Politique étrangère

Si le Gouvernement des États-Unis souhaite vraiment aider le peuple cubain, le blocus doit être levé

La visite et l’accueil du président des Etats-Unis, Barack Obama, à Cuba du 20 au 23 mars 2016, marquent une nouvelle étape dans le processus de détente entre les deux pays, après le rétablissement des relations diplomatiques l’été dernier. L’affrontement politique et économique, depuis toujours inégal mais marqué par la formidable capacité de résistance du peuple cubain, persiste. Mais il prend une nouvelle forme, moins agressive, dans des conditions internationales, continentales et nationales qui ont changé. Derrières les sourires présidentielles cependant, de nombreuses questions restent en suspens. L’impérialisme US se garde toujours de restituer, par exemple, à Cuba la base militaire de Guantanamo. Il dose savamment le relâchement du blocus économique sans le lever. Sur ce sujet, nous reprenons ci-dessous une déclaration du ministre cubain des relations extérieures. Le gouvernement français suit l’impérialisme américain dans sa nouvelle stratégie, comme en a témoigné récemment la visite du président Raul Castro à Paris et le dîner donné en son honneur. On notera que les autorités françaises s’abstiennent, malgré le changement de cours, de demander aux Etats-Unis le remboursement, du moins pour du préjudice subi par le fisc français, des amendes indignes et scandaleuses qu’ils ont infligées au Crédit Agricole et à la BNP-Paribas pour leurs échanges avec Cuba…   (Solidarité internationale PCF – vivelepcf)

Si le Gouvernement des États-Unis souhaite vraiment aider le peuple cubain, le blocus doit être levé

Déclaration du 17 mars 2016, de Bruno Rodriguez Parrilla, ministre cubain des relations extérieures, à propos de la visite à La Havane du président des Etats-Unis, Barack Obama, traduction reprise de l’édition en français du journal Granma, organe officiel du Comité central du Parti communiste cubain.  

Le 15 mars, les Départements du Trésor et du Commerce ont émis de nouvelles dispositions qui modifient l’application de certains aspects du blocus exercé par les États-Unis contre Cuba.

Il s’agit de la quatrième annonce de ce genre de la part du gouvernement des USA après le 17 décembre 2014, date à laquelle les présidents des deux pays ont annoncé leur décision de rétablir les relations diplomatiques.

À l’heure actuelle, nous étudions leur portée afin de confirmer leur viabilité.

Toutefois, à titre préliminaire, on peut affirmer que ces mesures sont positives.

Certaines d’entre elles élargissent la portée de celles qui avaient adoptées auparavant, comme c’est le cas de la disposition autorisant les voyages individuels pour les échanges éducatifs « de peuple à peuple ». Cependant, il faut rappeler que l’interdiction aux citoyens des États-Unis de voyager librement à Cuba est toujours en vigueur, cette compétence relevant du Congrès.

L’autorisation d’utiliser le dollar dans les transactions internationales de Cuba, qui a été ajoutée à ce nouveau paquet de mesures, concerne un aspect important du blocus. Pour que cette mesure soit viable, il faudrait une déclaration politique et des instructions claires et précises de la part du Gouvernement des États-Unis offrant une sécurité juridique et politique aux banques, pour qu’une fin soit mise à la traque financière et inverser les effets intimidants des sanctions imposées au fil des ans aux institutions financières nord-américaines et de pays tiers pour avoir entretenu des rapports légitimes avec Cuba.

Dans les prochains jours, nous allons tenter d’effectuer des transferts en dollars pour vérifier s’ils peuvent vraiment être réalisés, et si les banques ont reçu les instructions leur permettant de faire des opérations avec Cuba sans crainte d’être pénalisées.

Par ailleurs, nous espérons que, dorénavant, des sanctions comme celles infligées à d’importantes banques comme la Commerzbank et le Crédit Agricole, pour ne mentionner que les cas les plus récents, ne se répéteront plus, et que des institutions financières étrangères ne refuseront plus d’entretenir des rapports avec notre pays.

La mesure concernant l’utilisation du dollar ne signifie pas une normalisation des relations bancaires entre Cuba et les États-Unis. Les banques cubaines ne peuvent pas ouvrir de comptes dans les banques nord-américaines. En conséquence, il nous faudra continuer de réaliser nos transactions à travers des pays tiers, ce qui renchérit le coût des opérations et complexifie les démarches.

Le reste des mesures mises en vigueur ne modifient pas l’application des éléments médullaires du blocus. Par exemple :

•    On ne permet pas d’investissements dans notre pays au-delà de ceux déjà approuvés dans le secteur des télécommunications.

•    L’interdiction frappant les importations de produits cubains aux États-Unis, y compris de médicaments et de produits biotechnologiques, est toujours en vigueur, si bien que le commerce bilatéral restreint autorisé demeure essentiellement unidirectionnel. Seule la prohibition absurde aux citoyens étasuniens de consommer des produits et recevoir des services cubains dans des pays tiers a été modifiée.

•    Les restrictions en vigueur concernant les exportations des USA vers Cuba ne changent pas. Elles sont limitées et excluent des secteurs clés de l’économie cubaine.

•   La disposition qui interdit l’accès aux ports nord-américains, pour une période de 180 jours, aux navires de tiers pays ayant qui mouillent dans des ports cubains –ce qui occasionne des pertes au titre des frets –, est toujours en vigueur. La seule disposition adoptée à ce sujet n’avait pas pour but de favoriser Cuba, mais de rendre plus rentables les opérations des compagnies de navigation étasuniennes.

•   Des citoyens et des entreprises cubaines et d’autres pays figurent toujours sur une liste arbitraire connue comme « nationaux spécialement désignés », qui les empêche de réaliser des transactions avec des entités des États-Unis et leurs filiales.

Toutes ces restrictions peuvent être éliminées à travers des décisions exécutives.

La réalité, c’est que le blocus est toujours en vigueur. Le Secrétaire du Trésor Jack Lew a lui-même reconnu, il y a deux jours, que le blocus limite encore « très, très significativement» le volume des transactions entre Cuba et les États-Unis.

Le blocus a aussi des composantes dissuasives et punitives. Voici quelques exemples :

•   Des entreprises étasuniennes et étrangères ont encore récemment été condamnées à verser des amendes pour avoir offert des services et du matériel d’origine étasunien à Cuba.

•    Des entreprises étrangères qui commercialisent du nickel et du rhum cubain ont été privées de leurs lignes de crédits, et leurs transferts ont été refusés, même dans des monnaies autres que le dollar US.

•   Des banques étrangères ont fermé les comptes bancaires dans d’autres monnaies à du personnel de la santé cubain qui apporte sa coopération dans des pays d’Afrique.

•   Des filiales d’entreprises étasuniennes dans des pays tiers refusent leurs services aux missions diplomatiques et aux entités cubaines à l’étranger.

Le blocus constitue le principal obstacle au développement économique de Cuba et impose des privations au peuple cubain.

C’est pourquoi son élimination sera essentielle pour normaliser les relations entre nos deux pays.

De hauts fonctionnaires étasuniens ont affirmé que l’objectif des mesures approuvées était d’ « autonomiser » le peuple cubain. Si le Gouvernement des États-Unis souhaite vraiment aider le peuple cubain, le blocus doit être levé.

Nous reconnaissons la position du président Obama contre le blocus, ainsi que les nombreux appels qu’il a lancés au Congrès en faveur de sa levée.

Nous espérons que le Congrès des États-Unis agira en conséquence face à une revendication quasi-unanime de la communauté internationale et de secteurs de plus en plus vastes de la société et de l’opinion publique des États-Unis.

Cuba est engagée dans la construction d’une nouvelle relation avec les États-Unis, dans le plein respect de sa souveraineté et fidèlement attachée à ses principes de justice sociale et de solidarité.

Cependant, personne ne peut prétendre que Cuba doive renoncer à un seul de ses principes, ni à sa politique extérieure engagée envers les causes justes du monde et la défense de l’autodétermination des peuples.

Dans les prochains jours, nous accueillerons le Président des États-Unis avec l’hospitalité qui nous distingue, et avec le respect et la considération qui lui sont dues en sa qualité de chef d’État.

Ce sera pour lui l’occasion de connaître notre réalité et un peuple noble, digne et doté d’un sens élevé du patriotisme, un peuple qui lutte pour un avenir meilleur malgré toutes les adversités qu’il a dû affronter.

Le président des États-Unis pourra apprécier directement une nation absorbée dans son développement économique et social, dans son travail pour améliorer le bien-être de ses citoyens. Un peuple qui jouit de droits et peut afficher des acquis qui constituent une chimère pour beaucoup de pays du monde, en dépit des limitations découlant de son double statut de pays soumis à un blocus et de pays sous-développé.

Ce sera aussi une occasion importante pour identifier les nouveaux pas qui pourraient être franchis dans les prochains mois, comme une contribution au processus d’amélioration des relations, sur des bases de respect et d’égalité, au profit de nos deux pays et de nos deux peuples.

Entre une visite au premier ministre turc Davutoglu et une invitation de président français Hollande, Tsipras s’arrête un instant avec le PGE et Pierre Laurent (11 mars 2016)

Brève, vivelepcf, 12 mars 2016

Finalement, le « grand meeting européen » du Parti de la Gauche européenne annoncé pour le 11 mars par la direction du PCF avec Pierre Laurent, Alexis Tsipras et – « à confirmer » – Pablo Iglésias s’est réduit à une conférence de presse, coincée entre deux rendez-vous de Tsipras. Sans Iglésias, mais avec la députée verte allemande Ska Keller (ex-binôme de José Bové aux élections européennes).

Nous ne revenons pas sur la signification politique du choix de Pierre Laurent de s’afficher derrière la figure européenne de l’extrême-gauche de la résignation ou plutôt de la gauche de l’extrême résignation. Voir notre article en lien : Meeting Laurent/Tsipras le 11 mars: Tsipras inspirateur de la direction du PCF et des primaires à la française ?

La conférence de presse a principalement porté sur la question des réfugiés. Là encore, l’hypocrisie et le cynisme de Tsipras ont éclaté.

Notons d’abord que Mme Ska Keller s’est lancée dans le plaidoyer classique pour « plus d’Europe », fustigeant l’égoïsme – et surtout la souveraineté nationale – des peuples. Comme si l’UE, coordination des impérialismes européens, ne portait pas une responsabilité écrasante, à côté des Etats-Unis, dans la déstabilisation des Etats et les guerres au Moyen-Orient et dans le drame des réfugiés. Comme si, en fait de grandeur d’âme, sa chancelière Merkel ne recherchait pas à importer de la main d’œuvre qualifiée et bon marché pour le capitalisme allemand quitte à sacrifier des centaines de milliers d’autres « migrants ».

Tsipras a plaidé pareillement pour une Europe plus généreuse. Pourtant, trois jours plus tôt, le 8 mars, il s’accordait à Izmir avec le premier ministre islamo-réactionnaire Ahmet Davutoglu.

Que les dirigeants de pays voisins, directement concernés par cette question majeure, se rencontrent : cela n’a rien de choquant. Mais Tsipras a affiché son soutien avec la politique du pouvoir turc qu’il s’est engagé à défendre au sommet européen. Comme si la Turquie ne jouait pas, au niveau d’un Etat, le rôle de « passeur », de « dealer » de réfugiés, retirant 6 à 7 milliards d’euros de l’UE de son chantage. « Généreux » à la façon européenne, Tsipras remercie la Turquie d’accepter, pour cette somme, de reprendre sur son territoire les migrants « économiques » refoulés par l’UE. Comment Tsipras distingue-t-il un réfugié afghan économique d’un réfugié afghan politique ? Sinon, pas un mot critique de Tsipras envers la politique turque qui attise la guerre en Syrie, soutient les terroristes islamistes, exacerbe les tensions avec la Russie, massacre les Kurdes.

Tsipras a poussé la complaisance jusqu’à distribuer des roses, en compagnie de Davutoglu, à l’occasion de la Journée de la femme, au moment même où les femmes progressistes turques se faisaient tabasser et arrêter par la police…

Il faut rappeler que la Grèce de Tsipras et la Turquie d’Erdogan ont un parrain commun : l’OTAN. Tsipras et son ministre de la défense d’extrême-droite Kammenos ne cessent de réclamer plus d’intervention de l’alliance impérialiste et fauteuse de guerre en mer Egée.

Tsipras mérite sans conteste la médaille d’or européenne de l’opportunisme en politique. Suivre son exemple est-il un gage de réussite (même par défaut) aux élections ? Pas sûr ! Tous les dirigeants « de gauche » ne disposent pas de son brio personnel. Surtout la Grèce a traversé un état de crise politique très particulier amenant le système à avoir recours à son profil.

A propos, le lendemain de la conférence de presse, Tsipras est parti à l’Elysée honorer l’invitation de Hollande faite aux dirigeants socio-démocrates d’Europe. C’est pour cela qu’il est venu à Paris.    

La couleur du deuil, ce n’est pas le bleu-blanc-rouge !

Tribune Emmanuel Dang Tran reprise par vivelepcf, 27 novembre 2015

Aujourd’hui, ne nous trompons pas de couleur, ne nous trompons pas de drapeau !
Si nous voulons exprimer notre deuil après les attentats du 13 novembre et nos condoléances aux proches des victimes, en France traditionnellement, la couleur appropriée, c’est le noir.
Si nous voulons appuyer la politique guerrière menée par les grandes puissances occidentales depuis des années, le drapeau le plus approprié serait celui des Etats-Unis ou plutôt celui de l’OTAN. Communiste français, je me bats pour que ce ne soit pas le drapeau bleu-blanc-rouge.

Ceux qui soutiennent la politique de Hollande doivent arborer ce drapeau là, celui de l'OTAN!

L’émotion collective et un certain élan de fraternité dans la population sont des réactions normales et saines devant l’horreur des crimes du 13. Le matraquage médiatique prépare leur récupération. Le pouvoir met tous ses moyens pour transformer la réaction populaire en soutien à sa politique de guerre, de répression et casse des acquis démocratiques et sociaux.

La manipulation de l’opinion dans ce but avec le drapeau – qu’aujourd’hui Hollande enjoint de déployer à sa fenêtre « en hommage aux victimes » – est aussi évidente que grossière. Il n’en est pas moins nécessaire de la dénoncer parce qu’elle prend et parce qu’elle fait peur.

L’idéologie dominante n’est jamais à cours d’inventivité dans ses outils de propagande. Les réseaux « sociaux » viennent d’en déployer de nouveaux, perfides et dangereusement efficaces. Le soir des attentats, une application « Facebook » permet à chacun de rassurer ses proches (connectés) en leur envoyant le message « en sécurité ». A priori, c’est bien intentionné. Mais le lendemain, une autre application « Facebook » – un simple clic – joue sur le réflexe conditionné pour inciter les « amis Facebook » à mettre un fond bleu-blanc-rouge derrière la photo de leur page d’accueil. Invitons nos amis psychologues et sociologues à démasquer les ressorts de l’opération ! En tout cas, même cela, ça fait peur.

Depuis 15 jours, la surenchère d’invocations tricolores et de déclamations patriotiques, parfois jusqu’à l’ineptie, entretient de confusions, des mensonges très dangereux, au service de la pire des politiques.  

Non, les spectateurs du Bataclan et les clients des restaurants assassinés ne sont pas « morts pour la France ». Justement, ce qui fait une part de l’atrocité du crime, c’est qu’elles ont été les victimes innocentes d’un acte lâche. Il n’y a pas de raison que l’hommage national ait lieu aux Invalides, site militaire, et non, par exemple, devant le Bataclan.

Non, les attentats n’ont pas visé notre mode de vie, notre culture nationale ! On pourrait presque rire en pensant au concert de hard rock américain et au restaurant cambodgien (même si l’identité culturelle de la France est diverse et heureusement). Pensons un instant à l’atteinte à leur mode de vie, qu’il soit occidental ou oriental, que subissent les habitants d’Alep, de Mossoul ou de Tripoli sous les bombes des impérialistes et des terroristes ! Cette rhétorique nationale identitaire, diffusée par les médias de masse, tend la perche aux racistes qui pointent du doigt les réfugiés ou certaines autres composantes de la population nationale, originaires de pays où la religion musulmane prédomine. C’est le résultat et le but probable de ce discours. Là aussi, ça fait peur.

Sur le même ton, de façon inédite « à gauche », Hollande a repris et développé les positions de la droite extrême et de l’extrême droite en demandant que certains criminels soient déchus de la nationalité française. C’est de l’incitation au racisme. On connaît le discours : il y aurait les bons et les mauvais Français (sans parler des étrangers) et surtout certains qui pourraient être présumés « moins bon Français ». Il n’est venu à l’idée de personne de déchoir de la nationalité française les terroristes de l’OAS ou les pires collabos fascistes, ou le docteur Petiot. Ceux qui nous parlent d’union nationale sous le drapeau insufflent la division dans le pays pour mieux faire passer leur politique. Là encore, ça fait peur.

Il y en a aussi assez d’entendre que les attentats ont frappé le « pays des Droits de l’Homme ». La France est certes le pays où la Déclaration des Droits de l’Homme a été rédigée mais l’Etat français n’en est pas l’incarnation parfaite ! Les terroristes « islamistes » ont frappé aussi l’Espagne, la Tunisie ou surtout la Syrie où n’a pas été rédigée la dite Déclaration ! Et le gouvernement vient d’informer le Conseil de l’Europe qu’avec l’état d’urgence, il allait « déroger à certains droits garantis par la Convention européenne des Droits de l’Homme ». C’est effrayant !

Il n’y a pas besoin d’être grand géo-stratège pour comprendre que la France est attaquée parce que les dirigeants français, depuis Sarkozy, sont devenus les premiers propagandistes, les fers de lance dans le monde – politiquement encore plus que militairement – des guerres qui ont semé la désolation et la mort notamment en Libye et en Syrie (tout en soutenant les guerres israéliennes). Et c’est précisément parmi les populations livrées au chaos par ces guerres que les terroristes islamistes veulent recruter et asseoir leur pouvoir. Et c’est parmi les populations du monde, qui identifient le plus facilement – à tort ou à raison – leurs malheurs à ceux de ces pays dévastés, que les terroristes islamistes espèrent trouver quelques paumés et autres fous en mal de dérive sectaire et de violence.

Je souhaite l’élimination de Daesh et tous les groupes monstrueux équivalents. C’est bien pourquoi je ne peut pas me ranger derrière le drapeau de ceux qui entendent intensifier la politique et les guerres qui ont fait le lit de ces groupes, qui les ont créés, financés et armés.

L’émotion, le matraquage, (l’opportunisme de misérables politiciens ralliés à l’Union sacrée avant les élections !), ne doivent pas nous rendre dupes du discours hypocrite et cynique des Hollande, Valls, Sarkozy et cie. Malgré les attentats de Charlie, les aviations américaines et françaises ont largement ménagé Daesh, l’ont notamment laissé conquérir Palmyre pour affaiblir Assad.

On a pu lire dans la presse mercredi (25/11) que le prince saoudien al-Walid Ben Talal « finalisait un accord historique avec la Caisse des dépôts et huit grands groupes français » pour des centaines de millions d’euros d’investissement dans « les énergies renouvelables ». Le même prince Ben Talal reconnaissait, il y a un an, sur la chaîne américaine CNN, que l’Etat saoudien avait financé et armé Daesh et que des milliardaires saoudiens continuaient à le faire.

Peut-être que cette fois-ci, les Etats-Unis et leurs alliés vont réellement éliminer Daesh, pour que Poutine ne le fasse pas avant eux. Mais ce sera pour continuer la politique qui crée des Daech, peut-être même pour raviver Al Qaïda dont Laurent Fabius en 2014 a salué « le bon boulot sur le terrain » de la branche syrienne Al Nosra.

La phrase souvent reprise, mais si juste, me revient : « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels » (Anatole France).

Eliminer Daesh et ses clones à la racine, passe l’assèchement de leurs bases financières, militaires et idéologiques. Pour la France, cela passe par la rupture des relations avec les dictatures obscurantistes du Golfe – qui sont également chancres financiers –, par la dénonciation de la sale guerre saoudienne contre le Yémen, par une politique de pression sur la Turquie. Cela passe par l’arrêt de la participation de notre pays à la « guerre des civilisations », à la stratégie du chaos, à la politique de destruction des Etats du Moyen-Orient poursuivies sous la direction de l’impérialisme américain et de l’OTAN.

Le drapeau bleu-blanc-rouge est le symbole de notre nation, de son histoire, dans toutes leurs contradictions. Il a été souvent sali puis quelques fois lavé depuis 200 ans. Il n’est pas question pour moi de le renier, de la renier parce qu’elle existe, parce que c’est la mienne, parce que je souhaite contribuer à ce qu’elle prenne le chemin du progrès, du socialisme, de l’amitié internationaliste entre les peuples. Chaque usage du drapeau tricolore, ou de la Marseillaise, a un sens. J’admire le courage de ceux qui les ont arboré et chantée dans la lutte pour l’indépendance de notre peuple face à l’occupant allemand. Comme les autres, j’aurais bricolé des drapeaux soviétique, britannique, américain et français pour saluer les libérateurs de 1944. Mais en aucun cas, je n’aurais agité le drapeau tricolore en mai 1958 pour la poursuite du régime colonial en Algérie…

Aujourd’hui, le rassemblement derrière le drapeau voulu par Hollande, c’est l’enrôlement derrière la politique de guerre impérialisme, de répression des libertés, d’accroissement des injustices sociales en France dans l’intérêt des capitalistes.

C’est un combat important, immédiat de le faire comprendre. L’alignement de la direction du PCF sur Hollande, dans « l’Union sacrée », l’état d’urgence, sa capitulation devant la guerre impérialiste est d’autant plus inacceptable et  grave.

Que ceux qui adhèrent à cette politique le montrent avec son vrai drapeau : celui de l’OTAN, s’ils le veulent avec ceux de l’Union européenne et des Etats-Unis !

Parce que je veux que mon pays œuvre à la paix, je laisse aujourd’hui mes drapeaux bleu-blanc-rouge au placard !

Ne nous laissons pas enrôler dans leur sale logique de guerre !

Tract PCF Paris 15 à reprendre

Les horribles attentats du 13 novembre ont suscité une immense émotion collective et un élan de fraternité dans le pays. Le pouvoir en France s’empresse de les récupérer pour tenter de justifier sa politique guerrière, répressive et antisociale. Les grandes puissances de l’UE, les Etats-Unis, Israël félicitent Hollande et Valls. La quasi-totalité des dirigeants politiques français se rallient à cette nouvelle « union sacrée ». Ils viennent d’approuver notamment l’établissement et la prolongation de l’ « état d’urgence ». Avec quelques voix, notamment syndicalistes, nous nous élevons devant cette politique dangereuse et nous appelons les travailleurs et la population à ne pas se laisser embrigader aux dépens de leurs propres intérêts.

Les violences aveugles et les provocations des terroristes nous révulsent. Autant que tout le monde, nous voulons que les auteurs de ces crimes – s’il y a des survivants – et leurs commanditaires soient arrêtés et jugés. Les moyens sécuritaires considérables dont dispose l’Etat (sans « état d’urgence ») doivent être dirigés vers cet objectif.

Mais, le terrorisme et la guerre impérialiste sont les deux faces de la même pièce. Certaines réalités sont indiscutables. C’est la politique des Etats-Unis, suivie par la France, qui a dévasté et démantelé l’Irak, la Libye, la Syrie, sans parler de l’Afghanistan et de plusieurs pays l’Afrique. Elle a fait le lit des groupes et armées terroristes. Ce sont les alliés, les si « bons amis » de la France (du PSG!) – Arabie Saoudite et Qatar, l’allié dans l’OTAN – la Turquie – qui ont financé et armé Daesh. Les puissances impérialistes ont cherché à créer le chaos dans cette région sensible et pétrolifère. En 15 ans, elles y sont parvenues, causant des centaines de milliers de morts, une désolation et un exode sans précédent.

Prétendre combattre le terrorisme en continuant cette politique, en ajoutant des bombes est inacceptable ! Valls se dresse aujourd’hui au garde-à-vous parce qu’il a fait larguer quelques bombes sur des bases de Daesh. Mais, malgré les proclamations suivant les attentats de « Charly », Etats-Unis et France se sont bien gardées de bombarder les forces de Daesh devant Palmyre pour « ne pas aider Assad ». Quelle hypocrisie ! Quel cynisme !

En 2004, 192 Espagnols succombaient aux attentats terroristes dans les trains à Madrid. Les mêmes, USA et UE, promettaient alors qu’ils allaient en finir avec Al Qaïda. Maintenant, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, félicite Al Nosra, la branche syrienne d’Al Qaïda, pour son « bon boulot sur le terrain » !

Al Qaïda, Daesh, quoi d’autre demain ? Aujourd’hui, les puissances impérialistes occidentales sont peut-être prêtes à laisser tomber Daesh de peur que la puissance russe leur dame le pion. Mais cela n’apportera aucune solution à l’escalade recherchée de la terreur et de la guerre. Cynisme intégral !

Après les attentats de Paris, nous appelons à une rupture totale de la France avec cette politique de guerre impérialiste. Nous appelons à rompre le soutien politique et les livraisons d’armes aux relais du terrorisme que sont l’Arabie Saoudite et le Qatar, à s’attaquer aux sources de financement de Daesh, à revoir les relations avec le pouvoir turc.

Hollande et Valls, après Sarkozy et Fillon nous expliquent qu’il n’y a pas d’argent pour la santé ou l’éducation. Mais ils trouvent des milliards d’euros pour de nouvelles dépenses militaires. Stop ! Arrêtons de payer pour les marchands de canons ! Les avions Rafale et les bateaux Mistral livrés à l’Egypte sont financés en fin de compte par le contribuable français. En échange des livraisons de Rafales au Qatar, Hollande donne un terminal aéroportuaire à Qatar Airways à Nice (contre Air France !). Assez : plus un sou pour la guerre impérialiste !

Les puissances impérialistes se disputent âprement les richesses. La destruction de la Libye a permis aux groupes pétroliers de s’emparer à vil prix des ressources du pays. Mais les guerres impérialistes actuelles, notamment au Moyen-Orient, ont aussi pour but de contribuer à créer un climat de peur, d’intimider et de diviser les travailleurs dans chaque pays.

Hollande et Valls sautent sur l’occasion des attentats pour surenchérir avec la droite dans le discours sécuritaire tout en faisant le jeu du FN. Pour de minables intérêts électoralistes à court terme mais pas seulement !

Fermer les frontières ? Hollande alimente délibérément le fantasme de l’ennemi de l’extérieur, du « danger des migrants ». C’est indigne ! Les réfugiés fuient les mêmes attentats – quotidiens chez eux – que ceux du 13 novembre. Ils fuient le terrorisme et la guerre ne demandent qu’à pouvoir retourner dans leur pays! Horriblement cynique encore: Les puissances européennes se disputent les plus formés des réfugiés comme main d’œuvre à bon marché !

Déchoir certains de leur nationalité française ? Comme si la France ne pouvait pas enfanter aussi des criminels et des monstres ? Hollande distille la méfiance vis-à-vis de telle ou telle composante de la population.

Plus que jamais, communistes, nous refusons que les travailleurs et habitants de France soient ramenés à une « identité » ethnique, religieuse ou « sociétale » et opposés les uns aux autres en ce nom et en dévoyant le concept de « laïcité ». Le crime, la mort, la guerre et le terrorisme ne font pas de différences !

Communistes, nous refusons que les uns et les autres, nos collègues ou nos voisins, soient amenés à se prononcer suivant telle ou telle « identité » présumée. Nous sommes d’abord tous des travailleurs, des retraités, des jeunes, des habitants, des locataires, des parents d’élèves, unis par nos intérêts communs, en tant que tels. Ces intérêts sont des intérêts de classe, ceux du monde du travail qui constitue l’immense majorité du pays. C’est leur défense qui a construit et construit la cohésion nationale.

Ce n’est pas un hasard si le pouvoir et l’ensemble des grands partis politiques utilisent les attentats pour tenter de museler le mouvement social, la lutte des classes. La prétendue riposte au terrorisme fait diversion et tente d’étouffer les mouvements sociaux sous une chape de peur et de fausse unité. Les attentats servent aussi de prétexte à la banalisation d’un appareil répressif, prêt à être dirigé contre les luttes populaires de France.

Nous affirmons notre rejet total de l’établissement de l’« état d’urgence et de sa prolongation votée par la quasi-totalité des députés et sénateurs. Il ne sert à rien contre les terroristes. Il ne fait que renforcer le climat de peur et l’arsenal répressif attentatoire aux libertés démocratiques.

Ces dernières semaines ont vu l’émergence de luttes sociales importantes, dans de nombreuses entreprises. Malgré le dévouement héroïque des personnels hospitaliers après les attentats, la direction de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris continue de vouloir supprimer leurs jours de repos pour faire le lit du privé. Les mesures antisociales, autoritaires, du gouvernement s’aggravent. La colère de salariés d’Air France devant le chantage exercé contre leur emploi, leur vie de famille, est criminalisée par Valls.

Tout est lié. Communistes, dans cette situation, nous réaffirmons donc plus que jamais :

  • Le refus conjoint du terrorisme et de la guerre impérialiste, des politiques qui les entretiennent
  • L’exigence immédiate de la fin des livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite et au Qatar
  • La nécessité de la sortie de la France de l’OTAN et de la rupture avec la politique extérieure commune de l’Union européenne
  • Le retour en France de tous les soldats français déployés à l’extérieur
  • Le rejet, plus que jamais, des tentatives de divisions « identitaires », la solidarité de classes entre les travailleurs
  • Notre priorité au relais et à l’animation des luttes sociales en France
  • Notre volonté de défendre la paix, les droits sociaux et démocratiques.

NI TERORISME, NI GUERRE IMPERIALISTE : UNE FRANCE DE PAIX ET DE JUSTICE SOCIALE !