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37e Congrès – Texte Alternatif – II: Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes notamment sur l’UE et l’euro

37ème congrès du PCF – Texte alternatif  » PCF: Reconstruisons le parti de classe! Priorité au rassemblement dans les luttes ».

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II – Crise du capitalisme: lever quelques illusions réformistes. Rupture avec l’UE et l’euro!


De « crise » en « crise » : la crise générale du capitalisme

A l’automne 2008 éclatait la « crise financière ». Elle suivait la « crise des « subprimes ». Les économies des principales puissances capitalistes (États-Unis, Europe, Japon…) ont connu en 2009 une récession d’une gravité souvent inédite depuis 1945. Ce mouvement de repli continue depuis 2010. On parle maintenant de la « crise des dettes publiques ». Nos économistes s’attendent à une nouvelle crise après 2017 avec l’explosion des bulles spéculatives, notamment immobilières, gonflées par la politique d’injection massive d’argent dans l’économie par la BCE.

La succession rapprochée de ces crises, leur intensité donnent lieu à différentes interprétations. Pour nous, elles ne résultent pas d’un excès du capitalisme, du « néolibéralisme », mais de la manifestation de la crise générale du capitalisme.

La financiarisation du capitalisme ne date pas d’aujourd’hui. Elle a été précisément analysée déjà par Lénine en 1916 dans « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme ». La faculté du capitalisme à impulser et instrumentaliser à son profit de nouvelles techniques et technologies est inhérente à son essence.

Un facteur peut expliquer l’intensification de la crise générale du capitalisme : l’affaiblissement, puis la disparition du contrepoids que représentait, dans le rapport de classe mondial, l’existence de l’URSS et des pays socialistes d’Europe de l’est. Notamment en Europe de l’ouest, la période du « compromis social » est révolue. Depuis 40 ans en France, la tendance à la paupérisation de la classe ouvrière, théorisée par Maurice Thorez, se confirme au grand dam des réformistes d’hier et d’aujourd’hui.

La disparition du « camp socialiste » a entraîné également une nouvelle étape de la mondialisation du capitalisme. Elle s’est caractérisée par une extension géographique du système, par une lutte encore plus exacerbée entre puissances capitalistes et multinationales pour le contrôle des richesses naturelles et des marchés.

Des économies dites « émergentes » ne semblent plus échapper à la crise du capitalisme, que ce soit le Brésil ou même la Chine.

L’analyse marxiste fondamentale se vérifie : La réalité du capitalisme, c’est la recherche du profit maximal confrontée à la baisse tendancielle du taux de profit. Ce qui est décrit comme la financiarisation de l’économie, l’explosion de la dette privée, notamment dans les pays anglo-saxons, puis de la dette publique est autant une manifestation de la crise qu’un instrument pour renforcer l’exploitation du travail. Le système a besoin, plus que jamais, de détruire du capital pour renforcer son taux de profit.

La crise est inhérente au système. Le capitalisme sait utiliser sa propre crise pour renforcer sa domination en l’absence d’un mouvement révolutionnaire suffisamment fort.

On assiste ainsi à un affrontement terrible entre le capital et le travail, à l’échelle planétaire, les uns pour maintenir et accroître leur taux de profit, les autres pour s’assurer des conditions d’existence décentes. Les gouvernements au service du capital entreprennent d’accélérer et d’aggraver brutalement, à la faveur de la crise, toutes leurs politiques antisociales qui sont pourtant à l’origine de cette dernière. Les mêmes recettes s’appliquent dans tous les pays, notamment d’Europe, où tous les acquis sociaux et démocratiques des peuples sont attaqués. Le risque de guerre s’aggrave.

Ces fondamentaux de notre théorie marxiste de la crise nous font réfuter certains raisonnements réformistes actuellement mis en avant, même à « gauche ». Il y a quelques années, la dénonciation par Sarkozy des « excès du capitalisme » et son invitation à « le moraliser » avaient amusé et scandalisé. Aujourd’hui est diffusée à « gauche » la thèse qu’il faudrait « baisser le coût du capital plutôt que le coût du travail ». L’expression semble opposer capital et travail, alors qu’au contraire elle légitime le système lui-même dans une formule trompeuse. Dans les deux expressions, la notion de coût suppose que l’on se mette dans la situation du patron, du capitaliste. Un taux de profit de 10% serait excessif, un taux de 5% légitime. Nous mesurons le danger de ces théories qui légitiment l’exploitation capitaliste et s’opposent aux revendications des travailleurs. Par ailleurs, nous savons que la captation du profit par les capitalistes s’effectue de plusieurs façons. La hausse constatée des dividendes servis aux actionnaires (à corriger statistiquement pas les dividendes servies aux maisons-mères) est totalement à dénoncer, mais elle coïncide avec des taux d’intérêt très bas. Notre seul combat doit être contre l’exploitation capitaliste.

De même, nous savons depuis Marx que le chômage est inhérent au système capitaliste qui a besoin « de l’armée de réserve » des chômeurs pour renforcer l’exploitation des actifs. Nous ne pouvons concevoir de lutte contre le chômage hors d’une lutte contre le capital. Nous luttons pour le renforcement de l’assurance chômage, de la formation professionnelle, financées par la cotisation patronale, pour des moyens nouveaux de Pôle emploi. Nous nous battons aussi pour la baisse du temps de travail (la semaine de travail à temps plein est remontée à 39,4 heures) et le rétablissement de la retraite pleine à 60 ans avec 37,5 annuités, revendication de progrès et de justice sociale, amenant une baisse du chômage.      Mais nous rejetons toute prise en charge par la collectivité – les travailleurs – de la précarité, de la flexibilité, d’une partie des salaires dus par l’exploiteur destinée à camoufler statistiquement le chômage tout en continuant à peser sur les salaires et les conditions de travail. Notre principal axe de lutte contre le chômage restant la défense de l’appareil productif, du salaire et du salaire socialisé, de la réponse aux besoins.

Face au réformisme, une autre clarification s’impose : la levée du mythe d’une possible transformation de l’UE du capital en « Europe sociale ».

UE du capital/euro : la question, c’est comment s’en sortir !

L’UE est une machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. Ce constat est de plus en plus partagé. Les reculs sociaux dans chaque pays s’inscrivent dans le droit fil du Traité européen de Lisbonne. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la recherche de « compétitivité », l’UE sert de prétexte et d’instrument aux gouvernements nationaux en vue d’augmenter le profit capitaliste, par le renforcement de l’exploitation des travailleurs et par l’extension du marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent, services publics, protection sociale.

L’UE dévoile encore plus clairement sa raison d’être, qui remonte au Traité de Rome, en faveur de la finance et des trusts. Avec le FMI et les gouvernements nationaux, elle est à la barre pour imposer les plans de recul social aux pays, similaires aux plans d’ajustements structurels qu’impose le FMI. L’exemple grec est éloquent.

Profitant de la crise, l’UE tente un pas de plus dans la remise en cause des démocraties nationales. La Commission européenne prétend maintenant placer les budgets nationaux directement sous sa tutelle pour imposer le carcan de Maastricht.

Les effets de l’euro, pour lequel devraient être consenties toutes les régressions sociales, apparaissent de façon flagrante. Ce que nous dénoncions dans les années 90, dans nos campagnes contre le traité de Maastricht, celui d’Amsterdam et la monnaie unique, se réalise exactement.

L’euro est conçu dans l’intérêt de la finance européenne. L’euro fort l’aide à spéculer, à délocaliser. Au sein de sa zone, l’euro accentue la mise en concurrence des économies et des travailleurs. Il écrase les activités économiques en développement, notamment dans les pays périphériques, mais favorise les groupes capitalistes les plus forts, notamment en Allemagne (mais pas les travailleurs allemands). Là encore, l’exemple grec illustre combien l’euro place les peuples sous la dépendance du capitalisme européen.

Comme nous mettions notre pays en garde, l’euro, loin d’unir les peuples, les dresse les uns contre les autres et attise le nationalisme. Les campagnes de dénigrement, de haine, reprenant tous les clichés xénophobes, auxquelles nous assistons, l’attestent.

Le mythe européen, celui de l’Europe « qui protège, qui unit », a de plus en plus de plomb dans l’aile, malgré les campagnes idéologiques incessantes, à tous les niveaux, pour forger un nationalisme européen. L’UE, ce n’est pas la paix : elle attise les guerres comme on le voit en Ukraine. Loin de s’émanciper de l’impérialisme américain, l’UE, coordination des impérialismes européens, est plus associée avec lui dans l’OTAN, peut-être demain dans le TAFTA.

Transformer l’opposition de classe à l’UE en positions de classe et de lutte pour rompre avec elle

Le rejet de l’UE unit de plus en plus fortement les peuples, après les victoires du NON aux référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. Nous pouvons et nous devons le caractériser comme un rejet de classe du capitalisme européen que les peuples identifient, à juste titre, comme source de recul économique et social et de souffrance.

Les tenants de l’UE du capital tentent de dévoyer cette réaction dans des partis nationalistes et des partis d’extrême-droite. Ceux-ci servent, d’une part, de forces d’appoint politiques aux capitalismes nationaux dans leur concurrence au sein de l’UE. Ils servent surtout, d’autre part, à disqualifier l’opposition à l’UE du capital en l’associant à des positionnements xénophobes et racistes.

Communistes, il est de notre responsabilité, en France, de ne pas laisser faire, de ne pas laisser aux nationalistes le terrain de l’opposition à l’UE.

De son côté, le mouvement réformiste peine de plus en plus à convaincre que l’on pourrait « changer l’UE ». On voit comment s’est traduite la volonté de Hollande en 2012 de « réorienter la construction européenne ». Sous un affichage plus « radical », le nouveau dirigeant du parti travailliste britannique Corbyn ou le leader du parti espagnol Podemos Iglesias s’efforce de contenir le mouvement populaire contre l’austérité dans le cadre de l’acceptation de l’UE. Tsipras défendait aussi en Grèce l’illusion d’une UE réformable. Au pouvoir il a fait la démonstration qu’aucune alternative politique n’est possible dans le cadre de l’acceptation (la soumission) à l’Union européenne dont il applique la politique violemment antisociale (et anti-migrants).

Notre partir doit revenir à ses positions historiques de rupture avec l’Union européenne.  

Aussi fermement qu’il s’est toujours battu pour le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les nations d’Europe (et d’ailleurs), devenu encore plus nécessaire, notre parti s’était opposé à l’Europe supranationale du capital, depuis le Traité de Rome, jusqu’à ceux de Maastricht en 1992 et d’Amsterdam en 1998, en passant par l’Acte unique de 1986. Nos positions, fortement ancrées dans le Parti et le pays, ont alimenté l’action décisive des communistes dans le rejet par notre peuple en 2005 du projet de constitution européenne.

Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable au traité très libéral de Lisbonne), a accentué cette évolution.

La situation présente doit nous amener, avec encore plus d’urgence, à revenir sur ces orientations, sous peine d’être en porte-à-faux avec les aspirations de notre peuple et nos propres propositions.

L’UE souffre d’un déficit croissant de légitimité. C’est tant mieux ! Elle n’est pas réformable. Ce discrédit est un point d’appui pour mettre en échec les politiques menées en son nom dans l’intérêt du capital. En France, les traités, directives et règlements européens, par exemple ceux de marchandisation des services publics n’ont pas à s’appliquer, à servir de prétextes à la politique du pouvoir

La coopération entre les peuples ne se fera jamais dans le cadre de l’UE. L’UE, mais aussi la BCE et l’ensemble de ses institutions sont conçues pour imposer un niveau supranational où les trusts sont tout puissants mais sur lequel les peuples n’ont aucune prise. Affirmons clairement que « l’Europe sociale », comme la « refonte démocratique et solidaire de l’Europe » sont des leurres ! Comme la victoire du Non en France en 2005 ou la lutte héroïque des travailleurs grecs le montrent, les luttes de chaque peuple s’enrichissent des batailles nationales et de l’internationalisme, mais non de l’acceptation du cadre supranational du capital.

Aussi, nous proposons que le 37ème congrès :

- Ouvre une réflexion sur les conditions d’une sortie de la France de l’UE

- Lance une campagne pour la sortie de la France de l’euro, synonyme, vu la position centrale et le poids de la France (à la différence du cas grec) de dissolution de cette monnaie et de la BCE

- Renforce sa campagne contre le TAFTA, dont les négociations laborieuses et secrète illustrent les divergences entre les intérêts impérialistes américains et européens mais s’effectuent, de toute façon, sur le dos des peuples.

- Félicite les organisations progressistes néerlandaises pour leur campagne pour non au référendum du 6 avril sur la ratification de l’accord d’association UE-Ukraine et la relaie en France.

- Adresse un témoignage de soutien aux organisations progressistes, dont les partis communistes, de Grande-Bretagne et d’Irlande-du-Nord qui militent pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE en vue du référendum du 23 juin.

Cesser de cautionner le PGE pro-européen et renouer avec les partis communistes en Europe et dans le Monde

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2001, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Des partis communistes importants, comme le KKE et PCP (Portugal) ont exclu d’y adhérer. Le Parti communiste allemand (DKP) vient de décider en congrès de s’en retirer.

Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Il a inscrit dans ses statuts sa fidélité à l’intégration européenne et à ses mythes fondateurs. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement opposées aux PC.

Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Elle s’est confirmée de façon flagrante et grave pour les progressistes européens. En Grèce, une de ses composantes, Syriza, est au pouvoir, relaie et applique les diktats antisociaux de l’UE et de la BCE. A côté de Tsipras, un autre dirigeant historique du PGE, l’Allemand Gregor Gysi, appelle, après les élections régionales qui ont vu la percée du parti nationaliste AfD, à des rapprochements avec … la CDU de Mme Merkel.

Le PCF dispose d’un autre cadre, souple, d’échange avec des partis européens : le groupe au Parlement européen GUE-NGL.

Aussi, nous demandons que le 37ème congrès remette en cause l’appartenance du PCF au PGE et organise une consultation des communistes sur cette question.

 

Meeting Laurent/Tsipras le 11 mars: Tsipras inspirateur de la direction du PCF et des primaires à la française ?

Tsipras fêtant sa victoire électorale avec ses amis du PGE le 20/09/15. Tsipras se concertant avec Porochenko au sommet capitaliste de Davos le 22/01/16

Brève, vivelepcf, 5 mars 2016 

L’événement est finalement confirmé. Le 11 mars, un « grand meeting » se tiendra avec comme intervenants Marisa Matias du « Bloc de gauche » portugais, Alexis Tsipras, premier ministre grec et Pierre Laurent sur le thème « L’Europe doit changer ». Pierre Laurent est annoncé comme « Président du Parti de la gauche européenne ».

Pierre Laurent n’en est pas moins en même temps secrétaire national du PCF, d’un PCF qu’il engage dans une perspective électorale vers 2017 passant, au moins momentanément, par une stratégie de « primaires » à l’américaine.

Tsipras a réussi à se faire élire et réélire. Est-il une personnification de l’objectif de la stratégie de la direction du PCF ? Visiblement, oui.

Pourtant, l’illusion Tsipras est complètement retombée. Tsipras et Syriza, avec leurs alliés de droite radicale, se sont confirmés être les champions de l’étouffement du mouvement populaire, de la pédagogie de la résignation, en particulier à l’UE du capital. Ils infligent aujourd’hui aux travailleurs et au peuple grecs le programme politique le plus antisocial que leur pays ait connu, un programme qui prépare le retour de la droite.

La direction du PCF, comme les communistes avertis notamment par les camarades du Parti communiste grec KKE, avaient tous les éléments pour alerter, dès le début, sur l’opération Syriza en Grèce et ses répercussions européennes.

Après le soutien de Pierre Laurent notamment au volant de mesures antipopulaires de juillet, son meeting commun à Athènes en septembre après la reconduction par défaut aux élections de la coalition Syriza-Anel, il ne peut plus être question de confusion, d’erreur mais bien d’une option politique assumée européenne et française.

Le meeting du 11 mars confirme cette perspective hautement critiquable et critiquée dans le PCF, le mouvement syndical révolutionnaire et au-delà en France. Nous tenons à la souligner et à le faire savoir.

Pour notre gouverne à tous, ajoutons que Alexis Tsipras a participé au sommet des économistes et dirigeants capitalistes du globe à Davos en Suisse en janvier, contre lequel manifestaient les altermondialistes. Tsipras y a, entre autres grands de ce monde, choisi de rencontrer le président ukrainien Petro Porochenko. L’oligarque ukrainien et le leader « radical » grec se sont félicités de leurs points d’accord, ont lancé une intensification de leur collaboration bilatérale. Porochenko s’est réjoui aussi du soutien grec aux sanctions contre la Russie et de la facilitation de la délivrance facilitée de visas aux ressortissants ukrainiens par la Grèce. Une visite de Tsipras à Kiev est prévue cette année…

Meeting du 6 décembre 2015 (Paris 15ème) – Intervention de Corinne Becourt, secrétaire de la section du PCF Saint-Quentin, responsable nationale du réseau « Vive le Parti communiste français »

Nous reproduisons sur vivelepcf.fr les interventions politiques prononcées au banquet/meeting de fin d’année de la section du PCF Paris 15. Ci-dessous celle de Corinne Bécourt, secrétaire du PCF à Saint-Quentin et coordinatrice du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » , après les inquiétantes nouvelles prises de position de la direction du PCF, à « contresens de la raison d’être de notre parti », en faveur de « l’unité nationale », l’état d’urgence, la guerre impérialiste après les attentats, en soutien à la politique antisociale de Tsipras en Grèce, ou encore en alliance avec les pro-UE d’EELV aux régionales etc.  Corinne Bécourt expose l’état d’esprit de lutte qui anime des camarades de toute la France décidés à faire vivre le PCF « sur les rails de la lutte des classes ».

 

PCF Paris 15ème, repas fraternel du 6 décembre 2015, rencontre politique

Intervention de Corinne Becourt, secrétaire de la section du PCF Saint-Quentin, responsable nationale du réseau « Vive le Parti communiste français

Chers amis, chers camarades,

Je suis heureuse d’être à nouveau avec vous et de partager ce moment de fraternité. Notre première réunion ensemble remonte à 2008.

Aujourd’hui la direction du PCF Paris 15 m’a sollicitée pour vous présenter notre situation nationale dans le PCF à ce moment grave où la direction du Parti vient d’approuver l’intensification d’une guerre impérialiste et l’état d’urgence.

D’abord, avec les quelques camarades de Saint-Quentin qui sont venus avec moi, nous témoignons de notre expérience. Depuis plusieurs années, nous nous renforçons dans les quartiers populaires, dans la jeunesse mais aussi, de nouveau, dans les entreprises. En 3 ans, plus d’une cinquantaine d’adhésions sérieuses. Cela, nous le devons à notre activité mais aussi au travail en commun avec des camarades comme ceux de Paris 15 qui nous permis par exemple d’être très présents dans la lutte contre la « réforme ferroviaire ». Notre poids et l’écoute de ce nous disons dans l’Aisne augmente d’autant.

Au plan national, nous travaillons avec une trentaine de sections, aussi avec les fédérations de Haute-Saône et du Tarn, et des centaines de camarades plus ou moins isolés. Cela ne nous empêche pas d’être entièrement dans le Parti mais cela compense le déficit organisé d’échanges réels dans les fédérations et au plan national. D’une façon ou d’une autre, aussi par ma présence sur les « réseaux sociaux » (sourires), je participe à construire ce réseau pour l’instant informel, par choix. Mais à l’approche du congrès du Parti, avancé par Pierre Laurent en juin, nous sentons qu’il faut passer à une autre étape.

Dans les derniers mois, l’absence de point de vue communiste organisé s’est fait lourdement sentir. La défaillance, la faillite de la ligne direction du PCF aussi. Au moins sur trois points.

Le premier, le plus récent, je l’évoquais à l’instant, c’est le ralliement unilatéral, sans consultation du Conseil national du Parti, de la direction du PCF à l’Union nationale demandée par Hollande. Cela s’est traduit notamment dans les interventions des parlementaires à Versailles le 16 novembre, alignées. Puis les députés « Front de gauche » ont approuvé la prolongation de l’état d’urgence et l’intensification des bombardements en Syrie.

L’état d’urgence est destiné à réprimer la contestation du système dominant dans la société française et n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme. Nous l’avons montré, en nous appuyant sur les analyses de nos camarades députés de 1955…

Je tiens à faire savoir notre condamnation totale des récents propos du député Alain Bocquet approuvant les déclarations sur la « déchéance nationale » faites par Hollande après les attentats avec le sous-entendu évident d’aider les partis xénophobes.

La guerre impérialiste et le terrorisme sont les deux faces de la même pièce. Daesh, Al Qaïda sont des monstres produits par l’impérialisme, l’OTAN et son alliée l’UE. La direction de notre parti se trouve même aujourd’hui dépassée sur sa gauche par le Parti travailliste britannique qui refuse les frappes sur la Syrie et met en cause les alliés saoudiens, turcs et qataris de l’OTAN, soutiens directs du terrorisme.

Comment s’expliquer ces positions de la direction du PCF ? Par électoralisme avant les régionales, vu la pression de l’idéologie dominante ? Par soumission au PS pour garder quelques places ? Et/ou parce qu’elle a viré sa cuti. En 1999, la liste « Bouge l’Europe » a fait élire, déjà, 3 députés européens ouvertement favorables aux bombardements de la Serbie par l’OTAN…

Deuxième défection grave récente et révélatrice de la ligne de la direction du PCF : la Grèce.

Vous avez sans doute suivi le voyage la semaine dernière de Tsipras en Israël et son alliance diplomatique, économique et militaire avec Netanyahou. Cela ne modifie pourtant rien au soutien indéfectible du Parti de la gauche européenne et de son président, Pierre Laurent, à Tsipras. Syriza est érigé en modèle politique de la « gauche alternative » en Europe alors que ce parti est en train d’infliger la pire politique antisociale qu’un peuple a eu à subir sur le continent. Tsipras et Hollande s’embrassent. Le Parti communiste grec – le KKE – alerte. Rien n’y fait : La direction du PCF reste collée à son anti-modèle. Quel projet de société pour notre pays ! De nombreux camarades ne comprennent pas, n’acceptent pas ces positions et sont en colère.

Le troisième point que je veux relever, c’est l’immédiat, la stratégie politique telle que la direction du PCF la prépare à l’occasion des élections régionales.

Je le dis tout de suite : nous ne sommes pas, communistes, tous dans la même situation. Dans certaines configurations régionales et locales, des camarades peuvent porter le sens du vote communiste à ces élections. Dans d’autres endroits, à Saint-Quentin ou à Paris 15, nous avançons nos propositions dans les luttes dans la période. Dans les régions où les directions du PCF sont parvenues à s’allier aux socio-démocrates d’EELV et à s’aligner derrière eux, aucune campagne n’est possible. Pour nos camarades de Haute-Garonne ou du Tarn, comment appeler à voter pour un co-rédacteur de la constitution européenne de Giscard, anticommuniste patenté et supporter de Cohn-Bendit 2017. Dans les Bouches-du-Rhône, comment supporter la candidature d’une soi-disant « écolo » qui en appelle à la candidature en 2017, du marchand de déodorant, Nicolas Hulot. On ma transmis un tract de cette région où les candidats EELV-Front de gauche promettent d’améliorer le dialogue social pour réduire la « conflictualité » (quel vocabulaire de patron et RH !) à la SNCF. C’est un front anti-luttes !

Les régionales traduisent une option politicienne indéfendable du PCF, néfaste pour les luttes. Les élus PCF seront restés jusqu’au bout dans les exécutifs régionaux PS qui ont relayé les pires mauvais coups du gouvernement, notamment en termes de marchandisation des services publics.

Pour s’en distinguer, les directions du PCF choisissent de faire des offres d’alliance à un parti sans réalité populaire dont la raison d’être est la collaboration avec l’UE du capital : EELV. « Europe, écologie les verts » : ils portent bien leur nom.

Les pauvres propositions en découlent : l’humain d’abord comme si quelque se présenterait en appelant à l’humain derrière ! Des aides au patronat plus ou moins contrôlées. Du baratin.

Il est significatif que la direction du Parti, qui finit de faire son deuil du Front de gauche, dont Mélenchon conserve la propriété, ne sache pas comment dénommer sa nouvelle formule d’alliance réformiste.

Stop ! Pierre Laurent nous discrédite complètement lorsque, tour à tour, il annonce qu’il ne sera pas candidat avant de changer d’avis et se désigner tête de file aux régionales en Ile-de-France pour gagner en notoriété face à Mélenchon et aux Verts dans la perspectives d’une candidature aux présidentielles.

Ils appellent cela « une nouvelle façon de faire de la politique ». Je préfère l’ancienne du PCF, le parti de la classe ouvrière et de la lutte des classes ! Celui auquel j’ai adhéré !

Plus aucun camarade ne doit se laisser posséder par le discours résigné et opportuniste selon lequel le rassemblement passerait par l’effacement du parti et de nos positions communistes, marxistes et léninistes.

Communistes, nous ne pouvons pas être autrement qu’à contre-courant de l’idéologie capitaliste dans l’intérêt des travailleurs et du peuple, et sur le fond !

Nous serons amenés, encore davantage ce soir, à mesurer le jeu dangereux que jouent les possédants, avec le FN, notamment pour éteindre les contradictions de classes, comme avec l’union sacrée contre le terrorisme, éventuellement contre le climat. Nous serons amenés à réagir sans doute dès ce soir.

En aucun cas pour nous, communistes, l’objectif ne doit être d’occuper un espace politicien, « à gauche de la gauche », sous des couleurs tantôt rouge, verte ou rose, suivant des postures préparées par l’idéologie dominante. En vue d’une place de figurant aux présidentielles ou pour autre chose.

20 ans maintenant de « mutation » du parti ont fait leur démonstration par le vide et la destruction. Ce parti, unique dans l’histoire de France, ils ont voulu le détruire nous voulons le préserver et le faire vivre !

Nous ne voulons pas d’un parti petit bourgeois, qui offre des espaces de discussions stériles, le soir, à ceux pour qui c’est un passe-temps de réfléchir à des combinaisons politiques. Plus que jamais, nous avons besoin d’un parti tourné vers l’entreprise, la lutte contre l’exploitation, les quartiers populaires et les campagnes, acteur de la vie syndicale.

20 ans d’adaptation au réformisme et de résignation à l’UE ont montré tout leur contre-sens. L’internationalisme, la défense de la souveraineté des peuples, la promotion de leur coopération sont inconciliables avec l’UE du capital.

La rupture avec l’UE, ses directives, avec l’idée illusoire du réformisme, que l’on pourrait la changer, la rupture avec l’OTAN sont des priorités pour nous.

Pour des nationalisations démocratiques, pour la défense du financement solidaire de le Sécurité sociale, nous devons être intransigeants.

Je ne veux pas m’étendre maintenant sur toutes les luttes que nous voulons mettre en avant, convaincus que l’alternative politique aujourd’hui, ne peut provenir que du mouvement populaire.

Le PCF, par ce qu’il représente historiquement, par la légitimité qu’il continue à posséder dans le mouvement syndical, ne peut être laissé à ceux qui renient sa raison d’être.

Telle est plus que jamais notre conviction. Je mentionnais tous les camarades, de toute la France, qui travaillent et militent suivant la même conviction que nous. Nous allons continuer.

La direction du PCF a décidé d’avancer le congrès à juin. Est-ce pour mieux le ficeler ? Est-ce pour mieux le concentrer sur une candidature bidon aux présidentielles ? Est-ce pour nous rejouer la mascarade de « rallumer les étoiles » le texte fumeux envoyé à la dernière minute en 2013 ?

Les camarades du 15ème ici présents et les autres peuvent être certains que nous ferons tout, pour le congrès, et d’ici-là dans les luttes, pour que le PCF se soit pas identifié à cette sinistre perspective.

Ensemble, nous pouvons faire vivre un PCF sur des bases de classes ! C’est une nécessité !

Merci à vous !

« 

 

Réaction du PCF Paris 15 en 2010 quand Sarkozy réclamait la déchéance de nationalité de « certains délinquants d’origine étrangère ». »

REPRIS DU SITE DU PCF PARIS 15

Nous reproduisons notre réaction de 2010 quand Sarkozy réclamait la déchéance de nationalité de « certains délinquants d’origine étrangère », à l’occasion de troubles dans un quartier de Grenoble. Déjà il était question de « guerre » contre l’insécurité. La campagne sur « l’identité nationale » avait préparé le terrain à l’amalgame délinquance = étrangers. Nous étions au coeur de la bataille pour la défense de la retraite à 60 ans. Cinq ans plus tard, nous restons dans le même état d’esprit contre les incitations à la xénophobie, les tentatives de division « identitaires » des travailleurs, maintenant reprises et aggravées par Hollande et Valls dans le contexte des attentats terroristes. Nous ne reprendrions plus cependant les si galvaudées « valeurs de la République » dont le sens est devenu encore plus imprécis. PCF Paris 15, 24 décembre 2015.

La réponse à la surenchère haineuse de Sarkozy : mettre en échec le projet Woerth contre les retraites.

PCF Paris 15, 19 août 2010.

La nouvelle surenchère sécuritaire et xénophobe du Président Sarkozy est évidemment un acte politique calculé dans un contexte bien précis. Cela ne la rend pas moins révoltante mais appelle une analyse et une riposte d’ensemble.

Une chose fait peur aux commanditaires patronaux du pouvoir. Ils sont conscients de l’existence d’un rapport de force latent dans le pays, de la possibilité d’une convergence des luttes susceptible de mettre en échec la politique de régression économique et sociale. La bataille des retraites, dès la rentrée, est l’occasion de cette convergence.

L’ampleur de la mobilisation du 24 juin 2010 annonce une autre encore plus forte au rendez-vous du 7 septembre. On peut envisager (et préparer) une lutte déterminée à partir de cette date avec un objectif simple et clair comme le retrait du projet de loi Woerth, alors que le patronat veut faire de la fin de la retraite à 60 ans une défaite historique des travailleurs.

Le spectacle de la collusion étroite entre les gouvernants et le grand capital, avec l’affaire Bettencourt, favorise la prise de conscience du plus grand nombre.

Dans la période, les discours de « bons pères la rigueur », venant des Fillon et Sarkozy, invitant les travailleurs à de nouveaux sacrifices, ne prennent pas.

C’est dans cette situation que Sarkozy et ceux qui le conseillent repassent à son autre registre : celui de la haine et de la division nationale.

Plus la diversion sera grossière et dangereuse, plus le pouvoir espère faire passer son projet de casse sociale.

On n’en est plus aux sous-entendus recouverts d’un vernis « républicain » ou laïque, même plus aux « dérapages contrôlés » mais à un discours ouvertement discriminatoire désignant collectivement certaines composantes de la population.

Mesurons le nouveau stade franchi vers une véritable incitation d’Etat à la xénophobie et sa gravité propre.

D’un fait divers, le pouvoir rend tout un groupe responsable. Il convoque une réunion au sommet de l’Etat sur « les problèmes que posent le comportement de certains ressortissants de la communauté des gens du voyage au regard de l’ordre public et de la sécurité ».

A Grenoble le 30 juillet, le Président est allé plus loin que jamais dans l’amalgame « immigration » et « délinquance ». Du langage de stigmatisation, il passe au langage d’exclusion en réclamant de la déchéance de la nationalité française de certains délinquants « d’origine étrangère » (sans autre précision).

Le terrain avait été préparé. La rhétorique des « bons et des mauvais Français » a été peaufinée depuis des mois, depuis notamment le débat nauséabond sur « l’identité nationale ». Le mot d’ordre d’exclusion de la nationalité française s’est précisé depuis un an avec l’opération Burqa, les recommandations de la mission Gerin-Raoult et les diatribes d’Hortefeux sur le cas médiatisé de la conductrice voilée de Nantes.

Le pouvoir franchit aussi un nouveau pas dans le déploiement de violence policière, dans la provocation répressive, désignée comme une « guerre ». A Grenoble, dans le quartier de la Ville Neuve, l’intervention des forces de l’ordre s’est avérée disproportionnée, complètement inefficace, sauf pour créer un climat de répression collective et susciter un sentiment de peur et d’injustice. A La Courneuve, au début du mois de juillet, l’expulsion de squatteurs africains a été mise en scène de façon ultra-violente.

Tout indique que le pouvoir va accentuer sa dérive racisante. Les opérations policières contre les gens du voyage, délibérément confondus avec les Roms d’Europe de l’Est dont la situation n’a rien à voir, se multiplient. Besson prépare un projet de loi spécial de « déchéance nationale » pour la rentrée. Hortefeux dissout la police de proximité pour créer des « brigades musclées ». Un processus très grave de détournement des missions de la police nationale et de la gendarmerie, en même temps que d’affaiblissement de leurs moyens, est en cours.

Ecœurant, indigne, dangereux, le pouvoir sarkozyste poursuit plusieurs objectifs politiques.

Sa politique « sécuritaire » vise à détourner la colère sociale devant la mal-vie, le chômage, causés par sa politique économique, vers des boucs émissaires, des déversoirs. Elle encourage tous les extrémismes. Elle cherche à attiser toutes les tensions.

Dans le même temps, le pouvoir se fait passer pour le pompier des incendies qu’il veut déclencher.

Les conditions qui ont mené aux « violences urbaines », limitées, de 2005 existent toujours et sont renforcées. Déjà, Villepin avait décrété l’état d’urgence. Sarkozy et ses adjoints se préparent à aller beaucoup plus loin pour le pays sous leur coupe réglée.

Le pouvoir fait aussi un calcul politique en mettant les thèmes de l’immigration et de la sécurité au cœur du débat public.

Sa manœuvre de diversion pousse la gauche à se souder sur des positions de principe, des valeurs, des questions de société, en effaçant ses divergences fondamentales sur les questions économiques et sociales.

Depuis 2007 (comme ils sont dans l’opposition), il se trouve heureusement très peu de politiciens de « gauche » à accompagner la dérive gouvernementale d’un Besson et la démagogie sécuritaire, en dehors de cas d’élus isolés et irresponsables (Valls, Gerin).

Aujourd’hui, l’attaque présidentielle est si outrancière, viole si profondément les valeurs républicaines que l’immense majorité des militants et sympathisants des organisations de gauche, même du centre, se retrouvent pour la condamner.

Sarkozy joue encore mieux son rôle de personnification de la politique du pouvoir et, pour la gauche, de repoussoir.

Plus encore, ce jeu contribue à renvoyer sur 2012 toute idée de changement politique et à polariser la vie politique sur les élections présidentielles.

Mais les luttes, pour l’emploi, pour la Sécurité sociale, pour le service public… ont besoin d’un débouché immédiat et la bataille des retraites peut et doit être le point de convergence décisif.

Le rassemblement naturel du « peuple de gauche » contre le racisme et la xénophobie ne peut pas se transposer en unité d’organisations de « gauche » et au-delà (écolos-centristes) sur toutes ces batailles. Le rassemblement susceptible de gagner, auquel aspire le mouvement social, ne peut pas se construire en gommant les différences fondamentales entre organisations, en s’alignant, même de façon « plurielle », sur les positions du PS. Cet article n’est pas le lieu de rappeler son accord avec l’allongement de la durée de cotisation, les exonérations de cotisations patronales etc.

La surenchère sécuritaire de Sarkozy est un calcul à plusieurs niveaux.

Pour nous communistes, la riposte doit s’organiser à chaque niveau différent.

- La dénonciation des propos xénophobes, des provocations policières, le rejet de tout dérapage d’où qu’il vienne, le rappel des valeurs de la République doivent être systématiques.Il ne s’agit pas pour nous de positions de témoignage mais d’une expression politique en direction des masses.

Le PCF est l’une des organisations à l’origine de l’appel aux manifestations du 4 septembre.

- Refuser l’exagération des problèmes de violence et d’insécurité dans la bouche de Sarkozy, ce n’est pas non plus nier des réalités dont les causes résident principalement dans la politique qui aggrave la pauvreté, les inégalités sociales et spatiales. Les batailles, les mobilisations doivent être nationales et locales pour les services publics, contre les privatisations, pour le droit au logement, contre les politiques de relégation sociale, pour les instruments de la cohésion nationale. Nous les menons et voulons les mener avec tous les acteurs des villes et des quartiers, politiques (élus), syndicaux, associatifs… La défense de l’école publique est une priorité dans cette rentrée. La défense du service public de la justice et de la police (13.000 suppressions d’emploi de 2007 à 2012), en termes de moyens et de mission, est aussi une préoccupation majeure.

- La politique au service du capital est la cause fondamentale d’insécurité pour les travailleurs dans tous les sens du terme, de peur des lendemains. Aujourd’hui, la bataille pour défendre les retraites est le point de convergence des luttes pour commencer à l’inverser. Face à la diversion sarkozyste, la meilleure réponse est l’amplification de la mobilisation pour les actions de la rentrée à partir de la journée nationale de grève et de manifestation du 7 septembre.

Nous contribuons à ce rassemblement avec nos positions et nos initiatives qui contrecarrent fondamentalement le consensus des partis dominants parce que c’est la condition du succès, du retrait du projet de loi Woerth.

La riposte des travailleurs, leur solidarité de lutte, de classe sont le meilleur antidote à la démagogie haineuse parce qu’elles s’attaquent aux racines du mal.