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« Consultation » des communistes du 18 juin: « non au Front de gauche qui pulvérise nos forces vives ». Section de Jarny (54)

ASSEMBLEE GENERALE DU 18 juin 2012 à 18 h

avec CONSULTATION DES COMMUNISTES

 

31 camarades de la section du Parti Communiste du Jarnisy en Meurthe et Moselle se sont réunis en assemblée extraordinaire pour répondre aux questions posées par le Conseil national de notre parti.

Après un large débat sur les orientations du conseil national et du rapport de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF qui suivent immédiatement les élections législatives, il en ressort que la stratégie Front de Gauche, ce cheval de Troie, pulvérise de l’intérieur nos forces vives. Il ne satisfait que les ambitions personnelles malgré les échecs successifs à chaque élection (pertes de représentation aux régionales, cantonales, sénatoriales, législatives). La Direction nationale porte aujourd’hui l’entière responsabilité de ces échecs.

 

Cette volonté de rassemblement sans ivresse et sans excès, cette volonté de polir nos fondamentaux, est incompatible avec la lutte de classe et étouffe les ambitions de tout un peuple. Une analyse critique des choix et orientations de ces 15 dernières années qui nous ont amenés aux résultats catastrophiques de ces législatives,  nous ont éloignés des victimes de la crise et de ces millions de salariés dans la désespérance.

Notre Parti a pour vocation, pour essence, la volonté de diriger à tous les niveaux de l’état, mais aujourd’hui les conditions ne sont pas réunies pour y participer et construire une gauche forte et puissante pour être utile à notre peuple.

 

La section PCF du Jarnisy considère par conséquent que cette consultation est une mascarade, que les conditions extrêmement contraignantes ne permettent pas de donner à tous les communistes, le recul nécessaire à la réflexion.

 

Cette consultation précipitée représente un déni de démocratie dans notre Parti.  Par leur vote les 31 camarades présents rejettent  à l’unanimité ce texte.

Il devient urgent de reconstruire le PCF.

 

Cela impose un congrès constructif à l’issue du débat lancé dans les semaines et les mois à venir. De là, émergera le projet communiste qui sera porté par ses militants

 

Pour rassembler le monde du travail et le mouvement social qui émerge dans les entreprises, les services publics, il lui faut un soutien sans faille et sans compromission de classe. Cela nécessite des communistes organisés et rassemblés sur un projet et une identité commune. Nous avons donc, en tant que communistes, un travail politique à mener. Nous devons être prêts à initier des luttes et à nous inscrire dans les mouvements sociaux qui ne manqueront pas à se développer dans l’avenir, et plus que jamais à diffuser les idées communistes dans le monde du travail.

Reste pour les communistes français une question d’actualité : comment poursuivre le combat révolutionnaire ?

Jean Baus

Secrétaire de section

Le rejet de la participation du PCF au gouvernement Ayrault ne peut pas être une décision tactique

Le second tour des élections législatives a strictement confirmé les tendances du premier. L’abstention atteint un nouveau record. La droite est sanctionnée après Sarkozy. Hollande et Ayrault bénéficient d’une majorité à gauche. L’extrême-droite continue à progresser dangereusement dans son rôle de fausse opposition au système. L’essoufflement du Front de gauche ramène le PCF à 7 députés, 2 apparentés (refondateurs) et le PG à 1 député.

 

Pour le PCF, c’est la plus faible représentation à l’Assemblée depuis 1920. Le Front de gauche n’a pas pu masquer le nouveau et grave recul du vote communiste. Cette stratégie, dans la poursuite des mutation, transformation du PCF etc. depuis 15 ans, effaçant l’organisation du Parti, alignant ses positions sur celle de la « gauche » donne les mêmes résultats, élection après élection.

Aujourd’hui, 18 juin 2012, le Conseil national du PCF se réunit avec un ordre du jour lapidaire : « Après les élections législatives, le positionnement et les engagements du PCF dans la nouvelle situation politique. » Aucun document portant une réflexion préalable n’a été mis en discussion des membres du CN, encore moins des communistes.

Pourtant, c’est entre aujourd’hui 18h00 et demain 20h00 que les adhérents du Parti seront consultés sur les conditions d’une éventuelle participation au gouvernement Ayrault.

Nous sommes quelques membres du Conseil national à demander avec insistance depuis des mois (voir les comptes rendus) que ce débat essentiel soit ouvert dans le Parti. C’est une orientation politique essentielle qui ne devait pas être esquivée devant les électeurs. Rappelons que les communistes ont été privés du congrès de 2011 qui aurait dû fixer un programme politique, comprenant les conditions d’une participation à une majorité de gauche plurielle.

La direction du Parti a refusé d’ouvrir le débat, arguant qu’il fallait attendre les législatives.

Le résultat n’était pourtant guère susceptible de changer fondamentalement l’orientation de Hollande et Ayrault ! L’échec historique du PCF, en termes d’élus, sanctionne, entre autres, ce refus de se positionner.

Avant les présidentielles, Mélenchon a pu se poser par sa grandiloquence et ses surenchères en critique de son parti d’origine le PS, bien que ses propositions et le programme « partagé » soient en réalité assez compatibles avec les premières orientations de Hollande.

Le soir du 1er tour, il se rallie « sans conditions » sur Hollande, au nom du Front de gauche, mais sans attendre l’avis des communistes ou des dirigeants du PCF. Objectivement, le Front de gauche a joué un rôle de rabatteur pour le PS.

Entre les présidentielles et les législatives, les dirigeants du PCF ont salué les premières mesures du nouveau gouvernement. Ils ont tendu des perches au PS, augmentation du SMIC, projet de loi sur les licenciements « boursiers », sur ce qui  pourrait représenter une inflexion à « gauche » de la politique de Hollande et une condition d’une entrée du PCF au gouvernement, comme Hollande et Ayrault le proposent.

Il est inacceptable que les communistes, en pleine campagne électorale, aient été réduits à conjecturer, d’après des interviews dans la presse, les intentions de la direction du Parti.

Nous sommes quelques uns au CN du 11 mai 2012 à avoir dénoncé les modalités de la consultation des communistes, sa précipitation. La direction s’est laissé toute latitude pour décider seule. Le principe d’organisation d’un vote n’avait même pas été retenu au CN. Le vote, sur un texte connu au dernier moment, n’a été décidé, sous la pression de la base, qu’ensuite.

On sait que la « Conférence nationale » qui se réunira mercredi pour ratifier la décision est structurellement représentative des directions du Parti.

Pour nous, le résultat des législatives ne changent rien. Mais il affaiblit la position de ceux qui voulaient justifier une participation au gouvernement par la possibilité de « tirer à gauche » le PS au Parlement. Ce n’est plus du tout crédible maintenant. Ce n’est pas le groupe au Sénat, octroyé par le PS, qui pourra peser…

La ligne, érigée en principe dans les années 90 avec la « Mutation », que les communistes sont plus efficaces dans les institutions, a été durement contredite par les faits entre 1997 et 2002, conduisant à l’affaiblissement que l’on sait. On pourrait étudier de même les résultats des participations aux exécutifs régionaux et départementaux PS. Plutôt que de tirer à gauche, le plus souvent, on donne une caution de gauche.

Certains se souviennent de la consultation des communistes de 1997 et de comment la direction d’alors a fait passer la participation au nom d’un accord « secret » avec Jospin qui aurait prévu l’augmentation de 8% du SMIC et l’arrêt des privatisations. Un mois plus tard France Télécom était partiellement privatisé avec l’appui des ministres communistes et le SMIC n’était revalorisé que de 4%.

Les communistes n’accepteront pas la même opération en 2012.

Pour nous, la question de la participation au gouvernement ne peut pas être une question tactique. La question n’est pas non plus de savoir comment le PCF peut soutenir le mieux la majorité, avec ou sans ministres. Mélenchon, ancien ministre, a déjà annoncé que lui-même et le PG refuseraient de participer au gouvernement Ayrault. Mais c’est pour mieux le soutenir de l’extérieur sur un positionnement gauchiste.

Pour nous, il est nécessaire de caractériser la politique de Hollande et ce n’est pas difficile. Le gouvernement mène et mènera une politique d’austérité au service du capital, sous l’égide de l’UE, donnant quelques gages très légers « à gauche », avant d’engager un virage encore plus antipopulaire.

L’heure est à préparer la riposte, lancer de grande campagnes de lutte, ce qui implique évidemment de ne pas participer au gouvernement, mais aussi de ne pas se ranger dans sa majorité.

Nous invitons les communistes à exprimer cette opinion lors de la consultation des 18 et 19 juin. Chacun appréciera si la déclaration qui va être présentée au CN d’aujourd’hui permettra de l’exprimer par un vote.

Robert Hue successeur, 10 ans après, de Mélenchon au gouvernement ?

Robert Hue devrait faire son entrée au gouvernement Ayrault lors du remaniement limité qui aura lieu ces prochains jours. Ce ne serait pas une surprise. Il s’est affiché comme l’un des plus francs soutiens de François Hollande depuis des mois.

Sa nomination attendue devait attendre les législatives dont le résultat allait fixer l’étendue de la caution « communiste » du gouvernement.

Réduit à 7 députés, la direction du PCF a découvert lundi 18 juin que les conditions n’étaient pas rassemblées pour y aller. Du côté des « ex », Patrick Braouezec (de la FASE – 2 députés rescapés) et Jean-Pierre Brard, tous les deux battus dans les circonscriptions dont ils étaient sortants, ne peuvent plus prétendre à rentrer au gouvernement.

Ne reste donc que Robert Hue.

Depuis 2009, il est à la tête d’une nouvelle formation politique groupusculaire, le « MUP », Mouvement unitaire pour le progrès. Mais il continue de se prétendre communiste et doit sa notoriété à son passé de secrétaire national du PCF de 1993 à 2001 (puis président du PCF jusqu’en 2003).

Le PS aide le MUP à avoir une existence minimale en termes d’élus et de moyens. Le successeur de Robert Hue comme maire de Montigny-lès-Cormeille, Jean-Noël Carpentier, vient d’être élu député du Val d’Oise. Il était soutenu par le PS au 1er tour. Le PS avait déjà octroyé au MUP quelques places de conseillers régionaux en 2011.

En revanche, Patrice Carvalho, qui vient de retrouver un siège de député dans l’Oise l’a été sous l’étiquette Front de gauche et non MUP. Il avait adhéré au mouvement de Robert Hue en 2009 puis figuré sur la liste PS aux régionales en Picardie (ni sur la liste Front de gauche, ni sur la liste communiste conduite par Maxime Gremetz). Mais il a choisi cette année de faire campagne pour Mélenchon au 1er tour et, dans sa circonscription, le PS a fini par désigner un candidat « divers gauche » à côté de lui.

On aurait tort de penser que Robert Hue et la direction du PCF n’ont plus du tout de rapport.

Jusqu’il y a quelques semaines, il était encore président de la fondation politique du PCF, la fondation « Gabriel Péri ». En septembre 2011, il était candidat désigné par le Front de gauche et le PCF sur la liste socialiste aux sénatoriales. Sa nomination au gouvernement fera d’ailleurs perdre un siège au groupe CRC-SPG au Sénat.

 

Robert Hue, Marie-George Buffet, Pierre Laurent ont initié ensemble le processus de « mutation » du Parti à partir de 1994 qui s’est poursuivi jusqu’aux transformations actuelles, en passant par la participation au gouvernement Jospin. Après l’effondrement électoral de 2002, la personne de Robert Hue a été disqualifiée, sinon sacrifiée. Après le 1,9% de Buffet en 2007, il a pu resurgir mais plus comme avant dans le PCF.

Buffet a été ministre entre 1997 et 2002. Sans doute au poste de ministre délégué à la formation professionnelle, occupé 10 ans auparavant par Mélenchon, Robert Hue le sera à partir de 2012.

A son tour de bénéficier de la récompense de son action politique !

Après les législatives, solder l’opération Front de gauche et remettre le PCF en situation d’élever la riposte à la politique du capital

Jean-Luc Mélenchon a joué. Il a perdu son pari politicien. Il va repartir du Pas-de-Calais comme il y est venu. Il pourra continuer à siéger au Parlement européen où le Front de gauche a assuré une reconversion à l’ancien sénateur PS.

A la fin du cycle électoral dans le Front de gauche, le PCF va se retrouver avec au mieux 7 députés (18 en 2007) qui ne pourront pas constituer de groupe à l’Assemblée nationale avec les 2 ou 3 refondateurs et PG en ballotage. Pour les militants communistes, ce résultat fait mal.

En 1958 aussi, notre parti n’avait eu que dix élus mais avec 20% des voix, 400.000 militants et une identité et une ligne claires… on en est très loin en 2012.

En 2012, il est temps de remettre en cause la stratégie suivie avec le Front de gauche, dans la suite des collectifs anti-libéraux, de la « mutation » du PCF depuis au moins le congrès de Martigues de 2000.

La base de l’existence du Front de gauche est, depuis sa constitution en 2008, avant tout électorale. Même sur ce plan, le résultat n’est pas concluant. Le soufflé médiatique, monté sur la personne de Mélenchon avant la présidentielle avait commencé à retomber le soir du 22 avril. Le 10 juin, malgré l’implantation des élus locaux communistes, le Front de gauche perd plus de la moitié des voix qui s’étaient portées sur lui et subit de lourdes pertes en particulier dans les secteurs traditionnels du vote communiste.

S’effacer dans le Front de gauche devait renforcer le PCF notamment en termes d’élus : c’est le contraire qui se produit après déjà l’effondrement dans les conseils régionaux.

Le résultat le plus marquant et inquiétant du 1er tour des élections législatives est le niveau inédit de l’abstention : 42,8%. Le Front de gauche n’a pas contribué à inverser la tendance lourde.

Pour une part, l’abstention aux législatives est certes due à l’aggravation de la présidentialisation du régime depuis l’avènement du quinquennat. L’élection présidentielle concentre et réduit tous les enjeux. Comment la direction du PCF (Hue-Buffet) a-t-elle pu en 2000 s’abstenir devant le projet Chirac/Jospin ? Le Front de gauche s’est malheureusement coulé dans ce système en personnifiant au maximum ses campagnes, même celle des législatives, derrière la figure de Mélenchon.

Mais le niveau de l’abstention s’explique aussi par l’absence de véritable alternative.

Pour beaucoup, la seule chose qu’il y avait à attendre des élections, c’était se débarrasser (ou non) de Sarkozy, sans illusions. C’est fait. Presque automatiquement  Hollande allait disposer d’une majorité parlementaire.  C’est quasiment fait.

Pour battre la droite, le vote Front de gauche n’est pas apparu utile, encore davantage après le désistement « sans conditions » du leader Mélenchon sur Hollande et les encouragements répétés des dirigeants du PG et du PCF aux premières mesures du gouvernement Ayrault.

Le Front de gauche a essayé de se poser comme meilleur rempart contre l’extrême-droite. Mélenchon a fait le calcul politicien de faire don de sa personne face à Marine Le Pen.

Les résultats dans le Pas-de-Calais le montrent gravement : Se servir de Le Pen comme faire-valoir est irresponsable. Elle sort archi-gagnante du « duel front contre front » et progresse d’encore 10% dans sa circonscription pour atteindre 42%.

S’il s’agit seulement d’empêcher le FN d’avoir des élus, le vote PS est plus efficace.

S’il s’agit de seulement d’exprimer un rejet du racisme anti-immigrés du FN et d’une bonne partie de la droite, le vote PS paraît aussi plus efficace. La perte de 5 sièges sur 8 en banlieue parisienne et du seul siège sortant en banlieue lyonnaise est particulièrement dure à encaisser, encore plus quand on songe à l’implication des militants communistes.

Pour démonter la démagogie « anti-système » de l’extrême droite, il y a besoin non d’un ex-cacique du PS qui se joue les Zorros mais d’une organisation militante ancrée dans le monde du travail, comme l’était et l’est encore un peu le PCF. Pour démonter la démagogie sociale de l’extrême droite, il y a besoin des positions de rupture que portait le PCF, notamment contre l’UE.

« Peser à gauche du PS », « tirer le PS à gauche » : cette perspective du Front de gauche n’a pas pris. L’expérience l’a toujours montré après 1981 ou 1997: ces formules se traduisent dans les faits par l’apport d’une caution de « gauche » à la politique de la social-démocratie.

Les jeux de scène et la grandiloquence du candidat avant la présidentielle ont pu masquer qu’il se contentait de surenchérir sur le programme de Hollande, contribuant à le présenter comme allant dans le bon sens. Depuis le 6 mai, il n’est plus possible de traiter Hollande de « capitaine de pédalo ». Sortant de l’Elysée le 5 juin, le toujours Maastrichien Mélenchon a souhaité que Hollande « puisse aller au bout de sa tentative de conciliation européenne »…

Actuellement, au moment où Hollande et Ayrault tentent d’incarner une gauche raisonnable, mais quand même la gauche, le système n’a pas besoin, en France d’un deuxième PS, d’une social-démocratie de substitution.

En revanche les travailleurs et le peuple vont avoir besoin de l’existence et du renforcement du parti communiste. C’est aussi l’attente qu’a traduite la sympathie réelle bien que limitée selon les couches de la population, envers le Front de gauche dans sa période d’essor médiatique.

Vraiment, il y a des choses qui ne peuvent plus durer dans notre Parti.

La direction a esquivé tous les débats de fond sur la stratégie du Front de gauche, écarté systématiquement les communistes de la décision. En 2008, le Front est créé en marge du 34ème congrès. Le principe des candidatures Front de gauche en 2012 est imposé lors d’un congrès non statutaire en juin 2010. Le congrès normal de 2011 a été annulé, empêchant une définition collective des axes de campagne. Le programme « partagé » est tombé, après coup, du ciel. Etc.

Il faut remettre les choses à plat et dès maintenant.

Bien sûr, notre première tâche est d’assurer la défaite de la droite.

Mais le débat sur la participation éventuelle au gouvernement ne peut pas se dérouler comme il est programmé, avec consultation des communistes en 24h chrono entre le lundi 18 juin à 18h00 et le mardi 19 à 18h00 avant que la direction décide seule en « conférence nationale ». Comme nous sommes plusieurs membres du Conseil national à le demander depuis des mois, le Comité exécutif ou même le secrétaire général doivent mettre en discussion d’urgence une orientation. Les résultats définitifs des législatives, prévisibles, ne changeraient aux données du débat. L’alternative ne peut pas se limiter non plus à une question tactique : comment le PCF soutiendrait le mieux la majorité, avec ou sans ministres. Il est nécessaire de caractériser la politique de Hollande.

Pour nous, le gouvernement mène et mènera une politique d’austérité au service du capital, sous l’égide de l’UE, donnant quelques gages très légers « à gauche », avant d’engager un virage encore plus antipopulaire. L’heure est à préparer la riposte, ce qui implique évidemment de ne pas participer au gouvernement, mais aussi de ne pas se ranger dans sa majorité.

Dans cet état d’esprit, nous proposons que le Parti lance de grandes campagnes d’action, sur les positions de rupture les plus rassembleuses. Il faut se sortir de la logique électorale permanente, sinon électoraliste, du Front de gauche. Depuis des mois, sinon des années, les réunions de direction nationale et locale sont obnubilées par les négociations, les calculs, les marchandages politiciens du Front de gauche pour les élections successives. On commence à voir que la forme de campagne superficielle du Front de gauche ne rencontre pas durablement l’aspiration au changement, ne donne pas les moyens de lutter.

Nous proposons des actions nationales pour la retraite à 60 ans, avec retour aux 37,5 annuités et rétablissement intégral du financement solidaire par la cotisation sociale, contre la mise en concurrence du rail, pour le retour de La Poste comme établissement publique détenteur du monopole public de distribution du courrier, une grande campagne sur les salaires articulant revendications pour le SMIC et pour une échelle mobile etc.

Contrairement au Front de gauche, tournons-nous vers les luttes !

Depuis des mois, nous demandons un débat de fond sur la rupture avec l’UE du capital et l’euro. Directions du Parti et Front de gauche ne répondent à rien mais se posent en défenseurs de l’euro réorienté. Les positions défendues par le PCF contre Maastricht et les Maastrichiens tels Fabius ou Mélenchon sont-elles dépassées ? Comme le refus de l’intégration dans l’Europe du capital ? Ce débat est urgent.

Tout cela pose la question de la poursuite de la stratégie du Front de gauche.  Sa faculté de rassemblement durable sur des objectifs de rupture est nulle, on le constate. Le projet de recomposition politique supplantant le PCF ne cesse de se confirmer comme son orientation réformiste et sa structure de parti électoraliste tourné vers les catégories moyennes « politisées ».

Le PCF ne pourra pas faire l’économie de ces discussions fondamentales dans les mois qui viennent sous peine – est-ce le choix de certains ? – que se poursuive le processus de disparition qui évacue le PCF de l’Assemblée nationale aujourd’hui.

Les grandes luttes qui se préparent vont avoir besoin des communistes ! Reprenons en main notre parti, le PCF !