Luttes

Après la journée du 3 février: La priorité à l’éducation ? Seule la lutte l’imposera !

La journée de grève du 3 février dans l’éducation nationale a sonné la rentrée des luttes. La manifestation régionale à Paris, modeste en nombre, n’a pas reflété l’ampleur de la grève notamment en Seine-Saint-Denis et dans certains lycées de Paris. On est encore très loin de la force que représenterait l’addition des luttes des derniers mois, contre la mise en œuvre des nouveaux « rythmes scolaires », contre les dégâts induits par la « réforme » de l’éducation prioritaire, des actions un peu partout contre les fermetures d’école et de classe, de la montée de l’exigence élémentaire de véritables recrutements et d’une revalorisation des traitements. Les annonces qui viennent de tomber dans les rectorats, très mauvaises, pour la rentrée 2015, en particulier dans certaines zones actuelles d’éducation prioritaire, ne peuvent que renforcer la détermination et l’ampleur des luttes.

Communistes, nous intervenons en diffusant plusieurs analyses en soutien de ces mouvements.

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En 2015 : lancer une campagne nationale contre la hausse des tarifs publics !

Repris de PCF Paris 15, 31 décembre 2015

Les hausses des tarifs publics au 1er janvier suscitent une colère justifiée dans le pays, malgré tous les discours et les fourberies employés par les autorités pour les faire passer.

La hausse des tarifs SNCF a été annoncée à peine quelques jours avant seulement, en plein milieu des fêtes : 2,6% en moyenne (officiellement). Le cabinet de Ségolène Royal a timidement confirmé prétextant qu’il s’agit de financer la maintenance. De qui se moque-t-on ? La discrétion du pouvoir et de la direction de la SNCF correspond sans aucun doute à leur peur des suites de la grève contre la « réforme ferroviaire », devant ses conséquences maintenant palpables.

Le comble de l’hypocrisie a été atteint par le Conseil régional de « gauche » d’Ile-de-France avec la hausse décidée en décembre du Pass Navigo et des tickets de transport régionaux RATP/SNCF. Le ticket à l’unité augmente de 5,8% à 1,8 euro, le carnet de 10 de 2,9% à 14,10 euros. Pour les habitants de Paris et des communes limitrophes, l’abonnement mensuel prend encore 4,3% passant de 67,10 euros à 70 euros.

Mais là, la « gauche » brandit son prétexte : l’avènement en septembre du Pass Navigo à tarif unique pour toute la région capitale, conformément à une promesse électorale de la « gauche » en 2009 (de l’UMP de Copé en 2004). Nous avons déjà montré combien le coût de la mesure, de l’ordre de 500 millions d’euros par an, sera supporté par la collectivité, très sévèrement par les salariés des zones 1 et 2, pendant que les employeurs, principaux bénéficiaires se voient compenser le relèvement de leur versement transport. Voir notre article en lien : Pass Navigo au tarif unique de 70 euros: le patronat n’aura rien à payer ! Qui va payer alors ? . Il y a fort à parier qu’en septembre le prix unique du Pass Navigo soit encore revu à la hausse, au-dessus des 70 euros.

Depuis 2009, le prix du Pass Navigo 2 zones – le plus répandu –  aura augmenté de 24%, c’est-à-dire 222 euros par et par personne, alors que l’inflation cumulée aura à peine atteint 7%. En 2014, l’inflation atteindra 0,3% mais les tarifs SNCF augmentent de 9 fois plus, de 2,6% !

Pour la première fois depuis 1996, l’INSEE, dans ses dernières données, a officiellement reconnu que le pouvoir d’achat des salaires avait baissé de 0,4% en 2012, celui des retraites reculant bien davantage. Les ménages de travailleurs n’ont pas attendu ses chiffres pour s’apercevoir d’un recul bien plus important de leur pouvoir d’achat réel. La hausse des dépenses contraintes – logement, assurances, transports, chauffage etc. –  va bien au-delà des chiffres moyens de l’inflation. C’en est l’une des causes.

Le scandale le plus voyant est atteint par les prix du gaz. Ils ont été augmentés de 82% depuis 2005 ! Le principal prétexte avancé était, avec constance, la hausse des prix du pétrole brut sur lesquels seraient indexés les contrats de fournitures notamment de GDF-Suez. Les cours du pétrole diminuent fortement, pourtant, le gouvernement annonce une nouvelle augmentation du gaz pour les particuliers de 1,8% en janvier 2015. Officiellement, il s’agit de faire payer aux ménages une nouvelle hausse de la « taxe carbone ». C’est du vol ! Pendant ce temps, GDF-Suez accumule les profits, 2,6 milliards d’euros sur le premier semestre 2014. De très fortes hausses d’électricité sont aussi prévues.

Les hausses de tarifs publics ne correspondent en rien avec une amélioration du service rendu. Tout au contraire, le gouvernement continue à faire payer aux usagers le démantèlement du service public et la rente actuelle et future aux multinationales.

2,6% d’augmentation à la SNCF après une année 2014 marquée par la suppression de milliers de kilomètres de voies, de dizaines d’arrêts et de gare, de centaines de trains et guichets, de postes de contrôleurs ! En revanche, le gouvernement trouve sans peine 60 millions d’euros à verser à un lobby américain pour que la SNCF aille faire rouler le train de la privatisation … aux Etats-Unis ! Usagers, contribuables, nous sommes rackettés pour financer la privatisation, la transformation de la SNCF en multinationale, pour financer les intérêts des banques qui se gobergent des dettes fabriquées du service public.

C’est sans doute à La Poste, en ce premier janvier, qu’apparaît toute la brutalité, tout le cynisme de ces directions, de ces gouvernements français successifs et de leur Union européenne. Le prix du timbre normal augmente de 15%, certains tarifs « économiques » augmentent de 25%. La direction prétend qu’il s’agit de compenser la perte de volume du courrier. Au contraire, il s’agit de l’accélérer, tout en rançonnant les usagers, en liquidant l’égalité de traitement, en liquidant des moyens et des personnels, pour détruire un service unique, inestimable – la venue d’un facteur dans tous les foyers 6 jours par semaine, un réseau unique de bureaux dans le pays – avant que tout projet d’adaptation et d’amélioration du service ait pu voir le jour.

Partout des luttes se développent. A la SNCF, la force de la grève contre la réforme ferroviaire rend plus difficile la casse du service public. A La Poste, des centaines de luttes locales se sont déclenchées en 2014 (voir notre dernier tract en lien : En 2015, nationaliser la lutte pour le service public de LA POSTE : C’est possible, c’est nécessaire !). En 2009, des millions d’usagers ont dénoncé la transformation en société anonyme et affiché leur volonté de défendre le service public. Dans la bataille idéologique, l’Union européenne a fini d’être démasquée comme le syndicat des prédateurs capitalistes. Le prétexte des directives européennes à la casse des services publics ne peut plus fonctionner. Les usagers, les salariés, la population finissent de faire le deuil des faux espoirs répandus avant les élections de 2012 entretenus pour les pousser à la résignation.

La solution est dans la lutte, dans la convergence des luttes entre salariés des différents services publics, entre salariés et usagers, contre cette politique de casse qui atteint directement, durement, chacun d’entre nous dans sa vie de tous les jours.

En 2015, communistes, nous serons de ceux qui impulseront la campagne nationale contre les hausses des tarifs publics.

La perspective politique bloque les luttes de travailleurs ? Seules les luttes peuvent débloquer la perspective politique !

Contribution à la mobilisation contre l’austérité du 15 novembre 2014, adressée aux manifestants parisiens, par PCF Paris 15

Manifester pour préparer de bonnes primaires à « gauche » en 2016?


41 milliards d’euros par an pour le patronat, 50 milliards d’euros de coupes des budgets publics et sociaux : Hollande et Valls sont en train de réaliser le plus grand transfert – en un coup – du travail, des différentes formes de salaire socialisé vers le capital. Ils ont osé appeler cela le « pacte de responsabilité ». La Sécurité sociale, dans toutes ses branches – retraite, maladie, famille – est, notamment, directement attaquée.

En rien, communistes, nous ne sommes surpris des orientations de Hollande. Refuser un nouveau blanc-seing à Sarkozy en 2012 ne signifiait en rien une confiance dans Hollande, son complice dans la campagne du référendum européen de 2005. Très lourdes sont les responsabilités de ceux qui ont semé des illusions sur l’alternance avec Hollande en 2012. Ils ne sont pas drôles quand ils font semblant de découvrir aujourd’hui leur « erreur ».

Nous pouvons encore moins aujourd’hui – alors que le système a recours de façon renouvelée aux extrêmes-droites – laisser l’aspiration au changement et les luttes qui l’expriment être canalisées à « gauche » dans une nouvelle illusion électorale d’ici 2017 : Pas plus la reconstitution d’une alternance réformiste avec des « frondeurs » sur la base du programme de Hollande de 2012 que le recours à un gauchisme institutionnel derrière tel ou tel sauveur populiste !

La perspective politique de changement ne peut partir que des luttes, de l’analyse de la situation, des enseignements de la dernière période.

 

La politique de Hollande, prolongeant celle de Sarkozy, suscite un rejet très large. Les désaveux électoraux cinglants enregistrés par le gouvernement en 2014 en ont été une illustration. Mais cela n’empêche pas – au contraire – le pouvoir, avec maintenant Valls, de charger la barque des mauvais coups. La « réforme » territoriale s’apprête à accélérer la destruction des services publics et de la démocratie locale en façonnant une France néo-féodale suivant le modèle de « l’Europe des régions » conçue pour être asservie aux puissances d’argent. SNCF, Poste : la casse structurelle des grands services publics nationaux est accélérée. PSA, Alstom etc. : L’Etat appuie les restructurations capitalistes dans l’industrie détruisant la production en France répondant aux besoins de la population.

Pourtant – CONSTATATION ESSENTIELLE – pas plus que Sarkozy et Fillon, Hollande et Valls ne remportent la bataille des idées.

Ni les uns ni les autres n’osent plus vraiment brandir le prétexte des contraintes européennes et la défense de l’euro pour justifier leur politique de casse sociale. Le rejet de classe de l’Union européenne a encore progressé. Le chantage aux « déficits publics » à combler tient encore moins. Il est tellement évident que c’est eux-mêmes qui les creusent. Le scandale à épisodes de l’écotaxe, gabegie d’Etat portée par deux gouvernements successifs, finit d’éclater : des centaines de millions d’euros d’argent public balancés par la fenêtre par an au nom de la défense de l’environnement !

La propagande de l’idéologie dominante, à défaut de convaincre, vise bien plutôt à pousser à la résignation, au repli sur soi, à la haine ou à la violence sans cause.  Le gouvernement se montre très complaisant avec les mouvements les plus réactionnaires, invités à s’emparer du pavé : patrons routiers, notaires, lobbys « familles ». A l’inverse, il fait déverser des torrents d’injures contre les mouvements de salariés en lutte, comme celui des cheminots en juin.

Tout est fait pour minimiser l’essentiel : l’existence et la recherche de luttes sociales organisées contre la politique au service du capital. Parce que les forces existent dans notre pays pour la mettre en échec.

Pour nous communistes, la question primordiale reste plus que jamais : « Sur quoi bute le mouvement social ? ». Revenons sur plusieurs expériences récentes :

En 2009, des millions d’usagers ont exprimé leur rejet de la casse du service public postal.  Mais le mouvement a été canalisé vers l’illusion d’un changement électoral en 2012 et dévié de la remise en cause fondamentale des directives européennes de concurrence. Aujourd’hui la direction de La Poste, sous la tutelle de Montebourg jusqu’en septembre, a supprimé 6000 emplois depuis le début de l’année, augmente le prix du timbre de 15%, prépare la liquidation de l’essentiel de la branche courrier. Pourtant des dizianes de luttes dans le pays, faisant jonction souvent avec le rejet de la « réforme » territoriale se développent et attendent un axe de convergence. Communistes, nous travaillons à NATIONALISER LA BATAILLE POUR LA POSTE.

En juin 2014, les cheminots ont mené une bataille de très haut niveau contre la « réforme ferroviaire ». Ils ont pris à contrepied le gouvernement qui avait anticipé une petite grève de principe qu’auraient désamorcée quelques amendements parlementaires de convenance. La force, la conscience, la jeunesse de l’action des cheminots préservent aujourd’hui les possibilités, dans cette entreprise cruciale pour le mouvement ouvrier et ses acquis sociaux, de nouvelles luttes contre l’application de la loi de dissolution de la SNCF et du statut des cheminots.

Des démonstrations importantes ont été faites. La recherche de l’unité la plus large des organisations, y compris avec des organisations réformistes et de collaboration, est une impasse pour le rassemblement dans l’action. La « gauche » gouvernementale – « frondeurs » compris – a fait corps dans les institutions lorsqu’il a fallu contrer le mouvement ouvrier. Les mots d’ordre de repli  – « une autre réforme » -ne mobilisent pas efficacement. Les solidarités internationales ne peuvent se faire que contre les directives de l’Union européenne. Le mouvement de solidarité et de convergence avec les cheminots n’a pas été organisé au niveau nécessaire. La journée d’action, de grève et de manifestation organisée par toutes les organisations CGT des transports le 4 novembre a commencé à corriger cette situation. Communistes, nous mettons en avant le mot d’ordre : DEFENSE, RECONQUETE, EXTENSION DES MONOPOLES PUBLICS DES TRANSPORTS.   

Pour la Sécurité sociale, pour la défense de la retraite à 60 ans, nous avons été des millions à défiler en 2010, avec l’appui de plus de 70% de la population. Cette mobilisation, organisée sans véritable appel à la grève, s’est dissoute dans la perspective vague d’un changement après les élections de 2012. Les illusions ont fait long feu. Mais elles nourrissent toujours aujourd’hui, gravement, le désengagement, sur la base de la déception, des tromperies. Nous ne faisons pas partie de ceux qui ont participé à propager ces illusions. La Sécurité sociale est sans doute un des domaines qui souffre le plus visiblement du système politique d’alternance « gauche », droite et de la répartition des rôles entre elles. La droite attaque les prestations – retraite à 60 ans -, la « gauche » détruit le financement avec les exonérations de cotisations patronales imposées avec les prétendues « 35 heures » d’Aubry ou maintenant le « pacte de responsabilité ». Communistes, nous mettons les luttes pour la sécurité sociale, l’hôpital public, les retraites et allocations familiales au centre, avec la priorité de LE DEFENSE INTRANSIGENTE DU FINANCEMENT SOLIDAIRE PAR LA COTISATION (contre la CSG notamment).

Industrie, Florange, PSA, Alstom : le jeu hypocrite du pouvoir a été démasqué. La « nationalisation » partielle d’Alstom va permettre à Bouygues et ses autres actionnaires de toucher 4 milliards d’euros pour la prise de contrôle de l’Américain General Electric ! OUI A DE VRAIES NATIONALISATIONS DEMOCRATIQUES !

Pour nous, communistes, les enseignements de ces luttes, de leurs limites, de leurs possibilités, sont capitaux. La perspective politique part de leur développement, loin de toutes les combinaisons politiciennes.

Les mobilisations « indignées » contre le système ne suffiront pas. Elles laissent la porte ouverte à toutes les récupérations par les politiciens soucieux de reconstituer une option d’alternance « à gauche » réformiste avant 2017, ou de canaliser la colère vers un « populisme de gauche ».

Le système d’alternance droite/gauche ne peut plus tromper personne. La perspective peut, moins que jamais, être l’échéance institutionnelle de 2017, sur laquelle toute l’attention est rivée. La droite, incapable de se différencier de Hollande sur le fond, va continuer à radicaliser son discours. La « gauche » et le PS tentent de séparer leurs équipes et de recréer une nouvelle illusion à « gauche » avec les députés frondeurs, des personnalités comme Mme Aubry, sur la base du programme « amélioré » de Hollande en 2012… Qui sera dupe de « primaires » en 2016 ou de l’arrivée d’un sauveur providentiel qui fait semblant de découvrir que Hollande n’est pas de « gauche » ?

Devant le discrédit croissant de ce système d’alternance, arrivé au bout, ses tenants ont recours, d’une façon renouvelée, à l’extrême droite, mise en avant jusqu’à la nausée, version Marine Le Pen, pour détourner les colères d’une part, pour valider un consensus politique minimum d’autre part.

La politique ne peut être séparée de la lutte des classes ! Celle-ci doit être replacée au centre de la politique.

Communistes, nous refusons la répétition, toujours en pire, de ce scénario politicien, dans un contexte noir d’exacerbation mondiale des tensions inter-impérialistes, d’implication de notre pays dans les guerres d’Irak, de Syrie et d’Afrique. 30 ans d’alternance, sur fond d’affaiblissement des organisations révolutionnaires historiques de la classe ouvrière en France, ont amené notre pays au bord de la situation politique des Etats-Unis, sous la domination de l’idéologie européenne.

Poste, services publics des transports, sécurité sociale, industrie : nous nous efforçons de contribuer à des luttes partout immédiatement. Services, droit au logement, partout des luttes locales s’élèvent. Les femmes de ménage des hôtels Hyatt et Royal Monceau ont arraché la reconnaissance de leurs droits. 2000 salariés du commerce se sont rassemblés boulevard Hausmann le 14 novembre contre l’extension du travail du dimanche. Toutes ces batailles portent les autres et participent à la perspective politique globale de changement.

Ruptures avec l’UE, refus de ses directives, convergences pour défendre la Sécurité sociale, les services publics, le droit du travail, nationalisations démocratiques : La situation est explosive, Organisons notre colère !  

CICE/CSG/Exonérations de cotisations : Quelle « gauche » – Valls ou Aubry ? – sera chargée d’avancer le démantèlement du financement de la Sécurité sociale d’ici 2017 ?

EDT, vivelepcf.fr, 10 novembre 2014

Une petite phrase dans les propos de François Hollande sur TF1 le 6 novembre prépare le terrain : « Le CICE sera transféré en 2017 en baisse de cotisations sociales pérennes ». Elle doit alerter.

Le « Crédit d’impôt compétitivité » est le plus gros transfert vers le patronat et le capital contenu dans le « Pacte de responsabilité » : 20 milliards d’euros par an. Mais, prenant la forme d’un transfert direct des caisses de l’Etat vers celles des entreprises, il est peu défendable politiquement. Il s’intègre mal dans la propagande sur la baisse des « coûts des entreprises ». Le Medef, bien content de toucher la manne, s’est même permis de faire la fine bouche. Il préfère du plus fondamental, du plus durable : la poursuite de l’élimination de la part socialisée du salaire, les cotisations sociales, qu’il a dû concéder historiquement pour financer la Sécurité sociale.

Une nouvelle fois, Hollande rassure les patrons. Le CICE, c’est du provisoire, rien qu’une étape pour mieux préparer la nouvelle charge contre le financement de la Sécurité sociale.

Défenseurs de la Sécurité sociale, nous constatons, dans ce contexte, qu’une des pires contre-réformes structurelles promises par Hollande avant 2012 n’a pas encore été programmée et reste en attente: la fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu. Elle retirerait à la CSG, pour les salariés actifs, tout le lien restant avec le salaire, tel qu’il apparaît encore sur la fiche de paye (en pleine refonte aussi et pas par hasard). Le processus de déconnexion de la CSG de l’entreprise, de fiscalisation franchirait une nouvelle étape.

Nous avons aussi une longue expérience de la répartition des rôles, entre gouvernements de droite et de « gauche » successifs, dans le démantèlement de la Sécurité sociale. Il est bon de la rappeler à cette occasion.

La droite s’attaque davantage aux prestations, comme la durée de cotisation ou la retraite à 60 ans, « marqueurs » de gauche. La « gauche » s’attaque davantage au financement – sauf pour les allocations familiales où elle s’en prend à la fois aux cotisations patronales et aux droits des familles. La « défense » – sur un fond réactionnaire – de la famille est laissée à la démagogie électorale de la droite.

C’est la « gauche » avec Rocard qui a créé la CSG. C’est la « gauche plurielle » avec Jospin qui a lancé en grand le scandale des exonérations de cotisations sociales patronales au nom de « l’emploi ». Elle l’a fait avec les lois Aubry prétendument sur les 35 heures qui ont fait cadeau, par an depuis 2000, de 20 milliards d’euros aux patrons. Fillon n’a  eu qu’à compléter.

A nouveau, il nous faut dénoncer la propagande déguisant les lois Aubry en acquis social « historique ». La durée moyenne du temps travail en 2013, pour les salariés à temps plein, atteint toujours 39,2 heures. La droite est revenue sur une grande partie des quelques avantages sociaux accordés, notamment en « assouplissant » les heures supplémentaires.

Naturellement, nous serons les premiers à défendre ce qui reste des RTT. Mais cela ne nous empêchera pas de dire clairement que les lois Aubry, derrière l’hypocrisie gagnant-gagnant, se sont résumées à un formidable cadeau au patronat : annualisation du temps de travail, « flexibilité », « modération salariale » et exonération sans précédent de cotisations sociales aux dépens du salaire socialisé, de la Sécurité sociale.

Aujourd’hui, Hollande prépare le terrain à une déstructuration profonde du financement de la sécurité sociale. Il est missionné pour cela par le Medef et l’Union européenne. Y arrivera-t-il avant la fin du quinquennat ? C’est peu probable avec un Valls qui s’apprête à le rejoindre dans l’impopularité quand il aura fait passer le « pacte de responsabilité » et la « réforme » territoriale. Valls, trop marqué à droite, n’est de toute façon pas à même de tromper et d’anesthésier  les travailleurs et les syndicats sur un sujet comme la Sécurité sociale. Mais une équipe de rechange est déjà sur les rangs : les « PS frondeurs », avec ou sans Martine Aubry, mais dans l’esprit de ses œuvres.

La fusion CSG/Impôt sur le revenu est le fer de lance de ces « frondeurs ». Ils ont trouvé comment lui donner un semblant de couleur de « gauche ». Ils parlent de « justice sociale », d’une fiscalité plus progressive. Nous refusons de nous laisser tromper ! Ce n’est que baume pour mieux faire passer cette contre-réforme fondamentale, couplée avec la pérennisation du CICE en exonérations de cotisations sociales patronales. De retour aux affaires après 2017, la droite n’aura plus qu’à enlever les quelques mesures d’accompagnement et de maquillage…

Pour nous communistes, ces questions représentent des luttes primordiales. Si les dures répercussions sur l’hôpital, le droit à la retraite, le pouvoir d’achat des retraités et des familles sont très concrètes, le processus de casse du système lui-même paraît souvent technique. D’autant plus que la notion de salaire socialisé est de plus en plus oubliée (la « simplification » de la fiche de paye est pensée pour y contribuer). D’autant plus encore que l’idéologie dominante noie dans la plus grande confusion l’enjeu, notamment avec sa propagande sur l’emploi et les « coûts » des entreprises.

Aussi, nous poursuivons et intensifions nos batailles pour l’accès aux soins, l’hôpital public, les retraités, les familles en les liant systématiquement aux questions de financement.

Les mobilisations fortes ces dernières années peuvent et doivent converger dans une lutte frontale contre la nouvelle étape gravissime programmée du démantèlement du système solidaire de financement de la Sécurité sociale, pour son rétablissement plein et entier.