Jeunesse/JC

Retour sur le Festival Mondial de la Jeunesse à Sotchi (Russie)

Nous reprenons la déclaration finale du festival mondial qui s’est tenue en Russie en octobre et une analyse des contradictions qu’affrontent la FMJD et les organisations progressistes de jeunesse en général, telles que le Festival les a illustrées. Source et traduction: « Solidarité Internationale PCF »
 

Nous continuons sur la route d’Octobre rouge – Nous renforçons notre lutte pour le socialisme

A l’occasion du 19ème Festival Mondial de la Jeunesse et des Étudiants, organisé par la FMJD, à Sochi en Russie, du 14 au 22 octobre, 36 jeunesses communistes du monde entier se sont réunis et ont publié à l’issue de leurs travaux la déclaration suivante consacrée aux 100 ans de la Révolution d’Octobre. Traduction NK pour «Solidarité Internationale PCF – Vive le PCF»


Nous, 36 organisations de jeunesse communiste des quatre coins du monde, à l’occasion de notre participation au 19ème Festival Mondial de la Jeunesse et des Étudiants, avons organisé en Russie le 18/10/2017, une activité commune dédiée aux 100 ans de la Révolution d’Octobre et déclarons ce qui suit:

Nous honorons collectivement les 100 ans de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre! Nous honorons l’événement historique mondial exceptionnel du 20ème siècle qui a prouvé que le capitalisme n’est pas perpétuel et invincible, et prouvé que les peuples, par leur lutte, peuvent renverser le capitalisme et construire une société supérieure : le socialisme.

Nous honorons l’événement qui a prouvé que tous les grands problèmes auxquels les jeunes sont confrontés dans le monde capitaliste: guerres impérialistes, occupation, vagues de réfugiés et immigration forcée, crise capitaliste, exploitation, chômage, droits brisés au travail, discrimination contre les femmes, inaccès à l’éducation, à la culture et aux sports peuvent être résolus par la prise du pouvoir par la classe ouvrière et par le renversement révolutionnaire du capitalisme. Dans les pays où le socialisme a été construit, la jeunesse a connu d’importants succès qui, même aujourd’hui, semblent un rêve lointain pour la jeunesse de nos pays tels que l’accès à tous les niveaux de l’éducation, à un travail accessible et stable, au sport et à la culture.

La Grande Révolution Rouge d’Octobre a trouvé un pays pauvre et l’a transformé en une puissance mondiale, se trouvant aux côtés de tous les peuples qui ont défié l’impérialisme et ayant vaincu le fascisme nazi. Ce fut une source d’inspiration pour les peuples du monde entier, les incitant à se battre pour leur émancipation.

Le renversement du socialisme, la dissolution de l’URSS et la restauration du capitalisme en Russie et dans d’autres pays socialistes ne nous font pas peur. Nous déclarons de manière décisive que le 21ème siècle sera le siècle de nouvelles révolutions socialistes.

Il y a exactement 100 ans, la glace a été brisée et la route s’est ouverte ! Maintenant, cette route est devant nous! Prenons-la jusqu’à la grande victoire finale du socialisme-communisme.

Nous continuons sur le chemin d’Octobre Rouge. Nous renforçons notre lutte commune.

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

 

Organisations de jeunesse communiste signataires :

1. Fédération des jeunes communistes – Argentine

2. Jeunesse communiste d’Autriche

3. Union de la jeunesse du Bangladesh

4. Union des étudiants du Bangladesh

5. Union de la jeunesse communiste – Brésil

6. Ligue des jeunes communistes du Canada

7. Jeunesse communiste colombienne

8. Jeunes socialistes de Croatie

9. EDON – Chypre

10. Union de la jeunesse communiste – République tchèque

11. Jeunesse communiste d’Equateur

12. Jeunesse ouvrière socialiste allemande

13. Ligue des jeunes communistes de Grande-Bretagne

14. Jeunesse communiste de Grèce

15. Jeunesse communiste du Guatemala

16. Fédération de jeunesse de toute l’Inde

17. Fédération démocratique de la jeunesse l’Inde

18. Ligue des jeunes communistes d’Israël

19. Front de la jeunesse communiste – Italie

20. Union de la jeunesse démocratique jordanienne – UJDY

21. Fédération des jeunes communistes – Mexique

22. Fédération des étudiants démocratiques du Pakistan

23. Ligue révolutionnaire de la jeunesse communiste (bolcheviks) – Russie

24. Union de la jeunesse communiste léniniste de la Fédération de Russie

25. Ligue des jeunes communistes de Yougoslavie – Serbie

26. Union de la jeunesse communiste d’Espagne

27. Collectifs des jeunes communistes – Espagne

28. Union de la jeunesse socialiste – Sri Lanka

29. Union des étudiants socialistes – Sri Lanka

30. Jeunesse communiste révolutionnaire – Suède

31. Jeunesse communiste de Suisse

32. Union de la jeunesse communiste syrienne – Khaled Bakdash Youth

33. Jeunesse communiste de Turquie

34. Union de la jeunesse communiste léniniste d’Ukraine

35. Ligue des jeunes communistes des États-Unis

36. Jeunesse communiste du Venezuela

37. Jeunesse Communiste du Danemark

Festival mondial de la jeunesse à Sotchi : dans la contradiction entre le symbole vivant d’Octobre 17 et la propagande de Poutine

Repris de Solidarité Internationale PCF Mouvement Communiste International  -ML pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf », 1er novembre 2017

Le 19ème Festival mondial de la jeunesse et des étudiants s’est clôturé le 21 octobre 2017. Notre site a publié (lien) la déclaration finale, offensive, signée par 36 organisations de jeunesse. Elle affirme notamment : « Le renversement du socialisme, la dissolution de l’URSS et la restauration du capitalisme en Russie et dans d’autres pays socialistes ne nous font pas peur. Nous déclarons de manière décisive que le 21ème siècle sera le siècle de nouvelles révolutions socialistes. … Nous continuons sur le chemin d’Octobre rouge ».

Le festival s’est déroulé en Russie, principalement à Sotchi, sur le site des jeux olympiques d’hiver de 2014 et sous les auspices de Vladimir Poutine qui a présidé une cérémonie d’ouverture somptuaire. Cette situation illustre les contradictions auxquelles sont confrontées non seulement la FMJD (Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, organisatrice historique des festivals mondiaux de la jeunesse), les organisations de jeunesse progressistes (notamment communistes), mais aussi tous les militants pour le socialisme et le communisme. « Nous n’avons pas peur de la restauration du capitalisme en Russie »…

Les discussions au sein de la FMJD sur le lieu du 19ème festival avaient déjà posé ces contradictions, lors d’une réunion à Caracas où avaient eu lieu le 18ème (voir notre article d’alors). Ont pesé pour le choix de Sotchi 2017 le symbole du centenaire de la Révolution et les conditions matérielles très favorables proposées par l’Etat russe, sans alternative comparable ailleurs. A pesé contre la crainte d’être identifié à la Russie de la « restauration capitaliste » de Poutine. Un débat profond, très important au-delà de ces circonstances, s’est développé à cette occasion sur la nature de la puissance russe aujourd’hui et son rôle dans l’affrontement de classe mondial. Jusqu’où la Russie capitaliste peut être qualifiée de puissance impérialiste, alors que son économie est largement rentière, basée sur l’exploitation de matières premières (et la liquidation des acquis du socialisme), peu prédatrice de marchés étrangers ? Jusqu’où la Russie, en tant que puissance objectivement opposée aux impérialismes dominants occidentaux, peut-elle servir de point d’appui à des forces anti-impérialistes dans le monde ?

Les réponses des composantes de la FMJD sont également liées à leur diversité : organisations de jeunesse étatiques de quelques pays encore officiellement socialistes, organisations sœurs de partis communistes qui ont choisi d’abandonner leur identité, ou de partis qui ont choisi de conserver les fondamentaux, organisations plus ou moins officielles ou, au contraire, réprimées de pays autrefois non-alignées…

Force est de constater que la Russie de Poutine ne s’est pas embarrassée d’états d’âme à l’égard l’organisation historique FMJD pour récupérer le festival. Les autorités russes n’ont tiré d’elle que, précisément, une légitimité historique et la continuité recherchée avec les grandes manifestations internationales de masse orchestrées autrefois par l’ex-URSS et qui ont marqué les mémoires russes.

Poutine – qui a instauré un jour férié, le 4 novembre, « jour de l’Unité nationale » à l’occasion de la fête de l’icône de la vierge de Kazan, pour supplanter le 7, anniversaire de la Révolution d’Octobre –  a officié à Sotchi devant des dizaines de milliers de jeunes, majoritairement envoyés par les autorités russes tel un pape aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Et plus question de révolution d’octobre mais bien de phrases creuses et intéressées ! Dans leurs choix internationaux, les autorités russes sont allées jusqu’à inviter l’organisation de jeunesse du parti de droite extrême, sioniste, israélien, Likoud. Des militants libanais qui tentaient d’enlever le drapeau israélien de l’entrée officielle ont quasiment été placés en garde à vue. La Jeunesse communiste israélienne, notamment, a vivement réagi.

Pour autant, dans ce contexte assez prévisible, les composantes de la FMJD, globalement évincées de leur festival, ont pu se rencontrer et échanger, tenir leur propres débats, initiatives, leur propre festival dans le festival russe, affirmer leur fidélité à Octobre 1917 et renforcer leurs luttes communes. Au cœur des contradictions mondiales.

Diplôme National du Brevet 2017 : un grand moment de propagande impérialiste

Diplôme National du Brevet 2017 : un grand moment de propagande impérialiste (Lire la suite…)

Projet Valls-Khomri . Extension de la « garantie jeunes » : peu de réel, rien de sérieux !

Brève, AB pour vivelepcf, 21 mars 2016 

La mobilisation de la jeunesse contre le projet de loi Valls-Khomri monte. Jeunes travailleurs, apprentis, étudiants, lycéens, la plupart ne veut pas que la précarité, qu’ils subissent souvent déjà, s’aggravent et se prolongent indéfiniment.

Le gouvernement commence à avoir peur tant les liens se développent avec la mobilisation des salariés. Il commence à avoir peur que les organisations de jeunesse social-démocrates soient débordées et ne parviennent pas à contenir le mouvement, notamment après la grande journée nationale de grève et de manifestation du 31 mars.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la mise en scène, avec la soi-disant réécriture du projet El-Khomri, de l’extension de la « garantie jeune » annoncée par Valls. Mais la réalité de la mesure est si fumeuse que l’on peut compter que cette annonce va se retourner contre ses auteurs.

La soi-disant « garantie jeunes » est d’abord un dispositif qui existe déjà depuis 2013, sans effet probant sur le chômage des jeunes, en dehors de la manipulation statistique. Des jeunes de 18 à 25 ans, ni étudiants, ni salariés, sans ressources peuvent toucher l’équivalent du RSA (461,26 euros par mois) pendant un an à condition de suivre un cursus dans des missions locales pour l’emploi avec en général des stages chez des patrons.

Valls promet une augmentation du nombre de jeunes « accompagnés » de 50.000 à 200.000 et il annonce l’affectation de 420 millions d’euros par an pour cela.

Mais, problème n°1 : l’annonce vaut d’ici 2017 et bien des choses vont changer d’ici la fin 2017.

Problème n°2 : Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que le chiffre ne colle pas. Divisez 420 millions par 12 fois 461,26 et vous trouverez 76.000 ! Et non 150.000 ! L’annonce chiffrée cumule sans doute deux années de suite… Donc cela fera peut-être 100.000 jeunes « accompagnés » sur les 900.000 rentrant dans les conditions du dispositif.

Problème n°3 : dans le cadre de la politique d’austérité et d’augmentation des dépenses militaires, sur quel budget public et social seront prélevés les 420 millions annoncés, avec quelles conséquences sur l’emploi ?

Problème n°4 : Aucun moyen nouveau de l’Etat ne semble être prévu pour les missions locales pour l’emploi. Ou alors, cela signifie encore moins de jeunes réellement « accompagnés ». Avec des statuts bâtards, en général associatifs, souffrant de la pénurie de moyens des collectivités, ces missions locales sont elles-mêmes fort précaires. Les institutions publiques qui sont censées les soutenir, par exemple le CIDJ (Centre d’information et de documentation de la jeunesse) voient leur financement littéralement sabré. Dans une collectivité riche comme Paris, la municipalité exécute les missions locales pour l’emploi (le slogan syndical de la grève de 2013 résume tout : « Mission locale de Paris en danger, salariés méprisés, jeunes en galère »).  

En définitive, qu’est-ce que c’est que l’extension de la « garantie jeunes » ? Ce sera quelques milliers de jeunes qui apprendront à rédiger un CV sans pouvoir inscrire une seule ligne supplémentaire dessus. Ce sera quelques milliers de jeunes qu’on enverra accomplir des tâches non-qualifiées gratuitement pour des patrons.

Communistes, nous n’avons jamais cru, ni fait semblant de croire un jour, à la « priorité à la jeunesse » proclamée en 2012 par Hollande ! Tous en grève et en manif le 31 mars !

Mobilisation contre le projet de loi El-Khomri: un tract en direction de la jeunesse

Lien vers le PDF

Dans nos lycées, nos facs et nos quartiers, organisons la riposte au gouvernement: Retrait du projet de loi El Khomri !

 

Faciliter les licenciements, augmenter le temps de travail, dégrader les conditions d’emploi, légitimer le chantage patronal… c’est tout cela que contient le projet de réforme El Khomri sur le droit du travail ! Ce projet, présenté il y a quelques jours par la ministre du Travail, vise à détruire des acquis sociaux fondamentaux afin de répondre aux exigences du patronat. Les jeunes, en tant que travailleurs ou futurs travailleurs, seront les premiers touchés par ces mesures. Il est aujourd’hui indispensable que la jeunesse se mobilise massivement pour mettre en échec ce gouvernement au service du patronat. Comme en 2006 avec le CPE, les forces sont là pour gagner ! Dans nos lycées, dans nos facs, dans nos quartiers, sur nos lieux de travail, mobilisons-nous de façon massive et déterminée ! Retrait pur et simple du projet ! Défense des conditions de travail et des salaires !

 

Que contient cette réforme ?

 

Une attaque sans précédent contre le temps de travail

Le projet annonce une nouvelle possibilité de déroger aux 35h jusqu’à, exceptionnellement 60h de travail par semaine. C’est un véritable retour au 19e siècle !

Il prévoit également une plus faible majoration des heures supplémentaires. Dès lors, par simple accord, une heure supplémentaire ne sera plus payée que 10% de plus, alors que la majoration actuelle est de 25%.

Jusqu’à aujourd’hui, tout salarié doit avoir une pause de minimum 11 heures entre deux journées de travail. Le projet donne la possibilité au patron de fractionner les repos ce qui aura de lourdes conséquences sur nos conditions de travail, de repos et sur la vie personnelle.

Dans la réglementation actuelle, les apprentis mineurs ne peuvent travailler plus de 8h par jour et 35h par semaine. La ministre propose de nous faire travailler désormais 10h par jour et 40h par semaine. L’inspection du travail ne pourra plus s’y opposer. Voilà de quoi dégrader encore un peu plus nos conditions d’étude et de travail !

Une liberté totale de licencier pour le patron

El Khomri veut étendre les possibilités de licenciements économiques en cas, notamment, de refus du salarié de travailler encore plus loin de son domicile. Elle veut requalifier les licenciements économiques en licenciements pour faute pour les salariés qui n’accepteraient pas des dispositions, par exemple un plan d’augmentation du temps de travail, contraires à leur contrat de travail.

Aujourd’hui, quand un salarié conteste une décision, il peut attaquer son patron devant le tribunal des Prud’hommes. Le projet de loi prévoit de plafonner le montant des indemnités perçues par les salariés, notamment en cas de licenciement abusif. En d’autres termes, même quand le patron est reconnu coupable, les indemnités qu’il devra verser seront minimes. De quoi rendre les travailleurs jetables !

Une légitimation du chantage patronal

El Khomri propose également la mise en place de « référendums » d’entreprise qui permettront de casser toute opposition syndicale. Lorsqu’un patron proposera une modification des conditions de travail (par exemple instaurer le travail du dimanche)  et que les syndicats s’y opposeront, il pourra à sa guise organiser un référendum dont le résultat sera toujours défavorable aux travailleurs ! Par cela, la ministre détruit toute combativité  syndicale et légitime le chantage patronal !

Augmenter le temps de travail, faciliter les licenciements, légitimer le chantage patronal… tout cela n’est pas acceptable ni négociable. Comme en 2006 pour le CPE, la jeunesse et l’ensemble des travailleurs doivent se mobiliser main dans la main pour faire entendre leurs exigences. Dans nos lycées, nos facs, nos quartiers et nos entreprises, construisons la riposte  !

Retrait du projet de loi ! Transformation des contrats précaires en CDI ! Création d’emplois dans le secteur public !

En 2006 la jeunesse faisait reculer le gouvernement

Au printemps 2006, le gouvernement de droite, derrière son premier ministre Dominique De Villepin, proposait le Contrat Première Embauche (CPE). Ce dernier prévoyait, l’embauche des jeunes de moins de 26 ans dans un contrat précaire puisque la période d’essai durait deux ans ; autant de temps pendant lequel le patron pouvait licencier comme bon lui semble !

La très forte mobilisation des travailleurs et de la jeunesse, en particulier des lycéens et des étudiants, a contraint le gouvernement de l’époque à reculer.  Servons-nous aujourd’hui de ce repère pour mettre en déroute le gouvernement. Non à la loi El Khomri ! Retrait du projet!