Vive le PCF

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K. Marx : extrait de la 1ère adresse du Comité de la Ligue des Communistes, 1850. Au discours des réformistes, quelles mesures doivent opposer les révolutionnaires ? Elément pour la réflexion sur les positions des communistes dans les luttes aujourd’hui.

Nous reproduisons ci-dessous la dernière partie d’un texte court de Marx de 1850, écrit pour le Comité de la Ligue des communistes en 1850.

La Ligue des communistes (1847/1852) fut la première organisation ouvrière, socialiste et révolutionnaire, « marxiste », à vocation internationale. C’est pour elle que Marx et Engels rédigèrent le Manifeste du Parti communiste en 1848.

En 1850, Marx tire les enseignements des révolutions de 1848/1849, notamment dans les pays allemands. La grande bourgeoisie libérale et la réaction surent s’entendre rapidement, allier leurs intérêts et reprendre le contrôle de la situation. Les organisations politiques de la petite bourgeoisie, qui pouvaient se dire « démocrates », « républicains » ou même parfois « socialistes », animèrent le mouvement, canalisèrent en grande partie la révolte ouvrière. La ligue des communistes se disloqua même en partie. Mais les organisations petites-bourgeoises furent finalement, cette fois, reléguées et même réprimées. Marx pressent, déjà, qu’elles joueront bientôt le rôle de roue de secours du système, lors de la prochaine poussée révolutionnaire ouvrière.

Face aux propositions des « démocrates », que nous dirions aujourd’hui démagogiques et réformistes, Marx préconise une ligne revendicative pour le parti ouvrier.

En tenant compte, évidemment, du contexte très différent, ce texte invite à la réflexion des communistes aujourd’hui dans la définition de leurs positions de rupture dans les luttes.    

 

K. Marx : extrait de la 1ère adresse du Comité de la Ligue des Communistes, 1850.

…Nous avons vu comment les démocrates accéderont au pouvoir lors du prochain mouvement et comment ils seront contraints de proposer des mesures plus ou moins socialistes. La question est de savoir quelles mesures y seront opposées par les ouvriers. Il va de soi qu’au début du mouvement les ouvriers ne peuvent encore proposer des mesures directement communistes. Mais ils peuvent :

1. Forcer les démocrates à intervenir, sur autant de points que possible, dans l’ancien ordre social, à en troubler la marche régulière et à se compromettre eux-mêmes, à concentrer entre les mains de l’Etat le plus possible de forces productives, de moyens de transport, d’usines, de chemins de fer, etc.

2. Ils doivent pousser à l’extrême les projets des démocrates qui, en tout cas, ne se conduiront pas révolutionnaires, mais en réformistes, et transformer ces projets en attaques directes contre la propriété privée. Si, par exemple, les petits bourgeois proposent de racheter les chemins de fer et les usines, les ouvriers doivent exiger que ces chemins de fer et ces usines soient purement et sans indemnité confisqués par l’Etat en tant que propriété de réactionnaires.

Si les démocrates proposent des impôts proportionnels, les ouvriers doivent exiger des impôts progressifs ; si les démocrates proposent des impôts modérément progressifs, les ouvriers doivent insister pour que le taux en soit si élevé que le gros capital puisse en périr ; si les démocrates réclament la régularisation de la dette publique, les ouvriers doivent exiger la banqueroute de l’Etat.

Les revendications des ouvriers devront donc se régler partout sur les concessions et les mesures des démocrates.

Si les ouvriers allemands ne peuvent s’emparer du pouvoir et faire triompher leurs intérêts de classe sans passer par toute une évolution révolutionnaire d’une assez longue durée, ils ont, cette fois du moins, la certitude que le premier acte du drame révolutionnaire imminent coïncide avec le triomphe direct de leur propre classe en France et s’en trouve accéléré.

Mais ils doivent contribuer eux-mêmes au maximum à leur victoire finale en prenant conscience de leurs intérêts de classe, en se posant aussitôt que possible en parti indépendant, sans se laisser détourner un seul instant, par les phrases hypocrites des petits bourgeois, de l’organisation autonome du parti du prolétariat. Leur cri de guerre doit être : La révolution en permanence !

38ème congrès du PCF: PRESENTATION de la motion  » PCF: Reconstruire le Parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes »

Congrès du PCF/ non-envoi des textes et du bulletin de vote par la Poste / lettre à tous les membres du CN et aux initiateurs des textes 0,1 et 2

La réunion du Conseil national du PCF du 24 août ayant été annulée, nous nous adressons à chaque membre du CN, notamment aux initiateurs des autres textes alternatifs.

38ème congrès du PCF : nous demandons à chaque membre du Conseil national de se prononcer sur l’envoi national, par la Poste, à chaque adhérent des textes et du bulletin de vote avant la consultation des 4 au 6 octobre 2018

Lettre des initiateurs du Texte 3 (PCF : reconstruire le parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes), adressée
-          aux membres du Conseil national du PCF (aux bons soins de Yann Henzel).
-          A des représentants des textes 0 (proposition du CN : Pierre Laurent, Isabelle de Almeida, présidente du CN, Guillaume Quashie-Roubaud, président de la commission du texte), 1 (« Printemps du communisme » : Frédérick Génevée, Nicole Borvo-Cohen-Seat, Brigitte Dionnet) et 2 (« Pour un manifeste du 21ème siècle » : Denis Durand, André Chassaigne, Frédéric Boccara)

Le 16 août 2018,

Chers camarades,

Nous avons découvert, au détour de la lecture d’une circulaire du secteur « Vie du Parti », qu’on avait décidé de ne pas envoyer nationalement, par la Poste, aux adhérents les textes et le bulletin de vote pour la consultation des 4 à 6 octobre pour le congrès national. Qui est ce « on » ?

Nous considérons qu’il s’agit d’une disposition politique, et non technique, qui touche aux statuts du Parti et a d’importantes conséquences dans l’implication du plus grand nombre de camarades dans le congrès.

Nous avions l’intention d’interpeller le Conseil national à sa réunion du 24 août, avant « l’Université d’été ». Mais nous apprenons qu’elle est annulée. En septembre, « on » nous dira qu’il est trop tard pour envoyer les textes. Aussi, nous nous adressons maintenant à chaque membre du CN pour qu’il s’exprime – désapprouve ou assume – la décision unilatérale qui ne peut venir que de la direction exécutive.

Interrogé par nous, le Président de la « Commission de transparence » du congrès a confirmé la décision.  Il l’a justifiée en arguant de l’accessibilité aux textes par internet, du coût de l’envoi, de la diffusion possible par les organisations locales.

Ces justifications ne sont pas recevables.

Les adhérents du PCF ne sont pas mieux équipés en ordinateurs, en accès internet que la moyenne de la population.  Toutes les interventions pour dénoncer la fracture numérique dans la société ne vaudraient-elles donc pas en interne, dans le Parti ? Encore moins de camarades disposent d’imprimantes laser pour pouvoir tirer et lire des textes longs dans des conditions acceptables.

L’argument de l’austérité budgétaire, place du Colonel Fabien, n’est pas plus acceptable. Il s’agit, paraît-il, d’un congrès « extraordinaire ». Des sommes bien supérieures ont été dépensées, gaspillées, pour des initiatives non-statutaires de la direction, en amont du congrès. Rappelons le questionnaire téléguidé de l’année dernière ou l’assemblée nationale du 18 novembre qui a coûté, entre autres, les déplacements de 1000 personnes de toute la France et la location des auditoriums prestigieux de la Cité des Sciences de la Villette. Ces opérations politiques sont revenues à bien plus que le chiffre de 200.000 euros avancé pour l’envoi des textes et n’ont servi  à la direction qu’à diluer le débat et à temporiser après la sanction cinglante de sa stratégie.

A ce nouveau stade de la disparition politique du PCF, il est inconcevable de limiter la discussion du congrès à la petite minorité d’adhérents encore impliqués, autour des directions locales, des élus, quelques fois de noyaux militants, dans la vie du PCF.

Nous savons tous que des dizaines de milliers de communistes se retrouvent objectivement éloignés, écartés de la vie du Parti qu’ils regardent avec distance, parfois indifférence voire résignation devant l’absence de toute remise en cause. En seulement un an, le constat s’est encore aggravé. Sans parler des dizaines de milliers d’autres qui n‘ont plus de carte.  

Lors des congrès précédents,  les documents avaient été, lamentablement, envoyés à la dernière minute, sous une présentation peu lisible, laissant quelques jours à peine aux camarades pour les appréhender. Cette année, il est encore temps de les envoyer dans de bonnes conditions pour que tous les communistes en prennent connaissance, prennent conscience de l’existence d’une alternative de fond et voient un moyen d’intervenir, également avant les réunions dans les fédérations.   

Le vote sur les projets de base commune, même biaisé, est le seul moment d’expression visible des communistes dans un congrès du PCF, sans le filtre des directions nationale et locales.

Ce sera le moment national d’exprimer collectivement le refus de la poursuite des stratégies d’effacement du Parti, de son organisation et de ses positions. Les groupes dirigeants qui portent les textes 0, 1 et 2 les ont menées ensemble ou successivement depuis 25 ans, depuis la « Mutation » jusqu’à la soumission à Mélenchon en passant par la « gauche plurielle », la conversion à l’intégration européenne ou le « Front de gauche ». La situation critique du Parti exige autre chose qu’un congrès dans un verre d’eau entre ces concurrences plus ou moins factices.

Camarades, membres du Conseil national, nous ne vous demandons évidemment pas de partager ces dernières lignes. Mais, dans un souci élémentaire de démocratie dans le Parti, nous vous demandons d’intervenir auprès de la direction exécutive pour l’envoi des projets de texte de congrès et du bulletin de vote, sur papier, par la Poste, nationalement, à tous les adhérents.

Merci de nous communiquer votre position, que nous publierons, à l’adresse cahierscommunistes@orange.fr . Cette adresse est à la disposition de tous les camarades qui souhaitent s’exprimer sur cette question.

Fraternellement,

Pour les initiateurs du texte alternatif 3 « PCF : Reconstruire le parti de classe – priorité au rassemblement dans les luttes », Corinne Bécourt, Emmanuel Dang Tran, Dominique Negri.  

L’affaire Benalla ne doit pas faire perdre de vue que c’est la politique que poursuit Macron que nous devons combattre, non sa personne et son image.

Article EDT pour le site « vive le pcf », 10 août 2018

L’affaire Benalla a tenu en haleine les médias, les politiciens, les parlementaires pendant toute la deuxième quinzaine de juillet et même au-delà : beaucoup plus de bruit que pour les ordonnances Macron de casse du code du travail ou que pour la réforme ferroviaire, malgré la durée de la lutte de cheminots. Cette seule constatation fait déjà réfléchir.

Bien loin de nous l’idée de minimiser l’affaire. L’enquête doit aller jusqu’au bout. Mais il est maintenant clair qu’elle fera des choux maigres des vidéos peu reluisantes d’Alexandre Benalla, de l’examen au scalpel des passe-droits dont le proche collaborateur de Macron a bénéficié etc.

On est très loin du scandale d’Etat, qu’on le veuille ou non. Personne n’a d’ailleurs imaginé sérieusement que le Président tomberait à l’occasion. On est très loin des sinistres barbouzeries, souvent criminelles, qui ressortent de l’histoire des septennats des années 60 à 80 et déjà un peu des quinquennats suivants, couvertes ou suscitées par ces « grands » présidents que vénèrent les politiciens à la manœuvre aujourd’hui (Mélenchon se revendique de Mitterrand !)…

Depuis 10 ans au moins, on assiste bien à un renforcement, d’une part, de la politique de répression et d’intimidation du mouvement social, d’autre part, à une privatisation partielle des forces de sécurité. Mais le cas Benalla l’illustre de façon tout à fait marginale. Il n’est pas inconcevable qu’un président choisisse son garde du corps en chef parmi ses proches.

Surtout, rappelons-nous que c’est sous Valls qu’encore un pas a été franchi dans la répression d’Etat des manifestations et des luttes. Militants, nous l’avons subie et la subissons depuis les manifestations de 2016 contre la loi El-Khomri, entre gazage lacrymogène systématique et gratuit, encerclement musclé voire violent des manifestations, nouvelles formes de provocations policières etc.  Cette décision politique assumée est allée de pair avec la montée des provocations et violences des « black-blocks » lors de certaines manifestations. En même temps, certains militants sont  tentés par des formes de manifestation comprenant une part de violence ciblée et symbolique. Nous devons poursuivre la réflexion sur ces évolutions. La manifestation du 1er mai 2018, concurrente de la manifestation syndicale, en a été précisément une illustration. Les agissements filmés de Benalla l’ont suivie.

La lutte contre le terrorisme n’a été qu’un prétexte au tournant répressif de Valls-Hollande, utilisé lors du vote de l’état d’urgence en novembre 2015. Quelques communistes l’ont dénoncé dès le départ. Notre site « vivelepcf » avait rappelé les interventions des députés communistes dénonçant, déjà en 1955, le caractère répressif et antisocial de l’institution de l’état d’urgence, en France comme en Algérie. En revanche, André Chassaigne et Pierre Laurent, à l’Assemblée et au Sénat, s’étaient ralliés à « l’Union sacrée » sécuritaire.

Les voici cet été 2018 engagés dans une nouvelle union, à gauche, avec les députés PS et FI pour déposer une motion de censure contre le gouvernement sur le cas Benalla. Ils ont également, comme les députés FI, voté la motion de censure déposée par la droite sur le même épisode. Ces prises de position sont lourdes de signification sur la stratégie poursuivie par la direction du PCF et ses porte-paroles.  

Une motion de censure est acte politique institutionnel fort de condamnation sur le fond de toute la politique d’un gouvernement.  Il n’a de sens, pour nous communistes, que comme point d’appui aux luttes. Une motion de censure contre les ordonnances Macron, contre la loi anti-SNCF aurait été bienvenue, mais impensable avec ceux qui ont accompagné la Loi El-Khomri et la « réforme » ferroviaire de 2014.

Les motions de censure sur l’affaire Benalla rabaissent le débat politique sur des questions de personnes, de comportement, et évacuent la question de l’alternative. On est aussi loin des questions institutionnelles réelles. La motion de censure Faure-Chassaigne-Mélenchon est d’ailleurs quasiment identique à celle de la droite Jacob-Vauquiez. Ce n’était surtout pas une raison pour que les parlementaires PCF aggravent leur choix en votant cette dernière (ce que n’ont pas fait Faure et les parlementaires PS, mais ce qu’ont fait les « Insoumis » après s’être répandus, dans les couloirs de l’assemblée, en manœuvres politiciennes tout azimut, y compris avec les LR).

Entre 1990 et en 1992, le Parti avait décidé que ses députés, à défaut de pouvoir déposer à eux seuls une motion de censure, voteraient celles déposées par la droite contre les gouvernements Rocard puis Bérégovoy. Mais il s’est agi de deux questions essentielles, gravissimes, que nous combattions, en toute clarté, sur la base de positions strictement opposées à celle de la droite : l’établissement de la CSG puis la destructrice « Politique agricole commune ». Rien de comparable entre ces actes politiques courageux et le vote de circonstance d’août 2018!

Le personnage de Macron, et sa mise en scène, suscitent l’agacement, le rejet, parfois la haine, ce que nous comprenons et partageons spontanément. Mais comme parti communiste, nous devons diriger ces sentiments, quand ils traduisent une opposition de classe, vers l’organisation des luttes contre sa politique.  Ce n’est pas le rôle du PCF de participer à un jeu de de chamboule-tout virtuel qui n’aboutit qu’à renvoyer l’aspiration au changement vers une nouvelle farce électorale présidentielle en 2022. On est loin de la contestation réelle des institutions…

En 2007, un philosophe sortait un livre d’opportunité, dont le titre simple est resté dans les mémoires : « de quoi Sarkozy est-il le nom ? ». Comme Macron aujourd’hui, Sarkozy était diabolisé, avec une personnalité qui s’y prêtait et s’y complaisait. A quoi l’anti-sarkozysme a-t-il mené ? A l’avènement de Hollande, avec sabotage réformiste des luttes et grandes mobilisations  pour le service public de La Poste ou contre la casse de la retraite à 60 ans.

De quoi Macron est-il le nom ? Comme Sarkozy, comme Hollande, il est d’abord le nom, sur l’emballage, de la politique au service du capital, de l’UE.

Macron est aussi le nom d’une opération politicienne plus inédite. Elle a été organisée par le système en France, avant les élections de 2017 (déjà l’affaire, déjà médiatiquement disproportionnée, Pénélope Fillon). Avec Macron, le système a réussi à esquiver la crise du système de l’alternance gauche/droite dans le cadre d’une crise plus globale de la démocratie bourgeoise. Macron a été érigé en une 3ème force du système, appuyé par ceux qui pensent qu’ils n’ont pas intérêt au changement. L’opération a été validée par une petite majorité relative, face au repoussoir FN.

Avec Macron, le patronat a trouvé un moyen d’aggraver encore sa politique antisociale dans la stricte continuité Sarkozy et Hollande avec qui Macron avait collaboré. Le brouillage des repères politiques leur a permis de procéder, jusqu’à présent, avec une certaine facilité. Mais logiquement, sous Macron, la même politique suscite le même mécontentement, la même colère populaires. Des luttes sociales importantes s’élèvent.

Depuis juin 2017, c’est la course à l’échalote, derrière Macron, pour se positionner en premier opposant. Sans grand résultat. La médiatisation de l’affaire Benalla, à défaut de traduire un tournant, sonne l’heure des recompositions politiques concrètes et le début du retour de forces politiciennes d’alternance, à droite, comme à « gauche », avec 2022 dans le viseur, en passant par les élections européennes de 2019.

Une droite cherche à se droitiser sur les questions de société et de personnes – partageant entièrement la politique économique et sociale de Macron – éventuellement en recyclant tout ou partie de l’ex-FN (certains ne sont pas privés d’un jeu infâme sur les origines sociales de Benalla, « gars des cités »).

Une nouvelle gauche plurielle commence à se reconstituer, avec des composantes institutionnelles ou populistes, qui se retrouvent des affinités. Le souvenir de la gauche au pouvoir s’éloigne. La partie du PS qui a rejoint Macron redonne un semblant de virginité au reste.

Il n’est pas du tout dit que la 3ème force autour de Macron sorte perdante de la restauration des forces d’alternance. L’affaire Benalla, sauf rebondissements improbables, va s’essouffler sans l’avoir vraiment touchée. L’opinion s’y perd et s’ennuie dans les versions des uns et des autres protagonistes qui pourraient se neutraliser. Souvenons-nous aussi que Mélenchon avait – avant de se rétracter – traité de fascistes les manifestants du 1er mai que Banalla a affrontés…

Cibler à outrance le personnage de Macron laisse sa politique globalement indemne. Les affiches du PCF qui habillent le Président en Louis XIV confèreraient presque de l’autorité à Macron. Le boycott par Mélenchon de son discours de politique générale à Versailles le 9 juillet « le roi-président » a épargné au leader insoumis une contradiction sur le fond.

Car Macron a montré, dans son discours-programme de Versailles, non seulement qu’il était capable de se montrer moins arrogant, quand il le fallait, mais surtout que le pouvoir assume dans sa cohérence tout le programme de contre-réformes structurelles revendiquées par le patronat, l’UE et le capital. 

Pour Macron, la défaite de la lutte des cheminots est consommée. Nous considérons qu’elle se poursuit sous une autre forme et peut encore s’étendre à d’autres services publics, à condition d’analyser les échecs et de mettre enfin au centre la défense et la reconquête des monopoles publics face à la politique de concurrence de l’UE. Dans la suite de ses ordonnances contre le droit du travail, Macron veut abattre tous les statuts du travail, dont, en premier maintenant, celui de la fonction publique. Dans le même mouvement, il déclare la guerre à l’assurance chômage. La hausse de la CSG en un élément en se substituant à des cotisations chômage. Avec le passage au prélèvement à la source, elle annonce aussi un nouveau démantèlement du financement solidaire de la sécurité sociale par la cotisation. En concordance, Macron poursuit un plan ordonné de transfert au privé des prestations de l’Assurance maladie, de la prise en charge de la dépendance (EHPAD), une nouvelle remise en cause du système de retraite. Au centre de son discours, Macron fait une priorité de la rénovation du cadre capitaliste européen pour lui rendre son efficacité contre les acquis sociaux et démocratiques nationaux.  Il veut encore augmenter les dépenses militaires et affirmer la vocation de gendarme auxiliaire du monde de l’impérialisme français.

A peine quelques jours après cette véritable déclaration de guerre au monde du travail et au peuple, l’attention, l’engouement,  l’initiative des cadres de la vie politique sont totalement captés par l’affaire Benalla et les perspectives politiciennes qu’elle ouvre.

Loin de faire la part des choses dans cette affaire, les porte-parole du PCF se sont également engouffrés dans l’opportunité de recherche de coalitions et recompositions politiques dans les institutions. La personnification du pouvoir, l’anti-macronisme à outrance, permettent de s’afficher et de s’intégrer dans un cartel d’opposants, sans faire les délicats sur leurs positions réformistes, leur pratique et leur perspective d’accompagnement du système. La stratégie qui a quasiment éliminé notre parti comme force indépendante (1,23% des inscrits en juin 2017), et le prive de son rôle dans la lutte des classes, est plus que jamais à l’ordre du jour des groupes dirigeants avant le 38ème congrès du PCF.

Communistes, notre place, celle de notre Parti, est dans les luttes, dans l’organisation de la riposte, sur des positions de rupture, des positions de classe, à tous les aspects de la politique du pouvoir, dans le rassemblement que nous devons privilégier, celui qui part des luttes.

38ème congrès du PCF: PRESENTATION de la motion  » PCF: Reconstruire le Parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes »

Pourquoi le Parti communiste de Belgique quitte le Parti de la Gauche Européenne (PGE)

Extrait de notre site « Solidarité internationale PCF »

Après le Parti communiste allemand en 2016 (voir notre article en lien), le Parti communiste de Belgique a décidé à son tour de quitter le Parti de la Gauche Européenne. Cette décision a été adoptée par un vote lors du dernier Congrès du PCB qui s’est tenu le 30 juin dernier à Bruxelles. Ce congrès a aussi décidé que le Parti communiste Wallonie-Bruxelles s’appellerait « Parti communiste de Belgique » et développerait également des activités en Flandre.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de nos camarades belges expliquant les motifs de cette décision.

Pourquoi le PCB a quitté le Parti de la Gauche Européenne (PGE)

Le congrès a décidé à une majorité de 83% des voix adoptée à bulletin secret, de se retirer du Parti de la Gauche Européenne PGE.

Sur le plan politique, plusieurs motifs ont conduit à cette décision de sortie du PGE, parmi lesquels :

  • L’hostilité statutaire du PGE vis-à-vis du socialisme réel alors que l’écroulement de ce dernier constitue la base de la mondialisation capitaliste et la destruction d’un rapport de force qui était favorable aux travailleurs du monde entier ;
  • Le caractère unanime des décisions du PGE qui fige et stérilise le débat en le transformant en un club de discussion élitiste et technocratique ;
  • La non-prise en considération de notre intervention en juillet 2014 sur la crise Ukrainienne qui dénonçait un véritable coup d’état à connotation fasciste ;
  • Le fait qu’en 2011, à l’occasion du 90e anniversaire de notre parti, « l’intervention du PGE » s’est limitée à la tenue d’un colloque à Bruxelles où la direction de notre parti n’a pas été officiellement invitée et où son histoire n’a même pas été évoquée ;
  • L’attitude inadmissible des dirigeants du PGE face à l’OTAN qui nous met en porte à faux avec notre exigence de sortie de l’OTAN en préalable à sa dissolution. Il en va de même de l’attitude de Syriza et de son dirigeant Tsipras dans la crise grecque, attitude qui a contribué à discréditer la gauche radicale exception faite des partis communistes non membres du PGE ;
  • Un montant de 30.000 euros de frais d’affiliation qui n’ont donné aucun retour en investissement ;
  • L’absence de liens privilégiés entre partis membres sur des questions communes, pourtant le fondement même du PGE. Entre autres, la fermeture de Caterpillar, où notre parti a été ignoré et d’autres partis privilégiés alors que nous avons été les premiers à défendre la réquisition des outils !

Nous considérons que Le PGE est à la politique ce que la CES est au syndicalisme, c’est-à-dire des organisations créées et soumises à l’Union Européenne laquelle depuis sa fondation reste une organisation capitalistique qu’il est impossible de réformer de l’intérieur. « L’Europe sociale » qui serait le résultat de réformes progressistes est une illusion pour les travailleurs.

Nous rappelons que l’adhésion de notre parti au PGE a été imposée en 2005 par une minorité de ses membres qui s’est exercé au détriment d’un débat démocratique constitué au minimum par une décision de congrès.

La majorité des membres du parti a constaté que cette minorité pégéiste n’a eu de cesse d’entraîner notre mouvement dans le réformisme au détriment de son essence révolutionnaire.

La récente visite du représentant de Die Linke (dont Gregor Gysi, président du PGE, est membre), Dietmar Bartsch, dans l’une des colonies israéliennes près de la bande de Gaza où il a planté des arbres dans le cadre de la coopération avec l’organisation sioniste « Keren Kayemet » (fonds national juif), connu pour sa grande responsabilité dans la politique de nettoyage ethnique contre les palestiniens, conforte notre décision.

 

38ème congrès du PCF: PRESENTATION de la motion  » PCF: Reconstruire le Parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes »

 

 

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