Vive le PCF
(0 commentaires, 890 articles)
Cet utilisateur n'a pas partagé les informations de son profil
Articles par Vive le PCF
Elections en Allemagne – Point de vue de Patrick Köbele, prés. du PC allemand (DKP) – « Une bataille qui doit renforcer le Parti »
Elections législatives en Allemagne. Le point de vue de Patrick Köbele, président du Parti communiste allemand (DKP) : « Une bataille qui doit renforcer le Parti ».
A moins d’un mois des élections générales en Allemagne (24/09), nous reprenons les analyses du président du DKP, Patrick Köbele, telles qu’il les a livrées à nos camarades suisses du périodique « Vorwärts ». Traduction : EDT pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf », 2 septembre 2017.
Vorwärts : Le 24 septembre 2017 auront lieu les élections au Bundestag en Allemagne. La Parti communiste allemand (DKP) présente des candidats. Patrick Köbele, président du DKP, nous présente le programme électoral du Parti et l’état des débats sur sa stratégie.
PK : Il est certain que le Parti communiste allemand (DKP) ne fera pas son entrée dans le nouveau Bundestag. A elle seule, la loi électorale, avec le seuil antidémocratique des 5%, l’en empêche. La probabilité est même grande que le résultat du DKP se situe nettement en dessous de 1%. Et pourtant, nous présentons des candidats. Pourquoi ?
D’abord pour des raisons politiques. Le DKP a élaboré un programme politique immédiat qui désigne les causes et les fauteurs des guerres, de la fuite de populations et de la pauvreté. Ce programme avance des exigences pour contrer l’instrumentalisation des réfugiés visant à accroître la concurrence entre les exploités. Parmi nos propositions, figurent la construction massive de logements bon marché, la création de 260.000 emplois dans la santé, l’ouverture d’écoles, notamment maternelles, la création de postes d’enseignants, d’équipements pour la jeunesse. Qui doit payer ? Les fauteurs de guerre, d’exode et de pauvreté, avec un impôt sur les millionnaires (en Allemagne vivent plus d’un million de millionnaires) ! On doit aussi couper dans les dépenses d’armement, dans les interventions à l’étranger de l’armée fédérale. Ce programme immédiat n’est porté par personne d’autre. Il est spécifique par l’inscription d’exigences de réformes dans une stratégie révolutionnaire. Cette spécificité est la première justification de nos candidatures aux élections.
Un défi énorme.
La deuxième est notre propre faiblesse. Nous considérons que nous devons répondre, en interne et en externe, à l’agressivité croissante de l’impérialisme allemand. Nous ne pouvons pas rester dans l’idée que le DKP va continuer à perdre des forces. Nous devons riposter et prendre la participation aux élections fédérales comme un combat pour le renforcement du Parti. La chape de plomb antidémocratique des forces dominantes nous oblige à être offensifs en direction de la population. Pour pouvoir présenter des candidats, les petits partis doivent, en Allemagne, fournir des parrainages d’électeurs dans chacune des 17 régions fédérales (Länder). Dans la plupart des cas, 2000 par région, soit au total plus de 30.000. Pour un petit parti d’à peine 3000 adhérents, avec des structures locales souvent faibles, ce qui est le cas du DKP, cela représente un défi énorme.
Nous ne sommes pas arrivés à présenter des candidats dans tous les Länder. Dans deux Länder, le DKP n’a pas collecté de signatures, parce que les camarades sur place ont émis l’avis de ne pas présenter de candidat dans les discussions internes au Parti et ont choisi de ne pas respecter la décision, claire, du congrès du Parti. Dans cinq autres Länder, nous n’avons pas réussi à obtenir le nombre de signatures suffisant. Dans le premier cas se pose le problème du respect des décisions du Parti. Le deuxième cas n’est pas satisfaisant mais les camarades ne sont pas frustrés : comme ailleurs, ils sont allés davantage au contact dans les rues et nous comprenons mieux maintenant d’où proviennent nos problèmes d’implantation.
Le DKP et le Parti de la gauche, « die Linke ».
Avant l’adoption de notre décision de nous présenter aux élections, la discussion a beaucoup tourné sur la question de savoir si nous n’allions pas ainsi nuire au parti « Die Linke » [Parti de la gauche]. Il y avait accord entre nous sur le constat que le Parti de la gauche, surtout sur la question de la paix, avait joué un rôle positif au Parlement. Il y avait accord aussi pour souhaiter que le Parti de gauche soit à nouveau représenté au Bundestag, même si les électeurs sont placés devant un problème. Ils ne savent pas si leur voix va soutenir la partie politiquement relativement conséquente de « Die Linke » ou bien ceux, qui, par exemple comme Gregor Gysi, sont prêts, en vue d’une participation gouvernementale avec le SPD et les Verts, à bazarder quantité de positions fondamentales (également sur la question de la paix).
C’est aussi pour cela que nous avons jugé nécessaire de proposer aux électeurs une alternative conséquente, pour pouvoir exercer une pression de gauche sur « die Linke » au moyen d’un bulletin de vote. Nous nous sommes mis d’accord sur des canditatures du DKP qui pèsent politiquement à gauche dans la campagne électorale en apportant des voix au parti lui-même.
Qu’avons-nous gagné jusqu’à présent ? Dans dix Länder, on pourra voter pour nous. Nous avons rassemblé largement plus de 20.000 signatures de parrainage pour nos candidatures. Dans la plupart des régions, le Parti a été bien plus présent sur le terrain et a fait de bonnes expériences. Un intérêt s’est manifesté pour notre parti et nos positions. Nous partons d’un point où beaucoup de gens ne savent plus que signifient les lettres de notre sigle DKP. Nous avons commencé à inverser la tendance. Nous devons continuer. Pour cela, nous avons gagné en énergie et en confiance.
La préparation du congrès du Parti.
Dans le même temps, nous préparons notre 22ème congrès qui aura lieu en mars 2018. Nous nous sommes fixé comme objectif que ce congrès plante un nouveau jalon dans les débats qui traversent le Parti et qui ont abouti, en 2013, à un changement de direction, puis en 2015, au rétablissement du caractère marxiste-léniniste du Parti. Nous devons redonner son effectivité au principe qui lie le débat le plus large en interne et l’unité d’action. Cela ne veut pas dire la fin du débat mais le dépassement de la logique de fraction. Dans la pratique, nous voulons gagner cela par le débat sur les contenus. C’est pour cela que nous placé au centre du document d’orientation du 22ème congrès l’affinement de notre stratégie dans le moment présent.
De notre point de vue, la stratégie suivie par le DKP depuis 1968, dans son essence, est fondamentalement juste. Elle repose sur les réflexions de Lénine, de l’Internationale communiste et du KPD de Thälmann, Pieck et Reimann. Elle s’inscrit dans la suite des orientations stratégiques prises par le DKP lors de sa reconstitution en 1968 (après l’interdiction du KPD en 1956) sous la direction de Kurt Bachmann et d’Herbert Mies. Nous voulons la continuer et l’actualiser dans les conditions d’aujourd’hui, et non la rejeter. Dans le même temps, nous constatons que cette stratégie suscite aussi des questionnements venant « de gauche ». Ces questions sont toutes légitimes. Pourtant certaines reviennent aussi parfois à jeter parfois le bébé avec l’eau du bain. C’est le cas à chaque fois que des aspects annexes ou secondaires de la stratégie antimonopoliste sont surestimés, quand une question annexe se trouve érigée en point central de la stratégie. Parmi ces questions se trouve celle des possibilités d’alliances avec des franges non-monopolistes de la bourgeoisie. Elle existe mais, pour les communistes, elle occupe une place subordonnée aux conditions du combat et de l’unité d’action de la classe ouvrière. Parmi ces questions figure aussi l’importance à donner aux élections ou à d’éventuelles participations gouvernementales. Sur ce dernier point, les expériences ont été très contradictoires pour les révolutionnaires. Dans les démocraties populaires, dans un rapport de force militaire réglé par la présence de l’Armée Rouge, la participation au gouvernement a été une voie pour passer de la phase de la démocratie antifasciste à celle de la révolution socialiste. Dans les années 30, les gouvernements de front populaire ont été des gouvernements de combat contre le fascisme. Dans les dernières périodes, les partis communistes ont souvent été intégrés au système et lui ont servi de caution [« de feuille de vigne »].
L’étape actuelle de la lutte.
Dans le document d’orientation, nous définissons l’étape concrète de la lutte, l’étape du développement de l’impérialisme aujourd’hui, mais aussi l’état du rapport de force entre le travail et le capital comme entre le capital monopoliste d’une part, la classe ouvrière et les forces non-monopolistes, anti-impérialistes de l’autre. Mais nous faisons le constat qu’un aperçu se limitant à la situation actuelle ne suffit pas. Aussi nous étudions le développement de l’impérialisme dans ses différentes étapes.
Globalement, nous arrivons à la conclusion que nous nous trouvons à une étape du développement de l’impérialisme qui a commencé au début des années 70 du siècle dernier et qui, renforcée par l’anéantissement du socialisme en Europe sous les coups de la contrerévolution, a conduit à l’offensive de l’impérialisme qui continue aujourd’hui. Depuis le début de la crise de 2007, apparaissent des fissures. La crise a renforcé les contradictions inter-impérialistes sans que le mouvement ouvrier, au plan national, européen ou mondial ne réussisse, jusqu’à présent, à les exploiter et à opposer une riposte forte à l’offensive de l’impérialisme. Les contradictions croissantes dans le camp des dominants lui ouvrent un nouvel espace mais elles accroissent aussi les dangers d’agressions au sein du camp capitaliste, de guerres par procuration ou de guerres contre tel ou tel concurrent ou pour se disputer des sphères d’influence.
Lutter pour un changement.
Nous partons de cette analyse et de la constatation qu’un « capitaliste monopoliste d’Etat » s’est constitué, dans les grands centres de l’impérialisme, comme Lénine l’a dénommé. Au sein de cette structure économique principale de l’impérialisme, les monopoles se fondent avec l’Etat impérialiste dans un ensemble dénué de contradictions. Nous nous tenons aux grands traits de la théorie léniniste, suivant laquelle le coup majeur doit être dirigé contre la structure présentement principale du capitalisme : les monopoles et l’Etat à l’ère du capitalisme monopoliste. C’est là que les voies vers l’avènement de la révolution prolétarienne sont à rechercher. Nous considérons qu’à l’étape actuelle, le but stratégique consiste à trouver les voies qui permettent de faire sortir de la défensive le mouvement ouvrier, les forces anti-impérialistes et antimonopolistes, les forces favorables à la paix, à l’antifascisme. Il s’agit de mettre un coup d’arrêt à l’offensive du capital monopoliste, d’organiser les forces de riposte. Il s’agit de lutter pour un changement en vue d’une politique de paix et de désarmement, de progrès démocratique et social, comme l’exprime le sous-titre du document d’orientation.
Cela n’a rien à voir avec une stratégie de transformation. Nous intégrons ces réflexions, depuis la fondation de notre parti, dans une stratégie révolutionnaire qui découle naturellement du fait que la nécessaire révolution socialiste suppose la prise du pouvoir politique par la classe ouvrière, en alliance avec les autres couches antimonopolistes. C’est la condition préalable pour arracher à la classe dominante la source de son pouvoir, les moyens de production et pour édifier une société et une économie qui rompent avec le système du profit et de la concurrence.
Maintenant, ce document d’orientation est mis en débat dans le DKP. Nous savons que la sagacité collective de l’ensemble du Parti est plus grande que celle de sa direction. C’est pourquoi nous sommes sûrs que le débat au sein du Parti va encore enrichir le texte. Le 22ème congrès fera ensuite le bilan de l’engagement tout à la fois dans la campagne électorale des législatives, dans le combat pour le renforcement du Parti et dans la bataille pour la définition de l’orientation stratégique du DKP dans l’une des premières puissances impérialistes de notre temps.
Robert Hue se retire de la vie politique… son oeuvre est continuée
Brève, EDT pour « vivelepcf.fr », 1er septembre 2017
La face du monde n’en sera pas changée, pas même celle de la vie politique nationale. Robert Hue vient d’annoncer, à 70 ans, qu’il se retirait de la vie politique.
Depuis une quinzaine d’années et son départ de la direction du PCF, l’activité politique de Robert Hue s’est bornée à un papillonnage aux confins de la social-démocratie. Il a créé successivement plusieurs mouvements anecdotiques. Il en a vendu – pas cher – au PS les sigles inélégants, NEP puis MUP*. Il a monnayé cet appoint secondaire, ainsi que son propre statut d’ancien dirigeant du PCF et peut-être son silence parfois, contre quelques places d’élus.
Hue a fini par s’intégrer au Sénat dans le groupe des radicaux pro-européens et à appeler cette année à voter Macron au 1er tour des présidentielles. Hue considère pourtant que ses idées n’ont pas changé par rapport aux années 90. Sur ce point, nous pouvons être d’accord avec lui !
Hue a incarné, comme secrétaire national du PCF de 1994 à 2003, la ligne de reniement des positions et des formes d’organisation fondamentales de notre parti. A l’époque, il avait appelé ce processus liquidateur la « mutation ». Certains actes et traits personnels, particulièrement choquants, ont marqué comme sa descente des marches du festival de Cannes en costume et chaussures de luxe ou son appel à une aide humanitaire au profit du gouvernement américain après les attentats du 11 septembre 2001. Il reste aussi le symbole de la marginalisation électorale comme candidat aux présidentielles de 2002 : 3,37% contre 8,64% en 1995.
Mais il ne saurait être question de renvoyer Hue à l’Histoire et de le laisser supporter seul le bilan de cette décennie de démolition du Parti, comme l’ont fait et le font certains de ses anciens collaborateurs. Ce serait ne pas voir que cette ligne de reniement a été poursuivie jusqu’à présent, sous des modes à peine différents.
Marie-George Buffet était la courroie de transmission de la « mutation » dans le gouvernement Jospin, celui qui a le plus privatisé. Pierre Laurent était déjà un rouage important de la « mutation », notamment à l’Huma qui a cessé alors d’être le journal du Parti. L’Huma-dimanche a été également momentanément liquidé à cette époque, avec le résultat voulu de dévitaliser la vente militante hebdomadaire.
Le choc des 3,37% a des répliques : le 1,91% de Buffet en 2007, le 0% et le 1,23% des inscrits – échec inédit – de la ligne Pierre Laurent aux présidentielles et législatives de 2017.
Depuis 2002, beaucoup de camarades sont partis, se sont trouvés écartés. D’autres et une partie de la société se sont habitués à la disparition du vrai PCF. Pas nous !
Le départ de Hue est une occasion de mettre en évidence la continuité de la ligne de mutation-transformation-liquidation, à l’ordre du jour du prochain congrès « extraordinaire ».
Hue est encore sénateur pour quelques semaines. Il a été réélu en 2011 sur désignation du PCF-Front de gauche sur la liste d’union de la gauche dans le Val d’Oise, bien qu’il ait déjà à l’époque depuis longtemps renié le Parti.
NEP : « Nouvel espace progressiste ». MUP : « Mouvement unitaire progressiste ».
Voir aussi : 31/01/2011 Le PCF-Front de gauche choisit Robert Hue comme candidat aux sénatoriales sur la liste du PS : significatif !
06/11/2009 : Robert Hue : le ridicule ne tue pas, il fait vivre !
27/08/2009 : Robert Hue: repoussoir ou poisson-pilote?
La situation au Venezuela analysée par le PC du Venezuela.
3 articles du PCV traduit par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
Parti Communiste du Venezuela: Combatif dans la mobilisation pour que l’Assemblée nationale constituante mette en œuvre des mesures en faveur du peuple
Solidarité Internationale PCF Vénézuela – Révolution bolivarienne, Amérique Latine
15 août 2017
Déclaration du Bureau Politique du Parti Communiste du Venezuela - Article de « Tribuna Popular », organe du PCV, 8 août 2017, traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».
Caracas, 8 août 2017, Tribuna Popular.-Le Bureau politique du Parti communiste du Venezuela (PCV) a rendu publiques les conclusions du 4ème Plénum du Comité Central du Parti qui s’est tenu, dimanche 6 août. L’ordre du jour portait sur les résultats des élections pour la mise en place de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), ainsi que sur les perspectives et les menaces que les travailleurs et les organisations populaires et révolutionnaires doivent mesurer après l’élection de cette instance importante.
Pour la direction nationale du PCV, le processus électoral, l’installation et la mise en route des fonctions de l’ANC constituent une « victoire de notre peuple face à la politique impérialiste qui traçait la voie de la violence réactionnaire pour tenter d’empêcher la tenue des élections du 30 juillet », comme l’a déclaré Oscar Figuera, secrétaire général du PCV.
En même temps, la direction communiste réaffirme que cette victoire contre l’impérialisme, celle du peuple vénézuélien et non seulement celle du chavisme, peut être de courte durée si l’Assemblée Constituante s’en tient à apporter des changements dans la superstructure politique du pays et si elle ne parvient pas à produire immédiatement une série de mesures et d’actes constituants qui s’attaquent aux problèmes essentiels de notre peuple.
« Si on en reste là, au niveau d’une action superficielle, ce qui représente un bond important dans la réponse de notre peuple à la violence réactionnaire va se diluer dans le jeu de la bureaucratie, qui s’imposera dans l’Assemblée Constituante elle-même » a prévenu le dirigeant communiste. Il a également appelé « l’Assemblée Nationale Constituante, ses membres, à maintenir leurs liens avec les masses, avec le peuple, à s’imprégner des positions et des propositions qu’ils émettent, tant au niveau des territoires que des secteurs d’activité, en direction de l’Assemblée Constituante « .
La pression populaire dans les Assemblées Populaires Constituantes
Figuera a signalé que plusieurs tâches ont été assignées aux militants communistes. La plus importante est « d’approfondir les efforts, avec le mouvement populaire révolutionnaire dans le cadre de l’alliance révolutionnaire, avec les ouvriers, les paysans, au sein du peuple et des conseils communaux, pour impulser la mise en place des Assemblées Populaires Constituantes au niveau des territoires et des secteurs d’activité. Il faut partir du mouvement des masses pour porter les propositions les plus pertinentes, pour faire s’exercer également la pression des masses sur l’Assemblée constituante. Il s’agit d’obtenir des mesures immédiates et actes constituants qui s’attaquent à la vie chère, à la spéculation, à la corruption, à l’insécurité, qui défendent les conquêtes des travailleurs, dont celles qui viennent de leur être confisquées, comme le droit à la sécurité de l’emploi ».
Pour le PCV, parmi les mesures qu’elle doit prendre, l’ANC doit ordonner la réintégration de tous les travailleurs ayant obtenu un jugement pour leur réembauche qui n’a pas été respecté par l’employeur, qu’il soit privé ou public; doit établir des mécanismes pour frapper les accaparateurs et les spéculateurs en mobilisant les travailleurs et le peuple; doit prendre des mesures visant l’expropriation des monopoles, qui sont fondamentalement responsables de la spéculation.
Soutien à l’Assemblée Nationale Syndicale de Classe
En conclusion, Figuera a indiqué que les militants communistes s’investissent activement dans la préparation de l’Assemblée Nationale Syndicale de Classe qu’organise le Front National de Lutte de la Classe Ouvrière, le samedi 12 août. Il y sera discuté des initiatives visant à renforcer le rôle du mouvement ouvrier et syndical de classe pour défendre les conquêtes sociales et exiger de l’Assemblée constituante des mesures concrètes pour garantir que les droits des travailleurs et du peuple vénézuélien soient respectés et s’appliquent réellement dans la vie quotidienne des travailleurs.
Venezuela : Pour le PCV, le niveau de la participation électorale exprime le rejet des violences de l’opposition
Solidarité Internationale PCF Vénézuela – Révolution bolivarienne, Amérique Latine, Impérialisme Aucun commentaire
04 août 2017
Le Parti communiste du Venezuela s’est investi dans la campagne pour l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Ce choix politique a été décidé après une analyse lucide des conditions de précipitation et d’improvisation de ce vote.
Pour le PCV, il était primordial, pour la poursuite et l’approfondissement du processus révolutionnaire bolivarien, de contrer l’opposition et sa politique de violence, soutenue par l’impérialisme, mais aussi de gagner l’audience et la représentation maximales de ceux qui portent véritablement les intérêts de la classe ouvrière. C’est d’autant plus important que des éléments de la bourgeoisie, au sein même de la direction du parti de Maduro (PSUV), opportunistes au langage souvent gauchiste, poussent vers une ligne réformiste de compromis et affaiblissent le processus révolutionnaire.
Dans une conférence de presse le 31 juillet 2017, la direction du PCV a tiré un premier bilan. Nous reprenons des articles des agences et sites AVN et Ultima Hora. Traduction MlJ pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».
Article AVN : Venezuela : Pour le PCV, le niveau de la participation électorale exprime le rejet des violences de l’opposition
Le Parti communiste du Venezuela (PCV) estime que l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) constitue une victoire marquante pour le peuple vénézuélien. Elle a enregistré un haut niveau de participation. Les électeurs se sont mobilisés pour rejeter le terrorisme et les menaces d’intervention étrangère.
Dans une conférence de presse, lundi [31 juillet 2017], Oscar Figuera, secrétaire général du PCV, a répété que l’ANC « sera une opportunité de débattre d’une nouvelle société ».
Il a estimé qu’une partie des couches moyennes de la population, qui ne sont pas chavistes, « veulent empêcher une intervention étrangère contre le pays et manifester leur ras-le-bol de la violence fasciste et terroriste ».
Il a ajouté que ces catégories refusent que « les commandos de mercenaires terroristes de l’extrême-droite fasciste, au service de l’impérialisme américain, créent, chaque jour, des situations qui conduisent à la mort de Vénézuéliens par des actes atroces ».
Article Ultima Hora : « Pedro Eusse (PCV) : il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions ».
La direction du Parti communiste du Venezuela s’est exprimée après l’élection de l’Assemblée nationale constituante. Elle a participé à cet événement électoral, en alliance avec d’autres partis révolutionnaires, même si elle a exprimé son désaccord avec la forme improvisée de son déroulement.
Pedro Eusse, membre du Comité central du PCV, a souligné que, bien que l’on ne dispose pas [à ce moment – le 31 juillet] du taux final de la participation et que l’on ne connaisse pas quels sont les résultats définitifs et s’il y aura des députés communistes à la constituante, « nous devons mettre en avant le soutien apportés par les 8 millions de Vénézuéliens qui sont venus voter ».
« Il est vrai que la participation n’a pas été aussi massive qu’à d’autres échéances électorales, comme nous l’aurions voulu et comme c’était nécessaire, mais il faut garder en tête que l’opposition n’a pas participé au scrutin. Cela explique qu’il faut retrancher un nombre important d’électeurs ne se sont pas déplacés. »
Pour Eusse, d’une façon générale, le niveau de participation est significatif. Et même des électeurs qui ne se s’identifient pas avec le processus bolivarien ont décidé de voter pour contrer les agissements à venir du Président des Etats-Unis et la violence organisée par l’opposition. Et il s’est trouvé bien des gens qui n’ont pas pu sortir de chez eux à cause du blocage des routes par l’opposition.
Pour Eusse : « Le mouvement chaviste, et ceux qui ne sont pas chavistes mais révolutionnaires, comme le PCV, avaient à mettre en échec un ennemi très important, l’impérialisme américain et son principal porte-parole, le Président Donald Trump. Je pense que le message a été clair ».
Eusse était lui-même candidat à l’Assemblée constituante dans le collège ouvrier. Pour lui, l’ANC va être un espace de débat et de lutte idéologique. Mais elle ne va pas, à elle seule, résoudre les problèmes et garantir la paix, parce que la paix ne sera gagné qu’en vainquant le fascisme. Eusse a expliqué « qu’il est important que les travailleurs ne nourrissent pas d’illusions et ne s’accrochent pas à certains bureaucrates des administrations ou des syndicats. Parce que c’est seulement par nos luttes que nous arriverons à des solutions. Nous devons comprendre que la cause fondamentale de nos problèmes réside dans l’existence même du système capitaliste qui continue de dominer notre pays ».
A la fin de son intervention, Eusse a exhorté à unir les forces du « Front national de lutte de la classe ouvrière » et du « Front anti-impérialiste et populaire antifasciste » pour « transcender les luttes et faire de la bataille pour la libération, une bataille pour une véritable émancipation. »
Venezuela – Congrès du PCV : « Il y a une autre voie : la révolution »
Solidarité Internationale PCF Vénézuela – Révolution bolivarienne, Amérique Latine
05 juil. 2017
Le Parti communiste du Venezuela tenait son 15ème congrès du 22 au 25 juin 2017.
Pour le PCV, défendre les acquis du pays implique une radicalisation du processus bolivarien.
Interview de Carolus Wimmer, secrétaire à l’international du Parti communiste du Venezuela (PCV), pour le quotidien socialiste allemand Junge Welt (journaliste André Scheer), édition du 28 juin 2017. Traduction ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».
JW : Les nouvelles qui sont diffusées internationalement sur le Venezuela suscitent l’inquiétude. Il est question de guerre civile, de faim, de sous-approvisionnement, d’une situation ingérable du pays. Comment le PCV apprécie-t-il la situation ?
CW : Il est totalement faux et sans rapport avec la réalité de parler d’une crise humanitaire ou de famine dans notre pays. On doit cependant reconnaître que les méthodes appliquées, depuis maintenant plus de 18 ans, par les Etats-Unis et leurs alliés, contre le Venezuela, parviennent partiellement à leurs fins.
Dans les premières années, les attaques de l’impérialisme se concentraient sur le président et l’appareil d’Etat. Après de nombreux échecs sur ce terrain, les attaques sont désormais dirigées contre les familles vénézuéliennes, contre l’approvisionnement en nourriture, médicaments et autres biens de première nécessité. On assiste à une guerre psychologique.
JW : Peut-on rendre l’impérialisme des Etats-Unis entièrement responsable des problèmes du Venezuela ou bien ont-ils également des origines internes ?
CW : La politique, c’est comme un match de boxe. Quand tu montres tes faiblesses à l’adversaire, il te met KO. La situation momentanément difficile que nous traversons politiquement dans la lutte des classes résulte, entre autres également, de l’illusion que nous détiendrions tout le pouvoir et que nous aurions déjà accédé au socialisme. Mais nous vivons toujours dans le capitalisme. C’est pour cela qu’on ne peut pas se permettre de mettre toutes les difficultés internes sur le dos de l’adversaire mais que l’on doit, par exemple, aussi se confronter à la corruption. Une grande partie des colis alimentaires, qui sont distribués à la population à des prix subventionnés par l’Etat, disparaissent pour réapparaître à des prix excessifs sur le marché noir.
JW : De quelle façon pouvez-vous vous opposer à cela ?
CW : Le remède, c’est la vérité. On doit dire la vérité à la population, que ce soit le gouvernement ou toutes les autres forces. Cela n’est malheureusement pas toujours le cas. Ainsi, au début de l’année, on a promis que la guerre économique serait résorbée dans les 6 mois à venir : une aberration complète.
Le deuxième remède, c’est la lutte concrète contre la corruption, la bureaucratie et son inefficacité. Le PCV demande que cette question soit prise à bras le corps. Des mesures dans ce sens recevraient un large soutien dans la population.
JW : Beaucoup d’amis de la Révolution bolivarienne ont l’impression que le développement impulsé par Hugo Chavez est aujourd’hui dans une impasse.
CW : Ce processus n’a rien perdu de sa signification. Le processus bolivarien, tel qu’il est connu internationalement, se poursuit. Comme hier, il a le soutien d’une grande partie de la population et aussi, naturellement, des forces armées. Mais il faut comprendre cette évolution en termes de lutte des classes et non dans un état d’euphorie permanente d’une victoire électorale à la suivante.
Trois options sont devant nous maintenant. D’abord se présente la grande menace d’une intervention directe ou indirecte des Etats-Unis, avec des troupes d’Amérique Latine ou avec l’OTAN. Elle établirait au Venezuela un régime pour le moins d’inspiration fasciste. Deuxième option : une voie réformiste qui conserverait quelque uns des acquis sociaux gagnés ces dernières années, mais dans le cadre du système capitaliste. Cette variante a particulièrement les faveurs des forces sociales-démocrates de l’UE. Notre parti est convaincu qu’elle serait fatale pour la plupart des Vénézuéliens. Les efforts et les sacrifices que la classe ouvrière et le peuple vénézuéliens ont consentis auraient été vains si nous restions dans le capitalisme. Car ce système signifie toujours plus d’injustice, même sous une bonne constitution, toujours plus d’oppression et d’exploitation.
Mais il existe une autre voie : la révolution. Une grand part du peuple est pour la continuation du processus bolivarien, pour toujours « plus de révolution ».
Conseil national du PCF d’après élections : La direction nationale veut utiliser le désastre électoral pour accélérer la liquidation du Parti ! Pierre Laurent confirme le choix de la défaite.
EDT pour vivelepcf, 3 juillet 2017 
Le rapport de Pierre Laurent constitue une véritable provocation pour le PCF et les communistes. Il explique comment le recul électoral historique est le moyen d’accélérer la stratégie qui l’a provoqué. Après Hue et Buffet, Laurent maintient le cap : le choix de la défaite correspondant aux choix de la liquidation du parti révolutionnaire, avec la seule sauvegarde de leur appareil comme préoccupation. Camarades, ne nous laissons pas anesthésier ou décourager par la pédagogie de la résignation, de l’indifférence, par les discours lénifiants, les manœuvres politiciennes minables. Reconquérons notre parti ! Reconstruisons le parti de classe.
Lien vers la pétition : « Pierre Laurent doit démissionner »
Le séisme qu’a représenté, pour les militants, le désastre électoral des législatives n’a guère ébranlé la place du Colonel Fabien et le Conseil national, réuni les 23 et 24 juin. Cela ne tient sans doute pas tant à l’architecture en béton de Niemeyer qu’au verrouillage dans la désignation des membres du CN au congrès de 2016.
Réduite d’une demi-journée par rapport à la convocation, la réunion du CN a duré 10 heures. Faute de temps, la parole n’a pas été donnée à plusieurs intervenants inscrits. Toutefois, une demi-heure a pu être consacrée aux élections sénatoriales de septembre. Pierre Laurent a pris plus de deux heures et demie pour faire passer son analyse et la suite de son programme.
Avec un enjeu autrement plus grave, on serait cru à une conférence de presse de Raymond Domenech expliquant que l’équipe de France « monte en puissance », échec après échec, humiliation après humiliation, à la Coupe du monde en Afrique du Sud. Sauf que Pierre Laurent est à la fois l’entraîneur et le président du club.
Le projet de résolution, présenté par Pierre Laurent, a été ratifié, après des amendements validant sa démarche, à une très large majorité. Il ne faut y voir que le reflet de la composition du CN.
A une défaite électorale et une disqualification politique historiques, la direction du Parti décide de réagir de façon minimale. Elle propose d’avancer la date du prochain congrès de 9 ou 12 mois, c’est-à-dire en juin ou novembre 2018 au lieu de juin 2019. Juste, on appellera ça un congrès « extraordinaire ». Mais dont l’ordre du jour – la continuité – et les modalités – le verrouillage – se précisent déjà.
A la situation d’urgence, au désaveu brutal, à la disparition de la moitié de ce qui restait encore du vote communiste, à la submersion sous la radicalité mouvementiste petite-bourgeoise de FI, la direction nationale n’entend donc donner aucun signal immédiat de remise en cause. Elle entérine la nouvelle situation, encore dégradée, et sa continuité. Pour Pierre Laurent l’essentiel est visiblement de temporiser, d’attendre que le choc et la colère se soient atténués dans le Parti, au fil des postures d’opposition, même symboliques, au régime Macron.
TEMPORISER – MINIMISER
Personne au CN n’a qualifié les résultats de positifs. Encore heureux ! Plusieurs intervenants ont illustré le revers historique en partant de situations locales. Plusieurs ont insisté sur le malaise et l’amertume des militants qui se sont retrouvés piégés, impuissants dans le cadre de choix nationaux intenables.
Mais pour le secrétaire national et la résolution, le recul électoral est largement contrebalancé par l’élection de 11 députés, membres du PCF, 4 de plus qu’en 2012. « Elle fait de nous une des forces qui a résisté à la tornade » (Pierre Laurent).
Se confirme ce qui ressortait des réunions précédentes du CN : maintenir un groupe était la priorité absolue, justifiant toutes les compromissions, notamment face à Mélenchon. 7 des 11 élus étaient soutenus ou directement candidats FI, jusqu’à, pour certains, effacer complètement leur appartenance au PCF. Tous ont été élus à la faveur de l’effondrement du PS. Rapport et résolution vont jusqu’à insister sur une autre « victoire » électorale : l’accession de Marie-Pierre Vieu au Parlement européen, conséquence collatérale de l’élection de Mélenchon à l’Assemblée, dont elle était suivante de liste. C’est révélateur d’un mode de raisonnement politicien.
Aussi, malgré le désaveu électoral, l’institution et l’appareil PCF sont préservés avec une autonomie apparente (groupe à l’Assemblée) et une cohésion minimale. Cela leur permet d’envisager les prochaines élections locales. Cela leur laisse une légitimité pour continuer à intégrer ce que continue à représenter le PCF dans la recomposition de la gauche réformiste. En vue de ce qu’étaient leurs objectifs réels, Pierre Laurent et son équipe se sentent globalement satisfaits et se sentent, du moins, exemptés de toute remise en cause.
TEMPORISER, MINIMISER, SE DEFAUSSER
Pierre Laurent et son exécutif se sont évertués à se défausser pendant tout le CN.
D’abord, en minimisant leur propre responsabilité qu’ils tentent de noyer dans une responsabilité collective de tout le parti et dans la fatalité de la situation politique.
Occulté, le choix unilatéral, sans et contre les communistes, en janvier 2016, de Pierre Laurent, de rentrer dans le processus des primaires initiés notamment par Cohn-Bendit. Oubliés, les tapis déployés pour séduire Cécile Duflot, Christiane Taubira ou Arnaud Montebourg. Tout cela a pourtant bien contribué à dévaloriser l’intérêt du vote PCF. Effacées, les déclarations dans les médias de Pierre Laurent le matin du CN et la veille de la Conférence nationale, annonçant son ralliement sans condition à la candidature de Mélenchon en novembre 2016. Quelques voix dans le CN le lui ont rappelé. Pas un mot sur les négociations biaisées avec FI et le choix, de Pierre Laurent, d’accepter l’humiliation publique du Parti (Les SMS de Mélenchon sans réponse digne : « vous êtes la mort et le néant » !) pour quelques accords locaux aux législatives.
Camarades candidats PCF qui avez été envoyés au « casse-pipe » politique, pour préserver un peu du financement public du Parti, les revers électoraux ne résultent ni de vos campagnes électorales, ni d’évolutions politiques qui vous dépassent, mais bien de ces choix politiques d’effacement de l’identité et des positions communistes ! Pierre Laurent nous propose de nous épargner la confrontation interne, certes ingrate, la remise en cause de ses axes de directions : elle est indispensable pour défendre et reconstruire le Parti communiste.
La place de la critique et de l’autocritique, sur le fond, au CN a logiquement été réduite au minimum et détournée. Tout un aquarium a été noyé à Fabien!
La thèse imposée par Pierre Laurent et son exécutif est que les candidats PCF ont payé la division de la gauche, plus que les autres, parce qu’ils portaient – justement plus que les autres – la nécessité du « rassemblement ». On serait allé peut-être trop loin, trop sincèrement, dans la volonté de « rassemblement », alors que « tout a été bouleversé autour de nous » (PL). Voilà tout pour les choix des 15 derniers mois !
« Mais si c’était à refaire, on ne le referait pas comme ça ! » Promis, juré ! On ne le refera pas pour les élections de 2022 que l’on doit déjà commencer à préparer, autrement. Et patin-couffin. Une première diversion.
Des critiques ont émané du CN sur l’absence de candidature à la présidentielle. Mais, de bonne ou mauvaise foi, ces membres du CN oublient que le choix porté, par André Chassaigne par exemple ou les « économistes » en novembre 2016, n’était pas celui d’une candidature communiste, mais celui de l’annonce d’une candidature provisoire, rétractable, suivant le résultat de la primaire du PS de janvier 2017… En violation des statuts du Parti, le choix d’une candidature communiste ferme, sur des positions communistes de rupture, a été écarté du bulletin de vote par la direction. Il ne faudrait pas refaire l’histoire pour mieux la recommencer : il n’y a aucun avenir à un PCF, coquille vide, parti empaillé qui n’aurait plus que l’apparence d’un parti communiste…
Au CN, en revanche, des critiques, il en a plu comme à Gravelotte sur le méchant Mélenchon. De bonne ou de mauvaise foi, des intervenants au CN sont allés au-delà du récit habituel de leurs déboires, dans les départements, face aux prétentions et aux manœuvres des disciples de Mélenchon. Beaucoup ont dénoncé le « socio-démocrate », le « politicien », le « populiste » etc. oubliant les si nombreuses compromissions électorales des élus PCF avec le PS, dont l’ex sénateur socialiste a fait des choux gras.
Difficile de ne pas rire, nous qui, depuis 2008, dénonçons, arguments et faits à l’appui, les orientations du politicien maastrichien Mélenchon, sous les reproches et les dénégations outragés de la majorité du CN. Mélenchon, égal à lui-même, a reproduit en petit, avec le Front de gauche, ce que son maître Mitterrand avait opéré avec l’Union de la gauche. A la différence que cette fois, ce n’est pas une erreur et une défaite stratégique du PCF, mais la conséquence logique d’un choix. C’est Buffet, Laurent, Wurtz, qui sont allés le chercher, en marge du congrès de 2008, laissant les communistes à l’écart, pour aggraver la mutation-transformation du PCF, après l’échec des collectifs anti-libéraux. Il faut rappeler aussi, comment en 2011, la vraie-fausse candidature interne de Chassaigne (présidentielles) a servi à imposer Mélenchon pour la présidentielle de 2012 en canalisant les récalcitrants. Il aura fallu presque 10 ans de déboires, de vexations, d’humiliation, pour que quelques critiques ressortent au CN, et encore principalement en interne. Comme elle vient de le montrer aux législatives, les choix de la direction la conduisent à continuer à accepter l’hégémonie de FI, même si c’est sous une autre forme, dans le cadre de l’intégration du PCF dans une plus vaste recomposition de la « gauche ».
TEMPORISER, MINIMISER, SE DEFAUSSER, CONTINUER
Par voie médiatique, à plusieurs reprises, Pierre Laurent a agité la perspective d’un changement de nom du PCF. Les secrétaires nationaux du PCF l’avancent depuis 20 ans avec toujours la même issue. Le débat fait diversion. Les communistes, qui veulent le rester, nous en tête, s’opposent naturellement au changement de nom. Des éléments de la direction, puis la direction tout entière, au bout du long processus, émaillé de tribunes contradictoires focalisées sur ce seul point (ex : refondateurs versus « identitaires »), se prononcent pour le maintien du nom. Pendant ce temps, les choix d’effacement de l’identité, des positions et de l’organisation communistes sont maintenus. Et dans les faits, ils relèguent le nom PCF, dans le « front de gauche » hier, dans « plus fort la gauche », la « gauche debout » ou une autre formule demain comme l’ont expérimenté des candidats aux législatives (dont des élus), anticipant sur les nouveaux contours de la gauche recomposée.
Férus de communication « moderne », jusqu’à faire payer au Parti les services du prestataire américain de marketing politique « Nation Builder », Pierre Laurent et sa direction s’efforcent d’associer le sigle PCF à l’échec et au passé. Quand on coupe les pattes d’une grenouille, elle ne saute plus quand on l’effraie. C’est qu’elle devient sourde explique le savant Cosinus. De même Pierre Laurent affirme, dans son rapport : « Les enquêtes qualitatives sur l’électorat Front de gauche montrent que, si celui-ci crédite le PCF des conquêtes sociales du XXème siècle et l’intègre dans le patrimoine historique et politique de la France, reconnaît l’action positive des collectivités gérées par les communistes, il ne le considère pas comme une force apte à comprendre les problèmes du XXIème siècle ». Puisque c’est le sondage qu’il a commandé qui le dit ! A moins que cela ne concerne que Pierre Laurent, fils de Paul Laurent !
La résolution du CN est doublement une provocation. D’une part, parce qu’elle dilue toute réaction et renvoie à un congrès éloigné, finalement très ordinaire. D’autre part, parce qu’elle annonce déjà que l’ordre du jour sera la continuation et l’aggravation de la stratégie en œuvre d’effacement du parti. Après ses désaveux électoraux, Robert Hue (rallié à Macron) prétendait « On est au milieu du gué ». Après son échec de 2007, le pire avant celui de Pierre Laurent, Marie-George Buffet envisageait la fin du PCF avant de verrouiller le Parti pour l’engager dans le « Front de gauche ». Proche collaborateur de ses prédécesseurs, Pierre Laurent veut maintenant un congrès qui finisse de « réinventer » le PCF.
Dès à présent, la direction essaie de ficeler l’ordre du jour du futur congrès. Pierre Laurent entend utiliser le désastre électoral qu’il a contribué à causer, en toute connaissance de cause, pour prolonger et achever la liquidation du Parti (avec préservation de l’appareil). Pierre Laurent invite ainsi à revoir « le rythme, l’ampleur et l’ambition des transformations du PCF », bien sûr dans une recomposition à « gauche » avec les organisations sociales-démocrates dans « une perspective majoritaire de changement progressiste » – jusqu’au 99% de la population, toutes classes confondues. Selon Pierre Laurent : « Tout doit être repensé » ; il faudra « procéder à des changements profonds », à une « reconstruction d’une gauche de transformation », « réinventer radicalement l’activité de toute l’organisation PCF » ; « lancer un processus de profonde transformation du Parti ».
La direction a tenu à ce que la résolution du CN comporte une première vaste liste de sujets soumis à l’ordre du jour qui, quel que soit leur intérêt, préfigurent autant de discussions « cause toujours » dans un débat éclaté. Les communistes doivent avoir le moins de prise possible, de possibilité d’expression collective, sur les sujets cruciaux qui fâchent : pas de bilan global de la stratégie de transformation, pas de remise en cause de la conversion à l’UE du capital « réorientable », alors que l’on sera à un an des élections européennes etc.
« D’extraordinaire », le prochain congrès ne pourrait bien n’avoir qu’un verrouillage plus serré encore par la direction sortante et la violation des statuts du Parti.
Les congrès précédents ont été savamment orientés et bâclés. Les résolutions de la direction, fleuve, illisibles – « rallumons les étoiles », « la France en commun » – ont été conçues pour embrouiller toutes les questions, éviter les contradictions essentielles. Les textes « alternatifs » sont envoyés tardivement, dans une liasse illisible, quelques jours avant un vote où les pressions légitimistes et le contrôle des appareils pèsent à fond. Ensuite, la pratique de cooptation des délégations et des nouvelles directions par la direction sortante a atteint un niveau de bouclage inédit, équivalent à sa faiblesse politique sur le fond.
Pierre Laurent et l’équipe dirigeante s’apprêtent à utiliser l’insatisfaction des camarades, devant leurs propres pratiques antidémocratiques, pour les aggraver. Le vote, même faussé, sur les textes alternatifs (dont un vrai texte alternatif, sans complaisance, dont la direction ne peut empêcher le dépôt : en 2016 « Reconstruisons le parti de classe, priorité au rassemblement dans les luttes »), ne leur est plus supportable. Trop risqué pour une direction en telle faillite politique !
Extrait du rapport de Pierre Laurent : « Si je parle de congrès extraordinaire, je n’imagine pas une préparation avec les textes habituels. Ma proposition est différente : j’imagine des chantiers de transformation concrets travaillés dans les 12 à 18 mois à venir, dont les thèmes devraient être décidés avec les communistes dans une première phase de consultation, et qui aboutiraient à des préconisations de transformation effectivement expérimentées dans la préparation, validées et prolongées lors du congrès extraordinaire ». Plus loin, il est – une fois de plus après Robert Hue – question de solliciter les « communistes de cœur ». Le congrès « jetterait les bases des fondations nouvelles de l’organisation communiste repensée », suivant une « préparation inédite ».
Pour mieux faire croire au semblant de démocratie, la direction consultera les adhérents sur … la date du congrès, juin ou novembre. Ensuite, de « ruches » en « ateliers », de « forums » en « chantiers », en passant par les « wiki-débats » (sic) sur internet, les directions se donneront les moyens de parler à la place des communistes, suivant les bonnes méthodes des DRH patronaux, en esquivant tout vote sur les questions sensibles et cruciales.
Un dirigeant a parlé, en toute démagogie, d’un « congrès à 120.000 voix » : un beau déni de réalité quand on sait qu’il n’y guère plus – officiellement – de 30.000 camarades qui participent de près ou de loin aux congrès et que les candidats PCF n’ont obtenu que 600.000 voix.
Camarades, sous les phrases lénifiantes et anesthésiantes de Pierre Laurent, c’est un coup de force qui se dessine. La stratégie suicidaire suivie aux législatives ne relève pas de l’erreur mais d’un véritable choix, celui de la pédagogie de la dévalorisation du PCF, du choix de la défaite. Il s’agit maintenant pour le successeur de Hue et Buffet de finir de transformer le PCF en appendice du réformisme, en un appareil intégré au consensus de la démocratie bourgeoise, vendant, pan par pan, l’héritage historique glorieux du Parti révolutionnaire dont il arrive – encore – à rester dépositaire.
Un membre du CN, classé parmi les « refondateurs » qui joueront l’aile droite dans l’équilibre du congrès, a décrit très justement le processus en cours, que, lui, assume : « le dépassement démocratique et maîtrisé du PCF ».
Camarades, l’exigence de la démission de Pierre Laurent coulait de source après le désastre électoral et au vu de ses responsabilités personnelles accablantes. Après le CN et son rapport, elle prend une autre dimension : marquer le plus publiquement notre refus de la poursuite de la liquidation du Parti révolutionnaire pour commencer à la mettre en échec. Pierre Laurent a déjà une place réservée pour 6 ans encore comme Sénateur de Paris, grâce aux accords électoraux de 2014 avec le PS d’Hidalgo.
Face aux tentatives d’embrouillage et d’anesthésie du Parti, indissociablement des luttes, développons la riposte idéologique et l’actualisation théorique pour engager la reconstruction du PCF, parti de classe, marxiste, héritier des traditions révolutionnaires françaises fécondées par la Révolution d’octobre et le léninisme.
Avec les camarades qui ont initié le texte alternatif du 37ème congrès, « Reconstruisons le parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes », nous engageons dès à présent la préparation du prochain congrès et utiliserons tous les moyens pour forcer le débat sur les questions de rupture, entre autres, en termes d’alliances, de « rassemblement », sur l’UE, ou sur le socialisme, sur l’organisation du parti de classe et de masse, indépendant des superstructures bourgeoises.
Dans l’avant-garde de la lutte des classes, dans des franges plus larges de la classe ouvrière et du monde du travail, pour combattre l’exploitation, faire grandir l’exigence du changement de société, contre l’impérialisme, l’oppression et pour la paix, une attente s’exprime, dans notre pays, d’autre chose que de postures réformistes radicales, gauchistes institutionnelles, autre chose que le mélange Mélenchon/Hamon/Hidalgo.
Redonnons sa raison d’être au PCF !


