Politique
Contrer le FN et le rôle que lui attribue l’idéologie dominante.
Communistes de plusieurs fédérations, à la suite de notre texte alternatif de congrès, nous poursuivons une réflexion sur le phénomène FN et ses nouveaux aspects.

Le slogan « Le peuple d’abord » se joue de l’abandon de toute référence de classe dans « L’humain d’abord ».
L’idéologie dominante tente, avec un succès certain et inquiétant, de faire du FN le réceptacle de toutes les colères sociales. Avec Marine Le Pen et son équipe renouvelée, la démagogie atteint un niveau inédit. Elles n’hésitent pas à reprendre, en les déformant et en cultivant l’ambiguïté, des positions historiques de notre parti : par exemple pour les nationalisations ou pour le « produire français ». Dans la suite des dérives de Sarkozy et d’autres leurs discours récurrents sécuritaires et racistes sont banalisés.
Dans le même temps, le FN reste le repoussoir qui permet au pouvoir de justifier toute sa politique, en jouant sur les réflexes, même usés, du « rassemblement républicain ». Dans son discours lénifiant du 14 juillet, Hollande a lourdement insisté sur le danger de l’extrême-droite pour légitimer son alignement sur l’Union européenne et les sacrifices imposés au peuple avec l’euro.
Identifier le danger, le repousser constituent un vrai problème pour nous communistes. Contrairement, à une période antérieure, la revendication du vote FN parmi nos collègues et nos voisins s’est aussi banalisée et ne tient plus seulement de la provocation. Mais cela va aussi de pair avec un développement du racisme et, même à un niveau faible, de groupuscules fascistes. Avec des différences locales, des similitudes avec les situations d’autres pays européens.
Nous le savons, le principal rempart à l’extrême-droite, c’est l’expression et l’organisation de classe révolutionnaires, communistes. Aujourd’hui avec les positions affadies, la conversion au réformisme et à l’Union européenne de la direction du PCF, elles sont gravement défaillantes. (Lire la suite…)
Mélenchon, ennemi du PS ? Son meilleur ennemi ! Et le plus mauvais ami du PCF !
EDT, vivelepcf, 20 août 2013
On aimerait se passer de commenter les jeux de politique politicienne. Mais malheureusement ils ont une influence sur le mouvement réel et aussi sur notre Parti.
Pour sa rentrée, Mélenchon n’a pas fait dans l’originalité. Dans son interview au Journal du dimanche du 18 août, il teste une nouvelle série de formules pour mieux invectiver Hollande et ses ministres. Ses anciens camarades du PS ont réagi au quart de tour en condamnant ses propos et en demandant même au PCF de les désavouer. Pour le porte-parole du PS, David Assouline, « Mélenchon n’a d’ennemis qu’à gauche et cela commence à plus que se voir ». PS et Mélenchon, des amis de 30 ans, ennemis aujourd’hui ? Pas si sûr.
On commence à connaître la musique. Avant les présidentielles de 2012, Mélenchon se répand en mauvais mots sur Hollande. Mais le soir du 1er tour, il appelle à voter pour lui comme si c’était lui-même. Remis de sa défaite aux législatives, il conspue à nouveau copieusement le président. Mais, avant son show du 5 mai à la Bastille, il lui propose de constituer un nouveau gouvernement avec comme premier ministre, lui-même ou bien Arnaud Montebourg. (Lire la suite…)
Mélenchon parade à Toulouse mais évite soigneusement la « Fête de l’Huma » Haute-Garonne.
Article, vivelepcf, 1er juin 2013
A Toulouse ce 1er juin se déroulent deux manifestations politiques : la Fête de l’Huma 31 organisée par la fédération du PCF et une marche pour la « 6ème République » organisée par le Front de gauche.
Mélenchon a fait le déplacement pour conduire le défilé du Front de gauche, auquel appelle aussi la direction du PCF 31. Mais il a annoncé qu’il n’irait pas à la Fête du PCF parce qu’il n’y est « pas invité ».
On aurait pu imaginer que, même sans que le tapis rouge soit déroulé pour sa venue, Mélenchon aurait trouvé un intérêt à venir débattre avec la principale organisation du Front de gauche du département.
Ce n’est pas du tout son esprit.
Comme il le reconnaît à la Dépêche du Midi (édition du 1er juin), Mélenchon descend à Toulouse pour soutenir la candidature de son ami du PG, Jean-Christophe Sellin, aux municipales de 2014.
La divergence est profonde en termes de perspective électorale entre Sellin et les communistes de Haute-Garonne.
Sellin, conseiller municipal délégué sortant, élu sous l’étiquette PS en 2008, veut cette fois tirer une liste au 1er tour, autonome de celle du maire sortant PS, Pierre Cohen. Mélenchon confirme que ce sera le cas « en toute hypothèse ». Sellin juge le pari électoraliste avantageux. Il a entrepris des négociations avec EELV. Il entend porter les couleurs du Front de gauche.
Problème pour Sellin, les communistes toulousains font un autre choix. Ils considèrent que le bilan de l’exécutif de gauche derrière Pierre Cohen est positif. C’est le premier mandat d’une municipalité de gauche depuis des décennies. La droite, aux aguets, compte profiter du désaveu de la politique gouvernementale pour reprendre la mairie. Il y aurait des possibilités de continuer à tirer à gauche la politique municipale.
Cette stratégie est certainement discutable. Nous nous garderons bien de donner une position hors des réalités locales. Mais nous ne pouvons que comprendre et partager la colère des communistes de Haute-Garonne devant les manœuvres politiciennes du disciple de Mélenchon. Celui-ci en rajoute dans la Dépêche : « La plupart des composantes du FdG sont d’accord, exception faite, me dit-on, de la direction départementale du PCF. Mais il appartiendra à l’état-major national communiste de trancher ».
Quand il s’agit de plumer la volaille communiste, rien décidément ne retient Mélenchon, ni de mépriser la base communiste, ni de faire pression sur la direction, ni – on s’en souvient – de faire payer au PCF les 527.000 euros de dépassement de frais de sa campagne électorale des présidentielles.
On comprend mieux pourquoi Mélenchon ne se hasardera pas dans la zone des Argoulets où se passe la fête de l’Huma 31. Il ne tient pas à s’affronter à la colère des militants communistes, encore moins à ce que ses tensions avec le PCF dominent les comptes rendus de son expédition toulousaine.
Cela ferait mauvais effet pour le député européen, justement élu dans la région Sud-ouest. Il aura peut-être à nouveau besoin du soutien logistique des communistes locaux pour être réélu et poursuivre sa recomposition politicienne.
A la Dépêche du Midi, Mélenchon ne cache pas ce qu’il place sans sa « révolution citoyenne ». « L’expérience montre qu’il ne suffit pas de changer un gouvernement par un autre pour que ça change. Je suis républicain, je m’en remets au suffrage universel. Les élections européennes sont donc le prochain rendez-vous pour régler les problèmes ».
L’objectif de la « réplique du 5 mai » à Toulouse n’est donc rien d’autre que de préparer la campagne des élections européennes de juin 2014, notamment la réélection de Mélenchon dans le Sud-Ouest. Quant au 5 mai à la Bastille, sous la fumisterie de la 6ème République, il ne portait rien d’autre que cette perspective : une recomposition politique après 2014 avec un Montebourg ou Mélenchon comme premier ministre.
On est loin de la détresse et de la colère populaires, encore plus loin de la lutte des classes !
Mais d’outrance en outrance, y compris cette surenchère mortifère avec Marine Le Pen, la grenouille Mélenchon pourrait ne pas tarder à éclater et avec elle le Front de gauche.
Que restera-t-il alors du PCF ? Un héritier rachitique du Front de gauche poursuivant jusqu’au bout la stratégie de transformation en parti réformiste, pro-UE, de sa direction ? Un satellite résigné du PS, soignant quelques souvenirs historiques ?
Ni l’un, ni l’autre ! Un Parti communiste résolument ancré dans la lutte des classes ! En tout cas ce doit être notre combat plus que jamais ! Partout en France !
Un an de pouvoir de Hollande, pourquoi se montrer déçu ? Les forces existent, aujourd’hui comme hier, pour stopper cette politique !
Tract, vivelepcf, 16 mai 2013
Communistes, nous ne faisons pas partie des déçus de Hollande. Nous n’attendions rien de mieux de son avènement à la Présidence, il y a un an. Nous ne faisons pas partie de ceux qui se sont faits des illusions, surtout pas de ceux qui ont propagé des illusions sur ses projets.
Aujourd’hui, notre détermination est entière à nous opposer à la poursuite de la politique d’austérité, bientôt de super-austérité, menée au service du capital, sous l’égide de l’Union européenne.
Le mécontentement, la colère, la volonté d’agir de la plus grande part des salariés, retraités et jeunes sont plus élevés que jamais. Il est possible de reconstituer les mobilisations massives, convergentes, de 2009, contre l’austérité déjà, de 2010 contre la casse des retraites, alors que justement le nouveau gouvernement les attaque à nouveau.
L’expérience est flagrante pour tous : La perspective de « changement » n’est pas dans tel ou tel changement institutionnel lointain. Pas de diversion, modérée ou pseudo « radicale » ! Elle est dans le mouvement populaire lui-même, dans sa capacité à faire reculer la politique du pouvoir tout de suite, à faire prévaloir des choix de rupture. (Lire la suite…)



