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Après la lutte des cheminots, des débats animent la CGT : c’est très bien ! Le PCF est également concerné.

Vivelepcf, 6 juillet 2014
La grève des cheminots contre la « réforme ferroviaire » a été suspendue le 25 juin.
« Suspendu » : souvent, le mot est utilisé comme un euphémisme pour atténuer un revers. Dans ce cas, pas du tout ! La lutte a éclairé les vrais enjeux dans le pays. Elle a montré aux cheminots leur propre force. Elle a ravivé d’autres luttes. La bataille du rail, contre l’application de la « réforme », contre le processus de mise en concurrence, contre la suppression des dispositions du statut social des cheminots, ne fait que commencer.
La période est maintenant, notamment pour les syndiqués CGT, de la SNCF comme plus largement, d’une autre façon pour les militants du PCF, à faire l’examen nécessaire du déroulement et de la conduite du mouvement.
La ligne des différents échelons de la CGT est mise en débat. C’est une très bonne chose. Des décisions sont à prendre dès à présent, dans cette situation nouvelle.
Les 7 et 8 juillet, le pouvoir convoque les organisations syndicales à sa « 3ème conférence sociale » avec les organisations patronales. De nombreuses organisations de la CGT appellent leur direction confédérale à ne pas y participer contrairement aux années précédentes.
Nous reproduisons trois motions dans ce sens ci-dessous. (UL Paris 15UD ParisSyndicat des Cheminots de Versailles)
Le fond de cette décision ne porte pas sur l’annonce par Valls d’un nouveau report du projet prétendument destiné à « prendre en compte » la pénibilité des carrières. Il ne se trouve que quelques petits patrons butés de la CGPME pour ne pas avoir compris qu’il s’agit d’un dispositif conçu politiquement et socialement dans l’intérêt du patronat (voir notre dernière analyse en lien). A se demander si ce n’est pas une diversion.
Non, la « conférence sociale » vise avant tout à faire avaliser le « pacte de responsabilité », à donner l’illusion que les 41 milliards d’euros de cadeaux au capital et les 5 autres milliards prélevés sur la sécurité sociale résulteraient d’un accord social.
La direction de la CGT s’est impliquée fortement, d’une façon inédite, dans la campagne pour François Hollande avant 2012. Les immenses mobilisations, par exemple de 2010 pour les retraites, ont été renvoyées implicitement à la perspective d’alternance politique. La désillusion est à la hauteur des illusions semées.
Des militants et responsables CGT s’interrogent sur le retard à corriger cette ligne et ses raisons, malgré l’évidence. La participation aux conférences sociales des deux dernières années l’a manifesté.
Cette année, la décision d’organiser une journée nationale de manifestation le 26 juin pour peser sur la 3ème conférence s’est traduite par un échec total, d’autant plus frustrant qu’à quelques jours près, la jonction aurait pu être faite avec la lutte des cheminots.
Il est frappant que la réunion du Comité confédéral national des 14 et 15 mai n’ait pratiquement pas abordé la riposte à la « réforme ferroviaire », à quelques jours de la manifestation nationale cheminote du 22 mai.
La lutte des cheminots a mis en évidence une forme de résignation dans les positions des dirigeants confédéraux, résignation notamment à l’Union européenne, allant de pair avec un manque de confiance dans les luttes.
Patronat, PS et UMP n’ont pas manqué de rappeler tout le long de la discussion le rapport de Thierry Lepaon, rendu au Comité économique et social en 2012, avant son accession au secrétariat général. Il y faisait des propositions précises pour l’aménagement de l’ouverture des trains régionaux à la concurrence, dès 2015. Pourquoi ne pas avoir renié ce rapport, du moins l’avoir remis à sa place ?
Pendant la grève, Lepaon a donné l’impression de sous-estimer la force du mouvement, de chercher à le contenir. Sa lettre proposant une conciliation à Hollande trois jours après le début de la grève, avant la discussion parlementaire n’a pas été comprise par les grévistes et les syndiqués. Les « avancées » parlementaires qu’il a cru bon de reconnaître dans les médias ont été qualifiées « d’enfumage », de dispositions « de surface » par la fédération CGT des cheminots.
Ces prises de position de la direction confédérale n’ont pas aidé le mouvement. Elles ont semé un certain désarroi.  
Du débat de fond qui s’ouvre maintenant dans la CGT ressort déjà un autre enseignement issu de la lutte cheminote. La lutte a été largement plus rassembleuse à l’appel de deux syndicats sur des bases claires, qu’elle ne l’avait été avec des syndicats tièdes précédemment, démasqués dans leur attitude de collaboration depuis.
Les similitudes entre la situation de la CGT et celle du PCF, à la lumière de la lutte cheminote, sont flagrantes.
Le décalage est le même entre les directions et l’état d’esprit des cheminots et militants en lutte.
Le porte-parole du Front de gauche à l’Assemblée, André Chassaigne, a démarré sur des positions de repli, s’abstenant en commission sur la contre-réforme, puis après en séance publique sur son article 1 actant la dissolution de la SNCF. Comme Thierry Lepaon, il a lourdement mis en avant le 19 juin les pseudo-avancées déjà concédées par le ministre à l’UNSA et à la CFDT.
In extremis, le vote négatif des députés communistes, obtenu sous la pression, a tenté de corriger le tir, fermant également, au passage, la perspective de « rassemblement » avec les alter-ego politiques de l’UNSA et de la CFDT, les PS aubryistes « frondeurs ».
Dans les régions, les vice-présidents PCF, affectés aux transports dans les exécutifs de « gauche », « gèrent » (au moins mal ?) et anticipent la marchandisation. La nouvelle convention signée entre la région Centre et la SNCF autorise les TER sans contrôleurs.
Les directions du PCF n’ont pas préparé et organisé une riposte nationale à la « réforme ferroviaire ». Il a fallu attendre la réunion du Conseil national des 14 et 15 juin pour voir une déclaration nationale en phase avec le mouvement. L’opposition à la « réforme » a été quasiment absente de la campagne du Front de gauche aux européennes, malgré le lien direct entre l’UE et les politiques de casse des services publics. Dans un tract 4 pages invitant à une réunion sur les transports, Patrick Le Hyaric – est-ce un oubli ou un acte manqué ? – parvient à ignorer complètement la réforme en France pour ne parler que du Parlement européen. Le 27 mai, au lendemain des européennes, 5 jours après la manifestation géante des cheminots à Paris, la seule interpellation à engager la bataille contre la « réforme » au Conseil départemental du PCF Paris n’obtient pas une seule réponse !
Les similitudes entre la CGT et le PCF ne sont sans doute pas fortuites. Les communistes ont besoin de débats aussi sains et nécessaires que celui qui se rouvre à la CGT et que nous suivons avec toute notre attention. 

Adresse du Bureau de l’UL CGT du 15ème Arrondissement de Paris au Bureau Confédéral

Paris, le 5 Juillet 2014

Chers camarades,

Le Bureau de l’Union locale CGT du 15ème arrondissement de Paris, sur la base du point de vue exprimé par sa dernière Commission exécutive, rejoint les expressions de nombreuses organisations de la CGT : la place de la CGT n’est pas à la “conférence sociale” des 7 et 8 juillet prochains convoquée par le gouvernement.

Le seul objectif de ces conférences est d’obtenir la caution des organisations syndicales à la mise en œuvre des politiques au service du Capital.

Qu’il s’agisse de la « réforme ferroviaire », du «  pacte de responsabilité » ou de la « réforme territoriale », la CGT ne peut pas s’associer à cette mascarade, même de façon critique et au nom du « dialogue social ». Elle accréditerait dangereusement l’idée du patronage d’un gouvernement « neutre », jouant un rôle « d’arbitre au-dessus des classes » alors qu’il est le principal serviteur de la politique du capital.

Le ministre du travail, François Rebsamen, déclare vouloir « faire le point sur le pacte de responsabilité et de solidarité ». Cette conférence constitue une nouvelle manœuvre visant à faire avaliser le pacte de « responsabilité » : une saignée de 50 milliards d’euros en 3 ans dans les dépenses publiques et sociales.

Qui peut croire que l’on puisse négocier des garanties – un moindre mal – pour les salariés, les fonctionnaires, les chômeurs et les retraités dans ce cadre ?

Le mouvement exemplaire des cheminots, tant par sa détermination que par la justesse de son contenu, a mis en difficulté le gouvernement et le patronat comme jamais depuis l’élection de François Hollande. Pour l’Union Locale du 15ème, il a ouvert la voie à une véritable contre-offensive des salariés, dans tout le pays, pour mettre en échec ce plan de casse généralisé de nos acquis et imposer la satisfaction de nos revendications. Nous gardons le souvenir des mobilisations immenses, inachevées, de 2010 contre la casse des retraites.

Le gouvernement a cherché lourdement à rallier la CGT à un accompagnement de sa « réforme ferroviaire ». Il a été mis en échec par le mouvement et s’est retrouvé avec ses partenaires syndicaux habituels.

Aujourd’hui, les salariés attendent de la principale organisation de lutte du pays une voie claire et des perspectives de lutte concrète.

La place des dirigeants syndicaux CGT n’est pas à la table du MEDEF sous les auspices de Hollande et de Valls. Elle est sur le terrain de l’exploitation, dans les luttes, avec les syndiqués. Des possibilités nouvelles existent d’impulser, en actes, la convergence des luttes. Chaque militant syndical de classe l’appelle de ses vœux pour préparer, dès maintenant, une rentrée de résistance et de contre-offensive.

Les instances confédérales ont un rôle décisif à jouer dans cet objectif.

Fraternellement,

Le Bureau de l’UL du XVème arrondissement de Paris 

Adresse de la CE de l’UD de Paris au Bureau Confédéral

La Commission Exécutive de l’UD de Paris réunie le 3 juillet 2014 a décidé de s’adresser au Bureau Confédéral sur 3 points :
  • la participation de la CGT à la Conférence « sociale »,
  • la préparation d’une rentrée offensive,
  • la stratégie de la CGT.

-1- Concernant la participation de la CGT à la conférence sociale.

Les conférences sociales de 2012 et 2013 n’ont eu pour effet que de répondre aux revendications patronales :

  • ANI de « sécurisation » de l’emploi,
  • Exonérations d’impôts et de cotisations sociales,
  • La poursuite des attaques contre nos retraites,
  • ANI sur la formation professionnelle, etc.

Autant de mesures contraires aux intérêts des salarié-e-s.

Le seul objectif de ces conférences est d’obtenir la caution des organisations syndicales à la mise en œuvre des politiques d’austérité. Le monde du travail n’a rien à attendre de la conférence « sociale » des 7 et 8 juillet. Elle constitue une nouvelle manœuvre visant à faire avaliser le pacte de « responsabilité », qui constitue une saignée dans les dépenses publiques de 50 milliards en 3 ans. Le gouvernement cherche à associer les organisations syndicales à la régression sociale, à la casse des services publics et de la protection sociale.

Le gouvernement a démontré ces dernières semaines sa conception du dialogue social dans les conflits des cheminots et des intermittents en orchestrant une campagne de dénigrement de l’action syndicale.

Qui peut croire que l’on peut obtenir des garanties pour les salarié-e-s, les fonctionnaires, les privés d’emploi, les retraité-e-s, dans le cadre du pacte de « responsabilité » ?

La Commission Exécutive de l’UD de Paris affirme que la CGT ne peut participer à cette mascarade. Nous considérons que la non-participation serait de nature à clarifier la posture de la CGT vis-à-vis du patronat et du gouvernement et de donner un signe fort au monde du travail.

-2- Concernant la préparation d’une rentrée offensive.

L’ heure est à la confrontation sociale ! La Commission Exécutive de l’UD de Paris estime indispensable, au regard de la situation économique et sociale, de préparer les conditions d’une rentrée offensive en ouvrant de nouvelles séquences de mobilisation nationale unitaire interprofessionnelle. Elle attend de la Commission Exécutive Confédérale des décisions permettant d’instaurer un rapport de forces dans le but de gagner sur les légitimes revendications des salariés.

-3- Concernant la stratégie de la CGT.

La Commission Exécutive de l’UD de Paris demande au Bureau Confédéral de proposer à la Commission Exécutive Confédérale de mettre à l’ordre du jour du prochain CCN d’une part la stratégie de la CGT, et d’autre part le bilan de l’activité de la direction confédérale depuis le 50ème Congrès. Cette demande fait suite à de nombreuses interpellations d’organisations de la CGT. Ces interpellations posent la question de l’impulsion des luttes, de leur convergence et de leur coordination interprofessionnelle. Elles s’interrogent sur l’élaboration démocratique de la position CGT livrée dans la presse, notamment par son secrétaire général.

La Commission Exécutive de l’UD de Paris considère que ce débat serait salutaire en termes de clarification et de cohérence. La CGT en sortirait plus forte, plus unie. C’est la condition pour gagner le rassemblement le plus large du monde du travail afin de faire aboutir les revendications et de se libérer de l’exploitation capitaliste.

Paris, le 3 juillet 2014

 

Pour la CE de l’UD de Paris,

Patrick PICARD

Secrétaire Général de l’UD CGT de Paris

 

140703 Adresse BC UD CGT Paris

Motion de la Commission Exécutive du syndicat CGT des cheminots de Versailles à l’attention de la Commission Exécutive Confédérale

Versailles, le 03 juillet 2014

 

Chers camarades,

 

Après un conflit très dur contre la réforme ferroviaire, dans lequel notre syndicat a pris toute sa place, il est de notre devoir de réagir, une fois encore, sur le comportement de Thierry Leapon, secrétaire général de la CGT.
En effet, alors que la corporation cheminote était massivement en grève contre la réforme ferroviaire, à l’appel de la fédération CGT des cheminots et de Sud Rail, et que des amendements de pur forme du projet de loi étaient débattus à l’Assemblée nationale, c’est encore par voie presse que Thierry Lepaon a pris les grévistes et notre fédération à contre-pied, en annonçant des « avancées »entre « le premier projet de loi et celui qui est débattu », et en se permettant même d’annoncer « un tournant dans la manière dont les cheminots ont décidé de s’exprimer ».
Au moment même où ces amendements, largement inspirés par le texte signé entre le gouvernement et les syndicats jaunes CFDT et UNSA, étaient rejetés par l’ensemble des Assemblées Générales de cheminots grévistes dans tout le pays et que notre secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, Gilbert Garrel, les qualifiait très justement « d’enfumage », ces déclarations étaient absolument irresponsables et profondément démobilisatrices de la part du secrétaire général de la CGT, car elles ont mis notre fédération et l’ensemble des syndicats CGT cheminots en porte-à-faux.
Ce n’est pas la première fois que Thierry Lepaon se permet de se livrer à ce type de déclarations dans la presse, en décalage complet avec les organisations de la CGT, et nous l’avions déjà souligné.
Nous n’avons pas oublié sa position profondément néfaste en tant que rapporteur de la commission Travail du CESER sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs en juillet 2012, que nous nous honorons d’avoir fermement condamné à l’époque par une motion, car ce vote semblait valider, au nom de la CGT, le fait accompli de la privatisation du réseau et de la mise en concurrence des salariés, en violation des orientations de la fédération CGT des cheminots.
Nous disions dans cette motion que la position de Thierry Lepaon nous mettait en « difficulté sur le terrain », et bien il est clair aujourd’hui que ce rapport, pour lequel la CGT avait donc voté POUR, ainsi que les déclarations en plein conflit de Thierry Lepaon sur les prétendues « avancées » des amendements au projet de loi portant réforme ferroviaire, sont largement relayés par la direction de la SNCF, ainsi que par les syndicats briseurs de grève contre nous sur le terrain !
Voilà pourquoi la Commission Exécutive du syndicat CGT des cheminots de Versailles condamne avec la plus grande fermeté ces propos de Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, comme elle avait condamné ceux tenus au journal Le Nouvel Economiste, il y a quelques mois !
De même, alors que de nombreux secteurs étaient en lutte simultanément à l’appel de la CGT, pourquoi la Commission Exécutive Confédérale n’a pas pris l’initiative de construire la « confédéralisation » de ces luttes ?
Il est aujourd’hui clair que sans l’heureuse initiative de l’URIF CGT, en liaison avec les autres orgas CGT d’Ile de France, la grande manifestation unitaire des cheminots et intermittents, organisée dans l’urgence à Paris le jeudi 19 juin, n’aurait même pas eu lieu !
La CGT se serait honorée d’organiser cela à l’échelle du territoire, ce que les grévistes de nombreuses corporations demandaient, par exemple en avançant la date de la mobilisation du 26 juin au 19, cela aurait pu rebattre complètement les cartes !
Par ailleurs, le syndicat CGT des cheminots de Versailles soutien pleinement la position exprimée par de nombreuses organisations de la CGT, tenant à refuser la participation de la CGT à la prochaine conférence sociale des 7 et 8 juillet prochain.
En effet, dans un tel contexte d’attaques d’une violence inouïe du gouvernement contre le monde du travail, d’un gouvernement au service exclusif de la défense des intérêts du Capital, la CGT ne doit pas s’associer à une telle mascarade de « dialogue social », accréditant l’idée du patronage d’un gouvernement « neutre », jouant un rôle « d’arbitre au dessus des classes ».
Après l’ANI, la casse des retraites, le vol organisé de notre salaire socialisé par des milliards d’exonération de cotisations patronales, et dans ce contexte d’attaques continues contre les cheminots, les intermittents, les agents de la SNCM et l’ensemble du monde du travail, la place de la CGT ces 07 et 08 juillet n’est pas dans les ors du palais d’Iéna, mais devant ses grilles, avec banderoles, drapeaux, torches à flamme rouge et mégaphones !
Notre syndicat s’inscrirait pleinement dans une telle action si elle était appelée par la CGT.

 

Fraternellement,
La Commission Exécutive du syndicat
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