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Grèce. Mémorandum ou Grexit : soumission pour rester dans l’euro ou punition pour pouvoir y revenir !
EDT pour Vivelepcf, 12 juillet 2015. Cet article complète et reprend en partie les précédents :
Grèce : la supercherie politique de Tsipras et de l’UE finit enfin d’éclater au grand jour – 11 juillet
Tsipras enferme le pays dans le chantage de l’UE du capital puis refile la responsabilité au peuple ! – 27 juin
La tragi-comédie politique gréco-européenne n’en finit pas de rebondir. Nous laissons aux parieurs le loisir de pronostiquer entre le scénario d’une acceptation par l’UE du nouveau plan de casse sociale proposé par Tsipras et celui d’une exclusion, éventuellement temporaire, de la Grèce de la zone euro.
Ce qui est sûr, dans les conditions actuelles, c’est que l’un ou l’autre scénario s’abattra sur les travailleurs et les couches les plus pauvres de la population. Dans un cas, la poursuite sans fin de la super-austérité, dans l’autre la faillite de l’Etat, des services publics et sociaux, le défaut de paiement des traitements et prestations sociales etc.
Il n’y a pas non plus une solution qui serait plus à « gauche » et une autre plus à « droite » selon qu’elle soit portée par Hollande-Renzi-Tsipras ou Merkel-Schaüble. A destination des opinions publiques européennes, dans le premier cas, le peuple grec signe sa soumission aux règles de l’UE du capital ; dans le deuxième cas, il subit sa dure punition tout en restant sous son entière domination.
Il y a 4 ans encore, la sortie de la Grèce de l’euro aurait eu une signification politique toute différente, susceptible d’ébranler l’Union européenne du capital, d’ouvrir une voie d’émancipation de sa dictature. En quatre ans, les dirigeants, les gouvernements grecs, Syriza en particulier ont éliminé ce risque politique pour l’UE.
Dans un précédent article, nous avons comparé la situation avant le projet de référendum du premier ministre social-démocrate Papandréou en 2011, que l’UE avait fait avorter, et la situation avant le référendum de Tsipras, le 5 juillet 2015 :
« Souvenons-nous : en 2011, le premier ministre socialiste Papandreou avait déjà voulu organiser un référendum sur un précédent mémorandum européen, dans le même but de faire signer au peuple lui-même le plan de super-austérité qu’il allait subir. Mais Sarkozy et Merkel l’en avaient formellement dissuadé. Le risque politique d’une victoire du « non » était trop grand et elle aurait ébranlé l’UE et l’euro.
En 2015, la situation a changé sur bien des aspects. Les dirigeants européens ont réglé – sur le dos des travailleurs – la phase aigüe de la crise à Chypre, en Irlande ou même au Portugal. Depuis 2011, la dette grecque a été presque totalement transférée à des institutions publiques et les banques privées occidentales n’y sont plus exposées. Les capitalistes grecs ont eu tout le temps d’expatrier leurs fonds. Depuis 2011, l’essentiel des régressions économiques et sociales imposées au peuple grec a été adopté. Surtout, en 2011, le vote « non » aurait tout à la fois exprimé le rejet des mesures d’austérité, la sanction d’un gouvernement qui était perçu – à juste titre – comme co-responsable de cette politique et de la crise et il aurait ouvert la possibilité d’une alternative en rupture avec l’UE et l’euro et avec un gouvernement pro-européen. Depuis 2011, la quasi-disparition du parti de Papandreou, le PASOK et l’avènement et la promotion de SYRIZA à sa place ont complètement changé la donne. Syriza s’est posé et a été présenté comme porteur d’une alternative radicale à gauche du Pasok mais tout en se proclamant foncièrement pro-européen. »
Siryza et Tsipras ont servi à écarter toute alternative politique immédiate en rupture avec l’UE. Même contre ce qui aurait servi un point de vue réformiste, ils se sont délibérément privés de tout moyen de faire peser une menace d’une sortie de l’euro dans les négociations avec l’UE et la BCE. Ils ont contribué aussi à identifier le rejet de l’UE à l’extrême-droite. En organisant le référendum du 5 juillet sur une fausse question, ils ont fait peser sur le peuple lui-même la dureté des scénarios en vue, dont l’expulsion-punition de l’euro.
Plus que jamais, nous exprimons notre désaccord avec le soutien inconditionnel apporté par la direction du PCF à la politique du gouvernement SYRIZA-ANEL et demandons, dans le contexte de sinistre clarification de la situation, l’ouverture d’un grand débat dans le Parti.
Aujourd’hui, un plus grand nombre de capitalistes grecs voient eux-mêmes d’un bon œil la perspective d’une sortie de l’euro. Le secteur touristique par exemple serait plus concurrentiel, toujours payé par des touristes en devises. Il ne tient pas aux hausses de TVA du projet de nouveau mémorandum. Ceux qui ont pu expatrier leurs fonds en euros pourraient les faire revenir pour racheter des actifs à vil prix, en drachmes dévaluées.
Du côté des puissances européennes, les divergences dans les négociations actuelles traduisent une concurrence inter-impérialiste au sein de l’UE, une lutte d’influence dans la « gouvernance » de la zone euro. Mais leur complicité prévaut : tous veulent maintenir l’euro, instrument de domination capitaliste contre les peuples, canaliser tout le débat politique au niveau européen sur lequel les peuples et leurs luttes n’ont pas de prise.
Notre parti, le PCF, a combattu avec force l’établissement de la monnaie unique en 1992, lors du référendum sur Maastricht, en 1998 avant la signature par la « gauche plurielle » du traité d’Amsterdam. Tous les effets antisociaux, antidémocratiques, la montée des peuples les uns contre les autres aussi, que nous avions dénoncés se sont vérifiés. Nous faisons partie des communistes qui n’ont pas renoncé à combattre l’euro. Le cas de la France n’est pas celui de la Grèce. L’abandon de l’euro en France signerait la fin de l’euro. Ce ne serait pas l’avènement du socialisme mais un coup important porté aux capitalistes européens et à leur cartel, l’UE.
En Grèce, une période de grave instabilité politique risque de s’ouvrir. Tous les partis de gouvernement vont être disqualifiés. L’extrême-droite néonazie, « l’Aube Dorée », pourrait servir de force d’appoint pour exploiter la détresse, détourner la colère populaires, préserver les intérêts capitalistes.
Il est plus important que jamais pour les communistes français de manifester notre solidarité avec le peuple grec et notre soutien aux organisations de classe, le Parti communiste grec, le syndicat PAME qui défendent avec clairvoyance et courage les intérêts des travailleurs et du peuple et poursuivent l’amplification de leur riposte dans cette étape très dure de la lutte des classes en Grèce.
Défense de la médecine du travail: urgence pétition
Nous reprenons le texte et le lien vers la pétition qu’il a lancé du groupement de médecins du travail « Sauvons la médecine du travail – SMLT « . Le projet de loi Rebsamen a insidieusement intégré une nouvelle attaque contre l’exercice et les prérogatives de la médecine du travail. Il sera examiné en 2ème lecture par le Sénat le 20 juillet. Plus la mobilisation sera forte et l’information diffusée, plus il sera difficile au gouvernement de la faire adopter et de l’appliquer.
URGENT
Attention DANGER : article n°19 de la loi sur le dialogue social et l’emploi
Signez et faites signer la pétition
Aujourd’hui, ont été discutées et votées au Sénat des dispositions issues du rapport intitulé « aptitude et médecine du travail », remis le 21 mai aux ministres du travail et de la santé et publié le 25 mai. Elles n’ont rien à voir avec la loi relative au dialogue social et à l’emploi dans laquelle elles ont été introduites. L’article n°19 de la loi qui les contient a été perfidement présenté au vote des députés le 28 mai sans qu’ils aient pu matériellement lire le rapport qui en explicite les conséquences.
Les innovations législatives introduites par ces amendements sont majeures, leurs conséquences sur l’avenir de la médecine et de la santé au travail sont considérables et probablement irréversibles.
L’article 19 de la loi dispose : « Art. L. 4624-4. – Les salariés affectés à des postes présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, celles de leurs collègues ou de tiers et les salariés dont la situation personnelle le justifie bénéficient d’une surveillance médicale spécifique. Les modalités d’identification de ces salariés et les modalités de la surveillance médicale spécifique sont déterminées par décret en Conseil d’État. »
Il s’agit donc de classer les salariés en plusieurs catégories : ceux qui occupent un poste de sécurité ou un poste présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, ceux dont la situation personnelle le justifie, et les autres (la grande majorité).
Selon ce classement, la surveillance sera différente.
Pour les occupants de postes de sécurité, ce sera, selon le rapport, une aptitude sécuritaire spéciale décidée par un médecin différent du médecin du travail. En fait, il s’agira d’une attestation médicale de non contre-indication à l’exercice de tel ou tel métier. Autant de métiers, autant de non contre-indications. Et adieu le travail pour celui qui la perd !
De plus, rien ne garantit l’efficacité de ce système. L’exemple du crash aérien récent est éloquent, ainsi que l’état actuel de la non contre-indication à la conduite professionnelle.
Pour les salariés affectés à des postes présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, le rapport prévoit une surveillance tous les 5 ans. Ce n’est pas la surveillance de leur santé, mais celle de leur exposition. On va ainsi revenir à la théorie de « l’exposition contrôlée », développée en son temps par le Comité Permanent Amiante et dont l’expérience dramatique ne semble pas avoir servi de leçon à ceux-là mêmes qui l’ont conseillée à l’époque.
Pour les autres, c’est-à-dire la grande majorité des salariés, le rapport prévoit « d’abandonner la vérification systématique de l’aptitude. Une attestation de suivi de santé sera délivrée à l’employeur et au salarié par le médecin du travail ou l’infirmier en santé au travail ».
C’est la disparition de la médecine du travail. Car qui, aussi bien parmi les salariés que les employeurs, voudra de cet ersatz de visite médicale, sans médecin, sans avis d’aptitude et sans conséquence ? Sans effet sur le contrat de travail, à quel titre et pourquoi pourrait-on imposer à une personne un examen de santé au seul motif qu’il est salarié ? Sans effet sur le contrat de travail, pourquoi un employeur financerait-il ces examens ?
L’article 19 de la loi permet aussi aux employeurs de s’exonérer des obligations de maintien dans l’emploi et/ou de reclassement pour les salariés médicalement inaptes à leur poste. Ainsi, l’employeur « peut également rompre le contrat de travail si l’avis du médecin du travail mentionne expressément que tout maintien du salarié dans l’entreprise serait gravement préjudiciable à sa santé. ». Cette notion nouvelle du danger, pour la santé, de conserver son emploi, relève d’une conception originale de la médecine, de la déontologie et de la loi.
Aujourd’hui, ce sont les médecins du travail qui se prononcent sur l’aptitude médicale à leur poste pour tous les salariés. Elle ne concerne que les questions médicales : ce n’est pas une aptitude technique ou professionnelle. Elle est en rapport avec un poste, le leur, celui auquel l’employeur a décidé de les affecter. Ce n’est pas une aptitude au travail, ni une aptitude à un métier, encore moins une aptitude à subir un risque. C’est elle qu’il faut valoriser et moderniser.
Le 30 juin 2015
Groupement national « sauvons la médecine du travail »
Pour signer la pétition, cliquez ici
Grèce : la supercherie politique de Tsipras et de l’UE finit enfin d’éclater au grand jour
EDT pour Vivelepcf, 11 juillet 2015
La « radicalité » de Syriza et Tsipras n’est qu’une vaste imposture politique. Qui sera aujourd’hui assez aveugle, ou d’assez mauvaise foi pour ne pas le reconnaître ?
Ceux qui n’ont pas vu ou pas voulu voir que Syriza et Tsipras ont choisi de faire alliance avec le parti d’extrême-droite ultra-libéral, ANEL, et donné ainsi, depuis leur arrivée au pouvoir, tous les gages aux puissants grecs, armateurs, armée, église… ainsi qu’à l’OTAN ? Ceux qui n’ont pas vu ou ne veulent pas voir que Syriza a servi à recycler la social-démocratie disqualifiée depuis la crise de 2009 ? Ceux qui n’ont pas vu ou voulu voir, éblouis par le mirage de « l’Europe sociale », que Syriza a enfermé toute perspective politique et économique dans le carcan de l’UE du capital ?
Les cinq longs mois de négociations avec l’UE, la BCE et le FMI n’ont été qu’une mise en scène relevant de la pédagogie de la résignation. Le référendum du 5 juillet l’a complétée sournoisement en cherchant à associer le peuple à cette politique de soumission au capital, à lui faire faire la fausse expérience que tout aura été fait pour « résister » jusqu’au bout. Ce message de Tsipras et des dirigeants de l’UE est aussi, voire essentiellement, destiné aux autres opinions publiques européennes.
Cette nouvelle phase de la crise grecque s’achève avec une « Union sacrée » derrière Tsipras au Parlement, associant tous les anciens partis au pouvoir pour valider un nouveau mémorandum, encore plus dur que les précédents, auxquels il vient s’additionner. Au moment de convoquer le référendum, le gouvernement Syriza-Anel était d’accord à 90% avec les propositions de l’UE. Trois jours avant sa tenue, à 95%, jusqu’à évoquer la possibilité de suspendre le référendum (vraiment pour qui prennent-ils le peuple !). Aujourd’hui, ils sont d’accord à 105% !
La TVA va être encore davantage augmentée. Les retraités vont être davantage ponctionnés – avec y compris la remise en cause de l’aide aux plus petites pensions – et l’âge de départ de retraite reporté à 67 ans. De nouvelles privatisations sont programmées après que Tsipras a déjà repris celle du port du Pirée, contre une de ses rares promesses électorales précises avec celle de la hausse du salaire minimum également abandonnée. Des dispositions contre le droit du travail, pour faciliter les licenciements, sont prévues.
Sur un pays martyrisé par la crise, étouffé par l’UE et l’euro, le nouveau plan Tsipras, c’est l’addition en une seule fois des lois Fillon, ANI, Rebsamen, Macron et du « pacte de responsabilité » !
De façon presque comique, c’est l’UE qui a demandé et obtenu une baisse des dépenses militaires, modeste, de 100 millions d’euros en 2016 et de 200 millions en 2017. Loin d’être pacifistes, les dirigeants européens appellent à professionnaliser l’armée et à couper dans les dépenses de personnel. Tsipras et son ANEL Kamenos, ministre de la défense, ont pris la précaution de faire passer avant le mémorandum un contrat de 500 millions d’euros pour moderniser les avions de surveillance de la Marine… Un autre fait, plus que symbolique, ne doit pas resté ignoré à gauche en France : les manœuvres aéronavales avec Israël en avril dernier.
L’UE pourrait bien avoir maintenant le beau rôle sur ce qui va être avancé comme le principal acquis de l’accord avec Tsipras : la restructuration de la dette. Mais, hors de toute hypothèse de sortie de l’euro, ce n’est plus qu’un simple jeu d’écritures.
Le FMI sera remboursé intégralement, comme l’ex-ministre Varoufakis, économiste gréco-australien, spécialiste de la théorie des jeux, parti pour de nouvelles aventures, s’y est toujours engagé. Pas question de donner un mauvais exemple au monde de désobéissance à l’institution capitaliste internationale!
Mais la dette vis-à-vis des institutions européennes est remboursée … par « l’aide » européenne. Comme l’a suggéré Strauss-Kahn, sa successeuse au FMI Lagarde, et le reprennent même les dirigeants allemands, cela ne change rien d’en biffer une partie et de diminuer « l’aide » d’autant. 7 milliards d’euros de remboursement tombent à échéance cet été, la suite n’arrive qu’en 2017. Après 2011, une première restructuration de la dette grecque a eu lieu – sous les auspices, côté grec, du même conseiller financier que celui choisi par Tsipras, la banque française Lazard. Elle a servi de désengager les banques privées occidentales et à transférer leurs créances dévaluées vers les institutions publiques. Plus de risque pour elle maintenant…
La question de la dette est devenue avant tout politique. Sa nouvelle restructuration, mise en scène, va rentrer dans la campagne idéologique pour essayer de relégitimer l’Union européenne (« pas si anti-démocratique que cela »), et pour, si c’est encore possible, prolonger la supercherie Syriza-Tsipras.
Nous faisons partie des communistes qui ont suivi et relayé les analyses du Parti communiste grec, KKE, et de son émanation syndicale, le PAME. Les médias occidentaux n’ont pas pu occulter – enfin – la puissante manifestation à leur appel devant le Parlement le soir du 10 juillet, de « l’Union sacrée » contre le peuple. La justesse de leurs positions, complètement à contre-courant de l’idéologie dominante, se confirme et éclate aujourd’hui. En France, nous avons refusé de confondre la solidarité avec le peuple grec et tout soutien au gouvernement Syriza-Anel. Dans la semaine de campagne référendaire, nous avons relayé la position du KKE. Des questions légitimes sont venues chez certains camarades pour savoir s’il n’y avait pas de possibilités de subvertir le piège du référendum par le vote ou s’il n’était pas plus important de refuser de le cautionner pour préparer la suite. Il était impossible pour les communistes français de se positionner, loin de la connaissance précise du rapport de force, à la place des camarades.
Le KKE et le PAME amplifient leurs luttes contre les mesures antisociales du pouvoir, contre les capitalistes grecs qui en profitent, dans une perspective de rupture avec l’Union européenne et de pouvoir populaire. Nous renouvelons notre soutien. La solidarité active en France avec le peuple grec est de poursuivre nos propres luttes contre les mêmes ennemis.
La situation grecque donne lieu à une campagne idéologie en France, y compris et en particulier à « gauche ». Hollande et Valls ont pris une posture relativement favorable à Tsipras, se sont distingués de Merkel et de Sarkozy. Ils se réjouissent bruyamment de l’accord en vue. La « gauche de la gauche » a érigé Tsipras en héraut et en inspirateur de ses projets de recomposition politique. Les dirigeants de cette « gauche » ont rivalisé pour poser avec Tsipras et être adoubés « leader de la gauche radicale » en France, à commencer, bien sûr par Mélenchon. L’exemple grec a été mobilisé pour faire avancer le rapprochement du Front de gauche, des « frondeurs » du PS et des « écologistes », la constitution d’un pôle social-démocrate de « gauche ». Un appel de parlementaires a, par exemple, été signé, le 7 juillet, dans lequel 43 députés, dont 16 PS et l’intégralité des députés EELV et FdG pour demander au gouvernement français « de s’engager pleinement pour le maintien de la Grèce dans la zone euro », se référant « aux choix hardis des grandes étapes de la construction européenne ». Les dirigeants de cette « gauche de la gauche », y compris ceux de notre parti, le PCF, se sont alignés intégralement et unilatéralement sur la politique de Syriza et ont, de fait, fait la propagande de sa supercherie : poser en alternative « radicale » des propositions d’aménagement du capitalisme et une pratique de collaboration. Sur l’Europe, de la même façon que le Parti de gauche européenne, PGE, ils ont à nouveau mis en avant la perspective trompeuse de « l’Europe sociale » et de la réorientation de l’UE du capital.
L’issue de la crise grecque, le discrédit enfin de Tsipras, ne peuvent maintenant que limiter les effets de cette campagne. Nous ferons tout pour combattre dans le PCF la transposition de la ligne Syriza. Et s’il y a bien une chose qui ressort avec évidence, c’est la nécessité pour les travailleurs et pour les peuples de rompre avec l’UE, comme notre parti l’a historiquement défendu quand il était puissant, seul en France, comme aujourd’hui le KKE seul en Grèce.
Contre la politique de casse de l’hôpital public : L’AP-HP a montré la voie !
Brève, 8 juillet 2015
La lutte à l’Assistance publique – hôpitaux de Paris a atteint un niveau inédit depuis des années.
Pour l’instant, la politique de coupe financière du pouvoir, incarnée par le directeur général, Martin Hirsch est en échec.
Sa « méthode », l’attaque frontale sur les jours de repos, a eu le mérite de créer les conditions du rassemblement le plus large des agents hospitaliers, de faire faire l’expérience de leur force ensemble. Le pouvoir a craint la « contagion » avant la manifestation nationale du 25 juin, notamment contre le projet de loi Touraine et le plan d’amputation de 3 milliards d’euros d’ici 2017 des ressources de l’hôpital public. A sa façon aussi, il a indiqué la voie des convergences de lutte à développer. Nous reproduisons le tract de camarades parisiens qui fait le bilan de la lutte à l’AP-HP avant le 25 juin.
Depuis, les négociations engagées par Hirsch, pour tenter de faire passer son plan, hôpital par hôpital, voire service par service, ont été suspendues le 7 juillet: nouveau revers pour lui. La CGT avait d’emblée refusé d’y participer. SUD a fini également par quitter la table. A la tentative de division de Hirsch, les syndicats lancent des cahiers de doléances, service par service aussi mais qui ne risquent pas de recouper les intentions du pouvoir…
Journée nationale d’action contre la politique de casse de l’hôpital public : L’AP-HP a montré la voie !
Tract PCF Paris 15, 25 juin 2015
Quelle riposte ?
Nous le savons et le vivons tous : la situation à l’hôpital public est de moins en moins tenable pour les personnels.
La baisse de l’offre de soins a largement atteint la limite rendant impossible le maintien de la qualité des soins. Cette tendance lourde correspond à un choix politique des gouvernements successifs. D’un côté, ils font passer l’argent des cotisations maladies vers les profits patronaux (au nom de l’emploi, on voit le résultat !). De l’autre, en attaquant le service public – hôpitaux, centres de santé – ils font le lit de la marchandisation de la santé, pour le profit de structures privées ou de la finance. Aux Etats-Unis, les dépenses de santé sont de 50% supérieures par habitant pour des résultats sanitaires bien plus mauvais. En Grèce, on retient les bébés en otages jusqu’à ce que les parents paient la maternité !
Le gouvernement Valls et la ministre Touraine continuent le travail de sape. Le soi-disant « pacte de responsabilité » doit se traduire par un prélèvement d’ici 2017 de 10 milliards d’euros sur l’assurance maladie, la moitié aux dépens de l’hôpital public. Cela représente, malgré les dénégations lamentables de la ministre, 22.000 postes supprimés par an !
La loi Bachelot, HPST, de 2008, a ouvert un cadre nouveau pour l’élimination méthodique des structures de santé publiques. Le projet de loi Touraine le déploie avec les nouvelles prérogatives arbitraires accordées aux Agences régionales de santé, notamment des les « groupements hospitaliers de territoire ». Du bon vouloir des proconsuls de la privatisation, des services, des hôpitaux, du public ou de privé devraient être fusionnés, supprimés, transférés à 30 ou 80 km. La loi Touraine est un fourre-tout comme la loi Macron pour faire oublier son objet principal. Communistes, nous sommes évidemment pour la généralisation du tiers payant. Cette question pose des problèmes techniques pour les médecins libéraux. La droite et les médecins les plus vénaux s’en sont servis pour détourner le mécontentement des médecins libéraux, notamment généralistes, vers une contestation réactionnaire. Les questions principales sont de développer les centres de santé – et non de les étouffer -, d’aller vers des remboursements plus simples à 100% sans prélèvement des complémentaires de santé lucratives.
Quelle riposte efficace? L’exemple de l’AP-HP.
Un homme incarne la continuité des politiques de coupes des dépenses sanitaires et sociales. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, était ministre de Sarkozy. Il a été nommé à l’AP par Hollande…
Des mouvements de résistance des hospitaliers, souvent avec les usagers, parfois avec le soutien d’élus gênés dans leurs contradictions politiques, se développent partout en France. Avec des résultats réels – un service, une structure partiellement sauvés.
Hirsch a choisi de s’attaquer à l’ensemble des personnels de l’AP-HP. Aujourd’hui, il avoue à ses commanditaires s’être trompé de méthode. Pas du tout ! Il a montré la cohérence de l’attaque et participé à l’unité de la riposte.
Les taux de grévistes, le nombre des manifestants à l’AP-HP ont atteint des niveaux inédits, depuis au moins 25 ans. La conscience s’est élevée que l’attaque n’épargnerait personne dans son travail, dans sa vie quotidienne. Abandonner ses jours de repos pour … travailler plus dans l’année et plus intensément chaque jour ! Inacceptable ! Tout simplement.
Hirsch a été mis en échec par la lutte. Il a dû renoncer à son argumentation oiseuse : faire travailler plus pour sauver des emplois ! Au contraire, il a dévoilé la réalité, générale, de la politique gouvernementale de casse.
Il a été acculé au recul. Pour mieux sauter (dans tous les sens du mot ?). Il renvoie à des négociations par service, par pôle de son plan à l’automne. Il espère débaucher certains syndicats…
En tout cas, la force du mouvement à l’AP-HP de mai/juin est loin d’être éteint. Touraine et Hirsch ont eu peur de la manifestation nationale du 25.
Qu’ils le veuillent ou non, l’exemple de l’AP-HP l’irrigue nationalement et ouvre la voie à la nécessaire riposte unitaire, partant, non d’un regroupement d’organisations, mais de la communauté d’intérêt des personnels, des patients, du pays.
Retrait du plan Hirsch à l’AP-HP !
Abandon du projet de loi Touraine et de son volet hôpital !
Avant les vacances, la journée nationale de mobilisation du 25 juin va très au-delà de l’action de témoignage.
Ensemble, après la lutte contre la loi HPST, sur la base de toutes nos luttes locales, nous pouvons gagner !


