Brèves
Affaire Snowden: La France et le Portugal interdisent le survol de leur territoire par l’avion d’Evo Morales !
Affaire Snowden: La France et le Portugal interdisent le survol de leur territoire par l’avion d’Evo Morales !
Brève vivelepcf, 3 juillet 2013
Mardi 2 juillet 2013 au soir, le président bolivien Evo Morales rentrait du Forum des pays exportateurs de gaz à Moscou. Son avion devait effectuer une escale technique à Lisbonne.
Mais la France et le Portugal lui ont refusé le survol de leur territoire et il a dû finalement se poser d’urgence à Vienne en Autriche.
Pour quel motif ? Les autorités françaises et portugaises soupçonnaient le Président Morales de transporter dans sa soute l’informaticien Edward Snowden, pourchassé mondialement par les Etats-Unis pour avoir révélé certaines de leurs pratiques d’espionnage.
Le président et le gouvernement boliviens ont exprimé leur consternation et leur indignation devant cette « discrimination », cette violation du droit international, de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui a mis en danger la sécurité d’un chef d’Etat. Plusieurs pays d’Amérique latine se sont joints à cette protestation.
Ce nouvel épisode illustre le déballage d’hypocrisie, la grosse farce orchestré depuis l’éclatement de l’affaire Snowden.
Les puissances impérialistes s’espionnent les unes les autres : quelle révélation ! Les services secrets américains espionnent plus efficacement les pays d’Europe, que les leurs les Etats-Unis : quelle surprise !
En s’offusquant, les politiciens européens et notamment français (droit et gauche confondus) tentent lamentablement de créer un impossible réflexe de « nationalisme européen » derrière l’Union européenne, la Commission européenne.
Mais s’ils sont parfois rivaux, les impérialismes européens et américain savent se serrer les coudes, encore davantage contre des gouvernements à orientation anti-impérialiste comme celui de Bolivie. Et contre les travailleurs de leur propre pays !
Mélenchon parade à Toulouse mais évite soigneusement la « Fête de l’Huma » Haute-Garonne.
Article, vivelepcf, 1er juin 2013
A Toulouse ce 1er juin se déroulent deux manifestations politiques : la Fête de l’Huma 31 organisée par la fédération du PCF et une marche pour la « 6ème République » organisée par le Front de gauche.
Mélenchon a fait le déplacement pour conduire le défilé du Front de gauche, auquel appelle aussi la direction du PCF 31. Mais il a annoncé qu’il n’irait pas à la Fête du PCF parce qu’il n’y est « pas invité ».
On aurait pu imaginer que, même sans que le tapis rouge soit déroulé pour sa venue, Mélenchon aurait trouvé un intérêt à venir débattre avec la principale organisation du Front de gauche du département.
Ce n’est pas du tout son esprit.
Comme il le reconnaît à la Dépêche du Midi (édition du 1er juin), Mélenchon descend à Toulouse pour soutenir la candidature de son ami du PG, Jean-Christophe Sellin, aux municipales de 2014.
La divergence est profonde en termes de perspective électorale entre Sellin et les communistes de Haute-Garonne.
Sellin, conseiller municipal délégué sortant, élu sous l’étiquette PS en 2008, veut cette fois tirer une liste au 1er tour, autonome de celle du maire sortant PS, Pierre Cohen. Mélenchon confirme que ce sera le cas « en toute hypothèse ». Sellin juge le pari électoraliste avantageux. Il a entrepris des négociations avec EELV. Il entend porter les couleurs du Front de gauche.
Problème pour Sellin, les communistes toulousains font un autre choix. Ils considèrent que le bilan de l’exécutif de gauche derrière Pierre Cohen est positif. C’est le premier mandat d’une municipalité de gauche depuis des décennies. La droite, aux aguets, compte profiter du désaveu de la politique gouvernementale pour reprendre la mairie. Il y aurait des possibilités de continuer à tirer à gauche la politique municipale.
Cette stratégie est certainement discutable. Nous nous garderons bien de donner une position hors des réalités locales. Mais nous ne pouvons que comprendre et partager la colère des communistes de Haute-Garonne devant les manœuvres politiciennes du disciple de Mélenchon. Celui-ci en rajoute dans la Dépêche : « La plupart des composantes du FdG sont d’accord, exception faite, me dit-on, de la direction départementale du PCF. Mais il appartiendra à l’état-major national communiste de trancher ».
Quand il s’agit de plumer la volaille communiste, rien décidément ne retient Mélenchon, ni de mépriser la base communiste, ni de faire pression sur la direction, ni – on s’en souvient – de faire payer au PCF les 527.000 euros de dépassement de frais de sa campagne électorale des présidentielles.
On comprend mieux pourquoi Mélenchon ne se hasardera pas dans la zone des Argoulets où se passe la fête de l’Huma 31. Il ne tient pas à s’affronter à la colère des militants communistes, encore moins à ce que ses tensions avec le PCF dominent les comptes rendus de son expédition toulousaine.
Cela ferait mauvais effet pour le député européen, justement élu dans la région Sud-ouest. Il aura peut-être à nouveau besoin du soutien logistique des communistes locaux pour être réélu et poursuivre sa recomposition politicienne.
A la Dépêche du Midi, Mélenchon ne cache pas ce qu’il place sans sa « révolution citoyenne ». « L’expérience montre qu’il ne suffit pas de changer un gouvernement par un autre pour que ça change. Je suis républicain, je m’en remets au suffrage universel. Les élections européennes sont donc le prochain rendez-vous pour régler les problèmes ».
L’objectif de la « réplique du 5 mai » à Toulouse n’est donc rien d’autre que de préparer la campagne des élections européennes de juin 2014, notamment la réélection de Mélenchon dans le Sud-Ouest. Quant au 5 mai à la Bastille, sous la fumisterie de la 6ème République, il ne portait rien d’autre que cette perspective : une recomposition politique après 2014 avec un Montebourg ou Mélenchon comme premier ministre.
On est loin de la détresse et de la colère populaires, encore plus loin de la lutte des classes !
Mais d’outrance en outrance, y compris cette surenchère mortifère avec Marine Le Pen, la grenouille Mélenchon pourrait ne pas tarder à éclater et avec elle le Front de gauche.
Que restera-t-il alors du PCF ? Un héritier rachitique du Front de gauche poursuivant jusqu’au bout la stratégie de transformation en parti réformiste, pro-UE, de sa direction ? Un satellite résigné du PS, soignant quelques souvenirs historiques ?
Ni l’un, ni l’autre ! Un Parti communiste résolument ancré dans la lutte des classes ! En tout cas ce doit être notre combat plus que jamais ! Partout en France !
De « l’amnistie sociale » à la convergence des luttes contre la politique antisociale
Brève, vivelepcf, 16 mai 2013
Les atermoiements du gouvernement et du PS sur « l’amnistie sociale » ne doivent rien au hasard. Après l’avoir votée au Sénat, après avoir annoncé qu’ils ne la laisseraient pas passer à l’Assemblée, ils s’apprêtent à la « renvoyer en commission », c’est-à-dire à faire durer le débat public.
Cela permet au pouvoir de focaliser la question sociale et syndicale, le débat « à gauche », sur une question hautement symbolique mais qui ne lui coûte rien financièrement.
Cela permet aux médias et à la droite de mener une intense et honteuse campagne contre les militants syndicaux présentés comme « délinquants », au même titre que certains supporters du PSG ou certains de ceux de Frigide Barjot.
A nouveau, le pouvoir cherche à faire diversion et à empêcher les mobilisations convergentes nécessaires contre sa politique d’austérité.
Nous vous renvoyons vers notre article : « Amnistie sociale, le coup tordu du gouvernement »
L’importance d’intensifier la mobilisation pour la proposition de loi communiste d’amnistie sociale n’est que plus grande. Le rassemblement du 16 mai derrière l’Assemblée sera également fortement symbolique.
Le même jour sera examinée la proposition de loi sur les « licenciements boursiers ». Cela pourrait porter à confusion, d’autant, qu’a minima, le PS va déposer une proposition de loi sur la « reprise des sites rentables ». En lien, notre analyse sur le concept de « licenciement boursier » : « Licenciements « boursiers » : une notion indéfinissable et dangereuse ».
La mobilisation contre l’ANI, l’accord gouvernement-Medef-CFDT pour faciliter les licenciements, a amorcé une convergence de lutte contre l’austérité. L’ANI a certes été adopté par le Parlement. Mais on ne saisit pas bien pourquoi le nouveau secrétaire de la CGT Thierry Le Paon juge (Direct Matin du 29 avril) que la recherche de l’unité avec la CFDT devrait amener à dépasser cette question.
La mobilisation et le rassemblement des salariés pourraient continuer à s’amplifier contre l’ANI en y associant toutes les luttes et oppositions, contre la casse de l’industrie, les cadeaux au patronat au nom de la « compétitivité » dont le scandale des 20 milliards d’euros du « crédit d’impôt compétitivité ».
Les manifestations du 1er mai ont rassemblé 160.000 personnes – 100.000 selon la police -. C’est moins qu’en 2012, année électorale, mais plus qu’en 2011. Les militants ont exprimé la recherche d’une mobilisation et de luttes sociales convergentes.
C’est bien là que réside l’alternative politique réelle !
La bataille pour « l’amnistie sociale » entre, pour nous, dans ce combat général.
Essai raté de tir de missile : 120 millions d’euros à l’eau !
Brève pour vivelepcf.fr, 10 mai 2013
Au large du Finistère, le 5 mai dernier, des dizaines de milliers de personnes ont pu assister à une scène spectaculaire : le ratage d’un lancement de missile.
Lancé depuis le sous-marin nucléaire le « Vigilant », le missile s’est désintégré aussitôt sur les côtes bretonnes alors qu’il était censé parcourir 4.000 km au-dessus de l’Atlantique. Plus de peur que de mal ! Encore heureux, le missile n’était pas chargé – c’était un essai. Pas de victime. Mais depuis, une zone maritime de 1100 km2 est tout de même interdite à la pêche.
Mais ce ratage a surtout mis en lumière le scandale des dépenses militaires nucléaires.
Le missile de « nouvelle génération », M51, coûte 120 millions d’euros à la collectivité : 120 millions à l’eau ! Et sinon 120 millions pour faire quoi faire ? Pour porter une charge nucléaire équivalente à 60 fois Hiroshima ! Et le missile désintégré a et aura des petits frères.
Le programme « M51 » va coûter au pays, au minimum officiellement, 8 milliards d’euros d’ici 2018 dont 6,9 pour les missiles et 1,1 pour l’adaptation des sous-marins lanceurs. A chaque tir raté, la note sera-t-elle alourdie aux dépens des contribuables, au profit des marchands d’armes ? Chaque année, le programme nucléaire militaire français plombe les finances publiques de 3,5 milliards d’euros.
120 millions d’euros, une seule bombe, c’est par exemple ce qui manque au bon fonctionnement annuel des hôpitaux d’Ile-de-France.
Le groupe multinational EADS est producteur via sa filiale Astrium de ces missiles. Ses actionnaires se partageront cette année 500 millions d’euros de dividendes.
Gaspillage, pillage, danger pour l’Humanité : quand mettrons-nous un terme au scandale cynique de la « dissuasion nucléaire » ?
A peine élu en 2012, Hollande, à bord du sous-main « terrible », a réaffirmé les engagements de Sarkozy : maintien intact des budgets consacrés à l’arme atomique, poursuite de tous les programmes en cours, dans le cadre d’une intégration de plus en plus poussée dans l’Europe de la guerre et dans les programmes de l’OTAN. Celui qui ne nous cesse de parler de « déficit public », de « réduction des dépenses » sanctuarise les dépenses les plus inutiles et dangereuses.
N’attendons pas de riposte ou même contestation verbale, de droite évidemment, mais même de la plupart de la « gauche » qui a soutenu Hollande. Les soi-disant « écologistes » sont beaucoup plus prompts à s’attaquer au nucléaire qui chauffe et éclaire notre vie quotidienne qu’à celui qui est conçu pour tuer. Le cocardier Mélenchon s’oppose carrément à la remise en cause du nucléaire français et vante les industriels militaires tels Dassault.
Communistes, nous sommes clairs :
- Abolition mondiale de l’arme nucléaire !
- Désarmement nucléaire unilatéral immédiat de la France !
Entre les bombes et les hôpitaux, entre les profits des marchands de canons et l’école, entre la guerre et le développement, travailleurs, peuple de France, imposons notre intérêt !



