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CN du PCF des 24&25/09/2016. Analyse d’Emmanuel Dang Tran. Choisir de temporiser, de rester dans l’impasse politique, de tenir les communistes à l’écart: pourquoi?

Conseil national du PCF des 24 et 25 septembre 2016. Compte-rendu et analyse d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris.

Le CN des 24 et 25 septembre 2016 était principalement consacré à la stratégie pour les élections de 2017. Je suis intervenu le 24, mon intervention valant explication de vote contre le « relevé de décisions » (de non-décisions) final. J’ai été, à ma surprise, le seul à voter contre (72 pour, 7 abstentions) malgré la méthode antidémocratique et l’impasse politique que traduit ce texte. A noter que mon camarade Cyril Morlot, qui siégeait à mes côtés, aurait voté contre mais, invité en tant que secrétaire de la fédération de la Haute-Saône, il ne pouvait pas prendre part au vote. Au dernier congrès, en mépris du respect proclamé de la « diversité », la direction a éliminé du CN tous les autres militants et responsables d’organisations du Parti qui ont défendu la motion « Reconstruisons le Parti de classe ! Priorité au rassemblement dans les luttes ».

Comme ces camarades, je ne me sens absolument pas tenu de participer à une unité de façade derrière les choix de Pierre Laurent, d’autant moins, sur le sujet, après sa décision unilatérale de janvier dernier d’inscrire le Parti dans la logique des « primaires ». Comme mes camarades, je ne conçois pas non plus la prudence et l’attentisme de certains, soucieux de préserver des positions électives octroyées par le PS.

Ceci étant rappelé, j’en viens au CN lui-même. La session des 24 et 25 septembre a été particulièrement navrante tant la décision imposée était justement de ne pas prendre de décisions, de les retarder au maximum. Le choix, puisqu’on est dans l’impasse, c’est de rester dans l’impasse. Le processus statutaire de consultation des communistes n’est pas enclenché d’ici la convention nationale du 5 novembre. Il y a de forts risques que celle-ci ne décide de rien non plus. Les communistes sont seulement autorisés à discuter dans le vide. Les pénibles séances de fin 2006, lorsque la direction d’alors négociait la candidature des « collectifs antilibéraux », en tenant les adhérents du Parti à l’écart, reviennent en mémoire. En pire !

Cette méthode ne tient pas de la maladresse. Non, elle est le reflet d’une ligne politique impossible à assumer, tant elle est suicidaire et contraire à la raison d’être de notre parti, aux attentes de l’avant-garde des travailleurs en lutte. Ce que le congrès précipité, bâclé – avec un texte de la direction délibérément nul et illisible -, avec une stratégie réelle définie a posteriori hors des débats de congrès, a tenté de masquer, apparaît au grand jour. La seule perspective offerte par la ligne de Pierre Laurent, c’est  de mettre, contre une certaine rétribution, la marque historique PCF au service d’une recomposition de la gauche réformiste, susceptible de recréer des illusions et de canaliser la protestation populaire avant ou, plus probablement, après l’alternance de 2017. L’attention appuyée de la direction nationale à l’égard de « personnalités », mouillées jusqu’au cou dans le social-libéralisme et l’opportunisme, tour à tour Duflot, Montebourg ou Taubira constraste avec le mépris à l’endroit des communistes.

Le mot « rassemblement » a été omniprésent dans les interventions et l’est dans le « relevé de décision ». Mais rassemblement de qui ? De ces personnalités, de leurs partis bidon, sans réalité sociale, d’une large frange du PS, voire de tout le PS sauf Hollande, Valls et Macron ! L’Huma est même prête à faire passer Hidalgo, championne de la spéculation immobilière à Paris, pour une tenante de l’aile gauche ! L’inquiétude légitime devant la poussée de l’extrême-droite et de la droite est dramatisée et instrumentalisée pour justifier cette imposture, cette logique mortifère du moindre mal. Les luttes, notamment la mobilisation contre la loi El-Khomri, sont réduites à des illustrations, à un mythe fondateur de ce pauvre « rassemblement ». Tout au contraire, conscients de l’opération politicienne, nous devrions y voir une base et agir pour une montée générale des luttes sur une perspective de rupture, objectivement non électorale pour l’instant…

Mais comme d’habitude, de l’action du Parti dans les luttes, et dans leur avant-garde, il n‘a point été question au CN. La seule initiative avancée – la plupart des membres du CN reconnaissant le peu d’enthousiasme des camarades – est le questionnaire démagogique « Que demande le peuple », digne de ce que les sociétés de marketing appellent un (mauvais) « sondage charriot ».

La perspective d’insertion – jusqu’à effacement total – du PCF dans cette recomposition politicienne est aussi indéfendable, dans le Parti et publiquement – que le fond réformiste qui va avec. La référence de Pierre Laurent, c’est le Parti de la gauche européenne, la politique de Tsipras, son asservissement à l’UE, son hyper-austérité ! Les électeurs « de gauche » sont pourtant bien refroidis maintenant. Que le « Brexit », vote de classe, ne trouve pas suffisamment de relais politiques en Grande-Bretagne est une chose à constater et analyser. Mais la direction du PCF et le PGE choisissent de désavouer le vote des Britanniques (au passage contredisant nos camarades anglais, gallois et irlandais). Chez les travailleurs en France, même dans le « peuple de gauche », il ne se trouve pas grand monde pour croire que quelques économistes sauront subvertir, de l’intérieur, les orientations de la Banque centrale européenne pour réorienter vers le bonheur cette construction capitaliste antipopulaire !

Tout ce contexte, ces non-dits, expliquent l’indécision choisie des groupes dirigeants du Parti et les « hypothèses » soumises par le « relevé de décision » à des débats à la cantonade d’ici le 5 novembre. Comme un camarade de bon sens l’a dit au CN : il serait plus correct d’indiquer aux communistes une date où ils pourraient réellement se prononcer en connaissance de cause, même si c’est après la primaire du PS (et de la gauche) en janvier.

D’ici là, les dirigeants du PCF sont dans la spéculation. Est-ce que ce sera Hollande ? Et dans ce cas-là, il y a de la place pour un ou plusieurs candidats de la « gauche de la gauche ». Si c’est Montebourg ou Hamon, on pourra plus facilement s’effacer et négocier pour les législatives. La cote de Mélenchon, le lièvre de la fable, peut varier considérablement selon ces scénarios et il peut devenir autant un tremplin qu’un boulet électoral… Tout cela pour ceux qui aiment la politique façon sciences-po !

Enfermées dans ces considérations, dans cette conception fausse et politicienne du rassemblement, les trois options proposées par le « relevé de décisions », exclusives ou complémentaires, sont mauvaises.

Le choix de se ranger derrière Mélenchon était inacceptable pour moi avant 2012. Il l’est toujours. Je me suis amusé d’entendre des camarades du CN s’offusquer de son populisme, de son bonapartisme, de sa démagogie. Mélenchon n’a pas changé. Les mêmes me sifflaient lorsque je citai, avant 2012, dès 2008, tous les exploits de ce politicien mitterrandien.

Aux camarades qui sincèrement, sans ignorer ce qu’ils appellent pudiquement « les défauts » du personnage, considèrent qu’il est le seul à pouvoir faire gagner une option de « gauche » aux élections, je réponds qu’ils se font des illusions, qu’ils tombent dans le piège de la présidentialisation que le Parti n’a cessé de dénoncer, qu’ils ne prennent pas en compte les dangers profonds du discours de Mélenchon. Son populisme inachevé risque – et la démonstration a été faite dans le Pas-de-Calais déjà – de servir de marchepied au FN.  Puisqu’il est beaucoup question en ce moment du sulfureux conseiller fasciste de Sarkozy, Patrick Buisson, il n’est pas inutile de rappeler que Mélenchon et lui entretiennent une vieille amitié politique.

Devant l’insatisfaction des communistes, leur frustration devant cette ligne d’impuissance, certains proposent – c’est une des options mises en débat – une vraie-fausse candidature, un leurre pour tenter d’exister dans le débat médiatique (avec un « appel à candidatures » dans le « relevé de décisions » borné par l’acceptation de la stratégie de « rassemblement » politicien). Puis, cette candidature, on la retirerait en janvier ! Ceux qui prônent ainsi une déclaration de candidature de Pierre Laurent dès maintenant ne lui font pas un cadeau. Il serait littéralement massacré dans les sondages ! Et le Parti avec ! Un candidat communiste sur la ligne de Tsipras, sur une ligne pro-UE, un candidat qui ne cesse de rechercher le rassemblement le plus large « à gauche » et donc de se dévaloriser lui-même !

Si jamais le PS et le système décidaient de maintenir Hollande candidat, pour mieux recomposer la gauche après son échec électoral cinglant, et que Pierre Laurent présente effectivement sa candidature, le pire est à redouter. Souvenons-nous de ce que représentait le PCF début 2002 et de ce qu’il a représenté ensuite, après la bérézina de Hue aux présidentielles (3,37%).

Pour certains, dans un premier temps, la candidature-leurre pourrait être portée par une personnalité plus consensuelle, plus pateline, celle d’André Chassaigne. Mais l’expérience a été faite depuis 2011 de ses conceptions. En 2011, il se présentait pour donner le change et cautionner Mélenchon. Depuis, comme avant, il est, dans le « Front de gauche » et à l’Assemblée, l’un des plus chaleureux partisans du rassemblement de toute la gauche, avec presque tout le PS. Les cheminots n’auront pas oublié que cela l’a amené à ne pas s’opposer en commission parlementaire aux pires articles de la « réforme » ferroviaire en 2014, dont la dissolution de la SNCF.

Reste la 3ème hypothèse proposée : celle d’attendre pour mieux attendre, y compris le 5 novembre. C’est celle qui traduit le plus sincèrement l’état d’esprit du CN. Peut-être même que, dans l’intérêt du parti, vu l’état de la direction, si l’on attendait mai 2017, ce ne serait pas plus mal. Une membre du CN a d’ailleurs fait remarquer, à juste titre, que pour les législatives, ramené localement, on n’a pas trop de mal à imaginer des accords à gauche…

Mais, par rapport à ce que représente et doit encore représenter notre Parti, par rapport aux attentes des communistes, ce choix de résignation est tout aussi inacceptable.  Et je ne l’accepte pas.

Dans cette situation difficile et navrante, que bien des camarades, nous ne découvrons pas, il me semble que le plus important reste, plus que jamais, de faire s’élever la lucidité, de se débarrasser des illusions et d’aller à l’essentiel : sauver notre parti de ces stratégies suicidaires, en le faisant vivre, dans le plus d’entreprises, de villes et de campagnes, sur des bases de classe. Autant que possible, aussi, dans les campagnes électorales dans un maximum de circonscriptions aux législatives.

Ne laissons pas réduire à prétextes électoraux décoratifs les mobilisations contre la loi El-Khomri, contre la répression antisyndicale, contre l’état d’urgence (approuvé par Chassaigne et Laurent !), contre la guerre impérialiste, contre la casse des services publics et de la Sécurité sociale ! Développons les arguments, les campagnes, les luttes, les perspectives de rupture contre cette politique, contre la politique du capital, mise en œuvre par une démocratie bourgeoise aux abois, prête à recourir au fascisme et coordonnées par l’UE et le capitalisme international.

C’est l’option que nous allons faire entendre le plus fortement possible, en faisant jouer tout ce qu’il peut y avoir encore de démocratique dans les statuts actuels du PCF, et l’engagement sincère de milliers de communistes.

Emmanuel Dang Tran, 29 septembre 2016

L’école publique comme outil de formatage impérialiste : Ou comment faire de nos enfants de la chair à canon consentante

Article AJ, PCF Saint-Quentin, pour vivelepcf.fr, septembre 2016

Après avoir déstabilisé tout le Moyen-Orient en appuyant les puissances obscurantistes comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite qui soutiennent et financent directement les organisations terroristes, l’idéologie dominante continue d’utiliser la guerre qu’elle sème à travers le monde pour mieux asservir les populations, aussi bien dans les pays dominants que dans les pays dominés ou convoités.

Quoi de mieux qu’une unité nationale dernière un ennemi commun pour faire oublier les politiques de casse sociale et réprimer la contestation ? Pourquoi stopper les politiques impérialistes internationales, mères du terrorisme, puisque celles-ci permettent à la fois de continuer d’enrichir une minorité de nantis et de détourner et bâillonner les peuples face à la dégradation de ses conditions de vie, toujours au service du grand patronat.

L’idéologie dominante a été propagée à grand coup de battage médiatique mais le contexte actuel permet au pouvoir d’aller encore plus loin dans la propagande guerrière et de franchir une nouvelle étape.

Alors, quoi de mieux que l’école pour endoctriner la population. On touche à la fois les jeunes esprits plus facilement manipulables et les parents sensibles émotionnellement à la sécurité de leurs enfants et prêts à (presque) tout accepter pour apaiser leurs craintes.

Après l’état d’urgence, le (faux) filtrage à l’entrée des écoles, les mesures d’annonce autant tape à l’œil qu’inefficaces et le climat de peur entretenu, le gouvernement passe à l’étape supérieure et vise directement l’utilisation des enfants pour aboutir à ses fins.

Jusqu’ici, ce sont essentiellement le personnel et les parents qui étaient informées des différentes mesures (surveillance accrue, interdiction aux parents d’entrer dans l’école, fin des kermesses et fêtes d’école…).

Cet été, la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a communiqué et envoyé plusieurs directives pour renforcer les mesures sécuritaires. Le langage est clair, le virage sécuritaire est flagrant.

Développer la culture sécuritaire

Le guide diffusé par le gouvernement à destination des parents d’élèves titre sa première partie : « Comment développer une culture commune de la sécurité ? ». Il l’introduit par « La sécurité et la vigilance sont l’affaire de tous ».

Le vocabulaire employer est clair : il faut développer la culture sécuritaire. Chacun doit y prendre part. L’unité nationale est au centre du discours. L’ennemi commun est identifié, la mission de chacun est de contribuer à lutter contre celui-ci.

Nouvelles mesures dans l’école

Ici aussi, on comprend que l’objectif est moins d’éviter un incident que d’entretenir un climat de peur tant les consignes sont ridicules.

Ainsi, un nouvel exercice de PPMS (Plan Particulier de Mise en Sûreté contenant les exercices incendie, des confinements en cas d’acident industriel…) prévoit une alerte intrusion.

En lisant la circulaire ou les différents fichiers à disposition des parents et des directeurs d’écoles (et des potentiels terroristes… en téléchargement libre), on apprend que les directeurs recevront un SMS en cas d’attaque (l’éducation nationale découvre les télécommunications), que les enseignants doivent se cacher ou fuir avec leur classe (on n’y avait pas pensé, merci le gouvernement) ou encore qu’il ne faut pas courir en direction du ou des terroristes. Quelle imposture !!!

Si les enseignants en maternelle ne sont pas obligés d’expliquer à leurs élèves le pourquoi de l’exercice, à partir du CP (6 ans) et jusqu’à la fin de la scolarité, les professeurs sont invités à être plus explicites sans pour autant préciser jusqu’à quel point. Quel est l’impact psychologique sur un enfant de 6 ans à qui on explique qu’une personne peut entrer à tout moment dans son école pour lui faire du mal ? Quelle justification du geste va être amener ?

L’exercice est à mettre en place avant les vacances de la Toussaint et à renouveler tous les ans. Il ne s’agit ni plus ni moins qu’un endoctrinement violent de notre jeunesse au service d’une idéologie dominante va-t-en guerre.

Un jumelage entre le ministère de l’éducation et le ministère de l’intérieur ?

La circulaire commune du ministère de l’Éducation nationale et du ministère de l’intérieur du 29 juillet, adressée aux préfets, recteurs, inspecteurs d’académies, directeurs académiques des services de l’éducation nationale, fixe le cadre.

Elle annonce un renforcement des liens entre le préfet de police, les collectivités territoriales (missions de police des municipalités) et l’éducation nationale. Chaque écoles et chaque établissement aura un référent police ou gendarmerie identifié. Les autorités académiques doivent, pour chaque département, nommer un référent sûreté en charge de vérifier l’effectivité des mesures de sécurité. Ils assurent le lien entre les établissements scolaires et le maire au titre de ses pouvoirs de police. La circulaire prévoit aussi des formations des cadres de l’éducation nationale à ces mesures de sécurité qui seront assurées avec l’aide de l’École supérieure de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un exercice-cadre est aussi prévu entre le préfet et les autorités académiques pour renforcer la collaboration entre l’administration éducative et la police.

Des formateurs « sûreté » de l’éducation nationale seront chargés de mettre en place un module de formation ou de sensibilisation pour les équipes pédagogiques ou éducatives qui sera également mis à disposition des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE, école de formation des professeurs).

La première réunion de rentrée avec les parents doit être assuré par les directeurs d’école (école primaire), les chefs d’établissement (collèges et lycées) pour rappeler les règles de sécurité, leur exposer les mesures de sécurité prises et pour solliciter, leur aide pour la sensibilisation et la mise en œuvre des règles de sécurité. Un représentant de la commune est aussi invité à se rendre à cette réunion.

Les consignes du ministère imposent aussi un adulte à chaque entrée d’établissement pour contrôler les entrées et sorties, éventuellement effectuer un contrôle visuel des sacs et pour vérifier l’identité des personnes étrangères à l’établissement. Le gouvernement ne prévoit, bien entendu, aucun budget supplémentaire pour le recrutement de ce personnel. Ces tâches seront donc assurées par du personnel de l’établissement (administratif, assistant d’éducation, enseignant…) au détriment de leur travail habituel auprès des élèves. Le personnel éducatif n’a pas à exercer des missions de police.

Dans le second degré, l’apprentissage des gestes de premiers secours est mis en lien avec la « menace terroriste ».

La dénonciation des élèves et personnels « en voie de radicalisation »

Les autorités académiques doivent communiquer à la préfecture les élèves et personnels signalés comme « en voix de radicalisation », la préfecture doit aussi faire redescendre ses données vers l’administration académique.

La circulaire du 29 juillet 2016 conclut comme suit : « La sécurité des écoles et des établissements scolaires est une priorité absolue. Elle concerne au premier rang l’État, mais implique aussi les collectivités territoriales et l’ensemble de la communauté éducative, qui doit être impliquée pour prévenir la menace et développer une culture pérenne de la gestion des risques. »

Les courriers envoyés aux présidents des associations des élus des collectivités territoriales (régionales, départementales, municipales) rappellent : « La sécurité des établissements scolaires est l’affaire de tous : État, collectivités, chefs d’établissement, personnels, parents d’élèves. C’est l’ensemble de nos efforts conjugués qui permettra à l’école de rester un lieu protégé pour que les élèves puissent réaliser leur scolarité en toute sérénité »

C’est pourtant en lisant toutes ces mesures que nous prenons conscience que l’indépendance et le lieu privilégié que sont l’école et les établissements scolaires subissent un recul historique. Son utilisation à des fins d’endoctrinement est flagrante. L’utilisation et la formation du personnel scolaire à une autre mission qui est la sienne : l’éducation de la jeunesse, nous ramène aux pires périodes de l’histoire ou aux régimes actuels à tendance fasciste.

Nous ne nous faisons pas d’illusion sur l’objectif réel de cette orientation. Il s’agit bien de détourner les regards des véritables enjeux décisions : la casse sociale, la liquidation de nos services publics, le transfert de notre argent vers le Capital, vers cette minorité de nantis qui engrange des millions sur notre misère.

S’il est un danger qui est bien réel, c’est celui de la disparition de notre liberté d’expression. Ces mesures de pseudo sécurité sont une porte ouverte à toutes les dérives autoritaires : interdiction des manifestations, interdiction des distributions de tract, interdiction de toute contestation réelle sous prétexte d’une priorité à la sécurité nationale.

Si l’État voulait lutter contre le terrorisme, qu’il cesse de l’alimenter avec ses accords internationaux avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, principaux financiers de DAESH ; qu’il cesse, le temps d’assurer la sécurité du territoire, ses mesures austéritaires, sa liquidation de nos droits, de nos emplois, de nos hôpitaux et de nos écoles ;

Si l’on fait un ratio entre le risque d’une telle attaque, l’inefficacité des mesures et l’impact psychologique sur toute une génération d’enfants et de parents, on comprend à nouveau que les objectifs sont très éloignés de ceux affichés. Ces mesures ne sont pas faites pour rassurer, ni pour protéger et encore moins un aveu de l’impuissance d’un gouvernement. Elles sont volontaires et réfléchies. Elles ont clairement un rôle dans les plans du Capital : accentuer encore le formatage idéologique de la population.

Le dernier article du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche en date du 24 août 2016 met l’accent sur la nécessité de consacrer des temps à la sécurité, non seulement au sein des équipes éducatives mais aussi avec les parents d’élèves.

Communistes, enseignants et personnels de l’éducation nationale communistes, nous appelons nos collègues, les parents d’élève, toute la communauté éducative à ne pas accepter cette campagne idéologique sécuritaire et militariste à l’école. Nous appelons au contraire, chacun dans nos fonctions, à promouvoir la culture de paix et de fraternité.

Communistes, dans et hors l’école, nous appelons à se mobiliser pour l’arrêt immédiat des ventes d’armes aux dictatures qui alimentent les milices terroristes, à toutes les dictatures, pour l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises à l’étranger et le retour de tous les soldats français sur le sol français, à la baisse des dépenses d’armement, au désarmement nucléaire unilatéral de la France. Nous demandons la levée immédiate de l’état d’urgence.

L’argent pour l’école, pas pour la guerre !

“Reconstruct the Party of Class! Our Priority is Unified Class Struggle.” – Programme for the 37th Congress of the FCP – PCF

 

37th Congress of the French Communist Party (PCF)
Proposed Programme for the Party

 

“Reconstruct the Party of Class! Our Priority is Unified Class Struggle.”

A short presentation of the text

 

The present text is an instrument for action and combat. On the occasion of the 37th Congress of the PCF, we wish to permit the vast number of Communists to express, towards both Party members and engaged workers, their choice of rupture with the reformist liquidation of both the organisation (PCF) as well as its Communist stance and positions.

As a prerequisite, our text rejects the participation, unilaterally announced by the party’s national leadership, in the farcical “Primary of the Left” (for the Presidential elections). Our text equally rejects the lobbying for the candidature of “Melenchon 2017” which follows the same logic as the Primary of the Left. We refuse the fixation on the presidential elections. We refuse renewed electoral illusions and the insertion of the PCF in the political reorganisation, on the “Left”, of a reformist political bloc. The eradication of the PCF and of our political positions in class struggle has already cost us enough in recent years.

Hollande/Ayrault/Valls have effectuated, notably through the “Pacte de Responsibilité,” the largest transfer of socialised salary to capitalist profits. Their policies, including the destruction of individual and collective freedoms, prepare the way for far worse in the next presidential term and the foreseeable new phase in the crisis of capitalism. Mired in its electoral compromises with the PS (Parti Socialiste) and in the sham politics of the Front de Gauche, the PCF has lost more and more credibility and influence since 2012.

Endorsement of the “Sacred Union” and the State of Emergency following the terrorist attacks, alignment with Tsipras in Greece with his policy of ultra-austerity and his resignation couched in sophistry, as well as the obsession with defending European integration; the politcal line of the national leadership of the PCF ignores popular anger and the aspirations of the vanguard who struggle, notably in unions with revolutionary traditions.

We stand against this hastily prepared congress precipitating the Party further into an abyss of contradictory positions notably through the presidential primaries for the “Left.” We put forward for discussion a wholly different political line: political positions of rupture, notably rupture with the EU. The forthcoming important battles require strong political positions. The intransigent defence of the financing of National Health, retirement and social services, adapted to actual needs, through “la Cotisation Sociale” (equivalent of the National Insurance Contributions in the UK). The fight for Public Services notably through supporting the Train Workers battle against the Rail Reforms. Rejection of EU Directives. The defence of existing and the reconquest of historic Public Monopolies which were won after World War Two. The struggle for production, for small farmers and for industry. The combat against the capitalist market. The demand for democratic nationalisations.

The intensifying crisis of global capitalism is leading to a real increase in global risks: entire regions engulfed in war and human dramas such as that of the ‘migrants.’ Rather than the approval of certain military ‘strikes’ in the names of the fight against ‘terrorism,’ the Party must resume its anti-imperialist combat, and renew its work for international solidarity. The Party must, now more that ever, demand that France leave both NATO and the European Defence Agency, work for peace and work for disarmament.

Confronted by the political crisis of ‘alternance’ (the alternating share of power between the right and the left) and by the general crisis of Bourgeois Democracy, the present system dangerously promotes without hesitation extreme right-wing parties. Our refusal to accept the normalisation of the extreme-right wing Front National Party in France must be paired with a Class-based denunciation of the Front National’s social demagoguery. Furthermore, we must denounce the emergence of so-called new and ‘modern’ political formations (with the support of today’s dominant ideology). These new formations, radical in appearance only while maintaining profoundly reformist political positions, must not distract us from our principal task: the task of reinforcing a class-based Party with a rigorous anti-capitalist political line.

Through this text, we wish to show that, throughout France, local organisations of the French Communist Party are working to make the Party thrive on the basis of class struggle, seeking union along this path, and responding to the aspirations and anger of the working-class. Furthermore, these local organisations of the PCF have begun to reclaim the Party by and for those who most need a historically revolutionary working-class Party in France, and that they are working to reconstruct it.

Finally, at the occasion of the Party’s 100th anniversary, we call for a vast commemoration. This commemoration should serve to a critical discussion, within and beyond the Party: a critical discussion fully informed by the History entwined with that of the French Communist Party. That is to say the heritage, the present importance, and the fecundity of the Revolution of October.

Some predict that the French Communist Party will not celebrate its 100th anniversary in 2020. Together, we will show them that they are wrong.

 

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Crise du lait: LA VRAIE SOLUTION: RÉPONDRE AUX BESOINS DES FEMMES ET DES HOMMES, PAS DES MARCHÉS FINANCIERS

Tract de la section du PCF Mantes-la-Jolie, septembre 2016

Une mobilisation des producteurs pour qu’un groupe (Lactalis) augmente son prix d’achat, un ministre de l’Agriculture qui avoue son impuissance (ou sa soumission?) face aux marchés financiers …. La crise du lait a fait couler beaucoup d’encre avant qu’un accord ne soit trouvé avec un syndicat de droite, la FNSEA.

Mais cet accord ne donne qu’un répit de courte durée à certains producteurs et ne résout rien du problème d’ensemble.

Travailler à perte? C’est la situation que les producteurs laitiers vivent depuis plusieurs dizaines d‘années.

En 15 ans, le nombre des exploitations laitières a été réduit de moitié. Seules les plus importantes d’entre elles ont réussi à s’en sortir.

Et « l’accord » trouvé entre Lactalis et la FNSEA va encore encourager ce processus parce qu’il fixe à nouveau un prix de vente inférieur au coût de production (29 centimes le litre alors qu’il faut 39 centimes pour « commencer à vivre » de cette production).

Seules les exploitations les plus importantes s’en sortiront au prix d’une véritable industrialisation (« hors sol » type ferme des 1.000 vaches).

DES BESOINS MONDIAUX IMMENSES.

Contrairement à ce que nous affirment gouvernement, économistes autoproclamés et dirigeants politiques de droite ou de gauche non communiste, il n’y a pas trop de production de lait.

Bien au contraire, alors que des centaines de millions d’êtres humains meurent ou souffrent de la faim, les besoins n’ont jamais été aussi importants (particulièrement en Asie, Afrique et Amérique centrale).

Mais pour les marchés financiers, ce qui compte ce n’est pas la vie des femmes et des hommes plutôt que leur mort, c’est leur capacité à payer et à permettre la réalisation de profits pour les multinationales.

SORTIR DE LA LOGIQUE DES MARCHÉS FINANCIERS.

Plutôt que de théoriser sa soumission « devant l’Europe », « devant les marchés financiers » …, le gouvernement français devrait jouer tout son rôle.

Les communistes proposent:

. la création d’un office national du lait. Il garantirait à chaque paysan l’achat de sa production à un prix décent et briserait le monopole des multinationales comme Lactalis,

. la construction de coopérations mutuellement avantageuses entre pays plutôt que de s’en remettre pieds et mains liés aux marchés financiers. Alors que chacun reconnaît le besoin d’une agriculture raisonnée, cela permettrait le maintien et le développement d’exploitations à taille humaine. Cela permettrait également de construire de nouvelles coopérations avec d’autres pays (l’Algérie, par exemple, est fortement déficitaire en production de lait mais est aussi un producteur important de pétrole et de gaz) dans le strict respect de la souveraineté de chacun des états.

Dans ce domaine comme ailleurs, répondre aux besoins des femmes et des hommes, c’est avoir le courage de refuser la soumission aux marchés financiers.

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