Politique étrangère

Déclaration du Parti communiste allemand (DKP) sur les résultats des élections au Bundestag 2017

Déclaration du Parti communiste allemand (DKP) sur les résultats des élections au Bundestag 2017

Traduction EDT pour « Solidarité internationale PCF – Vivelepcf », 25 septembre 2017 

Le résultat des élections, avec une participation en hausse, représente un glissement à droite avec tous les dangers que cela comporte. Avec l’AfD, c’est une force raciste, nationaliste, jouant un rôle charnière avec les fascistes revendiqués, qui est devenue le troisième parti représenté au Bundestag, en obtenant 13% des voix. En Saxe, elle arrive en tête, dans l’ensemble de l’Allemagne de l’Est, en deuxième place. La CDU, le SPD, les Verts et « die Linke » ont chacun perdu des voix au profit de l’AfD.

Ces 13% pour l’AfD correspondent aux résultats des enquêtes de l’institut « Sinus » qui estiment, depuis les années 80, que 13% de la population (ouest-)allemande ont une vision du monde d’extrême-droite refermée sur elle-même. Un hasard ou non ? En tout cas le sous-marin dénommé « néofascisme » est remonté à la surface à nouveau, immanquablement visible aux yeux de tous, comme déjà dans les années 60 sous la forme du NPD.

Les résultats de la CDU et du SPD sont historiquement bas. La social-démocratie traditionnelle se trouve dans une crise profonde. Le parti libéral FDP a pu rétablir sa position chez ceux qui se voient du côté des gagnants dans la nouvelle donne. Les Verts maintiennent leur résultat. Le Parti de la gauche  progresse très légèrement, dans les décimales, mais continue de perdre en voix et en influence dans les régions de l’est, correspondant au territoire de la RDA, où sont ses origines. Il y cède 500.000 voix à l’AfD. Die Linke a adopté beaucoup trop tôt une perspective d’alliance avec le SPD et les Verts sans réelle mise au clair des « lignes rouges » et des contenus principaux d’une telle alliance. Cela a contribué à une perte de lisibilité et de crédibilité en particulier dans l’électorat de gauche le plus conscient.

Si une coalition gouvernementale entre la CDU, le FDP et les Verts doit effectivement se constituer, sa priorité sera d’aggraver, notamment sous la pression à droite de l’AfD, la politique agressive, socialement réactionnaire de l’impérialisme allemand

Du côté du SPD, qui porte la responsabilité de la régression sociale subie par les masses avec ses plans « Agenda 2010 » et « Hartz-IV » [contre-réformes du marché du travail décidées sous le gouvernement Schröder. NdT], qui a rendu possibles les interventions militaires extérieures de l’impérialisme allemand, il n’y a aucune raison d’espérer une quelconque opposition politique réelle ;  en tout cas aucune opposition à la guerre et aux coupes sociales, comme elle serait nécessaire immédiatement.

Le résultat électoral exprime avant tout la profonde contradiction qui existe dans la conscience des masses, mais aussi dans leur conscience de classe. Beaucoup de personnes – particulièrement dans l’Est désindustrialisé – ont raison d’avoir peur, d’abord pour leur situation sociale et pour leur vie à venir. Ce sentiment d’incertitude a ramené des abstentionnistes vers les urnes. Ils ont voulu sanctionner la politique de la grande coalition entre la CDU et le SPD. Ils ont effectivement sanctionné cette politique. Mais ils ont cru à des promesses et slogans faux et démagogiques. En votant pour l’AfD, un parti qui ne fait pas mystère de ses positions réactionnaires antisociales, diviseuses et racistes, ils ont voté pour une « solution » qui va, tôt ou tard, se retourner contre eux.

Les forces de gauche en Allemagne n’étaient pas en situation de donner des réponses convaincantes aux peurs, bien fondées, pour l’avenir. Nous affirmons, plus que jamais, que la peur pour l’avenir n’est pas synonyme de racisme mais qu’elle peut devenir le terreau du racisme si aucune voie lisible n’est indiquée vers des luttes victorieuses pour la paix, les droits sociaux et la démocratie. Cette exigence ressort des résultats électoraux pour tous les militants de gauche.

Le résultat du DKP – 11.713 voix – est très bas et ne saurait nous satisfaire. Nous payons, entre autres, le fait que nous ne nous étions plus présentés à une élection au Bundestag depuis 1989. Notre entrée en lice était juste, non par ce que nous espérions un bon résultat, mais parce qu’elle a contribué à faire connaître le DKP et ses positions et à renforcer le Parti. Nous avons mis « du rouge dans les rues » et nous allons continuer. A moyen et long termes, c’est la bonne voie pour changer la conscience de classe des masses et pour les diriger vers leur véritable adversaire.

Le DKP va continuer à être dans la rue avec son programme de propositions immédiates pour la paix, le travail, la solidarité. Il va continuer à indiquer où il faut prendre l’argent pour l’éducation, pour un système de santé qui ne rend pas malades les patients et les travailleurs : sur le budget militaire et chez les super-riches. Il va continuer à lutter pour le désarmement, pour la fin des opérations extérieures de l’Armée fédérale et pour la paix avec la Russie. Il va continuer à s’engager pour la diminution du temps de travail avec maintien des salaires et embauches correspondantes et pour des créations de poste dans les services publics.

Le DKP va continuer à désigner le capitalisme monopoliste comme l’adversaire principal et à appeler au combat commun, sachant bien que le changement sera gagné dans la rue et non avec un bulletin de vote. La lutte pour des intérêts communs, indépendamment de ses croyances, de son âge, de son origine ou de son sexe – en un mot : la solidarité – c’est ce dont les dominants ont le plus peur. La solidarité est notre carte maîtresse que ce soit dans une grève à l’entreprise, dans une action contre une expulsion dans le voisinage ou pour bloquer une manifestation néofasciste. La solidarité est notre carte maîtresse contre l’AfD.

Essen, 25 septembre 2017

Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, militant pour les droits des prisonniers et du peuple palestiniens, a été arbitrairement arrêté le 23 août par les autorités israéliennes. Celles-ci n’ont pas donné publiquement de motif à cette détention administrative. Il n’y a eu ni inculpation, ni procès.

On se souvient que Salah Hamouri a déjà été détenu injustement 7 années dans les geôles israéliennes.

A nouveau, la mobilisation sa libération se développe en Palestine, parmi les progressistes israéliens dont nos camarades du Parti communiste (Maki) et en France où de nombreuses organisations du PCF et du MJCF s’impliquent.

Jusqu’à présent, la justice israélienne invente de nouvelles arguties pour retenir Salah Hamouri en prison et les autorités françaises restent indifférentes à la situation de notre compatriote. Le cas de Salah Hamouri teste le niveau d’alignement des autorités françaises sur la politique oppressive et colonialiste d’Israël. Faisons grandir la protestation !

Nous reproduisons ci-dessous l’appel et la pétition pour la libération de Salah Hamouri, en direction respectivement du procureur israélien et de Macron, initiés par l’association palestinienne Addameer où il milite (avec coordonnées et lien pour s’y associer).

« Solidarité internationale PCF – vivelepcf » 8 septembre 2017.

Appel à action : exigez que les responsables israéliens libèrent immédiatement Salah Hamouri

Par Addameer

07.09.2017 – Ce qui semble être la dernière audience d’appel pour Salah Hamouri aura lieu le mardi 12 septembre devant la Cour suprême israélienne. Ce n’est pas notre équipe juridique qui a interjeté cet appel mais le procureur israélien, qui cherche à rétablir l’ordre de détention administrative de Salah de 6 mois initialement rendu le 29 août 2017.
Il n’y a pas d’autre possibilité. De toute façon, Salah fera au moins trois mois de prison, avec la menace qu’un ordre de détention administrative lui soit imposé à la fin de l’exécution de la sentence.

L’appel représente donc une tentative du procureur de l’Etat israélien de maintenir la capacité de requérir des ordres de détention administrative contre des personnes qui devraient être jugées en vertu du droit civil israélien. En tant que résident de Jérusalem, M. Hamouri jouit de certains droits et la détention administrative est un affront à toute forme de procédure équitable.

L’ordre officiel de détention administrative de Salah doit être signé et approuvé par le ministre israélien de la Guerre Avigdor Lieberman. En tant que tel, nous appelons nos partisans et ceux de Salah à agir d’urgence pour demander la libération immédiate de Salah Hamouri.

Tous nos soutiens internationaux, et en particulier les amis de Salah en France, nous ont demandé comment ils pouvaient aider de si loin. En réponse à ces demandes, voici notre stratégie. Il nous faut nous assurer que l’attention internationale reste sur l’affaire de Salah et que les organes décisionnels soient conscients de son importance pour tant de personnes.

Nous demandons donc à tous nos soutiens de téléphoner au moins une fois au bureau du ministère de la Guerre, Avigdor Lieberman, au moins une fois au bureau du Procureur général, Shai Nitzan, ou de leur envoyer un email sur le cas de Salah.

Dans votre appel téléphonique, dites-leur que vous appelez sur l’affaire de Salah Hamouri, défenseur des droits de l’homme, dont l’audience d’appel aura lieu devant la cour suprême le 12 septembre 2017. Dites-leur que vous pensez que la requête du procureur de l’Etat pour un ordre de détention administrative ne recouvre aucune équité, ni justice, qui pourrait exister dans le système juridique israélien. Soyez polis et concis. Nous voulons être sûrs qu’ils ne peuvent nous ignorer.

Attention, si vous donnez votre nom, il est vraisemblable que vous serez inscrits sur la liste qui vous interdit d’entrer en Palestine.

Si vous n’avez pas encore signé la pétition, vous pouvez le faire à ce lien et nous écrire pour nous dire comment s’est passé votre coup de téléphone ou si vous avez reçu une réponse à votre email.

Merci encore pour tout le soutien à Salah, et aux défenseurs des droits de l’homme en Palestine.

Les coordonnées sont :

Bureau d’Avigdor Lieberman
Ministre de la Défense (Guerre)
Tél. : Tél: +972 2 6753231
aliberman@knesset.gov.il

Bureau de Shai Nitzan
Procureur de l’État
Tel: +972 2 6466868
state-attorney@justice.gov.il

PETITION A EMMANUEL MACRON, initiée par l’association ADDAMEER

SIGNER EN LIGNE

Demande de libération immédiate pour le défenseur des droits de l’homme Salah Hamouri

Salah Hamouri, ancien prisonnier franco-palestinien, chercheur pour l’association Addameer et représentant des droits des prisonniers palestiniens a été arrêté par les forces d’occupation israéliennes, lors d’un raid de nuit, à son domicile de Kufr Aqab, ce mercredi 23 août. M. Hamouri a ensuite été emmené au centre d’interrogatoires Al-Moskobyeh (quartier russe) qui a décidé de prolonger sa détention et les interrogatoires jusqu’au dimanche 27 août.

Salah Hamouri, 32 ans, est un binational franco-palestinien, ancien prisonnier palestinien des prisons israéliennes. Il a été libéré lors de l’échange de prisonniers de Wafa al-Ahrar, après avoir passé 7 ans dans les prisons de l’occupation israélienne. En plus de cela, il a été interdit d’entrer en Cisjordanie par un ordre militaire israélien jusque septembre 2016 et sa femme, Elsa Lefort est aujourd’hui empêchée de se rendre en Palestine.

En tant qu’avocat et représentant légal de l’association Addameer, Salah Hamouri accomplit au quotidien un travail de plaidoyer pour les droits et la liberté des prisonniers palestiniens et du peuple palestinien.

Par cette pétition, l’association Addameer de soutien aux prisonniers et aux droits de l’homme vous demande d’agir immédiatement contre les attaques répétées qui ciblent Salah Hamouri, attaques constitutives du harcèlement continu contre les défenseurs palestiniens des droits de l’homme et les organisations de la société civile ; sachant que cette arrestation a lieu dans un contexte permanent de campagnes d’arrestations par les Israéliens.

Cette pétition sera remise à Emmanuel Macron, au Conseil de l’UE, au Parlement européen

Le PC de Grande-Bretagne à propos des élections anticipées prévues le 8 juin : « se débarrasser des Conservateurs ! »

Déclaration du Parti communiste de Grande-Bretagne, 18 avril 2017, traduction ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».

Le Parti communiste n’est pas totalement surpris par l’annonce de la tenue d’élections générales anticipées le 8 juin. Il n’a jamais pris au mot les dirigeants conservateurs. Il sait que la loi adoptée [en 2011] prévoyant des mandatures à « durée déterminée » est une tromperie.

Theresa May cherche à obtenir un mandat pour poursuivre un programme, sur cinq ans, de politiques néolibérales comprenant plus d’austérité, de privatisations, de militarisme et de guerre en alliance avec les Etats-Unis et l’OTAN.

Son courant dans la direction du Parti conservateur – qui a majoritairement fait campagne pour le maintien dans l’UE – veut obtenir un accord sur le commerce et l’investissement avec l’UE sur la base de la plupart des règles du Marché unique européen. La Commission européenne approuve cette démarche et ne cache guère son soutien à l’annonce d’élections anticipées.

Un autre courant de la direction du Parti conservateur veut que la Grande-Bretagne retrouve un contrôle total sur les politiques commerciales, migratoires et fiscales, sans plus aucune contribution au budget de l’UE.

Une large majorité à Westminster devrait permettre au courant de May d’imposer son calendrier en se passant de ses dissidents anti-UE les plus intransigeants.

Cela pourrait également renforcer sa position, du moins à court terme, face à la montée de l’opposition à plusieurs de ses orientations politiques intérieures, comme la réintroduction des « grammar schools » (et donc des « secondary moderns ») [rétablissement d’une sélection à l’entrée dans l’enseignement secondaire, un peu équivalente aux projets de suppression du collège unique en France – NdT], la privatisation du Service national de santé, de nouvelles coupes dans les services publics et les allocations sociales et encore davantage de réductions d’impôts pour les plus riches et le capital.

Les deux courants du Parti conservateurs partagent la vision de May d’une Grande-Bretagne, paradis fiscal, pays de bas-salaires, déréglementé, privatisé, hostile aux syndicats. Tous les deux, ils soutiennent les accords économiques néolibéraux avec les Etats-Unis, la Turquie, le Japon et d’autres pays.

C’est pourquoi il est essentiel d’obtenir une victoire travailliste le 8 juin et d’ouvrir la voie à un gouvernement dirigé par Jeremy Corbyn pour conduire des politiques de gauche, progressistes sur de nombreuses questions intérieures et internationales.

C’est précisément parce qu’elle redoute une telle perspective que la classe dirigeante ne veut pas laisser trois ans – même pas trois mois – au Parti travailliste pour reconstruire l’unité du parti et pour adopter une ligne politique tournée vers le peuple, notamment en Ecosse.

Les libertés nouvelles données par la sortie de l’UE et du Marché unique pourraient permettre à la direction travailliste d’adopter des orientations politiques clés pour reconstruire la base industrielle de Grande-Bretagne, défendre et étendre les services publics, promouvoir le développement régional, diminuer ou supprimer la TVA, renforcer nos syndicats et en finir avec la surexploitation de la main-d’œuvre  immigrée.

Il y a besoin d’un gouvernement travailliste qui ne brade pas ces libertés potentielles dans des négociations commerciales avec l’UE.

C’est pourquoi le Parti communiste exhorte la classe ouvrière et les peuples de Grande-Bretagne à se saisir de l’opportunité du 8 juin pour se débarrasser des Conservateurs. Non au pessimisme et au défaitisme ! Oui à une victoire du mouvement ouvrier, au progrès et à la paix !

Elections aux USA: débat dans le 15ème – INVITATION

Rencontres de la revue CAHIERS COMMUNISTES, avec le concours du site internet « Solidarité internationale PCF ».

 

Elections américaines 2016 : La crise de la démocratie bourgeoise US, reflet de l’aggravation de la crise globale du capitalisme ? Conséquences pour le monde, état et perspectives du mouvement ouvrier américain.

 

DEBAT PUBLIC, mercredi 5 octobre 2016, à 18h30, au 61 rue Violet (métros Emile-Zola ou La-Motte-Piquet) Interviendrons :

  • Roger KEERAN, historien marxiste américain (auteur notamment de « Le socialisme trahi, les causes de la chute de l’Union soviétique », publié en français aux éditions Delga).
  • Andrew EISENHAUER, enseignant américain en France
  • Russel YATES, militant communiste américano-français
  • Emmanuel DANG TRAN, membre du Conseil national du PCF, corédacteur de la motion du 37ème congrès, « Reconstruisons le parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes ».

Le système politique américain présente, depuis des décennies, une caricature de la stérilité et de l’imposture de la « démocratie » bourgeoise : alternance entre deux partis aux positions fondamentales similaires, abstention massive des travailleurs, politique spectacle. Au moment où la campagne des présidentielles en France rejoint ce bas niveau (ex : primaires), ce système semble montrer des signes de craquement aux Etats-Unis. De façon très différente, les résultats de Bernie Sanders aux primaires démocrates, sur un discours social-démocrate, et la victoire aux primaires républicaines de Donald Trump, populiste aux positions incongrues, traduisent une aspiration nouvelle au changement politique. Nous y voyons un effet de l’aggravation de la crise globale du capitalisme dans ce qui reste sa première puissance. La paupérisation des travailleurs américains s’accélère durement. Loin de se résorber, les tensions raciales et communautaires s’accentuent. Relativement affaibli dans le monde, l’impérialisme américain se précipite dans une nouvelle surenchère agressive, commerciale et militaire, notamment au Moyen-Orient, aux conséquences également lourdes sur la population américaine.Pour autant, le début de crise politique ne laisse pas entrevoir d’issue progressiste, comme si les rôles avaient été partagés entre Clinton, Trump et Sanders. Le milliardaire Trump déstabilise un peu l’establishment sur certains points mais ne conteste nullement le système. Il fait craindre, aussi bien si Clinton est élue, un durcissement répressif du régime. De son côté, Sanders a rallié, comme l’ex-président George Bush senior, la représentante de Wall Street et des « faucons » fauteurs de guerre qui paraît en situation d’aggraver encore le cours actuel.Dans notre débat, nous souhaitons approfondir et confronter ce début d’analyse, informer sur l’état des résistances et de l’organisation de la classe ouvrière aux Etats-Unis, mesurer les conséquences pour le monde et la France de la campagne et du résultat des élections américaines. Les interventions seront prononcées en français et en anglais avec traduction.

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Renseignements : pcfparis15@orange.fr