Politique

Alliance avec UMP à la tête de « Terres de France » : François Asensi et Clémentine Autain veulent « travailler avec tous dans le consensus dans l’intérêt des populations ».

Brève, politique, vivelepcf, 31 mai 2014

Le 10 avril, Asensi et Autain s’allient avec l’UMP pour s’assurer la présidence de la communauté de communes des « Terres de France ». En échange, la maire UMP de Villepinte en devient 1ère vice-présidente. Le 30 mai, Asensi fait également élire la droite à la présidence du SEAPFA (Syndicat d’équipement et d’aménagement des Pays de France et de l’Aulnoye), alors que, sur le papier, la gauche était majoritaire. C’est sans doute leur « nouvelle façon de faire de la politique » et d’élargir le Front de gauche !

Il y a des politicien-ne-s plus exaspérants que d’autres : ceux et celles qui confondent audace et toupet, ceux et celles qui sont capables d’un sprint pour se poser au premier rang devant les caméras, ceux et celles qui donnent des leçons de démocratie à tout vent, des leçons de « nouvelle façon de faire de la politique », pour mieux faire avancer leurs ambitions.

Le Front de gauche n’est pas dépourvu de ce type d’opportunistes. Un duo est assez champion en la matière : le député de Seine-Saint-Denis François Asensi et sa suppléante Clémentine Autain. (Lire la suite…)

Pourquoi le pouvoir veut en finir avec les départements.

Un relent d'ancien régime...

Vivelepcf, 28 mai 2014

Faute d’alternative politique réelle, Hollande et Valls utilisent leurs défaites électorales pour accélérer leurs contre-réformes et même pour charger la barque.

A côté de l’annonce de 11 milliards d’euros par an de cadeaux supplémentaires au patronat, dans le cadre du « pacte de responsabilité », ils programment des fusions de régions et la disparition des départements.

Sarkozy en avait rêvé mais n’avait pas osé l’entreprendre. Hollande se sent en état de précipiter le démantèlement de la démocratie locale que le rapport Attali de 2008 et la Commission Balladur préconisaient.

L’objectif est plus que jamais de détruire l’échelon qui porte historiquement l’égalité des territoires : le département, de constituer de grandes féodalités, « métropoles », ou eurorégions, en concurrence les unes avec les autres, directement liées à l’Union européenne.

Les coupes budgétaires annoncées dans les dotations aux collectivités locales atteignent 11 milliards d’euros par an, soit 15% de leurs dépenses d’investissement. Elles vont de pair avec les objectifs de casse structurelle.

Le comblement des déficits publics – que les gouvernements creusent eux-mêmes -, l’allègement du soi-disant « millefeuille territorial » servent de prétextes à la contre-réforme. Des dizaines de milliers d’emplois, les services publics et sociaux remplis par les collectivités sont directement menacés.

Mais la pénurie de moyens servira aussi à accroître les inégalités entre les nouvelles collectivités et leur dépendance au patronat, aux banques, à l’Union européenne.

Le pouvoir sait quelle est la profondeur de l’attachement populaire aux départements, même aux régions. Il louvoie.

Il s’y prend en plusieurs étapes en attaquant d’abord les conseils généraux (conseils départementaux), seule institution départementale ayant une légitimité démocratique propre. Hollande et Valls veulent les priver tout de suite de leur « compétence générale » qui leur permet d’intervenir sur toute question relative à la vie départementale, même hors de leurs prérogatives spécifiques. Ensuite, ils veulent carrément les supprimer et supprimer les cantons, les élections cantonales. A terme, l’administration départementale – préfecture, sous-préfectures, directions départementales etc. – tomberaient d’elles-mêmes.

Les populations peuvent mesurer le danger. Leur attachement aux départements est bien plus que « sentimental », tel que le refus de la suppression des numéros de département des plaques minéralogiques l’avaient montré.

En Martinique, en Guadeloupe en 2003, en Haute-Corse et Corse-du-Sud en 2003, dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin en 2013, à chaque fois, les électeurs ont voté NON à la disparition de leur département.

Aussi, la ministre Lebranchu exclut d’emblée toute consultation populaire, tout référendum cette fois-ci. Elle indique que les départements pourraient ne pas être supprimés tous en même temps, ni suivant les mêmes modalités : les uns seraient intégrés à des métropoles, d’autres à des régions, d’autres maintenus un temps.

Les agissements du mouvoir traduisent combien les forces existent pour mettre en échec sa « réforme » territoriale. Pour nous communistes, la bataille pour la défense des départements, avec toutes ses contradictions, s’intègre dans les luttes immédiates prioritaires pour commencer à faire reculer la politique au service du capital.

 

Nous reproduisons ci-dessous l’analyse du rapport Attali que nous faisions en février 2008, toujours aussi actuelle.

Pourquoi Attali (et d’autres) veulent-il abattre le département ?

 

Les élections cantonales approchent. Sarkozy a dû désavouer une des propositions du rapport Attali. Difficile en effet de faire élire des conseillers généraux UMP aux assemblées départementales tout en se prononçant pour la suppression des départements. Mais tout laisse entendre que ce n’est que partie remise. D’ailleurs Attali a donné dix ans pour une disparition progressive.

L’attaque contre l’échelon gouvernemental ne date pas de ce gouvernement.

 Son prédécesseur avait tenté de s’attaquer à ceux qu’il considérait comme des maillons faibles.

Il a échoué devant la résistance populaire et perdu les référendums visant à supprimer les départements des Antilles et de Corse. Sur un autre plan, avec la complicité de
l’Union européenne, le pouvoir s’attaque à un autre symbole fort : la référence au département sur la plaque d’immatriculation qui devrait être abandonnée à compter du 1
er janvier 2009. Là encore, l’opposition des Français est manifeste.

 D’où vient cet acharnement des représentants du capital contre le département ?

 Les gouvernements ont conféré de façon assez arbitraire depuis la décentralisation de 1982 un certain nombre de compétences aux départements, notamment en matière d’action sanitaire et sociale (RMI, aide aux personnes âgées…), de culture et d’éducation (collèges), de transports et d’aménagement du territoire. Une remise en cause du département permettrait de revenir sur un certain nombre d’acquis sociaux dans ces domaines.

Mais les raisons principales sont plus fondamentales. L’attaque contre les départements  s’intègre dans la remise en cause des fondements de l’Etat républicain. Le département, créé en 1790 par l’Assemblée constituante, a rompu avec les particularismes et aberrations territoriaux d’origine féodale. Comme division administrative, bien au-delà des prérogatives des conseils généraux, il porte une conception de l’égalité des territoires et des citoyens devant l’Etat.

L’amélioration des transports et des communications n’a pas modifié ce caractère structurant de l’unité du pays. Elle a davantage fait du département, des préfectures et sous-préfectures, un maillage de proximité des services de l’Etat et des services publics. Sur cet aspect, on voit comment la volonté de supprimer le département s’apparente à celle de
supprimer, par exemple, les tribunaux, avec la « réforme » de la carte judiciaire de Rachida Dati.

Construit par l’Histoire, l’attachement des citoyens au département correspond à une forme d’adhésion au modèle républicain national.

Objectivement celui-ci est devenu un obstacle au capitalisme. La Nation en général, la nation française en particulier avec son héritage révolutionnaire et ses acquis démocratiques, l’égalité républicaine, la conception du citoyen, la laïcité… représentent une résistance au développement de la mondialisation capitaliste.

Pour la combattre sur le plan des territoires, ses serviteurs s’emploient à renforcer deux échelons:

- d’une part l’UE, entité lointaine, incohérente, niant la réalité des peuples et donc leur expression démocratique, correspondant naturellement à la domination des multinationales.

- d’autre part les régions, voire les « euro-régions », dont ils sont prêts à inventer de toutes pièces des particularismes identitaires. Entités inégales, nouvelles féodalités, les régions sont conçues en opposition, comme contre-pouvoirs à l’Etat-nation démocratique que l’on veut dévitaliser devant l’UE.

Les départements français sont trop petits pour constituer des régions de ce type. Leur histoire comme leur réalité d’aujourd’hui les rattachent indissociablement au modèle républicain et à l’Etat-nation.

Pour les Attali, Sarkozy, Barroso : il faut détruire les départements !

 

Les luttes et revendications des fonctionnaires au cœur de la riposte !

Les luttes et revendications des fonctionnaires sont au cœur de la riposte à la politique du gouvernement, à son « pacte de responsabilité », encore aggravé par la précipitation de sa réforme territoriale.

 

Elles concernent le plus grand nombre des salariés et retraités, par la défense des salaires, du pouvoir d’achat (point d’indice), des statuts, de l’emploi et de la qualité des services publics, de l’école, de l’hôpital… Des possibilités de très larges convergences de lutte sont possibles, dans l’immédiat avec les cheminots qui entrent en action le 22 mai. Le pouvoir est massivement désavoué dans le pays.

 

Mais l’impasse politique institutionnelle est totale. L’idéologie dominante multiplie les diversions, y compris les plus dangereuses. Un autre gouvernement de gauche, une autre Union européenne seraient possibles. La démagogie de l’extrême-droite devrait justifier la résignation à la politique au service du capital.

 

Communistes, nous disons NON. Les forces existent pour une rupture politique. Leur seule voie pour s’exprimer aujourd’hui, c’est les luttes, leur élévation et leur convergence.

 

Commençons par gagner le

 

Retrait des dispositions du Pacte de responsabilité et de la « réforme ferroviaire» !

140515_eboueurs_cgt.jpgFrançois Hollande a dit une chose juste sur BFM le 6 mai : que son programme en 2012 n’était « pas étincelant » et qu’il avait été principalement élu sur la base du rejet de son prédécesseur.

 

Il est plus que temps d’en finir avec les illusions propagées avant 2012 sur un « changement » avec Hollande. Leur déception nourrit la résignation aujourd’hui. Elles préparent de nouvelles illusions institutionnelles. Qui peut sérieusement imaginer qu’une arrivée à Matignon de Martine Aubry, la ministre qui a le plus donné au patronat avant Valls (au nom des « 35 heures ») remettrait en cause les contre-réformes qu’il est en train de mettre en œuvre ?

 

La résistance, la rupture, sont nécessaires maintenant: à partir des luttes.

 

Malgré la confirmation de son désaveu populaire aux élections municipales, en l’absence d’opposition politique réelle, Hollande est en situation de « charger la barque » des mauvais coups avec Valls.

 

Ils précipitent le démantèlement de la démocratie locale, préparé par Balladur et Sarkozy. Détruire les départements, gages historiques de l’égalité des territoires, constituer de grandes féodalités régionales, directement liées à l’UE, est plus que jamais l’objectif. Au passage, des centaines de milliers d’emplois, les statuts des personnels sont menacés. 

 

Hollande et Valls ont ajouté encore 11 milliards d’euros par an de cadeaux au patronat avec la suppression de la « contribution sociale des sociétés » (6 milliards) et une baisse des taux de l’impôt sur les société (5 milliards).

 

Le « Pacte de responsabilité », c’est vraiment du 50/50 !

 

50 milliards d’euros prélevés sur les salaires, la protection sociale et les services publics contre 50 milliards d’euros accordés au profit capitaliste. Et encore, il ne faudrait pas oublier les 6 milliards d’euros par an ponctionnés sur le pouvoir d’achat des ménages avec les hausses de TVA.

 

La fable de la réduction des déficits publics, que le gouvernement creuse d’un côté pour mieux prétendre le combler de l’autre, ne peut plus fonctionner.

 

Le prétexte européen aux politiques antisociales nationales a aussi du plomb dans l’aile.

 

L’Union européenne est clairement identifiée par les travailleurs pour ce qu’elle est par nature : une organisation au service des multinationales. Elle a fini de perdre toute légitimité en France avec le Traité de Lisbonne adopté, malgré la victoire du NON au référendum de 2005, grâce au vote de la droite et du PS au Parlement français.

 

Dans la période, avant les élections européennes, on assiste à une puissante campagne pour tenter de réhabiliter l’UE en donnant une consistance à son alibi démocratique, le Parlement européen.  Là encore, des illusions sont mises en scène sur ce « machin », comme sur « l’Europe » sociale. Le futur président de la Commission européenne, où commissaires de droite et « gauche », de chaque pays, travaillent de concert, ne sera pas plus légitime que son prédécesseur pour coordonner les politiques d’austérité contre les peuples parce qu’il sera formellement adoubé par le Parlement.

 

Le pouvoir utilise cyniquement l’extrême-droite pour détourner la colère populaire des luttes d’une part, et, d’autre part pour servir d’épouvantail à la contestation de l’UE et de l’euro. Communistes, nous dénonçons le piège.

 

Au-delà du vote, la meilleure façon de faire reculer l’UE du capital, l’intégration européenne (avec l’euro), synonyme de désintégration des acquis sociaux et démocratiques nationaux, c’est de mettre en échec, en France, la politique poursuivie par MM. Hollande et Valls, à commencer maintenant par les dispositions du « pacte de responsabilité » et la « réforme » ferroviaire.

 

Des forces considérables existent pour défendre l’hôpital public, la Sécurité sociale. Les millions de manifestants de 2010 pour les retraites ne se sont pas évanouis. La poursuite du démantèlement du potentiel industriel suscite de profondes protestations.

 

Des luttes importantes se développent, dernièrement celle des éboueurs. Celles des fonctionnaires concernent tous les travailleurs. Elles sont au cœur de l’opposition au « pacte de responsabilité » portant l’exigence de la défense des salaires (refus du gel du point d’indice), de l’emploi, des services publics, de l’école, de l’hôpital…

 

L’action des fonctionnaires peut et doit embrayer sur les grèves et manifestations du 22 mai contre la réforme ferroviaire, l’éclatement de la SNCF, en vue de la mise en concurrence et de la privatisation.

 

De larges possibilités de convergence de lutte existent.    

 

Communistes, nous mettons toute notre énergie pour qu’un « printemps des luttes » commence à faire échec à la politique du pouvoir. 

Sur RTL, Mélenchon se réfère à Sarkozy et à Jospin, tend la main à Duflot, cultive le flou sur l’Europe… Qui peut prétendre encore le faire passer pour une alternative de « gauche »?

Vivelepcf, 28 avril 2014

Mélenchon dans le studio de RTL, soutenu par quelques amis dont P. Le Hyaric

Jean-Luc Mélenchon était l’invité de l’émission le « Grand Jury RTL-Le Figaro » le 27 avril 2014.

Son opportunisme droitier ressort de toutes ses positions. Son petit jeu oratoire fait d’imprécations et d’invectives dans tous les sens a de plus en plus de mal à le masquer. Il agace l’auditeur. Il fait rigoler les journalistes.

A propos d’Alstom, Mélenchon ne trouve pas mieux que de se référer à … Sarkozy et sa nationalisation provisoire de 2004 dont il salue le caractère « stratégique » dans « l’intérêt général ». Sarkozy n’a fait que garantir le renflouement de l’entreprise, saignée par les dividendes versés à ses anciens propriétaires, la préservation des intérêts des banques. En collaboration avec Bruxelles, il a engagé le démantèlement d’Alstom, préparant sa vente à la découpe d’aujourd’hui. La nationalisation des pertes, la garantie publique du profit capitaliste: Quel modèle!

Mélenchon recycle également la trouvaille de Montebourg pour le site Arcelor de Florange, la proposition de « nationalisation temporaire ». D’ailleurs, Montebourg aussi son slogan pour Alstom, en vue de faire pression pour son passage sous la coupe de Siemens. « Pourquoi pas avec Siemens ? » s’est exclamé hier Mélenchon (mais après la « nationalisation temporaire »…)

Mélenchon, avec son gauchisme, est parfaitement dans le rôle pour lequel il est invité : déformer, déconsidérer les revendications historiques de mouvement révolutionnaire, du PCF, en l’occurrence celle de la conquête de nationalisations démocratiques par la lutte et la mobilisation des salariés et du pays.

Gentils avec leur invité, les journalistes ont omis cette fois-ci, malgré l’actualité de l’affaire Morelle et des écoutes de Sarkozy, de rappeler la présence de Mélenchon à la remise de la Légion d’honneur à Patrick Buisson.   (Lire la suite…)