Cheminots – SNCF

8000 signatures à la pétition pour « l’avenir du service public nationalisé SNCF » : nous continuons pour renforcer la convergence des luttes sur les questions de fond.

Communiqué, lettre aux signataires, 13 juin 2018  

Le niveau et l’impact considérables de la grève à la SNCF, hier 12 juin, « journée de la colère cheminote » montrent que les forces existent plus que jamais dans l’entreprise pour mettre en échec le « Pacte ferroviaire » de Macron-Philippe.

Cette réalité dépasse la fatigue et la tension causées par deux mois et demi de grève par épisodes. Ce mode de « grève perlée » avait été adopté pour déjouer les manœuvres de procédure du pouvoir : ordonnances, amendements de dernière minute au projet de loi etc. Le gouvernement a cherché à faire traîner le débat sans dévoiler toutes ses décisions, dans une logique de chantage. Cette semaine, le projet de loi sera voté. Mais la lutte va continuer, probablement sous une autre forme.

Il faut voir un aveu de faiblesse dans le matraquage des ministres, des médias de l’idéologie dominante, des « experts », pour nous expliquer que l’affaire est pliée. Non, le pouvoir n’a rien gagné sur le fond. La campagne de stigmatisation des cheminots dans la population n’a pas pris, pas plus que la propagande sur les bienfaits de la concurrence. Quant au rejet de l’UE et de ses directives, il est plus élevé que jamais en France comme dans les autres pays.

Le pouvoir n’a qu’une méthode pour réussir : continuer à esquiver, à jouer la montre, à parier sur l’essoufflement et l’isolement des grévistes les plus déterminés.

Toute notre démarche politique a visé le contraire. 1- remettre inlassablement au centre les questions de fond dont tout dépend : la fin du monopole public, la concurrence, la transformation en sociétés anonymes 2- Travailler à l’élargissement de la lutte et aux convergences, dans l’entreprise SNCF et partout ailleurs, sur la base des intérêts communs des salariés et des usagers avec les cheminots. Nous continuons.

Le pouvoir aimerait bien que le mouvement s’achève par un « baroud d’honneur », des actes symboliques émanant de quelques-uns. Ses médias à la botte sont prêts à célébrer des desesperados si c’est pour mieux sonner l’isolement et la fin du mouvement. Les cheminots en lutte n’ont pas besoin de « baroud » pour avoir l’honneur et être fiers de leur bataille pour le service public et les conditions sociales dans le pays.

Tout montre que des possibilités large de rassemblement dans la lutte existent toujours.

A la SNCF d’abord. Les syndicats réformistes sont encore obligés de rester dans le mouvement quoique leurs directions ne cachent pas leur tentation d’en sortir et qu’ils aient complaisamment joué le jeu des amendements à la marge au Parlement. Cette attitude ne traduit pas uniquement leur crainte de boutique avant les élections professionnelles de fin d’année. Elle reflète le niveau de prise de conscience et d’inquiétude de leurs cheminots-électeurs potentiels et de certains de leurs militants devant le massacre de l’esprit de service public et des conditions de travail que prépare le « pacte ferroviaire ».

La « vote-action » à la SNCF qui a suivi le référendum à Air France, manœuvre ratée du PDG Janaillac (remercions-le : il a prouvé que le pouvoir peut échouer) a établi l’opposition massive, 95%, dans toutes les professions cheminotes, sur le fond du « pacte ferroviaire ». Elle a montré les possibilités d’entrée dans la lutte dans d’autres catégories de cheminots, pour l’instant moins grévistes.

En dehors de la SNCF, les possibilités d’extension de la lutte sont très importantes. Communistes, nous savons qu’elles ne se décrètent pas mais se construisent. Le mouvement est encore très loin d’avoir développé toutes les potentialités.

Les manifestations en week-end « pot-au-feu » ou « grande-marée » (5 et 26 mai) ont eu le mérite de témoigner d’une recherche de convergences des luttes sociales, y compris du côté d’importantes directions syndicales. Mais la simple juxtaposition de mobilisations disparates n’y répond pas et les récupérations politiciennes y sont objectivement nuisibles. Ce n’est pas dans la recomposition d’une illusion électorale face à Macron en 2022 que se construit la rupture, mais bien dans la lutte des classes.

La lutte des cheminots peut et doit engager davantage les usagers, les défenseurs des « petites » lignes, des arrêts de TGV, des gares et des guichets, de tarifs accessibles etc.

La lutte des cheminots correspond étroitement avec celles de travailleurs d’autres services publics, comme ceux de la RATP confrontés au même calendrier européen de concurrence et de démantèlement, comme ceux d’EDF et d’ex-GDF, en lutte actuellement avec la CGT, contre le bilan de 13 ans de libéralisation-privatisation. Etc.

La lutte des cheminots est aux avant-postes de la lutte contre la dégradation des conditions de travail, du droit du travail, des statuts de tous, fonctionnaires, salariés du public comme du privé (cf les ordonnances Macron de l’automne ou la loi El-Khomri). Elle coïncide avec la montée de l’opposition au prélèvement à la source qui menace l’impôt juste et progressif et le financement de la Sécurité sociale.

La lutte des cheminots porte la riposte à la nouvelle casse du système de retraites, tous régimes confondus. Le gouvernement tente d’abattre la résistance cheminote en 2018 pour mieux la faire passer en 2019.

Il est plus que significatif que le pouvoir, frileux, ait reporté la privatisation totale d’Aéroport de Paris ou l’annonce de sa contre-réforme des retraites.

La victoire des cheminots sera directement la victoire de tous les travailleurs, jeunes et retraités. C’est notre conviction depuis le départ de cette lutte cruciale.

C’est dans cet objectif que, responsables d’organisations du PCF de différents départements, localités et entreprises, nous avons proposé à l’ensemble du PCF et mis à disposition de tous nos camarades, dès début avril, la pétition « Pour l’avenir du service public nationalisé SNCF : Monopole, établissement public et statut contre concurrence, sociétés anonymes et casse sociale »

Nous l’avons pensée comme outil pour mettre et remettre le cœur de l’attaque du pouvoir au centre. Des questions aussi importantes que celle de la dette sont subordonnées à la mise en concurrence et à la transformation de la SNCF en sociétés de droit privé (l’Etat reprend ou non une partie de la dette pour exonérer à terme le privé). La question de faire sauter le statut des cheminots et le verrou qu’il représente est indissociable de la casse sociale généralisée contre toutes les catégories de cheminots, statutaires ou non, sur le réseau privatisé ou non, que provoquera la mise en concurrence. Les « négociations », en retrait, avec la direction de la SNCF, le patronat du ferroviaire privé, en présence des représentants de l’Etat, sur les 9 parties de la convention collective du rail, impliquent l’acceptation, comme fait accompli, du « pacte ferroviaire ».

Nous avons aussi pensé notre pétition comme un moyen d’aller vers les usagers, les populations les salariés des autres entreprises publiques et privées.

Nous en sommes à plus de 8000 signatures, dont plus de 1500 cheminots. De l’ordre de 150 initiatives militantes ont repris notre pétition. Des milliers d’affiches ont été collées, plus de 200.000 tracts diffusés. C’est la pierre, que communistes, nous avons apportée, pour l’instant, à l’édifice de cette lutte d’intérêt général pour le monde du travail.

Pour les pétitions par internet, nous avons développé, de façon militante, notre propre site de signatures, pour échapper aux entreprises de lobbyings associatifs et politiques qui fichent et marchandisent les coordonnées (change.org, Nation-Builder etc.). Quitte à obtenir moins de signatures, mais des signatures entièrement conscientes…

Nous continuons. Nous transmettons aux signataires, qui ont laissé leur adresse mail et accepté que nous leurs envoyions des informations, différents tracts, documents et prises de position etc.

La signature de la pétition n’engage évidemment que sur le texte signé. Mais nous vous invitons à continuer, comme nous, avec les cheminots en lutte comme locomotive !

 

PETITION EN LIGNE : https://sncf-stop-concurrence.fr/

NOS TRACTS PCF :

29 mai 2018 : SNCF : Macron/Philippe jouent la montre pour gagner sur le tapis vert. Les forces existent, toujours et encore davantage, pour mettre KO le « pacte de ferroviaire » de casse sociale et de privatisation par la concurrence

1er mai 2018 : Les cheminots ne sont pas en lutte pour négocier le poids des chaînes de la concurrence/privatisation du rail ! Tract avant les manifs du 1er et du 3 mai.

9 avril 2018 : SNCF : attaque frontale contre les cheminots pour faire passer la concurrence et la privatisation. Retournons le calcul : Stoppons la machine à broyer les services publics et les droits sociaux !

D’AILLEURS :

14 mai 2018 : Déclaration des Cheminots de Miramas du 14 mai en Assemblée Générale

25 avril 2018 : La municipalité de Saint-Martin-d’Hères (2ème ville de l’Isère) adopte un voeu en faveur du service public nationalisé SNCF

SOLIDARITE INTERNATIONALE :

4 juin 2018 : Portugal: la grève pour la sécurité et l’emploi a paralysé le transport ferroviaire. Contre la nouvelle étape de livraison au privé des chemins de fer.

Juin 2018 : Le chaos à la Northern Rail prouve « qu’il n’y a rien dont les concessionnaires privés soient plus incapables que de faire rouler des trains ».

Juin 2018 : Question des députés communistes grecs au parlement européen concernant la grève des cheminots en France

 

SITE SIGNATURE PETITION EN LIGNE :

https://sncf-stop-concurrence.fr/

Une iniative d’organisations, fédérations, sections du Parti communiste françaisQui sommes-nous ?

SNCF : Macron/Philippe jouent la montre pour gagner sur le tapis vert. Les forces existent, toujours et encore davantage, pour mettre KO le « pacte de ferroviaire » de casse sociale et de privatisation par la concurrence

Tract – Manifestation cheminote SNCF – 29 mai devant le Sénat

PETITION: https://sncf-stop-concurrence.fr/

 

On nous excusera la métaphore de la boxe suggérée par les « rounds » de grève. Elle nous semble bien illustrer la situation.

 

 

D’un côté, Marcon/Philippe ne font qu’esquiver, poussé dans les cordes par la lutte cheminote. Ils jouent la montre et espèrent gagner le match aux points, sur le tapis vert, sachant les arbitres et les juges vendus : leurs parlementaires, la plupart des élus, les médias.

De l’autre côté, les cheminots dominent le jeu sur le fond : la dénonciation de la stratégie de concurrence/privatisation. Mais, d’un épisode de grève au suivant, ils sont à la recherche de l’occasion décisive pour un KO.

Le public leur est plutôt favorable mais sans encore s’engager dans la convergence des luttes.

Le gouvernement joue la montre : de projets d’ordonnance en amendements, il espace ses annonces – des pétards mouillés – présentant comme des concessions, des données acquises dès le départ.

C’est en particulier le cas de la « reprise » de la dette de la SNCF. Il est clair depuis le début que le pouvoir va la faire payer aux contribuables, aux usagers et aux salariés et non aux futurs actionnaires des sociétés anonymes issues de la SNCF!

Leurs reculs dans leur calendrier antisocial sont à prendre comme autant de signes de faiblesse et d’appels au rassemblement des salariés. La privatisation totale d’Aéroport de Paris a été repoussée. Les annonces sur le nouveau plan de casse des retraites ont pris des mois de retard.

De son côté, le mouvement cheminot s’est intelligemment appuyé sur l’action des salariés et des syndicats d’Air France pour réaffirmer sa raison d’être et l’état réel du rapport de force.

La « Vot’Action » a donné un résultat éclatant. Elle a établi l’opposition ultra-majoritaire des cheminots au « pacte ferroviaire ». 95% ! Elle a replacé la lutte sur le fond : statut, transformation en SA, concurrence. Elle a ouvert la voie à un nouvel élargissement du mouvement et de la grève.

Le contenu des « négociations », sous le contrôle du gouvernement, est totalement inacceptable, même pour les organisations syndicales les plus réformistes.

On ne négocie pas sur le maintien du statut des cheminots. Non, on négocie sur plusieurs niveaux de dégradation de l’accord d’entreprise SNCF, dans le cadre de la future convention collective, et sur la base des dégâts de la « réforme ferroviaire » de 2014/2016.

On va vers des abaissements des conditions de travail violentes touchant toutes les catégories : 1- les non statutaires sur les lignes privatisées, 2- les nouveaux embauchés hors statut à la SNCF, 3- les statutaires sur les lignes privatisées, 4– les statutaires sur les lignes restant SNCF. Avec la menace pour le régime de retraite dès 2019.

La lutte actuelle des agents d’EDF et du gaz, qui exigent le bilan de 15 ans de libéralisation, vient souligner la gravité de la menace de transformation des EPIC SNCF en SA. La porte ouverte vers la privatisation détruit, dès le départ, les emplois et le service public. Le maintien d’un semblant de cadre social commun n’y change rien.

Le point central du projet de gouvernement et de l’UE reste celui qu’ils veulent le plus effacer du débat : la concurrence, la fin du monopole public SNCF sur le transport de voyageurs.

Sans même évoquer les catastrophes à l’étranger, dans les pays où le service public était fort, l’opinion française n’a qu’à constater les dégâts dans l’énergie, les services postaux, le fret ferroviaire etc. La résistance à la concurrence ne peut s’imaginer qu’au plan national et non dans les régions. Les élus régionaux de droite et de « gauche » relaient, les uns et les autres, les pressions sur le service public et les conditions de travail induites par le cadre concurrentiel et l’austérité (que la SNCF soit maintenue ou non comme prestataire).

Pour gagner sur le fond, notamment après la « vot’action », le mouvement  cheminot a raison de replacer au centre le rejet de la mise en concurrence comme point principal !

Oui, c’est bien dans le développement de la grève et dans la convergence des luttes que l’avantage politique des cheminots en action peut se transformer en victoire, par KO, sur le gouvernement. Les possibilités et les attentes sont énormes, malgré le matraquage médiatique.

Il était couru dès le début que les résultats du « pot-au-feu » du 5 mai et de la « marée » du 26 mai seraient maigres pour ceux qui sont dans la lutte. Les calculs politiciens de leurs initiateurs, avides de places électorales, de recomposition politique, étaient trop évidents. La juxtaposition de mouvements très éloignés, même justifiés (ex : pour la Palestine, contre les violences policières, etc.), une action le week-end, sans grève, ne fondent pas de convergence de lutte.

Il était difficile de demander aux cheminots de s’aligner sur ceux qui se sont docilement tus ou qui siégeaient au gouvernement pendant la « réforme ferroviaire » de Hollande.  Retenons de ces épisodes la recherche d’unité de lutte d’un certain nombre et la solidarité, notamment financière, sincère, des manifestants.

Car des convergences à développer avec les cheminots, il y en a beaucoup et de très importantes !

Pour l’instant, les agents de la RATP ne sont pas massivement entrés dans le mouvement bien qu’ils soient frappés par le même calendrier de mise en concurrence et de casse de leur statut. Pécresse, suivant Huchon, vient ainsi de lancer l’appel d’offres au privé du nouveau tramway du Val-de-Marne.

Les revendications des fonctionnaires pour leur statut sont directement à lier avec la remise en cause du statut cheminot.

Le « parcoursup » infligé aux lycéens et étudiants correspond à ce projet de mise en concurrence de tous contre tous, des jeunes les uns contre les autres, sans rapport avec leurs aspirations et les besoins du pays.

La menace sur les retraites, contre tous, passe par la casse du régime cheminot.

L’avenir compromis d’Alstom ferroviaire, livré par Macron à Siemens, correspond étroitement à sinistre avenir prévu pour l’ensemble rail en France.

Nous pouvons et devons établir toutes ces convergences, une à une pour faire reculer le pouvoir.

Citons encore les attaques contre le droit à la mobilité que représente le nouveau contrôle technique ou la limitation à 80 km/h des vitesses (et le dangereux allongement des temps de parcours qu’elle implique) sur des routes dont l’Etat ne veut plus payer l’entretien, comme il n’a pas voulu payer l’entretien des voies du réseau SNCF où les trains roulent plus lentement qu’en 1900.

Communistes, toute notre énergie est dévouée à la construction de ces convergences de luttes autour, à ce moment, de la locomotive cheminote.

Dans les semaines qui viennent, des actions collectives majeures, rassembleuses, peuvent et doivent être envisagées.

Depuis deux mois, de plus en plus d’organisations du PCF diffusent et font signer, dans ce sens, la pétition pour « l’avenir du service public nationalisé SNCF »,contre la remise en cause du statut, la transformation des établissements publics SNCF en sociétés anonymes, la casse du monopole SNCF des trains de voyageurs. Nous continuons à aller dans les quartiers, vers les usagers, dans les entreprises! C’est notre contribution au rassemblement pour le KO à infliger à Macron/Philippe !

https://sncf-stop-concurrence.fr/

 

Déclaration des Cheminots de Miramas du 14 mai en Assemblée Générale

Nous reproduisons ci-dessous la déclaration des cheminots de Miramas validée en assemblée générale des grévistes, lundi 14 mai 2018

 

Aujourd’hui, lundi 14 mai, les cheminots de Miramas abordent leur 18ème jour de grève avec la même détermination qu’au premier jour. Notre niveau de mobilisation reste intact depuis le 4 avril. Son impact grandit dans toutes les activités (matériels, équipements, etc.).

Faute de convaincre les cheminots et les usagers, le tandem Macron/Philippe joue la l’esquive, l’enfumage, la montre, escomptant un délitement du mouvement d’ici les vacances. Pour nous, l’heure est au contraire à l’aiguisement, à l’intensification et à l’extension de notre lutte, à Miramas comme nationalement.

Dès le départ Macron et Philippe, qui viennent de donner 5 milliards d’euros par an aux plus riches, ont perdu la bataille du « cheminots-bashing ». Personne ne nous voit comme des privilégiés. D’accord ou non, tout le monde reconnaît la légitimité de notre lutte.

Quand Macron proclame qu’il veut prélever 30% sur le rail public en France, tout le monde, ou presque, comprend que ça se fera sur le dos du service public et de ses agents. Les guichets, les « petites » lignes, les « petites » gares, l’entretien, des milliers d’emplois qualifiés sont dans son collimateur, en sursis. Tout le monde, ou presque, comprend que Macron veut transférer ces 30% vers les profits de ses amis capitalistes.

Sur la privatisation, Macron et Philippe sont sur la défensive car ils savent que l’immense majorité du pays refuse le bradage de la SNCF. Mais la vérité éclate. Les milliers de km de lignes qui seront donnés au privé : c’est bien de la privatisation. L’extension, encore, des externalisations des services SNCF, c’est bien de la privatisation. Le projet de filialisation du fret, c’est bien de la privatisation. Les exemples de France Telecom ou d’Aéroports de Paris ont bien montré que la transformation d’établissements publics en sociétés anonymes, même un temps, soi-disant « 100% publiques », ne fait que préparer la privatisation du cœur de la SNCF lui-même. Les cheminots, en particulier, ne sont pas dupes !

Le cœur du soi-disant « pacte ferroviaire » de Macron, c’est l’application des directives européennes de mise en concurrence et de liquidation du monopole public. Les dégâts de ces politiques sont connus. Il n’y a pas même besoin d’examiner les exemples, parfois dramatiques, à l’étranger. A Miramas, nous sommes les mieux placés, pour mesurer le recul du fret, son coût économique et écologique, depuis la mise en concurrence. Le mouvement de grève de nos camarades d’EDF et du gaz illustre au mieux notre convergence de lutte. Ils exigent le bilan de 12 ans de concurrence et de privatisation : flambée des tarifs, abaissement de la sécurité d’approvisionnement, liquidation des barrages publics, casse sociale, endettement record sur les marchés boursiers…

Depuis plus d’un mois, les cheminots de Miramas ont manifesté, interpellé, agi, se sont faits entendre. Chacun de nos actes a été réfléchi et nous en sommes fiers. Nous avons été poser des rails devant la permanence de députés d’En Marche, ouvrir des péages autoroutiers, envahir la représentation régionale de l’Union Européenne, manifester devant la sous-préfecture et, dernièrement, devant le siège du MEDEF. Le rassemblement des cheminots, les convergences avec les salariés du privé comme du public, les usagers, notamment des entreprises de l’étang de Berre, et avec les populations, par exemple de la Côte bleue, est notre objectif constant.

Nous avons été plusieurs dizaines de cheminots sur les piquets de grève pour faire de ce lundi 14 mai une journée sans cheminot au travail ! Les chiffres de grève à la hausse aujourd’hui confirment la force de notre lutte avant des semaines décisives.

Nous nous investissons pleinement dans la « vot’action » organisée par nos fédérations syndicales cette semaine dans toutes les gares du pays. Janaillac, alter ego de Pépy à Air France, s’est vu infligé une déculottée par les salariés lors de sa tentative de casser la grève syndicale par voie de référendum. Conscients des limites de l’exercice, nous allons, à travers ce vote à la SNCF :

-          Montrer qu’une majorité de cheminots soutient la grève et entend participer au combat commun

-          Remettre au centre, face à l’enfumage, le cœur du « pacte ferroviaire » de Macron : NON à l’ouverture à la concurrence, NON à la transformation des EPIC SNCF en Sociétés anonymes, NON à la fin du statut cheminot et au recul social généralisé.

-          Préparer l’extension de la mobilisation, dans la lutte et la grève, pour, notamment les 18 et 19 mai, et les 23 et 24 mai.

En disant NON au « pacte ferroviaire », cheminots, nous enverrons un message clair au gouvernement : nous ne voulons pas négocier à la marge, nous remettons en cause le cœur de la réforme !

Forts de ce mandat clair, nous ne laisserons pas les négociations du 24 mai se borner à l’aménagement des dégâts, avec le sous-fifre Pépy. Nous ne nous mobilisons pas, à ce niveau, pour négocier la dégradation des conditions de travail dans les secteurs livrés en premier à la concurrence privée, de l’accord d’entreprise dans toute la SNCF, contre les anciens et les nouveaux embauchés, eux-mêmes mis en concurrence les uns contre les autres, avec une convention collective au rabais, faite sur mesure pour le privé. Pas question, en clair, de négocier notre transfert vers le privé, notre détachement dans une filiale privée !

L’avenir du financement du rail et la question de la dette sont très importants pour nous. Mais ce n’est pas la question immédiate. Nous ne tombons pas dans le piège de la négociation sur la reprise de la dette sans savoir si la SNCF sera une société anonyme privatisable ou restera un établissement public. Le patronat pousse déjà pour la reprise de la dette par l’Etat! L’entreprise privatisée que veut le gouvernement ne pourrait pas être profitable et attractive pour les spéculateurs, si elle reste lestée par la dette (« privatisation des profits, nationalisation des pertes », on connaît !).

Plus que jamais, nous exigeons le retrait du pacte ferroviaire, préalable au débat public national indispensable pour l’avenir du service public nationalisé du rail !

Pour gagner, les cheminots de Miramas appellent à continuer et amplifier la mobilisation pour les prochaines 48h de grève du 18 et 19 mai ! Nous continuons à travailler à la convergence des luttes et des revendications. Nous travaillons à l’unité d’action avec les salariés des industries usagères pour gagner contre la filialisation du FRET. Le 22 mai, les fonctionnaires seront en grève pour des questions de service public, de statut et d’externalisation, similaires aux nôtres. Les agents de la RATP aussi, contre le même agenda antisocial que nous, le même calendrier de destruction du monopole public au nom de directives européennes.

Une colère générale gronde dans le pays contre les augmentations de CSG, l’injustice fiscale que prépare le prélèvement à la source des impôts etc.

Partout, dans l’unité, engageons le « tous ensemble », dans l’action, la lutte, la grève : il nous mènera à la victoire !

La municipalité de Saint-Martin-d’Hères (2ème ville de l’Isère) adopte un voeu en faveur du service public nationalisé SNCF

Vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF voté par le conseil municipal de la Ville de Saint-Martin-d’Hères du 25 avril 2018

avril 2018, par Saint Martin d’Hères

En soutien aux cheminots en lutte depuis le 3 avril, hier soir, le conseil municipal de la ville de Saint-Martin-d’Hères a voté à la majorité (PC, PS, PG, EELV), moins 3 abstentions (1PS et 2LR) et 4 contre (LREM) le vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF.

A travers ce vœu, la ville de Saint-Martin-d’Hères défend le maintien du monopole public SNCF du transport de voyageurs, le retour au monopole public SNCF du transport de marchandises et demande au gouvernement de retirer son projet de loi et d’ordonnances visant la SNCF.

Lien pour signer la pétition pour l’avenir du service public nationalisé SNCF : https://sncf-stop-concurrence.fr/

Ci dessous le vœu dans son intégralité.

Vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF

La ville de Saint-Martin-d’Hères défend depuis longtemps le principe du service public. Or, en France, les attaques en direction de celui-ci se sont accentuées avec des secteurs mis en concurrence et plus ou moins privatisés (par exemple France Télécom, EDF, GDF ou la Poste). Depuis un an, les services de santé publique, de justice, des finances publiques, ou encore l’université (sans moyen nécessaire) sont menacés.

Par ailleurs, la ville de Saint-Martin-d’Hères a déjà voté un vœu sur la nationalisation et le monopole public des concessions hydrauliques.

Aujourd’hui, plus que jamais, les mesures du « nouveau pacte ferroviaire » que le gouvernement entend prendre sont lourdes de conséquence pour le service public ferroviaire de transport de voyageurs : application en France des réglements et directives de l’Union Européenne sur la marchandisation du rail ; suppression du monopole historique de la SNCF sur les trains de voyageurs pour une ouverture de cette activité à la concurrence et auprivé ; éclatement de la SNCF et sa transformation en société anonyme par actions, rendant ainsi possible sa privatisation.

Il est important de rappeler que la mise en concurrence du fret s’est traduite par une réduction de 40% du trafic au profit du transport routier, bien plus polluant et accidentogène.

Malgré le statut, l’anticipation de la concurrence/privatisation a déjà eu pour conséquence la suppression de 30 000 postes, entraînant une réduction de services, de guichets, de gares, de fonctions, de contrôle et de sécurité.

L’ouverture à la concurrence privée ne fera que reporter sur le service public le poids des investissements lourds, notamment pour les petites lignes.

L’équation est simple : les lignes générant du profit seront petit à petit confiées au privé. Cela se fera au détriment du service public aux usagers, des conditions de travail et des contribuables.

Face à cette politique libérale, nous défendons :
- le maintien du monopole public SNCF du transport de voyageurs ; l’intégration de toutes les activités ferroviaires dans un établissement public SNCF unique (avec le renforcement du statut des personnels correspondant aux conditions de ce service public). un service public déchargé de sa dette l’affirmation de la priorité du rail pas de fermeture de ligne une politique ambitieuse avec un retour au monopole public du fret

Ce sont des conditions nécessaires pour une politique de transports répondant aux besoins (grandes et petites lignes, horaires, arrêts, gares) de l’économie, des populations, des territoires, dans l’égalité, la sûreté, la maîtrise de la population, la transparence des investissements, des coûts et tarifs, avec un contrôle démocratique par les usagers et salariés : les principes du service public nationalisé conquis en 1936 et en 1945.

La ville de Saint-Martin-d’Hères, à travers ce vœu, demande au gouvernement de retirer son projet de loi et d’ordonnances visant la SNCF.

 

Intervention de Diana Kdouh,communiste élue, lors du vote du vœu pour l’avenir du monopole public nationalisé SNCF

avril 2018, par Saint Martin d’Hères

Intervention de Diana Kdouh, communiste élue, s’adressant au représentant du gouvernement, le député LREM de la 2e circonscription de l’Isère et conseiller municipal d’opposition, lors du vote du vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF au conseil municipal de Saint-Martin-d’Hères, le mercredi 25 avril 2018.

Signez la pétition sur le lien suivant : https://sncf-stop-concurrence.fr/

En changeant le statut d’établissement public de la SNCF en société anonyme, même en l’appelant société nationale à capitaux publics, du moment que l’Etat n’est plus propriétaire (au sens de la nation) et devient actionnaire, cela s’appelle la privatisation. Comme GDF (Engie, détenu aujourd’hui à 24% par l’Etat ou Renault à 19%) peuvent le démontrer.

Cela me permet aussi de rappeler l’exemple de la privatisation du transport de voyageurs anglais. Aujourd’hui, ce sont 26 compagnies privées qui se partagent le gâteau, qui sont régulièrement en faillite, souvent renflouées par l’Etat, avec des tarifs qui ont plus que doublé. Pour information, l’abonnement mensuel à Londres s’élève à 368 euros/mois contre 75.20 €/ mois à Paris.

En fait, c’est le même processus de privatisation et de marchandisation qui s’opère dans chaque pays européen. Quand on a privatisé le transport de voyageurs, cela a coûté plus cher en subventions publiques à l’Etat et plus cher aux usagers en terme de tarif de transport.

Je voudrais également revenir quelques instants sur l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire opéré en 2006.

On a fait rentrer plusieurs compagnies ferroviaires privées sur le réseau français et on a quasiment divisé par deux le nombre de marchandises transportées par rail en France. Aujourd’hui, il y a plus de compagnies et il y a moins de Fret transporté par km de rail au profit du transport routier. Dans ces conditions, la pollution et les bouchons sur les routes ont de beaux jours devant eux.

C’est pourquoi, le maintien du monopole public SNCF du transport de voyageurs ne peut pas être dissocié du retour au monopole public SNCF sur les trains de marchandises, activité sinistrée depuis sa mise en concurrence.

En effet, l’intégration de toutes les activités ferroviaires dans un établissement public SNCF unique, le maintien du monopole public SNCF du transport de voyageurs et le retour au monopole public SNCF du transport de marchandises CONDITIONNENT et GARANTISSENT une politique de transport répondant aux besoins :

- grandes et petites lignes, horaires, arrêts, gares ;
- des populations ;
- des territoires ;
- de l’économie ;
- dans l’égalité et la sûreté ;
- dans la maîtrise de la pollution ;
- dans la transparence des investissements, des coûts et tarifs.

C’est également la condition du renforcement du statut du personnel servant ce service public.

A l’heure où le gouvernement voudrait ramener le service public ferroviaire au 19ème siècle, la majorité communiste souscrit vivement au vœu pour l’avenir du service public nationalisé SNCF.