Crayon Rouge

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Articles par Crayon Rouge

Ce ne sont pas les enseignants en grève qui mettent en danger le baccalauréat, mais bien la politique du ministre Blanquer !

Après plus d’un an de mobilisation des enseignants et des lycéens contre les réformes du lycée, du bac et de l’orientation, la mobilisation a atteint ce 17 juin un nouveau cap. Une large inter-syndicale a appelé à une grève des surveillances pour le premier jour du baccalauréat. Cette modalité d’action, très rare, et son ampleur symbolisent le niveau de colère des enseignants contre la politique imposée de façon autoritaire par le gouvernement.

Comme c’est le cas depuis son arrivée à la rue de Grenelle, le ministre n’a cessé toute la journée d’afficher un large mépris du monde enseignant. Plutôt que de revenir sur ses réformes contestées par tous, il a une nouvelle fois préféré alterner entre mensonges et éléments de langage, largement diffusés par des médias aux ordres du pouvoir.

Un niveau de mobilisation inattendu

Pratiquant la méthode de l’autruche pour ne pas voir la réalité en face, le gouvernement a abreuvé les rédactions d’un chiffre ; il n’y aurait que 5% de grévistes. La grève serait donc largement minoritaire et menée par une petite poignée d’enseignants. En plus de fournir, comme à son habitude, des chiffres entièrement faux* le gouvernement a été jusqu’à annoncer publiquement ces chiffres à 7h50… soit 10 minutes avant le début de la prise de service des enseignants. Rappelons qu’aucun enseignant du secondaire n’est soumis à une déclaration préalable de grève.

La grève a en réalité été bien plus suivie que ce qu’annonce le ministre mais aussi que ce à quoi on pouvait s’attendre. Dans la plupart des établissements mobilisés on compte entre 30 et 50% des surveillants appelés ce jour en grève, beaucoup plus dans certains endroits. Ces chiffres symbolisent un rejet profond de la politique du gouvernement, car il n’est jamais simple de faire grève un jour de bac, d’autant plus avec les menaces de plus en répétées de répression de la part des directions. Alors que le ministre annonçait à qui voulait l’entendre que tout allait bien partout, la réalité dans les établissements était bien différente. Dans beaucoup de lycées les épreuves se sont déroulées avec un seul surveillant par salle (au lieu de 2 ou 3 normalement) et aucun dans les couloirs. Pour maintenir les épreuves coûte que coûte, le gouvernement a mobilisé des personnels de direction, des inspecteurs, des administratifs, des AED, des AVS et même localement des parents d’élèves… S’il n’y avait vraiment que 5% de gréviste, Mr Blanquer n’aurait jamais eu besoin de prendre toutes ces précautions !

Qui menace vraiment le bac ? Les personnels en lutte pour le service public ou la politique destructrice du gouvernement ?

Autre élément de langage martelé toute la journée par le gouvernement, les enseignants prendraient en otage les élèves et fragiliseraient le bac. C’est un comble venant de la part de celui qui met justement en place des réformes qui sabotent entièrement le diplôme national du bac !

Par sa réforme applicable à partir de la rentrée 2019, Blanquer dynamite le bac actuel pour le remplacer par une véritable usine à gaz qui ne va faire qu’accentuer encore un peu plus les inégalités. Avec l’introduction massive du contrôle continu (40% de la note totale) c’est la fin du diplôme national. Le bac sera désormais un diplôme local qui n’aura plus la même valeur selon le lycée d’origine de l’élève, de quoi faire encore un peu plus exploser les inégalités d’orientation sur Parcoursup (le lycée d’origine de l’élève étant systématiquement indiqué sur la plateforme). Le nouveau bac introduit également un grand oral (qui comptera pour 10% de la note totale) sans temps pour le préparer. De quoi là encore faire exploser les inégalités en facilitant l’accès au diplôme pour ceux les plus à l’aise socialement à l’oral.

Le nouveau bac c’est aussi une usine à gaz qui va phagocyter tout le temps scolaire et complétement déstabiliser l’organisation des établissements. Les élèves passeront en tout plus de 20 épreuves réparties sur les années de première et de terminale. Les élèves comme les enseignants vont désormais passer leurs deux années du cycle terminale en examens permanents. Le temps pour les apprentissages sera considérablement réduit et remplacé par des épreuves successives qui n’ont aucun sens.

La destruction du bac s’inscrit dans des attaques plus larges contre l’éducation nationale et les services publics

Cette destruction du diplôme national s’accompagne d’une attaque bien plus large contre l’ensemble du fonctionnement du lycée et du système d’orientation (lire nos analyses précédentes). A tout cela s’ajoute une attaque plus globale contre tout le service public de l’éducation avec la loi Blanquer sur « l’école de la défiance ». Passé en commission mixte paritaire il y a quelques jours, les députés et sénateurs se sont entendus sur un projet de loi qui devrait être voté avant le congé des parlementaires.

Si la mobilisation massive des enseignants a permis de faire reculer Blanquer sur son projet d’EPSF (fusion de collèges et d’écoles primaires) ou bien sur la volonté des sénateurs de droite d’accorder aux directeurs d’école un rôle de manageur, toutes les autres attaques sont restées. Avec l’article 1, le gouvernement pourra continuer et accentuer sa politique de répression des enseignants mobilisés qui seraient désormais soumis à un « devoir d’exemplarité » sanctionnable, traduction « un devoir de se taire ». Avec l’extension de l’âge de scolarité obligatoire à 3 ans c’est un merveilleux cadeau fait aux maternelles privées qui seront désormais toutes financées par de l’argent public. Les Etablissements Publics Internationaux, véritables établissements réservés aux plus riches, attaque encore un peu plus une carte scolaire déjà bien mise à mal.

Les attaques contre l’éducation nationale ne sont pas un cas isolé. Elles sont à mettre en parallèle avec l’intégralité de la politique de ce gouvernement qui sert les intérêts d’une minorité de la population en détruisant méthodiquement les services publics. On peut penser à la réforme Buzyn de la santé, largement contestée en ce moment même dans les hôpitaux ou encore à la loi mobilité (dite loi LOM) qui va accélérer encore la privatisation des réseaux de transport public. Plusieurs secteurs, plusieurs attaques, mais une seule logique !

En lançant toutes ces réformes, Blanquer ne s’attendait probablement pas à être autant contesté par le monde enseignant peu mobilisé ces dernières années. En deux ans, le meilleur élève de la classe a réussi à se mettre à dos une large partie des enseignants, des élèves et de leurs familles aboutissant à une très rare grève du baccalauréat. Le recours massif aux mensonges et à la répression montre la fébrilité du gouvernement. Amplifier la mobilisation encore pour gagner, c’est possible !

A la suite de la grève du 17 juin, des établissements fortement mobilisés partout en France ont voté en assemblée générale la reconduction de la grève. Diverses actions seront organisées pendant toute la semaine du baccalauréat. Au niveau national, une nouvelle journée de grève et de manifestation est fixée pour le 27 juin, premier jour du brevet des collèges. Il est important de maintenir et d’amplifier le rapport de force contre Blanquer dans les jours à venir afin de pouvoir poursuivre la lutte dès le premier jour de la reprise en septembre.

Contre l’école de la défiance et des inégalités de Blanquer, gagnons par la lutte un service public d’éducation ambitieux et émancipateur, seul à même de répondre aux besoins de la jeunesse du pays !

 

*Les taux de gréviste donnés par le ministère de l’éducation nationale sont toujours entièrement faux. Ils font un simple rapport entre le nombre de grévistes constaté à 8h et le nombre total de personnels. Par exemple, un enseignant gréviste qui prend sa première classe à 9h n’est donc pas compté dans ce taux. De plus, les personnels de direction non concernés par les appels à la grève sont comptabilisés dans le calcul. De la même manière, le ministère intègre à son calcul tous les enseignants de collège alors que la grève du 17 juin concernait principalement les lycées.

Parcoursup : gros bug d’un système autant injuste qu’opaque !

Lannée dernière les ministres Blanquer et Vidal ont lancé Parcoursup, un nouveau système d’orientation post-bac destiné à remplacer APB. A grands renforts de pubs et de slogans travaillés par leurs boites de com’, ils ont tenté de cacher la réalité de Parcoursup : un système complètement injuste et opaque, destiné à instaurer la sélection à l’université, à accompagner les manques de moyens dans l’éducation et à accentuer encore un peu plus les inégalités scolaires. Après une première année marquée par plusieurs bugs et par une opacité totale permettant aux ministres d’assurer que « tout va bien », la seconde édition de Parcoursup s’ouvre par un gigantesque bug qui révèle encore un peu plus la nature du dispositif et derrière lui toute la politique éducative de ce gouvernement.

Ce mercredi 15 mai au soir, les presque 900 000 candidats inscrits sur Parcoursup recevaient leur première série de réponses à leurs demandes. Pour ceux qui avaient reçu une réponse positive, la joie fut de courte durée ! Vendredi 17 mai au matin, à la suite d’un rétropédalage de nombreux lycéens au départ acceptés se retrouvent finalement placés en liste d’attente. Un bug de la plateforme est à l’origine du problème, mais contrairement aux dires du gouvernement, ce bug n’est pas secondaire. Il est d’une ampleur considérable et révèle tout le fonctionnement d’une plateforme largement fondée sur des algorithmes opaques.

Depuis la découverte du problème, le gouvernement n’a de cesse de minimiser le problème. Il annonce qu’il ne peut pas donner de chiffres sur le nombre de candidats concernés (signe soit d’une incompétence grave, soit d’une malhonnêteté totale, ou bien les deux…) et précise que le problème ne concernerait que 2% des formations et principalement des BTS. En réalité le problème est bien plus vaste, puisque toutes les formations du supérieur sont concernées et selon un article du journal Les Echos, 70 000 candidats seraient touchés. Dans les établissements à proximité géographique des universités/IUT/BTS concernés par le bug, ce n’est pas rare d’avoir 50% des élèves de terminales concernés par le problème (tel est le cas par exemple dans beaucoup de lycées des Yvelines).

En plus de minimiser le problème et de mépriser les élèves concernés, la ministre de l’enseignement supérieur Vidal rejette la faute sur les établissements d’accueil qui se seraient trompés lors du paramétrage de leurs capacités d’accueil. Le gouvernement se défausse également sur les professeurs de lycée en leur demandant d’assurer le service après-vente de leur dispositif. Trop occupé à justifier ses choix destructeurs, le gouvernement ne se soucie nullement du sort des dizaines de milliers de lycéens placés dans une incertitude et une incompréhension des plus totales.

 

Derrière ce bug, c’est toute la violence sociale, l’injustice et l’opacité du dispositif Parcoursup qui se révèle !

 

Construit comme une véritable usine à gaz, Parcoursup est un dispositif d’orientation largement incompréhensible pour les lycéens et les enseignants et surtout d’une opacité totale. Chaque formation, à l’échelle locale, peut choisir ses critères de classement des candidats sans cadrage national. Concrètement, les facs ont mis en place des algorithmes de sélection que ni les lycéens, ni les enseignants ne connaissent. Résultat, aucun candidat n’est capable de savoir ce qui motive son acceptation ou son refus. Il en découle un profond (et légitime) sentiment d’injustice.

L’objectif central de Parcoursup est d’instaurer une sélection pour les études supérieures et ainsi régler le problème du manque de places à la fac. Plutôt que de mettre sur la table les moyens nécessaires pour que l’Université puisse accueillir les lycéens supplémentaires issus du baby-boom (il faut rappeler que le bac est le premier grade universitaire), le gouvernement a préféré régler le problème en instaurant la sélection. Cette sélection, malgré les éléments de langage du gouvernement, est une sélection de classe. Selon son lycée, sa filière, les moyens des ses parents, les lycéens n’ont pas du tout les mêmes possibilités d’orientation.

Parcoursup permet également de favoriser le développement de l’éducation privée au détriment du système public qui ne cesse de reculer dans le supérieur. Le système étant tellement complexe et opaque, que tout lycéen dont les parents ont un peu les moyens préférera se tourner vers des écoles privées qui proposent des formations en-dehors de Parcoursup. Pour les autres, dont les parents sont ouvriers, employés… le parcours du combattant Parcoursup est un passage obligatoire ! Derrière cela c’est tout une offre publique d’éducation en baisse, moins de moyens publics alloués et davantage d’écoles privées supérieures qui adaptent leurs formations aux besoins du patronat.

Tout cela va de pair avec une destruction massive de l’orientation publique. Les PSY-EN (anciens Conseillers d’Orientation Psychologues) dans les établissements sont en nombre largement insuffisants. Les structures publiques d’orientation comme les CIO sont démantelées. Le gouvernement a ainsi fait le choix de faire peser la totalité de la tâche d’orientation sur les Professeurs Principaux qui n’ont ni la formation ni le temps d’effectuer ces tâches spécifiques et chronophages. Il reste alors le choix des officines privées d’orientation qui se multiplient de façon exponentielle en pratiquant des prix exorbitants… A l’opposé de cette logique, il est urgent de se battre pour qu’un système d’orientation public d’ampleur soit construit avec des objectifs clairs : tenir compte des aspirations des jeunes, faire connaître la diversité des formations existantes et permettre une orientation qui réponde aux besoins du pays.

Enfin, Parcoursup est une mesure qui forme un tout cohérent avec la réforme actuelle du lycée et du baccalauréat. A partir de la rentrée prochaine, les filières S, ES et L disparaîtront, les élèves devront alors choisir en cours de seconde des spécialités. Elles serviront alors « d’attendus » demandés par les différentes formations dans Parcoursup. Cela revient à demander à des élèves de 15 ans de choisir leur orientation post-bac ! De plus, avec la fin du baccalauréat national, les critères de sélection de Parcoursup reposeront de plus en plus sur le lycée d’origine de l’élève. De quoi faire encore un peu plus exploser les inégalités scolaires.

Le bug récent de Parcoursup révèle entièrement son caractère opaque et injuste et, derrière, l’intégralité de la politique éducative du gouvernement. Depuis plusieurs semaines, un vaste mouvement de lutte traverse l’éducation nationale pour revendiquer l’abrogation des réformes Blanquer. Les lycéens, massivement dans la rue en décembre dernier, doivent rejoindre le mouvement avant la fin de l’année pour mettre en échec un gouvernement actuellement déstabilisé.

 

Plus que jamais, lycéens, enseignants et parents d’élèves doivent lutter main dans la main pour défendre le service public d’éducation.

 

Les communistes appellent tous les enseignants, lycéens, étudiants et parents d’élèves à s’impliquer dans les différentes journées d’action et dans les mobilisations locales pour la défense du service public d’éducation. Nous revendiquons :
-l’abandon de Parcoursup et la mise en place d’un dispositif transparent et démocratique d’orientation post-bac assurant à tous l’orientation de son choix.
-davantage de moyens pour l’orientation publique afin de créer des postes de PSY-EN dans les établissements et l’essor des Centre d’Information et d’Orientation (CIO).
-le recrutement massif d’enseignants et de personnels encadrants de la maternelle au supérieur afin d’abaisser le nombre d’élèves par classe et d’améliorer l’accueil.
-le retrait du projet de loi dit « école de la confiance » et des réformes du lycée et du baccalauréat.
-l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail des enseignants afin d’enrayer la crise de recrutement dans le métier.
-la fin du processus d’autonomisation des établissements et le retour à un vrai cadrage national seul élément à même de garantir un réel service public d’éducation.

Interventions des porteurs du texte « Reconstruisons le parti de classe, priorité au rassemblement dans les luttes » au 38e congrès

Intervention de Dominique Negri (fédération de l’Isère) sur le thème de l’Union Européenne. L’Union européenne n’est pas réformable, elle est au service du capital et des puissantes impérialistes. Il est urgent de porter des positions de rupture contre l’UE et de porter le slogan de sortie du PGE.

Intervention de Claude Chamek (fédération de Paris) sur le non respect de la démocratie dans le parti. Aucun représentant du texte « Reconstruisons le parti de classe, priorité au rassemblement dans les luttes » n’est retenu pour le Conseil National du parti.

Intervention de Dominique Negri (fédération de l’Isère) sur le thème de l’Union Européenne et pour l’ouverture d’un grand débat dans le parti pour la sortie du PCF du Parti de la Gauche Européenne (PGE).

Intervention de Dominique Negri (fédération de l’Isère) pour exiger un grand débat sur la campagne faussement radicale du « coût du capital » et pour un retour aux fondamentaux marxistes.

Intervention de Dominique Negri (fédération de l’Isère) pour exiger le lancement d’axes immédiats de lutte : pour l’augmentation des salaires, pour la défense de la sécurité sociale et du salaire socialisé, contre la CSG et le CICE, pour la reconquête des monopoles publics et pour la baisse des crédits militaires et la sortie de la France de l’OTAN.

Intervention de Corinne Bécourt (Fédération de l’Aisne) pour dénoncer l’absence de débat démocratique dans le parti sur l’adoption du nouveau logo. Nous revendiquons le retour aux identifiants historiques de notre parti : la faucille et le marteau. Signez la pétition en ligne.


 

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