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Contre « l’ANI »: faire converger les forces face à la politique au service du capital

Le tract en PDF

Le rapport de force existe pour imposer la rupture avec la politique au service du Medef !

 Faisons capoter l’accord Hollande-Medef-CFDT contre les salariés!

Source : Pcf Paris 15ème, 3 mars 2013

Le président Hollande et sa majorité gouvernementale s’apprêtent à faire passer une destruction sans précédent du code du travail.

Sa portée est très grave. Le soi-disant « Accord national interprofessionnel sur le marché du travail » (ANI) vise à faciliter les licenciements. Entre autres, il légalisera le chantage patronal au « maintien de l’emploi », contre baisse des salaires et augmentation du temps de travail, ou contre mobilité forcée.

Le Medef peine à cacher sa satisfaction devant cette contre-réforme similaire à celles qu’inspire l’Union européenne dans les autres pays comme l’Italie.

Aucun salarié ne peut plus croire aux illusions propagées sur le « changement » avec l’alternance électorale.

Le gouvernement Hollande-Ayrault va jusqu’à accorder 20 milliards d’euros de nouveaux cadeaux fiscaux au patronat au nom du « choc de compétitivité ». Il reprend à son compte les hausses de TVA voulues hier par Sarkozy. Il s’attaque aux allocations familiales. Sur le dossier emblématique des retraites, il prépare l’opinion à une aggravation des contre-réformes Fillon et Woerth. Etc.

De changement, il n’y en a que dans le ton et la méthode. A l’arrogance succède la mise en scène de l’impuissance et de la fatalité. A l’hypocrite « dialogue social » de Raffarin et Sarkozy, Hollande, fort du soutien inédit que lui ont apporté les principales centrales syndicales, passe à l’institutionnalisation de la « négociation sociale », pour ne pas dire de la collaboration de classe. Elle lui permet de se défausser vis-à-vis du pays.

L’ANI serait ainsi le fruit d’un « accord » entre les organisations patronales et certaines organisations syndicales (CFDT, CFTC et CGC, minoritaires) et devrait rentrer dans la Loi, sans discussion. La CFDT, qui avait soutenu la loi Fillon contre les retraites, confirme, sans surprise, son orientation en se prévalant du soutien des principaux syndicats européens de la Confédération européenne des syndicats (CES), fer de lance du Traité de Lisbonne rejeté par le peuple français.

Depuis des années, la colère populaire monte dans notre pays. Nous étions des millions à manifester en 2009 contre l’austérité. Nous avons été 10 millions au total, soutenus par l’immense majorité, à manifester pour la défense de la retraite à 60 ans et de son financement solidaire.

Des luttes conséquentes, d’ampleur nationale, se développent pour le maintien de l’activité productive, pour les salaires, pour les services publics : PSA, Goodyear, Virgin, SNCF, Hôpital etc.

La perspective politique ne peut plus être détournée vers un prochain « changement » électoral, vers une recomposition politicienne au Parlement. La lutte pour les retraites ne s’est pas heurtée à « l’obstination et la surdité » de Sarkozy mais au choix général de l’UMP et du PS d’appliquer en France la politique en faveur du patronat et du capital coordonnée par l’UE : faire payer leur propre crise au monde du travail.

La suite, on la connaît. On l’observe en Grèce, au Portugal, en Italie, en Allemagne aussi où 7 millions de salariés travaillent pour 1 euro de l’heure.

La perspective politique de «changement », ne saurait être un aménagement, une renégociation des projets gouvernementaux mais leur mise en échec par le mouvement populaire.

Les « accords de compétitivité », l’augmentation du temps de travail avec gel ou baisse des salaires pendant 2 ans : C’est inacceptable, ce n’est pas négociable ! On sait, à l’exemple de Continental ou de Bosch, que cela n’empêche pas les licenciements, mais ne fait que gonfler les profits.

La mobilité interne obligatoire dans l’entreprise sous peine de licenciement pour « motif personnel » : C’est inacceptable, ce n’est pas négociable !

La réduction de 5 à 2 ans des possibilités du salarié de contestation devant les prud’hommes de son licenciement : C’est inacceptable, ce n’est pas négociable !  

L’ensemble de l’ANI est inacceptable et n’est pas négociable. Les forces existent pour gagner le retrait du projet de loi.

De même, il ne saurait être question pour nous de réclamer en échange des 20 milliards d’euros de crédits d’impôts aux entreprises (encore 100 millions pour la famille Peugeot!) les « contreparties » insignifiantes que le pouvoir est prêt à concéder.

 

Plus que jamais, communistes, nous portons, au cœur des luttes et des entreprises, des propositions de rupture comme

· la nationalisation des constructeurs automobile, de la sidérurgie…

· le refus de l’application des directives européennes de mise en concurrence des services publics,

LE RETRAIT DU PROJET DE LOI REPRENANT L’ANI  

36 15 Tonton : le minitel rose de Mélenchon

Brève vivelepcf

« 36 15 Tonton » était, en 1988, le serveur minitel du mouvement « Pour nous, c’est lui ». L’ancêtre d’internet savait déjà être le support de la communication politique la plus pitoyable, en l’occurrence destinée à préparer et pousser la candidature de François Mitterrand à sa réélection.

Les titres de rubrique indiquent le niveau politique de la démarche : « Etes-vous un bon tontonmaniqiaque ? » ou « dix bonnes raisons de devenir tontonmanique ». L’animateur de « Pour nous, c’est lui » expliquait que la forme « à la fois éducative et humoristique » et « le jeu des questions réponses » devaient amener le « miniteliste à retrouver lui-même les argumentaires de campagne ».

Qui était cet animateur ? Jean-Luc Mélenchon, alors jeune sénateur PS !

Vraiment il n’a pas changé. Mélenchon est resté – il le dit – totalement fidèle et reconnaissant à la personne et à l’œuvre de Mitterand, le politicien, venu du pétainisme, qui voulait prendre « 3 millions de voix aux communistes ». Notamment Mélenchon garde la même fidélité à son autre parrain historique, le chef trotskyste Pierre Boussel-Lambert.

Dans la méthode aussi, Mélenchon est resté le même. Il a gardé la même conception du citoyen-électeur.

A Hugo Chavez, le peuple vénézuélien et le mouvement antiimpérialiste international peuvent être reconnaissants

Hommage à Hugo Chavez

EDT pour Pcf Paris 15, 6 mars 2013, repris par vivelepcf

Le décès d’Hugo Chavez nous affecte profondément. Il est prématuré aussi bien pour l’homme que pour son action dans le renouveau du mouvement émancipateur des peuples, de la lutte antiimpérialiste.

Notre pensée va d’abord au peuple vénézuélien, qui par millions exprime sa peine immense dans les rues du pays. Nous transmettons nos condoléances à nos camarades du Parti communiste du Venezuela et à nos amis de l’Ambassade du Venezuela en France.

L’Ambassade  nous a aidés régulièrement à comprendre et faire connaître dans le 15ème arrondissement l’expérience de la Révolution bolivarienne, avec la fraternité et l’enthousiasme insufflés par Hugo Chavez, si éloignés des codes diplomatiques.

Le Venezuela est un pays économiquement favorisé par la nature. C’est aussi un des pays qui ont subi le plus lourdement le colonialisme, l’impérialisme et leurs séquelles, le sous-développement.

Hugo Chavez est arrivé au pouvoir en 1999 proclamant vouloir défendre les intérêts du peuple et développer la justice sociale. Son premier mérite, inestimable, est d’avoir tenu son engagement.

Le bilan est éloquent. La pauvreté et les inégalités ont considérablement reculé. Une grande part des immenses richesses exploitées a été enfin redirigée vers les populations.

Sur bien des points, le retour en arrière n’est plus imaginable.

L’essor de l’éducation, de l’accès aux soins, grâce notamment à la coopération avec Cuba, mais aussi de la participation politique des masses à la vie publique, ont donné au pays les conditions d’un véritable développement autonome.

L’expérience politique lancée par Chavez s’est heurtée à une opposition acharnée de la réaction, des possédants, de l’impérialisme. Au fil de son développement, elle s’est manifestée par la violence, le sabotage économique, les pressions extérieures pilotées depuis les Etats-Unis, la subversion. Elle a toujours échoué.

Le deuxième immense mérite de Chavez et de ses compagnons est d’avoir résisté en impliquant de plus en plus massivement la population pauvre et laborieuse dans le combat politique, en recherchant les voies d’une rupture révolutionnaire, dans les conditions du Venezuela et de l’époque : le socialisme « bolivarien ».

La prise du pouvoir par Chavez n’a pas mis fin à la lutte des classes au Venezuela. Elle s’est aiguisée.

La bourgeoisie reste forte. Le capitalisme reste le mode de production prédominant. L’impérialisme américain demeure en mesure d’exercer des pressions considérables sur son voisin et fournisseur de pétrole.

La lutte des classes, le Président Chavez, avec ses compagnons, toujours plus nombreux, l’a menée inlassablement du côté du peuple, à tous les niveaux.

Il a développé une organisation politique de masse, ouvrant des espaces d’autogestion au cœur des quartiers et des villages. Il a fondé le PSUV, Parti socialiste unifié du Venezuela avec l’ambition d’en faire l’instrument révolutionnaire conduisant au socialisme. Dans cet objectif, Chavez a reconnu le rôle d’avant-garde du Parti communiste du Venezuela, allié essentiel du processus révolutionnaire.

Chavez et son gouvernement ont fait reculer l’emprise du capitalisme et de l’impérialisme sur le pays. Ils ont lancé un vaste programme de réappropriation des profits pétroliers. L’affrontement a été très rude contre les potentats des firmes nationales et internationales. Le gouvernement a procédé à une série de nationalisations, des grands services publics, du secteur financier etc. Chacune a été et reste un enjeu intense de lutte contre les survivances bourgeoises.

Chavez et ses compagnons ont recherché et trouvé, dans le rapport de forces mondial, des alliés contre l’impérialisme en général, contre l’impérialisme US en particulier. Les peuples d’Amérique latine se sont reconnus dans l’expérience émancipatrice vénézuélienne. Elle a constitué un point d’appui décisif et un repère pour les victoires de Morales en Bolivie ou Correia en Equateur. Les gouvernements sociaux-démocrates-libéraux d’Amérique latine ont été amenés à afficher leur sympathie pour Chavez et le Venezuela bolivarien. Avec l’ALBA, le Venezuela, la Bolivie et Cuba ont promu un système d’échange et de coopération profitable aux peuples, une véritable alternative à l’ordre impérialiste de l’ALENA des USA, au « libre-échange » et à sa logique de domination.

Chavez n’a pas hésité à faire le choix nécessaire et audacieux de l’alliance, du jumelage même, avec la révolution socialiste cubaine. Cuba et Venezuela, ensemble, ont constitué une force politique à l’écho considérable, au-delà des peuples d’Amérique latine, dans le Tiers-monde, dans le reste du monde.

Communistes français, comme des militants de tous les pays, nous sommes hautement redevables à l’œuvre, à l’audace d’un Hugo Chavez. A des mouvements historiques anesthésiés par des décennies de renoncement, d’échec, d’intégration au système dominant, l’expérience vénézuélienne, revivifiant l’expérience cubaine, a redonné un élan, a rendu, aux yeux de tous, son actualité de notre projet révolutionnaire : le socialisme.

A notre reconnaissance correspondra tout l’appui, à notre modeste niveau, que nous pourrons apporter à la postérité et au développement du socialisme bolivarien au Venezuela. La bourgeoisie et l’impérialisme comptent profiter de la mort de Chavez pour renverser ou infiltrer la démocratie vénézuélienne. C’est évident.

Mais même mort, la mémoire de Chavez continuera de renforcer le mouvement populaire, ses capacités de résistance et d’organisation.

Vive le socialisme bolivarien, vive le socialisme !

Elections en Italie : la colère populaire détournée, le mouvement communiste au plus bas.

Elections en Italie : le capitalisme réussit, pour l’instant, à stériliser la colère populaire !

Le mouvement communiste entraîné encore plus bas avec la « révolution citoyenne » d’un Front de gauche à l’italienne (2%).

Vivelepcf, 26 février 2013

Au nom de la « crise » et d’une dette héritée des années 80 et 90, le capitalisme italien et européen fait subir aux travailleurs et au peuple les pires reculs sociaux depuis la Libération. Mais la bourgeoisie italienne réussit, pour l’instant, à détourner la colère populaire, comme l’illustrent les résultats des élections générales des 24 et 25 février.

Mario Monti sacrifié sur l’autel de l’austérité

Le capital a trouvé en 2011 l’homme qu’il fallait pour mettre en œuvre et surtout pour assumer sa politique : Mario Monti, l’ancien président de la commission européenne et l’ancien collaborateur du groupe financier américain Goldmann Sachs.

L’idéologie dominante est parvenue à le faire passer, sinon pour un homme providentiel, pour un « monsieur propre ». Elle a mis en scène le contraste, facile, entre la dépravation morale et politique étalée de Berlusconi et l’austérité et la compétence présumée du technocrate, familier des marchés financiers internationaux.

Dans le désarroi politique général et la dramatisation de la pression de la finance, le « professore » Monti, devenu président du conseil, est arrivé à faire passer les pilules les plus amères : la « flexibilisation » du marché du travail, la retraite à 66 ans, sans indexation sur les prix, l’asphyxie des services publics etc. Au total, 130 milliards d’euros pris au peuple. Il a bénéficié d’une longue période d’atonie, sinon de bienveillance, des organisations syndicales, prêtes à tout négocier.

Maintenant, le mal est fait. Personne ne songe à revenir sur ces contre-réformes antisociales. Exit Monti !  Aux élections générales, sa coalition politique enregistre un désaveu cinglant : moins de 10% des voix. Rien de plus logique.

70% pour les partis de l’austérité !

10% seulement pour Monti mais 30% pour le Parti démocrate et 30% pour la coalition de Berlusconi ! L’idéologie dominante a incroyablement réussi ce premier tour de force de rassembler plus de 70% des suffrages derrière les formations politiques qui ont soutenu sa politique.

Avec subtilité, les media ont insisté sur le fait que Monti n’avait pas porté au pouvoir par le suffrage universel. C’était pour mieux masquer qu’il était soutenu par une majorité parlementaire, bien  élue, unissant de la droite berlusconienne et de la gauche conduite par le PD.

La coalition menée par le PD de Luigi Bersani est arrivée en tête. Elle obtient la « prime » majoritaire à la chambre des députés. Elle a engrangé, au « centre-gauche », les voix de l’alternance. Le dégoût de larges milieux pour le repoussoir Berlusconi l’a servie, du moins par défaut. Mais la performance du PD est décevante : 29,54% à l’élection législative, 31,66% à la sénatoriale. Le PD visiblement a payé son soutien à Monti et son engagement pour l’euro et l’UE.

De l’autre côté, en à peine quelques mois, le système est parvenu à réaliser l’inimaginable. Il a  remis en selle Silvio Berlusconi. Sa coalition réalise 29,13% à la législative et 30,73% à la sénatoriale. Au Sénat, c’est elle qui dispose du plus d’élus grâce au scrutin à base régionale.

Le succès de ce nouveau lifting politique est aussi incroyable qu’inquiétant. Le système a réussi à faire passer Berlusconi pour un opposant à la politique qu’il a lui-même engagée puis soutenue, pour un opposant à l’UE. Dans le positionnement d’extrême-droite, Berlusconi est allé jusqu’à mouiller sa chemise brune vantant l’héritage économique et social de Mussolini, suppléant son allié, la Ligue du Nord, engluée dans des scandales financiers.

Les Cinq étoiles de Beppe Grillo : un populisme de « gauche » sans lendemain ?

L’idéologie dominante a réussi un deuxième tour de force : celui de diriger une grande part de la protestation populaire vers une incongruité politique: Beppe Grillo.

Avant d’en venir à lui, nous n’oublions pas les 25% d’abstention, taux non négligeable dans un pays où le vote était encore obligatoire il y a peu.

La Parti de Grillo, « les Cinq étoiles », obtient 25,5% à la législative et 23,8% à la sénatoriale. Il ressort premier en voix en tant que Parti, Bersani et Berlusconi étant à la tête de coalition.

Où situer politiquement Grillo, humoriste de profession ?

On ne peut pas classer Grillo à l’extrême-droite néofasciste et racisante, créneau laissé à Berlusconi, même si, dans la diversité de ses déclarations à l’emporte-pièce, on retrouve une mise en cause du droit du sol et des insultes aux Roms.

Il semble que les listes « 5 étoiles » aient surtout rassemblé des électeurs habituels de gauche. Au lendemain du scrutin, c’est Bersani et son allié de gauche post-communiste, Nichi Vendola, qui lui tendent la main, ainsi qu’à ses élus, pas Berlusconi.

Le cœur de son fonds de commerce politique tient dans sa condamnation virulente des élites, des institutions nationales et internationales. Cette fonction tribunitienne fonctionne d’autant mieux après la suite de scandales politico-financiers et la cure d’austérité technocratique.

Il est souvent comparé en France à Coluche. Ce n’est pas si déplacé. Il partage avec lui la grossièreté, les logorrhées antisystème, incluant, privilégiant, sinon l’anticommunisme (qui a moins de raison d’être en Italie aujourd’hui), l’anti-syndicalisme primaire. Son populisme rejoint (et dépasse) celui auquel un Jean-Luc Mélenchon aime à s’identifier. Il affiche le même mépris des media pour mieux en jouer. Il reprend le « Qu’il s’en aille tous » du sénateur honoraire français mais le précise, dans le style de Coluche : « Qu’ils aillent tous se faire enc… ».

Beppe Grillo n’est pas un candidat sérieux au pouvoir. C’est pourquoi comme héraut de la contestation, il convient si bien au système qu’il prétend combattre.

Il ne dispose pas vraiment de parti organisé sur une ligne politique cohérente et ne cherche pas à en construire. Le groupe des 163 nouveaux parlementaires de son « association libre », néophytes inconnus, révèle déjà, en quelques jours, son hétérogénéité. Certains se prononcent déjà pour l’acceptation de l’alliance avec le PD. Les motivations de leur engagement, au-delà d’une volonté de changement, semblent aussi discordantes que les discours de leur animateur. La liberté d’internet, le féminisme (38% d’élues, un record), l’écologie « durable » : tout est mélangé sans hiérarchie. Sur ce type de base, les mouvements « pirates » ont fait long feu en Allemagne ou en Suède.

Incohérent, fantaisiste, lourdement démagogique, Beppe Grillo est l’homme qu’il faut pour déconsidérer et stériliser des positions fortes correspondant à la colère des travailleurs et la colère populaire. Ce ne sont pas ses élus qui les porteront.

Pourtant, elles aussi, ont incontestablement fait leur succès électoral. Et ce n’est pas le moins intéressant de l’analyse de la situation italienne.

Ainsi, du flot de paroles de Grillo émergent parfois la revendication de l’établissement d’un salaire minimum à 1000 euros, dans un pays où il n’y en a pas, celle d’une restructuration de la dette publique, surtout celle, fondamentale, d’une libération de l’Union européenne, de ses traités et de l’euro.

C’est ce qu’entre autres, seul un véritable parti communiste pourrait et devrait défendre de façon conséquente. L’Italie est le pays d’Europe occidentale, où avec la France, où a existé le parti communiste le plus influent. Son absence est accablante.

Les élections de 2013 marquent encore une nouvelle étape dans la disparition du mouvement communiste.

Où est passé le Parti communiste italien ? Mesurons-le gravement en regardant les acteurs de ces dernières élections !

Bersani, futur probable Président du Conseil,  comme le président Giorgio Napolitano, sont issus de l’ancien PCI. Suivant Gorbatchev à partir de la fin des années 80, la majeure partie de l’appareil du PCI a engagé la transformation en parti social-démocrate puis en PD, Parti démocrate à l’américaine. Le PD se situe dans la sujétion loyale au capitalisme et son organisation européenne, l’UE.

En 1991, un nouveau parti a rassemblé une partie des communistes qui refusaient la trahison de la direction du PCI : le Parti de la Refondation communiste (PRC). A son tour, la direction de Refondation s’est engagée dans la voie du réformisme européen jusqu’à, notamment appuyé le gouvernement social-libéral de Romano Prodi. Les élections de 2008 ont marqué l’élimination des communistes du Parlement après l’échec de la coalition hétéroclite et réformiste « Arc-en-ciel » (3,5%). Le PRC a, à son tour, une nouvelle fois scissionné (mal scissionné !).

Avec la bénédiction du dirigeant historique du PRC et du PGE Bertinotti, une grande partie des élus ont fondé un nouveau parti, se dégageant de toute référence communiste, le SEL, « gauche, écologie, liberté », derrière le Président de la région des Pouilles, Nichi Vendola. Pour 2013, le SEL s’est rallié au PD, participant à ses primaires puis à sa coalition électorale. Il a des élus. Il tient peu ou prou le rôle que Robert Hue en France voudrait jouer avec son MUP.

Ce qui reste de mouvement communiste organisé a renoncé à se présenter sous ses couleurs. Le reste de Refondation communiste et le Parti des communistes italiens, issu d’une scission précédente (1998) se sont rangés derrière une personnalité, l’ex-juge Antonio Ingroia, qui fut engagé dans des procès contre la mafia. 55% des candidats présentés appartiennent à la « société civile » (s’organiser dans un parti, est-ce une tare ?). Le résultat électoral est catastrophique, en dessous de toute imagination : 2,26% à la législative, 1,79% à la sénatoriale.

La « Révolution citoyenne » d’Ingroia est directement apparentée au PGE en Europe et au Front de gauche en France et a reçu le soutien de leurs dirigeants dont Mélenchon et Pierre Laurent.

Elle s’est trouvée écrasée entre le vote utile pour le PD pour barrer la route à Berlusconi et le vote pour Grillo bien plus efficace pour exprimer sa contestation. Ingroia n’a pu jouer le Mélenchon à l’italienne parce que la place était prise, sans doute aussi parce que sa conception de la politique l’écartait d’une posture de bateleur.

On l’a écrit plus tôt, Grillo s’est également emparé des problématiques sociétales, féministes, écologiques etc. au centre de la « Révolution citoyenne ». Il a mieux incarné le rejet de la corruption, allant jusqu’à proposer d’élire l’ex-juge Di Pietro, précurseur d’Ingroia, comme Président de la République.

Là où Grillo a porté un rejet total de l’UE, même d’une manière démagogique, face à Monti et sa politique, Ingroia et ses alliés défendaient l’Europe sociale et des propositions euro-compatibles illusoires comme la réorientation des missions de la Banque centrale européenne.

« Peser à gauche » sur le PD est un slogan qui, en toute logique, n’a pas profité à Ingroia.

Quelle action et organisations communistes dans la situation politique instable qui s’annonce ?   

Les élections n’ont pas dégagé de perspective d’alternative politique. La protestation a été contenue et canalisée par le système. Pour autant, les semaines et mois qui viennent restent incertains et la crise politique n’est pas résolue.

Fort de sa petite majorité, le PD a une chance d’accéder au pouvoir, comme moindre mal, mais ce sera pour poursuivre la politique de casse sociale. Le mouvement 5 Etoiles peut exploser tout de suite ou non.

Les luttes sociales demeurent à un haut niveau.

La force de la contestation, notamment de l’UE du capital, même détournée, s’est affirmée. Même s’ils essaient de se faire petits, les technocrates européens ou, par exemple, des politiciens allemands peuvent aiguiser encore la colère contre elle.

Les communistes italiens, l’histoire du PCI, représentent une référence et une force potentielle de résistance considérables. La crise, le désarroi s’approfondissent encore au sein du PRC et PdCI.

Dans toutes ces conditions, différentes mais si parallèles à la situation française, communistes français, nous porterons toute notre attention sur les analyses et les choix de nos camarades.

En ce qui nous concerne, notre conviction est renforcée qu’il faut faire vivre et développer les organisations communistes marxistes et léninistes, en privilégiant le terrain de la lutte des classe, en se libérant des stratégies d’intégration au système mises en œuvre par le Parti de la gauche européenne et ses « Fronts de gauche » nationaux.

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