Politique

Apparatchiks, même « frondeurs », du PS, la Fête de l’Humanité n’est pas la vôtre !

Vivelepcf, 10 septembre 2014

Parlementaires du Parti « socialiste » qui vous dites « frondeurs » ou « indignés »,

La révolution avec ces gens-là?

Votre venue à la Fête de l’Humanité est annoncée. Responsables communistes de stand militant à la Fête, nous nous permettons de vous faire part de réalités pratiques et politiques des fois que vous ne les connaîtriez pas.

Vous êtes bienvenus, comme tout un chacun, à la Fête du journal historique du Parti communiste français, lancée par le PCF en 1929. Vous êtes bienvenus, dans cette manifestation publique, pour vous cultiver, vous distraire, consommer et, en même temps, soutenir financièrement le journal et les organisations du PCF.

Nous sommes à votre disposition pour échanger avec vous, plutôt moins qu’avec les autres visiteurs, travailleurs, jeunes, retraités que nous voulons mobiliser politiquement. Vous, nous vous connaissons et n’avons pas d’espoir de vous retrouver dans le camp de la classe ouvrière.

Nous imaginons sans mal que les médias retiendront principalement du cru 2014 de la Fête de l’Huma, votre présence. Le mal en reviendra principalement à Pierre Laurent qui vous a invités en vous tendant le tapis rouge. Nous avons l’habitude mais nous ne l’acceptons pas pour autant. Les années précédentes, comme sans doute cette année encore, votre complice et ancien camarade Jean-Luc Mélenchon tentera, comme le coucou, de faire sa petite publicité lors de notre fête.

Sans illusions, nous vous demandons de ne pas en faire trop avec les journalistes. Respectez les militants communistes !

En tout cas, en ce qui nous concerne, nous disons clairement que vous ne représentez absolument pas des alliés, même potentiels, pour les travailleurs et les communistes.

Nous ne sommes pas de ceux qui ont propagé des illusions sur le programme, inféodé à l’Union européenne et au patronat, de Hollande en 2012. C’est votre référence, comme si vous ne saviez pas ce qui allait suivre ! Nous ne sommes pas de ceux qui, comme vous, s’affairent à préparer de nouvelles illusions à « gauche » d’ici 2017, de ceux qui nourrissent et exploitent l’épouvantail de l’extrême-droite pour cela, qui détournent la colère sociale.

Nous vous avons combattus lorsque vous avez – notamment – porté en 2013 la loi de flexibilisation du marché du travail, de libéralisation du licenciement (transposition de l’ANI, lorsque vous avez voté comme un seul homme – face aux cheminots en lutte – la contre-réforme ferroviaire en juin 2014, quand vous avez approuvé les guerres impérialistes en Afrique, au Moyen-Orient ou en Ukraine.

Nous ne savons que trop que la social-démocratie ne met pas tous ses œufs dans le même panier, notamment maintenant en vue des combinaisons électorales de 2017. Nous savons que vos « frondeurs » répartiront leur voix, lors du vote de confiance à Valls, de façon à ne pas l’entraver tout en ménageant un positionnement de « gauche » ultérieur. Nous laissons l’expertise politique des clans du PS, oscillant de l’aile « droite à l’aile « gauche » selon les circonstances, à l’image de Mme Aubry ou de l’ex-rocardienne Mme Lienemann, aux politologues.

Le rassemblement auquel nous travaillons dans les entreprises, les quartiers et les campagnes, c’est celui de ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capitalisme et ses effets et à se doter de l’organisation politique pour cela : le Parti communiste. Un PCF fort contre le capital et le patronat, sur des bases de classe, des propositions de rupture, c’est aussi la condition de l’essor réel des « valeurs de gauche » dans l’ensemble de la société. Quand le PCF est fort, avec tout ce qu’il représente, la social-démocratie, même la plus hypocrite le courtise.

Nous remarquons, que vous considérez, à raison, la Fête de l’Humanité comme l’événement politique de masse le plus marquant de la rentrée.

Donc, amusez-vous bien à la Fête cette année et remerciez-nous ! C’est toujours grâce aux militants communistes qu’existe la plus grande et la plus belle fête politique de France.

Corinne BECOURT, secrétaire de la section du PCF de Saint-Quentin, responsable du stand de Saint-Quentin, Emmanuel DANG TRAN, secrétaire de la section du PCF de Paris 15ème, membre du Conseil national du PCF, responsable du stand de Paris 15ème, Eric JALADE, secrétaire de la Fédération du PCF du Tarn, membre du Comité national du PCF, Cyril MORLOT, secrétaire de la Fédération du PCF de la Haute-Saône, responsable du stand de la Haute-Saône.

Rentrée : Hollande se sent en état de charger encore la barque des contre-réformes. Pourquoi ?

Brève, vivelepcf, 20 août 2014

Dans sa longue interview au journal Le Monde daté du 20 août, François Hollande enfonce le clou.

Les derniers chiffres de l’économie nationale sont encore plus mauvais en termes de croissance, de production industrielle ou d’emploi. Qu’importe ! C’est la faute aux tensions dans d’autres régions du monde. C’est parce que sa politique n’a pas encore porté ses fruits. L’exercice de langue de bois est usé à la corde. Qu’importe encore ! Il n’est pas difficile de comprendre que les vrais objectifs de la politique du gouvernement sont ailleurs : la casse des acquis sociaux et démocratiques, la pression sur les salaires, le soutien au profit capitaliste.

Hollande défend donc sans réserves son « pacte de responsabilité », les 41 milliards d’euros de cadeaux par an au patronat, les 50 milliards de coupe dans les budgets publics et sociaux.

Hollande n’a aucun état d’âme sur sa réforme territoriale : la constitution des euro-régions est engagée, la disparition des départements aussi d’ici 5 ans, le temps d’une réflexion sur « l’avenir des départements ruraux ».

Hollande l’affirme : il « soutient le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et ses projets » et lui fournit un brillant second avec Moscovici.

Il en va de même sur tous les sujets mais Hollande charge encore la barque. (Lire la suite…)

Mélenchon : fausse sortie. Front de gauche : vrai échec pour le PCF et le mouvement social !

EDT pour Vivelepcf, 24 juillet 2014  

Mélenchon : fausse sortie. Front de gauche : vrai échec pour le PCF et le mouvement social !

Vivelepcf, 24 juillet 2014

Mélenchon, absent depuis les européennes, a fait sa rentrée politique en annonçant son retrait provisoire. Il veut prendre le temps de se reposer, on le comprend.

De leur côté, les militants ouvriers s’activent à préparer un rude affrontement social et politique pour la rentrée. Mais pour Mélenchon, aucune élection nationale ne pointe d’ici 2017.

Pour mieux se reposer, il pourrait aussi démissionner du Parlement européen et laisser sa place à un élu PCF. Avec ses retraites de ministre et de sénateur, il a assez pour prendre des vacances loin des problèmes des travailleurs.

Dans son interview-bilan à un média marginal « Hexagones », mais largement reprise, Mélenchon constate l’échec du Front de gauche, expérience politique amorcée depuis bientôt six ans et le recrutement de Mélenchon par la direction du PCF en marge du 34ème congrès de notre Parti.

Echec du Front de gauche ? Nous arrivons au même constat, prévisible, mais pas avec le même raisonnement que Mélenchon qui se montre injuste et ingrat avec les fondateurs du Front de gauche.

Il est indiscutable que l’effet Mélenchon n’a tiré le Front de gauche, électoralement et superficiellement que pendant la campagne des présidentielles de 2012. Depuis, Mélenchon a de plus en plus agacé l’opinion publique, surtout les communistes, même les plus accueillants. Les effets de bateleur gauchiste ont vite lassé. Le caractère politicien du jeu de Mélenchon, de son double-jeu est vite ressorti.

Le sénateur, vétéran du PS, qui brusquement se met à attaquer son ancien parti avec virulence, a montré qu’il savait rentrer dans le rang comme lorsqu’il a appelé sans conditions à voter Hollande « comme pour lui-même ». Ses critiques du PS ne sont jamais conséquentes, ni sur le fond, ni dans les actes militants.

Lui qui veut tout révolutionner n’entrevoit d’autre perspective que dans les combines institutionnelles et électoralistes. Il propose tour à tour des alliances à Cohn-Bendit et à Joly, se voit premier ministre de Hollande ou ministre de Montebourg…

Difficile aussi pour Mélenchon d’incarner l’opposition à l’Union européenne du capital, lui qui fut et reste un Maastrichien convaincu et qui ne trouve de modèle dans l’UE que chez le défenseur acharné de l’euro qu’est le dirigeant opportuniste grec Tsipras.

La tactique « front contre front » a aussi logiquement été gravement contre-productive. Mélenchon s’est évertué, jusqu’à la comédie de la législative d’Hénin-Beaumont, à gagner du profit politique dans le « peuple de gauche » en jouant sur l’opposition à la montée du FN. Dans la surenchère des phrases, le politicien, ex-apparatchik du PS, limité dans sa demi-démagogie, s’est vu largement battu par les Lepénistes, dont on peut penser qu’il a même favorisé l’essor électoral. Dans les milieux « politisés » de gauche, il n’a pas gagné grand’chose.

Mélenchon est un acteur principal dans l’échec politique du Front de gauche. Mais l’opération reste pour lui globalement très positive. Elle peut lui permettre d’envisager un maintien et un retour au premier plan rapide, du moins avant 2017.

D’animateur obscur d’un courant du PS englué dans les combines politiciennes de la social-démocratie, Mélenchon s’est hissé, grâce au Front de gauche, au niveau d’un politicien de niveau national. Depuis au moins les présidentielles, il est le détenteur, grâce au PCF de la marque nationale « Front de gauche ».

Accessoirement, le Front de gauche et le PCF lui ont permis de passer personnellement d’une sinécure PS au Sénat à une encore plus confortable sinécure FdG au Parlement européen.

Grâce au Front de gauche encore, il a pu donner un semblant d’existence à un rassemblement hétéroclite et réduit, le « Parti de gauche », qui bénéficie maintenant de quelques élus, de quelques moyens et d’une capacité de faire du bruit disproportionnée par rapport à sa réalité.

Au sein du Front de gauche, Mélenchon a aussi réussi, grâce à la direction du PCF, à paraître beaucoup moins affilié au PS que son partenaire, sur lequel il n’a cessé de prendre l’ascendant politique.

Donc vraiment, Mélenchon a tort de se plaindre et s’il pleure aujourd’hui, c’est conscient des cartes qui lui restent pour demain.

Du côté de la direction du PCF, le bilan du Front de gauche est beaucoup moins positif, c’est le moins que l’on puisse dire.

Le seul projet des dirigeants qui semble réussi, c’est l’aggravation de l’effacement du PCF dans la suite des stratégies de « mutation », « de collectifs antilibéraux » ou de « transformations » imposées aux précédents congrès du Parti. Le discrédit et l’effacement du PCF et de ses positionnements fondamentaux historiques sont encore plus grands aujourd’hui qu’en 2008.

Cette stratégie de la direction du PCF a amené un effondrement du nombre de ses élus. La Parti n’a plus que 7 députés, 1 seul député européen. Il a perdu la moitié de ses conseillers régionaux, un gros quart de ses municipalités etc. C’est un élément structurant qui est scié.

Le Front de gauche a fait payer au PCF le prix le plus fort de la ligne de reniement de sa propre direction. Son incapacité à sortir de la dépendance institutionnelle du PS est ressortie terriblement (et en partie injustement) des attaques de Mélenchon sur les alliances électorales aux municipales notamment à Paris (là, ce n’était pas injuste !).

Le PCF a porté tout le poids de sa conversion de sa direction à l’acceptation de l’UE du capital au nom de son illusoire réorientation, au moment même où le peuple en subit si cruellement la politique relayée en France.

Le Front de gauche a poussé jusqu’à la caricature – ces débats incessants pour des places – l’institutionnalisation du Parti, la prééminence donnée à la recherche de combinaisons dans les institutions sur le rassemblement à partir des luttes. Il a paralysé l’action des militants.

Les dégâts du Front de gauche pour le PCF sont à la hauteur de ses responsabilités dans la création de cet objet politique : primordiaux !

Le bilan du Front de gauche est donc unilatéralement négatif pour les militants communistes, les militants des syndicats révolutionnaires, l’intérêt des travailleurs. Le Front de gauche, signifiant l’étouffement des véritables positions communistes, est en particulier pour beaucoup dans les graves illusions semées avant 2012 et leurs conséquences démobilisatrices aujourd’hui.

Toujours coincé dans les conséquences de sa stratégie, Pierre Laurent propose de combiner un « Front de gauche élargi » avec un « Front du peuple », expression signifiant en fait une demande d’affiliation à certains courant du PS et à EELV pour recréer une illusion à « gauche » d’ici 2017.

Mélenchon s’en régale déjà. Plus le PCF se déconsidère, plus sa démagogie peut prospérer. Il prend des vacances pour mieux préparer ses « coups », aiguiser ses « formules » et ses insultes, pour mieux jouer un rôle dans le nouveau brouillage politicien qui précédera les élections de 2017.

Communistes, Mélenchon, nous souhaitons pour vous une bonne et définitive retraite et nous allons y contribuer !

Au schéma politicien perclus et mortifère tel qu’il est apparu aux élections européennes, s’oppose la perspective d’une nouvelle donne politique que les luttes, notamment celle des cheminots en juin ont dégagée.

Entre les stratégies politiciennes d’ici 2017 et l’action dans les luttes sur des positions de rupture, il faudra faire des choix. Nous avons déjà fait le nôtre.

Bonnes vacances M. Mélenchon ! Profitez bien ! Faites-vous oublier !

Interview du 14 juillet : la tactique lénifiante de Hollande

Repris de PCF Paris 15, 14 juillet 2014

François Hollande est rodé dans le rôle de président impuissant mais prétendant toujours faire de son mieux, dans son discours lénifiant.

Aux ordres comme d’habitude, les journalistes Pujadas et Bouleau lui ont facilité les choses : aucune question qui fâche vraiment, occultation totale de la contestation sociale exprimée par la puissante grève des cheminots, par des luttes dans tout le pays. Le refus cette année de plusieurs syndicats dont la CGT de se prêter à la mascarade de la conférence sociale, dont Hollande est le grand prêtre, l’a reflétée. Les journalistes n’ont pas évoqué cet affront pourtant tout récent.

Rien non plus sur les déboires de l‘intervention en Centrafrique alors que les troupes néocoloniales viennent de défiler sur les Champs-Elysées. Rien sur l’Ukraine non plus etc.

La Palestine, la nouvelle guerre israélienne, étaient un sujet inévitable. Qui est l’agressé, qui est l’agresseur ? Hollande persiste insistant sur les 3 jeunes Israéliens découverts tués, sur les tirs de roquettes. Ses appels dilatoires aux cessez-le-feu laissent à l’Etat d’Israël le temps de commettre son expédition punitive annuelle ou bisannuelle. L’affirmation de la nécessité de la création d’un Etat palestinien, dans des conditions qui la rendent impossible autrement que comme Etat croupion, relèvent de l’hypocrisie officielle atlantique USA-UE.

Sur le plan international, Hollande a pu placer, à défaut d’évoquer le Mali, la Centrafrique, encore moins la Libye, l’Afghanistan et l’Irak, sa satisfaction d’avoir obéi aux lobbys atlantique et militaro-industriel. Il a sanctuarisé, hors de l’austérité des dépenses publiques, le budget de la guerre, sans compter les dépenses somptuaires pour célébrer les guerres passées comme la guerre 14-18. La France, un pays de salariés pauvres, de chômeurs, désindustrialisé, mais aussi un pays de mercenaires engagés pour les intérêts du grand capital mondial…

Sur le plan économique et social, Hollande n’a rien annoncé du tout de neuf. Il s’est efforcé de vanter les mérites de son « Pacte de responsabilité », effectivement ensemble de mesures inédit en faveur du capital – 41 milliards d’euros de cadeaux à terme. C’est la principale contre-réforme du quinquennat atteignant autant les dépenses publiques et sociales de l’Etat que la Sécurité sociale, le code du travail et les salaires. Les journalistes étaient là pour lui permettre d’annoncer que le coup antisocial allait aller vite, dès 2014 et 2015.

On n’a vraiment rien entendu de nouveau. Hollande a annoncé une extension des dispositifs d’apprentissage, notamment dans la fonction publique, et du « service civique ». Il ne s’agit de rien d’autre qu’à la fois de précariser les débuts de carrière et de masquer le chômage derrière des formes déguisées de travail obligatoire, teintées de bons sentiments.

Hollande reprend à nouveau le discours éculé sur la nécessité de la baisse du coût du travail, qui ne pèserait pas sur les salaires (sur quoi alors sinon sur le salaire socialisé, la santé, les retraites, l’indemnisation des accidents du travail, le logement…). Toujours dans le discours idéologique, il commence à prétendre s’attaquer au « coût du capital », en travaillant à des taux d’intérêts bas, en taxant les transactions financières… « Coût du travail », « coût du capital », toujours des « coûts » mais pour qui ? Pour l’exploiteur, le capitaliste…

Hollande a réussi difficilement à en glisser une sur la « réforme territoriale » en cours, visiblement peu médiatisable pour Pujadas et Bouleau.

Sinon rien !

Et en matière de politique politicienne ?

Visiblement téléguidés, les journalistes sont revenus avec insistance sur les réformes de société promises et notamment l’attribution du droit de vote aux étrangers. Hollande connaît l’adage mitterrandien : « le droit de vote aux étrangers, en parler toujours avant les élections, pour gonfler l’extrême-droite, ne le réaliser jamais pour ne pas perdre cet outil politique ». Il va l’appliquer à fond.

Hollande laisse aux journalistes le soin de placer la prochaine étape du « changement » politique à une éventuelle primaire avant les élections de 2017.

En définitive, le plus intéressant dans l’interview de Hollande est sans doute ce que nous apprendrons demain par Médiamétrie : que personne ne l’a écouté !

Plus que jamais, l’alternative politique se passe ailleurs, contre ce système discrédité, dans les luttes pour le principal, pour la réponse aux besoins des travailleurs et des populations, contre les prévaricateurs soutenus par l’Etat et des pantins comme Hollande, Valls ou Montebourg et les équipes de remplaçants !