PCF – Vie du Parti – CN
CN du PCF du 16 janvier 2013 – Corinne Bécourt s’oppose à la mainmise du FdG sur le Parti
Conseil national du PCF du 16 janvier 2013
Intervention de Corinne BECOURT, fédération de l’Aisne, en réaction aux explications de Pierre Laurent sur la coordination du Front de gauche
C’est inadmissible. Des instances du Front de gauche que nous ne connaissons pas, décident unilatéralement du contenu et de l’organisation d’une campagne politique nationale qui nous sont imposés. Pierre Laurent nous dit que c’est la « coordination nationale » dont il fait partie, nous ne savons pas avec qui.
Donc, la veille, hier, les groupes et personnalités du Front de gauche annoncent à la presse leur opération politique. Et le lendemain, les membres du Conseil national du PCF n’ont même pas le texte adopté!
Camarades, c’est ça le Front de gauche ! La forme – le coup de force – et le fond – le réformisme politicien – se rejoignent. Ils sont cohérents !
Les communistes sont mis à l’écart. Les propositions communistes de rupture sont effacées. Le Parti est mis sous tutelle des personnalités éminentes du Front, un niveau inaccessible pour les communistes.
36ème congrès du PCF – communiqué après le « vote » sur les motions
36ème congrès du PCF – La direction fait passer sa motion comme une formalité administrative. Mais le vrai débat ne pourra pas être évacué !
Communiqué des initiateurs du texte alternatif « Un parti résolument communiste dans l’affrontement de classe. Ni abandon, ni effacement », 16 décembre 2012
Les 14 et 15 décembre 2012, les communistes étaient appelés à voter pour choisir la motion qui servira de « base commune » pour le 36ème congrès du PCF, des 7 au 10 février.
Les résultats appellent une première constatation : le niveau extrêmement bas de la participation, malgré l’importance de l’enjeu. Il y aurait eu 34.000 votants officiellement, c’est-à-dire moins du quart des 140.000 adhérents revendiqués.
Autre constatation inquiétante : le nombre des « inscrits » n’atteint que 63.000. Moins d’un adhérent annoncé sur deux est reconnu comme cotisant. C’est 16.000 de moins que lors du même vote au dernier congrès statutaire de 2008. Les annonces sur le flux d’adhésion depuis le Front de gauche sont démenties par les chiffres de la direction eux-mêmes. En vérité, fédération, section par section, une nouvelle et grave étape dans la déstructuration des organisations militantes a été franchie.
La faiblesse de la participation traduit les dispositions prises par la direction sortante pour minimiser la portée du vote, esquiver les débats de fond, ficeler le 36ème congrès.
Le vote sur les motions est le seul moment où pouvait se tenir une réflexion et une expression nationales, collectives et contradictoires, sur le bilan et la poursuite de la stratégie d’effacement du PCF et de ses positions dans le Front de gauche. Rappelons que cette stratégie a été imposée unilatéralement depuis 2008, hors de tout congrès statutaire.
36ème congrès du PCF. 4 textes mais seulement 2 choix de stratégie
36ème congrès du PCF – 4 textes dont 3 textes « alternatifs » mais seulement deux choix : la suite de l’effacement du PCF dans l’opération Front de Gauche (texte de la direction et textes « alternatifs » n°1 & n°2), ou retour du PCF à sa raison d’être dans la lutte des classes (texte alternatif n° 3).
Vivelepcf, 4 décembre 2012
Lire la déclaration au format PDF
Le vote sur les « bases communes » pour le 36ème congrès du PCF s’effectue dans des conditions parfaitement antidémocratiques : quelques jours pour prendre connaissance, sans réunion, de textes représentant l’équivalent en volume de la Chartreuse de Parme de Stendhal… De nombreux communistes le dénoncent (voir lettre ouverte en lien).
Clairement, la direction du PCF choisit de fuir tout débat et bilan sur sa nouvelle tentative de transformation réformiste de notre Parti, suivant les épisodes de la « Mutation », du Congrès de Martigues, des collectifs antilibéraux : le Front de gauche.
Tous les moyens sont bons pour imposer aux communistes le Front de gauche, quitte à le parer de toutes les plus belles couleurs, sans retenue, du « Front populaire » (avec Mélenchon et le PG, la FASE et les Alternatifs !!!), à reprendre la bonne vieille méthode Coué, mais en évitant surtout la discussion contradictoire, la réflexion collective, l’analyse.
Rappelons brièvement quelques étapes précédentes de l’opération Front de gauche : le procédé est toujours le même.
- Fin 2008, alors que le 34ème congrès du PCF s’achève, la direction du PCF, en marge des communistes, noue le Front de gauche avec le tout récent transfuge du PS, Mélenchon. Le calcul prévu s’effectue : l’idée de « Front de luttes » est détournée en recomposition politicienne. On est dans la suite étroite des collectifs anti-libéraux, mais on évite soigneusement l’avis des communistes qui en 2006 avaient mis en échec une candidature « anti-libérale » (anti-communiste).
- En 2010, la direction du PCF met en place un « congrès » spécial, non statutaire – donc pas un congrès – pour faire avaliser les candidatures uniques Front de gauche en 2012, celle de Mélenchon évidemment en perspective pour les présidentielles. Ce « congrès » n’est pas statutaire : il n’y a pas de texte de résolution, encore moins de débat et de vote dans le Parti sur une base commune, sur les questions essentielles. D’élections en élections, avec des résultats pourtant décevants, la structuration du Front de gauche, supplantant le PCF, avance.
- En 2011, pour éviter le désaveu communiste de 2006/2007, la direction du PCF met en scène la désignation de Mélenchon, non sans difficultés et réticences. Les quasiment 12 mois de négociations bourbeuses pour les candidatures aux législatives – c’est surtout ça la réalité du « Front de gauche » – l’ont confirmé ensuite. Pour que Mélenchon soit adoubé, la direction a suscité une contre-candidature canalisant les communistes : celle d’André Chassaigne. Partisan de toujours de la « Mutation » et de la stratégie « Front de gauche », Chassaigne n’a pas cherché à se renier, seulement à apporter le contrepoint qui légitime la candidature Mélenchon. Il l’a déclaré lui-même, notamment lorsque, après avoir annoncé le contraire, il a dû maintenir sa candidature pour le vote final. La candidature de diversion, « identitaire », celle du controversé André Gerin est tombée d’elle-même dans le ralliement sans conditions à Chassaigne. Le maintien jusqu’au bout de la démarche portée par la candidature collective, sur le nom d’Emmanuel Dang Tran, a conduit à ces modifications du scénario initial.
L’organisation du 36ème congrès suit les mêmes méthodes. La réalité du Front de gauche et de ses conséquences graves (d’abord dans l’absence de construction de la contre-attaque à la politique du capital, partant des luttes – voir l’analyse portée, dans plusieurs parties par notre texte alternatif) ne doit surtout pas être discutée. La langue de bois se pare d’accents « New wave », « rock’n roll » ou bien de formules à prétention poétique : « rallumer les étoiles ». En termes plus crus mais exacts : un écran de fumée, voire, excusez-nous de l’expression, du « foutage de gueule ».
La multiplicité des « textes alternatifs » participe de cette confusion sur l’enjeu central. Canaliser les réticences des communistes au Front de de gauche de Mélenchon, sans remettre en cause la stratégie d’effacement de la direction du Parti, semble présenter un intérêt pour certains groupes. Nous disons cela en respectant ceux qui pensent – nous pensons que c’est un grave contresens – que la Front de gauche est une fatalité et que l’on pourrait défendre le Parti en acceptant ce cadre-là.
Allons vite sur le texte « alternatif » n° 2. 4 ans et demi après, le groupuscule, ouvertement trotskyste « La Riposte » (branche en France de « The Militant »), prétend « renouer avec le marxisme ». Elle n’a jamais rompu avec l’entrisme, d’abord et surtout au PS (son dirigeant Mr Oxley à la section PS anticommuniste d’Ivry), puis depuis quelques années dans les espaces que la direction du PCF lui laisse. Entrisme dans le PCF amène logiquement entrisme dans le Front de gauche, cet assemblage de groupes socio-démocrates et gauchistes représentant le milieu écologique naturel de « The militant ».
Le texte alternatif n°3 est porté, à regarder les noms de ses premiers signataires, à la fois par des groupuscules et des personnalités, des élus du PCF.
André Gerin soutient ce texte. Mais maintenant qu’il n’est plus député-maire, et au vu de ses connivences particulières avec la droite sur les questions de « l’identité nationale » et de l’immigration, il n’est plus mis en avant. Ses anciens adjoints de Vénissieux le remplacent. On retrouve aussi le groupuscule « Gauche communiste », partenaire régulier du PT-POI dont le leader Jean-Jacques Karman, ancré dans la démarche Front de gauche, a défendu la candidature comme tête de listes aux régionales de 2008 de … Patrice Braouezec. On retrouve encore le groupuscule « Réveil communiste » dans la personne d’une transfuge des Verts (si, si !!), évidemment intéressée au Front de gauche. Le texte bénéficie du soutien du secrétaire de la fédération du PCF Pas-de-Calais, Hervé Poly, mais sans sa signature officielle, après son rôle de suppléant remarqué de Mélenchon aux législatives à Hénin-Beaumont. La motion est particulièrement portée par notre ami, Paul Barbazange, de Béziers, porte-parole en 2006 du comité antilibéral pro-José Bové et maintenant à nouveau candidat du Front de gauche à la législative partielle dans la 6ème circonscription de l’Hérault…
Il coule de source que l’on ne peut apporter aucun crédit à la posture d’opposant (de confort), adoptée par certains signataires.
En ce qui nous concerne, nous sommes clairs dans nos positions et dans notre cohérence d’analyse et d’action.
Il y a un point de vue que nous ne partageons pas – pour nous, ce sont des illusions dangereuses – mais dont nous pouvons discuter : celle de la fatalité du Front de gauche, celle de la constitution d’un courant vaguement « identitaire » communiste dans le Front de gauche, alors que le Front de gauche poursuit précisément la destruction du PCF.
Mais il y a des postures opportunistes, à voile et à vapeur, que nous n’acceptons pas. On ne peut pas dire à certains qu’on est contre le Front de gauche, à d’autres qu’on veut créer un courant communiste dans le Front de gauche, aux troisièmes que l’on est dans le Front de gauche et dans le PCF juste pour des raisons tactiques, notamment pour négocier des places d’élu au Sénat ou dans les mairies.
Les dégâts de la « mutation » du PCF sont allés loin. La nécessité du Parti de classe et de masse est pourtant toujours aussi grande.
Même complètement faussée, pour cette raison même et la faiblesse qu’elle implique de ses instigateurs, l’étape du 36ème congrès doit être un moment de la réorganisation des communistes, de leur réappropriation de leur Parti. Il doit aussi être, malgré cette situation, un signal donné aux travailleurs et au peuple de France que des communistes, face à l’UE du capital, à la casse des acquis sociaux et démocratiques, des outils de la réponse aux besoins défendent et développent leur organisation dans une perspective révolutionnaire, le socialisme.
Notre texte « Un Parti résolument communiste dans l’affrontement de classe. Ni abandon, ni effacement » entend y contribuer.
Nous demandons le report du vote des adhérents sur les motions du 36ème congrès
Démocratie dans les partis : le PCF ne doit pas être un contre-exemple !
Lettre ouverte à Pierre Laurent et Jacques Chabalier, secrétaire national et responsable à « la vie du Parti », 3 décembre 2012
Lire le communiqué au format PDF
Nous demandons le report du vote des adhérents sur les motions du 36ème congrès.
Il a été programmé que les adhérents du PCF soient appelés à voter les 14 et 15 décembre 2012 pour choisir leur texte de « base commune » pour le 36ème congrès de leur Parti, qui doit avoir lieu en février 2013. Dans certaines fédérations, les opérations de vote par correspondance devraient commencer dès ce 5 décembre.
Pourtant à quelques journées de la consultation interne, aucun camarade n’a reçu les textes !
L’ensemble de ce que la direction du PCF doit envoyer s’étend sur 72 pages, au format A4, et représente de l’ordre de 600.000 signes typographiques, soit l’équivalent de la Chartreuse de Parme de Stendhal. Mais ce n’est pas un roman encore moins de la poésie!
Il est désormais matériellement et humainement impossible que les communistes prennent sérieusement connaissance des textes avant le scrutin. Il est maintenant exclu que puissent se dérouler des assemblées de section, même de fédération, pour échanger sur le contenu des textes sur la base d’avis éclairés.
Ces faits nous amènent à vous demander officiellement et publiquement de reporter le vote à après les fêtes de fin d’année. Nous savons que cela n’entraînera pas de frais ni de bouleversement de calendrier du congrès.
C’est la condition de la réflexion collective. Quel que soit leur état d’esprit, les communistes n’admettent pas d’être dépossédés du débat, vous devez le savoir.
Nous attirons donc votre attention sur les conséquences lourdes qu’aurait le maintien du vote dans de telles conditions antidémocratiques.
Nous vous rappelons qu’il s’agit du seul vote où les camarades pourront nationalement, dans une expression commune, se prononcer sur la prolongation de la stratégie du Front de gauche derrière Mélenchon. Le texte « Rallumons les Lumières de la direction sortante » et les textes alternatifs 1 et 2 y appellent. A l’opposé, le texte que nous avons signé, « Un Parti résolument communiste dans l’affrontement de classe ; ni abandon, ni effacement », propose une stratégie de rassemblement partant des luttes et de positions de rupture avec le système, la social-démocratie, l’Union européenne du capital.
Nous vous alertons sur les interprétations qui pourraient être données à l’organisation d’un vote précipité et de fait bouclé d’avance.
D’autres partis offrent aujourd’hui le spectacle lamentable de leur fonctionnement interne, du mépris de leurs adhérents. Certes, notre parti a malheureusement abandonné son principe d’organisation, le centralisme démocratique, qui amenait des dizaines de milliers de camarades pendant plusieurs mois à étudier et définir collectivement la politique de leur Parti depuis leur quartier, leur village, leur entreprise. Nous n’en sommes plus là. Mais maintenant, il serait vraiment très malvenu de prêter le flanc aux mêmes attaques que celles qui atteignent logiquement les partis bourgeois.
Cela ferait également mauvais effet, en interne, comme en externe, que la direction de notre parti passe pour incompétente, incapable d’organiser correctement son propre congrès. Déjà en interne, l’invalidation bureaucratique par le secteur « vie du Parti » dont tu es responsable, Jacques, de 160 signataires de notre texte alternatif, dont de nombreux vétérans, dont des camarades qui te renvoient la photocopie de leurs chèques de cotisation, dont une membre du Conseil national, crée déjà un profond malaise.
Soyons clairs ! Pour créer le Front de gauche en 2008 avec une fraction du PS, votre direction a court-circuité le 34ème congrès. Pour imposer les candidatures Front de gauche à la présidentielle, évidemment Mélenchon, et aux législatives, votre direction a mis en scène un congrès non-statutaire en 2010. 4,5 ans sans congrès statutaire, vous vous êtes mis hors des statuts du Parti. Maintenant, pour éviter tout débat sur le bilan du Front de gauche, sur l’alignement sur un Maastrichien, colporteur d’une illusoire Europe sociale, sur la poursuite de l’étouffement et de la dénaturation réformiste du PCF, vous feriez, vous faites, le choix d’anesthésier le débat du 36ème congrès du PCF. Alors que les luttes attendent des positions de rupture pour résister à la super-austérité de « gauche ».
Chers, camarades, nous attendons votre réponse à notre demande de report du vote des motions de congrès avec l’impatience qui correspond à l’urgence de la situation.
Nous avons en tête ce vers de Bertold Brecht : « Si le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». Avez-vous peur que le peuple communiste vote dans des conditions démocratiques ?
Fraternellement,
Jean Baus (54), secrétaire de la section de Jarny, fédération de Meurthe-et-Moselle,
Frédéric Bernabé (70), section de Vesoul, secrétaire de la fédération de la Haute-Saône, Conseil national,
Corinne Bécourt (02), section de Saint-Quentin, CD de la fédération de l’Aisne, Conseil national,
Jean Clavel (92), section de Malakoff, fédération des Hauts-de-Seine, soldat du refus en Algérie,
Joël Copin (62), section de Rouvroy, fédération du Pas-de-Calais, responsable pour Rouvroy d’une association nationale d’entraide et d’action sociale,
Emmanuel Dang Tran (75), secrétaire de la section de Paris 15, CD de Paris, Conseil national, responsable de la revue « Cahiers communistes »,
Fabienne Debeauvais (80), section d’Amiens, fédération de la Somme, Conseil national,
Claude Fainzang (75), section de Paris 19, CD de la fédération de Paris, conseil national,
Armelle Hervé (78), secrétaire de la section de Mantes-la-Jolie, CD de la fédération des Yvelines,
Eric Jalade (81), section de Castres, secrétaire de la fédération du Tarn, Conseil national,
Jean-François Larosière (59), section de Douai, CD de la fédération du Nord, responsable régional d’une association de solidarité avec le peuple palestinien,
Fabien Marion (13), section d’Aix-en-Provence, fédération des Bouches-du-Rhône,
Dominique Negri (38), secrétaire de la section de Saint-Martin-d’Hères, CD de la fédération de l’Isère, CN,
Michel Perrin (87), section Limoges-Cheminots, fédération de la Haute-Vienne, ancien secrétaire de la fédération,
Christian Tabaglio (54), section de Jarny, fédération de la Meurthe-et-Moselle, Conseil national,
Russell Yates (77), secrétaire de la section de Meaux,
Noël Zicchina (2A), section d’Ajaccio, CD de la fédération de Corse-du-Sud,
et plus de 450 communistes signataires du texte alternatif, de 57 fédérations différentes.


