Vive le PCF
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36ème congrès du PCF – Texte alternatif – Résumé
Un parti résolument communiste dans l’affrontement de classe. Ni abandon, ni effacement!
Résumé pour le supplément « Communistes » de l’Huma. Le format et le nombre de premiers signataires ont été décidés unilatéralement par la direction du PCF.
Premiers signataires :
Jean Baus (54), ouvrier sidérurgiste, secrétaire de la section de Jarny, fédération de Meurthe-et-Moselle
Frédéric Bernabé (70), chauffagiste, section de Vesoul, secrétaire de la fédération de la Haute-Saône, Conseil national
Corinne Bécourt (02), travailleuse sociale, section de Saint-Quentin, CD de la fédération de l’Aisne, Conseil national
Jean Clavel (92), ouvrier métallurgiste, section de Malakoff, fédération des Hauts-de-Seine, soldat du refus en Algérie
Joël Copin (62), consultant, section de Rouvroy, fédération du Pas-de-Calais, responsable pour Rouvroy d’une association nationale d’entraide et d’action sociale
Emmanuel Dang Tran (75), secrétaire de la section de Paris 15, CD de la fédération de Paris, Conseil national, responsable de la revue « Cahiers communistes »
Fabienne Debeauvais (80), employée de l’automobile, section d’Amiens, fédération de la Somme, Conseil national
Claude Fainzang (75), enseignante, section de Paris 19, CD de la fédération de Paris, conseil national, responsable nationale d’une association de défense du droit au logement
Armelle Hervé (78), documentaliste, secrétaire de la section de Mantes-la-Jolie, CD de la fédération des Yvelines
Eric Jalade (81), enseignant, section de Castres, secrétaire de la fédération du Tarn, Conseil national
Jean-François Larosière (59), enseignant, section de Douai, CD de la fédération du Nord, responsable régional d’une association de solidarité avec le peuple palestinien
Fabien Marion (13), enseignant, section d’Aix-en-Provence, fédération des Bouches-du-Rhône
Dominique Negri (38), fonctionnaire, secrétaire de la section de Saint-Martin-d’Hères, CD de la fédération de l’Isère, Conseil national
Michel Perrin (87), cheminot, section Limoges-Cheminots, fédération de la Haute-Vienne, ancien secrétaire de la fédération
Christian Tabaglio (54), ouvrier chaudronnier, section de Jarny, fédération de la Meurthe-et-Moselle, Conseil national
Noël Zicchina (2A), agent EDF-GDF, section d’Ajaccio, CD de la fédération de Corse-du-Sud
RESUME DU TEXTE ALTERNATIF
Il est gravement illusoire de laisser croire que l’on pourrait humaniser la société sans rompre avec le capitalisme et l’exploitation de l’homme par l’homme. Le verbiage sociétal du texte «Rallumons les étoiles» esquive les vraies questions, le bilan depuis le congrès de 2008. Il se situe hors des conditions réelles de la lutte de classe en France dans la nouvelle phase de la crise globale du capitalisme (non du libéralisme ou de sa financiarisation).
Malgré un haut niveau de contestation populaire et de luttes (retraites, poste, industrie…), patronat et capital sont en état de programmer la super-austérité avec le nouveau gouvernement. L’idéologie dominante parvient à dévoyer la colère vers l’extrême-droite.
Le bilan du Front de gauche, stratégie imposée par la direction, est négatif; les espoirs placés par certains, par défaut, sont retombés. Le FdG a entravé les positions communistes de rupture qui auraient pu féconder les luttes. Il a rabattu sur les élections de 2012, cultivé des illusions sur l’alternance comme celle d’une renégociation possible du TSCG.
Alliance sans intérêt, il a mis le PCF sous la tutelle de socio-démocrates qui cachent mal sous les vociférations gauchistes leurs positions réformistes. Le vote communiste est dévalué. La moitié des élus régionaux et des députés PCF sont perdus. Une nouvelle organisation, occulte, supplante le Parti, composant une social-démocratie de secours, suivant le modèle du PGE. C’est bien un « mini congrès de Tours à l’envers » dans la suite du processus entamé avec la Mutation, Martigues, les collectifs antilibéraux.
Rompre avec cet effacement est une nécessité. Le PCF doit redevenir un parti communiste, un parti de classe. Internationaliste, il doit sortir du PGE, renouer avec des partis comme les PC grec et cubain.
Lançons de grandes campagnes nationales. Pour le financement solidaire de la Sécu, pour la sortie de l’OTAN, le retour des soldats expédiés hors de France. Loin des illusions réformistes sur «l’Europe sociale», reprenons nos positions historiques contre l’UE du capital et son arme: l’euro. Mesurant les attentes des luttes, nous proposons un appel au peuple de France pour un vaste programme de nationalisations démocratiques des secteurs clés de l’économie et de reconquête des grands services publics.
N’ayons pas peur de redonner son nom et son contenu à notre projet de société, à la rupture révolutionnaire qui est la raison d’être de notre parti, sur la base de sa théorie marxiste et léniniste, instruits des expériences du 20ème : Le socialisme au 21ème siècle!
36ème congrès du PCF – Texte alternatif – adresse au peuple de France
36ème congrès du PCF – Texte alternatif – « Un parti résolument communiste dans l’affrontement de classe. Ni abandon, ni effacement!
PARTIE VII
Proposition de campagne nationale du PCF
Pour la nationalisation des secteurs clefs de l’économie et la reconquête des grands services publics
Il ne se passe pas un jour sans que soient annoncés une fermeture d’usine et des centaines de suppressions d’emploi. Les patrons et les capitalistes français, aidés par les gouvernements successifs, l’UE et l’OMC, maximisent leurs profits en détruisant des pans entiers de l’appareil productif, des compétences, des capacités de notre économie à répondre aux besoins de notre peuple et aux besoins de coopération avec les autres peuples. L’industrie automobile et de la sidérurgie sont des exemples emblématiques de cette politique de casse comme de la montée des luttes pour s’y opposer.
Cette stratégie du capital n’est pas nouvelle mais il est en situation de l’aggraver. Il met en scène sa propre crise pour, au nom de la compétitivité, en connivence avec les pouvoirs de droite ou de « gauche », écraser les acquis sociaux, les conditions de travail et les salaires.
Les producteurs, notamment les agriculteurs, sont soumis à la pression de plus en plus insupportable des trusts de la grande distribution.
En s’appuyant sur les directives européennes, les gouvernants démantèlent les services publics, les livrent à la privatisation, à l’appétit des capitalistes. Ce pillage est devenu un de leurs principaux foyers de profit en France.
La crise de la dette et des déficits publics, creusés délibérément à leur profit, sert, avec l’euro, de prétexte à l’aggravation de cette politique. Les « marchés financiers » en seraient les commandeurs, abstraits et omnipotents, alors qu’ils ne sont rien d’autres que les capitalistes eux-mêmes à travers les banques et institutions financières privatisées.
Les politiciens qui se succèdent au pouvoir rivalisent d’hypocrisie devant les préoccupations des travailleurs. Ils adoptent la posture du « patriotisme économique », n’hésitent pas à conspuer en public les excès de la finance.
Mais, dans les faits, leur politique va toujours dans le même sens. Ils multiplient les aides publiques au patronat, mettent la pression sur les salariés, les retraités, les jeunes, attaquent la sécurité sociale et les statuts du travail, et accélèrent encore la marchandisation des services publics.
En fait de « solutions », ils s’efforcent d’éloigner les centres de décision de la souveraineté populaire en poussant l’intégration dans l’Union européenne du capital, si besoin au nom de la fiction de « l’Europe sociale ». Ils renforcent la mainmise du capital sur la politique monétaire avec l’euro, instrument de la mise en concurrence des peuples. Ils dénationalisent les services bancaires en les plaçant au niveau européen. Avec le TSCG, ils passent à une nouvelle étape dans l’intégration budgétaire, dans la mise sous tutelle des peuples.
Communistes, plus que jamais, nous pensons que l’heure est à proposer à tous ceux qui résistent, qui luttent, à tous ceux qui ont intérêt à combattre la politique du capital une perspective de rupture. Il n’y a plus de grain à moudre pour ceux qui voudraient aménager les ravages du capitalisme. Il faut des propositions de rupture à la hauteur de l’attaque antisociale, antiéconomique et antipopulaire.
Aussi, nous vous proposons de nous engager ensemble, travailleurs, militants syndicalistes, jeunes, retraités, en lien direct avec nos revendications immédiates et nos demandes d’interventions publiques en faveur du monde du travail, pour un vaste programme de nationalisations démocratiques, dans l’esprit de celles gagnées à la Libération.
Cela ne peut plus durer. Le peuple, les salariés, doivent prendre le contrôle des secteurs clefs de l’économie. Ceux-ci doivent être nationalisés ou renationalisés sans indemnités pour les gros actionnaires, gorgés d’aides publiques depuis tant d’années, voire par voie de réquisition. La lutte pour la nationalisation va de pair avec la lutte pour des droits nouveaux aux travailleurs.
Sidérurgie, industrie pharmaceutique, énergie, chimie, aéronautique, transports, industrie automobile, autoroutes font partie des secteurs prioritaires à remettre sous le contrôle de la Nation, débarrassés de l’intérêt des actionnaires, sur une autre plan, avec la grande distribution et le secteur financier.

Marcel Paul, ouvrier électricien, déporté-résistant, ministre communiste de la nationalisation de l’électricité et du gaz en 1946, grâce aux luttes impulsées par le PCF.
Les grands services publics historiques, les monopoles de fait, inscrits dans le préambule de la Constitution de 1946, doivent être renationalisés intégralement, leurs filiales réintégrées dans le secteur public, les statuts des personnels rétablis dans l’intérêt du développement de tout le pays, du développement des droits sociaux de tous.
Partout dans le monde, notamment en Amérique latine, les peuples qui s’émancipent nationalisent les grands moyens de production et d’échange. Instruits de leurs propres expériences, les travailleurs et le peuples français ne peuvent plus laisser détruire leur outil de travail, leur capacité à répondre à leurs besoins.
Ensemble, faisons grandir l’exigence d’un vaste programme de nationalisations démocratiques !
Succès de la présentation du texte alternatif le 11 novembre 2012
Quelle perspective pour le PCF avant le 36ème congrès ? « Ni abandon, ni reniement, un Parti résolument communiste dans l’affrontement de classe » !
Dimanche 11 novembre 2012, plus de 120 camarades ont participé à la réunion de présentation du projet de texte alternatif pour le 36ème congrès du PCF. Ils représentaient 35 sections de 25 fédérations du PCF (02, 03, 13, 21, 24, 33, 37, 38, 42, 54, 58, 59, 60, 62, 69, 70, 75, 78, 80, 84, 91, 92, 93, 94, 95).
Membres du Conseil national, premiers signataires du texte alternatif, Corinne Bécourt, Emmanuel Dang Tran, Fabienne Debeauvais, Claude Fainzang, Dominique Negri ont explicité la démarche commune. Frédéric Bernabé, secrétaire de la Fédération de la Haute-Saône a adressé, depuis Cuba, un message de soutien. Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn, empêché par une initiative locale prévue de longue date, a pris des nouvelles en direct de l’évolution des travaux. Christian Tabaglio, de la fédération de Meurthe-et-Moselle, empêché, était représenté par ses camarades de la section de Jarny.
De nombreux camarades étaient excusés, notamment du sud-ouest et sud-est où des réunions régionales sont programmées.
L’assemblée s’honorait de la présence, à l’espace librairie, de l’historien américain Roger Keeran, co-auteur de l’ouvrage « Le socialisme trahi, les causes de la chute l’Union soviétique » (éditions Delga). Communiste des Etats-Unis, il a salué l’esprit de fraternité de nos échanges, entre camarades de tous âges, ancrés dans la classe ouvrière et le monde du travail.
L’assemblée a adressé des vœux de prompt rétablissement à Henri Alleg, atteint en juillet dernier d’un AVC. Dans toute son action pour la poursuite du PCF, c’est Henri qui a attiré notre attention sur l’étude des camarades américains.
La journée s’est déroulée en deux temps. Le matin, sous des angles différents, Dominique Negri, présidente de séance, Anthony Crézégut, Jean Baus et Emmanuel Dang Tran ont exposé les objectifs de la démarche commune pour le PCF et son avenir. Ensuite, une discussion s’est engagée dont sont sorties plusieurs propositions d’amélioration du texte proposé.
Anthony Crézégut a mis en parallèle le processus de transformation-effacement du PCF dans le Front de gauche avec la stratégie appliquée dans les pays d’Europe, contre les résistances communistes, sous la houlette du Parti de la gauche européenne (PGE), subventionné par la Commission européenne et présidé par… Pierre Laurent.
On retrouve mis en avant les mêmes positionnements, l’illusion de la réorientation de la BCE par exemple ou la priorité aux problématiques sociétales. Le PGE impulse dans chaque pays une recomposition politique associant des éléments issus de la social-démocratie, des gauchistes et des « communistes transformés ou repentis ». Syriza en Grèce est le meilleur exemple de ces deuxièmes fers au feu de la social-démocratie, prêts à suppléer leur maison-mère et, surtout, étouffant le mouvement communiste. La même stratégie adopte des formes différentes selon les pays, selon les résistances communistes. La direction du PCF, après le 1,9% de la candidate de la gauche populaire et antilibérale en 2007, a tenté le modèle allemand « Linke » de création d’un autre parti, dont le partenaire socio-démocrate à la Oskar Lafontaine aurait été Mélenchon. Les communistes français, animés notamment par notre appel « Pas d’avenir sans PCF » (lancé alors par la fédération de la Haute-Saône et la section de Paris 15ème) ont mis en échec ce projet. Depuis, toujours avec Mélenchon, la direction du PCF s’est rabattue plutôt vers le « modèle » espagnol, plus ancien, Izquierda Unida, « gauche unie », le Front de gauche, avec la constitution d’une organisation chapeau qui supplante le Parti à tous les niveaux, positionnements, élections et structuration tout en le laissant exister sur un mode mineur. Dans les pays où les directions des partis communistes sont restées fidèles à leur raison d’être, comme le Portugal ou la Grèce, le PGE soutient et subventionne des organisations de « gauche » anti-communistes.
Cette dimension internationale aide à comprendre les enjeux profonds de notre congrès et du combat des communistes français pour défendre et faire vivre leur Parti. La question de la rupture avec le PGE est notamment une des propositions du texte alternatif.
Jean Baus, responsable de la section du PCF de Jarny en Meurthe-et-Moselle, ancien responsable syndical et communiste dans la sidérurgie a donné un autre éclairage sur notre démarche. Les derniers hauts-fourneaux de Lorraine, à Florange, sont menacés de fermeture. Devant cette situation présente, Jean est revenu sur l’histoire des luttes depuis 35 ans pour défendre la métallurgie lorraine, sur le rôle de l’organisation communiste au cœur de l’entreprise, sur la victoire concrète qu’a représentée la nationalisation, durement gagnée en 1981, aussi sur la suite de la lutte, après la nationalisation, contre les choix gouvernementaux en faveur du capital, notamment ceux des socialistes.
Au Conseil national du PCF du 13 septembre, le rapporteur, Patrice Bessac, justifiant les « transformations » du Parti voulues par l’équipe dirigeante, a affirmé que les militants communistes avaient été des « moutons », que les adhérents étaient aujourd’hui des « chats » qu’il fallait réunir « en troupeau » (nous citons !). La question n’est pas que de réparer l’insulte faite à des générations de camarades, mais de montrer, ainsi que le fait Jean Baus, comment l’organisation (vraiment) communiste permet au militant de porter une perspective révolutionnaire, de grandes luttes nationales, dont il a participé à la définition collective, jusqu’au cœur de l’atelier, du quartier. A propos des « transformations du PCF », notre texte alternatif comporte une partie proposant la reconstitution du parti de classe et de masse, en fait du Parti communiste.
Jean Baus a enfin proposé que notre texte porte une initiative de campagne nationale d’action immédiate : une pétition pour un programme de nationalisations démocratiques :
Nationalisation des secteurs clefs de la production industrielle, à partir de l’exemple d’actualité emblématique de l’automobile
Conquête et reconquête des grands services publics nationaux par la renationalisation intégrale (le cas échéant municipalisation dans un cadre de coopération nationale), le rétablissement des statuts et des principes du service public, avec le refus de l’application des directives européennes
Nationalisation du secteur financier.
Cette proposition a été jugée extrêmement opportune par la salle et enrichie par plusieurs interventions. Il a été décidé de compléter le texte alternatif dans ce sens.
Les camarades de l’Allier ont notamment lu un message de Jean-Pierre Fournier, communiste et dirigeant syndical agricole, soulignant l’importance de demander la nationalisation de la grande distribution et d’intégrer, dans le rejet de l’UE et de l’OMC, les préoccupations des paysans.
Emmanuel Dang Tran a rappelé l’esprit de notre démarche. Depuis le 32ème congrès, il s’agit d’utiliser la contradiction de la mutation-liquidation organisée par la direction. Il s’agit d’utiliser les « textes alternatifs » pour faire entendre et développer le rejet de ce processus.
Mais cela rentre dans la démarche plus globale qui la nôtre, celle de militants dans les entreprises et les quartiers, de responsables de cellule, de section, de fédération: continuer à développer les repères politiques qui permettent de défendre, faire vivre, renforcer le point de vue et les organisations communistes dans la lutte des classes, malgré la ligne nationale d’effacement. Parce ce que c’est une nécessité.
Notre texte pour le 36ème congrès se situe dans la continuité de ceux du 33ème, « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes », du 34ème, « Faire vivre et renforcer le PCF », du 35ème, « Plus que jamais, face au capital, notre peuple a besoin du PCF ». Il prolonge également l’appel « Pas d’avenir sans PCF » . En 2011, notre proposition de candidature a obligé la direction à maintenir la fiction de candidature Chassaigne comme faire-valoir de Mélenchon et du Front de gauche.
Continuer à rassembler des communistes, à revitaliser des cellules et des sections, à donner une réponse communistes aux attentes de jeunes et de salariés, de syndicalistes, plus nombreux à rechercher les positions et l’organisation communistes. Voilà plus que jamais notre objectif avant un nouveau congrès « coup de force » de la direction liquidatrice.
En réponse à plusieurs questions, Emmanuel a expliqué que, cette année contrairement au 34ème congrès de 2008, la fédération du Pas-de-Calais ne pourrait pas être partie prenante du texte alternatif. Sa direction n’est pas demandeuse. Elle a opéré un revirement sérieux par rapport aux positions historiques des militants du département en s’alignant, dans le Front de gauche, avec Pierre Laurent, derrière Mélenchon. Dans sa réponse, Corinne Bécourt a invité à rejeter sans ambages les calculs des groupes et personnalités qui essaient de tenir pour ce congrès une posture « identitaire » pour mieux faire le jeu du Front de gauche et de leurs intérêts : les trotskystes de Mr Oxley passés de l’entrisme au PS à l’entrisme au PCF, les amateurs de la navigation à voile et à vapeur, soutiens un jour de Bové (Barabazange), de Braouézec (Karman), tous du Front de gauche… le plus souvent élus sur des bases opportunistes… Ne laissons pas d’espace à la diversion !
Notre texte porte une analyse claire du Front de gauche que plusieurs intervenants ont explicitée à partir de leurs expériences locales. Il ne s’agit évidemment pas de nier l’engouement, même très relatif et éphémère, correspondant à une vraie attente, que le FdG a pu rencontrer par défaut, notamment parmi certaines catégories.
Le FdG n’est pas une simple alliance électorale, qui serait d’ailleurs sans intérêt vu la qualité des « partenaires », mais une tentative de recomposition politique, de composition d’une social-démocratie de secours, effaçant le PCF et ses positions. C’est le nouveau moyen trouvé, après les collectifs anti-libéraux, par la direction du Parti pour parfaire son travail de reniement. Le résultat est déjà la dépendance vis-à-vis d’une personnalité maastrichienne, mitterrandienne : Mélenchon. Même sur le plan électoral, le bilan pour le PCF est très négatif avec la perte de la moitié des élus communistes, conseillers régionaux et députés. Une organisation parallèle supplante le PCF. Obligée de maintenir le nom PCF, la direction essaie de la contrôler comme des garde-chiourmes un troupeau.
Pour nous, il est hors de question de rentrer dans ce jeu, de jouer les « identitaires communistes », les alibis, dans le Front de gauche qui est destiné à nous tuer. Le bilan du Front de gauche, parallèle à celui des reniements sur le fond de la direction du Parti, c’est d’avoir privé les luttes, le mouvement syndical des perspectives de rupture que le PCF aurait dû fournir, d’avoir rabattu sur une perspective électoraliste, renvoyant tout sur 2012 (Poste, retraites…) et des positions d’accompagnement.
Il faut dire stop !
Le Front de gauche alterne ou cumule les vociférations gauchistes et les positions de fond réformistes : ces deux postures opportunistes à « gauche » sont précisément celles que combat depuis sa naissance le PCF.
Là-dessus, notre texte de congrès sera le seul à être clair !
Avant ce débat, Dominique Negri, avait présenté le texte suivant l’ordre de ses parties.
Notamment, elle a présenté notre analyse de la nouvelle manifestation de la crise globale du capitalisme, qui ne peut être regardée comme une « crise financière », une crise des « excès financiers du capitalisme ». Elle a insisté sur les nouvelles menaces impérialistes.
En France, le retour de la gauche au pouvoir ne modifie pas les choses sur le fond, avec des cadeaux d’un montant inédit annoncé au profit du capital, depuis 1999 et les « 35 heures ». Mais la pédagogie de la résignation à « gauche » marche à plein. Le Front de gauche en porte une grosse part de responsabilité.
Dans le débat, de nombreux points ont été mis en avant. Entre autres, les camarades cheminots ont mis en garde devant les différents scénarios de privatisation et de démantèlement du service public, avec ou sans réunion de RFF et de la SNCF. Des camarades ont attiré l’attention sur la crise de la démocratie bourgeoise, de plus en plus discréditée, recourant de plus en plus à l’extrême –droite. L’absence des positions communistes de lutte pèse gravement. Le schéma ultra-présidentialiste derrière l’icône Mélenchon a été très négatif.
Il a été aussi question d’écologie. Les dégâts et les menaces que le capitalisme porte sur les conditions de vie sur la planète sont instrumentalisés par lui-même pour développer de nouveaux marchés, pour entretenir un catastrophisme fédérateur derrière ses intérêts. Le Front de gauche rentre pieds joints dans cet aspect de l’idéologie dominante.
Les intervenants, à plusieurs reprises, ont insisté sur la nécessité pour les communistes, pour le PCF, de porter une perspective de rupture, de retrouver la nôtre, celle du socialisme au 20ème siècle. Il a été décidé de rappeler et remettre en discussion dans le texte ce que le mouvement communiste a défini ainsi et dont il doit toujours être l’héritier.
L’assemblée s’est séparée autour d’un pot fraternel, dans l’atmosphère de camaraderie qui résulte de la force de notre parti. Bon courage a été souhaité à l’équipe qui finalise d’ici le 17 novembre notre texte alternatif, un texte qui doit nous être utile pour longtemps !
Où est passée la bataille de 2009 pour la Poste ?
Souvenons-nous ! En 2009, le gouvernement Fillon faisait passer une loi attaquant structurellement le service public postal. Elle a transformé La Poste en société anonyme d’une part. Elle a établi la concurrence sur l’ensemble de la distribution du courrier d’autre part, y compris les lettres de moins de 50 grammes, transposant la troisième directive européenne de marchandisation des activités postales.
Un profond mouvement d’opposition à cette nouvelle remise en cause du service public s’est manifesté à travers le pays, allant bien au-delà de l’attachement aux bureaux de poste auquel le pouvoir d’alors avait voulu le réduire. 
Les principales organisations syndicales, les partis de gauche, des associations ont alors lancé une « votation citoyenne ». Les plus de 2 millions de signatures collectées ont montré le rapport de force existant pour faire échec au projet du gouvernement. Nous y avons contribué tout en critiquant le choix de cette forme d’action.
Pour mener la bataille pour la reconquête du service public de La Poste, tirons les enseignements de 2009.
Le fait d’organiser une « votation », avec toute la gauche, renvoyait implicitement tout changement à la perspective des élections de 2012. Comme sur les retraites l’année suivante, la personnification de la politique au service du capital sur Sarkozy a eu le même effet. Cela a court-circuité, au moment où c’était le plus favorable, la construction du rassemblement dans la lutte pour gagner un premier recul du pouvoir.
Les initiateurs de la « votation » ont par ailleurs évacué l’un des deux volets du projet de loi, dont l’autre dépend pourtant étroitement : la concurrence européenne, la fin du monopole publique historique de La Poste, pour ne garder que le changement de statut.
Cela s’ajoute à un autre problème. Comment prétendre défendre la Poste avec le PS et la gauche maastrichienne ? Au niveau national, depuis la loi Quilès de 1990 démantelant les PTT, en passant par la privatisation de l’entreprise sœur France-Télécom, au niveau européen par leur vote en faveur les directives, ils ont contribué de façon déterminante à la casse du service public.
Avec sa recherche prioritaire de l’unité des organisations sur le rassemblement dans les luttes, sa perspective électoraliste, ses ambiguïtés sur l’Europe, la « votation » n’a pas permis la mobilisation décisive : celle des postiers, en convergence avec les agents des autres services publics, sur l’objectif immédiat de retrait du projet de loi.
En 2012, quelle est la situation ?
Le président et le gouvernement ont changé. Mais plus aucun des initiateurs de la « votation » ne pose la question de l’abrogation de la loi de 2009. Il est amusant de retrouver les déclarations solennelles de François Hollande faisant voter un vœu contre le changement de statut de La Poste par le Conseil général de Corrèze qu’il présidait.
La Poste a changé de statut mais son capital continue d’être détenu intégralement par le secteur public : l’Etat et la Caisse des dépôts et consignations. Le PDG Bailly n’a pas encore osé la provocation d’ouvrir le capital aux salariés. Le retour au statut d’établissement public peut être décidé en quelques jours.
L’emploi et les conditions de travail des postiers se sont encore gravement dégradés. La situation sociale, dont les suicides constituent des cas extrêmes (nous savons combien il faut être prudent dans ces situations humaines) est très tendue. Le nouveau gouvernement a dû constituer une « commission du grand dialogue » (sic !). Le rapport de son président, Jean Kaspar, ancien secrétaire général de la CFDT, auxiliaire du processus de privatisation, sonne comme une provocation. Il préconise un ralentissement du flux de suppressions d’emploi…
L’échec de la lutte générale de 2009 pèse. Mais, dans le même temps, il ne se passe pas une semaine sans que des luttes se développent contre une déstructuration d’un centre de distribution ou la fermeture d’un bureau, le plus souvent avec un soutien actif des usagers. Le potentiel de mobilisation existe. Les luttes sauvent des emplois, gagnent des titularisations. Elles ont, enfin, réussi à faire condamner plusieurs fois la direction de La Poste pour les heures supplémentaires non rémunérées à la suite de l’allongement des tournées des facteurs.
Du côté de la Banque postale, le processus de banalisation-privatisation se heurte à la crise financière. Le gouvernement prétend constituer une banque publique d’investissement, développer le Livret A (dans le détail, ce n’est pas ça). Il a aussi besoin de rattacher à la Banque postale les ruines de Dexia. Autant de contradictions qui peuvent servir d’arguments pour reconquérir les services financiers de La Poste.
Tout cela constitue des points d’appui pour la reprise d’un mouvement national. D’autant plus que le rejet de l’UE, de ses traités et de ses directives illégitimes s’est encore accru.
Bien sûr, cela ne se décrète pas, cela se travaille politiquement, dans l’entreprise, dans le syndicat, dans la population.
Nous proposons que le maximum d’organisations du PCF mette à l’ordre du jour la reconquête du service public postal, l’abrogation de la loi de 2009, la réintégration de la Banque postale dans sa maison-mère, le rétablissement de son monopole public sur la distribution du courrier.


