Jeunesse/JC

Projet Valls-Khomri . Extension de la « garantie jeunes » : peu de réel, rien de sérieux !

Brève, AB pour vivelepcf, 21 mars 2016 

La mobilisation de la jeunesse contre le projet de loi Valls-Khomri monte. Jeunes travailleurs, apprentis, étudiants, lycéens, la plupart ne veut pas que la précarité, qu’ils subissent souvent déjà, s’aggravent et se prolongent indéfiniment.

Le gouvernement commence à avoir peur tant les liens se développent avec la mobilisation des salariés. Il commence à avoir peur que les organisations de jeunesse social-démocrates soient débordées et ne parviennent pas à contenir le mouvement, notamment après la grande journée nationale de grève et de manifestation du 31 mars.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la mise en scène, avec la soi-disant réécriture du projet El-Khomri, de l’extension de la « garantie jeune » annoncée par Valls. Mais la réalité de la mesure est si fumeuse que l’on peut compter que cette annonce va se retourner contre ses auteurs.

La soi-disant « garantie jeunes » est d’abord un dispositif qui existe déjà depuis 2013, sans effet probant sur le chômage des jeunes, en dehors de la manipulation statistique. Des jeunes de 18 à 25 ans, ni étudiants, ni salariés, sans ressources peuvent toucher l’équivalent du RSA (461,26 euros par mois) pendant un an à condition de suivre un cursus dans des missions locales pour l’emploi avec en général des stages chez des patrons.

Valls promet une augmentation du nombre de jeunes « accompagnés » de 50.000 à 200.000 et il annonce l’affectation de 420 millions d’euros par an pour cela.

Mais, problème n°1 : l’annonce vaut d’ici 2017 et bien des choses vont changer d’ici la fin 2017.

Problème n°2 : Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que le chiffre ne colle pas. Divisez 420 millions par 12 fois 461,26 et vous trouverez 76.000 ! Et non 150.000 ! L’annonce chiffrée cumule sans doute deux années de suite… Donc cela fera peut-être 100.000 jeunes « accompagnés » sur les 900.000 rentrant dans les conditions du dispositif.

Problème n°3 : dans le cadre de la politique d’austérité et d’augmentation des dépenses militaires, sur quel budget public et social seront prélevés les 420 millions annoncés, avec quelles conséquences sur l’emploi ?

Problème n°4 : Aucun moyen nouveau de l’Etat ne semble être prévu pour les missions locales pour l’emploi. Ou alors, cela signifie encore moins de jeunes réellement « accompagnés ». Avec des statuts bâtards, en général associatifs, souffrant de la pénurie de moyens des collectivités, ces missions locales sont elles-mêmes fort précaires. Les institutions publiques qui sont censées les soutenir, par exemple le CIDJ (Centre d’information et de documentation de la jeunesse) voient leur financement littéralement sabré. Dans une collectivité riche comme Paris, la municipalité exécute les missions locales pour l’emploi (le slogan syndical de la grève de 2013 résume tout : « Mission locale de Paris en danger, salariés méprisés, jeunes en galère »).  

En définitive, qu’est-ce que c’est que l’extension de la « garantie jeunes » ? Ce sera quelques milliers de jeunes qui apprendront à rédiger un CV sans pouvoir inscrire une seule ligne supplémentaire dessus. Ce sera quelques milliers de jeunes qu’on enverra accomplir des tâches non-qualifiées gratuitement pour des patrons.

Communistes, nous n’avons jamais cru, ni fait semblant de croire un jour, à la « priorité à la jeunesse » proclamée en 2012 par Hollande ! Tous en grève et en manif le 31 mars !

Mobilisation contre le projet de loi El-Khomri: un tract en direction de la jeunesse

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Dans nos lycées, nos facs et nos quartiers, organisons la riposte au gouvernement: Retrait du projet de loi El Khomri !

 

Faciliter les licenciements, augmenter le temps de travail, dégrader les conditions d’emploi, légitimer le chantage patronal… c’est tout cela que contient le projet de réforme El Khomri sur le droit du travail ! Ce projet, présenté il y a quelques jours par la ministre du Travail, vise à détruire des acquis sociaux fondamentaux afin de répondre aux exigences du patronat. Les jeunes, en tant que travailleurs ou futurs travailleurs, seront les premiers touchés par ces mesures. Il est aujourd’hui indispensable que la jeunesse se mobilise massivement pour mettre en échec ce gouvernement au service du patronat. Comme en 2006 avec le CPE, les forces sont là pour gagner ! Dans nos lycées, dans nos facs, dans nos quartiers, sur nos lieux de travail, mobilisons-nous de façon massive et déterminée ! Retrait pur et simple du projet ! Défense des conditions de travail et des salaires !

 

Que contient cette réforme ?

 

Une attaque sans précédent contre le temps de travail

Le projet annonce une nouvelle possibilité de déroger aux 35h jusqu’à, exceptionnellement 60h de travail par semaine. C’est un véritable retour au 19e siècle !

Il prévoit également une plus faible majoration des heures supplémentaires. Dès lors, par simple accord, une heure supplémentaire ne sera plus payée que 10% de plus, alors que la majoration actuelle est de 25%.

Jusqu’à aujourd’hui, tout salarié doit avoir une pause de minimum 11 heures entre deux journées de travail. Le projet donne la possibilité au patron de fractionner les repos ce qui aura de lourdes conséquences sur nos conditions de travail, de repos et sur la vie personnelle.

Dans la réglementation actuelle, les apprentis mineurs ne peuvent travailler plus de 8h par jour et 35h par semaine. La ministre propose de nous faire travailler désormais 10h par jour et 40h par semaine. L’inspection du travail ne pourra plus s’y opposer. Voilà de quoi dégrader encore un peu plus nos conditions d’étude et de travail !

Une liberté totale de licencier pour le patron

El Khomri veut étendre les possibilités de licenciements économiques en cas, notamment, de refus du salarié de travailler encore plus loin de son domicile. Elle veut requalifier les licenciements économiques en licenciements pour faute pour les salariés qui n’accepteraient pas des dispositions, par exemple un plan d’augmentation du temps de travail, contraires à leur contrat de travail.

Aujourd’hui, quand un salarié conteste une décision, il peut attaquer son patron devant le tribunal des Prud’hommes. Le projet de loi prévoit de plafonner le montant des indemnités perçues par les salariés, notamment en cas de licenciement abusif. En d’autres termes, même quand le patron est reconnu coupable, les indemnités qu’il devra verser seront minimes. De quoi rendre les travailleurs jetables !

Une légitimation du chantage patronal

El Khomri propose également la mise en place de « référendums » d’entreprise qui permettront de casser toute opposition syndicale. Lorsqu’un patron proposera une modification des conditions de travail (par exemple instaurer le travail du dimanche)  et que les syndicats s’y opposeront, il pourra à sa guise organiser un référendum dont le résultat sera toujours défavorable aux travailleurs ! Par cela, la ministre détruit toute combativité  syndicale et légitime le chantage patronal !

Augmenter le temps de travail, faciliter les licenciements, légitimer le chantage patronal… tout cela n’est pas acceptable ni négociable. Comme en 2006 pour le CPE, la jeunesse et l’ensemble des travailleurs doivent se mobiliser main dans la main pour faire entendre leurs exigences. Dans nos lycées, nos facs, nos quartiers et nos entreprises, construisons la riposte  !

Retrait du projet de loi ! Transformation des contrats précaires en CDI ! Création d’emplois dans le secteur public !

En 2006 la jeunesse faisait reculer le gouvernement

Au printemps 2006, le gouvernement de droite, derrière son premier ministre Dominique De Villepin, proposait le Contrat Première Embauche (CPE). Ce dernier prévoyait, l’embauche des jeunes de moins de 26 ans dans un contrat précaire puisque la période d’essai durait deux ans ; autant de temps pendant lequel le patron pouvait licencier comme bon lui semble !

La très forte mobilisation des travailleurs et de la jeunesse, en particulier des lycéens et des étudiants, a contraint le gouvernement de l’époque à reculer.  Servons-nous aujourd’hui de ce repère pour mettre en déroute le gouvernement. Non à la loi El Khomri ! Retrait du projet!

 

La FMJD (Fédération mondiale de la jeunesse démocratique) condamne l’interdiction du Parti communiste d’Ukraine

Déclaration, 18 décembre 2015, traduite par MlJ pour Solidarité internationale PCF

La Fédération mondiale de la jeunesse démocratique (FMJD) condamne l’interdiction permanente du Parti communiste d’Ukraine (PCU) suivant la décision de la cour administrative de Kiev du 16 décembre.

Le jugement a scellé une poursuite judiciaire purement politique émanant d’un gouvernement réactionnaire, composé de forces nationalistes et fascistes, qui a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat contre un gouvernement élu démocratiquement, avec l’appui des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’OTAN.

La décision de la Cour administrative correspond au soutien apporté par l’impérialisme au fascisme et aux groupes fascistes ukrainiens. Ce soutien s’accroît de façon hystérique visant d’un côté à maintenir le pays sous pression, de l’autre, à utiliser ces groupes pour maintenir un état de chaos en Ukraine.

Dans le même temps, cette décision illustre une fois de plus la propagande anticommuniste que l’Union européenne met en avant avec sa tentative d’établir un trait d’égalité entre communisme et fascisme, d’effacer la contribution décisive de l’Union soviétique dans la victoire des peuples sur le fascisme et d’affaiblir la lutte de masse organisée des couches populaires.

La FMJD a réaffirmé à plusieurs reprises sa solidarité et son soutien à sa composante ukrainienne, « L’Union de la jeunesse communiste léniniste d’Ukraine » et à tous les progressistes et démocrates ukrainiens aujourd’hui attaqués. Plus encore dans la situation actuelle, la FMJD exprime sa profonde solidarité et son soutien au Parti communiste d’Ukraine. La FMJD exprime également son approbation du message du PCU affirmant qu’il va continuer la lutte pour la justice et la démocratie, pour les droits humains et pour les libertés fondamentales.

Au nom de la FMJD, le secrétariat, Budapest, 18 décembre 2015

Les étudiants de l’UEC se sont mobilisés, dénonçant la coupe de 50 millions d’euros revenant en partie au Crous.

À midi mercredi, ils étaient une vingtaine de jeunes militants de l’Union des étudiants communistes (UEC) à appeler au rassemblement devant la cafétéria pleine de la Faculté de lettres d’Aix, pour y dénoncer une politique de l’enseignement et de l’éducation au rabais.

D’abord Aurélia, de l’Association générale des étudiants de Provence (syndicat qui a la totalité des sièges à la cité universitaire des Gazelles) : « Le problème est grave, l’État a décidé d’enlever 50 millions d’euros au Cnous. C’est un réel danger aux conséquences plus que néfastes entraînant la baisse des bourses et menaçant leur valeur, induisant aussi la fermeture de restaurants universitaires, l’arrêt de constructions et de rénovations des cités U ou l’augmentation des prix de loyer Crous et du ticket resto U, tout en visant des suppressions d’emplois. C’est le service public qui est en jeu et la dégradation des conditions d’études et de vies des étudiants. » Avec un contexte propice : « 21% des étudiants boursiers. 1 étudiant sur 3 est obligé de travailler » ce sont là, précise Aurélia, « les premiers facteurs d’échec en première année ».

Une coupe budgétaire sévère que rejette également Aurélien de l’UEC. Il analyse : « Ces mesures accentuent à chaque fois la précarité des étudiants et n’ont rien d’accidentel : ce sont des choix politiques conscients pris par l’État. PS et LR n’ont qu’un seul but : défendre le patronat. Les lois LRU puis Fioraso contre lesquelles les étudiants communistes se sont battus jusqu’au bout, illustrent cette volonté. En faisant entrer les entreprises privées dans les Conseils d’administration de nos universités publiques, comme Eurocopter ici à l’AMU, l’État dévoile son objectif: livrer l’enseignement public aux logiques marchandes en dépit de la qualité des formations. »

Camil de la JC conclut : « On s’organise pour combattre toutes ces injustices, la valeur de la bourse scandaleuse: 500 euros, l’augmentation des tickets U : 4 euros ! Les logements étudiants privés qui pullulent à Marseille. On appelle les jeunes à être acteurs. Étudier dignement est un droit, pour le défendre, organise- toi ! »

Houda Benallal (La Marseillaise, le 4 décembre 2015)

Le titre a été changé par la JC13.