocaliser. Au sein de sa zone, l’euro accentue la mise en concurrence des économies et des travailleurs. Il écrase les activités économiques en développement, notamment dans les pays périphériques, mais favorise les groupes capitalistes les plus forts, notamment en Allemagne (mais pas les travailleurs allemands). Là encore, l’exemple grec illustre combien l’euro place les peuples sous la dépendance du capitalisme européen.

Comme nous mettions notre pays en garde, l’euro, loin d’unir les peuples, les dresse les uns contre les autres et attise le nationalisme. Les campagnes de dénigrement, de haine, reprenant tous les clichés xénophobes, auxquelles nous assistons, l’attestent.

Le mythe européen, celui de l’Europe « qui protège, qui unit », a de plus en plus de plomb dans l’aile, malgré les campagnes idéologiques incessantes, à tous les niveaux, pour forger un nationalisme européen. L’UE, ce n’est pas la paix : elle attise les guerres comme on le voit en Ukraine. Loin de s’émanciper de l’impérialisme américain, l’UE, coordination des impérialismes européens, est plus associée avec lui dans l’OTAN, peut-être demain dans le TAFTA.

Transformer l’opposition de classe à l’UE en positions de classe et de lutte pour rompre avec elle

Le rejet de l’UE unit de plus en plus fortement les peuples, après les victoires du NON aux référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. Nous pouvons et nous devons le caractériser comme un rejet de classe du capitalisme européen que les peuples identifient, à juste titre, comme source de recul économique et social et de souffrance.

Les tenants de l’UE du capital tentent de dévoyer cette réaction dans des partis nationalistes et des partis d’extrême-droite. Ceux-ci servent, d’une part, de forces d’appoint politiques aux capitalismes nationaux dans leur concurrence au sein de l’UE. Ils servent surtout, d’autre part, à disqualifier l’opposition à l’UE du capital en l’associant à des positionnements xénophobes et racistes.

Communistes, il est de notre responsabilité, en France, de ne pas laisser faire, de ne pas laisser aux nationalistes le terrain de l’opposition à l’UE.

De son côté, le mouvement réformiste peine de plus en plus à convaincre que l’on pourrait « changer l’UE ». On voit comment s’est traduite la volonté de Hollande en 2012 de « réorienter la construction européenne ». Sous un affichage plus « radical », le nouveau dirigeant du parti travailliste britannique Corbyn ou le leader du parti espagnol Podemos Iglesias s’efforce de contenir le mouvement populaire contre l’austérité dans le cadre de l’acceptation de l’UE. Tsipras défendait aussi en Grèce l’illusion d’une UE réformable. Au pouvoir il a fait la démonstration qu’aucune alternative politique n’est possible dans le cadre de l’acceptation (la soumission) à l’Union européenne dont il applique la politique violemment antisociale (et anti-migrants).

Notre partir doit revenir à ses positions historiques de rupture avec l’Union européenne.  

Aussi fermement qu’il s’est toujours battu pour le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les nations d’Europe (et d’ailleurs), devenu encore plus nécessaire, notre parti s’était opposé à l’Europe supranationale du capital, depuis le Traité de Rome, jusqu’à ceux de Maastricht en 1992 et d’Amsterdam en 1998, en passant par l’Acte unique de 1986. Nos positions, fortement ancrées dans le Parti et le pays, ont alimenté l’action décisive des communistes dans le rejet par notre peuple en 2005 du projet de constitution européenne.

Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable au traité très libéral de Lisbonne), a accentué cette évolution.

La situation présente doit nous amener, avec encore plus d’urgence, à revenir sur ces orientations, sous peine d’être en porte-à-faux avec les aspirations de notre peuple et nos propres propositions.

L’UE souffre d’un déficit croissant de légitimité. C’est tant mieux ! Elle n’est pas réformable. Ce discrédit est un point d’appui pour mettre en échec les politiques menées en son nom dans l’intérêt du capital. En France, les traités, directives et règlements européens, par exemple ceux de marchandisation des services publics n’ont pas à s’appliquer, à servir de prétextes à la politique du pouvoir

La coopération entre les peuples ne se fera jamais dans le cadre de l’UE. L’UE, mais aussi la BCE et l’ensemble de ses institutions sont conçues pour imposer un niveau supranational où les trusts sont tout puissants mais sur lequel les peuples n’ont aucune prise. Affirmons clairement que « l’Europe sociale », comme la « refonte démocratique et solidaire de l’Europe » sont des leurres ! Comme la victoire du Non en France en 2005 ou la lutte héroïque des travailleurs grecs le montrent, les luttes de chaque peuple s’enrichissent des batailles nationales et de l’internationalisme, mais non de l’acceptation du cadre supranational du capital.

Aussi, nous proposons que le 37ème congrès :

- Ouvre une réflexion sur les conditions d’une sortie de la France de l’UE

- Lance une campagne pour la sortie de la France de l’euro, synonyme, vu la position centrale et le poids de la France (à la différence du cas grec) de dissolution de cette monnaie et de la BCE

- Renforce sa campagne contre le TAFTA, dont les négociations laborieuses et secrète illustrent les divergences entre les intérêts impérialistes américains et européens mais s’effectuent, de toute façon, sur le dos des peuples.

- Félicite les organisations progressistes néerlandaises pour leur campagne pour non au référendum du 6 avril sur la ratification de l’accord d’association UE-Ukraine et la relaie en France.

- Adresse un témoignage de soutien aux organisations progressistes, dont les partis communistes, de Grande-Bretagne et d’Irlande-du-Nord qui militent pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE en vue du référendum du 23 juin.

Cesser de cautionner le PGE pro-européen et renouer avec les partis communistes en Europe et dans le Monde

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2001, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Des partis communistes importants, comme le KKE et PCP (Portugal) ont exclu d’y adhérer. Le Parti communiste allemand (DKP) vient de décider en congrès de s’en retirer.

Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Il a inscrit dans ses statuts sa fidélité à l’intégration européenne et à ses mythes fondateurs. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement opposées aux PC.

Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Elle s’est confirmée de façon flagrante et grave pour les progressistes européens. En Grèce, une de ses composantes, Syriza, est au pouvoir, relaie et applique les diktats antisociaux de l’UE et de la BCE. A côté de Tsipras, un autre dirigeant historique du PGE, l’Allemand Gregor Gysi, appelle, après les élections régionales qui ont vu la percée du parti nationaliste AfD, à des rapprochements avec … la CDU de Mme Merkel.

Le PCF dispose d’un autre cadre, souple, d’échange avec des partis européens : le groupe au Parlement européen GUE-NGL.

Aussi, nous demandons que le 37ème congrès remette en cause l’appartenance du PCF au PGE et organise une consultation des communistes sur cette question.