Vive le PCF

(0 commentaires, 890 articles)

Cet utilisateur n'a pas partagé les informations de son profil

Articles par Vive le PCF

Tour Triangle à Paris : les élus PCF parisiens doivent arrêter de s’enfoncer dans la docilité au social-libéralisme et de discréditer nationalement le Parti !

Vivelecpcf, 19 novembre 2014, rubrique « dans les fédérations »

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de la section du PCF du 15ème arrondissement de Paris où devaient, où pourraient encore, être construits 92.000 m2 de bureaux dans le cadre de l’opération immobilière « Tour Triangle » soutenue par la municipalité d’Anne Hidalgo.
Les camarades rappellent tous les arguments qui les ont conduits depuis le départ à combattre ce projet spéculatif. Ils l’associent à la politique générale poursuivie par Delanoë, avec Hidalgo comme adjointe à l’urbanisme, au service des promoteurs immobiliers dans les grandes zones d’aménagement de la capitale.
Ils dénoncent la manœuvre antidémocratique tentée par Hidalgo au Conseil de Paris lundi 17 novembre 2014 consistant à faire voter à bulletins secrets, c’est-à-dire à couvrir les votes éventuels d’élus qui auraient été soudoyés par tel ou tel lobby patronal. Ils analysent les raisons profondes du fiasco enregistré par la maire de Paris et les contradictions du patronat.
Les conseillers de Paris étiquetés PCF ont à nouveau agi d’une façon déplorable. Envers et contre tout, reprenant les arguments les plus hypocrites d’Hidalgo, pourtant balayés depuis le départ, ils se sont exprimés en faveur du projet du Medef-Paris. Ils ont laissé le quotidien le Parisien, dans son édition du 14 novembre, écrire que, mal à l’aise sur le fond du sujet, ils allaient voter derrière Hidalgo pour ne pas désavouer les élus PCF de la mandature précédente. Se montrer incapable d’assumer une position pour des motifs politiciens : lamentable !
Lorsqu’Hidalgo, en séance, a imposé avec les élus PS, le vote secret, les élus PCF se sont gardés de dénoncer la manœuvre et ont accepté de prendre part au vote, eux-mêmes qui ne jurent que par la « transparence » et la « démocratie participative » à longueur de réunion.
Certes il ne s’agit pas d’une petite affaire pour la municipalité : 500 millions d’euros, 60 fois le barrage de Sivens. Raison de plus !
L’alignement inconditionnel des élus PCF-Front de gauche à Paris sur le social-libéralisme leur a valu des sièges supplémentaires et des promotions aux élections municipales. Ce suivisme a été surmédiatisé et utilisé nationalement pour discréditer notre parti, l’action d’élus communistes, dans toutes les configurations, dans d’autres villes de France. Le sénateur PS honoraire Jean-Luc Mélenchon, parmi d’autres, s’en est saisi, lamentablement en ce qui le concerne, pour régler des comptes au sein du « Front de gauche ».
Les élus PCF de Paris sont-ils à ce point tenus par la reconnaissance du ventre, par l’opportunisme, pour continuer à exposer le Parti à ce discrédit, à cette humiliation ?
Nous considérons qu’il n’est que plus important de faire largement connaître l’opinion et l’action des militants communistes de terrain, ici ceux du 15ème, fidèles à la raison d’être de leur engagement.

Tour Triangle : le PCF Paris 15, outré par les procédés de la municipalité d’Anne Hidalgo, demande des comptes à la Porte de Versailles comme à Beaugrenelle 

Communiqué, PCF Paris 15, 17 novembre 2014

La section du PCF Paris 15 enregistre le vote négatif du Conseil de Paris, ce jour, par 83 voix contre 78, sur la délibération qui aurait permis l’édification d’une tour de bureaux de 92.000 m2 à la Porte de de Versailles dans le 15ème arrondissement.

Nous rappelons notre opposition totale, depuis le départ – voir nos communiqués et tracts successifs depuis 2009, à ce projet spéculatif, 60 fois plus coûteux que le barrage controversé de Sivens.

Le résultat du vote n’est pas pour nous surprendre. Il correspond aux intentions affichées des différents groupes politiques. Il correspond surtout, plus fondamentalement, au défaut de volonté réelle du promoteur Unibail de réaliser le projet. Unibail, via sa filiale Viparis, a pu bénéficier grâce à cette annonce, d’une reconduction, outrageusement avantageuse, par la municipalité de Paris, de la concession du Parc des Expositions. La construction d’une nouvelle tour de bureaux dans un secteur saturé s’est avérée d’une profitabilité douteuse. Voilà qui explique le revirement de la droite sur le sujet, au-delà de quelques préoccupations locales.

La municipalité d’Anne Hidalgo, soutenue par d’autres groupes de pression patronaux, dont le Medef Paris et des patrons du bâtiment, a cru pouvoir faire passer quand même son projet « emblématique » de son choix de plonger Paris dans la concurrence mondiale des capitales du capitalisme.

Les procédés retenus Anne Hidalgo nous affligent et nous scandalisent. Depuis des mois, des moyens publics sont gaspillés à faire la publicité du projet.

Au Conseil de Paris, elle a osé, avec les élus PS, recourir à un vote à bulletins secrets pour tenter de le faire passer. Pointilleuse jusqu’à l’extrême sur la démocratie participative lorsqu’il s’agit notamment du ramassage des déjections canines, Mme Hidalgo préfère le vote caché quand il s’agit d’un investissement de 200 mètres de haut et de 500 millions d’euros de coût ! Hidalgo a fait le pari de protéger les élus sensibles aux pressions, de les exonérer de leurs responsabilités  publiques. Quelle honte ! Quel mépris pour les Parisiens ! Elle a perdu. Cela ne nous empêchera pas de condamner la manœuvre pour l’avenir, pour la démocratie à Paris.

Les élus communistes de Paris, loin de se désolidariser, ont suivi Hidalgo. Cette situation, qui prolonge les lourdes ambiguïtés de l’alignement aux municipales, dès le 1er tour, sur les listes du PS, ne peut plus durer. D’une mandature à la suivante, les élus du groupe PCF-Front de gauche, derrière Ian Brossat, promu depuis par Hidalgo, ont repris les arguments les plus fallacieux et éculés pour justifier la Tour Triangle et les grands projets immobiliers capitalistes de la municipalité, envers et contre tous, sourds aux avis des militants de base. Nous n’arrivons pas à imaginer comment, ce matin, les élus PCF-FdG, ont pu accepter de participer à un vote secret pour faire passer un tel projet.

Communistes, nous n’acceptons pas, nous n’avons jamais accepté, que quelques élus nous fassent passer pour les « J’en croque » du social-libéralisme à Paris, et par extension, en France, au bénéfice de nos adversaires ou de partenaires malintentionnés.

Nous demandons le respect du vote du Conseil de Paris contre la Tour Triangle, l’assurance des élus PCF-FdG qu’ils ne céderont pas aux manœuvres administratives et judiciaires lamentables annoncées ce matin par Mme Hidalgo. Plus que jamais, nous demandons, l’ouverture dans le PCF d’un débat sur la politique immobilière de la municipalité Delanoë-Hidalgo.

Le dossier de la Porte de Versailles est indissociable de scandales restés tus, bien malgré nous, à, à peine un km de là. A Beaugrenelle le promoteur Gécina a enregistré une plus-value de 250 millions d’euros supérieure à ses propres attentes avec la cession du nouveau centre commercial. Le patron douteux du promoteur Apsys, Maurice Bansay, a vu du même coup sa fortune personnelle s’élever en une seule année de 180 millions d’euros grâce au projet encouragé par la municipalité et Mme Hidalgo. Tous cela aux dépens des habitants et des contribuables!

Les contradictions des promoteurs autour de la Tour Triangle peuvent et doivent conduire à une remise à plat complète des politiques de soumission à l’argent de la municipalité de Paris.

Les habitants du 15ème, les contribuables parisiens, les démocrates peuvent compter sur la probité et le travail des communistes du 15ème.

 

Sélection de nos interventions contre la Tour Triangle:

 

Novembre 2014: Réelle ou virtuelle, la « Tour Triangle » ne doit pas être la tour qui masque la politique de spéculation immobilière à Paris
Août 2013: La folie des hauteurs reprend à la Porte de Versailles.
Août 2011: Tour Triangle – « concertation » le 1er septembre – Nous confirmons notre opposition
Décembre 2009: Tour Triangle à la Porte de Versailles : le Medef transmet la folie des hauteurs aux élus parisiens !

Encore 600 millions d’euros ! Mali, Centrafrique, Irak : plus un sou pour les guerres impérialistes françaises !

Brèves, vivelepcf, 14 novembre 2014

Il y a un budget qui n’est pas affecté par les mesures d’austérité infligée aux dépenses publiques, un budget qui ne répond en rien aux besoins de la population : celui des guerres extérieures.

Le gouvernement va faire voter par le Parlement une rallonge de 605 millions d’euros pour financer ses « OPEX », opérations extérieures, en Irak, en Centrafrique, au Mali… Au total, officiellement, elles auront coûté 1 milliard et 55 millions d’euros en 2014. En réalité au moins deux fois plus puisque le gouvernement n’intègre pas les frais fixes comme l’usure des matériels, les soldes etc. Tout cela au détriment, encore, des dépenses publiques et sociales.

Tout cet argent pour quoi faire ?

Pour réparer laborieusement au Mali les effets désastreux de la précédente guerre en Libye qui a jeté ce dernier pays dans le chaos et l’horreur, mais permis aux milices « islamistes » de récupérer argent et armes, d’approfondir les divisions maliennes. A la convoitise du pétrole libyen succède la protection des intérêts des multinationales de l’uranium au Sahel. L’intervention au Mali était censée durer seulement quelques mois…

Pour maintenir l’ordre coûte que coûte en Centrafrique, pour les mêmes motivations économiques profondes, dans un pays que la « françafrique » a entretenu dans le pire sous-développement économique et politique.

Pour servir de supplétif à l’impérialisme américain en Irak, où celui-ci s’efforce de rééquilibrer les forces en présence après avoir laissé les « djihadistes » prospérer pour mieux renverser le pouvoir syrien. Le peuple français est invité à payer alors que « l’allié » turc tire dans le dos des résistants kurdes et recèle du pétrole pour le compte des « djihadistes », alors que les « amis » qataris et saoudiens leur livrent armes et billets.

Le gouvernement se rend sans doute compte de l’impopularité de ces guerres en France, de la difficulté de justifier des coupes dans les budgets sociaux en leur nom, encore plus après la bérézina en Afghanistan. On en est aussi à 10 soldats français morts au Mali.

C’est pour cela qu’il a instrumentalisé, de façon indécente, l’assassinat horrible et révoltant de l’alpiniste Hervé Gourdel dans une région peu sûre d’Algérie, à 5000 km de l’Irak, pour relancer la « croisade contre le terrorisme ».

C’est peut-être pour cela aussi qu’est mis en scène maintenant un différend entre le ministère des finances et le ministère de la défense, le premier déplorant la « dérive budgétaire » des interventions militaires, donnant au second l’occasion de tenter de les justifier publiquement avec des formules ronflantes comme la « défense de nos valeurs ».

Les députés « frondeurs » de l’aile « gauche » du PS ont proposé une solution comptable: ne plus intégrer ces dépenses militaires dans le calcul du déficit budgétaire… (voir notre article d’août en lien ). Mais la dépense n’en existe pas moins ! Et les bombes ne peuvent quand même pas être assimilées à de l’aide humanitaire !

Pour nous communistes, l’ensemble de cette politique militaire est inacceptable, dans ses buts comme dans ses conséquences et son coût humain et financier.

Plus que jamais nous portons les exigences suivantes :

-          Retour en France de tous les soldats déployés à l’étranger !

-          Pas un homme, pas un sou pour la guerre impérialiste !

Scandale Luxleaks/Juncker: l’analyse des communistes luxembourgeois

Pour le Parti communiste du Luxembourg : dévoiler immédiatement au public les accords secrets et les invalider !

Article KPL/PCL du 7 novembre 2014 – traduction vivelepcf

 

Les dernières révélations sur les accords secrets d’évasion fiscale passés au Luxembourg déclenchent une tempête. Les gouvernements luxembourgeois successifs ont conclu de tels accords depuis des décennies, dans le dos de la Chambre des députés et du peuple, avec plus de 300 multinationales du monde entier – dont plus de la moitié basée aux USA.

Au moyen de montages alambiquées et de constructions complexes, qui ont obtenu la bénédiction de l’administration fiscale agissant pour le compte du gouvernement, on a permis aux multinationales de payer un impôt sur les sociétés au taux de seulement quelques pour-cent, voire moins de 1%, au lieu du taux officiel en vigueur de 28%, rehaussé maintenant à 29,22%. Pour rendre possible et couvrir légalement ces malversations, on a préparé et fait voter les lois correspondant aux intérêts du capital. Et dans le même temps que les patrons des multinationales se voyaient épargner des milliards d’euros d’impôts, le gouvernement accablait encore davantage les travailleurs de hausses d’impôt et d’impôts nouveaux. Nouvelles illustrations de ce processus : l’augmentation annoncée au 1er janvier de la TVA et l’introduction d’une fiscalité sur les allocations familiales.

Pour le KPL (PCL), ces pratiques et leur extension ne constituent pas une surprise. Car les partis du système poursuivent depuis 50 ans une politique économique dirigée avant tout vers le secteur financier, le secret bancaire, les intérêts des banques et des multinationales. Elle suit le principe : «moins de règles, moins de contrôles, moins d’impôts».

Cette politique est complétée par le bradage de la souveraineté nationale, l’alignement inconditionnel sur l’OTAN et les USA. Elle a contribué dans une large mesure jusqu’à aujourd’hui à la désindustrialisation du pays, à la propagation de l’illusion du «partenariat social». Elle a trompé la population luxembourgeoise sur les performances de l’économie nationale.

Les paradis fiscaux comme le Luxembourg sont exclusivement conçus dans l’intérêt des banques et des multinationales et ne servent que leur stratégie de maximisation des profits. Toutefois, la crise économique et financière du capitalisme a contraint progressivement les grands Etats capitalistes à chercher à reboucher les niches fiscales pour mieux être en état de jouer leur rôle de garantie de l’intérêt général du système capitaliste. C’est ce qui explique que le modèle d’économie politique capitaliste pratiqué ces dernières décennies est sur le point de sombrer. Les possibilités de maximisation du profit, en dehors d’une base économique réelle, deviennent de plus en plus réduites. Le système capitaliste touche à ses limites.

Les communistes ont critiqué avec constance le système d’évasion fiscale qui apparaît maintenant au grand jour, et l’ont combattu comme un pilier du système économique capitaliste. Les accords secrets avec les multinationales doivent être immédiatement rendus publics et invalidés.

La solution du problème ne viendra pas du comblement de telle ou telle niche fiscale, pas plus que du retrait d’un responsable, mais de la suppression de ce système, qui sait toujours reproduire des structures agissant dans l’intérêt du grand capital. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un système social où l’exploitation de l’homme par l’homme soit définitivement écartée, et où l’humain soit placé avant le profit.

Parti communiste du Luxembourg (KPL), Esch-sur-Alzette, 7 novembre 2014

Suites du drame de Sivens : prévenir les provocations, d’où qu’elles viennent

Texte collectif, vivelepcf.fr, 11 novembre 2014

La mort dramatique du jeune militant Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive lancée par la gendarmerie, suscite des manifestations d’émotion. Nous les partageons.

Elle renforce le caractère national de l’affaire du barrage de Sivens, déjà totalement disproportionné au regard de la réalité du projet contesté. Rappelons que les zones qui seraient inondées ne représentent que 34 hectares, c’est-à-dire l’équivalent d’une seule petite exploitation agricole dans cette partie pauvre du Tarn. Le coût prévisionnel est 80 fois inférieur à celui du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Les développements, récupérations et débordements politiques nationaux, parfois inquiétants, les motivations de ceux qui les provoquent, appellent de notre part, communistes une analyse et des réponses précises à tous les niveaux, très différents, de la question agricole locale aux tentatives d’embraser le pays.

1-      Au plan local, la dernière expertise ouvre enfin la voie à une révision du projet de façon à mieux concilier les intérêts et vues qui s’affrontent. La fédération du Tarn du PCF appelait depuis le départ à une étude indépendante et n’a pas soutenu l’option retenue par la majorité du Conseil général. Les évolutions récentes renforcent encore l’obligation d’un supplément de concertation, dans la transparence, dans le souci de la réponse aux besoins des populations.

Les agriculteurs du secteur, soutenus par une large majorité de la population, estiment majoritairement qu’ils ont besoin, pour survivre devant un marché de plus en plus dur, pour maintenir une vie dans les villages, de développer leur production grâce à une meilleure irrigation. Quelques autres ne le pensent pas. Quelques propriétaires s’estiment lésés par le projet. Des écologistes, en général venus d’ailleurs, contestent l’efficacité du barrage prévu et jugent prioritaire la défense du milieu naturel existant.

Il s’agit maintenant de faire en sorte que la révision du projet optimise l’irrigation, en préservant au mieux certaines spécificités du milieu naturel existant, dans la perspective de créer un nouveau milieu écologique harmonieux.

2-      L’occupation de la zone de Sivens a été érigée par certains groupes politiques et lobbys comme le symbole de la lutte contre une agriculture productiviste destructrice. Le symbole est mal choisi. Cette lutte est déplacée ici. Quelques agriculteurs seulement pratiquent des cultures intensives et encore sur de petites surfaces. Non, ce n’est pas la « ferme des mille vaches », ce n’est pas l’Amérique !

Communistes, nous ne nous opposons pas à toute forme d’agriculture intensive, à l’utilisation des progrès agronomiques. Nous sommes opposés aux théories de la « décroissance », du retour réactionnaire à la « terre qui ne ment pas ».

Nous militons en France pour une agriculture raisonnée, basée sur des exploitations familiales et coopératives, visant à répondre aux besoins nationaux, aux besoins de pays moins favorisés par la nature, avec des modes de production respectueux de cette nature, soucieux de la qualité de l’alimentation humaine. A ce titre, nous nous désolons de l’extension de la jachère sur des centaines de milliers d’hectares. Dans le même temps, nous nous battons pour que les paysans puissent vivre de leur travail et vendre leurs productions à des prix rémunérateurs.

Notre bataille pour une agriculture raisonnée, pour la préservation de l’environnement, est indissociable de notre lutte contre le capitalisme, l’agro-business et leurs relais.

Animés de ces préoccupations, nous ne pouvons que rejeter les gesticulations, lourdes de conséquences, des politiciens de l’écologie. Ils soutiennent, comme Bové au Parlement européen, fanatiquement l’UE du capital mais espèrent engranger un peu de la colère que ses dégâts suscitent. La dernière en date : Les députés EELV viennent de voter comme un seul homme le principe de la privatisation des barrages dans le projet de loi en cours d’examen dit de « transition énergétique »…

Pour nombre de politiciens opportunistes, « l’écologie », érigée en question indépendante du système, est devenue le tremplin de leurs ambitions. Mélenchon s’est précipité dans le Tarn. Ségolène Royal, ministre, distille ses positions critiques, espérant tirer son épingle du jeu. A droite, Borloo, maintenant reconverti, était sur le même terrain. Dans le Tarn comme ailleurs, les lobbys du « capitalisme vert » sont impliqués.

Aux militants écologistes sincères présents dans le Tarn, nous proposons de combattre ensemble la politique de l’Union européenne, de la concurrence « libre et non faussée » mondiale, de ceux qui spéculent sur la nourriture, et des politiciens qui les relaient en France en écrasant les paysans.

Aux agitateurs mouvementistes, même ceux qui se disent « d’extrême-gauche », aux touristes politiques en mal de ruralité, nous n’avons rien à dire.

Aux politiciens qui exploitent le filon de l’écologie, nous disons à propos du barrage de Sivens : « un peu de retenue maintenant ! ».

3-      Nous prenons extrêmement garde aux dangereuses instrumentalisations de la mort de Rémi Fraisse. Nous exigeons toute la lumière sur les circonstances de son décès.

Elle est assez dramatique en elle-même, elle pose suffisamment de questions pour ne pas être amalgamée, sans réflexion, à d’autres événements historiques.

A nos camarades et amis qui sont tentés de faire le rapprochement avec, par exemple, le tabassage à mort en 1987 de Malik Oussékine par les sinistres « voltigeurs motocyclistes » de la police, ou les crimes racistes de la police américaine, nous disons que le cas de Sivens ne peut pas et ne doit pas y être assimilé.

Rien ne permet davantage de mettre en parallèle la mort de Rémi Fraisse, comme on peut le lire ici ou là, avec les crimes d’Etat du 17 octobre 1961 ou du 8 février 1962 à Charonne, perpétrés par la police gaulliste pour limiter dans la classe ouvrière française l’impact émancipateur de la défaite devenue inéluctable du colonialisme en Algérie.

Nous alertons sur le danger qu’il y a à dévaloriser ainsi le poids de la commémoration de ces événements historiques.

Oui, il faut rechercher pourquoi Rémi Fraisse a été tué par une grenade lancée par les forces publiques, les causes immédiates comme les causes profondes!

Pour l’instant, on sait qu’il s’est retrouvé au milieu d’un affrontement dur entre gendarmes d’un côté et de l’autre des groupes masqués ultraviolents qui ont investi depuis plusieurs semaines la zone du barrage.

Pourquoi les autorités ont-elles laissé les gendarmes s’affronter à cette heure tardive avec eux alors qu’ils n’avaient – semble-t-il – plus rien à protéger ? En aucun cas la situation ne nécessitait d’utiliser des grenades offensives ou des flash-ball. Il existe des moyens mois dangereux de maîtriser une manifestation qui dégénère.

Mais, par ailleurs, qui anime les groupes d’extrémistes (que nous ne qualifions pas « d’extrême-gauche »,) parfois appelés « Black blocks », qui ont déjà fait dégénérer des manifestations et saccagé des villes comme Strasbourg, Poitiers ou Nantes ? Dans le Tarn – tous les militants sincères de part et d’autre dénoncent leurs agissements: certains éléments sont allés menacer physiquement les agriculteurs partisans du projet. Qui sont leurs commanditaires ?

On ne connaît que trop la capacité du régime à entretenir des provocateurs professionnels et à les faire intervenir notamment dans les mouvements de jeunesse, en complément de la violence policière.

Oui, ces questions nécessitent une réponse.

4-      Dans l’immédiat, analysons à qui profitent la poussée de violence, les actes nihilistes, stupides ou dangereux, spontanés ou calculés, provoqués depuis la mort de Rémi Fraisse dans plusieurs villes, à qui profiterait un plus large embrasement national.

Certains misent sur l’émotion, sur le rejet de l’oppression policière vécue, pour déclencher un mouvement de protestation local et même national, notamment dans la jeunesse, révoltée par la mal-vie et l’absence de perspectives sociales. Au-delà, suivant l’exemple des groupes violents de la zone de Sivens, certains tentent d’entraîner à des violences urbaines comme déjà dans les villes du Tarn mais aussi à Nantes, Rennes ou Saint-Denis, dans le souvenir de l’embrasement des banlieues en 2005.

Ces mouvements, sans organisation, ne portent pas de revendications concrètes, pas même celle de la défense des zones humides de la vallée du Testet, si éloignée des réalités des manifestants, et surtout pas de revendications sociales et politiques. Ils laissent toute la place aux provocateurs de toute espèce. Rapidement, le mode d’action est la violence – contre la violence policière – et elle tient lieu de cause au mouvement.

On ne voit que trop évidemment qui tire le profit politique principal de tels événements, à commencer déjà dans le Tarn. Ils jettent les populations, les travailleurs dans les bras du parti de l’ordre, des partis politiques, y compris les plus dangereux, qui s’en réclament, des tenants du système. En contrepoint des politiciens écologistes, Valls adopte la posture de la fermeté. Le FN est aux aguets.

Communistes, il n’y a pas lieu pour nous d’exagérer les risques d’embrasement. Mais il y a lieu de travailler à éviter les diversions, y compris les pires, auxquelles le système sait si bien recourir. La violence policière, les provocateurs sont des outils à la disposition du système mais c’est le système lui-même que nous combattons.

Promouvons les luttes sociales et politiques ! Lors de la grève des cheminots en juin, Valls était à deux doigts de lancer les CRS et la police.

Dans l’affaire du barrage de Sivens, contribuons à éteindre les braises, à trouver les solutions politiques  locales les plus équilibrées. Prévenons toutes les provocations, d’où qu’elles viennent !      

Flux RSS de Vive le PCF