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Inquiétante « Union sacrée » au Parlement pour la prolongation de la participation de la France à la nouvelle guerre américaine en Irak
Vivelepcf, 20 janvier 2015
Le 13 janvier 2015, le Parlement était convoqué pour valider la poursuite de l’intervention militaire française en Irak contre « l’Etat islamique Daech », dans le cadre d’une coalition d’Etats menée par les Etats-Unis.
Il ne s’est trouvé qu’un seul parlementaire pour voter contre. Il ne s’est pas trompé de bouton. Il a estimé publiquement, sur Europe 1, que l’intervention seulement aérienne n’était pas efficace dans le sens de l’objectif affiché, que la France n’avait pas (« plus ») la vocation et les moyens de jouer les gendarmes du monde, qui plus est derrière les Etats-Unis, que le climat politique suivant les attentats de Charlie-Hebdo n’avait pas de raison de lui faire changer d’avis par rapport à son expression en juillet.
Loin d’être un anti-impérialiste patenté, ce parlementaire est le député-maire UMP de Chartres. Sa lecture profonde des relations internationales est certainement éloignée de la nôtre mais il a eu le courage de voter contre et sa logique se défend.
Comment se sont prononcés les députés et sénateurs communistes, avec leurs amis du Front de gauche ? Ils se sont abstenus !
Nous faisons partie des communistes consternés par ce nouvel alignement des dirigeants et élus de notre parti sur l’idéologie dominante. D’un point de vue anti-impérialiste, rien, absolument rien, ne peut le justifier.
Les députés du Front de gauche ne pensent pas que la réaction de la France – « notre réaction » - doive « se résumer à une logique sécuritaire et guerrière », même si « face aux forces barbares, l’inaction ne peut être de mise ».
Non, au contraire de ce qu’a tenté d’expliquer, embarrassé dans les contradictions de son discours, le député Candelier, la logique militaire n’est pas insuffisante pour lutter contre l’Etat islamique. Elle n’est pas une partie de la solution, même pas une mauvaise solution : la guerre impérialiste a été et demeure la cause majeure du chaos politique et de l’émergence politique et militaire de forces fascistes « islamistes » en Irak, comme en Libye ou en Afghanistan et en Syrie, et, en premier lieu, de drames humains par centaines de milliers.
La nouvelle intervention de la coalition impérialiste ne vise qu’à rétablir un équilibre des forces dans ce chaos pour mieux le laisser perdurer.
D’un côté, elle soutient davantage les résidus de l’armée du gouvernement fantoche de Bagdad et les milices kurdes, elle bombarde les positions de certains fascistes islamistes qu’elle a financés et armés hier. Mais de l’autre, la coalition comprend, avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, leurs principaux souteneurs. Le régime fasciste « modéré » de Turquie, membre de l’OTAN, est de la partie officiellement mais continue de servir de base arrière à certains groupes islamistes et laisse écraser les résistances kurdes à sa frontière. Les mêmes puissances impérialistes continuent à travailler à la dislocation dramatique de l’Etat syrien en s’appuyant, là encore, sur des fascistes islamistes.
Cynisme et hypocrisie vont toujours de pair avec l’impérialisme. Entretenir, tout en combattant l’ennemi islamiste, présenté comme le mal absolu, fait partie de son calcul et légitime toutes ses politiques.
Le problème n’est pas davantage que les bombardements ne bénéficient pas de la caution de l’ONU parce que les logiques de puissances de la Russie et de la Chine ne sont pour l’instant pas compatibles avec celles des impérialistes occidentaux. Le démantèlement de la Libye en 2011 s’est bien effectué sous les auspices onusiennes. Au sein de l’OTAN, les impérialismes européens, et le Français en particulier, ne sauraient davantage être regardés comme plus vertueux que l’Américain.
Enfin le choc de l’attentat de Charlie-Hebdo ne peut en aucun justifier une acceptation de la guerre impérialiste. Tout au contraire, par ses destructions, son injustice fondamentale, celle-ci ne cesse de faire le lit du fascisme islamiste international, de son terrorisme et de nourrir sa propagande.
Oui, une autre politique de la France est possible qui contribue à la paix, au développement, à la restauration des droits humains élémentaires, à la stérilisation du terreau du fascisme islamiste !
Cette politique implique de rompre militairement, politiquement et économiquement avec les régimes du Golfe, de remettre en cause le régime turc. Elle nécessite de condamner les crimes de l’armée israélienne et non de faire défiler leurs instigateurs au premier rang de la manifestation des Charlie (à côté de responsables qataris et saoudiens…). Elle impose immédiatement l’arrêt des entreprises françaises de déstabilisation de la Syrie. Elle impose, après la participation tragique et lamentable à la guerre en Libye, maintenant au traitement de ses conséquences au Mali, l’arrêt de la participation française aux guerres impérialistes, la fermeture des bases extérieures, notamment aux Emirats, le retour de tous les soldats français au pays.
Peu avant la discussion et le vote, l’Assemblée nationale avait entonné la Marseillaise à l’unisson, pour la première fois depuis le 11 novembre 1918. Le pouvoir a voulu mettre en parallèle l’attentat, certes terrible de Charlie-Hebdo, avec la tragédie des 15 millions de morts de la Première guerre mondiale. Cette disproportion outrancière est extrêmement dangereuse, y compris pour l’analyse des enseignements de la guerre 14-18.
Les députés du Front de gauche n’ont pas osé, peut-être même pas imaginer, refuser de rentrer dans l’opération politique. Quelques dizaines de minutes plus tard, ils reproduisaient, en petit, la logique de la sinistre Union sacrée de 1914 pour la guerre, certes en s’abstenant là où pratiquement tous les députés de l’UMP, du PS, d’EELV et du FN votaient pour…
Mais quel symbole ! Quand le PCF est né du refus de l’Union sacrée !
Odieux attentat de Charlie-Hebdo : ne laissons pas l’émotion collective être détournée en « Union sacrée »
EDT pour Vivelepcf, 9 janvier 2015
L’assassinat d’au moins 12 personnes au siège de la rédaction du magazine Charlie-Hebdo suscite une horreur et une émotion générales, renforcées par la notoriété d’une partie des victimes. Nous les éprouvons profondément.
La condamnation de l’attentat est également générale dans les propos publics. Communistes, nous la portons aussi, comme nous dénonçons formellement l’attaque contre la liberté d’expression et la revendication obscurantiste des meurtriers. Le symbole de l’assassinat de ces journalistes et de ces dessinateurs, avec des victimes collatérales, pour blasphème, fait froid dans le dos.
Pour nous, le consensus public doit commencer et s’arrêter à ces réactions premières et essentielles. Dès à présent, les tentatives de récupération de l’émotion collective se multiplient. Elles ne sont pas qu’indécentes, elles sont dangereuses.
On saura peut-être un jour – ou non – les motivations personnelles profondes des deux meurtriers et de leur complice, leur niveau d’organisation.
Mais les effets recherchés de l’attentat sont évidents et commencent déjà se produire. Il vise à attiser les divisions, les tensions, les haines, les tendances au repli, dans la population suivant des identités supposées, voire recomposées. Depuis des mois, nous assistons, parallèlement, à une nouvelle surenchère raciste, entre discours identitaires qui s’alimentent, en France comme dans la plupart des pays d’Europe. C’est tout sauf une une coïncidence si l’attentat survient alors que des manifestations s’affichant hostiles aux Musulmans sont organisées et enflent toutes les semaines en Allemagne, qu’en France, les régurgitations haineuses de chroniqueurs et d’écrivains sont complaisamment mises en avant.
Il faut tout faire pour contrecarrer les objectifs et les conséquences recherchées de l’attentat. Plus que jamais, sur la base de la fraternité, à commencer par l’intérêt de classe commun entre travailleurs, notre priorité est de combattre toute forme de racisme et de xénophobie, sur les lieux de travail, dans les quartiers et campagnes, dans toute la société.
Les islamistes et les racistes jouent dans leurs tentatives d’embrigadement ou de développement de la haine du marqueur identitaire important que représente la religion musulmane pour une partie de leur cible. Nous refusons de tomber dans ce piège consistant à assimiler une population à une religion. Nous luttons, comme contre toutes les autres formes de racisme, contre le racisme dirigé contre les personnes supposées de religion musulmane, parce qu’elles sont originaires de pays où cette religion est dominante.
Après le terrible attentat, plus que jamais, nous dénonçons les amalgames entre les croyants musulmans et les obscurantistes intégristes, voire les terroristes qui se réclament de la même religion. Mais nous veillons à ne pas tomber dans le piège qui consiste à assimiler une population à une religion, aux réalités très diverses, que nous continuerons à critiquer comme toutes les autres, ainsi que leurs clergés et représentants (ce qui ne nous empêche en rien de nous adresser aux travailleurs croyants et d’en compter dans nos rangs).
Ces mouvements de haine, le fascisme islamiste, l’extrême-droite, les nouvelles formes de racisme se développent sur un terreau fertile, en France et dans le monde.
Ce terreau, c’est la détresse sociale croissante du monde du travail, de la crise du capitalisme dont le capitalisme lui fait payer les frais avec les politiques menées par les gouvernements successifs en France.
Ce terreau, c’est les politiques du capital et du patronat exploitant toutes les différences et appartenances pour mettre en concurrence les travailleurs les uns contre les autres, dans notre pays, comme au plan international. C’est celle de l’Union européenne qui casse les droits sociaux partout, mais notamment à l’est pour en faire un réservoir de main d’œuvre à vil prix, qui opère une sélection sordide, inhumaine, meurtrière au sud pour recruter des immigrés dans les pires conditions. Que d’hypocrisie, de discours ambigus, assimilant notamment immigration et chômage, immigration et insécurité, voire immigration et terrorisme chez les politiciens qui nous gouvernent, de droite ou de « gauche », tout prêts en même temps à flatter des lobbys électoraux religieux localement.
Ce terreau, c’est celui qu’enrichit l’impérialisme des Etats-Unis, de la France, qui fait, tour à tour voire en même temps, des mouvements islamistes dans le monde des complices, des alliés, des faire-valoir ou des repoussoirs pour ses agissements.
La comparaison entre l’attentat de Charlie-Hebdo et ceux du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis vient immédiatement. L’attentat de Charlie-Hebdo commence à être médiatisé comme un événement planétaire. Nous devons redouter des récupérations politiques de même nature de la part du système. Les messages d’Obama ou Cameron indiquent la voie que les Hollande, Sarkozy et autres sont tentés d’élargir encore. Au nom de la lutte contre le terrorisme, ils ne cessent de justifier les guerres impérialistes dans le monde, mais aussi insidieusement des formes de répression en France même. Cette tentation est constante. Dernièrement encore, avec un impact limité, le pouvoir a tenté d’utiliser l’assassinat atroce d’un alpiniste français hasardé dans des montagnes algériennes.
Qu’il est beau le bilan de leurs interventions en Afghanistan, Irak ou Libye, justifiées par le 11 septembre ? Le terrorisme impérialiste nourrit le terrorisme islamiste et inversement ! Aujourd’hui toujours, au Moyen-Orient ou en Afrique, les impérialismes américain et européens n’hésitent pas, avec leurs alliés, les dictatures islamistes obscurantistes du Golfe ou le régime islamiste turc, en tout cynisme, à alimenter et armer les pires groupes islamistes quand cela arrange leur intérêt à court terme pour mieux les combattre en croisade après…
Même sans fondement matériel, sans que les difficultés des uns et des autres soient assimilables, une transposition idéologique de ces guerres, de ces drames, des humiliations infligés à certains peuples, s’effectue en France. C’est une constatation.
Nous ne pouvons pas refuser les replis identitaires, dénoncer et combattre leurs expressions extrêmes, sans combattre les guerres impérialistes où la France est engagée ou complice qui tuent aussi des innocents et par milliers.
Après le terrible attentat de Charlie-Hebdo, nombre de politiciens, plus ou moins discrédités dans le pays, réagissent bruyamment et se précipitent pour afficher leur émotion, pour récupérer celle des autres. Il n’est pas question pour nous de rentrer dans la nouvelle « Union sacrée » à laquelle ils appellent, instrumentalisant à leur tour, à nouveau, le terrorisme.
Les multinationales de la communication arborent les mêmes identifiants que les politiciens de quasiment tous les bords, que les manifestants spontanés. Quel cynisme ! Au nom de la défense de la liberté d’expression, on impose une pensée unique, un embrigadement, on se prépare à utiliser l’émotion et la peur pour museler l’opinion, engager de nouvelles guerres, poursuivre la politique porteuse de destructions sociales, de recul démocratique, recherchant les divisions et la haine parmi les exploités.
Nous nous retrouvons humainement avec tous, peu importe leurs options politiques ou philosophiques, dans le choc et l’affliction causés par le drame de Charlie-Hebdo.
Mais, politiquement, face aux fascismes, l’expérience l’a montré, de vastes rassemblements consensuels, sur la base de sentiments ou de valeurs superficiels, manipulés par ceux dont la politique en fait le lit, se retournent contre la cause défendue.
Nous serons de ceux qui mèneront une lutte profonde et globale contre ce dont l’attentat de Charlie-Hebdo est un des plus sinistres symptômes.
Vœux de Hollande : un ton énergique pour mieux endormir !
Vivelepcf, 1er janvier 2015
Dans ses vœux pour la nouvelle année, le Président Hollande s’est voulu énergique, volontariste. Il a dénoncé le dénigrement de la France pour lui substituer un peu de vaine gloriole (« cinquième puissance du monde », « deux prix Nobel cette année »). Contrairement aux années précédentes, il n’a pas pleuré sur la crise internationale qui conditionnerait les choix nationaux. Changement de ton mais non de politique !
Mais pourtant rien ne va ! Hollande n’a pas pu complètement ignorer les difficultés quotidiennes croissantes du plus grand nombre. A nouveau, il a insisté sur sa priorité de réduire le chômage, qui est au plus haut. C’est à se demander si le gouvernement n’entretient pas un haut niveau de chômage pour mieux prétexter sa politique de casse sociale. Poser la question, c’est y répondre. Pas un mot de Hollande sur les salaires, les retraites et la chute du pouvoir d’achat.
Hollande s’est évertué à présenter la « réforme territoriale » et le « Pacte de responsabilité » comme des faits accomplis, dont il se prévaut. Il ne serait plus temps de contester le plus gros transfert – 41 milliards d’euros par an – jamais organisé des salaires et du salaire socialisé vers le patronat et le profit capitaliste. Il indique un chemin de repli à la « gauche » et aux syndicats : « aux entreprises maintenant d’embaucher et d’investir », c’est-à-dire négociez des contreparties au Pacte bien sûr sans le remettre en cause.
On a senti Hollande impatient d’ailleurs que le nouveau cycle de « négociations » pour la « modernisation du dialogue social » aboutisse pour plus et mieux de collaboration de classe.
Toujours rétrospectivement, au titre des « avancées sociales », Hollande a mis en avant le « compte pénibilité », pourtant illisible et qui entretient la pénibilité au travail plus qu’il ne la combat ou la compense, et les « jeunes professeurs mieux formés », mais beaucoup moins payés : ils apprécieront.
Ceci dit pour 2015, Hollande n’a quasiment rien annoncé de précis qui concrétise la nouvelle année de sacrifice promise l’avant-veille dans la presse espagnole par Manuel Valls. Il s’est étendu sur la fumeuse perspective de la conférence climat à Paris en décembre et a donné le nouveau débat sociétal de diversion de l’année : l’euthanasie.
Mais dans le domaine économique et social, il n’a insisté que sur le projet de loi Macron « sur l’économie » qui doit être discuté dans les prochaines semaines. Il a osé le présenter comme un « coup de jeune pour la société ».
La loi Macron, très disparate, dont la seule cohérence est la satisfaction des lobbys patronaux, apparaît de plus en plus autant comme un coup politique que comme une somme de mauvais coups économiques et sociaux. Communistes, il va de soi que nous en combattrons tous les aspects négatifs, dont l’extension du travail du dimanche, la remise en cause des prud’hommes, la privatisation des aéroports, l’extension des transports par car contre le chemin de fer etc.
Mais nous constatons aussi comment le débat public sur la Loi Macron commence à nourrir toute les confusions politiques dans l’opinion. Des corporations marquées à droite, soutenues par la droite (et l’extrême-droite), notaires ou huissiers, apparaissent en pointe. Cette partie du PS, « frondeurs » et Aubrystes, qui a laissé passer le Pacte de responsabilité et voté pour la casse de la SNCF, se refait une virginité en découvrant les vertus du repos dominical et retrouve Mélenchon et ses nouveaux amis « verts ».
Hollande sait ce qu’il fait. Plus que jamais, communistes, nous combattons toute la cohérence de la politique qu’il mène de la même façon que ses prédécesseurs. Nous ne confondrons pas le souci de rassemblement des travailleurs, de convergences avec la remise en selle d’une équipe social-démocrate de recours, avec les politiciens qui ont propagé des illusions avant 2012, qui se réfèrent encore au programme électoral de Hollande et qui adhèrent à la tromperie de l’Union européenne.
2015, pour le système, c’est déjà le dernier virage avant la ligne droite des élections présidentielles de 2017. L’omniprésence médiatique, même sur un mode mineur, du Président contribue à focaliser les esprits sur ce leurre institutionnel, comme la mise en scène des primaires à droite. Hollande a rappelé qu’il serait là « jusqu’au bout » levant toute hypothèse, improbable, d’élection anticipée. Dans ce cadre, à nouveau, il n’a pas manqué hier de raviver le rôle de repoussoir et de déversoir que le système assigne au FN et d’assimiler tout rejet de l’UE du capital au « populisme ».
Se voulant soucieux du chômage, Hollande a pourtant été muet sur la collaboration de son gouvernement à la casse industrielle du pays, dont après Arcelor-Florange, Alstom est peut-être le pire exemple, avec la scandaleuse opération Montebourg. Il a été muet sur les 8000 suppressions d’emplois à La Poste. Il s’est gardé de se vanter de la dissolution de la SNCF avec la « réforme ferroviaire » et de l’opposition déterminée qu’elle suscite. Qui ne dit mot entend continuer sur la même voie, même discrètement.
De même, on n’a rien entendu sur la Sécurité sociale pour 2015. Mais Hollande a présenté honteusement la fin de l’universalité des allocations familiales comme une mesure de justice sociale et s’est félicité de la suppression complète des cotisations sociales patronales pour les salaires au niveau du SMIC avec le « Pacte de responsabilité ». Cela donne une idée des politiques à venir.
La continuité marquera aussi en 2015 la politique étrangère de Hollande au service des impérialismes français, européens et américain. Hollande s’est lourdement réjoui dès le début de son intervention des « succès » de la diplomatie française en omettant cette année de rendre hommage aux soldats français morts. 2014 restera marqué par le soutien inconditionnel à la guerre et aux crimes israéliens à Gaza, au soutien à un coup d’Etat et à des fascistes en Ukraine, à des interventions sans fin en Afrique etc. Mais on continue…
Nous aussi, nous continuons ! La colère sociale gronde. Les luttes se multiplient. La résignation entretenue avec les désillusions d’après 2012 s’estompe. Tomber dans les pièges renvoyant à de nouvelles illusions en 2017, réformistes ou bien pire, fascistes, n’est pas une fatalité.
2015 peut et doit être l’année de grandes campagnes de lutte, précises et convergentes, pour la défense de la Sécurité sociale, des services publics, pour des nationalisations, contre l’alignement sur l’Union européenne, pour la paix, pour commencer à inverser la politique au service du capital. Sans oublier que le Président n’est qu’un rouage du système.
Ecrits xénophobes de Mélenchon : je demande à Pierre Laurent de couper tout contact entre le PCF et ce politicien dangereux
Emmanuel Dang Tran , transmis à Vivelepcf, 9 décembre 2014
Jean-Luc Mélenchon vient de qualifier, par écrit, à l’attention des médias, sa contradictrice dans l’émission de France 2 du jeudi 4 décembre, la politicienne de droite allemande, Ingeborg Grässle, de « caricature de boche de bande dessinée ».
Je suis outré. Mélenchon est coutumier de l’insulte, de l’injure publique, de la grossièreté. Mais là, il franchit un cap qu’aucun démocrate, aucun républicain et encore moins un communiste ne peut tolérer.
Pierre Laurent a eu raison de rappeler sur RTL dimanche 7 décembre, combien faisait partie des valeurs fondamentales des communistes le combat contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.
Je n’oblige personne à partager mon analyse que Mélenchon a servi et sert de faire valoir à Le Pen, en essayant de profiter de la poussée fasciste, organisée par le système, pour se faire une place au soleil politique, notamment en s’étant parachuté dans le Pas-de-Calais aux législatives, avec ses idées creuses.
Je n’oblige personne à faire le lien, même indirect, entre les péroraisons de Mélenchon, alors porte-parole du PS, en faveur de l’Europe de Maastricht, celle de la mise en concurrence des peuples les uns contre les autres et sa tentative de récupération, obscène, de l’exacerbation de la xénophobie qui en est résulté.
Mais j’appelle tous les démocrates, tous les républicains, et d’abord tous les communistes à condamner fermement les propos de Mélenchon.
Il ne s’agit pas d’un écart de fin de banquet. Mélenchon s’est suffisamment répandu auprès des journalistes sur sa recherche de la formule la plus dégoûtante et la plus opportuniste.
Oui, le politicard Mélenchon est dégoûtant. Il a toute sa place dans les émissions obscènes des télévisions privées de fin de soirée. Il n’a rien à voir avec le mouvement populaire anticapitaliste. Insignifiant en lui-même, il se complaît dans le second rôle malsain que lui confère le pouvoir.
Après cette outrance de trop, 100 ans après le déclenchement de la 1ère guerre mondiale, je demande à Pierre Laurent et à toute la direction du PCF de rompre toute relation avec Mélenchon.
A partir de demain, je cesserai de serrer la main aux quelques adhérents du Parti de « gauche » que je peux croiser, provisoirement pour ceux qui se sont égarés en quête d’une organisation de combat, définitivement pour ceux, opportunistes, dévoyés des écoles de l’UNEF et du PS, ou anarchistes de droite, qui ont misé sur leur pair, Mélenchon.
Je suis communiste, donc je combats la xénophobie et le populisme, donc je n’ai rien à faire d’autre avec Mélenchon que de le combattre en attendant que cette baudruche éclate. Communiste, je ne demande qu’à pouvoir l’ignorer, donc à ce que la direction du PCF le laisse déblatérer avec ses amis Dassault, Guaino ou Buisson.



