Cheminots – SNCF

La municipalité de Saint-Martin-d’Hères (2ème ville de l’Isère) adopte un voeu en faveur du service public nationalisé SNCF

Vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF voté par le conseil municipal de la Ville de Saint-Martin-d’Hères du 25 avril 2018

avril 2018, par Saint Martin d’Hères

En soutien aux cheminots en lutte depuis le 3 avril, hier soir, le conseil municipal de la ville de Saint-Martin-d’Hères a voté à la majorité (PC, PS, PG, EELV), moins 3 abstentions (1PS et 2LR) et 4 contre (LREM) le vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF.

A travers ce vœu, la ville de Saint-Martin-d’Hères défend le maintien du monopole public SNCF du transport de voyageurs, le retour au monopole public SNCF du transport de marchandises et demande au gouvernement de retirer son projet de loi et d’ordonnances visant la SNCF.

Lien pour signer la pétition pour l’avenir du service public nationalisé SNCF : https://sncf-stop-concurrence.fr/

Ci dessous le vœu dans son intégralité.

Vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF

La ville de Saint-Martin-d’Hères défend depuis longtemps le principe du service public. Or, en France, les attaques en direction de celui-ci se sont accentuées avec des secteurs mis en concurrence et plus ou moins privatisés (par exemple France Télécom, EDF, GDF ou la Poste). Depuis un an, les services de santé publique, de justice, des finances publiques, ou encore l’université (sans moyen nécessaire) sont menacés.

Par ailleurs, la ville de Saint-Martin-d’Hères a déjà voté un vœu sur la nationalisation et le monopole public des concessions hydrauliques.

Aujourd’hui, plus que jamais, les mesures du « nouveau pacte ferroviaire » que le gouvernement entend prendre sont lourdes de conséquence pour le service public ferroviaire de transport de voyageurs : application en France des réglements et directives de l’Union Européenne sur la marchandisation du rail ; suppression du monopole historique de la SNCF sur les trains de voyageurs pour une ouverture de cette activité à la concurrence et auprivé ; éclatement de la SNCF et sa transformation en société anonyme par actions, rendant ainsi possible sa privatisation.

Il est important de rappeler que la mise en concurrence du fret s’est traduite par une réduction de 40% du trafic au profit du transport routier, bien plus polluant et accidentogène.

Malgré le statut, l’anticipation de la concurrence/privatisation a déjà eu pour conséquence la suppression de 30 000 postes, entraînant une réduction de services, de guichets, de gares, de fonctions, de contrôle et de sécurité.

L’ouverture à la concurrence privée ne fera que reporter sur le service public le poids des investissements lourds, notamment pour les petites lignes.

L’équation est simple : les lignes générant du profit seront petit à petit confiées au privé. Cela se fera au détriment du service public aux usagers, des conditions de travail et des contribuables.

Face à cette politique libérale, nous défendons :
- le maintien du monopole public SNCF du transport de voyageurs ; l’intégration de toutes les activités ferroviaires dans un établissement public SNCF unique (avec le renforcement du statut des personnels correspondant aux conditions de ce service public). un service public déchargé de sa dette l’affirmation de la priorité du rail pas de fermeture de ligne une politique ambitieuse avec un retour au monopole public du fret

Ce sont des conditions nécessaires pour une politique de transports répondant aux besoins (grandes et petites lignes, horaires, arrêts, gares) de l’économie, des populations, des territoires, dans l’égalité, la sûreté, la maîtrise de la population, la transparence des investissements, des coûts et tarifs, avec un contrôle démocratique par les usagers et salariés : les principes du service public nationalisé conquis en 1936 et en 1945.

La ville de Saint-Martin-d’Hères, à travers ce vœu, demande au gouvernement de retirer son projet de loi et d’ordonnances visant la SNCF.

 

Intervention de Diana Kdouh,communiste élue, lors du vote du vœu pour l’avenir du monopole public nationalisé SNCF

avril 2018, par Saint Martin d’Hères

Intervention de Diana Kdouh, communiste élue, s’adressant au représentant du gouvernement, le député LREM de la 2e circonscription de l’Isère et conseiller municipal d’opposition, lors du vote du vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF au conseil municipal de Saint-Martin-d’Hères, le mercredi 25 avril 2018.

Signez la pétition sur le lien suivant : https://sncf-stop-concurrence.fr/

En changeant le statut d’établissement public de la SNCF en société anonyme, même en l’appelant société nationale à capitaux publics, du moment que l’Etat n’est plus propriétaire (au sens de la nation) et devient actionnaire, cela s’appelle la privatisation. Comme GDF (Engie, détenu aujourd’hui à 24% par l’Etat ou Renault à 19%) peuvent le démontrer.

Cela me permet aussi de rappeler l’exemple de la privatisation du transport de voyageurs anglais. Aujourd’hui, ce sont 26 compagnies privées qui se partagent le gâteau, qui sont régulièrement en faillite, souvent renflouées par l’Etat, avec des tarifs qui ont plus que doublé. Pour information, l’abonnement mensuel à Londres s’élève à 368 euros/mois contre 75.20 €/ mois à Paris.

En fait, c’est le même processus de privatisation et de marchandisation qui s’opère dans chaque pays européen. Quand on a privatisé le transport de voyageurs, cela a coûté plus cher en subventions publiques à l’Etat et plus cher aux usagers en terme de tarif de transport.

Je voudrais également revenir quelques instants sur l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire opéré en 2006.

On a fait rentrer plusieurs compagnies ferroviaires privées sur le réseau français et on a quasiment divisé par deux le nombre de marchandises transportées par rail en France. Aujourd’hui, il y a plus de compagnies et il y a moins de Fret transporté par km de rail au profit du transport routier. Dans ces conditions, la pollution et les bouchons sur les routes ont de beaux jours devant eux.

C’est pourquoi, le maintien du monopole public SNCF du transport de voyageurs ne peut pas être dissocié du retour au monopole public SNCF sur les trains de marchandises, activité sinistrée depuis sa mise en concurrence.

En effet, l’intégration de toutes les activités ferroviaires dans un établissement public SNCF unique, le maintien du monopole public SNCF du transport de voyageurs et le retour au monopole public SNCF du transport de marchandises CONDITIONNENT et GARANTISSENT une politique de transport répondant aux besoins :

- grandes et petites lignes, horaires, arrêts, gares ;
- des populations ;
- des territoires ;
- de l’économie ;
- dans l’égalité et la sûreté ;
- dans la maîtrise de la pollution ;
- dans la transparence des investissements, des coûts et tarifs.

C’est également la condition du renforcement du statut du personnel servant ce service public.

A l’heure où le gouvernement voudrait ramener le service public ferroviaire au 19ème siècle, la majorité communiste souscrit vivement au vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF.

 

Les cheminots ne sont pas en lutte pour négocier le poids des chaînes de la concurrence/privatisation du rail ! Tract avant les manifs du 1er et du 3 mai.

Les cheminots ne sont pas en lutte pour négocier le poids des chaînes de la concurrence/privatisation du rail !

Malgré l’enfumage de Macron/Philippe/Borne et Pépy, l’ordre du jour est au renforcement et à l’extension du mouvement.

PETITION :  https://sncf-stop-concurrence.fr/ 

Tract PCF Paris 15, 25 avril 2018 

L’impact de la grève à la SNCF est toujours aussi fort à chaque épisode, n’en déplaise au PDG Pépy.

Loin de s’essouffler, le mouvement gagne en profondeur. La campagne de dénigrement des cheminots dans l’opinion a globalement échoué. La légitimité des cheminots à se défendre est largement reconnue. L’implication dans la défense du service public gagne du terrain.

Dans l’entreprise, les réserves sont considérables, qui attendent l’évolution du calendrier de lutte.

Car la gravité des effets du projet Macron/Philippe de concurrence/privatisation apparaît de plus en plus en plus nettement.

Pour chaque cheminot SNCF, ce n’est plus seulement le repère du statut qui est attaqué, mais l’ensemble des conditions de travail et de rémunération.

Les « négociations » ou plutôt les annonces autoritaires du gouvernement se succèdent. Elles confirment l’objectif de filialiser/privatiser le fret. On « négocie » l’éclatement des conditions de travail sur la base des reculs de la « réforme » ferroviaire de 2014/2016 : l’accord d’entreprise et ses dérogations plombés par le projet de convention collective au rabais et le « décret socle » a minima. Pour reprendre l’expression de la ministre Borne, on « négocie » le poids du « sac à dos social ».

Le renfort des salariés et de syndicats d’autres entreprises publiques se précise : il est important et crucial.

A Aéroport de Paris (ADP), après transformation en société anonyme par actions, puis ouverture du capital, la privatisation complète est programmée par Macron/Philippe. Pas d’illusion à se faire sur les pseudo-garanties que le gouvernement promet à la transformation en sociétés anonymes des établissements publics SNCF.

L’entrée en mouvement de la CGT et des salariés d’EDF, de ses filiales et de l’ex-GDF est hautement significative. Ils exigent le bilan public de 12 ans de marchandisation. Il est accablant. La concession obtenue en 2005 sur le statut des personnels des IEG (industries électriques et gazières) a à peine limité la précarisation et la casse sociale du secteur. GDF a été rayé de la carte, aux dépens de la sécurité d’approvisionnement. Les tarifs ont explosé du gaz (+80%) et de l’électricité (+30). Sans parler des compteurs Linky. La privatisation des barrages soulève l’indignation.

A la RATP, service public menacé de façon exactement similaire que la SNCF, la mobilisation se construit. Etc.

Ailleurs, le développement de lutte coïncide avec le mouvement cheminot : fonction publique, universités, justice de proximité, santé… Si la convergence ne se décrète pas la cohérence de la politique de Macron, détruisant les acquis sociaux et démocratiques en faveur des puissances d’argent est un facteur d’unification aisément compris.

Le mécontentement se transforme en colère et en lutte, rassembleuse et complémentaire de la défense des services publics, face à l’envolée des prélèvements fiscaux injustes, écrasant le pouvoir d’achat.

La majorité des retraités et les fonctionnaires subissent de plein fouet la hausse de 1,7% de la CSG, avec un remerciement hargneux de Macron à la TV. Les ménages qui disposent d’une auto et se chauffent au gaz vont être rackettés de 500 à 1000 euros par an au nom des nouvelles taxes « écologiques ».

Tous les contribuables font face à l’embrouille de la mise en place du « prélèvement à la source » de l’impôt sur le revenu : un sac de nœuds pour cacher les plus mauvaises intentions!

Les ministres s’y perdent à chaque fois pour expliquer la chose, parce qu’ils veulent cacher l’objectif réel de remise en cause de la fiscalité juste et progressive et du financement de la sécurité sociale pour donner encore plus aux riches et aux capitalistes.

Les agents des Finances publiques ont entamé des actions de lutte dans plusieurs départements qui devraient se rejoindre à partir du 3 mai nationalement. Les contribuables et même les dirigeants de PME expriment de plus en plus fortement leur révolte.

Non, vraiment, les cheminots ne sont pas seuls !

Et l’on comprend pourquoi le pouvoir s’acharne sur la « locomotive des luttes ».

Le mardi 1er mai, Journée internationale de lutte des travailleurs, peut et doit être une date marquante dans la globalisation de la lutte contre la politique du capital et de son laquais Macron. Loin des récupérations politiciennes.

Rendez-vous mardi 1er mai, 14h30 à Bastille. Puis le jeudi 3 mai, pour les manifestations des cheminots, agents des impôts et … ( la liste se complète)

 https://sncf-stop-concurrence.fr/

SNCF – PETITION EN LIGNE – SIGNEZ! FAITES SIGNER! Monopole, établissement public, statut: NON A LA CONCURRENCE AU PROFIT DU PRIVE, aux sociétés anonymes et à la casse sociale

À Emmanuel Macron et Edouard Philippe

Je dis NON à l’application en France des règlements et directives de l’UE de marchandisation du rail, NON à la suppression du monopole historique de la SNCF sur les trains de voyageurs (art. 2141-1 du code des transports) et à la livraison de cette activité à la concurrence et au privé.

Je dis NON à l’éclatement de la SNCF et à sa transformation en sociétés anonymes par actions, rendant possible sa privatisation.

En conséquence, j’exige qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe retirent leur projet de loi et d’ordonnances visant la SNCF.

Je demande le retour au monopole public SNCF sur les trains de marchandises, activité sinistrée depuis la mise en concurrence. Je demande l’intégration de toutes les activités ferroviaires dans un établissement public SNCF unique, avec le renforcement du statut des personnels correspondant aux conditions de ce service public.

Ce sont des conditions nécessaires pour une politique de transports répondant aux besoins – grandes et petites lignes, horaires, arrêts, gares – de l’économie, des populations, des territoires, dans l’égalité, la sûreté, la maîtrise de la pollution, la transparence des investissements, des coûts et tarifs, avec un contrôle démocratique par les usagers et salariés : les principes du service public nationalisé conquis en 1936 et en 1945.

SNCF : attaque frontale contre les cheminots pour faire passer la concurrence et la privatisation. Retournons le calcul : Stoppons la machine à broyer les services publics et les droits sociaux !

SIGNEZ LA PETITION CONTRE LA MARCHANDISATION DU RAIL https://sncf-stop-concurrence.fr/

Pour imposer en France la mise en concurrence des trains de voyageurs, suivant les directives et le calendrier de l’UE, Macron et Philippe ont choisi d’attaquer frontalement, outrancièrement, les cheminots et leur « statut ».

L’objectif est clair : réduire le conflit à une question catégorielle et inciter les organisations syndicales à négocier en retrait les conditions de la marchandisation.

La force de la grève des cheminots et le soutien des usagers et de la population permettent d’imaginer renverser le calcul du pouvoir.

Faire passer les cheminots pour des « privilégiés » ne tient pas. L’attaque contre leur statut est directement mise en lien avec la volonté de précariser tous les salariés, après les ordonnances et l’automne et les menaces sur l’assurance chômage. Il est clair aussi que le gouvernement cherche à isoler les cheminots avant de passer à un nouveau démantèlement des régimes de retraite.

Le pouvoir, les médias, les politiciens de droite et « gauche » qui accompagnent lUE du capital et préparent la privatisation depuis des quinquennats, n’arriveront pas à éluder la question des conséquences de la livraison du rail à la concurrence privée, au centre du projet de loi/ordonnance.

La sombre expérience en France est faite depuis 25 ans dans les secteurs publics déjà mis en concurrence et plus ou moins privatisés.

Les prix de l’énergie ont explosé (+70% pour le gaz depuis 2004). La sécurité d’approvisionnement n’est plus assurée. GDF a tout simplement disparu.

Il y a dette et dette. Le chantage sur la dette de la SNCF doit attirer l’attention sur la dette de France Telecom des années de privatisation, que les usagers et clients continuent à payer : 45 milliards d’euros pour le rachat boursier de la marque anglaise « Orange », qui a perdu en 2 ans les 9/10èmes de sa valeur. On est loin de l’investissement dans l’entretien et la modernisation du service public.

Dans le ferroviaire déjà, la mise en concurrence du fret s’est traduite par une réduction de 40% du trafic au profit des transports polluants. Etc.

Sur le plan social, la « réforme ferroviaire » de la « gauche » (2014/2016) a préparé le terrain à un recul sans précédent des conditions de travail des cheminots, sous la concurrence, avec une convention collective au rabais, un accord d’entreprise SNCF qui organise la régression social service par service.

Depuis 15 ans, malgré le statut, l’anticipation de la concurrence/privatisation a déjà coûté 30000 postes, et autant de services, de guichets, de gares, de fonctions de contrôle et de sécurité. Avec le projet Macron/Philippe, le dernier verrou sauterait.

La livraison du marché à la concurrence privée ne peut que peser sur le service public, notamment les petites lignes, faussement épargnées (les régions feront le sale travail). L’équation est simple : Le profit privé ne peut que se faire au détriment du service aux usagers, et/ou des conditions de travail, et/ou des contribuables.

La bataille pour l’avenir de la SNCF n’est vraiment pas que l’affaire des cheminots !

La sympathie pour leur grève ne suffit pas. Nous ne sommes pas pour la « grève par procuration ».

Nous vous proposons d’agir, autour de vous, dans vos entreprises, en partant de vos revendications face à la politique au service du patronat.

Le 19 avril, une journée d’action nationale, avec grève et manifestations, est lancée par la CGT. Le 1er mai peut et doit être une grande journée de lutte des travailleurs unis contre les exploiteurs, avec les cheminots.

Communistes, nous mettons à votre disposition une pétition « pétition pour l’avenir du service public nationalisé SNCF », contre la transformation de la SNCF en sociétés anonymes, et contre la mise en concurrence sous l’égide de l’UE.

https://sncf-stop-concurrence.fr/