Politique étrangère

Macron et son ami le prince-dictateur Ben Salmane qui massacre le peuple yéménite: Arrêt total des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite !

L’ami de Macron : le dictateur Mohammed Ben Salmane Al-Saoud, « prince » héritier du royaume obscurantiste d’Arabie Saoudite

Mardi 10 avril 2018, le président Macron a déployé le tapis rouge pour recevoir à Paris, au Louvre, le dictateur saoudien. Il s’est confondu en gestes de sympathie, d’amitié, en accolades avec le « prince ».

Les objectifs étaient clairs : vendre encore des pans de France aux investisseurs pétro-milliardaires, gagner des contrats juteux pour les capitalistes français en Arabie.

19 protocoles d’accord, pour 14,6 milliards d’euros ont été signés.

Mais le prince fait lanterner Macron pour la signature définitive de ces contrats, jusqu’à une prochaine visite à Riyad.

Tout cela vaut bien un soutien politique français à la dictature, alliée historique de l’impérialisme américain au Moyen-Orient.

Peu importe que l’Arabie Saoudite soit le principal sponsor de l’idéologie religieuse obscurantiste wahabiste ou salafiste, y compris en France, dont se réclament les terroristes islamistes.

Peu importe que les princes saoudiens aient financé et armé Daech en Syrie et en Irak.

Peu importe que l’Arabie Saoudite agresse, en violation ouverte du droit international, l’Etat souverain du Yémen, bombarde et massacre son peuple.

Pour l’émissaire de l’ONU, la situation au Yémen est « catastrophique ».

Pour un haut responsable de l’UNICEF: « Les enfants du Yémen souffrent de la plus grave crise humanitaire au monde… Il est important pour les responsables internes et externes de cette guerre, de réaliser que les milliards de dollars dépensés aujourd’hui peuvent être utilisés à des fins bien meilleures. Par exemple, pour l’éducation des enfants… »

La France de Sarkozy, Hollande et Macron est accusée, à juste titre, de complicité des crimes de guerre saoudiens au Yémen.

Elle livre pour plusieurs milliards d’euros par an (3,6 en 2014) d’armes de haute technologie et de destruction massive à l’Arabie Saoudite.

Cette semaine, les ministres Le Drian, Parly et Griveaux ont défendu le principe de ces ventes d’armes. Pour Griveaux : « ça ne veut pas dire qu’on ferme les yeux. – Pour restaurer l’influence de la France dans certaines zones du monde, c’est (ces ventes d’armes) un élément important de notre diplomatie. Notre industrie a aussi besoin de trouver des débouchés sur ces marchés ».

Quel cynisme ! Et Macron de se répandre en leçons de morale pour justifier l’implication de la France dans l’agression impérialiste contre la Syrie et l’engrenage de la guerre (voir notre déclaration en lien).

Leur cohérence, c’est « le capitalisme qui porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » selon la célèbre phrase de Jean Jaurès.

Arrêt total des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite !

 

Frappes occidentales contre la Syrie : une condamnation communiste sans réserves, communiqué

Communiqué de responsables d’organisations locales et de militants du PCF, 14 avril 2018.

1925: la France colonialiste bombarde Damas - 2018: la France impérialiste, suppôt des USA, bombarde la Syrie...

Responsables d’organisations locales et militants du PCF, nous affirmons publiquement, en tant que communistes, notre dénonciation totale de l’agression des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France commise la nuit dernière contre la Syrie.

Ces frappes aériennes sont des actes de guerre contre un Etat souverain. Elles n’ont pas le début du commencement d’une validation en droit international (pas même une résolution issue de tractations entre puissances à l’ONU).

Elles reposent sur des allégations propagées par les agresseurs impérialistes eux-mêmes, leurs médias et des officines politiques ou prétendument « humanitaires » appointées par les impérialistes voire liées aux groupes armées islamistes en Syrie. L’usage d’armes chimiques par l’Etat syrien n’est pas avéré. Il est hautement improbable alors que l’armée syrienne, avec le soutien russe, a quasiment réduit la poche rebelle de la Gouta Orientale et déjà négocié avec les chefs des groupes islamistes leur exfiltration. L’Etat syrien n’a objectivement aucun intérêt à franchir la « ligne rouge » fixée par les impérialistes occidentaux. L’impérialisme bombarde avant même l’arrivée des inspecteurs de l’OIAC.

Par ailleurs, d’Afghanistan en Irak : l’expérience a été faite des « fake news » impérialistes.

L’objectif de l’attaque occidentale apparaît limpidement. Il s’agit de prolonger la déstabilisation de la Syrie et de l’ensemble de la région, malgré le règlement relatif en vue de la question syrienne, après l’intervention russe. Au-delà, nous replaçons la guerre internationale en Syrie dans la très inquiétante montée des tensions mondiales entre un bloc mené par les Etats-Unis (pays de l’UE, Japon …) et un bloc dominé économiquement par la Chine, avec la Russie. Péninsule coréenne, Mer de Chine, Mer Egée, Mer Baltique… : les manœuvres militaires s’intensifient dangereusement de part et d’autre.

La question posée n’est pas, pour nous, de soutenir le régime répresssif d’El-Assad ou de se ranger derrière la politique de puissance de Poutine. Mais nous appelons l’opinion publique française à agir, en France, contre cet engrenage guerrier susceptible de mener au pire.

A son tour, Macron endosse le rôle de caniche de l’impérialisme US-UE. Sarkozy avait assumé l’alignement total sur celui-ci, après le refus de Chirac-Villepin de participer la guerre en Irak. Il a fait jouer à la France les premiers rôles dans la déstabilisation de la Libye. Ensuite, Hollande et son ministre Fabius n’ont cessé d’appeler à la guerre en Syrie, jusqu’à (pour Fabius) saluer le « bon boulot » du groupe islamiste terroriste Al-Nosra.

L’hypocrisie continue sous Macron : déstabilisation du Moyen-Orient, soutien à certains groupes armés islamistes là-bas, mais discours contre le terrorisme en France. Macron a forcé l’indignation en recevant, en grandes pompes, il y a trois jours le dictateur saoudien Mohammed Ben-Salmane, à la tête d’un des régimes les plus obscurantistes et répressifs de la planète (à comparer, pour relativiser, avec le régime d’El-Assad en Syrie). L’Arabie Saoudite est en train d’assassiner et d’affamer le peuple et notamment les enfants yéménites dans un silence médiatique quasi-total. Pas de « ligne rouge » qui vaille dans les relations et ventes d’armes entre Macron et les dictatures du Golfe !

Nous constatons que Trump poursuit rigoureusement la même stratégie de l’impérialisme américain qu’Obama, Clinton et Bush. Le changement de style et la diabolisation du personnage du président américain ne doivent pas masquer cette continuité. Comme Theresa May, dans le Royaume-Uni du Brexit, Trump garde la même ligne de l’impérialisme américain, malgré les divergences entre un capitalisme plus « national » (défendu par des partis de droite extrême) et la stratégie des grandes multinationales.

En France, nous engageons toute notre énergie pour que l’opinion exprime son rejet de l’impérialisme et de la guerre, sa condamnation de la politique de soumission de Macron. Les travailleurs n’ont aucun intérêt commun avec les partis de droite et extrême-droite représentant des stratégies capitalistes nationalistes ou européennes. Nous notons l’opposition affirmée de Mélenchon aux frappes en Syrie sans oublier comment ce politicien opportuniste a soutenu l’aventure militaire de Sarkozy en Libye en 2011.

Une des motivations principales de notre engagement au PCF est notre adhésion au combat historique et fondamentale de notre parti contre la guerre impérialiste. Nous n’acceptons pas les reniements, depuis 20 ans, de la direction du PCF qui l’ont amenée à tolérer ou soutenir des interventions militaires françaises à l’étranger (Yougoslavie, Libye, Mali…). Il est inconcevable qu’elle n’ait pas exclu d’emblée tout soutien à des frappes en Syrie (Pierre Laurent : « Il faut continuer de ne pas dissocier une éventuelle action militaire de l’effort politique pour stopper la guerre car on ne résoudra pas cette situation uniquement par des actions de ce type » – RTL 11 avril).

Plus que jamais, nous militons et nous appelons à participer à toutes les initiatives pour :

-          L’arrêt immédiat des frappes aériennes françaises en Syrie

-          L’arrêt des ventes d’armes aux dictatures, notamment celle du Golfe persique

-          Un soutien au peuple yéménite martyrisé

-          Le retour de tous les soldats français en France et l’arrêt des opérations militaires extérieures

-          Le retrait de la France de l’OTAN et des politiques extérieures et de défense de l’UE du capital

-          L’abaissement du budget militaire

Pas un sou pour la guerre impérialiste !

Premiers signataires : Emmanuel DANG TRAN (75, Paris 15, membre du CN du PCF), Corinne BECOURT (02, Saint-Quentin, secrétaire de section du PCF), Dominique NEGRI (38, Saint-Martin-d’Hères, secrétaire de section du PCF), Cyril MORLOT (70, secrétaire de la fédération de la Haute-Saône), Frédéric BERNABE (70, Vesoul, ancien secrétaire de la fédération du PCF Haute-Saône), Eric MONNINI (54, Jarny, secrétaire de section du PCF), Eric JALADE (81, Castres, secrétaire de section du PCF), Armelle HERVE (78, Mantes-la-Jolie, secrétaire de section du PCF), Gautier DUCOS (02, Val-d’Origny, secrétaire de section du PCF), Michèle GABERT (02, Gauchy, secrétaire de section du PCF), Robin MATTA (13, cheminot Miramas), Christiane ODETTI (81, Lavaur, secrétaire de section du PCF), Nicolas KIEFFER (42, Saint-Etienne), Yves RALLIERES (81, Puycelsi, secrétaire de section du PCF), Danielle RALLIERES (81, Puycelsi, CD du PCF 81), Diana KDOUH (38, Saint-Martin-d’Hères), Aurélien JAN (02, Saint-Quentin), Antoine BIMBEAU (75, Paris 15), Annie ARDOINO (83, Six-Fours), Patrice MUZARD (70, Gray), Marc JAMMET (78, Mantes-la-Jolie), Guy NIEL (94, Gentilly), Diana KDOUH (38, Saint-Martin-d’Hères), Jean-Jacques SUZANNE (94, Orly-Ville), Francis GUEZOU (80), Nasser DIFFALAH (70, Couthenans), Joël COPIN (62, Rouvroy), Noël ZICCHINA (2A, Ajaccio), Myriam KOROBAEFF (68, Mulhouse-campagne), Gilbert ANDRUCCIOLI (06, Grasse), Vicky BERARDI (06, Grasse),   …

 

 

 

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Frappes occidentales contre la Syrie : une condamnation communiste sans réserves

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52Jean Claude Paté Quettehouavr 15, 2018
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49Philippe CHARTREUXSt-Jacques de la Landeavr 15, 2018
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47Loïc CarincotteSaint Martin d'Hèresavr 15, 2018
46Eilwen PerenonSaint-Martin-d'Hèresavr 15, 2018
45Gilles GourlotParis membre du CN du PCFavr 15, 2018
44Guy ManinLe Grand-Lempsavr 15, 2018
43Mireille PopelinVilleurbanne avr 15, 2018
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41Bernard Gisclard Boissezon avr 15, 2018
40NOEL ZICCHINAAJACCIOavr 15, 2018
39Ernest MONTEAGUDOPont-de-Claix (Isère)avr 15, 2018
38Anne-Marie KOLLIArcachonavr 15, 2018
37Patrick LIEVINSaint-Rémy (70)avr 15, 2018
36Fabienne LIEVINSaint-Rémy (70)avr 15, 2018
35Joël COPINRouvroy (62)avr 15, 2018
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32Franck MoussetSaint Quentin (02)avr 14, 2018
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30Yves Niveaux desTroistorrents, Suisseavr 14, 2018
29PATRICE MUZARDgray-la-ville 70100avr 14, 2018
28Albert PEPINPOISATavr 14, 2018
27Alain FRESKONogent sur Marneavr 14, 2018
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25Arnaud PICARDCaluire-et-cuireavr 14, 2018
24Andres BelSaint Martin d'Hèresavr 14, 2018
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18claude ravelLe Grand-Lempsavr 14, 2018
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13Virginie StéveninParisavr 14, 2018
12Jérémie OZOGGrasseavr 14, 2018
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7Laurent RichardFontaineavr 14, 2018
6Ghislaine COTTREAUTALMONT-ST-HILAIREavr 14, 2018
5alain girardjarny 54avr 14, 2018
4Marie LeclercEtainavr 14, 2018
3brigitte duchamplyonavr 14, 2018
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1Mathilde Rabut38avr 14, 2018

Sur la situation en Catalogne: nationalisme bourgeois, résurgences franquistes, quelques rappels. Unité des travailleurs!

Sur la situation en Catalogne par Andres B. Alonso, ancien militant des JC d’Aragon et secrétaire des Jeunesses communistes de Saint-Martin-d’Hères (Isère), 3 octobre 2017

La coupe du monde de foot 1982 a marqué une unité de l'Espagne sortie du franquisme.

Ce dimanche 1er octobre, le gouvernement régional de la Catalogne (région de plus de 8 millions d’habitants – la plus riche d’Espagne) a appelé les Catalans à voter pour l’indépendance. L’Etat central espagnol avait décrété ce referendum illégal.  Depuis des semaines, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait affirmé que ce vote n’allait pas se tenir. Sa promesse s’est matérialisée le matin même par l’intervention de l’ensemble des forces de police (police nationale et « Guardia Civil » – équivalent espagnol de la gendarmerie), qui ont délogé avec une grande violence les occupants des bureaux de vote.

L’intransigeance d’un disciple du franquisme.

Des jeunes, des parents d’élève, des travailleurs et des retraités avaient occupé dès vendredi soir les écoles où était censé avoir lieu le référendum. Les policiers les ont sortis de force à coups de matraque. En faisant cela, Mariano Rajoy continue à s’ériger en bon disciple de Franco, réglant les différends nationaux en faisant charger la police. Rajoy est bien mal placé pour donner des leçons de démocratie partout dans le monde, spécialement quand il se réfère au Venezuela.

En effet, si la situation en est venue à ce point, c’est premièrement le fait de l’intransigeance de Mariano Rajoy et de la droite du PP (Parti populaire) sur la question catalane.

L’expression nationaliste des intérêts de la bourgeoisie catalane.

Le mouvement indépendantiste catalan, s’appuyant sur une langue et une culture catalanes voisines mais différentes de celles de la Castille, existe depuis plusieurs siècles. Le mouvement indépendantiste et nationaliste moderne  a pris ses formes au XIXème siècle, lorsque la Catalogne est devenue un des trois pôles industriels majeurs de l’Espagne.

Les intérêts de la bourgeoisie industrielle catalane se sont développés dans un autre sens que les intérêts de la bourgeoisie rentière de Madrid. C’est cette divergence qui a donné naissance au mouvement nationaliste qui a perduré au long du XXème siècle. La répression primaire de Franco contre la langue et la culture catalanes l’ont alimenté.

Après la mort de Franco, ce mouvement politique a pris une autre forme. L’avènement de la démocratie espagnole a amené une décentralisation de l’Etat. A l’image des nationalistes du Pays Basque, la bourgeoisie catalane s’est dit qu’elle pouvait obtenir plus de privilèges, vis-à-vis des autres régions du pays, en s’organisant en force politique nationaliste. Sur une justification culturelle, deux organisations  nationalistes majeures se sont ainsi constituées dans les années 70 : la CDC (Convergence Démocratique de Catalogne, devenue PDeCAT en 2016), de droite, et l’ERC (« Esquerra Replublicana de Cataluña », gauche républicaine de Catalogne).

Ces relais politiques sont un levier pour la bourgeoisie catalane pour faire pression sur le gouvernement espagnol. Ils se montrés efficaces lors de la négociation des financements régionaux. Ils ont aussi permis de faire céder au gouvernement socialiste de Zapatero, en 2006, un statut d’autonomie encore plus important, reconnaissant entre autres, la Catalogne comme une nation, statut qui sera invalidé en 2010. En 2011, l’arrivée au pouvoir de la droite de Mariano Rajoy a marqué la fin de toute négociation en vue de plus d’autonomie à la Catalogne. Les parties sont rentrées dans une impasse.

Le contexte du show de Puigdemont et Junqueras (dirigeants nationalistes catalans).

Le nationalisme catalan a toujours été « sage » en Espagne. Du moins en comparaison avec le nationalisme basque, plus médiatisé, plus polarisé, et violent avec l’ETA, durant le dernier quart du XXème. Les nationalistes catalans, eux, sont restés en bons termes avec les partis espagnols. Ils ont notamment permis en 1996, avec les voix de leurs députés au Parlement, de faire élire le chef de file de la droite du PP de l’époque, José Maria Aznar, président du gouvernement. Tout ceci, dans la logique évoquée précédemment.

Mais la situation se précipite lorsque, en 2010-2011, la droite nationaliste catalane (la CDC) enchaîne les succès électoraux, profitant de l’écroulement des socialistes du PSOE. Elle s’empare du gouvernement régional et de plusieurs municipalités dont Barcelone. Tout cela dans un contexte de profonde crise économique au niveau du pays. Dès 2011-2012, la région et les municipalités doivent appliquer des coupes budgétaires énormes. Elles coupent notamment dans l’éducation et la santé, gérées, en Espagne, entièrement par les régions. Des mouvements de contestation très larges émergent pour tenter de faire barrage à ces politiques qui provoquent la colère de tous les travailleurs d’Espagne.

Dans ce contexte, où les nationalistes de droite doivent ouvertement mener une politique rejetée par l’ensemble des travailleurs, s’ajoutent plusieurs scandales de corruption, remontant à loin. Le cas du « 3% » est le plus emblématique. Il touche directement des membres de CDC, qui s’étaient enrichis en prenant des commissions (de 3% – mais, en fait, c’était même plus) lors de l’attribution de marchés publics.

Pour sauver sa situation politique, la droite nationaliste s’est mise à agiter plus fort que jamais le drapeau de l’indépendance : une diversion en direction des travailleurs de la Catalogne qu’elle a si durement frappés avec ses politiques antipopulaires. Une consultation sur l’avenir politique de la Catalogne s’en est suivie en 2014, à l’initiative du président nationaliste CDC, Artur Mas, demandant si la Catalogne devait être indépendante. Elle déclenchera l’invalidation politique de Mas par Madrid. Mais le mouvement indépendantiste est lancé. Aux élections régionales de 2015, la droite nationaliste réussit à gagner l’appui de la gauche nationaliste sous le drapeau du « oui » à l’indépendance. Elles remportent les élections, et la droite et la gauche nationalistes forment ensemble un gouvernement grâce au soutien de l’extrême-gauche indépendantiste de la CUP. Cette victoire électorale est à l’origine du référendum du 1er octobre 2017, ressuscitant le spectre politique de l’indépendance de la Catalogne.

Contrer la division des travailleurs.

Communistes, nous condamnons les violences policières de ce dimanche 1er octobre. Elles en sont un signe du caractère autoritaire du gouvernement de Madrid. Pour autant, nous ne suivons pas les bourgeoisies catalane et espagnole sur l’opération de diversion que représente la question de l’indépendance.

Ainsi, l’actualité politique de l’Espagne des dernier mois a été polarisée sur le référendum en Catalogne. Elle a permis d’évacuer des questions fondamentales et graves de la vie politique espagnole, comme la baisse des salaires, la précarisation de l’emploi, la montée du chômage après la saison d’été, les problèmes issus du tourisme de masse (sociaux, environnementaux…), l’avenir bouché pour la jeunesse, etc.

De plus, cette diversion sert à monter les travailleurs les uns contre les autres, à raviver l’extrême-droite qui voit clairement la devise franquiste (« Una, grande y libre », une [Espagne] grande et libre) menacée.

Communistes, nous pensons qu’au moment où nos acquis sociaux sont remis en cause en Europe et dans le monde, 25 ans après la chute de l’URSS, ce n’est pas le moment de se laisser diviser par la classe dominante et par le venin du nationalisme qu’elle diffuse.

Unité de tous les travailleurs face à leur adversaire de classe !

Déclaration du Parti communiste allemand (DKP) sur les résultats des élections au Bundestag 2017

Déclaration du Parti communiste allemand (DKP) sur les résultats des élections au Bundestag 2017

Traduction EDT pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf », 25 septembre 2017 

Le résultat des élections, avec une participation en hausse, représente un glissement à droite avec tous les dangers que cela comporte. Avec l’AfD, c’est une force raciste, nationaliste, jouant un rôle charnière avec les fascistes revendiqués, qui est devenue le troisième parti représenté au Bundestag, en obtenant 13% des voix. En Saxe, elle arrive en tête, dans l’ensemble de l’Allemagne de l’Est, en deuxième place. La CDU, le SPD, les Verts et « die Linke » ont chacun perdu des voix au profit de l’AfD.

Ces 13% pour l’AfD correspondent aux résultats des enquêtes de l’institut « Sinus » qui estiment, depuis les années 80, que 13% de la population (ouest-)allemande ont une vision du monde d’extrême-droite refermée sur elle-même. Un hasard ou non ? En tout cas le sous-marin dénommé « néofascisme » est remonté à la surface à nouveau, immanquablement visible aux yeux de tous, comme déjà dans les années 60 sous la forme du NPD.

Les résultats de la CDU et du SPD sont historiquement bas. La social-démocratie traditionnelle se trouve dans une crise profonde. Le parti libéral FDP a pu rétablir sa position chez ceux qui se voient du côté des gagnants dans la nouvelle donne. Les Verts maintiennent leur résultat. Le Parti de la gauche  progresse très légèrement, dans les décimales, mais continue de perdre en voix et en influence dans les régions de l’est, correspondant au territoire de la RDA, où sont ses origines. Il y cède 500.000 voix à l’AfD. Die Linke a adopté beaucoup trop tôt une perspective d’alliance avec le SPD et les Verts sans réelle mise au clair des « lignes rouges » et des contenus principaux d’une telle alliance. Cela a contribué à une perte de lisibilité et de crédibilité en particulier dans l’électorat de gauche le plus conscient.

Si une coalition gouvernementale entre la CDU, le FDP et les Verts doit effectivement se constituer, sa priorité sera d’aggraver, notamment sous la pression à droite de l’AfD, la politique agressive, socialement réactionnaire de l’impérialisme allemand

Du côté du SPD, qui porte la responsabilité de la régression sociale subie par les masses avec ses plans « Agenda 2010 » et « Hartz-IV » [contre-réformes du marché du travail décidées sous le gouvernement Schröder. NdT], qui a rendu possibles les interventions militaires extérieures de l’impérialisme allemand, il n’y a aucune raison d’espérer une quelconque opposition politique réelle ;  en tout cas aucune opposition à la guerre et aux coupes sociales, comme elle serait nécessaire immédiatement.

Le résultat électoral exprime avant tout la profonde contradiction qui existe dans la conscience des masses, mais aussi dans leur conscience de classe. Beaucoup de personnes – particulièrement dans l’Est désindustrialisé – ont raison d’avoir peur, d’abord pour leur situation sociale et pour leur vie à venir. Ce sentiment d’incertitude a ramené des abstentionnistes vers les urnes. Ils ont voulu sanctionner la politique de la grande coalition entre la CDU et le SPD. Ils ont effectivement sanctionné cette politique. Mais ils ont cru à des promesses et slogans faux et démagogiques. En votant pour l’AfD, un parti qui ne fait pas mystère de ses positions réactionnaires antisociales, diviseuses et racistes, ils ont voté pour une « solution » qui va, tôt ou tard, se retourner contre eux.

Les forces de gauche en Allemagne n’étaient pas en situation de donner des réponses convaincantes aux peurs, bien fondées, pour l’avenir. Nous affirmons, plus que jamais, que la peur pour l’avenir n’est pas synonyme de racisme mais qu’elle peut devenir le terreau du racisme si aucune voie lisible n’est indiquée vers des luttes victorieuses pour la paix, les droits sociaux et la démocratie. Cette exigence ressort des résultats électoraux pour tous les militants de gauche.

Le résultat du DKP – 11.713 voix – est très bas et ne saurait nous satisfaire. Nous payons, entre autres, le fait que nous ne nous étions plus présentés à une élection au Bundestag depuis 1989. Notre entrée en lice était juste, non par ce que nous espérions un bon résultat, mais parce qu’elle a contribué à faire connaître le DKP et ses positions et à renforcer le Parti. Nous avons mis « du rouge dans les rues » et nous allons continuer. A moyen et long termes, c’est la bonne voie pour changer la conscience de classe des masses et pour les diriger vers leur véritable adversaire.

Le DKP va continuer à être dans la rue avec son programme de propositions immédiates pour la paix, le travail, la solidarité. Il va continuer à indiquer où il faut prendre l’argent pour l’éducation, pour un système de santé qui ne rend pas malades les patients et les travailleurs : sur le budget militaire et chez les super-riches. Il va continuer à lutter pour le désarmement, pour la fin des opérations extérieures de l’Armée fédérale et pour la paix avec la Russie. Il va continuer à s’engager pour la diminution du temps de travail avec maintien des salaires et embauches correspondantes et pour des créations de poste dans les services publics.

Le DKP va continuer à désigner le capitalisme monopoliste comme l’adversaire principal et à appeler au combat commun, sachant bien que le changement sera gagné dans la rue et non avec un bulletin de vote. La lutte pour des intérêts communs, indépendamment de ses croyances, de son âge, de son origine ou de son sexe – en un mot : la solidarité – c’est ce dont les dominants ont le plus peur. La solidarité est notre carte maîtresse que ce soit dans une grève à l’entreprise, dans une action contre une expulsion dans le voisinage ou pour bloquer une manifestation néofasciste. La solidarité est notre carte maîtresse contre l’AfD.

Essen, 25 septembre 2017