Crayon Rouge

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Articles par Crayon Rouge

Motion PCF Paris 15 : Contre la crise actuelle nous avons besoin d’un parti à l’offensive !

Les communistes de la section du 15e arrondissement de Paris, réunis en assemblée extraordinaire de section ce samedi 07 novembre 2020, ont adopté la résolution suivante :

Nous considérons que la politique mise en place par le gouvernement Macron-Castex, et soutenue par un large éventail politique, ne répond en rien aux besoins des travailleurs  dans le cadre de la situation actuelle. Bien au contraire, ils profitent de la crise engendrée par le Covid-19 pour accélérer leur politique de destruction des acquis sociaux, de casse des services publics, d’affaiblissement de la sécurité sociale et d’intensification de l’exploitation des travailleurs.

Nous faisons également le constat que le gouvernement décide, au nom de la lutte contre le Covid-19, d’instaurer des mesures d’atteinte aux libertés démocratiques, politiques et syndicales que nous ne pouvons accepter. Le passage à un régime d’état d’urgence permanent crée des précédents sur lesquels nous ne pourrons que difficilement revenir par la suite.

Dans ces conditions graves, et sans nullement remettre en cause la situation sanitaire du pays, l’assemblée extraordinaire des communistes du 15e arrondissement affirme qu’il est plus que jamais essentiel d’avoir un parti de classe à l’offensive pour construire le rapport de force permettant de déjouer les mauvais coups. Nous décidons :

  • De poursuivre l’organisation de diffusions de tracts et de journaux dans les entreprises et les quartiers afin de diffuser l’analyse communiste.
  • De mettre en place tous les outils pour permettre aux camarades de militer dans les conditions les plus sereines possibles et limiter les risques de répression.
  • De maintenir un rythme régulier de réunion, par différents moyens, tout en mettant en œuvre les conditions pour assurer la sécurité des militants.
  • De poursuivre le travail d’analyse théorique afin de comprendre et de décrire au mieux la nouvelle phase dans laquelle est entrée le capitalisme.
  • D’organiser la célébration locale et nationale du centenaire de notre Parti, le PCF.

(Dans l’article suivant, vous pouvez également retrouver la retranscription de l’introduction des débats de l’assemblée extraordinaire.)

Introduction de l’assemblée de section PCF Paris 15 – Analyse et perspectives de lutte pendant la crise du Covid !

Le samedi 07 novembre 2020, les communistes de la section du 15e arrondissement de Paris ont tenu une assemblée de section extraordinaire afin de pousser l’analyse de la situation actuelle et de proposer des perspectives de luttes destinées à contrer l’offensive du gouvernement Macron-Castex contre les acquis sociaux des travailleurs. Nous vous proposons ci-dessous une retranscription de l’introduction aux débats.

Dans un second article, vous pouvez également lire la motion adoptée par l’assemblée extraordinaire des communistes du 15e arrondissement de Paris.

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Chers camarades,

Merci de votre présence. Les circonstances dans lesquelles se tient cette réunion sont exceptionnelles. Pour des raisons sanitaires alléguées, il est aujourd’hui illégal de réunir une assemblée du Parti communiste à plus de six personnes. A lui seul, l’énoncé de ce fait exprime la gravité de la situation politique dans laquelle nous sommes entrés depuis le mois de mars.

Notre décision de tenir et de maintenir l’organisation de cette réunion est en elle-même un acte de résistance à ce nouvel ordre politique : nous n’entendons pas renoncer à notre liberté d’aller et de venir, à nos libertés démocratiques comme celle de manifester et de se réunir, laisser museler les organisations de la classe ouvrière sous prétexte sanitaire. Dans ce contexte, la question de l’organisation de la section prend d’autant plus d’importance : nous devons continuer à nous réunir, continuer à distribuer des tracts devant les entreprises du 15ème, à nous adresser aux travailleurs aux métros et dans les lieux publics, utiliser toutes les possibilités légales pour le faire, contourner les interdictions. Nous ne devons pas être seuls à le faire. Dans plusieurs départements, les organisations du PCF ont muni les militants d’attestations de déplacement, organisent l’activité militante dans ces conditions de semi-légalité. Nous devrons consacrer une part de notre discussion à la question de l’organisation.

Pour la bonne tenue de la réunion et déjouer les délateurs, nous avons installé un rideau à la fenêtre. Je vous demanderai de ne pas ouvrir la fenêtre, et aux fumeurs d’aller dans le couloir.

La situation actuelle d’épidémie a aggravé la crise du capitalisme mondiale, et constitue aussi une opportunité exceptionnelle pour les tenants du capital qui utilisent toutes les armes à leur disposition pour imposer une exploitation toujours plus violente. C’est l’occasion d’opérer une purge de l’économie mondiale, une reconfiguration majeure du capital et des rapports de force entre classe dans un contexte extrêmement défavorable aux travailleurs.

Covid : 38000 morts en France, 1 million dans le monde. Ces chiffres sont à rapprocher des morts qu’engendrent chaque année la grippe, la tuberculose ou le Sida par exemple, sans parler des guerres. Si le capitalisme existait pour améliorer le sort de l’humanité et répondre aux besoins sociaux, ça se saurait depuis deux siècles. Il n’existe que pour assurer sa domination sur les peuples et pour extraire le profit. Oublier cela amène à tomber dans tous les panneaux dressés par l’idéologie dominante et à verser dans « l’unité nationale ». Quelles sont les origines et les causes de cette catastrophe sanitaire ?

Qui a démoli l’Hôpital public ? Qui a mis la recherche scientifique sous coupe réglée et sous domination des trusts ? Qui a désindustrialisé le pays ?  Qui saigne la sécurité sociale ? C’est la droite et le PS depuis 40 ans et plus. L’épidémie a mis en lumière l’importance vitale de l’Hôpital public et les conséquences désastreuses de sa casse méthodique. Malgré cela, l’Hôpital a fait preuve depuis le mois de mars d’une extraordinaire capacité d’adaptation à l’urgence sanitaire : en moins d’un mois on est passé de 5000 à 14000 lits de réanimation et les services ont été réaménagés en fonction du risque épidémique. Six mois plus tard, il n’y a pas un lit de réanimation en plus, on est retombé à une situation pire qu’au mois de mars dans les Hôpitaux.

Malgré les luttes -dont on connait les insuffisances et les obstacles- le gouvernement poursuit sa casse du système de santé. Macron a déclaré récemment : « la santé, ce n’est pas une affaire de moyens, mais de leur répartition ». « Répartir les moyens », c’est continuer à supprimer des dizaines de milliers de lits d’hôpitaux ! Avec ses accords du Ségur CFDT-FO-UNSA, Véran entend aller « plus vite et plus loin » dans ce sens : remise en cause des 35 heures, remise en cause du repos quotidien des travailleurs, casse des statuts, des rémunérations et des qualifications. Véran demande aux agents de renoncer à leurs congés… En serviteur zélé du Capital, Hirsch à la tête de l’AP-HP est le premier sur les rangs pour tenter de refaire le coup de 2015 avec la remise en cause des RTT notamment. La réponse syndicale à ce jour n’est pas à la hauteur.

L’épidémie est l’occasion rêvée pour accélérer, approfondir et passer une étape nouvelle dans le développement de la dictature bourgeoise. C’est peu de dire que nos organisations n’ont pas pris la mesure de l’offensive actuelle. Par exemple, nous l’observons au niveau de la direction du PCF. Le secrétaire national Fabien ROUSSEL réclame un confinement « plus dur, plus strict, plus ferme ».

La collaboration de classe prend aujourd’hui le masque de l’urgence sanitaire.

La première intervention de Macron au mois de Mars a été de déclarer que nous étions en guerre. Le ton était donné pour préparer l’opinion aux lois d’urgences, aux assignations à résidence, au télétravail, à la restriction des libertés, au sauvetage du capitalisme « quoi qu’il en coute ». Les patrons du privé et du public ont bien compris le message : en état de guerre, tout est permis et ce qui reste de droit du travail est bafoué sans vergogne. Restrictions de circulation, interdiction aux délégués de distribuer des tracts, de se déplacer librement dans l’entreprise au nom du Covid, changement d’horaires, de missions, de charge de travail, licenciements sans motifs etc. Le signal a été donné par le pouvoir et il a été reçu 5/5.

750000 suppressions d’emplois ont déjà été annoncées depuis le début de l’année. Des milliards ont été octroyés aux grands groupes pour « sauver l’économie ». Pour la sécurité sociale, pour l’hôpital, pour l’école, les services publics… les caisses étaient, sont vides !

La course aux profits capitalistes conduit à une grave détérioration des conditions de vie de tous les travailleurs. Pour sauver le capitalisme et les multinationales le gouvernement est prêt à sacrifier le reste de la société. Des millions de gens font face à un avenir incertain. La dégradation générale n’affecte pas seulement la classe ouvrière, mais s’étend à la « classe moyenne », aux étudiants,  aux professions indépendantes et commerçants. Des dizaines de milliers de faillites sont à prévoir dans le secteur du petit commerce et de la restauration.

Des millions de familles sont condamnées à la pauvreté.

Nombreux sont privés d’accès à un travail et à un logement décents.

Quelques chiffres (Fondation Abbé Pierre)

*La crise du logement touche 15 millions de personnes dont 3,8 millions sont « mal logées », habitation de fortune, privation d’eau ou de chauffage, 2,7 millions de ménages sont en surpeuplement dans leurs logements…

*le nombre de sans-abris a bondi de 50%, âgés en moyenne de 46 ans. 20% d’entre eux déclarent avoir des revenus tirés du travail, 6% de leur retraite et 3% du chômage

*9,3 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté, plus du tiers sont des enfants et des adolescents

11,8% des jeunes adultes de 20 à 29 ans sont pauvres.

Les chiffres du chômage explosent

*715.000 emplois salariés supprimés au premier semestre de cette année, pour le second s’ajoutent déjà 140 000.

Sans revenus, encore étudiants ou en contrat précaire, les jeunes sont les premiers à faire les frais de la situation : 29,4% des chômeurs ont moins de 25 ans.

La réforme des retraites que veut imposer Macron, système à points, aura pour conséquence de baisser encore plus les pensions de retraite, d’imposer un temps de travail plus long et de pousser les salariés à accepter des emplois de plus en plus précaires pour obtenir quelques points de retraite.

Pour imposer la politique du Capital, l’atteinte aux libertés individuelles et collectives, aux droits des travailleurs, aux droits syndicaux ne connait plus de limites. Une étape répressive supplémentaire est franchie : après les lois d’urgence, l’état d’urgence, l’assignation à résidence (le confinement), le gouvernement impose le « couvre-feu » utilisé en temps de guerre et il conseille de limiter voir d’exclure les rencontres familiales. C’est une nouvelle tentative de soumission du peuple ! Une forme nouvelle de dictature se met en place, même si personne n’ose vraiment l’évoquer. Si nous ne le disons pas, qui le dira ?

Avant-hier des lycéens qui manifestaient devant leur lycée ont été tabassés et gazés, hier des hospitaliers et des usagers qui réclamaient la réouverture des urgences de l’Hôtel-Dieu fermées en plein pic épidémique ont été interdits de pénétrer au sein de leur Hôpital, contrôlés et sanctionnés par des amendes de 135 euros. La bourgeoisie n’a plus besoin de démocratie bourgeoise pour assurer sa dictature. Elle la gêne. La situation évolue très vite, dans le mauvais sens. Qui aurait pu imaginer il y a un an que nous tiendrions une assemblée de manière quasiment clandestine aujourd’hui ?

Le mécontentement et le rejet de cette politique est profond mais il est insuffisant pour stopper cette spirale infernale de privation de liberté, pour gagner sur les revendications et les aspirations des travailleurs.

Pour aller plus loin dans ses objectifs, le gouvernement, sa propagande et ses nombreux fondés de pouvoirs, utilisent tous les événements pour intimider, faire peur, susciter l’émotion. C’est le nouveau mode de gestion de la société pour imposer sa politique.

C’est notamment l’objectif de la campagne idéologique mondiale sur le réchauffement climatique, réel, mais dont la politique des multinationales est exonérée de toute responsabilité. Les peuples seraient responsables d’une apocalypse à venir, mêmes arguments sur la pandémie, réelle mais dont la gravité n’est pas due aux comportements individuels et surtout pas due au système de santé.

Le terrorisme dont personne ne serait coupable de son existence et de son développement.

Le terrorisme intégriste, des causes ont permis son expansion, les responsables sont clairement identifiés. La guerre impérialiste et le terrorisme sont les deux faces de la même pièce. Daesh, Al Qaïda sont des monstres produits par l’impérialisme, l’OTAN et son alliée l’UE. Ils tentent aujourd’hui à la faveur des atrocités commises de s’en émanciper.

Après avoir déstabilisé tout le Moyen-Orient en appuyant les puissances obscurantistes comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite qui soutiennent et financent directement les organisations terroristes, l’idéologie dominante continue d’utiliser la guerre qu’elle sème à travers le monde pour mieux asservir les populations, aussi bien dans les pays dominants que dans les pays dominés ou convoités.

Quoi de mieux qu’une unité nationale dernière un ennemi commun pour faire oublier les politiques de casse sociale et réprimer la contestation ? Pourquoi stopper les politiques impérialistes internationales, mères du terrorisme, puisque celles-ci permettent à la fois de continuer d’enrichir une minorité de nantis et de détourner et bâillonner les peuples face à la dégradation de ses conditions de vie, toujours au service du grand patronat.

L’idéologie dominante a été propagée à grand coup de battage médiatique mais le contexte actuel permet au pouvoir d’aller encore plus loin dans la propagande guerrière et de franchir une nouvelle étape.

Qui établit le lien aujourd’hui entre terrorisme et capital ?

Bien sûr, lorsqu’un enseignant se fait décapiter devant son école, on est très loin de penser à allier cet acte à la politique du capital. Et pourtant. Ne pas le faire est une erreur d’analyse, une erreur politique, c’est donner du crédit à cette politique criminelle et violente.

Nous sommes révoltés par cette violence physique, mais elle trouve sa source dans toutes les agressions impérialistes, dans toute la violence sociale imposée aux peuples au seul nom du profit.

Nous avons tous remarqués que l’assassinat de l’enseignant a eu lieu quelques jours après le discours de Macron sur le « séparatisme ». Les religions sont constamment utilisées pour diviser afin de détourner l’attention. Elles existent pour ça, pour empêcher les peuples de réfléchir à leurs propres conditions, à lutter pour en changer. Être pauvre est une vertu religieuse…

Anesthésier les cerveaux pour servir les intérêts du capital, c’est la mission des religions. « La religion, c’est l’opium des peuples », cette très juste analyse de Marx trouve toute sa réalité dans la situation d’aujourd’hui. Face à cette situation qui prend une tournure de plus en plus dangereuse, qui s’oppose ?

La « gauche » au secours du capital.

Mélenchon a déclaré lors du rassemblement place de la république suite à l’assassinat de l’enseignant : « j’appelle à l’unité nationale ». Unité avec qui ? Avec les responsables de cette politique nationale et internationale ?

Jamais nous n’appellerons à l’unité avec ceux qui ont du sang des peuples sur les mains, avec ceux qui sont à l’origine des violences sociales, avec ceux qui pratiquent la politique du profit au détriment des intérêts du peuple.

Nous appelons à l’unité des travailleurs pour faire reculer, abattre cette politique destructrice pour changer vraiment de société.

Ce n’est pas le chemin que prennent les partis qui se définissent frauduleusement de «gauche ».

Le journal « le Nouvel Observateur » révélait le 10 octobre dernier un « appel des 1000 pour une candidature commune à gauche pour la présidentielle 2022 ».

Ils y sont tous ! La France insoumise, le Parti Socialiste, la direction mutante du PCF et toute une kyrielle de « personnalités ».

« Alternative humaniste »« Partage des richesses » rassemble tout ce beau monde, tous responsables soit par leur participation au gouvernement, soit par le choix politique du syndicalisme de « dialogue » voulu par le Medef, de la situation d’aujourd’hui.
En clair il s’agit pour eux de présenter une roue de secours à la politique d’aujourd’hui, autrement dit à sauver le capital comme l’économiste Piketty le propose.
Cette démarche constitue une des nombreuses initiatives pour tromper le peuple, tenter de le mener dans une impasse, créer une nouvelle illusion de changement.
Le capital est conforté dans ses choix politiques.

Aujourd’hui plus que jamais, il y a besoin d’un Parti communiste dans notre pays pour les travailleurs

Notre parti, le PCF va fêter le 100ème anniversaire de sa fondation au Congrès de Tours, le 30 décembre 1920.

Si nous sommes communistes, c’est que nous nous reconnaissons dans les ruptures fondamentales opérées en 1920 : rupture avec le social-opportunisme, avec le réformisme, avec la collaboration de classe et l’accompagnement de la guerre impérialiste, rupture, dirions-nous aujourd’hui, avec la politique politicienne.

Le « Parti d’un type nouveau » inspiré de Lénine, s’appuyant sur Marx et Engels, a ouvert des horizons immenses à l’intervention ouvrière et populaire dans la politique, dans la vie. La perspective révolutionnaire ouverte par la Révolution d’Octobre, l’espoir qui est devenu matérialité d’une rupture socialiste a porté des générations de militants. Et nous sommes toujours aujourd’hui en profond accord avec le choix de l’immense majorité des congressistes de Tours d’opter pour les 21 conditions de l’adhésion à la 3ème Internationale.

Nous passerons en décembre le 100ème anniversaire du Parti dans les conditions les pires qu’il ait pu être possible d’imaginer depuis 60 ans. L’activité militante est menacée légalement. Prenons la dimension de la période et soyons à la hauteur des événements. Il faut redresser notre Parti communiste, en commençant par notre section. Nous ne pouvons pas accepter ce stade végétatif de nos organisations. Nous devons déployer notre activité militante partout, à commencer par les entreprises. La réactivation des cellules doit être d’actualité, dans les conditions où les réunions publiques sont rendues pratiquement impossibles. Je ne serai pas plus long et vous invite à poser la question de l’organisation pratique du Parti dans vos interventions. Je vous laisse la parole.

Crayons Rouges n°2 – le journal éducation de septembre/octobre est sorti !

Au sommaire du numéro de septembre/octobre

Page 1 : Edito – Rentrée 2019 : Blanquer a perdu la « confiance ». Les luttes gagnent en confiance.

Page 2/3 : Par la lutte, mettons en échec la privatisation et la marchandisation de la formation professionnelle au seul profit du patronat.

Page 4 : Fusion écoles-collèges : Blanque tente de remettre le projet sur la table ///  » J’invite un banquier dans ma classe ». Opération de propagande patronale.

 

Retrouvez l’intégralité des articles ci-dessous.

 

 

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Rentrée 2019 : Blanquer a perdu la « confiance ». Les luttes gagnent en confiance.

La rentrée s’effectue dans la continuité du mouvement de lutte 2018/2019 d’une ampleur inédite depuis 15 ans. Blanquer a perdu toute confiance (mot qui lui est pourtant cher…) par ses pratiques autoritaires et ses « fakes news » répétées.  Les réformes du « meilleur élève » de Macron ne passent pas  chez les enseignants du primaire et du secondaire, les lycéens ou les parents. Le défi, dès la rentrée, est de faire coïncider les luttes pour une riposte globale au projet de détricotage de tout le service public éducatif.

En deux ans, le ministre s’est complètement démasqué ! Déstabilisation du fonctionnement du lycée, réduction du bac à un diplôme local, coupe dans les moyens de l’enseignement pro, aggravation de la sélection à l’université, sortie de la formation des enseignants de leur temps de travail, création des établissements publics/privés « d’élite » … Une série d’attaques très cohérente pour affaiblir le service public, réduire les dépenses et faire la part belle au patronat et au privé.

L’année passée, les mouvements des lycéens, des enseignants du primaire, puis du secondaire se sont renforcés. Blanquer commence à être désarçonné. En novembre/décembre, les lycéens se sont fortement mobilisés. Au printemps, les enseignants du primaire se sont massivement mis en grève (jusqu’à 70% sur Paris), notamment pour refuser la création des Etablissements Publics des Savoirs Fondamentaux (EPSF – fusion écoles-collèges). Le secondaire a embrayé à partir de mai contre la « réforme » du lycée et la casse programmée du bac.

Pour la première fois depuis l’avènement de Macron, un mouvement de lutte a réussi à faire douter et même à faire reculer le pouvoir. Face aux lycéens, le duo Blanquer/Castaner a répondu par une répression inouïe symbolisée par l’intervention policière de Mantes-la-Jolie. Cela a laissé des traces. Face aux personnels du secondaire et à leur action symbolique au moment du bac, Blanquer a dévoilé aux yeux de l’opinion son projet de dévalorisation du diplôme. Face aux personnels du primaire, il a dû reculer sur une mesure importante : la mise des écoles sous la tutelle des collèges.
Ces expériences appellent à une riposte coordonnée, possible, dès la rentrée, face à un projet global de plus en plus identifié. EPSF : Blanquer s’apprête à remettre le couvert (voir page 4). La fermeture de nombreuses classes ou écoles va encore éloigner le service public de la population. Immanquablement, la rentrée souffrira du manque croissant d’enseignants, des effectifs alourdis par classe et de la dégradation des conditions d’apprentissage et de travail. Les dégâts de la  réforme du lycée, en vue de la fin du bac en 2020, vont éclater.

En cette rentrée, et comme à son habitude, Blanquer tente de noyer ces questions derrière un plan com’ préparé. L’annonce de la revalorisation des traitements est destinée à faire croire que le ministre entend les enseignants sur les revendications salariales. L’augmentation sera en réalité inférieure à 20€ net par mois. Une misère qui ne résoudra en rien la problématique des faibles salaires dans l’éducation. Autre plan com’ du ministre : le lancement d’un grand plan écolo pour l’éducation. L’art et la manière de cacher derrière un coup de peinture verte les vraies questions qui fâchent !

Le gouvernement Macron/Philippe est également profondément contesté sur la question de l’hôpital public. Les parallèles et convergences avec l’éducation sont évidents. Le pouvoir marche aussi sur des œufs dans son plan de casse du système de retraite. La réforme annoncée va peser très lourd sur les pensions des futurs retraités, en particulier dans l’éducation (changement de la méthode de calcul de la pension, remise en cause des réversions, etc.).

Communistes, nous serons, dès la rentrée, de toutes les luttes pour dénoncer et pour mobiliser, sur la base de ces conditions de convergence de lutte manifestes. La défense du pilier que représente toujours le baccalauréat, diplôme national ouvrant l’accès aux études supérieures, peut et doit être un point de mire.

L’année scolaire dernière a montré que la lutte paye ! C’est par le rapport de force que nous pourrons mettre en échec Blanquer et défendre le service public d’éducation !

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Par la lutte, mettons en échec la privatisation et la marchandisation de la formation professionnelle au seul profit du patronat.

Les contre-réformes de la voie professionnelle et de l’apprentissage visent à favoriser l’intrusion du patronat et de la logique marchande dans l’école publique. In fine, leur but est d’entériner la privatisation et la marchandisation de la formation professionnelle. Blanquer poursuit l’application de la « stratégie de Lisbonne », définie en 2000 par l’Union Européenne, pour marchandiser l’éducation dans chaque pays. Au nom de la quête de « compétitivité », l’UE sert de prétexte et d’instrument aux gouvernements nationaux pour ouvrir tous les domaines potentiellement sources de profit au secteur privé marchand. L’éducation fait partie de ces domaines. Auparavant, conçue comme un lieu permettant aux jeunes d’apprendre dans un objectif d’émancipation, l’école, et en particulier le système de formation professionnelle, est de plus en plus destinée à faire de tous les jeunes des travailleurs exploitables et dociles !

Casse de l’enseignement professionnel public !

Avec la réforme de la voie professionnelle, l’idée est de regrouper dans une « famille de métiers » les métiers qui présentent des compétences communes et de structurer l’offre de formations sur la base de ces  familles de métiers. Par exemple, en seconde la famille « Métiers de la relation client » regroupera tous les métiers en lien avec la vente et le commerce. Présentées comme une « amélioration de l’orientation des élèves », les familles de métiers réduisent en fait d’un an la spécialisation professionnelle en « créant une seconde de détermination».

Après avoir réduit la formation en bac professionnel de 4 à 3 ans (2009), celle-ci est encore raccourcie d’un an, la faisant passer à 2 ans. Par ailleurs, de 80 actuellement, il ne resterait que 15 familles de métiers. Cette mise en œuvre par familles de métiers sert en réalité à réduire le nombre de diplômes et à supprimer des postes d’enseignants comme d’administratifs (au moins 6000 postes supprimés !). Par conséquent, cela va encore augmenter le remplissage des classes, ce qui est contraire à de bonnes conditions d’études des élèves et de travail pour les professeurs.

En parallèle, c’est la refonte des programmes de la voie professionnelle avec une réduction des volumes horaires dédiés aux enseignements professionnels et généraux entraînant la suppression de nombreux sujets d’étude. Exemple édifiant : l’histoire sociale de la classe ouvrière ne sera plus enseignée en CAP ! En bac professionnel, les enseignements de prévention-santé-environnement et d’économie-gestion disparaissent tout simplement ! L’idée de transmettre à tous les jeunes, non plus des savoirs et des connaissances, mais de les former vite avec des compétences réduites pour devenir un travailleur exploitable et docile, prend ici tout son sens !

Casse des diplômes nationaux remplacés par des blocs de compétences !

Aujourd’hui, le CAP, le BEP, le bac pro, le brevet professionnel, le BTS sont des diplômes nationaux reconnus par les conventions collectives (salaires de référence, grilles de classification). Le cadrage national des diplômes garantit l’égalité face aux diplômes.

La volonté du gouvernement est de casser le plus possible le caractère national des diplômes en les découpant en blocs de compétences et de supprimer les diplômes intermédiaires que sont le BEP et le CAP.

Cette casse des diplômes est à lier à la casse des conventions collectives par les Ordonnances Macron et la loi El Khomri : former une main d’œuvre adaptable et corvéable pour une employabilité immédiate, à bas prix avec un minimum de garanties collectives. Le découpage des référentiels de diplômes en blocs de compétences constitue une remise en cause du système de certification construit dans une logique d’acquisition complète de connaissances et de compétences. Ainsi, le patronat pourra déroger à loisir aux conventions collectives avec des salariés partiellement qualifiés.

Défendons le maintien des diplômes professionnels nationaux reconnus par les conventions collectives !

Attaque du statut des fonctionnaires d’état de l’Education Nationale garantissant la qualité de l’enseignement et la neutralité vis-à-vis du patronat.

La contre-réforme de la voie professionnelle s’inscrit dans le plan du gouvernement de réduction du nombre d’emplois dans l’Education Nationale (fonctionnaires comme contractuels, enseignants comme administratifs) et conduit également à la remise en cause du statut de fonctionnaire des professeurs de lycées professionnels (temps de travail, garanties liées au statut, etc.). Défendons et exigeons un recrutement massif sous statut dans l’enseignement comme dans l’administration pour améliorer les conditions d’études des élèves et des conditions de travail des personnels.

La formation professionnelle livrée au patronat !

Depuis les premières lois de décentralisation (1983), la compétence de la formation professionnelle et de l’apprentissage a été transférée aux régions pour répondre aux exigences de profits du patronat. Avec la contre-réforme sur la formation professionnelle, cette compétence ne sera plus pilotée par les régions mais directement par le patronat. Il est prévu, dès la rentrée 2019, l’ouverture de centres de formation par apprentissage (CFA) par les entreprises, sans accord préalable de la région. Couplée avec la contre-réforme de Blanquer, c’est le développement forcé des unités de formation par apprentissage des entreprises au sein même des lycées professionnels.

Les campus des métiers et des qualifications créés par la loi de « Refondation de l’école » en 2013, en lien avec les régions et les branches professionnelles, se développent un peu partout. Ils forment le cheval de Troie de la casse de la formation professionnelle publique en entraînant la mise en concurrence des lycées avec les centres de formation privés.

Le patronat n’a jamais accepté de se voir retirer, au lendemain de la guerre, la responsabilité de la formation professionnelle. Avec leur série de contres-réformes, les patrons tentent aujourd’hui de forcer le retour en arrière en privatisant la formation professionnelle. Ils veulent sa marchandisation avec des formations « à la carte », une main d’œuvre partiellement qualifiée répondant aux exigences de profits toujours plus élevés du patronat.  Ils veulent aussi, et surtout, étendre le marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent : protection sociale, services publics et en l’occurrence, le service public d’éducation.

Face à ces attaques, le Parti communiste français est dans la lutte. Le PCF appelle à la construction d’une large mobilisation des enseignants et des agents administratifs, des élèves et des parents d’élèves. Ensemble, nous défendons un service public d’éducation professionnel répondant aux besoins des jeunes du pays et protégeant les conditions de travail et le statut des fonctionnaires servant ce service public !

Par la lutte, mettons en échec le gouvernement Macron. Exigeons de l’argent pour l’enseignement public professionnel ! Pour que l’Education ne soit pas de l’apprentissage des compétences utiles au patronat mais un outil émancipateur pour la jeunesse.

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Fusion écoles-collèges ; Blanquer tente de remettre  le projet sur la table

Parmi les nombreuses contre-réformes lancées par Blanquer lors de l’année scolaire dernière, les Etablissements Publics des Savoirs Fondamentaux (EPSF) ont cristallisé la colère. Ce nouveau type d’établissement prévoyait la fusion entre écoles et collèges placés sous la direction du principal du collège. Cela permettait ainsi au gouvernement de faire d’importantes économies en supprimant les moyens accordés aux directeurs d’école tout en accentuant encore un peu plus la logique managériale dans laquelle est poussée l’éducation nationale avec la création de ces super-principaux. Suite à la forte mobilisation des enseignants et parents d’élèves au printemps dernier, le ministre Blanquer avait finalement été contraint de reculer sur la création des EPSF.  Cette victoire obtenue par la lutte n’a pas été du goût du ministre qui remet le sujet sur la table ! Alors qu’une multitude de rapports commandés par le ministère ne sont jamais publiés, deux rapports rédigés par des inspecteurs généraux et préconisant la fusion école-collège ont été publiés à quelques jours de la rentrée. En plus de la fusion, ces rapports vont dans le sens de la création d’un corps unique des « enseignants du socle » qui rassemblerait enseignants du primaire et du collège qui pourraient alors travailler aussi bien dans les écoles que dans les collèges. C’est un moyen évident pour le gouvernement de faire des économies d’échelle afin de supprimer des postes. C’est aussi un projet qui, en niant toute spécificité de l’apprentissage en primaire ou en collège, aggraverait les conditions d’enseignement. Blanquer semble vouloir s’entêter, mais la lutte des enseignants et parents d’élèves lui montrera une nouvelle fois qu’il est hors de question de créer ces EPSF !

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« J’invite 1 banquier dans ma classe ». Opération de propagande patronale

 

La Fédération bancaire française, organisation patronale du secteur, organise chaque année une opération nommée « J’invite 1 banquier dans ma classe ». L’objectif est de faire intervenir un banquier dans les classes de CM1/CM2 pour « sensibiliser les élèves aux questions de l’argent ». Il s’agit en réalité d’une énième opération destinée à faire rentrer la propagande patronale à l’intérieure de l’éducation nationale. Sous couvert des « jeux pédagogiques » on distille la bonne pensée libérale. On apprend par exemple aux enfants à gérer un budget serré. Evidemment, les fins de mois difficiles s’expliquent par une mauvaise gestion des familles plus que par des salaires trop bas… L’opération est accréditée par le ministère, et malheureusement elle est loin d’être la seule de ce type. Les professeurs de Sciences Economiques et Sociales au lycée sont par exemple incités de façon récurrente et appuyés, y compris par leur hiérarchie, à participer à un stage appelé « Entretiens Enseignants Entreprises » organisé tous les ans en août juste avant la rentrée. L’opération est organisée par l’Institut De l’Entreprise, vitrine du MEDEF. L’école doit rester un lieu d’émancipation, et non un laboratoire pour la propagande patronale.

Ce ne sont pas les enseignants en grève qui mettent en danger le baccalauréat, mais bien la politique du ministre Blanquer !

Après plus d’un an de mobilisation des enseignants et des lycéens contre les réformes du lycée, du bac et de l’orientation, la mobilisation a atteint ce 17 juin un nouveau cap. Une large inter-syndicale a appelé à une grève des surveillances pour le premier jour du baccalauréat. Cette modalité d’action, très rare, et son ampleur symbolisent le niveau de colère des enseignants contre la politique imposée de façon autoritaire par le gouvernement.

Comme c’est le cas depuis son arrivée à la rue de Grenelle, le ministre n’a cessé toute la journée d’afficher un large mépris du monde enseignant. Plutôt que de revenir sur ses réformes contestées par tous, il a une nouvelle fois préféré alterner entre mensonges et éléments de langage, largement diffusés par des médias aux ordres du pouvoir.

Un niveau de mobilisation inattendu

Pratiquant la méthode de l’autruche pour ne pas voir la réalité en face, le gouvernement a abreuvé les rédactions d’un chiffre ; il n’y aurait que 5% de grévistes. La grève serait donc largement minoritaire et menée par une petite poignée d’enseignants. En plus de fournir, comme à son habitude, des chiffres entièrement faux* le gouvernement a été jusqu’à annoncer publiquement ces chiffres à 7h50… soit 10 minutes avant le début de la prise de service des enseignants. Rappelons qu’aucun enseignant du secondaire n’est soumis à une déclaration préalable de grève.

La grève a en réalité été bien plus suivie que ce qu’annonce le ministre mais aussi que ce à quoi on pouvait s’attendre. Dans la plupart des établissements mobilisés on compte entre 30 et 50% des surveillants appelés ce jour en grève, beaucoup plus dans certains endroits. Ces chiffres symbolisent un rejet profond de la politique du gouvernement, car il n’est jamais simple de faire grève un jour de bac, d’autant plus avec les menaces de plus en répétées de répression de la part des directions. Alors que le ministre annonçait à qui voulait l’entendre que tout allait bien partout, la réalité dans les établissements était bien différente. Dans beaucoup de lycées les épreuves se sont déroulées avec un seul surveillant par salle (au lieu de 2 ou 3 normalement) et aucun dans les couloirs. Pour maintenir les épreuves coûte que coûte, le gouvernement a mobilisé des personnels de direction, des inspecteurs, des administratifs, des AED, des AVS et même localement des parents d’élèves… S’il n’y avait vraiment que 5% de gréviste, Mr Blanquer n’aurait jamais eu besoin de prendre toutes ces précautions !

Qui menace vraiment le bac ? Les personnels en lutte pour le service public ou la politique destructrice du gouvernement ?

Autre élément de langage martelé toute la journée par le gouvernement, les enseignants prendraient en otage les élèves et fragiliseraient le bac. C’est un comble venant de la part de celui qui met justement en place des réformes qui sabotent entièrement le diplôme national du bac !

Par sa réforme applicable à partir de la rentrée 2019, Blanquer dynamite le bac actuel pour le remplacer par une véritable usine à gaz qui ne va faire qu’accentuer encore un peu plus les inégalités. Avec l’introduction massive du contrôle continu (40% de la note totale) c’est la fin du diplôme national. Le bac sera désormais un diplôme local qui n’aura plus la même valeur selon le lycée d’origine de l’élève, de quoi faire encore un peu plus exploser les inégalités d’orientation sur Parcoursup (le lycée d’origine de l’élève étant systématiquement indiqué sur la plateforme). Le nouveau bac introduit également un grand oral (qui comptera pour 10% de la note totale) sans temps pour le préparer. De quoi là encore faire exploser les inégalités en facilitant l’accès au diplôme pour ceux les plus à l’aise socialement à l’oral.

Le nouveau bac c’est aussi une usine à gaz qui va phagocyter tout le temps scolaire et complétement déstabiliser l’organisation des établissements. Les élèves passeront en tout plus de 20 épreuves réparties sur les années de première et de terminale. Les élèves comme les enseignants vont désormais passer leurs deux années du cycle terminale en examens permanents. Le temps pour les apprentissages sera considérablement réduit et remplacé par des épreuves successives qui n’ont aucun sens.

La destruction du bac s’inscrit dans des attaques plus larges contre l’éducation nationale et les services publics

Cette destruction du diplôme national s’accompagne d’une attaque bien plus large contre l’ensemble du fonctionnement du lycée et du système d’orientation (lire nos analyses précédentes). A tout cela s’ajoute une attaque plus globale contre tout le service public de l’éducation avec la loi Blanquer sur « l’école de la défiance ». Passé en commission mixte paritaire il y a quelques jours, les députés et sénateurs se sont entendus sur un projet de loi qui devrait être voté avant le congé des parlementaires.

Si la mobilisation massive des enseignants a permis de faire reculer Blanquer sur son projet d’EPSF (fusion de collèges et d’écoles primaires) ou bien sur la volonté des sénateurs de droite d’accorder aux directeurs d’école un rôle de manageur, toutes les autres attaques sont restées. Avec l’article 1, le gouvernement pourra continuer et accentuer sa politique de répression des enseignants mobilisés qui seraient désormais soumis à un « devoir d’exemplarité » sanctionnable, traduction « un devoir de se taire ». Avec l’extension de l’âge de scolarité obligatoire à 3 ans c’est un merveilleux cadeau fait aux maternelles privées qui seront désormais toutes financées par de l’argent public. Les Etablissements Publics Internationaux, véritables établissements réservés aux plus riches, attaque encore un peu plus une carte scolaire déjà bien mise à mal.

Les attaques contre l’éducation nationale ne sont pas un cas isolé. Elles sont à mettre en parallèle avec l’intégralité de la politique de ce gouvernement qui sert les intérêts d’une minorité de la population en détruisant méthodiquement les services publics. On peut penser à la réforme Buzyn de la santé, largement contestée en ce moment même dans les hôpitaux ou encore à la loi mobilité (dite loi LOM) qui va accélérer encore la privatisation des réseaux de transport public. Plusieurs secteurs, plusieurs attaques, mais une seule logique !

En lançant toutes ces réformes, Blanquer ne s’attendait probablement pas à être autant contesté par le monde enseignant peu mobilisé ces dernières années. En deux ans, le meilleur élève de la classe a réussi à se mettre à dos une large partie des enseignants, des élèves et de leurs familles aboutissant à une très rare grève du baccalauréat. Le recours massif aux mensonges et à la répression montre la fébrilité du gouvernement. Amplifier la mobilisation encore pour gagner, c’est possible !

A la suite de la grève du 17 juin, des établissements fortement mobilisés partout en France ont voté en assemblée générale la reconduction de la grève. Diverses actions seront organisées pendant toute la semaine du baccalauréat. Au niveau national, une nouvelle journée de grève et de manifestation est fixée pour le 27 juin, premier jour du brevet des collèges. Il est important de maintenir et d’amplifier le rapport de force contre Blanquer dans les jours à venir afin de pouvoir poursuivre la lutte dès le premier jour de la reprise en septembre.

Contre l’école de la défiance et des inégalités de Blanquer, gagnons par la lutte un service public d’éducation ambitieux et émancipateur, seul à même de répondre aux besoins de la jeunesse du pays !

 

*Les taux de gréviste donnés par le ministère de l’éducation nationale sont toujours entièrement faux. Ils font un simple rapport entre le nombre de grévistes constaté à 8h et le nombre total de personnels. Par exemple, un enseignant gréviste qui prend sa première classe à 9h n’est donc pas compté dans ce taux. De plus, les personnels de direction non concernés par les appels à la grève sont comptabilisés dans le calcul. De la même manière, le ministère intègre à son calcul tous les enseignants de collège alors que la grève du 17 juin concernait principalement les lycées.

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