Questions de société

Le Parti communiste d’Irlande salue la victoire du Oui au référendum sur la légalisation de l’avortement

Traduction NK pour Solidarité Internationale PCF

Le Parti communiste d’Irlande se félicite du vote du peuple irlandais en faveur de la suppression du 8ème amendement anti-femmes de la Constitution. Le résultat de 66% pour le Oui, contre 34% pour le Non, avec une forte participation, est un hommage à des années de travail et de campagne par de nombreux groupes et individus, et n’a que peu ou rien à voir avec les partis de l’establishment.

Le vote en faveur du Oui est une grande victoire pour les milliers de jeunes militantes – mais aussi pour un bon nombre de militants masculins – qui ont travaillé dur pour obtenir cette victoire. C’est aussi une victoire pour les syndicats qui ont mis leurs ressources dans une campagne active et qui ont encouragé leurs membres à voter Oui, ainsi que pour les nombreuses organisations féminines, sociales et politiques qui se sont déclaré en faveur du Oui. Il est également important de reconnaître l’action de nombreux militants du nord de l’Irlande qui se sont déplacés pour apporter un soutien actif à la campagne pour le Oui.

La victoire du Oui est aussi un hommage aux générations précédentes de militantes qui n’ont jamais abandonné mais ont toujours continué à s’opposer au 8ème amendement après son insertion dans la Constitution il y a trente-cinq ans.

Les forces actives de la campagne du Non font partie de l’histoire de l’Irlande qui est en déclin et qui s’estompe. C’est aussi une défaite significative pour les forces réactionnaires des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et d’autres pays européens qui sont intervenues directement dans la campagne référendaire avec de l’argent et des outils de campagne ainsi qu’avec des gens.

Cette victoire est un développement significatif dans la vie politique de notre pays. L’expérience vécue par les femmes et les problèmes et défis auxquels elles ont été et continuent d’être confrontées ne sont plus aussi invisibles qu’au moment de l’adoption du 8ème amendement. Les femmes irlandaises ont grandi dans la confiance et l’estime en elles-mêmes. Le retour au pays de milliers de nos concitoyens pour voter Oui est une grande manifestation de solidarité et le signe d’un sentiment partagé que le changement est nécessaire et, plus important encore, qu’il est possible.

Mais il est clair que nous avons encore un long chemin à parcourir pour atteindre l’égalité. La prochaine étape de cette lutte démocratique est de veiller à ce que les partis de l’establishment tiennent leurs promesses en ce qui concerne la législation relative à l’avortement. L’élan politique et la mobilisation qui ont émergé de la campagne du Oui doivent rester actifs et visibles. L’expérience de la campagne Right2Water montre que la mobilisation et le mouvement du peuple est essentielle.

Il nous a été promis un référendum sur la propriété publique de l’eau par l’establishment, une promesse qui n’a pas encore été honorée. Jusqu’à présent, elle s’enlise dans le marais des procédures et des commissions de l’Assemblée d’Irlande, dans le cadre des efforts continus de l’establishment pour aspirer l’énergie de la mobilisation de masse. Ce sont les actions du peuple et sa mobilisation active qui peuvent être et seront le facteur décisif pour apporter le changement. Seule une lutte politique active peut apporter des changements.

Mantes-la-Jolie: un jeune gravement brûlé après une interpellation de police. Communiqué de la section du PCF

Nous vous prions de bien vouloir trouver, ci-dessous, le communiqué que nous avons envoyé à toute la presse locale jeudi dernier.

Nous vous en souhaitons une bonne lecture.

 

Certains quartiers de Mantes-la-Jolie sont surveillés depuis février 2017 par des hélicoptères et des drones policiers!

Droit à la sécurité : OUI. « Tout répressif » : NON

Une personne a dû être hospitalisée (pour des brûlures aux 2° et 3° degrés) suite à une interpellation de police à Mantes-la-Jolie.

Sans préjuger de l’enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), force est de constater que, depuis plusieurs mois, les plaintes se multiplient.

Nous ne pouvons que constater la multiplication de ces signalements depuis la mise en place d’une « expérimentation de sécurité renforcée » à Mantes-la-Jolie.

Nous avions aussitôt mis en garde le gouvernement contre le risque de stigmatiser une commune tout entière et l’ensemble de ses habitants assimilés de fait à des délinquants.

Nous mettions également en garde contre les risques de dérives graves que comporte une telle attitude.

C’est en effet un véritable cercle vicieux qui se crée entre un déploiement de forces aveugle et une population qui se sent agressée alors que délinquance, petits et gros trafics – qui sont le fait d’une minorité – continuent à prospérer et pourrir la vie de la cité pendant que « les projecteurs restent braqués ailleurs ».

IL FAUT SORTIR DE CE CERCLE VICIEUX.

Cela suppose tout d’abord de tirer les leçons de cette « expérimentation ».

Non, le survol de Mantes-la-Jolie et des communes environnantes par un hélicoptère des forces de l’ordre et des drones, les patrouilles de CRS, les caméras de surveillance sur la voie publique .. n’ont rien d’une politique sérieuse de sécurité.

Bien au contraire, ils introduisent une atmosphère délétère.

Mantes-la-Jolie, et chacun de ses quartiers, ce sont d’abord 45.000 habitants soucieux de mieux vivre ensemble, qui font vivre solidarité et multiples activités associatives malgré les nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés.

45.000 habitants qui aspirent à vivre en sécurité. Un besoin auquel ne répondront ni un déploiement de forces aveugles ni une police municipale dispendieuse et armée.

Pour les communistes, le droit de chacun à la sécurité exige des mesures concrètes et de fond.

A commencer par la police nationale de proximité (et non la « police de sécurité du quotidien » centrée sur la répression qui est envisagée par le gouvernement).

Une police nationale, augmentée en effectifs, formée et apte à créer et à recréer contacts et écoutes réciproques avec les habitants, les associations, les commerçants. Et nous savons pouvoir compter pour cela sur l’immense majorité de la population et des fonctionnaires de police soucieux de faire vivre le droit à la sécurité pour chacun d’entre nous.

Cela passe également par une politique ambitieuse ouvrant des perspectives d’avenir pour toutes et tous en matière d’emploi, de salaire, de logement décent, de politique sociale …

Mantes-la-Jolie, le 16 novembre 2017

Les députés communistes grecs (KKE) ont voté contre la ratification de l’Accord de Paris « sur le climat » au Parlement européen

Nous publions le communiqué du 7 octobre 2016 de la délégation du Parti communiste grec (KKE) au Parlement européen (Traduction MlN pour « Solidarité internationale PCF – Vive le PCF »). Les députés européens du KKE expliquent pourquoi ils ont voté contre la ratification de l’Accord de Paris sur le climat (610 pour, 38 contre, 31 abstentions). Le seul député issu du PCF restant, Patrick Le Hyaric, s’est au contraire félicité « d’un vote historique pour lequel le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a fait le déplacement ».

Accord de Paris sur le climat : un nouveau champ de profit pour les monopoles, au milieu d’une concurrence féroce.

La délégation du KKE au Parlement européen a voté contre la ratification de l’Accord de Paris sur « le changement climatique » en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg parce qu’il perpétue les causes des problèmes environnementaux que la voie du développement capitaliste crée et exacerbe.

Dans son explication de vote, la délégation du KKE a insisté sur les points suivants :

« L’Accord de Paris sur le climat est un compromis temporaire entre les centres impérialistes et les pays capitalistes les plus puissants. Il ne cherche pas – pas plus qu’il ne le peut – à répondre aux problèmes environnementaux aigus créés par le mode capitaliste de production, parce qu’il envisage la question environnementale comme un moyen d’accroître les profits des grands groupes, dont le pillage des ressources naturelles a des effets dévastateurs non seulement par leurs émissions polluantes incontrôlées, mais aussi à cause des guerres impérialistes partout dans le monde.

Le cœur de l’Accord réside dans les différents systèmes d’échange des quotas d’émission [de gaz]. Il a été démontré que ces mécanismes d’achat et de vente lucratifs de la pollution elle-même intensifient la dégradation de l’environnement.

Les technologies « vertes » sont destinées à ouvrir de nouveaux champs d’investissement pour les monopoles avec la perspective de profits immenses et rapides, dans un contexte de concurrence intense et dans un secteur où l’UE joue un rôle dominant et pense que ses propres groupes capitalistes bénéficient d’un avantage comparatif. Quand on prétend financer les pays pauvres et les moins avancés en vue d’atteindre les objectifs de l’accord, il ne s’agit de rien d’autre que d’un nouveau moyen pour les groupes capitalistes de pénétrer de nouveaux marchés et de piller encore davantage les peuples et leurs ressources.

Le résultat assuré de cet accord (comme du précédent, à Kyoto, etc.) sera l’aggravation des problèmes environnementaux, de la situation et des conditions de vie des familles des couches populaires.

Seule la socialisation des richesses et des moyens de production, une économie et une société qui ne reposeront pas sur le profit capitaliste, mais sur la satisfaction des besoins des peuples, sont susceptibles de garantir un impact planifié, cohérent et équilibré du travail humain sur la nature et sur l’environnement. Pour cette vie que les travailleurs méritent, il faut qu’ils prennent les rênes de l’économie, fondent leur propre alliance sociale rompant avec la barbarie capitaliste, les monopoles et les unions impérialistes ».

Jeux olympiques à Paris : plutôt que le matraquage, le débat contradictoire et un référendum

La candidature de Paris pour l’organisation des Jeux olympiques d’été en 2024 suscite un gros enthousiasme parmi les grandes entreprises, les patrons et les politiciens. Vu les promesses de milliards d’euros de profit, engrangés sur des investissements publics juteux, on les comprend. Les autorités, François Hollande, Anne Hidalgo, le Comité olympique déclarent unilatéralement que tout le pays suit leur choix et tous les contribuables sont heureux. Préventivement, ils annoncent – y compris avec la caution d’une partie de la « gauche » – des dépenses publiques modérées et des retombées bénéfiques.

Sauf que les gouvernements grec (Athènes 2004), chinois (Pékin 2008), britannique (Londres 2012) ou brésilien  (Rio 2016) ont tous promis la même chose. Sans parler des jeux olympiques d’hiver… Et à chaque fois, les budgets initiaux ont explosé aux dépens des contribuables et des peuples, au profit des multinationales sinon des mafias. Les chiffres, officiels, sont parlants :

PCF refus jeux olympiques paris 2024

Pour l’instant, Paris 2024 doit coûter officiellement 6,5 milliards d’euros. Quel coefficient de sous-estimation doit-on appliquer ? La construction de la Philharmonie (équipement culturel utile celui-ci) a coûté aux collectivités et à l’Etat deux fois plus qu’annoncé (400 millions d’euros au lieu de 200) pour le plaisir notamment de Bouygues…

« Evénement populaire », les JO ? Les habitants de Rio ont été presque tous exclus, pour cause de prix, des 15 jours de spectacle, alors que c’est eux qui sont ponctionnés ! Les stades flambants neufs – et bourrés de malfaçons – étaient bien vides cet été. Les JO ont entraîné la Grèce dans la corruption totale et la crise que l’on sait. A Londres, les profits ne sont pas allés aux Londoniens !

« Glorification de la noblesse du sport et de la santé » les JO ? Le sport amateur y est depuis 30 ans juste toléré comme faire valoir du sport-business avec des idoles publicitaires, gavées de produits et de fric. Seul le chauvinisme, de plus en plus étroit et commercial, demeure du soi-disant idéal olympique du Baron de Coubertin. Dans la Grèce antique, les JO étaient une période de trêve dans les guerres entre les cités. Aujourd’hui, à l’âge néo-capitaliste, ils avivent les tensions, les hostilités, les haines, la mise en concurrence entre les peuples. Certains Etats (Qatar) vont jusqu’à acheter des champions étrangers en leur offrant des naturalisations factices.

Le sport populaire sort-il dopé des JO ? Une récente décision, particulièrement mesquine, de la municipalité de Paris, donne une bonne idée de sa notion de l’affectation de l’argent. La température des 37 piscines parisiennes va être abaissée d’un degré pour économiser … 200.000 euros par an. Sans doute pour combler une partie des milliards d’euros destinés aux JO !

La moindre des choses en tout cas – communistes, nous nous adressons dans ce sens aux donneurs de leçons de démocratie –serait d’organiser un référendum à Paris et en Ile-de-France. Cela obligerait les autorités à informer de façon moins dépendantes des puissances d’argent et à laisser la parole à des contradicteurs.

Dans un pays, que l’on dit relativement épargné par la crise, l’Allemagne, les habitants de Hambourg et de Munich, ayant obtenu la tenue de référendums, ont, tour à tour, dit NON aux projets de JO (d’été et d’hiver) voulus par les autorités régionales et le patronat. A Rome, la nouvelle maire – sur ce plan du moins – a respecté ses engagements électoraux et couper court au projet ruineux « Rome 2024 », au grand dam notamment des firmes de l’immobilier.

Anne Hidalgo et Valérie Pécresse ont au moins autant l’obligation de faire le choix de la démocratie. Ensemble, sachons le leur rappeler !