PCF – Vie du Parti – CN

CN du PCF du 6 octobre 2013 (élections municipales) – Intervention d’Emmanuel Dang Tran (75)

Conseil national du 6 octobre 2013 sur la préparation des élections municipales

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

Beaucoup constatent maintenant la « crise du Front de gauche ». J’y vois la suite logique de cette stratégie voulue par la direction du Parti.

Certains craignent que le Front de gauche finisse par être une opération « perdant-perdant » pour chacun de ses partenaires.

Mélenchon perdant ? Je n’en suis pas sûr. Déjà, grâce à la direction du PCF, il a gagné une stature nationale impensable pour un sénateur PS honoraire. Il peut maintenant jouer un plus grand rôle dans la recomposition de la gauche socialiste, dans la perspective aussi fictive que lamentable d’un nouveau gouvernement sous hollande.

Mélenchon tend la main à l’anticommuniste Mamère après l’avoir tendue à l’anticommuniste Cohn-Bendit. Il rentre, d’une façon cynique et très dangereuse, dans une surenchère avec le FN. De cela aussi, nous devons nous préoccuper.

Dans l’interview qu’il donne au Parisien de ce matin, sa satisfaction éclate à l’idée de continuer à plumer la volaille communiste à l’occasion des municipales.

Le PCF perdant ? C’était donné depuis le début ! (Lire la suite…)

Pourquoi nous ne remiserons pas les outils.

Comme défi à la censure et à la répression anticommuniste, il n’y a pas si longtemps, les camarades britanniques affichaient la faucille et le marteau dans leurs publications sous la forme d’un catalogue d’outillages. Sous la pression de l’UE, faudra-t-il en revenir là?

Communistes, nous n’avons pas le fétichisme des objets. Les symboles de notre histoire, quand ils deviennent seulement identitaires voire folkloriques, cessent d’être utiles et peuvent être détournés. La disparition de la faucille et du marteau des nouvelles cartes et des nouveaux timbres du PCF n’aurait pu être qu’anecdotique. Les échanges, par media interposés, que nous avons suscités lors du 36ème congrès de février ont montré que non.

Ce congrès était orchestré pour être celui de l’unité des communistes derrière le Front de gauche. Des oppositions de complaisance sont bien rentrées dans le jeu. Du texte de la direction, il ne reste déjà que le souvenir du titre saugrenu « rallumer les étoiles ». Mais de fait, le congrès est devenu aussi celui de l’abandon de la faucille et du marteau, révélant son véritable objectif : pousser d’une étape encore le processus de mutation réformiste du PCF. Pas de changement de cap de ce côté-là !

La direction n’a laissé que quelques jours aux adhérents pour prendre connaissance des textes réunis dans un dossier touffu et pour se prononcer. Dans le même esprit, elle a pris garde de diffuser les nouvelles cartes après ce vote… Les camarades, éberlués, n’y croyaient pas avant de les recevoir.

On peut rendre grâce à Pierre Laurent d’avoir pris le temps, malheureusement après le bouclage du Congrès, d’expliciter sa démarche dans de très longues interventions. Les symboles communistes ne correspondent pas à la volonté de changement du « communisme de nouvelle génération ». il s’est félicité d’être un « récidiviste », lui qui a été responsable de l’élimination de la faucille et du marteau de la une de l’Humanité. D’un journal militant communiste, la direction du PCF a fait un journal d’information de gauche (avec 20% de capitaux privés). Du PCF, Pierre Laurent n’a-t-il pas affirmé, dans son interview à Libération d’août 2012, qu’il voulait faire l’héritier des courants socialistes et communistes de la première moitié du 20ème siècle.

Mais le coup de force le plus nouveau, le plus perfide, le plus indéfendable réside dans l’inscription d’un nouveau logo, des deux côtés de la carte, celui d’un autre parti : l’étoile du Parti de la gauche européenne. Adhérents du PCF, nous ne le sommes pas individuellement du PGE. Le PGE n’est pas un parti communiste mais un regroupement, financé par la Commission européenne, de partis de « gauche », la plupart ouvertement réformistes et pro-européens.

L’UE du capital s’efforce justement de criminaliser le communisme et ses symboles. Certains nouveaux régimes à l’est, aux tendances fascisantes, interdisent la faucille et le marteau, osent les assimiler aux croix gammées. C’est une forme de reconnaissance de l’actualité et de la force de notre symbole et du contresens de la direction du Parti.

Dans les manifestations, nous faisons l’expérience de l’attraction que les autocollants, badges, en-tête avec faucille et marteau suscitent : l’attente de positions claires d’un parti qui demeure, dans l’inconscient collectif, celui du monde du travail, de la résistance à l’exploitation.

Voilà bien pourquoi nous n’allons pas remiser – Pierre Laurent nous y autorise ! – ce symbole qui prend même, dans la situation actuelle interne de notre parti une signification supplémentaire pour les communistes qui entendent le rester et qui ont besoin de tous leurs outils politiques.

 

Conseil national du PCF des 25 et 26 mai 2013 – Compte-rendu de l’intervention de Claude Fainzang, fédération de Paris

La séance du 25 mai portait particulièrement sur la préparation des élections municipales. De façon étonnante, Claude Fainzang a été la seule des membres du CN, la seule de la fédération de Paris à aborder la situation dans la capitale.

Comme la direction nationale le préconise, la consultation des communistes parisiens sur la stratégie électorale a été reportée à l’automne. Pendant ce temps, Anne Hidalgo lance officiellement sa campagne au nom du PS et de la municipalité sortante. Le Parti de gauche annonce qu’il présentera de toute façon des listes « Front de gauche ».

Claude est revenue sur ces deux hypothèses qui se présentent au PCF parisien. (Lire la suite…)

CN du PCF des 25 et 26 mai 2013 – Intervention d’E. Dang Tran (75)

Cela n’aurait aucun sens de discuter au Conseil national de la préparation des élections municipales en dehors de la définition d’une perspective communiste de rupture avec la politique  poursuivie par Hollande et le PS au pouvoir.

Je suis bien incapable de me prononcer sur la situation de chaque ville. Tous les cas de figure existent. On peut participer à un exécutif dirigé par le PS sur la base d’une position de lutte et d’un rapport de force, comme on peut y être réduit à une simple caution de « gauche ». La radicalité de façade, jouée notamment par les PG, risque de s’avérer non seulement stérile mais négative pour les populations. D’où l’importance de positions nationales claires du PCF, alors que la construction électoraliste du Front de gauche éclate manifestement avant les municipales.

Je suis très étonné de n’entendre aujourd’hui quasiment rien sur la manifestation du 5 mai à la Bastille et ses suites. Globalement, et ici-même, les directions du PCF n’étaient guère enthousiastes devant l’opération personnelle de Mélenchon qu’elles ont jugé inévitable de suivre… Le Parti a fortement mobilisé. Il a amené l’essentiel des participants, notamment de province. Il s’agissait de « ne pas se faire voler le Front de gauche ». Pour beaucoup de manifestants, cela a correspondu aussi à une recherche d’issue politique.

Qu’en ressort-il ? (Lire la suite…)