Vive le PCF

(0 commentaires, 890 articles)

Cet utilisateur n'a pas partagé les informations de son profil

Articles par Vive le PCF

N’oublions pas de commémorer le 11 novembre 1940 !

Vivelepcf, 11 novembre 2014

Dans l’ensemble des commémorations du 11 novembre, particulièrement développées cette année, n’oublions pas de commémorer la manifestation patriotique et résistante des étudiants et lycéens parisiens le 11 novembre 1940.

Sur injonction des Allemands, le gouvernement collaborationniste avait annulé les cérémonies commémorant l’armistice de 1918 et interdit toute manifestation dans une France occupée depuis 5 mois. La jeunesse patriotique, la jeunesse antifasciste, ne l’accepte pas. L’idée monte dans les lycées, grandes écoles et universités parisiens de manifester le 11 novembre. L’arrestation du grand savant antifasciste Paul Langevin le 8 novembre renforce la détermination des jeunes.

L’Union nationale des étudiants et lycéens communistes, le réseau de résistance du Musée de l’Homme contribuent de façon importante, seuls comme forces organisées, à la mobilisation. Plusieurs centaines, peut-être 3000 étudiants et lycéens défilent vers l’Arc de Triomphe et défient les nazis et les collabos. Ils ont donné un premier signal, éclatant de courage, de résistance à tout le peuple français.

La répression sera dure mais l’occupant et ses valets sont politiquement mis en difficulté.  

Nous reproduisons ci-dessous l’analyse et les souvenirs de notre camarade Francis Cohen, publiés dans l’Humanité du 10 novembre 1990.

Une seule photographie de l’événement a été retrouvée à ce jour et remise au Musée de la Résistance (ci-contre). C’est celle du défilé des étudiants de l’Institut national agronomique, en tenue d’apparat, se dirigeant solennellement vers les Champs-Elysées. On y reconnaît notre camarade André Pipard (1920-2007), vice-président de la promotion 1939 et militant de la Jeunesse communiste depuis 1938.  


La manifestation du 11 novembre 1940 et son retentissement, par Francis Cohen

Pour bien comprendre la manifestation des lycéens et étudiants sur les Champs Elysées le 11 novembre 1940, il faut se reporter en pensée à la situation d’alors.

Cinq mois ne s’étaient pas écoulés depuis l’entrée des troupes allemandes à Paris. La stupeur, le désarroi, la confusion qui avaient frappé la grande majorité de la population commençaient à peine à se dissiper. L’occupation n’avait pas encore révélé ses méfaits.

Les actes de résistance avaient commencé. Des petits groupes se formaient, mais on ne peut pas parler alors de mouvement organisé sur une grande échelle. De Gaulle était encore peu connu, contesté. Les premiers résistants (qui ne se désignaient pas encore sous ce nom) étaient inspirés par deux courants de pensée principaux, qui allaient peu à peu se rencontrer. Le premier, d’inspiration souvent nationaliste, voulait simplement (ce qui était déjà beaucoup!) continuer la guerre et se nourrissait de sentiments patriotiques et anti-allemands. Le second, nettement plus nombreux, était antifasciste, démocrate et républicain. C’est à ce second courant que se rattache l’action des communistes.

Le climat a l’université

Les universitaires, enseignants, étudiants et lycéens des grandes classes constituaient un milieu limité, particulier. L’antihitlérisme, le soutien au Front Populaire et à l’Espagne Républicaine y avaient laissé des traces profondes, malgré le munichisme de certains. Dans les lycées des beaux quartiers, le nationalisme, voire le militarisme, étaient endémiques.

Les révocations d’enseignants communistes, «franc-maçons» (lisez républicains) et juifs commençaient. Les nazis cherchaient à gagner les intellectuels en multipliant les conférences et les écrits de ceux d’entre eux, rares à vrai dire, qui adhéraient à l’idéologie hitlérienne.

Notre action d’étudiants communistes se déroulait dans ce climat. Nous dénoncions les atteintes à la culture française et, comme les autres communistes le faisaient dans leurs secteurs, nous défendions les revendications immédiates des étudiants (organisation et études, situation matérielle) qui les mettaient en conflit avec les autorités. Nous étions peu nombreux, mais très actifs. Nous agissions par tracts, journaux, papillons, bouche à oreille.

De leur côté, les universitaires communistes, non moins actifs, préparaient, entre autres, la sortie du journal clandestin l’ «Université Libre», dans un esprit de défense de la culture et de l’indépendance de la France, en diffusant notamment un Appel du PCF aux intellectuels.

L’arrestation de Paul Langevin

Deux événements marquants allaient se produire à la fin octobre 1940. Le premier était d’ordre général: c’était l’entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler, le 24. Les choses commencèrent à s’éclairer: le mot et la notion de collaboration étaient lancés.

Le second allait secouer le Quartier Latin: l’arrestation le 30 octobre, par des officiers allemands, du professeur Langevin. Aussitôt, des tracts appelèrent à la protestation et à la manifestation. Ils émanaient des étudiants communistes et d’un Comité de Défense des Professeurs et Etudiants de l’Université de Paris qui s’était constitué clandestinement et réunissait des universitaires de tendances très diverses. Un appel fut lancé à manifester au Collège de France le 8 novembre, au moment où Langevin aurait dû faire son cours. Le 8, à 16 heures, dans un quartier envahi par les forces policières françaises et sillonné par des automitrailleuses allemandes, un grand nombre d’universitaires et d’étudiants se retrouvèrent et se massèrent silencieusement devant le Collège de France. En même temps, plusieurs dizaines d’enseignants et chercheurs s’introduisaient dans l’amphithéâtre où Langevin aurait dû être et écoutaient une brève allocution de Frédéric Joliot-Curie. La manifestation se conclut par un cortège d’une trentaine d’étudiants communistes qui parcourut le Quartier en criant «Libérez Langevin» et en chantant «La Marseillaise».

Du 8 au 11 novembre

La radio de Londres avait donné le conseil d’aller aux monuments aux morts le jour du 11 novembre. Le PCF avait lancé un mot d’ordre analogue. Sur cette base, était apparue l’idée d’aller silencieusement fleurir la tombe de l’Inconnu. Cette idée rencontrait le désir de manifester son patriotisme. Elle circula, fut reprise par des petits groupes plus ou moins structurés dans les facultés et les lycées, et atteignit de nombreux individus isolés.

Quant à nous, au début, nous n’étions pas partisans d’une manifestation à l’Etoile, craignant les provocations et les réactions des jeunes devant la répression violente que nous prévoyions. Nous préférions donner la consigne de manifestation devant les monuments au morts des établissements d’enseignement, où il nous semblait plus facile et plus sûr de rassembler les élèves et étudiants.

C’est au soir du 8 novembre, devant le succès de la manifestation pour Langevin, et aussi à cause des échos qui nous parvenaient sur l’accueil à l’idée de la marche à l’Etoile, que nous avons révisé notre position et nous nous sommes ralliés à cette idée. Nous avons consulté la direction du Parti, qui nous a donné son accord. François Lescure, qui était à la fois le représentant légal de l’Union Nationale des Etudiants à Paris et membre (avec Suzanne Djian et moi-même) du «triangle» de direction de l’Union des Etudiants et Lycéens Communistes illégale, a aussitôt fait adopter ce point de vue par le petit groupe des militants qui travaillaient autour de l’U.N.E. et des oeuvres sociales universitaires. Des tracts et des papillons ont été multipliés dans ce sens, le bouche à oreille mis en action.

La manifestation et son retentissement

Le résultat convergent de tous ces efforts organisés et des participations spontanées, individuelles et collectives, dépassa les attentes des antihitlériens et les craintes des nazis. Des milliers d’étudiants et surtout de lycéens se retrouvèrent l’après-midi du 11 novembre sur les Champs Elysées.

Certes, les quelque soixante jeunes filles et jeunes gens qui étaient alors explicitement membres de l’organisation communiste étudiante clandestine ne pouvaient pas former la masse des défilés. Mais ils constituaient la seule force organisée, agissant dans le cadre d’une force politique d’échelle nationale.

La police française était massivement présente. Il y eut intervention des forces allemandes, dont les véhicules blindés dispersèrent la foule. Il y eut des coups de feu, des blessés, des arrestations (environ 150 d’après diverses sources).

Le mythe de la correction allemande, le caractère idyllique de la toute neuve «collaboration» volaient en éclat.

En même temps, diverses composantes de ce qui allait devenir la Résistance Nationale s’étaient retrouvées, ou du moins avaient découvert qu’elles avaient quelque chose de fondamental en commun.

Pour une part, l’effet d’intimidation a pu jouer sur certains qui n’étaient pas préparés à se trouver en face d’une répression sanglante. Les conseils d’attentisme ont pu en être confortés. Mais c’est fort loin d’avoir été le résultat essentiel. Au contraire, c’est la détermination des patriotes et des antifascistes qui s’est trouvée renforcée. L’opinion publique a eu la révélation à la fois de l’existence de gens et de groupements prêts à manifester et du véritable visage de la «collaboration» naissante. C’est à juste titre que cette date est restée dans l’histoire comme un jalon capital dans le développement du mouvement de la Résistance.

(*) Une étude plus détaillée de ces événements, dont des éléments ont été repris ci-dessus, a paru sous la signature de Francis Cohen dans le numéro de janvier 1988 du Bulletin du Musée de la Résistance Nationale, «Notre musée» (88, rue Max Dormoy-94000 Champigny. Tél. 46.72.40.99.)

Francis Cohen

Le PCF du Jarnisy avec les salariés en lutte de Leclerc

La section du PCF du Jarnisy était cette semaine aux côtés des salariés en lutte du Leclerc Jarny-Conflans mobilisés contre la répression syndicale dont sont victimes les militants de la CGT. Bel exemple de la présence du PCF au cœur des luttes et à l’entreprise, nous reproduisons ci-dessous l’article de la section, ainsi que la brève du journal régional Le républicain lorrain.

L’article de la section du PCF du Jarnisy du 08 novembre 2014 :

Soutien aux salariés de Leclerc Jarny-Conflans

SOUTIEN AUX SALARIES DE LECLERC JARNY-CONFLANS

Samedi 8 novembre dès 8 heures, à l’initiative de la CGT, un tract a été distribué devant l’enseigne Leclerc pour dénoncer le harcelement moral et la répression syndicale de la part de la direction à l’encontre des délégués et militants CGT. Une pétition circulait également, un grand nombre de clients y ont apposé leur signature en étant solidaire de cette action.

Une vingtaine de camarades de la section PCF du Jarnisy, des agents SNCF, du personnel de la Sovab, l’Union locale d’Homécourt, ainsi qu’André Corzani Maire de Joeuf et Conseiller général de la Meurthe et Moselle étaient présents pour soutenir le personnel de Leclerc.

Vers 8h30, le personnel a reçu la visite de la police et aux environs de 9h30 la Direction de Leclerc a infiltré un Huissier de Justice sur les lieux pour prendre des photos et les noms des personnes présentes, en espérant ainsi décourager les militants de leur action. Mais ceux-ci sont restés sereins en ne rentrant pas dans cette provocation. Nous ne pouvons que les féliciter.

D’autres actions sont d’ores et déjà prévues par les salariés et leur organisation syndicale CGT.

L’article du Républicain lorrain du 08 novembre 2014 :

Salariés CGT, militants extérieurs et sympathisants. Une quarantaine de manifestants se sont réunis ce matin. Photo Fred LECOCQ

Leclerc : la CGT en colère

Trois semaines après le mouvement d’humeur des agriculteurs, le centre E. Leclerc de Conflans était hier dans le viseur d’autres manifestants. Cette fois, ce sont des salariés affiliés à la CGT, soutenus par des adhérents extérieurs, qui ont exprimé leur mécontentement. Ils accusent la direction de licenciement abusif à l’encontre d’une déléguée du personnel et parlent de discrimination syndicale. « Pure diffamation », répond le patron de l’enseigne.

La CGT estime ne pas être logée à la même enseigne

La dizaine de salariés présents a pu compter sur la venue de syndicats CGT extérieurs ainsi que sur la présence du PCF de Jarny. Tous ensemble, ils ont recueilli 627 signatures sur leur pétition, à défaut d’avoir rencontré le patron de l’enseigne conflanaise.

Tous ensemble, une quarantaine de militants CGT et leurs sympathisants ont manifesté hier matin devant les portes du centre Leclerc de Conflans. Ils s’opposent au licenciement d’une des leurs et parlent de discrimination syndicale.

« Vous voulez bien signer ? C’est contre le licenciement abusif d’une salariée », demande cette manifestante à un couple qui s’apprête à rentrer dans le magasin avec son bébé. La dame reçoit une fin de non-recevoir. D’autres, en revanche, sont bien plus réceptifs, prennent les tracts tendus par les gilets jaunes et rouges de la CGT ou signent leur pétition. « Heureusement que les syndicats sont là. Sans eux, on n’aurait jamais eu d’évolution dans le droit du travail », souffle Louisa, une employée de mairie d’une commune voisine, avant de s’engouffrer à l’intérieur du centre Leclerc pour y faire ses achats.

Une condamnation en faveur des salariés

En ce samedi matin à Conflans, ils sont plusieurs dizaines de manifestants à s’exprimer tous ensemble ou à se relayer (soit, en tout, une quarantaine de personnes au moment de faire les comptes en fin de matinée). Dès 8h30, militants CGT et sympathisants se sont réunis devant les portes de l’enseigne pour déclarer leur indignation contre une procédure de licenciement en cours : celui de Sylvie Navacchi, 49 ans dont 32 au sein du magasin conflanais. Responsable du pôle comptabilité fournisseurs. Et aussi déléguée CGT. Comme les treize autres (sur quinze élus) siégeant aux diverses instances représentatives du personnel au sein de l’hypermarché.

« On m’accuse d’avoir agressé verbalement et physiquement la DRH lors d’une réunion du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) , en mars 2013. Mais je n’ai rien fait, ce sont des accusations sans fondements. » La principale concernée, entourée de ses amies, d’une dizaine de collègues et de salariés extérieurs, voit son propos appuyé par… la condamnation de la DRH par le tribunal correctionnel de Metz : récemment, celle-ci a écopé d’un mois de prison avec sursis pour dénonciation calomnieuse. « Mais elle a fait appel. Quant à moi, je suis revenue travailler après un arrêt maladie de sept mois. Mais je suis à mi-temps thérapeutique. » Sylvie a effectivement pu reprendre le travail malgré la procédure de licenciement toujours en cours. « Comme je suis déléguée syndicale, la direction ne peut pas me virer comme ça : elle doit avoir l’accord de l’inspection du travail. Cette dernière a refusé mon licenciement. Un refus confirmé par le ministère du Travail », se félicite Sylvie.

Leclerc n’a pas pour autant déposé les armes : le magasin vient de faire appel devant le tribunal administratif. D’où la colère des manifestants qui parlent, plus globalement, de « discriminations, de menaces permanentes, de sanctions injustifiées, de licenciements abusifs ou encore d’absences de promotion », à l’égard des salariés syndiqués. « Et plus particulièrement à l’encontre de ceux affiliés à la CGT ». « Nous voulons que la direction nous respecte », conclut Régine Gœuriot, autre membre du syndicat et conseillère prud’hommes.


CICE/CSG/Exonérations de cotisations : Quelle « gauche » – Valls ou Aubry ? – sera chargée d’avancer le démantèlement du financement de la Sécurité sociale d’ici 2017 ?

EDT, vivelepcf.fr, 10 novembre 2014

Une petite phrase dans les propos de François Hollande sur TF1 le 6 novembre prépare le terrain : « Le CICE sera transféré en 2017 en baisse de cotisations sociales pérennes ». Elle doit alerter.

Le « Crédit d’impôt compétitivité » est le plus gros transfert vers le patronat et le capital contenu dans le « Pacte de responsabilité » : 20 milliards d’euros par an. Mais, prenant la forme d’un transfert direct des caisses de l’Etat vers celles des entreprises, il est peu défendable politiquement. Il s’intègre mal dans la propagande sur la baisse des « coûts des entreprises ». Le Medef, bien content de toucher la manne, s’est même permis de faire la fine bouche. Il préfère du plus fondamental, du plus durable : la poursuite de l’élimination de la part socialisée du salaire, les cotisations sociales, qu’il a dû concéder historiquement pour financer la Sécurité sociale.

Une nouvelle fois, Hollande rassure les patrons. Le CICE, c’est du provisoire, rien qu’une étape pour mieux préparer la nouvelle charge contre le financement de la Sécurité sociale.

Défenseurs de la Sécurité sociale, nous constatons, dans ce contexte, qu’une des pires contre-réformes structurelles promises par Hollande avant 2012 n’a pas encore été programmée et reste en attente: la fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu. Elle retirerait à la CSG, pour les salariés actifs, tout le lien restant avec le salaire, tel qu’il apparaît encore sur la fiche de paye (en pleine refonte aussi et pas par hasard). Le processus de déconnexion de la CSG de l’entreprise, de fiscalisation franchirait une nouvelle étape.

Nous avons aussi une longue expérience de la répartition des rôles, entre gouvernements de droite et de « gauche » successifs, dans le démantèlement de la Sécurité sociale. Il est bon de la rappeler à cette occasion.

La droite s’attaque davantage aux prestations, comme la durée de cotisation ou la retraite à 60 ans, « marqueurs » de gauche. La « gauche » s’attaque davantage au financement – sauf pour les allocations familiales où elle s’en prend à la fois aux cotisations patronales et aux droits des familles. La « défense » – sur un fond réactionnaire – de la famille est laissée à la démagogie électorale de la droite.

C’est la « gauche » avec Rocard qui a créé la CSG. C’est la « gauche plurielle » avec Jospin qui a lancé en grand le scandale des exonérations de cotisations sociales patronales au nom de « l’emploi ». Elle l’a fait avec les lois Aubry prétendument sur les 35 heures qui ont fait cadeau, par an depuis 2000, de 20 milliards d’euros aux patrons. Fillon n’a  eu qu’à compléter.

A nouveau, il nous faut dénoncer la propagande déguisant les lois Aubry en acquis social « historique ». La durée moyenne du temps travail en 2013, pour les salariés à temps plein, atteint toujours 39,2 heures. La droite est revenue sur une grande partie des quelques avantages sociaux accordés, notamment en « assouplissant » les heures supplémentaires.

Naturellement, nous serons les premiers à défendre ce qui reste des RTT. Mais cela ne nous empêchera pas de dire clairement que les lois Aubry, derrière l’hypocrisie gagnant-gagnant, se sont résumées à un formidable cadeau au patronat : annualisation du temps de travail, « flexibilité », « modération salariale » et exonération sans précédent de cotisations sociales aux dépens du salaire socialisé, de la Sécurité sociale.

Aujourd’hui, Hollande prépare le terrain à une déstructuration profonde du financement de la sécurité sociale. Il est missionné pour cela par le Medef et l’Union européenne. Y arrivera-t-il avant la fin du quinquennat ? C’est peu probable avec un Valls qui s’apprête à le rejoindre dans l’impopularité quand il aura fait passer le « pacte de responsabilité » et la « réforme » territoriale. Valls, trop marqué à droite, n’est de toute façon pas à même de tromper et d’anesthésier  les travailleurs et les syndicats sur un sujet comme la Sécurité sociale. Mais une équipe de rechange est déjà sur les rangs : les « PS frondeurs », avec ou sans Martine Aubry, mais dans l’esprit de ses œuvres.

La fusion CSG/Impôt sur le revenu est le fer de lance de ces « frondeurs ». Ils ont trouvé comment lui donner un semblant de couleur de « gauche ». Ils parlent de « justice sociale », d’une fiscalité plus progressive. Nous refusons de nous laisser tromper ! Ce n’est que baume pour mieux faire passer cette contre-réforme fondamentale, couplée avec la pérennisation du CICE en exonérations de cotisations sociales patronales. De retour aux affaires après 2017, la droite n’aura plus qu’à enlever les quelques mesures d’accompagnement et de maquillage…

Pour nous communistes, ces questions représentent des luttes primordiales. Si les dures répercussions sur l’hôpital, le droit à la retraite, le pouvoir d’achat des retraités et des familles sont très concrètes, le processus de casse du système lui-même paraît souvent technique. D’autant plus que la notion de salaire socialisé est de plus en plus oubliée (la « simplification » de la fiche de paye est pensée pour y contribuer). D’autant plus encore que l’idéologie dominante noie dans la plus grande confusion l’enjeu, notamment avec sa propagande sur l’emploi et les « coûts » des entreprises.

Aussi, nous poursuivons et intensifions nos batailles pour l’accès aux soins, l’hôpital public, les retraités, les familles en les liant systématiquement aux questions de financement.

Les mobilisations fortes ces dernières années peuvent et doivent converger dans une lutte frontale contre la nouvelle étape gravissime programmée du démantèlement du système solidaire de financement de la Sécurité sociale, pour son rétablissement plein et entier. 

La contestation de la ligne de la CGT Lepaon ne peut pas se faire sur la question de son appartement !

ML pour vivelepcf, 3 novembre 2014

Le coût de la rénovation de l’appartement alloué par la CGT à son secrétaire général Thierry Lepaon est monté en affaire nationale depuis l’article du Canard enchaîné.

L’ensemble des médias aboient. Les autres syndicats ricanent.

Du côté des adhérents de la CGT, beaucoup font part de leur incompréhension, quelques-uns de leur colère.

La fuite du Canard enchaîné reflète un profond malaise dans le syndicat bien plus qu’elle ne le provoque.

Il y a peu encore, les adhérents auraient fait bloc derrière le secrétaire général. D’autant que nul ne peut douter des mauvaises intentions de certains commanditaires du journal satirique avant les importantes élections professionnelles dans la fonction publique et certaines grandes entreprises. Ils auraient, en confiance, attendu les explications publiques de la Confédération.

Elles sont venues. L’appartement ne fait pas 120m2 mais 80. La rénovation, justifiée par son état d’origine, s’est élevée à 105.000 euros et non à 150.000. A Paris, c’est le prix d’une chambre de bonne. Reste néanmoins que cet investissement est consenti pour une simple location. Pourquoi ne pas avoir acheté ?

Mais l’essentiel n’est pas là.

La ligne de Thierry Lepaon suscite un profond malaise dans le syndicat. Contrairement à Bernard Thibault, il ne bénéficie pas de la légitimité acquise par une bataille comme celle de novembre/décembre 1995.

Au contraire de Thibault, Lepaon exprime aussi avec un franc-parler indiscutable ouvertement la position réformiste de son prédécesseur et de la direction collégiale. La main tendue aux syndicats de collaboration ne se cache plus derrière l’euphémisme du « syndicalisme rassemblé ». On l’a vu avec la récente rencontre CGT/CFDT du 8 octobre. Au moment de la grève contre la « réforme ferroviaire », Lepaon est clairement rentré dans la stratégie d’extinction du mouvement, valorisant les concessions bidon du gouvernement. Il avait lui-même consigné en 2012, avant d’être secrétaire national, avec un député UMP, un rapport du Conseil économique et social préparant la mise en concurrence du rail. Une interview dans le Nouvel économiste où il déclare que la CGT « ne doit pas avoir d’opposition de principe au patronat » a également désarçonné plus d’un camarade…

La ligne politique poursuivie par Thierry Lepaon passe d’autant plus mal que c’est le gouvernement de « gauche » qui mène aujourd’hui la politique la plus antisociale, celui issu des élections de 2012 dans la campagne desquelles le syndicat de Bernard Thibault s’était engagé pleinement derrière Hollande, cultivant avec complaisance toutes les illusions.

On sait aussi que le choix puis l’élection de Thierry Lepaon au dernier congrès a résulté d’une longue et obscure opposition de personnes et de clans au sein de l’appareil de la CGT, sans que s’exprime – le moins du monde – chez les prétendants de contestation de la ligne du « syndicat de négociations ». Dans les conditions d’aujourd’hui, cette ligne, désormais incarnée et assumée par Thierry Lepaon, ne peut plus rassembler et faire illusion. Beaucoup de dirigeants syndicaux ressentent le besoin d’adopter des postures plus « à gauche », plus « radicales ».

Le débat doit se rouvrir à tous les niveaux de la CGT. Mais il serait grave  qu’au malaise des adhérents, à leurs attentes, des clans dirigeants répondent par une révolution de palais basée sur des coups bas. Va-t-on bientôt lire, que Thierry Lepaon, cardiaque connu, va se retirer pour « raisons de santé » comme d’autres avant dans d’autres pays ?

Les militants syndicaux et politiques soucieux de rendre à la CGT son identité et son efficacité de syndicat de classe révolutionnaires ne peuvent pas  accepter que les débats de fond n’aient pas lieu, ne s’expriment pas et ne décident pas de l’avenir de la confédération.

Flux RSS de Vive le PCF