Histoire
Il y a 95 ans, la révolution d’octobre ouvrait une nouvelle ère
Le 7 novembre 1917 (25 octobre dans le calendrier julien alors en vigueur en Russie), s’est déroulée la Révolution d’Octobre en Russie. Sa portée reste ineffaçable pour tous les révolutionnaires du monde entier. Nous reproduisons le texte de l’appel de Lénine qui indique les priorités des bolchéviques, le jour même de la Révolution.
« AUX CITOYENS DE RUSSIE !
Le Gouvernement provisoire est destitué. Le pouvoir de l’Etat est passé aux mains de l’organe du Soviet des députés ouvriers et soldats de Pétrograd, le Comité révolutionnaire militaire qui est à la tête du prolétariat et de la garnison de Pétrograd.
La cause pour laquelle le peuple a lutté : proposition immédiate de paix démocratique, abolition du droit de propriété sur la terre des propriétaires fonciers, contrôle ouvrier de la production, création d’un gouvernement des Soviets, cette cause est assurée.
Vive la révolution des ouvriers, des soldats et des paysans ! »
Comité révolutionnaire militaire auprès du Soviet des députés ouvriers et soldats de Pétrograd
Lénine
25 octobre 1917
10 heures du matin
Il y a 51 ans, le massacre du 17 octobre 1961
L’Etat impérialiste a recours au crime raciste: souvenons-nous-en et opposons-lui l’unité des travailleurs !
Le 17 octobre 1961, dans les derniers mois de la guerre d’Algérie, 30.000 travailleurs algériens manifestent pacifiquement à Paris.
Le Front de libération nationale, le FLN, a organisé cette mobilisation pour dénoncer le couvre-feu raciste instauré à l’encontre des Algériens vivant en région parisienne, pourtant officiellement considérés comme citoyens français par l’Etat colonial.
La manifestation est réprimée avec une violence inouïe. La police frappe, tabasse, roue de coups, tire. Elle jette des centaines de manifestants dans la Seine pour qu’ils se noient. Des milliers sont arrêtés, battus, sinon torturés plusieurs jours durant dans des centres de rétention. Selon les historiens, il y aurait eu entre 100 et 300 morts.
Le déchaînement policier a été minutieusement organisé. Il est directement le résultat de consignes précises de l’autorité, du préfet de police Maurice Papon, celui-là même qui, en tant que secrétaire général de la préfecture de la Gironde, aida à déporter les juifs de Bordeaux sous l’Occupation.
Les crimes des policiers du 17 octobre 1961 seront tous couverts. Les faits seront et sont encore étouffés aujourd’hui officiellement.
Il ne s’agit de rien d’autre que d’un crime d’Etat, d’un crime de l’Etat impérialiste français.
Fin 1961, l’indépendance prochaine de l’Algérie ne fait plus de doutes. Mais, l’impérialisme français entend préserver les intérêts des compagnies françaises, son accès aux ressources naturelles, au pétrole, malgré la décolonisation.
La guerre et la répression continuent afin de peser sur les négociations, en Algérie mais aussi en France.
Le capitalisme français entend aussi continuer à exploiter au maximum les travailleurs immigrés algériens sur le sol français et ne peut supporter leur révolte et leur organisation.
Le racisme est intrinsèque au colonialisme, au capitalisme, à l’impérialisme.
Ceux qui les combattent leur opposent l’unité des travailleurs.
Adversaires les plus constants et résolus du colonialisme, le PCF et la CGT, avec quelques rares autres, ont organisé l’intervention des travailleurs français pour la paix en Algérie.
Dans les mois suivant le 17 octobre 1961, alors que les crimes des jusqu’au-boutistes de l’Algérie française, les fascistes de l’OAS, se multiplient des deux côtés de la Méditerranée, la mobilisation s’amplifie.
Le 8 février 1962, la répression, organisée par le même préfet Papon, massacre 9 manifestants cégétistes dont 8 communistes au métro Charonne.
Comment ne pas rapprocher ces deux tragédies ?
Exigeons plus que jamais toute la vérité sur Charonne, toute la vérité sur le 17 octobre 1961 que les autorités continuent occulter !
Plus que jamais, 51 ans après, rendons hommage aux martyrs du 17 octobre 1961 et à ceux du 8 février 1962 qui luttèrent ensemble jusqu’à la mort pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Documents et articles sur l’action du PCF.
Vivelepcf, 14 juillet 2012
Le 19 mars 1962, les Accords d’Evian mettaient fin à la guerre d’Algérie. Le 5 juillet 1962, le peuple algérien recouvrait son indépendance.
132 ans d’oppression coloniale prenaient fin. Une période de presque huit ans de souffrances inouïes pour le peuple algérien s’achevait, de drames aussi pour les Algériens d’origine européenne et pour l’ensemble du peuple français.
Communistes, nous participons pleinement à la commémoration et à la célébration de cet anniversaire. Notre Parti, le PCF, nos camarades du PCA, Parti communiste algérien, ont joué un rôle important, décisif dans cette grande victoire contre le colonialisme, l’impérialisme, pour l’accession d’un peuple à son droit à disposer de lui-même.
A travers plusieurs textes historiques et plusieurs analyses d’aujourd’hui, nous souhaitons, modestement, participer à cet aspect des commémorations qui nous concerne plus directement. Nous en sentons d’autant plus l’importance que l’attaque a été incessante pour nier et dévaloriser les positions et l’action, unique en France, de notre grand Parti, quand, du PS à l’extrême-droite, toutes les autres formations politiques ont défendu, d’une façon ou d’une autre, les intérêts de classe de la bourgeoisie colonialiste et couvert sa sale « guerre sans nom ».
Pour le PCF, l’anticolonialisme est un élément fondateur. (Lire la suite…)
L’Appel du 10 juillet 1940 de Duclos et Thorez.
L’Appel du 10 juillet 1940 de Duclos et Thorez.
Quel contraste entre la célébration, relancée par Chirac et Sarkozy, de l’Appel du 18 juin 1940 de De Gaulle et le silence autour de l’Appel du 10 juillet 1940 de Jacques Duclos et Maurice Thorez !
Rien même, cette année encore, dans l’Humanité sur ce texte essentiel dans le développement de la Résistance en France, cette base des acquis de la Libération! Comme si plus aucune voix ne devait s’élever contre l’histoire officielle des tenants de l’idéologie dominante qui s’applique à dénigrer le rôle du PCF, comme avant-garde de la classe ouvrière, dès 1940 dans la restauration de l’indépendance nationale et dans les avancées sociales de la Libération.
Il y a quelques semaines, une provocation de la municipalité d’extrême-droite de Bollène dans le Vaucluse (Mme Bompard) suscitait l’indignation légitime de toutes les organisations républicaines, au premier rang desquelles le Parti communiste français. Lors de la cérémonie commémorative de l’Appel du 18 juin, les autorités municipales ont fait couper la sonorisation lors de la diffusion du Chant des Partisans. C’est un affront aux anciens résistants présents, à la mémoire de l’unité des forces patriotiques pour la Libération du pays. La maire, qui dissimule mal sa nostalgie pétainiste, s’est engagée à laisser diffuser le Chant des Partisans à l’occasion de la cérémonie de libération de la ville en août.
De telles attaques ne sauraient, pour autant, laisser confondre de façon indifférenciée et unanimiste toute l’histoire de la Résistance dans l’imagerie gaulliste.
L’Appel du 18 juin et l’Appel du 10 juillet sont de nature complètement différente.
De Gaulle, représentant de la caste militaire et de la partie des classes possédantes qui ne mise pas sur l’Allemagne et souhaite défendre l’indépendance de l’impérialisme français, n’appelle pas à la résistance sur le sol national en 1940.
Son « appel » appelle à s’appuyer sur l’Empire colonial et sur les impérialismes britannique et américain pour continuer la guerre de l’extérieur. Il demande à tous ceux qui le peuvent à le rejoindre à l’étranger.
Son but affiché est la restauration de l’impérialisme français. Il se manifestera de façon permanente dans les trois décennies qui suivront, à commencer par l’horreur des massacres colonialistes de Sétif en Algérie dès mai 1945. Un livre récent de l’historien Henri de Wailly, peu marqué à gauche, « 1945, l’Empire rompu » (éditions Perrin), souligne l’intransigeance aveugle et meurtrière de De Gaulle en Syrie, en Indochine et en Algérie.
A la Libération, de façon pragmatique, considérant le rapport de force, De Gaulle, ce représentant de la grande bourgeoisie réactionnaire, devra concéder au mouvement populaire, conduit par la résistance communiste, certains acquis sociaux et démocratiques. A contrecœur.
L’Appel de Jacques Duclos et Maurice Thorez a une signification politique bien plus profonde. C’est un texte décisif et fondateur. Il porte une analyse précise de la trahison des classes possédantes, passant par Munich, qui a conduit à l’invasion allemande et à la perte de la souveraineté nationale. Il l’analyse envisageant, déjà en 1940, les ruptures structurelles qu’il faudra imposer. Il est un appel clair à la mobilisation du peuple, d’abord de la classe ouvrière, parce que c’est cette classe sociale qui a le plus intérêt à combattre le joug nazi et la politique fasciste, antisociale et antinationale, de la Collaboration. Il est le point de départ de la réorganisation du PCF, seul parti à rester organisé, même pendant les plus dures périodes pendant toute la guerre, et à mettre toute sa structure au service de la libération nationale et des intérêts populaires. Il porte aussi, ce n’est pas un détail, la revendication de la libération des peuples asservis par l’impérialisme français.
« Ce ne sont ni les généraux battus, ni les affairistes, ni les politiciens tarés qui peuvent relever la France… C’est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale. Et c’est seulement autour de la classe ouvrière, ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage, parce que l’avenir lui appartient ; c’est seulement autour de la classe ouvrière guidée par le Parti communiste, parti de la propreté, de l’honneur et de l’héroïsme, que peut se constituer le front de la liberté, de l’indépendance et de la renaissance de la France ».
Cet extrait de l’Appel du 10 juillet 1940 était prémonitoire.


