Articles taggés PCF

8 mai 1945 – 8 mai 2015 : Déclaration commune des partis communistes russe, britannique, français, américain et allemand

Repris par vivelepcf, 10 mai 2015

Des camarades du Parti communiste allemand (DKP) nous ont communiqué le texte d’un appel commun, à l’occasion du 70ème anniversaire du 8 mai 1945, signé par les partis communistes des quatre pays, héritiers des principales puissances alliées, Russie (URSS), Grande-Bretagne, Etats-Unis et France et du Parti communiste allemand, issu de la principale force intérieure de résistance au nazisme. Cet appel a été publié notamment sur les sites internet du Morning Star (PC de Grande-Bretagne) et du DKP. A ce jour, ni la direction du PCF, ni l’Humanité ne s’en sont fait l’écho. C’est dommage. Le symbole est fort quelles que soient les très différentes évolutions des partis signataires.


Déclaration commune à l’occasion du 70ème anniversaire de la victoire de la liberté sur la tyrannie nazie

Le 8 mai 2015 marque le 70ème anniversaire de la victoire de la liberté sur la tyrannie fasciste et nazie en Europe. Cette victoire a été rendue possible par l’alliance des peuples d’Union soviétique, de Grande-Bretagne, des États-Unis, de France et des forces de la résistance conduites par les communistes à travers toute l’Europe, la Chine et l’Asie du Sud-est.

La victoire a coûté des morts et des destructions à une échelle que l’Humanité n’avait jamais connue. Des millions de soldats ont perdu la vie, mais les populations civiles ont payé le plus lourd tribut. L’histoire de l’Humanité portera à jamais les stigmates de la sauvagerie des nazis et de leurs alliés. Tout écolier peut faire le lien entre le fascisme hitlérien et ce qui est appelé aujourd’hui – sans doute d’une manière trop simplifiée – l’Holocauste. Dans l’Union soviétique et parmi les communautés juives des États baltes et d’Europe orientale, en particulier, des dizaines de millions d’innocents ont péri. Ces massacres systématiques à travers l’Europe ont aussi frappé des personnes handicapées, d’autres au nom de leur orientation sexuelle ainsi que certaines minorités ethniques tels que les Roms. Nous devons nous assurer que les générations futures n’oublient pas ces crimes monstrueux.

L’alerte avait été lancée dans les années 1920 et 1930. Aidé et encouragé par les classes dirigeantes capitalistes en Europe, le fascisme a pris l’offensive contre la démocratie et la paix, et a cherché à encercler et détruire le premier État ouvrier, l’Union soviétique.

L’histoire n’oubliera pas le coup d’État fasciste à Rome, l’incendie frauduleux du Reichstag, l’invasion et le gazage de l’Abyssinie, le putsch fasciste en Espagne, ni la trahison de Munich. Tout au long des années 1930, les communistes ont œuvré à rassembler les forces de bonne volonté, honnêtes, courageuses, attachées à la démocratie, qui seules pouvaient endiguer la marée de la barbarie.

La victoire est venue des sacrifices sur les fronts – sur terre, sur mer et dans les airs – et à l’intérieur des pays où se rassemblaient les résistants, dans les usines, les villes, les forêts. Nous honorons la victoire comme le triomphe de la vie sur la mort et un combat pour l’affirmation de la vitalité de la démocratie, conduit par les travailleurs et leurs alliés.

À Nuremberg, le monde a condamné le fascisme. La résolution, « Plus jamais ça », a trouvé un écho populaire. L’année 1945 a marqué une rupture décisive en faveur du progrès, contre les forces de la réaction. La défaite du fascisme et du nazisme et le rôle déterminant de l’Union soviétique ont eu un impact immense sur les forces démocratiques et les peuples qui, dans le monde entier, se battaient contre le colonialisme et l’impérialisme. Une Fédération syndicale mondiale unifiée a été créée en même temps que l’Organisation des Nations unies. La Déclaration universelle des Droits de l’Homme a été adoptée avec enthousiasme.

Partis communistes de la Fédération de Russie, de Grande-Bretagne, de France, des Etats-Unis et d’Allemagne, nous sommes fiers des sacrifices héroïques de nos membres et sympathisants qui étaient aux premiers rangs de la lutte. Les communistes ont été les premiers à être torturés dans les camps de concentration ; ils étaient parmi les premiers à se porter volontaires pour combattre dans les vallées d’Espagne ; à Stalingrad leur ténacité a tenu bon quand il était impératif de ne pas faire « un pas en arrière ! »

Soixante-dix ans plus tard, le fascisme et le racisme ont repris leur marche. Des provocateurs cherchent à réécrire l’histoire de la guerre afin de redessiner les frontières actuelles. Et les chefs de guerre de l’OTAN les y incitent.

Les mêmes classes dirigeantes, qui ont collaboré avec les fascistes avant et pendant la Seconde guerre mondiale, mettent aujourd’hui en parallèle le communisme et les fascisme et nazisme.

Des forces puissantes dans les cercles dirigeants souhaitent voir l’actuelle Russie coupée du monde et isolée. En Ukraine, le massacre de syndicalistes à Odessa montre très clairement comment les États-Unis, l’Union européenne et l’OTAN s’appuient sur les mouvements anticommunistes, ultranationalistes et néo-fascistes dans leur confrontation avec la Russie.

Il s’agit d’autant de manœuvres pour détourner l’attention de l’échec chronique du capitalisme  à répondre aux besoins sociaux – emploi, santé, logement, éducation – des jeunes générations. Partout, la souveraineté des peuples est remise en cause ; par millions, les personnes déracinées fuient à travers les continents dans une recherche désespérée de paix, de travail et de sécurité.

Communistes, nous voulons à nouveau mettre en garde contre les dangers mortels portés par un système capitaliste en crise. Les acquis sociaux et politiques gagnés suite à la victoire de 1945 sont attaqués et repris. Les peuples d’Europe doivent, à nouveau, être vigilants et prêts à lutter contre le chauvinisme, le racisme, le fascisme et le militarisme que la crise du capitalisme et les politiques d’austérité rapportent avec elles.

Nous appelons toutes les forces démocratiques, progressistes et pacifiques, les travailleurs de toute l’Europe, les femmes et les hommes qui se battent pour la paix et la justice sociale, pour la liberté contre la tyrannie, à s’unir, à prendre part pleinement dans la lutte de notre époque pour une société d’égalité et de justice sociales.

¡ No pasarán ! Ils ne passeront pas !

Parti communiste allemand

Parti communiste britannique

Parti communiste des Etats-Unis d’Amérique

Parti communiste français

Parti communiste de la Fédération de Russie

Milliers de noyades en Méditerranée : l’UE pas « à la hauteur » ? Si ! A la hauteur de sa politique impérialiste criminelle !

Vivelepcf, 28 avril 2015

Au moins 1500 personnes ont péri noyées depuis le début de l’année en tentant de traverser la Méditerranée pour trouver refuge en Europe.

Le drame atteint de telles proportions que les dirigeants des puissances de l’Union européenne se sont fendus d’une minute de silence. Mais le sommet et les décisions des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE n’ont modifié en rien la politique qui pousse des centaines de milliers d’Africains et de Moyen-Orientaux à risquer la mort sur des embarcations de fortune. Non, il n’a été question que de rendre un peu moins meurtrière la politique de refoulement – sélectif – de ces « migrants ». Hollande, parmi les autres, se borne à pointer les « passeurs », ou, comme en réponse à tous les problèmes, les « terroristes ».

Il est insupportable d’entendre et de lire tantôt que les dirigeants européens sont « impuissants », tantôt qu’ils sont « faibles » ou bien au contraire « trop stricts », tantôt encore qu’ils ne sont pas « à la hauteur ». Oh que si ! Ils sont parfaitement cohérents dans leur politique criminelle, dans leur cynisme au service de l’impérialisme. Avec l’OTAN, les gouvernants de l’UE sont les responsables de ces tragédies.

L’UE est coupable d’avoir abandonné le système d’arraisonnement des embarcations suspectes en provenance de Libye (« Mare Nostrum ») pour fermer encore davantage les frontières aux migrants et soi-disant pour faire … des économies. Le coût annuel pour toute l’UE du dispositif « Mare Nostrum » était inférieur au coût d’un seul avion Rafale, 300 millions d’euros, sachant que l’armée française en paye chaque année 12 pièces pour maintenir les bénéfices de Dassault. Le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU avait, entre autres, alerté sur le surcroît de naufrages que cette décision allait entraîner.

L’UE est coupable d’entretenir des dictatures sanguinaires dans des pays comme l’Erythrée, première provenance des réfugiés, pour mieux en contrôler les richesses.

Avec l’OTAN, l’UE est coupable des guerres impérialistes successives menées ou entretenues en Afghanistan, Irak, Libye, Afrique noire ou Syrie, d’où proviennent la quasi-totalité des autres réfugiés. Avec l’OTAN, elle est coupable d’avoir délibérément déstabilisé et décomposé ces Etats en vue de s’emparer de leurs richesses, notamment pétrolières, de créer un climat de terreur mondial propice à la domination et au profit capitalistes, de couvrir l’avant-garde de l’impérialisme colonisateur, raciste et fauteur de guerre, l’Etat d’Israël. Avec l’OTAN, avec leurs alliés, les sinistres dictatures du Golfe notamment, elle est coupable d’avoir favorisé le développement des milices terroristes « islamistes » qu’elle prétend maintenant combattre.

Sur un autre plan, mais toujours en cohérence, l’UE est coupable de sa politique d’immigration, d’importation, dans les pires conditions, d’une main-d’œuvre si désespérée qu’elle est susceptible d’endurer la pire exploitation en Europe, alors qu’elle est souvent loin d’être la moins qualifiée. Les campagnes contre l’immigration, comme contre le « terrorisme » servent aussi, pour les régimes européens, à entretenir dans leur pays des mouvements politiques populistes et racistes qui dévoient la colère populaire.

Il est urgent de dénoncer sans fard et de combattre, dans chaque pays et nous en France, la politique criminelle et hypocrite de l’Union européenne, de cette alliance de puissances impérialistes. Dans cette bataille idéologique, pas d’excuse ou de tolérance pour les propagandistes français des interventions notamment en Libye, qu’ils se disent de droite, de gauche (ou même du Front de gauche* !).

L’UE n’envisage que de rajouter des interventions militaires, savamment dosées en Libye, et d’ouvrir des camps pour livrer les réfugiés potentiels à leurs oppresseurs dans les pays qu’ils tentent de fuir. Ce cynisme est écœurant et inacceptable.

Il est urgent de secourir les centaines de milliers de réfugiés qui croupissent en Libye à la merci de groupes esclavagistes, d’organiser leur transfert, puis d’examiner chaque cas à la lumière de la Convention de Genève de 1951, signée par tous les Etats de l’UE dont la France, destinée à protéger ceux qui fuient les persécutions.

Il est urgent de soulager économiquement les pays qui accueillent le plus de réfugiés, fuyant notamment  la guerre en Syrie, notamment le Liban.

Il est urgent de mettre en fin aux politiques de soutien aux plus sombres dictatures d’Afrique et du Proche-Orient, aux complaisances et aux alliances avec les sponsors du terrorisme que sont l’Arabie Saoudite ou le Qatar, qui chaque jour aident les terroristes islamistes à prendre le contrôle de parties de la Syrie. De même, il est urgent de faire pression sur le gouvernement turc pour qu’il cesse cette même politique funeste.

Il serait évidemment urgent aussi de relancer une politique de coopération et d’aide au développement des pays les plus pauvres.   

Le terrorisme des puissances impérialistes occidentales a tué en quelques semaines en Méditerranée cent fois plus que les attentats de Charlie-Hebdo…  L’opinion publique en France ne peut plus se laisser manipuler !

*Mélenchon au Parlement européen pour une intervention guerrière européenne sur la Libye en 2011 (avec Mme Vergiat) : suivre les liens

 http://wp.me/p2vvuN-124

http://vivelepcf.fr/3968/contre-toute-intervention-militaire-en-libye/

Conseil national du PCF des 10 et 11 avril 2015, intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

Les importantes manifestations de jeudi (9 avril) ont rassemblé l’avant-garde de la classe ouvrière. Elles portent la perspective de rupture politique dans l’intérêt du monde du travail. Elles devraient être au centre des préoccupations de notre Conseil national. Je constate que ce n’est pas le cas.

Du point de vue du monde du travail et, en particulier du PCF, on ne peut guère trouver de sujet de satisfaction dans les résultats des élections départementales, sinon peut-être très localement (Val-de-Marne…).

Le refus de la politique gouvernementale s’est, certes, à nouveau exprimé massivement. Mais il se heurte plus que jamais à l’impasse politique institutionnelle. Le pouvoir ne sort pas entravé du scrutin pour continuer et aggraver la même politique antisociale.

Son rejet s’est d’abord manifesté par l’abstention, qui avec les blancs et nuls, dépasse les 50% – sans compter les non-inscrits.

Le système de l’alternance « gauche/droite » continue de fonctionner, tant bien que mal, même massivement discrédité. Il est complété maintenant, à part entière, par le FN. On est passé de « l’UMPS » au PS+UMP+FN.

Le calcul politicien, tel que Valls l’a dévoilé grossièrement pendant la campagne, fonctionne. Le repoussoir FN plombe la droite, crée un réflexe minimum de mobilisation à « gauche » derrière le PS. Surtout, il contribue à polariser la vie politique sur les échéances de 2017, dans une logique de moindre mal. Dans le flou des positions démagogiques et contradictoires du FN, un point est soigneusement mis en avant par l’idéologie dominante: le nationalisme de l’extrême-droite sert à discréditer toute opposition à l’Union européenne du capital.

Les résultats du PCF n’ont pas été en état de perturber ce scénario électoral. Et pour cause ! La direction du PCF a pris la lourde décision d’emblée de dissoudre le vote communiste au plan national.

Aux élections cantonales de 2008 (8,82%), à celles de 2011 (7,46%) – malgré le début du brouillage du Front de gauche – la persistance du vote et de l’ancrage communistes s’était manifestée (certes sous des gouvernements de droite qui relativisaient la participation aux exécutifs départementaux de «gauche » avec le PS).

Aux départementales 2015, il est purement et simplement impossible de décompter le vote communiste. Suivant les cantons, la direction du PCF n’a pas présenté de candidats, ou bien a soutenu des candidats qui étaient aussi ceux du PS dès le 1er tour, ou bien encore a fait des alliances avec des partenaires divers, dont, dans un tiers des cas, avec EELV, regroupement opportuniste pour le moins éloigné des positions communistes – c’est le moins que l’on puisse dire – radicalement même sur l’Europe.

Les sondages « sortis des urnes » attribuent entre 5,5% et 6% au Front de gauche. Mais que représente le Front de gauche à ces élections quand les paroles de Mélenchon et de Pierre Laurent s’opposent autant médiatiquement ?

Il n’est pas raisonnable de la part de la direction d’afficher faussement, à destination des lecteurs de l’Humanité, un résultat de 9,4%. C’est additionner des choux et des carottes ! Dans le détail, vous ne comptez pas les 26% des cantons où le FdG n’avait pas de candidat et soutenait implicitement ou explicitement le PS. Mais vous comptabilisez pour le FdG toutes les voix dans les cantons où il y avait alliance avec le PS ou soutien du PS dès le 1er tour. Et vous comptez comme vote « communiste » les voix des candidatures communes avec EELV. C’est n’importe quoi ! Essayer de se mentir pour se défausser de la critique, c’est la pire façon d’aborder l’avenir !

Selon le rapport d’Olivier Dartigoles, il resterait 166 élus départementaux PCF ou apparentés, au lieu de 227. Parmi eux, 133, au plus, sont membres du PCF. C’est évidemment a priori un point d’appui pour les populations. Mais, il est stupide de proclamer pour autant, comme le fait un communiqué du CN, que le Front de gauche constituerait la 3ème force politique du pays, même si 133 élus, c’est deux fois plus que le nombre d’élus du FN (62)… C’est aussi deux fois plus que le nombre d’élus du PRG (62) ! Le point commun avec le PRG, pour la première fois, c’est que 44 des 133 élus communistes étaient candidats du PS dès le 1er tour…

Pierre Laurent, dans son intervention d’hier, a souligné la nécessité de subordonner les alliances électorales à la stratégie politique et celle-ci aux contenus. Je fais remarquer que la direction a pris soin de faire l’inverse. La réunion du Conseil national consacrée à la préparation des départementales a eu lieu le 15 octobre 2014 alors qu’une conférence nationale était convoquée le 8 novembre…

La ligne décidée par la direction suit bien une cohérence, même si elle décidée en dehors des communistes. Elle consiste à combiner les deux fers au feu de la social-démocratie. Cette cohérence s’est traduite par une désastreuse géométrie variable dans les alliances électorales. A ce jeu, le vote communiste disparaît et le PCF est perdant à tous les coups.

D’un côté, pour garantir les sièges, pour assumer la participation/collaboration aux exécutifs de « gauche » sortants, les directions du PCF ont présenté des candidatures en connivence directe avec le PS. L’image de Pierre Laurent, main dans la main avec Cambadélis avant le 2nd tour, continuera à peser lourdement. Cela ne signifie pas pour moi le refus de tout accord de désistement avec le PS pour le second tour ; mais seulement lorsque le positionnement est clair au premier. Cette politique associe logiquement le Parti au désaveu de la « gauche » gouvernementale.

De l’autre côté, suivant les situations électives locales, les directions du PCF ont soigné une posture critique à gauche, en préparation de 2017, avec des « frondeurs », des PS déguisés en « divers gauche », en « Nouvelle Donne », ou des « écologistes ».

A entendre la discussion de notre CN, cette combinaison ambiguë, impossible à assumer ouvertement, va rester à l’ordre du jour jusqu’aux élections régionales de décembre 2015. Vu le mode de scrutin, la volonté de poursuivre la participation, la collusion, aux exécutifs régionaux de gauche, il sera impossible d’être clairs vis-à-vis de la politique du PS. La constitution des listes pour le 1er tour, offrira la possibilité de soigner une image « à gauche de la gauche » pour préparer 2017. Après les régionales, en 2016, on pourra passer à une étape déjà expérimentée lamentablement par les communistes : celles des disputes pour le choix du candidat de la « gauche de la gauche » pour les présidentielles !

Quel scénario ! J’ai envie de dire aux camarades : « Vous avez apprécié les collectifs antilibéraux, vous avez aimé le Front de gauche, vous allez adorer les « Chantiers de l’espoir » » !

Je remarque combien notre CN est maintenant embarrassé avec le « Front de gauche ». Faut-il même garder la « marque » alors que Mélenchon en est de fait dépositaire nationalement et que le PG ne se prive pas de tailler des croupières au PCF à tous les niveaux ? Ce n’est pas faute que quelques-uns ici, dont je fais partie, aient alerté ! Nous avons dénoncé fondamentalement la poursuite de la stratégie d’effacement du Parti et des positions communistes avec le « Front de gauche ». Mais nous avons aussi alerté sur le risque immédiat de donner les clés à un politicien socio-démocrate comme Mélenchon. Difficile de contester aujourd’hui que nous avions raison.

Les « Chantiers d’espoir » [à la réunion desquels certains dirigeants du Parti se sont rendus juste après le CN, le 11 avril] sont le nouveau lieu de rencontre et d’affrontement de toutes les postures, personnalités et groupes qui ambitionnent d’occuper l’espace de la « gauche de la gauche », en forces d’appoint de la social-démocratie. L’appel de lancement est si vague qu’il pourrait être signé par le pape. La référence des EELV, rocardiens de « Nouvelle Donne » ou PS « frondeurs », c’est le programme de Hollande en 2012 !

Ça promet ! On connaît ! 2016 sera l’année des guéguerres pour désigner le ou la candidate de la gauche « radicale » pour les présidentielles. Les négociations politiciennes, sans fin, pour les places éligibles aux régionales sera le lot d’ici la fin de l’année 2015 !

Hier, Pierre Laurent a mis en garde à juste titre : « Notre discours peut passer au-dessus de la tête des gens des quartiers ». Avec ces combinaisons politiciennes, c’est sûr !

Plusieurs membres du CN ont soulevé la nécessité d’organiser des campagnes de « solidarité concrète ». Oui ! Partir de la détresse et de la colère de la population : oui ! Mais non pour les canaliser, non pas même pour seulement les exprimer mais pour les traduire en luttes politiques en s’appuyant sur l’avant-garde telle qu’elle a défilé le 9 avril ! Allons-y !

[Je n’ai pas eu le temps au CN de détailler toutes les propositions suivantes. Je les mets en discussion dans ce texte].

-          L’anniversaire de la sécurité sociale, les luttes contre le démantèlement de l’hôpital public appellent un large mouvement convergent pour réexpliquer et reconquérir le financement solidaire par la cotisation sociale.

-          La revendication de la semaine de 32 heures monte, notamment dans l’industrie. Profitons-en pour lancer une campagne pour la véritable semaine des 35 heures, alors que les salariés à plein-temps travaillent en fait 39,4 heures en moyenne, autant qu’avant les lois Aubry dont le patronat a tant profité.

-          L’annonce récente de la montée de l’Etat dans le capital de Renault devrait nous amener à reprendre nos propositions de nationalisations démocratiques telles que nous aurions pu et dû les avancer pour l’automobile (PSA), la sidérurgie (Arcelor) ou Alstom.

-          A nouveau, j’appelle à une campagne nationale contre les augmentations des tarifs publics. La défense des services publics ne saurait se limiter à des « coordinations » alibi [Le rapport du CN a vanté les « Assises pour le service public »], dirigées par des ex-cadres de la CFDT, sur des bases opportunistes. On ne peut pas se battre pour les services publics avec les politiciens qui ont appuyé le démantèlement de la SNCF avec la « réforme ferroviaire », qui la pratiquent dans les régions. Pas plus qu’avec ceux qui défendent l’UE du capital et ses directives de mise en concurrence. Pour la SNCF, La Poste : prenons, communistes, nos responsabilités pour faire converger les très nombreuses luttes locales sur la position politique de fond de défense et de reconquête des grands monopoles publics nationalisés !

Quelques-uns l’ont évoqué : Les débats et soubresauts actuels dans la CGT ne peuvent nous laisser indifférents. Plutôt que de faire la part belle aux réformistes et aux représentants du patronat [comme à la « Convention nationale pour l’industrie » d’octobre], donnons des repères politiques de rupture aux camarades syndiqués qui en sont à la recherche.

Un dernier mot sur la Grèce. Arrêtez ! Être solidaire avec les Grecs, ce n’est pas soutenir le gouvernement de coalition Syriza/ANEL (parti d’extrême-droite) ! La question n’est pas de souhaiter ou de ne pas souhaiter la réussite du plan de Syriza. Son plan – très modeste –  de relance capitaliste est voué à l’échec. Ils continuent à se placer à la merci de l’UE du capital. Ils multiplient les gages de soumission à l’OTAN, aux possédants, aux armateurs notamment. Il est maintenant possible que la Grèce finisse par sortir de l’euro. Ce qui aurait pu et dû être une reconquête de souveraineté, risque de passer – à cause du parti pris de Syriza – pour une « punition » infligée par l’UE et la BCE.

Communistes, nous devrions analyser et démonter cette pédagogie de la résignation à destination européenne, au lieu d’y participer !

Et surtout ne suivons pas la ligne du Parti de la gauche européenne, PGE, soumise à l’UE ! Comment peut-on aujourd’hui valider le nouveau diktat imposé par l’UE, le FMI et les grandes puissances européennes à la Grèce dans les mêmes termes que ceux que nous avions dénoncés quand la droite était au pouvoir ? Syriza, dans ses compromis est peut-être obligé de l’accepter [Tsipras a pris garde de ne pas le soumettre au Parlement grec]. Mais, si nous voulons être solidaires du peuple grec, nous ne pouvons que le dénoncer dans nos pays. La section allemande du PGE, die Linke, se déchire sur cette question. Syriza elle-même se fracture.

En France, communistes, cessons de soutenir l’illusion d’un capitalisme européen à visage humain !

Salaires, travail, sécurité sociale, services publics, logement : La rupture politique passe par les luttes !

pcf 15 pour vivelepcf, 7 avril 2015

A l’initiative de la CGT, quatre organisations syndicales appellent à la grève jeudi 9 avril 2015 contre la politique antisociale poursuivie par le gouvernement. Une manifestation nationale partira à 13 heures de la Place d’Italie vers les Invalides.

Cette mobilisation est très importante. Elle va sonner le signal de la riposte du monde du travail face à la politique qui ne cesse de précariser, d’appauvrir les salariés, les retraités, les jeunes, les paysans. Dans cette période, la rupture politique ne peut passer que par le développement des luttes, de leurs convergences, par de premières victoires sociales.

La perspective politique institutionnelle est en effet plus bloquée que jamais. Les dernières élections départementales montrent une situation paradoxale. La politique du pouvoir est profondément désavouée : les partis au gouvernement obtiennent les voix d’un électeur inscrit sur 8, moins d’un sur 5 avec leurs alliés de gauche. Mais Hollande et Valls entendent aggraver leur politique comme si de rien n’était.

Les dégâts du « Pacte de responsabilité » s’aggravent. La TVA augmentée que nous payons, l’argent de nos hôpitaux, nos retraites, nos allocations familiales sont détournés – à la hauteur inédite de 40 milliards d’euros par an – vers le profit capitaliste. Engraissés, les patrons continuent à liquider emplois et entreprises en France. Ils en redemandent (les profits du CAC 40 ont bondi à 64 milliards d’euros en 2014).

22000 emplois par an d’ici 2017 vont ainsi être supprimés dans les hôpitaux publics alors que la situation est tendue à l’extrême et que les besoins de soins montent. La loi fourre-tout de la ministre Touraine poursuit la politique de privatisation de la santé. La loi fourre-tout du valet de la finance, Macron, continue la casse du droit du travail. Le démantèlement des services publics s’accélère. La liste des mauvais coups serait trop longue à dresser.

Le blocage politique n’est pas à trouver dans l’efficacité de la propagande officielle. Les discours sur les déficits ne convainquent plus personne quand le pouvoir les creuse lui-même, par dizaines de milliards, en cadeaux au patronat, en dépenses militaires, en scandales divers (1 milliard balancé pour « l’écotaxe », ou les concessions autoroutières). L’idéologie dominante n’ose plus agiter le prétexte européen tant l’UE du capital est profondément rejetée par les peuples, 10 ans après le vote NON – bafoué – du peuple français au référendum sur la « constitution » européenne.

Mais le pouvoir parvient encore à enfermer et écraser la perspective politique dans l’impasse de l’alternance droite/gauche, PS-UMP qu’il complète maintenant en un véritable système PS-UMP-FN.

Le système cultive l’écœurement, la résignation, l’indifférence politique qui conduit électoralement à l’abstention ou au choix du « moindre mal ».

Les partis de l’alternance, qui poursuivent la même politique depuis 30 ans tour à tour, ont de plus en plus de mal à se différencier quand ils sont dans l’opposition. L’UMP et ses satellites n’ont même pas obtenu le vote de 20% des inscrits aux départementales.

Le FN sert d’auxiliaire au pouvoir depuis 30 ans. Il se voit assigné un rôle accru. Valls l’a montré grossièrement avant les élections. Le FN sert à la fois à détourner et stériliser la colère et, comme repoussoir, à laisser passer la politique au service du capital – leur camp à tous. La démagogie technocratique de Philippot et l’image extrémiste de Jean-Marie Le Pen se complètent. Archi pro-européen dans les années 80, le FN sert en particulier à diaboliser le refus de l’intégration dans l’UE du capital, à dévoyer l’opposition de classe des travailleurs à l’UE dans le nationalisme.

Valls a lourdement insisté : la vie politique doit être polarisée sur les élections de 2017 et sur le danger Le Pen, pour qu’il puisse mieux continuer sa politique antisociale d’ici là. L’UMP offre déjà le spectacle dégoûtant, sur fond d’affaires et de coups bas, des « primaires » politiciennes pour 2017. La « gauche » s’y prépare. Une soi-disant « gauche de la gauche », avec ces députés PS « frondeurs » (qui ont avalisé toute la politique du gouvernement et dont la référence est le programme Hollande 2012), les « écolos » maastrichiens et quelques autres commencent à rejouer leur rôle de second fer au feu de la social-démocratie de Hollande ou Valls.

Pour nous communistes, il est grand temps que se manifeste l’expression politique des travailleurs dans la lutte des classes. Le 9 avril en fournit une occasion très importante.

Le 9 avril, on ne manifestera pas pour un vague programme de gauche pour 2017. Communistes, nous faisons partie de ceux qui n’ont pas propagé d’illusions en 2012 sur l’élection de Hollande. Ces illusions n’ont que trop gravement démobilisé le monde du travail face à la « gauche » au pouvoir. Le 9 avril, on ne manifestera pas pour appuyer une soi-disant « gauche de la gauche » destinée à servir de force d’appoint en 2017.

Le 9 avril, on ne manifestera pas sur la base du plus petit dénominateur commun contre le FN. Entre les organisations de travailleurs et les fascistes, il y a un fossé, historiquement empli de sang. Mais l’expérience nous enseigne à d’abord lutter contre la politique qui fait leur lit.

Le 9 avril, on manifestera pour ne pas laisser la rue aux forces réactionnaires. S’emparant de questions de société, agitées comme diversion par le gouvernement, les catégories les plus rétrogrades ont pu s’emparer dangereusement de la rue, restée vide après 2012. Des catégories, aux privilèges archaïques et intenables, comme les notaires, ou bien défendant un système injuste et en faillite, comme certains médecins libéraux (au mieux, certains se trompent de colère…) sèment la confusion sur l’opposition aux projets de loi Macron ou Touraine. Le 9 avril, la voix des travailleurs va clarifier les choses. Le 11 janvier, le pouvoir a cyniquement instrumentalisé l’émotion populaire qui a suivi les attentats odieux de Charlie-hebdo pour faire diversion, se refaire une virginité, et, dangereusement, au contraire de ses objectifs affichés, attiser les replis communautaristes, les haines, justifier sa politique de guerre et de répression des libertés. Le 9 avril, on manifestera aussi pour défendre nos acquis démocratiques fondamentaux.

Le 9 avril, on manifestera avant tout pour développer et faire converger chaque lutte, pour gagner des victoires et commencer à inverser cette politique. En juin, les cheminots sont passés tout près de faire capoter la « réforme ferroviaire » visant à dissoudre et démanteler la SNCF (elle est passée notamment grâce aux « frondeurs » !). Ils ont conservé une grande force de mobilisation contre son application. Dans l’automobile (PSA), la métallurgie (Alstom, Arcelor) des mobilisations nationales ont été amorcées contre les délocalisations. Dans le commerce, les luttes se multiplient pour les conditions de travail, contre la surexploitation. Dans les services publics – Poste, hôpitaux, transports, à l’éducation nationale etc. -, il ne se passe pas une semaine sans que des luttes éclatent un peu partout en France. Elles ne demandent qu’à s’unir ! A Radio-France, la grève démasque, avec courage et détermination, la politique de sabotage du pouvoir.

Communistes, nous serons présents le 9 avril avec nos propositions de rupture et de luttes nationales, notamment:

  • Pour la défense de la Sécurité sociale, le rétablissement de son financement solidaire, la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales
  • Pour la reconquête des services publics nationalisés, des grands monopoles publics, contre les hausses de tarif
  • Pour un vaste programme de nationalisations démocratiques dans la banque, l’industrie et le commerce
  • Pour la vraie semaine de 35 heures
  • Contre l’application des directives européennes et pour la rupture avec la politique de l’UE et son instrument l’euro
  • Contre les interventions militaires françaises dans le monde

Le 9 avril, par centaines de milliers, par millions, ça comptera ! D’ores et déjà, préparons les suites !