Entreprises

COP 21 ? 100 suppressions d’emploi à Météo France en 2016 !

Brève, vivelepcf, 11 décembre 2015 

A Météo France, le climat social se refroidit encore. Les agents des 53 sites nationaux ont fortement répondu à l’appel à la grève, le jeudi 10 décembre 2015, lancé par la CGT, FO et Solidaires. La direction devait annoncer encore 93 suppressions de poste pour 2016. En 8 ans, les effectifs auront fondu de 550 agents, soit plus d’un sur six de l’établissement public.

L’annonce a lieu en pleine COP21. La contradiction est flagrante. D’un côté, des climatologues sont lourdement subventionnés pour produire des hypothèses de réchauffement climatique à 100 ans,  des milliards d’euros sont déjà prélevés chaque année pour doper les marchés « écologiques », de l’autre côté, la prévision météorologique publique subit de plein fouet la politique d’austérité budgétaire.

Qui peut nier pourtant l’importance de la prévision météo publique – plus indépendante des puissances d’argent –pour l’activité économique, pour la prévention des effets des intempéries.

La prévision à court terme : On vient de le voir, encore une fois, avec les inondations d’octobre sur la Côte d’Azur, au bilan dramatique (lié principalement à la spéculation littorale et au relâchement des règles d’urbanisme). Les études plus générales : les baisses de moyens entraînent une dégradation du traitement et de la diffusion des données satellites, les seules considérées comme fiables en matière d’estimation de la température planétaire.

Quand l’opinion est sensibilisée comme jamais par les médias à la météo et au climat, soutenons la lutte des agents de Météo France pour le maintien et le renforcement du service public de prévision et de recherche météorologiques !

Dans le contexte, avant les régionales: Soutien aux revendications des machinistes RATP en grève le 18/11

La section du PCF du 15ème arrdt a apporté son soutien aux machinistes de la RATP, en particulier à ceux du dépôt de Croix-Nivert, en grève le 18 novembre. Leur tract (lien vers le PDF)

Nous estimons très juste la décision des organisations syndicales qui ont maintenu l’appel à la grève pour défendre les conditions de travail, décidée depuis longtemps, dans le contexte suivant les terribles attentats du 13 novembre.Pour nous, l’émotion collective, que nous partageons, ne peut pas et ne doit pas être instrumentalisée pour enrôler le pays tout entier dans la politique de guerre et la politique antisociale du gouvernement, dans sa dérive sécuritaire. Nous considérons que les luttes sociales, notamment pour le service public, font partie de la réponse au besoin de fraternité qui s’exprime largement dans le pays, comme au refus des tentatives politiques de division de la population et des travailleurs sur des bases « identitaires ». Nous savons que ces dernières sont aussi malheureusement à l’œuvre à la RATP.

Les attentats du 13 ont souligné l’importance de nos services publics. Tout le monde rend hommage aujourd’hui aux hôpitaux publics et au dévouement de leurs personnels qui ont donné leur temps sans compter. En récompense, le directeur général de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, promet de leur supprimer de 4 à 6 jours de récupération et de tailler dans les effectifs déjà notoirement insuffisants. La bataille contre cette mesure unilatérale, prise contre les syndicats représentant l’immense majorité des agents, avec la complicité des jaunes de la CFDT, va reprendre et, plus que jamais, nous la relaierons sur le plan politique.

Vendredi soir en revanche, les graves répercussions de la politique de la direction de la RATP se sont fait ressentir, heureusement sans drame. La régulation centralisée des lignes d’autobus (le CRIV), mise en place pour supprimer des postes en déshumanisant le fonctionnement du réseau, a abouti à un chaos complet. Les machinistes ont été laissés seuls sans information, sans consigne, y compris ceux des lignes traversant les lieux des attentats. Rétrospectivement, on mesure le danger encouru par les agents et les usagers.

Et le CRIV ne constitue qu’un aspect de la politique suivie depuis des années pour détourner l’argent du service public vers le profit privé dans toutes ces formes.

La grève de ce jour porte sur l’emploi. La situation dans ce domaine devient critique dans les autobus et tramways.Ces trois dernières années, ce sont 1300 agents qui auraient dû être embauchés – et qui ne l’ont pas été – uniquement pour répondre à l’accroissement de l’offre de transport. En 2014, la direction de la RATP n’a même pas tenu son propre objectif affiché ne pourvoyant que 800 postes sur 1000. Cette situation se traduit par des conditions de travail dégradées, une pression permanente sur les agents, des suppressions de services (comme cette année sur le PC1 aux heures de pointe), une généralisation des heures supplémentaires, une baisse de la qualité du service public.

Dans quelques semaines se tiendront les élections régionales dont les enjeux vont être encore plus dilués et coupés des attentes politiques réelles. Les transports figurent pourtant dans les principales prérogatives des régions.

La région Ile-de-France, qui contrôle le STIF, accompagne, en étroite connivence, la politique de la direction de la RATP. Nous nous souviendrons du président sortant de « gauche » Huchon, de son aide à la casse du régime de retraite, de ses professions de foi en faveur de la concurrence. STIF et direction de la RATP cogèrent la casse sociale, la politique « d’austérité » faisant le lit des intérêts privés, comme dans la toute dernière convention signée entre eux. Ils sont roués pour se renvoyer la balle et s’exonérer de leurs responsabilités communes vis-à-vis des salariés et de la population.

Avant les élections, nous invitons à interpeler les candidats sur plusieurs points précis :

A la dernière réunion du STIF, à la veille des élections, les administrateurs de tous les partis (gauche/droite) se sont bruyamment réjouis de l’embauche de 250 machinistes en « renfort » d’ici 4 ans. C’est du cynisme quand le déficit s’est creusé de 1300 postes depuis 3 ans. Les mêmes ont voté le contrat prévoyant l’augmentation de 0,8% de la « productivité » par an…

APPELONS A LA CREATION DE 1300 POSTES DES L’ANNEE 2016 !

Tous les élus reconnaissent la pénibilité des conditions de travail: alors pourquoi ne pas rétablir sa prise en compte dans le système de retraite avec le 1/5ème (une année de bonification pour 5 années travaillées)?

Les candidats de tous les partis, PS, ex-UMP, EELV, FdG revendiquent la paternité du Pass Navigo à tarif unique. Cette mesure répond aux exigences de constitution du Grand Paris et est effectivement avantageuse pour les banlieusards les plus éloignés de Paris. Mais qui a payé, qui va payer ? Les usagers et les salariés! Les entreprises sont totalement épargnées, la baisse des remboursements aux salariés et de nouvelles exonérations fiscales compensant la hausse du versement transport [contribution locale des employeurs aux transports en commun]. Mais depuis 2004 et le lancement de l’idée par l’UMP Copé, l’abonnement zones 1-2 a été augmenté de 65% ! Et ça va continuer car il manque encore 400 millions d’euros par an. En parallèle, la municipalité de Paris a fait exploser les abonnements des personnes âgées. La RATP accroît, de son côté, la pression sur l’emploi et les conditions de travail.

DEMANDONS L’AUGMENTATION DU VERSEMENT TRANSPORT DES ENTREPRISES A CONCURRENCE DU COUT DU PASS NAVIGO A TARIF UNIQUE !

Dans le même temps, pour le budget pour 2016, le gouvernement fait passer l’exonération de versement transport pour les entreprises comptant de 9 à 11 salariés. Le coût de ce nouveau cadeau au patronat s’élèvera, selon les associations de communes, à au moins 300 millions d’euros par an, dont la moitié frappera l’Ile-de-France. Mais Valls ne prévoit de compenser cette mesure qu’à hauteur de 85 millions d’euros.

FAISONS CONNAITRE ET DENONCONS CE MAUVAIS COUP CONTRE LES TRANSPORTS PUBLICS !

A la politique de casse de l’emploi, s’ajoute à la RATP les effets la politique d’intimidation, d’arbitraire, notamment dans le non-commissionnement aléatoire des jeunes agents (non-titularisation) et la révocation à tout-va de personnels. Plusieurs centaines de postes sont concernés. A Croix-Nivert, un machiniste chevronné, père de famille, a été révoqué avec pour motif notamment la constatation par un mouchard qu’il aurait retroussé son pantalon de service lors d’une journée de canicule !!!

CES METHODES DE MANAGEMENT PAR LA TERREUR, COMME A FRANCE-TELECOM, DOIVENT ETRE DENONCEES ET ERADIQUEES !

Communistes, nous appelons à résister à tous ces aspects de la politique de mise en concurrence de tous contre tous, à l’application des directives européennes.

NON AU PROFIT CAPITALISTE, NON A LA GUERRE IMPERIALISTE,

OUI A LA SOLIDARITE ET A LA FRATERNITE OUVRIERES !

SeaFrance: la SCOP aura mis 3 ans pour parachever le plan de liquidation de l’Etat et de la SNCF

Vivelepcf, 4 août 2015

La société coopérative SeaFrance a été placée en liquidation judiciaire le 31 juillet 2015. C’est malheureusement l’aboutissement logique d’une opération organisée finement par l’Etat, la SNCF, avec la complicité, entre autres, d’Eurotunnel. Nous l’avions dénoncé dès 2012 dans l’article ci-dessous.

La création de la SCOP a servi à désengager la SNCF, ancien propriétaire à 100%, à supprimer des centaines d’emplois, à démanteler ce qui est resté de l’entreprise avec la séparation des bateaux et de l’exécution. L’hypocrisie du « O » de la SCOP, « coopérative ouvrière », a permis de faire passer politiquement le mauvais coup, en lui donnant une coloration « gauche », avec des syndicalistes de complaisance. Des politiciens de tous bords ont applaudi à Calais et en France et même salué la firme Eurotunnel.

Eurotunnel aura attendu 2015. Elle s’est saisie du prétexte des avis des autorités de la concurrence britanniques pour réaliser la plus-value prévue à la revente des navires de SeaFrance.

Le rapport de force qui existait en 2012 s’est évaporé. Les syndicalistes dirigeants de la SCOP se retournent maintenant contre l’Etat, enfin, mais sans plus aucun moyen de pression. La base de la mobilisation pour le service public, la filiale publique de la SNCF, n’existe plus. Les marins encore en poste sont écœurés. Nous les soutenons. La dénonciation de du scandale de l’opération SeaFrance-Eurotunnel peut aider leur lutte d’aujourd’hui pour les meilleurs reclassements et indemnisations.

L’exemple de SeaFrance montre de façon éclatante la supercherie réformiste de la propriété coopérative en système capitaliste. Elle n’est profitable aux travailleurs que dans des situations très particulières, des niches. A l’autre bout de la France, à Géménos, les Fralib, après une belle et longue lutte, ont réussi à préserver une partie des emplois liquidés par la multinationale Unilever dans leur usine de conditionnement de thé. Ils ont trouvé une niche économique en se convertissant à l’activité, espérons viable, de la tisane régionale diffusée en circuit court. Ils se sont placés dans une niche politique en devenant un symbole de « gauche », peu coûteux, pour la gauche plurielle régionale et pour François Hollande, avant et après les élections de 2012.

L’exception Fralib confirme la règle.  

Notre article de 2012 :

 

SeaFrance, une SCOP ? De la nationalisation à l’auto-exploitation puis l’auto-liquidation !

Vivelepcf, 4 juillet 2012

« Si cogérer c’est gérer avec, autrement dit, dans les conditions du capitalisme, gérer avec les capitalistes, autogérer, c’est gérer soi-même, c’est-à-dire sans les capitalistes. Ce ne serait pas pour nous déplaire, comme chacun sait.

Mais comment gérer sans les capitalistes aussi longtemps que les entreprises et tous les moyens de l’économie leur appartiennent et aussi longtemps qu’ils disposent de toute la puissance de l’Etat et d’un gouvernement à leur service ? En les priant de bien vouloir nous laisser faire ? Les promoteurs du mot d’ordre d’autogestion sont toujours muets sur la question. » Henri Krasuscki, Syndicats et lutte de classes, Editions sociales, 1969, page 36.

Depuis plusieurs mois, l’avenir de l’entreprise de navigation SeaFrance à Calais est devenu le cheval de bataille des partisans des SCOP, sociétés coopératives ouvrières de production.

Depuis le 11 juin 2012, leur vœu est en voie d’être exaucé. Le Tribunal de commerce de Paris a en effet attribué la reprise des bateaux de SeaFrance à Eurotunnel qui prévoit d’en confier l’exploitation à la SCOP créée par l’ex-CFDT.

Une partie de la gauche est dithyrambique. Pour l’Humanité du 12 juin, ce n’est rien de moins que la réalisation du slogan du Front de gauche : « Prenez le pouvoir ! ». Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs déclaré qu’il avait prévu de « lancer sa campagne sur SeaFrance » avant d’y renoncer devant les soupçons de malversation par le syndicat CFDT (désormais exclu par sa confédération). Jacky Hénin, ancien maire de Calais, a choisi un responsable syndical de l’ex-CFDT, comme suppléant aux législatives. De son côté, Benoît Hamon (PS) se réjouit : il avait acheté symboliquement deux parts de la SCOP. Même à droite, Sarkozy se disait prêt en janvier à « donner une chance » au projet de SCOP et la maire UMP de Calais promet de donner 1 million d’euros à la SCOP.

Y-a-t-il vraiment de quoi être si enthousiaste ? Qui gagne ? Qui perd ?

Du côté de la firme Eurotunnel, on se frotte les mains. Elle récupère les trois bateaux pour 65 millions d’euros alors que leur valeur est estimée entre 120 et 150 millions d’euros, somme qu’elle se déclarait prête à mettre sur le tapis en mars. Si le projet d’exploitation échoue, elle sera toujours largement gagnante.

La SNCF, société nationale jusqu’alors maison mère à 100% de SeaFrance parvient à ses fins. Elle se débarrasse d’une entreprise qui ne fait plus partie « de son cœur de métier » et qu’elle s’efforce de couler depuis 5 ans. Comme le dénonce la CGT, elle a réussi à mener une entreprise bénéficiaire au dépôt de bilan. L’accord avec Eurotunnel prévoit qu’aucune poursuite judiciaire ne sera engagée contre la SNCF sur ses responsabilités éventuelles (évidentes !) dans la faillite de SeaFrance. Ouf, pour la SNCF et pour l’Etat !

Les dirigeants de l’ex syndicat CFDT, à la tête de la SCOP, vont pouvoir reprendre leur fonction de cogestion aux côtés de Jean-Michel Giguet, ancien patron, bien peu social, de Britanny Ferries, et qui deviendra le véritable patron de la SCOP en tant que patron d’« Eurotransmanche » qui lui louera, pour le compte d’Eurotunnel, les bateaux. La CGT dénonce depuis des années la collaboration de l’ex-CFDT à la casse de l’entreprise, son fonctionnement de « secte mafieuse », allant jusqu’au coup de main contre les syndicalistes et salariés récalcitrants.

Et les autres salariés ? Déjà, il ne s’agit plus que de 500 emplois sur 1000 en 2011, 1600 en 2008. A défaut de prime spéciale de licenciement pour tous, la SNCF versera 25.000 euros à ceux qui accepteront de les placer dans la SCOP à leurs risques et périls. Dans les conditions effrénées de la concurrence déloyale organisée par l’UE, pour maintenir l’entreprise hasardeuse, ils seront poussés à s’auto-exploiter. Le patron d’Eurotunnel, Jacques Gounon, ne peut pas exprimer plus cyniquement cette réalité que lorsqu’il évoque les vols présumés de certains salariés ces dernières années (11 mises en examen): « L’esprit SCOP peut jouer. Dans ce cadre-là, celui qui volerait volerait ses collègues ».

L’avènement de la SCOP n’est qu’une nouvelle étape du « scandale d’Etat » que dénonce la CGT, l’avant-dernière peut-être avant la liquidation totale. Communistes, nous ne ferons pas partie de ceux qui se félicitent du démantèlement concerté d’une entreprise nationale de service public, point d’appui contre les dérégulations européennes des conditions d’exploitation, de travail, aussi de sécurité pour les passagers.

L’exemple de SeaFrance mène-t-il à condamner les SCOP en général. Non. C’est une forme de propriété en système capitaliste qui peut présenter parfois quelques avantages pour les salariés. L’expérience de centaines de SCOP qui existent montre qu’il s’agit d’un modèle qui marche surtout pour des petites entités, situées dans des niches commerciales. Des expériences historiques ont illustré comment des salariés pouvaient gérer mieux que des patrons les entreprises et établir d’autres formes de relations au travail. Mais la pression capitaliste ne leur laisse pratiquement plus de place et la logique d’auto-exploitation prévaut sur l’utopie et l’illusion des « îlots de socialisme » dans le capitalisme.

En même temps que ceux de SeaFrance, les salariés de Fralib (conditionnement du thé) mènent eux aussi une action, à l’initiative de la CGT, en vue d’exploiter leur usine en SCOP. Mais dans les Bouches-du-Rhône, tout est différent. Les salariés ne collaborent pas avec une firme privée, ils luttent pour contraindre Unilever à laisser les moyens à la SCOP de maintenir l’activité, rentable sur le site de Géménos, mais qu’elle veut liquider. Ils ne rentrent pas dans des plans destructeurs des pouvoirs publics, ils font monter le rapport de force pour que les autorités politiques interviennent face à la multinationale.

A SeaFrance, devant la trahison de la SNCF et de l’Etat, la CGT a mené une bataille pour la poursuite de l’activité sous pavillon français à travers une société d’économie mixte dont la région Nord-Pas-de-Calais aurait été partie prenante.

Dans les conditions concrètes de la lutte, la constitution de SCOP ou de SEM peuvent être des objectifs. Mais ni l’une, ni l’autre de ces formes de propriété et de gestion de saurait être érigée en modèle, encore moins en modèle pour « dépasser le capitalisme ».

Dans la médiatisation du cas SeaFrance et les prises de position politiques pour les coopératives et l’autogestion, on voit revenir à la charge les syndicalistes réformistes, les sociaux-démocrates. Tous les leurres sont bons pour esquiver la nécessité de la perspective de rupture révolutionnaire, de remise en cause globale de la propriété privée des moyens de production et d’échange, du pouvoir capitaliste.

Ce n’est pas historiquement celle du PCF ni celle de la CGT depuis 1945. Ce n’est pas celle dont ont besoin les salariés dans leurs luttes actuelles !

Liquider le sigle GDF pour parachever la privatisation : ne laissons pas passer !

Vivelepcf, 28 avril 2015

« Engie » se substitue à GDF-Suez : les patrons ont annoncé le changement de nom de leur trust.

L’opération menée à grand renfort de publicité coûtera plusieurs dizaines de millions d’euros, y compris les honoraires de l’agence Publicis. Mais là n’est pas le scandale principal.

Avec l’abandon du sigle « GDF », il s’agit d’en finir avec toute référence à la grande entreprise « Gaz de France » nationalisée à la Libération.

C’est une insulte aux hommes et aux femmes qui l’ont construit hier au service de la Nation, pour les besoins de sa population, pour son indépendance énergétique.

C’est aujourd’hui un moyen de parachever la privatisation de GDF, de liquider toute subsistance de l’esprit du service public du gaz, dans le service aux usagers, les tarifications, les statuts, les choix d’approvisionnement.

La bataille n’est pas terminée. L’Etat français reste le premier actionnaire de GDF-Suez avec 33,33%. En août 2014, au prétexte de l’affaire Alstom, le gouvernement (Valls/Montebourg) a tenté d’abaisser la part de l’Etat et de la faire passer en dessous de la « minorité de blocage ». Ce n’est pas encore le cas. Le pouvoir cherche à se défausser des futures décisions stratégiques de la multinationale.

Le symbole du changement de nom n’est pas un détail. Déjà mis en œuvre, il ne sera pourtant validé que dans un an lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires.

D’ici là, dénoncer le scandale peut contribuer à replacer le gouvernement devant ses responsabilités, à combattre la poursuite de la privatisation et ses effets, à développer la campagne de défense et de reconquête du service public du gaz, à partir de ce que continue à représenter « GDF » dans le pays.   

« Par la privatisation de GDF, la libéralisation du marché, la dérégulation de l’énergie, vous redonnez au marché le rôle principal dans un domaine stratégique, là où l’Etat aurait dû garder sa responsabilité pour préparer l’avenir. »

Qui a dit ça ? François Hollande devant l’Assemblée nationale ! Pour une fois, il avait raison. C’était en 2006… mais ça demeure juste.