Brèves
Nicolas Hulot a voté Mélenchon. Mélenchon est ravi. Les mêmes se retrouvent !
Nicolas Hulot a révélé aux médias qu’il avait voté Mélenchon au premier tour de la présidentielle.
L’ancien compétiteur d’Eva Joly à la primaire des Verts progresse vite en politique politicienne.
Dans l’élégance et le fair-play, il rejoint Bernard Kouchner, autre globe-trotteur, qui, à peine élu député européen en 1994 sur la liste de Michel Rocard, se répandait sur son vote pour une autre liste, celle, alors en vogue, de Bernard Tapie.
Hulot, voyeur héliporté de la planète, a été propulsé conseiller universel en matière de développement du capitalisme « environnemental ». Sarkozy a été le premier client de ses prestations.
Maintenant Hulot se retrouve dans le discours de Mélenchon : « Pendant la campagne, j’ai trouvé chez Mélenchon plus de pédagogie sur ces sujets, sur la régulation de la finance, sur la planification écologique. Je l’ai trouvé plus performant sur ces sujets ».
Rien d’étonnant !
Les plus ardents partisans du Front de gauche d’aujourd’hui s’étaient déjà rangés derrière le réactionnaire José Bové en 2007.
Depuis quelques années, Mélenchon s’est saisi du créneau environnemental. Dans une interview aux Echos, publiée le 16 mars 2012, il estime : « La planification écologique est un défi scientifique et technique lancé à toute notre industrie. Elle lui donne une ligne. Plutôt que la règle d’or, appliquons la règle verte qui consiste à mobiliser toutes nos capacités pour apurer la dette écologique. Les investisseurs n’ont aucune raison d’avoir peur. » Le capitalisme vert avec les étoiles de l’UE !
Certains n’ont pas vu, n’ont pas voulu voir, ont voulu oublier, les offres indécentes de Mélenchon à l’anticommuniste viscéral Cohn-Bendit, qu’il tutoie, avant les élections régionales de 2010 (notre article en lien avec une vidéo savoureuse).
Il règne une profonde communauté d’esprit chez tous ces opportunistes : Hulot, Bové, Cohn-Bendit, Cochet (ex président du groupe GDR où siégeaient les députés PCF), Mélenchon…
Que cherchent les dirigeants du PCF avec ces politiciens teintés de vert, avec leur Front de gauche ? Nous ne le savons que trop !
Le cancer de la planète, de notre « environnement » social, économique et écologique, c’est le capitalisme et ceux qui le servent !
Remaniement ministériel : Robert Hue finalement recalé !
Robert Hue devra se contenter de son siège de sénateur (élu en 2011 sur la liste PS/Front de gauche), son mouvement, le MUP du siège de député du Val d’Oise que le PS vient de lui octroyer. Finalement, il ne figure pas dans la liste des nouveaux du 21 juin.
Sa nomination au gouvernement Ayrault était annoncée. Mais il semble qu’il ait souffert de la contrepartie de qualité principale pour le PS.
Avec son passé d’ancien secrétaire national du PCF, Robert Hue aurait apporté une caution « communiste » au gouvernement. Mais son image est restée trop proche du PCF. Or la direction du Parti s’est trouvée, après son échec électoral, dans l’obligation d’adopter une posture plus à gauche dans la majorité et de décliner l’offre de rentrer au gouvernement.
L’arrivée de Hue au gouvernement aurait gêné le Front de gauche, un allié qui s’est avéré efficace pour Hollande et qui pourrait être amené à contenir à gauche les réactions que la politique d’austérité du gouvernement Ayrault ne manqueront pas d’entraîner.
L’exemple d’ADP : Quand un gouvernement transforme un établissement public en SA, c’est toujours pour privatiser !
Brève, vivelepcf, 4 avril 2018 
Le 7 mars, le gouvernement Macron/Philippe annonçait son intention de privatiser entièrement Aéroports de Paris (ADP).
13 ans plus tôt, en mars 2005, le gouvernement de l’époque faisait voter à l’Assemblée le changement de statut d’ADP. D’Etablissement public autonome, ADP est devenue société anonyme.
Le ministre des transports, de Robien, jurait alors grand dieu que l’Etat ne privatiserait jamais. Pour montrer sa bonne foi, il faisait voter solennellement un amendement censé garantir que l’Etat conserverait toujours plus de la moitié du capital (prudemment, il ne touchait pas tout de suite au statut du personnel).
D’ouvertures du capital en ouvertures du capital – avec une gestion de plus en plus lucrative : milliers de suppressions d’emploi, externalisations etc. – la part de l’Etat s’est réduite à 50,6% (13% de cession sous Hollande).
Aujourd’hui, la privatisation totale passe à l’ordre du jour. Un exemple d’actualité pour les cheminots !
Ceci dit, la bataille contre la privatisation d’ADP n’est pas perdue. Des voix diverses s’inquiètent pour le contrôle et la sécurité de cette infrastructure stratégique. D’autres dénoncent la vente d’une poule aux œufs d’or. En 2017, ADP a fait 571 millions d’euros de bénéfices et reverse chaque année 200 à 300 millions d’euros à l’Etat. Ministre, Macron avait déjà l’obsession de céder les aéroports régionaux à des groupes privés internationaux. Le bilan est déjà cuisant.
La renationalisation intégrale, avec réinternalisation des services abandonnés, personnels sous statut, est notre position dans la lutte contre la privatisation intégrale.

