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L’Huma ouvre ses colonnes à Gattaz : mais en quoi peut-on s’en féliciter ?

Vivelepcf, 8 décembre 2014

Responsables du PCF, il ne se passe quasiment pas une heure depuis quelques jours sans que nous recevions un mail de relance nous invitant à acheter et vendre en masse le prochain numéro de l’Humanité Dimanche parce qu’il contiendra la transcription d’un échange entre Pierre Laurent et Pierre Gattaz.

Nous ne devons pas être les seuls à être éberlués que la direction du Parti nous appelle à diffuser l’opinion … du patron des patrons.

Rappelons d’abord comment ce débat a vu le jour. Etape 1 : Pierre Gattaz met au défi dans les médias les hommes politiques de bien vouloir débattre avec lui. Etape 2 : Pierre Laurent répond : « chiche ». Etape 3 : aucun média dominant ne se montre intéressé. Etape 4 : Pierre Laurent et Patrick Le Hyaric mettent l’Humanité au service de ce débat. Etape 5 : Pierre Gattaz répond : « chiche » !

Communistes, nous comprenions bien l’intérêt de prendre Gattaz au mot pour lui porter, par exemple à la télévision, la contradiction sur le terrain de l’idéologie dominante. Mais à la fin des courses, c’est l’inverse qui se produit, c’est Gattaz à qui l’on ouvre les portes et qui pourra apporter son apport à l’idéologie du Front de gauche dans son propre journal.

Le lecteur de l’Huma, même occasionnel, n’en sortira guère plus instruit. L’opinion du Medef, il faudrait qu’il soit sourd et aveugle pour ne pas l’avoir déjà entendue ou lue. L’argumentation de Pierre Laurent, celle des économistes de la gauche européenne, il peut la retrouver dans chaque édition du journal dirigé par Patrick le Hyaric. Au mieux, il sera conforté dans ces positions.

Ce n’est pas ça qui va beaucoup déranger Gattaz. Mais, ce fin renard de la propagande patronale ne compte certainement pas manquer cette occasion inédite. Il va pouvoir montrer à la France, grâce à la direction du PCF, qu’il est un homme ouvert au débat le plus large, tant que c’est pour l’intérêt national, entre hommes de bonne volonté bien sûr. Gros malin, il saura se retrouver d’accord avec Pierre Laurent sur les objectifs – baisse du chômage, relance de l’industrie – malgré les désaccords sur les moyens. Subtil, il saura remercier Pierre Laurent de se préoccuper du « coût du capital » subi par les entreprises, tout en attirant en parallèle son attention sur le « coût du travail ». Pierre Laurent se récriera alors certainement. Gattaz pourra même se retrouver avec lui pour demander une réorientation de la politique monétaire de la BCE plus favorable aux patrons français, ceux qui produisent ici (et profitent aussi!) mais qui, évidemment, n’en peuvent plus des charges… etc.

Gattaz jouera bien évidemment aussi son rôle de gros méchant. Il bavera sur le CICE insuffisant et trop complexe, poussant Pierre Laurent à réclamer des contreparties et ainsi à légitimer les aides publiques au patronat et au profit capitaliste.

On pourrait peut-être s’épargner d’acheter l’Huma vendredi et fermer les yeux. On pourrait mettre plutôt les 1,5 euros dans l’achat des « aventures de Roudoudou » proposées dans les mêmes mails publicitaires du journal fondé par Jean Jaurès.

Mais malheureusement, il ne s’agit pas d’une bourde, d’une maladresse, d’un piège dans lequel seraient tombés quelques collaborateurs de Pierre Laurent sans s’en rendre compte, puis s’en pouvoir l’en dégager.

Non, l’échange Pierre Laurent/Pierre Gattaz révèle un virage bien plus grave de la part de la direction du PCF.

Inviter à débattre courtoisement le patronat, érigé en « partenaire » politique (comme l’idéologie dominante a imposé l’expression « partenaires sociaux »), est en train de devenir une ligne générale. Le secrétaire départemental du PCF Bouches-du-Rhône vient ainsi d’échanger publiquement avec son homologue du Medef 13. Ce n’est pas faire injure à notre camarade que de constater que le patron a largement tiré son épingle du jeu (voir la vidéo).

Les camarades qui ont assisté à la « convention nationale industrie » organisée par la direction du PCF les 22 et 23 novembre derniers en ont vécu une manifestation encore plus grossière de cette tendance.

La réunion était organisée par l’ancien dirigeant de l’aile réformiste de la CGT, Alain Obadia (rappelé par Robert Hue à la direction du PCF). Elle s’est déroulée, en la présence, sinon sous le patronage, entre autres dirigeants de la CGT, de Jean-Christophe Le Duigou, économiste qui s’affiche « keynésien » plutôt que marxiste et qui travaille étroitement avec des patrons au point d’avoir fait préfacé un de ses livres par Jean Gandois (prédécesseur de Gattaz).

Cette réunion méritera un autre article pour souligner notamment l’éviction de toute proposition de lutte immédiate au monde du travail. Evacués notamment les objectifs de nationalisation de la sidérurgie ou de l’automobile, de défense et de reconquête des monopoles publics structurants, de rupture avec l’UE et l’euro… Entre l’expression du désespoir et de la colère et les objectifs vagues et fumeux de réindustrialisation « écologique » ne sont envisagées que des politiques d’aménagement du système, de réorientation des aides au patronat, de baisse du coût du capital en faveur du patronat et des capitalistes productifs, d’accommodement de l’UE.

Pour l’exprimer au mieux, Obadia a appelé à la tribune du Colonel Fabien, un certain Thierry Weil, porte-parole du lobby patronal créé par Louis Gallois et financé par la sinistre UIMM (fédération patronale de la métallurgie), « la Fabrique de l’industrie ». Le moment était finement choisi après l’intervention d’un jeune militant d’Airbus qui dénonçait la délocalisation des usines aéronautiques vers la zone dollar que justement Gallois, ce bon conseiller des princes, a mise en place lorsqu’il était PDG d’EADS, avec le plan « Power 8 ».

Dans son long exposé d’orateur rompu au marketing politique, Weil a dosé généreusement la provocation insultante envers la classe ouvrière et les communistes « à l’ancienne » et les compliments outranciers à Alain Obadia ou à Philippe Martinez, secrétaire de la fédération CGT de Métallurgie, pressenti par Thierry Lepaon pour lui succéder, au cas où. Présent, Martinez venait d’intervenir pour expliquer qu’il fallait désormais envisager prioritairement l’intervention publique au niveau européen comme l’augmentation du SMIC (173 euros en Bulgarie – NDLR). Un bon point de la part du nervi du Medef !

Celui-ci n’a pas feint son plaisir de pouvoir appeler à la collaboration de classe sous la coupole du siège du PCF*. Gageons que Gattaz rira autant de son débat dans l’Huma.

Communistes, cela ne nous fait vraiment pas rire de constater cette réalité que la lutte des classes ne s’arrête plus aux portes des organisations historiques révolutionnaires de la classe ouvrière en France !

Dimanche prochain sera un dimanche sans huma, mais non sans réflexion et action.

 

*Plusieurs camarades ont quitté la salle en signe de réprobation. Le malaise était large. Deux camarades ont interpelé Obadia.   

Légalisation de l’avortement. 26 novembre 1974 : intervention, au nom des députés du PCF, de Gisèle Moreau

Rappel, vivelepcf, 30 novembre 2014

On commémore largement l’adoption, il y a 40 ans, de la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse.

Les positions défendues alors de longue date par le PCF sont largement ignorées quand elles ne sont pas scandaleusement déformées. La gentille actrice Emmanuelle Devos, qui vient d’incarner Simone Veil dans un téléfilm sur cet épisode, a malheureusement repris, sur France Inter, la diffamation anticommuniste selon laquelle « des communistes » se seraient opposés au projet de loi avec une « bonne partie de la droite réactionnaire ». Non ! Le groupe des députés PCF est le seul qui a voté pour à l’unanimité de ses membres. Les orateurs communistes ont développé des propositions beaucoup plus avancées sur le plan social que le contenu du projet de Mme Veil. Nous reproduisons ci-dessous et diffusons le texte de l’intervention à la séance de l’Assemblée du 26 novembre 1974 de Gisèle Moreau, alors députée PCF de Paris.

Les positions du PCF sur l’avortement n’avaient pas été rédigées de la veille mais elles résultaient d’une longue formulation faite avec les intéressé-e-s, depuis des décennies, mettant les intérêts et les libertés des femmes, notamment des femmes des classes laborieuses, au centre.

En juillet 1920, les députés Marcel Cachin et Paul Vaillant-Couturier, qui allaient être fondateurs du PCF quelques mois plus tard, votaient contre la loi interdisant et punissant l’avortement.

Dans les années 50, sous l’impulsion notamment de Jeannette Vermeersch, les congrès du PCF actent un changement de position sur le contrôle des naissances auquel le Parti est désormais hostile. Celui-ci est considéré comme une diversion bourgeoise aux luttes des travailleuses et des travailleurs pour des conditions sociales permettant d’élever convenablement leurs enfants. Cette position n’a cependant jamais détourné le PCF de sa revendication de l’abrogation de la loi de 1920, de levée de toutes les dispositions répressives contre les femmes ayant eu recours à l’avortement. Elle est rapidement abandonnée.

Les parlementaires communistes ont déposé plusieurs propositions de loi légalisant l’avortement bien avant le projet de 1974. Gisèle Moreau le rappelle.

Son intervention dans la discussion parlementaire permet de resituer le contexte politique. Les progrès électoraux de la gauche, l’évolution de l’état de l’opinion publique poussent le pouvoir à reculer, à lâcher du lest sur une question de société comme l’avortement, même à mécontenter une partie de sa base. Mme Veil est envoyée au feu par le pouvoir. Elle essuie courageusement les attaques provenant de son propre camp. Mais l’essentiel de l’action politique qui a abouti à la libéralisation de l’avortement a été accompli ailleurs et avant, singulièrement par les militantes et militants communistes.

Pour les communistes, le droit de ne pas avoir d’enfant est indissociable du droit de la femme et du couple à en avoir et à pouvoir les élever dignement. Les revendications sociales ne se limitent pas au souci humanitaire. L’approche des communistes, partant de la situation des travailleuses, est aussi différente de celle du féminisme bourgeois et ne hiérarchise pas de la même façon les préoccupations. « La loi du profit, la domination des sociétés industrielles et financières tirent avantage de la situation d’inégalité faites aux femmes » : Gisèle Moreau rappelle notre grille d’analyse.

L’accès effectif à l’IVG (comme à la contraception) est une revendication également essentielle du PCF en 1974. La réaction recule sur le droit mais tend à faire de l’avortement une nouvelle source de profit – légal – pour des cliniques privées. « Le non-remboursement est, selon vous, madame le ministre, une mesure dissuasive. Qui dissuadera-t-elle ? » demande Gisèle Moreau à Simone Veil. Il faudra attendre pratiquement 10 ans avant d’obtenir le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale.

Sur bien des points, la position défendue par le PCF en 1974 reste tristement d’actualité tant les intérêts capitalistes et les mouvements réactionnaires se confondent pour faire pression, aujourd’hui toujours, sur le droit à l’avortement.

 

2ème séance de l’Assemblée nationale, 26 novembre 1974

Intervention de Gisèle Moreau, PCF, dans la discussion sur le projet de loi relatif à l’IVG

Mesdames, Messieurs,

La façon dont se trouve posé dans notre pays le problème de l’avortement clandestin est intolérable pour les femmes et pour l’opinion publique qui, dans sa majorité, demande des changements dans ce domaine.

C’est d’ailleurs bien ce qui a conduit le gouvernement à soumettre au Parlement le projet dont nous discutons.

Ce que veulent les femmes, c’est, à la fois, maîtriser leur fécondité et pouvoir élever les enfants qu’elles ont ou qu’elles souhaitent avoir. Il n’y a aucune contradiction dans cette double volonté, car celle-ci résulte de la prise en compte des possibilités nouvelles qu’offrent notre époque : les progrès des sciences et de la médecine permettent aujourd’hui de réaliser pleinement le premier élément de cette volonté ; l’essor de la productivité rend possible le second.

De nos jours, l’angoisse que peut faire naître une maternité non désirée comme l’angoisse d’une mère peut éprouver au sujet de l’avenir de ses enfants ne devraient plus exister. Nous en sommes loin, hélas ! Ce n’est pas le fait du progrès ou de la civilisation en eux-mêmes : c’est le fruit d’un système en crise, incapable d’assumer le développement de l’économie et de satisfaire les besoins matériels et intellectuels des individus, et singulièrement des femmes.

Le drame de l’avortement clandestin est sans doute l’un des degrés ultimes de la misère et du désespoir auxquels se trouvent réduites des centaines de milliers de femmes. Son ampleur est reconnue par tous, même si l’on peut difficilement l’évaluer ; il est permis de penser que, chaque année, le nombre des avortements clandestin est de 300 000 à 400 000 – ce sont les chiffres les plus couramment avancés ; autrement dit, chaque jour, de 1000 à 1500 femmes ont recours à cette pratique.

L’inadaptation et la nocivité des lois réprimant l’avortement ne sont plus à démontrer. L’injustice sociale est patente, car ce sont des femmes de milieux modestes qui ont recours à l’avortement clandestin, et de la dans les pires conditions. En effet, dans les milieux privilégiés, le problème ne se pose pas ainsi car il est possible d’interrompre une grossesse non désirée, et dans de bonnes conditions.

Qui a recours à l’avortement clandestin ? Principalement des jeunes femmes âgées de vingt à trente ans, déjà mères de famille ; 90 p 100 d’entre elles justifient leur acte en invoquant de graves difficultés sociales.

En examinant le projet de loi qui nous est soumis, nous devons avoir présent à l’esprit le drame que représente, chaque année, l’avortement clandestin pour des centaines de milliers de femmes.

Nous avons-nous-mêmes recueilli des témoignages ; des associations nous ont fait part de ceux qu’elles ont pu connaître : ils montrent que, lorsqu’une femme a décidé d’interrompre sa grossesse, rien ne peut l’arrêter. Le refus d’une grossesse non souhaitée se révèle aussi irrépressible que le désir de maternité. Je n’en prendrai pour preuve que l’acceptation délibérée, par la femme, des moyens atroces employés pour la faire avorter, des risques graves qu’elle encourt, qui menacent sa santé, voire sa vie.

Comment s’expriment-elles, ces femmes ? (Lire la suite…)

Le Pen se finance chez Poutine comme la plupart de l’extrême-droite européenne. Doublement révélateur !

Vivelepcf, 27 novembre 2014

Le Front national a été obligé de reconnaître l’information selon laquelle il s’est vu accorder un prêt de 9 millions d’euros en septembre par la banque russe « First Czech Russian », notoirement liée au pouvoir russe.

L’argent n’a pas d’odeur, certes et la famille Le Pen n’est pas du genre à engager sa propre (grande) fortune dans ses aventures politiques.

Mais ces bonnes relations entre le FN et le pouvoir de Poutine sont révélatrices, pour l’un comme pour l’autre.

Car l’opinion publique française a appris du même coup que la Russie de Poutine arrosait généreusement les partis populistes, racistes et fascistes de nombreux pays d’Europe, dont le xénophobe Vlaams Belang flamand, l’antisémite et fasciste Jobbik hongrois et même la néonazie « Aube dorée » grecque.

Le pouvoir russe ne manque pas de perspicacité en associant le Front national français à ces partis. Il souligne bien leur proximité et leur connivence, au grand dam de Marine Le Pen et sa recherche de « normalisation ». Tant mieux !

Mais si le pouvoir russe espère utiliser le FN comme un point d’appui, cinquième colonne contre l’impérialisme européen, par exemple sur la question de l’Ukraine, il est moins avisé. Dans la politique intérieure française, le FN joue le rôle également assigné à la figure de Poutine: celui de repoussoir. L’un et l’autre servent à légitimer, en négatif, à des niveaux différents, la politique du pouvoir en France et dans l’Union européenne.

La révélation de la complicité de la Russie poutinienne avec l’extrême-droite européenne contribue à démolir un peu plus l’image, que certains tentent de propager avec difficulté, d’un régime russe anti-impérialiste voire antifasciste. Là aussi tant mieux !

Le régime de Poutine continue l’œuvre de la restauration capitaliste en ex-URSS, la liquidation des acquis sociaux, de pans entiers de l’appareil de production, l’accaparement des richesses par quelques oligarques. Il s’appuie sur les forces les plus réactionnaires, religieuses, nationalistes, souvent racistes. Il ne tolère les organisations syndicales et politiques, y compris celles dénommées « communistes », que lorsqu’elles lui restent docilement soumises.  Le régime est répressif, policier, militariste.

Son affichage « antifasciste » n’a pour but que de dévoyer le souvenir profondément ancré dans la population de la résistance et de la guerre contre l’Allemagne nazie. Il est instrumentalisé pour répandre le poison nationaliste, l’idée de « Russie puissance », succédant à l’URSS « grande puissance ». On pourrait dire en bref, sous ouvrir ici ce long débat, que de l’Union soviétique, il ne reprend que le pire et l’aggrave !  En rien, à l’ONU ou ailleurs, l’impérialisme russe doit passer pour le continuateur du rôle historique de l’URSS dans le développement aux luttes émancipatrices dans le monde.

Communistes, nous ne pouvons tolérer la dévalorisation de la signification historique de l’antifascisme.

Le soutien de la Russie de Poutine à l’extrême-droite européenne aide à lever des confusions dangereuses.

Cela ne saurait changer notre opposition totale à la volonté des impérialismes européens et américain de mettre l’Ukraine sous tutelle économique et militaire, y compris au moyen de la résurgence du fascisme. Mais les ennemis de nos ennemis ne sont pas nécessairement nos amis.

A propos, vous savez qui va rembourser l’emprunt du FN à la Czech-Russian Bank, sans doute intérêts compris ? Nous les contribuables français ! Le FN va l’utiliser pour financer sa campagne aux élections départementales et il y a tous les risques que, cette fois, il dépasse 5% à peu près dans chaque canton et soit remboursé de ses frais !

Tour Triangle à Paris : les élus PCF parisiens doivent arrêter de s’enfoncer dans la docilité au social-libéralisme et de discréditer nationalement le Parti !

Vivelecpcf, 19 novembre 2014, rubrique « dans les fédérations »

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de la section du PCF du 15ème arrondissement de Paris où devaient, où pourraient encore, être construits 92.000 m2 de bureaux dans le cadre de l’opération immobilière « Tour Triangle » soutenue par la municipalité d’Anne Hidalgo.
Les camarades rappellent tous les arguments qui les ont conduits depuis le départ à combattre ce projet spéculatif. Ils l’associent à la politique générale poursuivie par Delanoë, avec Hidalgo comme adjointe à l’urbanisme, au service des promoteurs immobiliers dans les grandes zones d’aménagement de la capitale.
Ils dénoncent la manœuvre antidémocratique tentée par Hidalgo au Conseil de Paris lundi 17 novembre 2014 consistant à faire voter à bulletins secrets, c’est-à-dire à couvrir les votes éventuels d’élus qui auraient été soudoyés par tel ou tel lobby patronal. Ils analysent les raisons profondes du fiasco enregistré par la maire de Paris et les contradictions du patronat.
Les conseillers de Paris étiquetés PCF ont à nouveau agi d’une façon déplorable. Envers et contre tout, reprenant les arguments les plus hypocrites d’Hidalgo, pourtant balayés depuis le départ, ils se sont exprimés en faveur du projet du Medef-Paris. Ils ont laissé le quotidien le Parisien, dans son édition du 14 novembre, écrire que, mal à l’aise sur le fond du sujet, ils allaient voter derrière Hidalgo pour ne pas désavouer les élus PCF de la mandature précédente. Se montrer incapable d’assumer une position pour des motifs politiciens : lamentable !
Lorsqu’Hidalgo, en séance, a imposé avec les élus PS, le vote secret, les élus PCF se sont gardés de dénoncer la manœuvre et ont accepté de prendre part au vote, eux-mêmes qui ne jurent que par la « transparence » et la « démocratie participative » à longueur de réunion.
Certes il ne s’agit pas d’une petite affaire pour la municipalité : 500 millions d’euros, 60 fois le barrage de Sivens. Raison de plus !
L’alignement inconditionnel des élus PCF-Front de gauche à Paris sur le social-libéralisme leur a valu des sièges supplémentaires et des promotions aux élections municipales. Ce suivisme a été surmédiatisé et utilisé nationalement pour discréditer notre parti, l’action d’élus communistes, dans toutes les configurations, dans d’autres villes de France. Le sénateur PS honoraire Jean-Luc Mélenchon, parmi d’autres, s’en est saisi, lamentablement en ce qui le concerne, pour régler des comptes au sein du « Front de gauche ».
Les élus PCF de Paris sont-ils à ce point tenus par la reconnaissance du ventre, par l’opportunisme, pour continuer à exposer le Parti à ce discrédit, à cette humiliation ?
Nous considérons qu’il n’est que plus important de faire largement connaître l’opinion et l’action des militants communistes de terrain, ici ceux du 15ème, fidèles à la raison d’être de leur engagement.

Tour Triangle : le PCF Paris 15, outré par les procédés de la municipalité d’Anne Hidalgo, demande des comptes à la Porte de Versailles comme à Beaugrenelle 

Communiqué, PCF Paris 15, 17 novembre 2014

La section du PCF Paris 15 enregistre le vote négatif du Conseil de Paris, ce jour, par 83 voix contre 78, sur la délibération qui aurait permis l’édification d’une tour de bureaux de 92.000 m2 à la Porte de de Versailles dans le 15ème arrondissement.

Nous rappelons notre opposition totale, depuis le départ – voir nos communiqués et tracts successifs depuis 2009, à ce projet spéculatif, 60 fois plus coûteux que le barrage controversé de Sivens.

Le résultat du vote n’est pas pour nous surprendre. Il correspond aux intentions affichées des différents groupes politiques. Il correspond surtout, plus fondamentalement, au défaut de volonté réelle du promoteur Unibail de réaliser le projet. Unibail, via sa filiale Viparis, a pu bénéficier grâce à cette annonce, d’une reconduction, outrageusement avantageuse, par la municipalité de Paris, de la concession du Parc des Expositions. La construction d’une nouvelle tour de bureaux dans un secteur saturé s’est avérée d’une profitabilité douteuse. Voilà qui explique le revirement de la droite sur le sujet, au-delà de quelques préoccupations locales.

La municipalité d’Anne Hidalgo, soutenue par d’autres groupes de pression patronaux, dont le Medef Paris et des patrons du bâtiment, a cru pouvoir faire passer quand même son projet « emblématique » de son choix de plonger Paris dans la concurrence mondiale des capitales du capitalisme.

Les procédés retenus Anne Hidalgo nous affligent et nous scandalisent. Depuis des mois, des moyens publics sont gaspillés à faire la publicité du projet.

Au Conseil de Paris, elle a osé, avec les élus PS, recourir à un vote à bulletins secrets pour tenter de le faire passer. Pointilleuse jusqu’à l’extrême sur la démocratie participative lorsqu’il s’agit notamment du ramassage des déjections canines, Mme Hidalgo préfère le vote caché quand il s’agit d’un investissement de 200 mètres de haut et de 500 millions d’euros de coût ! Hidalgo a fait le pari de protéger les élus sensibles aux pressions, de les exonérer de leurs responsabilités  publiques. Quelle honte ! Quel mépris pour les Parisiens ! Elle a perdu. Cela ne nous empêchera pas de condamner la manœuvre pour l’avenir, pour la démocratie à Paris.

Les élus communistes de Paris, loin de se désolidariser, ont suivi Hidalgo. Cette situation, qui prolonge les lourdes ambiguïtés de l’alignement aux municipales, dès le 1er tour, sur les listes du PS, ne peut plus durer. D’une mandature à la suivante, les élus du groupe PCF-Front de gauche, derrière Ian Brossat, promu depuis par Hidalgo, ont repris les arguments les plus fallacieux et éculés pour justifier la Tour Triangle et les grands projets immobiliers capitalistes de la municipalité, envers et contre tous, sourds aux avis des militants de base. Nous n’arrivons pas à imaginer comment, ce matin, les élus PCF-FdG, ont pu accepter de participer à un vote secret pour faire passer un tel projet.

Communistes, nous n’acceptons pas, nous n’avons jamais accepté, que quelques élus nous fassent passer pour les « J’en croque » du social-libéralisme à Paris, et par extension, en France, au bénéfice de nos adversaires ou de partenaires malintentionnés.

Nous demandons le respect du vote du Conseil de Paris contre la Tour Triangle, l’assurance des élus PCF-FdG qu’ils ne céderont pas aux manœuvres administratives et judiciaires lamentables annoncées ce matin par Mme Hidalgo. Plus que jamais, nous demandons, l’ouverture dans le PCF d’un débat sur la politique immobilière de la municipalité Delanoë-Hidalgo.

Le dossier de la Porte de Versailles est indissociable de scandales restés tus, bien malgré nous, à, à peine un km de là. A Beaugrenelle le promoteur Gécina a enregistré une plus-value de 250 millions d’euros supérieure à ses propres attentes avec la cession du nouveau centre commercial. Le patron douteux du promoteur Apsys, Maurice Bansay, a vu du même coup sa fortune personnelle s’élever en une seule année de 180 millions d’euros grâce au projet encouragé par la municipalité et Mme Hidalgo. Tous cela aux dépens des habitants et des contribuables!

Les contradictions des promoteurs autour de la Tour Triangle peuvent et doivent conduire à une remise à plat complète des politiques de soumission à l’argent de la municipalité de Paris.

Les habitants du 15ème, les contribuables parisiens, les démocrates peuvent compter sur la probité et le travail des communistes du 15ème.

 

Sélection de nos interventions contre la Tour Triangle:

 

Novembre 2014: Réelle ou virtuelle, la « Tour Triangle » ne doit pas être la tour qui masque la politique de spéculation immobilière à Paris
Août 2013: La folie des hauteurs reprend à la Porte de Versailles.
Août 2011: Tour Triangle – « concertation » le 1er septembre – Nous confirmons notre opposition
Décembre 2009: Tour Triangle à la Porte de Versailles : le Medef transmet la folie des hauteurs aux élus parisiens !