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La fin des « emplois aidés » ? CHICHE ! MAIS IL FAUT CRÉER DE VRAIS EMPLOIS

La fin des « emplois aidés » ? CHICHE ! MAIS IL FAUT CRÉER DE VRAIS EMPLOIS

Toujours soucieux de faire faire aux autres des économies afin qu’il puisse les offrir au Patronat, Emmanuel Macron et son gouvernement ont annoncé la fin des « emplois aidés ».

Et bien, quitte à surprendre, je pense que c’est une bonne chose … à condition que l’on recrée enfin les VRAIS emplois qu’on a supprimés.

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Conjuguer la bataille pour de vrais emplois pour les travailleurs déclassés en « contrats aidés » avec la bataille contre les ordonnances Macron ! Refuser de rentrer dans le piège de la défense du système des « contrats aidés ».

Conjuguer la bataille pour de vrais emplois pour les travailleurs déclassés en « contrats aidés » avec la bataille contre les ordonnances Macron ! Refuser de rentrer dans le piège de la défense du système des « contrats aidés ».

Vivelepcf, 12 septembre 2017

Le nouveau gouvernement passe pour être habile en communication. L’annonce, très médiatisée, de son intention de supprimer 100.000 à 149.000 « contrats aidés » dès la rentrée, ne coïncide pas par hasard avec le coup de force pour faire passer les ordonnances de casse du code du travail.

Communistes, nous distinguons notre défense des travailleurs déclassés en « contrats aidés » et une défense du principe des « contrats aidés ». Loin de défendre ces derniers, nous les condamnons depuis 40 ans, depuis les TUC et les SIVP de Fabius jusqu’aux CES et « contrats d’avenir ». Nous combattons ces formes d’emploi dégradé, au rabais, de chômage déguisé, frappant notamment les travailleurs les plus jeunes et les plus vieux.

Alors que nous engageons la lutte contre la casse du code du travail, contre la nouvelle dégradation programmée du statut du travail, nous ne tomberons pas dans le piège de considérer les « contrats aidés » comme une quelconque référence. Nous ne sommes pas des héritiers et des satellites de la social-démocratie à l’origine du soi-disant « traitement social du chômage » qui érigent aujourd’hui la bataille des « contrats aidés » en symbole de la lutte pour l’emploi, en parallèle ou au-dessus de la revendication de retrait des ordonnances Macron.

On saisit le calcul du gouvernement, sa tentative de diversion.

Ses ordonnances sont techniques dans la forme, d’autant moins lisibles qu’elles ont été tenues secrètes jusqu’au 31 août. Elles frapperont les emplois à l’avenir. Au contraire, la remise en cause des « contrats aidés » est évidente à comprendre et suscite, logiquement et légitimement, la protestation immédiate des acteurs touchés brutalement.

Pour ajouter à la confusion politique, parmi les employeurs de contrats aidés, on trouve des municipalités de toutes couleurs. Des élus, notamment de droite, parfaitement favorables à la casse du code du travail, se rangent dans les défenseurs des « contrats aidés » auxquels ils recourent abondamment au lieu d’emplois statutaires.

Le premier ministre prétend vouloir faire des « économies » en supprimant les « contrats aidés », ce qui associe son annonce à la politique d’austérité que nous combattons. En réalité, les « contrats aidés », le plus souvent à temps très partiel, ne donnant pas lieu au paiement de cotisations sociales, reviennent à peine au niveau de dépenses du RSA.

La réalité, c’est que Hollande et Valls ont gonflé le nombre de « contrats aidés » avant les élections et que Macron et Philippe ont moins besoin de dissimuler le chômage. La réalité, c’est que les employeurs privés, du secteur marchand, pour lesquels l’emploi de « contrats aidés » correspond à seul effet d’aubaine, vont bénéficier d’autres dispositifs d’emplois sous-payés.

Dans les administrations, les écoles, les hôpitaux (où des « services civiques » font le travail d’aides-soignants !) etc., les « contrats aidés » servent et continueront à servir à pallier le déficit de personnel et à accompagner les suppressions de postes de fonctionnaire ou de CDI. Dans le secteur associatif, les meilleurs cas côtoient les pires. Trop souvent, les associations ne sont que des sous-traitants bon marché et déqualifiés des services publics.

En cette rentrée, nous sommes avec les personnes en « contrat aidé », les personnels des services publics, notamment les enseignants, les responsables d’établissement, contre les menaces de désorganisation brutale de leur travail et de leur vie que fait peser l’annonce des suppressions de « contrats aidés ».

Mais plus que jamais, nos mots d’ordre sont d’exiger de véritables emplois statutaires pour les travailleurs déclassés en « contrats aidés », de véritables formations pour les chômeurs ainsi parqués.  La mobilisation de tous pour des services publics de qualité, avec des emplois statutaires et qualifiés, partant des besoins, est la seule façon de maintenir et de gagner des emplois dans les moins mauvaises ou les meilleures conditions.

Ainsi seulement, la question des « contrats aidés » peut et doit s’inscrire dans la lutte générale pour le retrait des ordonnances Macron.

Loi El-Khomri : ATTENTION A LA SUPPRESSION DES PLANCHERS DES INDEMNITES PRUD’HOMALES !

ACTUALISATION: 26 MARS 2016: Le gouvernement recule (semble reculer) sur les planchers des indemnités prud’homales pour licenciement abusif

JJ pour Vivelepcf, 21 mars 2016 

Dans le projet de loi Valls-El-Khomri, un mauvais coup en cache toujours un autre. 

Une disposition, parmi les quelque 50 articles du projet, a particulièrement été commentée dans les médias : le plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement abusif. Son abandon lors de la supposée réécriture de la loi par Valls et Hollande et son remplacement par un barème indicatif ont été fortement mis en avant.  Ils ont largement servi à expliquer le ralliement complice de la CFDT qui en avait fait un casus belli « social ». De son côté, le Medef hurle, comme sur commande.

Mais personne ou presque ne signale et ne dénonce que le projet de loi transformé prévoit toujours la suppression des planchers des indemnités prud’homales. Or cette disposition frapperait les salariés dans des cas bien plus nombreux que l’hypothétique plafonnement (qui, de toute façon, allait sans doute être invalidé pour inconstitutionnalité).

Pour l’instant, le code du travail stipule qu’un licenciement reconnu par le conseil des prud’hommes sans cause réelle et sérieuse est indemnisé par l’employeur, pour un salarié ayant plus de deux ans d’ancienneté et travaillant dans une entreprise de plus de 11 salariés, au minimum du montant de six mois de salaire brut.

Si la loi Valls-El-Khomri passe, les juges prud’homaux représentant à parité les patrons seraient évidemment tentés de négocier avec les juges représentant les salariés des indemnités sur une base très inférieure à ces 6 mois. C’est aussi une base qui disparaîtrait, entre un patron et un salarié, dans la négociation d’une rupture conventionnelle du CDI et la fixation de la prime (procédure de licenciement déguisé que nous continuons à dénoncer).

Pour le salarié lésé, qui obtiendrait seulement 3 mois de salaires aux prud’hommes, pour contester et espérer récupérer les 6 mois d’indemnité accordés actuellement de droit, il faudra passer par un juge professionnel puis éventuellement faire appel. Des procédures qui durent de deux à quatre ans, sans assurance de gagner !

On comprend aisément combien cette disposition du projet Valls-Khomri va faciliter la vie des patrons qui veulent se débarrasser de tel ou tel de leur salarié et quel moyen de pression nouveau elle leur donne dans l’entreprise.

Il est temps, avant la journée nationale de grève du 31 mars, d’alerter très largement les salariés. Bien plus sont concernés par la suppression du plancher que par la suppression du plafond des indemnités prud’homales. Ne manquons pas non plus de confondre, dans les entreprises, les syndicats de collaboration !

Goodyear, Air France etc. : les intimidations et provocations patronales et gouvernementales doivent se retourner contre leurs auteurs !

Tract, PCF Paris 15, 4 février 2016 (manif Goodyear & entreprises 15ème)

Solidarité de classe !

Ces dernières semaines, dans des occasions différentes, le gouvernement a fait le choix de la répression anti-salariés et antisyndicale et de la mettre en avant. En octobre, Valls a tenu des propos ultraviolents, à l’unisson du PDG Juniac, contre les salariés d’Air France dans l’épisode de la « chemise déchirée ». En décembre, 8 militants CGT de Goodyear-Amiens, poursuivis par l’Etat (et non plus l’entreprise), sont condamnés à des peines ahurissantes de prison ferme. Ce sont des provocations calculées à l’encontre du monde du travail, également par le contraste avec la quasi-impunité des possédants et des patrons fraudeurs.

Plus que jamais, notre bataille doit viser à faire prévaloir l’expression de la solidarité de classe entre les travailleurs sur la logique d’intimidation, dans un contexte de précarisation aggravée de l’emploi et de la vie, de matraquage sécuritaire avec « l’état d’urgence ». Pour nous, communistes, la solidarité de classe va bien au-delà de l’affichage d’une compassion, même sincère, au nécessaire soutien humain et matériel. Face à la répression patronale, démasquons, attaquons les intérêts de ceux qui répriment.

A Air France, la charge de Valls a été excessive. L’opinion n’a pas vu des « voyous » dans les salariés risquant d’être licenciés. L’objet du délit, la chemise, est apparu futile à côté de la menace. Rapidement, il n’a pas pu être masqué que la « victime », le DRH Broseta (par ailleurs militant du PS), a délibérément pratiqué une politique de chantage à l’emploi, d’exacerbation des oppositions entre catégories de personnel. Du coup, l’affaire a été reléguée au second plan dans les médias. Mais, des centaines de suppressions d’emploi sont toujours programmées dans un « plan B ». L’Etat, actionnaire décisif, continue de subventionner le « Low-Cost », de privatiser les aéroports, de faire des ponts d’or aux compagnies des dictatures du Golfe. Et les salariés impliqués dans l’incident sont sanctionnés de façon inacceptable, certains licenciés et risquent toujours des condamnations judiciaires.

Goodyear est une entreprise moins connue. Le conflit à Amiens dure depuis 7 ans. Le pouvoir et sa justice de classe attaquent à froid, à la fin de l’affaire avec la volonté manifeste de criminaliser l’action syndicale. Le cas est aussi très politique puisque Hollande dans sa campagne de 2012 avait promis de faire « son possible » pour préserver l’emploi (pas vraiment un mensonge !) puis que le ministre Montebourg s’est compromis avec des patrons américains pour tenter de faire tourner les salariés en bourriques.

Nous saluons le courage des salariés et des militants syndicaux CGT de Goodyear qui ont résisté à tant de harcèlement dans l’entreprise, dans les infinies procédures judiciaires, dans les médias. Ce qu’ils continuent à combattre au bout de 7 ans est essentiel : le chantage à l’emploi et aux conditions de travail, les stratégies de délocalisation. La CGT et les salariés ont refusé le passage au travail en « 4X8 » qui aurait détruit leur vie privée et leur santé mais pas du tout sauvé l’usine d’Amiens-Nord que Goodyear avait de toute façon l’intention de liquider et délocaliser, en faisant payer les salariés et les collectivités. A contrepied de l’attaque judiciaire, il faut faire connaître le fond économique de l’affaire Goodyear !

Air France, Goodyear : le bal des hypocrites a commencé. Valls encore en premier qui trouve « un peu lourdes » les condamnations des Goodyear et laisse entendre un jugement plus clément en appel (bonjour l’indépendance de la justice !). Des patrons comme Mme Parisot et des réformistes qui regrettent les condamnations et prônent le « dialogue social ».

Mais la répression et le « dialogue social » sont les deux formes de la même politique antisociale. Ils fonctionnent à sens unique, contre les acquis des travailleurs. Quand ça ne passe pas par le dialogue, le pouvoir passe en force. Ça été le cas avec la loi Macron ou avec le protocole « PPCR » contre le statut de la fonction publique, récusé par des syndicats majoritaires mais imposé quand même. Hypocrisie encore chez les politiciens qui se ménagent une posture de gauche avant les élections de 2017. Ils veulent être photographiés avec les « Goodyear » alors qu’ils ont soutenu Hollande, voté le budget 2016 (comme la plupart des frondeurs), qu’ils défendent viscéralement l’UE de la concurrence de tous contre tous (Cohn-Bendit/EELV) ou qu’ils ont approuvé l’état d’urgence.

Que l’on ne compte pas sur nous, communistes, pour semer des illusions sur 2017 ! La résistance, c’est maintenant. Les attentats, l’état d’urgence, les « primaires » débiles ne doivent pas faire oublier qu’avec le « pacte de responsabilités », le gouvernement opère le plus grand transfert d’argent issu du travail vers le profit capitaliste (50 milliards d’euros). Hollande, dans ses dernières annonces « sur l’emploi », a encore ajouté 2 milliards aux cadeaux aux entreprises et annoncé la transformation du CICE en exonérations définitives de cotisations sociales patronales. La casse du financement solidaire de la sécurité sociale est une priorité de la fin du quinquennat. De leur côté, Macron et El-Khomri agitent le leurre des 35 heures pour mieux attaquer le code du travail et l’indemnisation du chômage.

Air France, Goodyear doivent porter la résistance à cette politique maintenant !

Communistes, nous appelons:

  • A signer et faire signer la pétition CGT pour la relaxe des Goodyear, à exiger l’annulation des sanctions contre les salariés d’Air France
  • Au maintien de tous les emplois à Air France, à la suppression des dispositifs gouvernementaux favorisant le dumping social dans l’aérien, à l’arrêt des privatisations des aéroports
  • A taxer les réimportations d’usine délocalisées
  • A abroger le CICE

La journée de manifestation des fonctionnaires le 26 janvier a marqué la reprise des luttes en 2016 : intensifions le mouvement !

Nos tracts de 2008 (lien):

Pourquoi il faut faire de Goodyear une lutte nationale.

Manifestation nationale aujourd’hui à Amiens contre le plan « social » chez Goodyear