PCF : dans les fédérations

« Consultation » des communistes du 18 juin : refus d’une parodie de vote à la section de Saint-Quentin

Section PCF – Saint-Quentin

PROCES VERBAL DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU 18 JUIN 2012

29 présents- 8 excusés

 

En introduction, Corinne BECOURT, membre du Conseil National nous a fait le compte rendu du CN réuni le matin même et nous transmet le texte soumis au vote.

Un débat s’engage d’où il en ressort une certaine amertume des camarades. Ils déplorent la situation grave dans la quelle se trouve notre parti. Avec seulement 7 députés communistes et sans doute la fin du groupe communiste à l’Assemblée Nationale, cela confirme l’échec de la stratégie du Front de gauche. Ils dénoncent les stratégies politiques mortifères initiées en 2000 par Robert Hue et sa mutation, suivies par M.G Buffet dans la même lignée et confirmées par Pierre Laurent. Il est temps que tous les communistes ouvrent les yeux et reprennent en main leur Parti.

 

L’objectif de cette AG et de la consultation des communistes initiée par le CN du 11 mai 2012 avait initialement pour objet la question de la participation au gouvernement par le biais d’une question simple et claire.

Nous constatons que ce n’est plus le cas, le bulletin de vote devient un texte d’orientation du Parti sur des questions importantes qui ne peuvent être tranchées que par un congrès. De plus, un grand nombre de camarades ne pourront se prononcer avec le texte reçu à 15h ce 18 juin et devant être voté en 24H. Il est rappelé que tous les adhérents n’ont pas internet et que les animateurs de la section, en activité professionnelle, ne pourront pas faire la tournée des adhérents en 1 journée.

 

Concernant la partie du texte : « Nous estimons que les conditions de notre participation au gouvernement Ayrault ne sont pas réunies. Ce qui ne préjuge pas de l’avenir, nous restons disponibles au cas où elles se créeraient. »Les communistes de Saint-Quentin à l’unanimité affirment leur opposition à toute participation à un gouvernement social démocrate.

Concernant la partie du texte sur le Front de Gauche : «  Les résultats des campagnes électorales du Front de gauche, la mise en mouvement populaire et citoyenne qui les a portées, nous invitent à poursuivre et à amplifier la démarche engagée avec le Front de gauche. » et « à travailler à associer dans la durée toutes celles et ceux qui, non membres d’un des partis du Front de gauche, souhaitent en être des acteurs à part entière. » Les communistes de Saint-Quentin refusent que cette question soit réglée sans une réflexion approfondie et un débat avec l’ensemble des communistes.

 

Ils réaffirment :

- Que compte tenu de l’échec du Front de Gauche, en France et particulièrement dans l’Aisne et dans notre circonscription ou le candidat FDG fait moins que les candidats PCF en 2007, la question de la stratégie de notre parti doit être complètement revue et que la nécessité du Congrès s’impose.

- Que la phrase : « travailler à associer dans la durée toutes celles et ceux qui, non membres d’un des partis du Front de gauche, souhaitent en être des acteurs à part entière »  induit d’une façon ambiguë la possibilité d’adhérer directement au Front de Gauche, comme nouvelle structure, ce que les communistes avaient rejeté fortement à la Conférence nationale

 

Le « bulletin » de vote est piégé:

O  Si nous votons OUI, nous validons le « succès du fdg »

O  Si nous votons NON, notre vote pourrait être assimilé à un accord pour une participation au gouvernement.

 

Nous refusons donc de cautionner cette parodie de consultation.

 

POUR LE TEXTE : 1 VOIX

REFUS DE VOTE : 27 VOIX

ABSTENTION : 1 VOIX

NB : Les camarades n’ayant pas pu participer à cette AG, peuvent encore voter jusque demain 19h.

« Consultation » des communistes du 18 juin: « non au Front de gauche qui pulvérise nos forces vives ». Section de Jarny (54)

ASSEMBLEE GENERALE DU 18 juin 2012 à 18 h

avec CONSULTATION DES COMMUNISTES

 

31 camarades de la section du Parti Communiste du Jarnisy en Meurthe et Moselle se sont réunis en assemblée extraordinaire pour répondre aux questions posées par le Conseil national de notre parti.

Après un large débat sur les orientations du conseil national et du rapport de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF qui suivent immédiatement les élections législatives, il en ressort que la stratégie Front de Gauche, ce cheval de Troie, pulvérise de l’intérieur nos forces vives. Il ne satisfait que les ambitions personnelles malgré les échecs successifs à chaque élection (pertes de représentation aux régionales, cantonales, sénatoriales, législatives). La Direction nationale porte aujourd’hui l’entière responsabilité de ces échecs.

 

Cette volonté de rassemblement sans ivresse et sans excès, cette volonté de polir nos fondamentaux, est incompatible avec la lutte de classe et étouffe les ambitions de tout un peuple. Une analyse critique des choix et orientations de ces 15 dernières années qui nous ont amenés aux résultats catastrophiques de ces législatives,  nous ont éloignés des victimes de la crise et de ces millions de salariés dans la désespérance.

Notre Parti a pour vocation, pour essence, la volonté de diriger à tous les niveaux de l’état, mais aujourd’hui les conditions ne sont pas réunies pour y participer et construire une gauche forte et puissante pour être utile à notre peuple.

 

La section PCF du Jarnisy considère par conséquent que cette consultation est une mascarade, que les conditions extrêmement contraignantes ne permettent pas de donner à tous les communistes, le recul nécessaire à la réflexion.

 

Cette consultation précipitée représente un déni de démocratie dans notre Parti.  Par leur vote les 31 camarades présents rejettent  à l’unanimité ce texte.

Il devient urgent de reconstruire le PCF.

 

Cela impose un congrès constructif à l’issue du débat lancé dans les semaines et les mois à venir. De là, émergera le projet communiste qui sera porté par ses militants

 

Pour rassembler le monde du travail et le mouvement social qui émerge dans les entreprises, les services publics, il lui faut un soutien sans faille et sans compromission de classe. Cela nécessite des communistes organisés et rassemblés sur un projet et une identité commune. Nous avons donc, en tant que communistes, un travail politique à mener. Nous devons être prêts à initier des luttes et à nous inscrire dans les mouvements sociaux qui ne manqueront pas à se développer dans l’avenir, et plus que jamais à diffuser les idées communistes dans le monde du travail.

Reste pour les communistes français une question d’actualité : comment poursuivre le combat révolutionnaire ?

Jean Baus

Secrétaire de section

Le rejet de la participation du PCF au gouvernement Ayrault ne peut pas être une décision tactique

Le second tour des élections législatives a strictement confirmé les tendances du premier. L’abstention atteint un nouveau record. La droite est sanctionnée après Sarkozy. Hollande et Ayrault bénéficient d’une majorité à gauche. L’extrême-droite continue à progresser dangereusement dans son rôle de fausse opposition au système. L’essoufflement du Front de gauche ramène le PCF à 7 députés, 2 apparentés (refondateurs) et le PG à 1 député.

 

Pour le PCF, c’est la plus faible représentation à l’Assemblée depuis 1920. Le Front de gauche n’a pas pu masquer le nouveau et grave recul du vote communiste. Cette stratégie, dans la poursuite des mutation, transformation du PCF etc. depuis 15 ans, effaçant l’organisation du Parti, alignant ses positions sur celle de la « gauche » donne les mêmes résultats, élection après élection.

Aujourd’hui, 18 juin 2012, le Conseil national du PCF se réunit avec un ordre du jour lapidaire : « Après les élections législatives, le positionnement et les engagements du PCF dans la nouvelle situation politique. » Aucun document portant une réflexion préalable n’a été mis en discussion des membres du CN, encore moins des communistes.

Pourtant, c’est entre aujourd’hui 18h00 et demain 20h00 que les adhérents du Parti seront consultés sur les conditions d’une éventuelle participation au gouvernement Ayrault.

Nous sommes quelques membres du Conseil national à demander avec insistance depuis des mois (voir les comptes rendus) que ce débat essentiel soit ouvert dans le Parti. C’est une orientation politique essentielle qui ne devait pas être esquivée devant les électeurs. Rappelons que les communistes ont été privés du congrès de 2011 qui aurait dû fixer un programme politique, comprenant les conditions d’une participation à une majorité de gauche plurielle.

La direction du Parti a refusé d’ouvrir le débat, arguant qu’il fallait attendre les législatives.

Le résultat n’était pourtant guère susceptible de changer fondamentalement l’orientation de Hollande et Ayrault ! L’échec historique du PCF, en termes d’élus, sanctionne, entre autres, ce refus de se positionner.

Avant les présidentielles, Mélenchon a pu se poser par sa grandiloquence et ses surenchères en critique de son parti d’origine le PS, bien que ses propositions et le programme « partagé » soient en réalité assez compatibles avec les premières orientations de Hollande.

Le soir du 1er tour, il se rallie « sans conditions » sur Hollande, au nom du Front de gauche, mais sans attendre l’avis des communistes ou des dirigeants du PCF. Objectivement, le Front de gauche a joué un rôle de rabatteur pour le PS.

Entre les présidentielles et les législatives, les dirigeants du PCF ont salué les premières mesures du nouveau gouvernement. Ils ont tendu des perches au PS, augmentation du SMIC, projet de loi sur les licenciements « boursiers », sur ce qui  pourrait représenter une inflexion à « gauche » de la politique de Hollande et une condition d’une entrée du PCF au gouvernement, comme Hollande et Ayrault le proposent.

Il est inacceptable que les communistes, en pleine campagne électorale, aient été réduits à conjecturer, d’après des interviews dans la presse, les intentions de la direction du Parti.

Nous sommes quelques uns au CN du 11 mai 2012 à avoir dénoncé les modalités de la consultation des communistes, sa précipitation. La direction s’est laissé toute latitude pour décider seule. Le principe d’organisation d’un vote n’avait même pas été retenu au CN. Le vote, sur un texte connu au dernier moment, n’a été décidé, sous la pression de la base, qu’ensuite.

On sait que la « Conférence nationale » qui se réunira mercredi pour ratifier la décision est structurellement représentative des directions du Parti.

Pour nous, le résultat des législatives ne changent rien. Mais il affaiblit la position de ceux qui voulaient justifier une participation au gouvernement par la possibilité de « tirer à gauche » le PS au Parlement. Ce n’est plus du tout crédible maintenant. Ce n’est pas le groupe au Sénat, octroyé par le PS, qui pourra peser…

La ligne, érigée en principe dans les années 90 avec la « Mutation », que les communistes sont plus efficaces dans les institutions, a été durement contredite par les faits entre 1997 et 2002, conduisant à l’affaiblissement que l’on sait. On pourrait étudier de même les résultats des participations aux exécutifs régionaux et départementaux PS. Plutôt que de tirer à gauche, le plus souvent, on donne une caution de gauche.

Certains se souviennent de la consultation des communistes de 1997 et de comment la direction d’alors a fait passer la participation au nom d’un accord « secret » avec Jospin qui aurait prévu l’augmentation de 8% du SMIC et l’arrêt des privatisations. Un mois plus tard France Télécom était partiellement privatisé avec l’appui des ministres communistes et le SMIC n’était revalorisé que de 4%.

Les communistes n’accepteront pas la même opération en 2012.

Pour nous, la question de la participation au gouvernement ne peut pas être une question tactique. La question n’est pas non plus de savoir comment le PCF peut soutenir le mieux la majorité, avec ou sans ministres. Mélenchon, ancien ministre, a déjà annoncé que lui-même et le PG refuseraient de participer au gouvernement Ayrault. Mais c’est pour mieux le soutenir de l’extérieur sur un positionnement gauchiste.

Pour nous, il est nécessaire de caractériser la politique de Hollande et ce n’est pas difficile. Le gouvernement mène et mènera une politique d’austérité au service du capital, sous l’égide de l’UE, donnant quelques gages très légers « à gauche », avant d’engager un virage encore plus antipopulaire.

L’heure est à préparer la riposte, lancer de grande campagnes de lutte, ce qui implique évidemment de ne pas participer au gouvernement, mais aussi de ne pas se ranger dans sa majorité.

Nous invitons les communistes à exprimer cette opinion lors de la consultation des 18 et 19 juin. Chacun appréciera si la déclaration qui va être présentée au CN d’aujourd’hui permettra de l’exprimer par un vote.

Robert Hue successeur, 10 ans après, de Mélenchon au gouvernement ?

Robert Hue devrait faire son entrée au gouvernement Ayrault lors du remaniement limité qui aura lieu ces prochains jours. Ce ne serait pas une surprise. Il s’est affiché comme l’un des plus francs soutiens de François Hollande depuis des mois.

Sa nomination attendue devait attendre les législatives dont le résultat allait fixer l’étendue de la caution « communiste » du gouvernement.

Réduit à 7 députés, la direction du PCF a découvert lundi 18 juin que les conditions n’étaient pas rassemblées pour y aller. Du côté des « ex », Patrick Braouezec (de la FASE – 2 députés rescapés) et Jean-Pierre Brard, tous les deux battus dans les circonscriptions dont ils étaient sortants, ne peuvent plus prétendre à rentrer au gouvernement.

Ne reste donc que Robert Hue.

Depuis 2009, il est à la tête d’une nouvelle formation politique groupusculaire, le « MUP », Mouvement unitaire pour le progrès. Mais il continue de se prétendre communiste et doit sa notoriété à son passé de secrétaire national du PCF de 1993 à 2001 (puis président du PCF jusqu’en 2003).

Le PS aide le MUP à avoir une existence minimale en termes d’élus et de moyens. Le successeur de Robert Hue comme maire de Montigny-lès-Cormeille, Jean-Noël Carpentier, vient d’être élu député du Val d’Oise. Il était soutenu par le PS au 1er tour. Le PS avait déjà octroyé au MUP quelques places de conseillers régionaux en 2011.

En revanche, Patrice Carvalho, qui vient de retrouver un siège de député dans l’Oise l’a été sous l’étiquette Front de gauche et non MUP. Il avait adhéré au mouvement de Robert Hue en 2009 puis figuré sur la liste PS aux régionales en Picardie (ni sur la liste Front de gauche, ni sur la liste communiste conduite par Maxime Gremetz). Mais il a choisi cette année de faire campagne pour Mélenchon au 1er tour et, dans sa circonscription, le PS a fini par désigner un candidat « divers gauche » à côté de lui.

On aurait tort de penser que Robert Hue et la direction du PCF n’ont plus du tout de rapport.

Jusqu’il y a quelques semaines, il était encore président de la fondation politique du PCF, la fondation « Gabriel Péri ». En septembre 2011, il était candidat désigné par le Front de gauche et le PCF sur la liste socialiste aux sénatoriales. Sa nomination au gouvernement fera d’ailleurs perdre un siège au groupe CRC-SPG au Sénat.

 

Robert Hue, Marie-George Buffet, Pierre Laurent ont initié ensemble le processus de « mutation » du Parti à partir de 1994 qui s’est poursuivi jusqu’aux transformations actuelles, en passant par la participation au gouvernement Jospin. Après l’effondrement électoral de 2002, la personne de Robert Hue a été disqualifiée, sinon sacrifiée. Après le 1,9% de Buffet en 2007, il a pu resurgir mais plus comme avant dans le PCF.

Buffet a été ministre entre 1997 et 2002. Sans doute au poste de ministre délégué à la formation professionnelle, occupé 10 ans auparavant par Mélenchon, Robert Hue le sera à partir de 2012.

A son tour de bénéficier de la récompense de son action politique !