Luttes
Contre les hausses de TVA : faire monter l’opposition de masse et non la court-circuiter !
La contestation de la politique que poursuit Hollande, après Sarkozy, ne cesse de monter. La perte de pouvoir d’achat est dure pour le plus grand nombre, intenable pour certains. La hausse des prélèvements, des impôts, en est un élément, largement rejeté. Des mouvements anti-fiscalistes, démagogiques, l’exploitent pour mieux détourner la colère populaire. L’agitation organisée contre l’écotaxe, impôt préparé par la droite, hypocrite et mal ficelé certes, mais à la charge du patronat, en est l’illustration.
Dans ce contexte, l’opposition aux hausses de TVA peut donner au mouvement une perspective de rupture avec cette politique, sur une question juste et rassembleuse. La TVA est l’impôt le plus injuste frappant davantage les plus pauvres. Ces nouvelles hausses pèseront lourd sur le budget des ménages. Elles servent à financer de nouveaux cadeaux scandaleux, le « crédit d’impôt compétitivité », au patronat. Qui plus est, les hausses de TVA prévues par Sarkozy, « la TVA sociale », avaient été condamnées par la « gauche » maintenant au pouvoir… La contradiction politique est tellement grosse que des voix commencent à s’élever, même chez les soutiens de Hollande.
Construire une mobilisation de masse contre ces nouvelles augmentations de TVA peut frapper au cœur la politique du pouvoir et commencer à le faire reculer.
Dans ce sens, des initiatives sont prises, depuis des semaines, par des organisations du PCF. Nous reproduisons ci-dessous et en lien un exemple de tract-pétition à destination des entreprises et des quartiers.
Jean-Luc Mélenchon a décidé de récupérer la question. Un matin à la radio, il convoque une manifestation sur le sujet. Comme à son habitude, il décide seul au nom de son « Front de gauche », mettant ses partenaires devant le fait accompli. Comme à son habitude, suivant ses conceptions politiciennes, il ignore la lutte.
Ne laissons pas l’opération politicienne court-circuiter la lutte ! Aucune organisation syndicale ne peut accepter de s’y associer. Elles le disent toutes, l’une après l’autre. Le rassemblement de Mélenchon n’est pas d’abord un rassemblement contre la TVA mais un rassemblement derrière Mélenchon. Le 5 mai dernier, il convoquait le pays pour entendre Eva Joly et pour l’écouter prétendre devenir premier ministre de Hollande ou ministre de Montebourg !
Les directions du PCF, insultées, méprisées par les quelques adeptes de Mélenchon, vont-elles encore se sentir obliger de jouer les « tour-opérators » pour amener de toute la France la claque à l’histrion ? Peu sûr!
Le résultat prévisible (prémédité ?), sera de casser dans l’œuf en le réduisant à cet enjeu politicien la campagne qui pourrait réellement commencer à mettre en échec la politique du gouvernement. Le « Front de gauche », c’est bien le contraire d’un mouvement de classe, d’un rassemblement populaire !
Ne laissons pas faire ! Face à cela, communistes, assumons notre raison d’être !
UN EXEMPLE DE TRACT PETITION:
PETITION au Président de la République. ANNULEZ LES AUGMENTATIONS DE TVA PREVUES AU 1er JANVIER 2014 !
L’augmentation des taux de TVA au 1er janvier, voulue par le gouvernement, dans la suite de son prédécesseur, est insupportable.
Elle est insupportable parce qu’elle va prélever 170 euros en moyenne sur chaque foyer, pour un total de 6,5 milliards d’euros par an.
Elle est insupportable parce que la TVA est un impôt profondément injuste. Frappant la consommation, elle frappe proportionnellement davantage les petits revenus. Les 10% de ménages les plus pauvres doivent y consacrer 11,5% de leurs revenus contre 5,9% pour les 10% de ménages les plus riches. Choix aggravant pour 2014, à côté de la hausse du taux normal de 19,6% à 20%, le pouvoir augmente le taux réduit de 7% à 10%. Or ce taux s’applique à des produits et services indispensables. Par exemple, les tarifs des transports en commun risquent d’augmenter encore de 3% (ou bien ce seront les investissements qui pâtiront).
La hausse de la TVA est insupportable parce qu’elle s’ajoute à toutes une série de nouvelles ponctions frappant les salariés et les retraités. Ils subissent de plein fouet l’augmentation de l’électricité de 5% en juillet, 50 euros en moyenne par foyer, suivant l’envolée des tarifs du gaz. Tout cela pour préparer la concurrence et la privatisation alors qu’EDF et GDF-Suez amassent les profits. Ils subissent l’augmentation prohibitive des loyers et de l’immobilier. 3 millions de ménages aux revenus modestes, de veuves et de veufs notamment, sont devenus, parfois lourdement, imposables sur le revenu depuis 2011 (à la suite du gel des barèmes et de l’extinction de la demi-part accordée pour avoir élevé des enfants). La liste des prélèvements est longue : chacun fait sa dure addition !
La hausse de la TVA pour 2014 est insupportable parce qu’elle ne contribue en rien aux dépenses publiques et sociale utiles. Au contraire, le budget 2014 d’austérité organise leur diminution. Les 6,5 milliards d’euros de TVA nouvelle vont aller gonfler les caisses du patronat, en étant affectés au « crédit d’impôt compétitivité » (CICE). Alors qu’il se plaint sans arrêt des déficits publics, le gouvernement les creuse en octroyant ce cadeau, d’un montant inédit depuis 15 ans, aux entreprises. Au titre du CICE, elles recevront du budget de l’Etat 10 milliards d’euros en 2014, 20 milliards en 2015. Ces sommes compenseront 4% puis 6% des salaires qu’elles versent (en dessous de 2000 euros net). En tant que consommateurs, les salariés et leurs parents vont rembourser une partie de leurs propres salaires à leur patron. Ce dispositif est scandaleux ! Les 180 milliards d’euros d’aides publiques versées par an aux entreprises ont fait la preuve de leur inefficacité pour l’emploi mais de leur faculté à gonfler les profits. L’Union européenne du capital applaudit l’initiative du gouvernement français. Travailleurs, révoltons-nous !
L’exaspération monte devant cette politique injuste qui accompagne la poussée du chômage, la montée des difficultés quotidiennes. Elle est attisée par les désillusions après les élections de 2012. La « gauche » au pouvoir s’applique à cultiver la résignation, à faire oublier les mobilisations exceptionnelles de 2010 pour les retraites, pour les services publics, à accompagner les plans de suppression d’emploi en faisant accepter le déclin de l’appareil productif. Sous Hollande et Ayrault, comme sous Sarkozy et Fillon, le patronat et le capital continuent de plus belle à utiliser leur propre crise pour accélérer la casse des acquis sociaux et démocratiques, renforcer l’exploitation, mettre en péril l’avenir de la réponse aux besoins du peuple. L’Union européenne et son instrument l’euro les y aident plus que jamais.
Dans le même temps, les tenants du système s’appliquent à détourner la colère populaire vers des batailles stériles pour les salariés (ex : contre l’écotaxe), vers des défouloirs électoraux aux perspectives étroitement politiciennes, vers l’extrême-droite, parti de la haine autant que de la bourgeoisie, repoussoir chargé de dévoyer les propositions de rupture, en particulier, en cette année d’élections européennes, avec l’UE et l’euro.
L’expérience le vérifie à nouveau : toute perspective de changement ne peut partir que des luttes et de leurs convergences sur des positions de rupture, à chaque niveau.
Des initiatives diverses se développent contre les hausses de TVA. Le PS de M. Hollande avait dénoncé la « TVA sociale » de Sarkozy mais il suit maintenant les pas. Cette bataille précise s’inscrit dans la contestation de l’ensemble de la politique du pouvoir.
Communistes du 15ème, nous mettons à votre disposition dans ce cadre, une pétition au Président de la République, dont nous remettrons des copies aux députés du 15ème.
PETITION AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE (copie à nos députés)
ANNULEZ LES AUGMENTATIONS DE TVA PREVUES POUR 2014!
M. le Président,
Considérant que les hausses de TVA que votre gouvernement a prévues pour 2014 vont peser très lourd sur notre vie, 170 euros en moyenne par foyer,
Considérant que la TVA est un impôt profondément injuste, frappant davantage les plus pauvres, que la hausse du taux réduit va notamment entraîner une hausse des prix de services essentiels comme les transports publics,
Considérant que salariés, retraités, jeunes, nous avons déjà été lourdement mis à contribution par des prélèvements nouveaux, des augmentations de tarifs publics etc.,
Considérant que ces hausses de TVA ne contribuent pas à soutenir des dépenses publiques et sociales utiles dans le budget 2014 mais à compenser de nouveaux cadeaux que vous avez consentis au patronat et qui creusent les déficits publics,
Vous rappelant que vous aviez dénoncé à juste titre les projets de TVA « sociale » de votre prédécesseur,
Nous vous demandons d’intervenir pour que le gouvernement retire son projet d’augmentation du taux normal de la TVA de 19,6 à 20% et du taux réduit de 7 à 10%.
Ecotaxe : Non à la récupération politique du patronat. De Bretagne comme d’ailleurs, monte l’exigence d’une riposte globale.
Ecotaxe : Un impôt mal taillé, une aubaine politique pour le patronat
Vivelepcf, 2 novembre 2013
Les patrons licencieurs de Bretagne ont trouvé la meilleure diversion possible pour détourner la colère des ouvriers, des paysans, de l’ensemble de la population : l’« éco »taxe.
L’écotaxe n’est pour rien dans les vagues de licenciements dans les usines agro-alimentaires, dans les difficultés des agriculteurs ou des pêcheurs. Et pour cause, elle n’a toujours pas été appliquée depuis son adoption par le gouvernement de droite !
Mais pour le patronat, la droite locale (un comble), rejoint par des organisations de collaboration de classe, l’écotaxe constitue le chiffon rouge idéal.
D’abord pour récupérer la colère contre le matraquage fiscal. (Lire la suite…)
Reprenons la bataille des retraites là où on l’a laissée en 2010
Contre l’ensemble de la politique antisociale de Hollande,
Reprenons la bataille des retraites là où on l’a laissée en 2010
Pcf paris 15, 26 août 2013
Pour sa « réforme » des retraites, le gouvernement a pris son temps. Pour mieux dire, il a ménagé ses effets. Quatre mois de préparation, de manipulation de l’opinion en soufflant le chaud et froid pour arriver au tiède. Dans quel but ? De plus en plus clairement : Entériner définitivement la loi Fillon et la loi Woerth-Sarkozy, éteindre le souvenir et l’actualité de la mobilisation massive de 2010. Le pouvoir voudrait que les manifestations du 10 septembre, huit jours avant la présentation de son projet de loi, rentrent dans une logique de cogestion de sa « réforme », de témoignage. Tout au contraire, elles peuvent et doivent marquer le début d’un mouvement de fond faisant aboutir les mobilisations de masse de 2010 contre Woerth et Sarkozy.
Plus personne ne se fait d’illusion sur un « changement » de politique avec Hollande. Il enfonce le pays dans l’austérité, sous l’égide du capital et de l’Union européenne. Le seul « changement » tient dans l’adoption d’une pédagogie lénifiante de l’impuissance et de la résignation. Le rejet de cette politique est massif mais le gouvernement est parvenu jusqu’à présent à suivre sa feuille de route.
Le plus gros cadeau au patronat depuis 15 ans, 20 milliards d’euros par an, le « Crédit d’impôt compétitivité » (CICE), payé par l’augmentation de l’impôt le plus injuste, la TVA, a été voté en catimini fin 2012, sans véritable opposition. 20 milliards, cela représente quatre fois le déficit de la branche vieillesse (retraites) de la Sécu en 2012. La loi pour faciliter les licenciements (ANI) a été facilement adoptée en avril grâce à la collaboration de la CFDT, malgré les quelques manifestations organisées sporadiquement (avant un début de réconciliation syndicale).
Mais la nouvelle phase de la casse du système de retraite pourrait être une autre affaire. Le pouvoir le sait. La défense des retraites a occasionné les plus grandes mobilisations des dix années de pouvoir de droite : en 2003 contre la loi Fillon, en 2007 les importantes grèves à la SNCF, à la RATP, à EDF et GDF contre la casse de leurs régimes, en 2010 les dix millions de manifestants, soutenus par plus de 70% de la population, contre Woerth et Sarkozy. (Lire la suite…)
De « l’amnistie sociale » à la convergence des luttes contre la politique antisociale
Brève, vivelepcf, 16 mai 2013
Les atermoiements du gouvernement et du PS sur « l’amnistie sociale » ne doivent rien au hasard. Après l’avoir votée au Sénat, après avoir annoncé qu’ils ne la laisseraient pas passer à l’Assemblée, ils s’apprêtent à la « renvoyer en commission », c’est-à-dire à faire durer le débat public.
Cela permet au pouvoir de focaliser la question sociale et syndicale, le débat « à gauche », sur une question hautement symbolique mais qui ne lui coûte rien financièrement.
Cela permet aux médias et à la droite de mener une intense et honteuse campagne contre les militants syndicaux présentés comme « délinquants », au même titre que certains supporters du PSG ou certains de ceux de Frigide Barjot.
A nouveau, le pouvoir cherche à faire diversion et à empêcher les mobilisations convergentes nécessaires contre sa politique d’austérité.
Nous vous renvoyons vers notre article : « Amnistie sociale, le coup tordu du gouvernement »
L’importance d’intensifier la mobilisation pour la proposition de loi communiste d’amnistie sociale n’est que plus grande. Le rassemblement du 16 mai derrière l’Assemblée sera également fortement symbolique.
Le même jour sera examinée la proposition de loi sur les « licenciements boursiers ». Cela pourrait porter à confusion, d’autant, qu’a minima, le PS va déposer une proposition de loi sur la « reprise des sites rentables ». En lien, notre analyse sur le concept de « licenciement boursier » : « Licenciements « boursiers » : une notion indéfinissable et dangereuse ».
La mobilisation contre l’ANI, l’accord gouvernement-Medef-CFDT pour faciliter les licenciements, a amorcé une convergence de lutte contre l’austérité. L’ANI a certes été adopté par le Parlement. Mais on ne saisit pas bien pourquoi le nouveau secrétaire de la CGT Thierry Le Paon juge (Direct Matin du 29 avril) que la recherche de l’unité avec la CFDT devrait amener à dépasser cette question.
La mobilisation et le rassemblement des salariés pourraient continuer à s’amplifier contre l’ANI en y associant toutes les luttes et oppositions, contre la casse de l’industrie, les cadeaux au patronat au nom de la « compétitivité » dont le scandale des 20 milliards d’euros du « crédit d’impôt compétitivité ».
Les manifestations du 1er mai ont rassemblé 160.000 personnes – 100.000 selon la police -. C’est moins qu’en 2012, année électorale, mais plus qu’en 2011. Les militants ont exprimé la recherche d’une mobilisation et de luttes sociales convergentes.
C’est bien là que réside l’alternative politique réelle !
La bataille pour « l’amnistie sociale » entre, pour nous, dans ce combat général.


