Politique
Pour Mélenchon, la guerre d’Algérie n’a été qu’une « guerre civile »
Vivelepcf, 12 avril 2013
En recourant à Mélenchon, la direction de notre parti, le PCF, en a fait, malgré nous (malgré elle ?) son porte-parole, le porte-parole du Front de gauche dans les media. C’est un fait. Est-ce une raison pour oblitérer toutes les positions douteuses du personnage, lambertiste et mitterrandien ? D’autant plus quand elles heurtent frontalement le cœur de notre engagement communiste ?
Mélenchon était en voyage à Alger et a tenu une conférence le 12 février 2013. Ses propos, relatés par plusieurs journaux algériens, dont Liberté, ont choqué les progressistes algériens comme ils nous choquent.
Mélenchon s’est solidarisé avec Hollande qui l’avait précédé en décembre pour faire des affaires pour le compte des multinationales françaises. A ce propos, il a déclaré : « La vie des nations est aussi faite de contrats. Si les Algériens ne sont pas contents des contrats, ils n’ont qu’à en signer avec d’autres pays ». On est loin des coopérations mutuellement avantageuses entre les peuples que, communistes, nous défendons. « Patriote », « républicain », Mélenchon défend la « patrie » des trusts à base française.
Interrogé sur la guerre au Mali, confirmant sa pratique du double discours, il refuse de qualifier « d’erreur » l’expédition militaire française.
Mais là où l’auditoire est tombé des nues, même le mieux intentionné à l’égard du patron du Front de gauche, abusivement présenté comme l’héritier des communistes, des anticolonialistes, c’est lorsque Mélenchon a commencé à exposer sa conception de la mémoire. Même si cela se discute, il a grossièrement rejeté le concept de « repentance ». Mais surtout, il a osé qualifier la guerre d’indépendance du peuple algérien, la Révolution algérienne, de « guerre civile ».
Son nationalisme « républicain » n’a décidément pas de limite de Dunkerque à Tamanrasset, de Mitterrand qui laissa guillotiner Audin à Sarkozy et Hollande avides de « contrats ».
Mélenchon, quand tu laisses aller ton franc-parler, vraiment, les communistes n’ont rien à faire avec toi !
Référendum en Alsace : un échec cinglant infligé à « l’Europe des régions » ! Une victoire pour les Alsaciens et tous les Français !
EDT pour Vivelepcf, 7 avril 2013
Jamais 2 sans 3 ! Après les Corses en juillet 2003, les Guadeloupéens et Martiniquais en décembre 2003, les Alsaciens ont refusé, par référendum, aujourd’hui de valider le projet de « Collectivité unique ». Ils ont notamment rejeté la disparition des assemblées départementales, à terme, des départements eux-mêmes du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.
Ce vote est d’une grande importance non seulement pour les Alsaciens mais pour tous les Français. Un nouveau cheval de Troie des forces décidées à démanteler les services publics nationaux, l’échelon démocratique national a été repoussé.
Une nouvelle tentative pour imposer l’Europe des régions, celle qui fait le jeu de l’UE du capital et des féodalités patronales locales, a été mise en échec.
Le désaveu frappe directement les forces politiques qui se sont regroupées derrière le Oui : UMP, PS, « verts », ces derniers se révélant plus que jamais être, en Alsace en tout cas, avant tout un lobby pro-UE bien plus que des « écologistes ». Soutenu par Sarkozy, le projet emmené par le président UMP de la Région et ex-ministre Philippe Richert a reçu également la bénédiction de Hollande. Le changement dans la continuité ! Flairant le scepticisme de la population, certains maires UMP ou PS se sont prudemment désolidarisés du oui avant les municipales, de même que les leaders locaux du FN qui ont changé d’avis en cours de campagne…
Les promoteurs du oui ont choisi la discrétion, le profil bas pour faire passer a minima leur « réforme ». 25% des inscrits suffisaient après les lois Raffarin, mais même ça ils ne l’auront eu ni dans le Haut-Rhin où le NON l’emporte, ni dans le Bas-Rhin. Ils ont joué le passage en douce dans l’indifférence ; ils ont rencontré la défiance dans le NON et l’abstention !
Le projet est resté soigneusement flou, les dispositions les plus importantes ont été reportées à l’après-adoption. La fin de l’échelon départemental n’a pas été évoquée explicitement. La campagne du OUI est restée au niveau superficiel de la méthode Coué.
Maintenant, les partisans du oui vont expliquer que le scrutin a été parasité par des débats nationaux, que les électeurs du NON ont été trompés, qu’ils se sont trompés de vote, que ce sont les moins éduqués etc. On connaît la musique depuis Maastricht.
La vérité est tout autre.
La défaite du « OUI », c’est la défaite infligée au processus de mise en concurrence des territoires en France et en Europe au profit des capitalistes, notamment les multinationales allemandes et suisses, enclins à placer l’Alsace sous leur tutelle comme réservoir de main-d’œuvre qualifiée ou à la reléguer comme zone résidentielle.
C’est une défaite infligée aux démolisseurs du service public qui s’apprêtaient à liquider des centaines d’emplois dans les services départementaux, demain dans les sous-préfectures et préfectures, et à liquider les droits qu’ils servent.
C’est une défaite infligée aux lobbys patronaux, nationalistes, particularistes et à certains lobbys cléricaux qui se sont investis dans la campagne du oui.
Ils voulaient faire de l’Alsace le laboratoire de la casse du cadre national, cadre historique de l’expression, des luttes et des conquêtes démocratiques et sociales des travailleurs de notre pays. Ils ont placé les Alsaciens à l’avant-garde des Français dans la résistance à « l’Europe des régions » et à l’Union européenne du capital.
Ce vote en Alsace sera un point d’appui important contre les lois à venir de « décentralisation » inspirées du même esprit destructeur.
Bravo à la campagne des communistes des fédérations du Bas-Rhin et du Haut-Rhin !
La majorité du Conseil général des Bouches-du-Rhône vote la prise en charge des frais de justice de Jean-Noël Guérini. Jusqu’où doit aller la solidarité des élus PCF ?
LA PRISE EN CHARGE DES FRAIS DE JUSTICE DE M. GUERINI PAR LE CONSEIL GENERAL QU’IL PRESIDE NE CONCERNE QUE SA DERNIERE MISE EN EXAMEN POUR LICENCIEMENT PRESUME ABUSIF D’UN COLLABORATEUR.
Brève, Vivelepcf, 4 avril 2013
Voilà de nombreuses années maintenant que le président PS du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, fait l’objet de mises en examen, soupçonné de diverses malversations, entre autres, d’avoir favorisé certaines entreprises en lien avec des milieux mafieux. Son immunité parlementaire a été levée. Il a été, à nouveau, placé en garde à vue cette semaine.
Arguant de la présomption d’innocence, Jean-Noël Guérini a décidé de rester à la tête de l’assemblée départementale. Il bénéficie du soutien de la plupart des élus PS qui l’ont reconduit à ce poste après les élections cantonales de 2011. Les conseillers généraux PCF-Front de gauche ont continué à faire le choix de participer à l’exécutif départemental, dans le cadre d’un accord avec le PS.
On comprend qu’ils assument, aujourd’hui comme hier, le bilan politique de l’équipe de Jean-Noël Guérini. Ce n’est pas l’objet de cet article d’en juger.
Mais cette solidarité « gouvernementale » doit-elle aller jusqu’à voter, à la séance du Conseil général du 29 mars 2013, la prise en charge des frais de justice de M. Guérini ? Les élus PCF se sont joints aux autres élus de la majorité, unanimes, sauf 3 abstentions PS.
Pourtant, M. Guérini est mis en examen en tant que personne, non en qualité de représentant de la collectivité départementale.
Il est soupçonné, entre autres, d’avoir détourné des procédures d’appel d’offres. Si cela finit par être avérés, les élus siégeant dans les commissions d’appel d’offres, doivent-ils se considérés solidaires du Président ? Doivent-ils se considérer complices ou victimes trompées ? La réponse logique tombe sous le sens.
Aussi, l’alignement des conseillers généraux PCF, dont les maires d’Arles et d’Aubagne, sur les amis de M. Guérini surprend et choque. Il peut laisser imaginer toutes sortes d’accords politiciens tacites, complètement étrangers à la raison d’être de notre Parti.
Dans le climat actuel de pourrissement médiatisé de la vie politicienne, faisant diversion quand les luttes se développent contre la politique d’austérité en faveur du patronat, ce vote risque d’être particulièrement préjudiciable à notre Parti et à son action.
Les communistes ont besoin d’explications.
Scandale Cahuzac : que la Justice juge les personnes ! Que les luttes mettent en échec leur politique d’injustice sociale !
Vivelecpf, 2 avril 2013
L’ex-ministre Jérôme Cahuzac a avoué publiquement aujourd’hui avoir menti au Président de la République, au Parlement et au peuple. Il cesse désormais de nier qu’il détient un compte à l’étranger. Il fait l’objet d’une mise en examen pour fraude fiscale et risque l’emprisonnement.
Ces faits sont graves, extrêmement choquants. Pendant des années, le président PS de la Commission des finances de l’Assemblée, puis le ministre du budget a donné des leçons d’austérité aux travailleurs, aux jeunes, aux retraités. Et il n’est pas capable lui-même de s’en tenir au respect des lois fiscales, pourtant déjà si scandaleusement favorables aux riches, qu’il a fait voter.
Les conséquences politiques sont lourdes. La colère contre l’injustice sociale risque d’être détournée encore davantage vers les règlements de comptes politiciens, les attaques personnelles, sur fond de « tous pourris ».
L’UMP saisit aussitôt la balle au bond. Elle veut faire oublier l’affaire Woerth, faire oublier qu’elle tente sans arrêt de faire passer des lois « d’amnistie fiscale » pour les exilés fraudeurs fiscaux (ses députés viennent encore de déposer une proposition de loi le 28 mars dernier dans ce sens !).
Sarkozy, objet lui-même d’une mise en examen étonnante pour « abus de faiblesse » sur son amie politique Mme Bettencourt, rit sous cape. Politiciens, démagogues et bateleurs, font leur beurre et fourbissent leurs coups et leurs insultes.
Que vérité éclate entièrement et que justice soit faite ! C’est tout ce que nous souhaitons dans le cas lamentable de M. Cahuzac, plus grand commis de l’industrie pharmaceutique que de l’Etat !
Mais la plupart de ses collègues, de droite ou de « gauche », s’en tiennent personnellement à la légalité pour mettre en œuvre leur politique de profonde injustice sociale envers le monde du travail.
C’est avant tout dans les luttes que nous la combattrons et la mettrons en échec, non dans les tribunaux, encore moins dans la vindicte publique.
Ne laissons pas les « affaires » détourner notre attention hors de cette seule perspective de changement politique : le renforcement du camp des travailleurs dans la lutte des classes, dès les semaines prochaines contre la casse industrielle, contre le démantèlement du code du travail, contre les 20 milliards d’euros de « Crédit d’impôt compétitivité » déplacés des poches des travailleurs vers les comptes des possédants, qu’ils soient situés en France ou à l’étranger.


