Non à l’UE du capital

Pourquoi le Parti communiste de Belgique quitte le Parti de la Gauche Européenne (PGE)

Extrait de notre site « Solidarité internationale PCF »

Après le Parti communiste allemand en 2016 (voir notre article en lien), le Parti communiste de Belgique a décidé à son tour de quitter le Parti de la Gauche Européenne. Cette décision a été adoptée par un vote lors du dernier Congrès du PCB qui s’est tenu le 30 juin dernier à Bruxelles. Ce congrès a aussi décidé que le Parti communiste Wallonie-Bruxelles s’appellerait « Parti communiste de Belgique » et développerait également des activités en Flandre.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de nos camarades belges expliquant les motifs de cette décision.

Pourquoi le PCB a quitté le Parti de la Gauche Européenne (PGE)

Le congrès a décidé à une majorité de 83% des voix adoptée à bulletin secret, de se retirer du Parti de la Gauche Européenne PGE.

Sur le plan politique, plusieurs motifs ont conduit à cette décision de sortie du PGE, parmi lesquels :

  • L’hostilité statutaire du PGE vis-à-vis du socialisme réel alors que l’écroulement de ce dernier constitue la base de la mondialisation capitaliste et la destruction d’un rapport de force qui était favorable aux travailleurs du monde entier ;
  • Le caractère unanime des décisions du PGE qui fige et stérilise le débat en le transformant en un club de discussion élitiste et technocratique ;
  • La non-prise en considération de notre intervention en juillet 2014 sur la crise Ukrainienne qui dénonçait un véritable coup d’état à connotation fasciste ;
  • Le fait qu’en 2011, à l’occasion du 90e anniversaire de notre parti, « l’intervention du PGE » s’est limitée à la tenue d’un colloque à Bruxelles où la direction de notre parti n’a pas été officiellement invitée et où son histoire n’a même pas été évoquée ;
  • L’attitude inadmissible des dirigeants du PGE face à l’OTAN qui nous met en porte à faux avec notre exigence de sortie de l’OTAN en préalable à sa dissolution. Il en va de même de l’attitude de Syriza et de son dirigeant Tsipras dans la crise grecque, attitude qui a contribué à discréditer la gauche radicale exception faite des partis communistes non membres du PGE ;
  • Un montant de 30.000 euros de frais d’affiliation qui n’ont donné aucun retour en investissement ;
  • L’absence de liens privilégiés entre partis membres sur des questions communes, pourtant le fondement même du PGE. Entre autres, la fermeture de Caterpillar, où notre parti a été ignoré et d’autres partis privilégiés alors que nous avons été les premiers à défendre la réquisition des outils !

Nous considérons que Le PGE est à la politique ce que la CES est au syndicalisme, c’est-à-dire des organisations créées et soumises à l’Union Européenne laquelle depuis sa fondation reste une organisation capitalistique qu’il est impossible de réformer de l’intérieur. « L’Europe sociale » qui serait le résultat de réformes progressistes est une illusion pour les travailleurs.

Nous rappelons que l’adhésion de notre parti au PGE a été imposée en 2005 par une minorité de ses membres qui s’est exercé au détriment d’un débat démocratique constitué au minimum par une décision de congrès.

La majorité des membres du parti a constaté que cette minorité pégéiste n’a eu de cesse d’entraîner notre mouvement dans le réformisme au détriment de son essence révolutionnaire.

La récente visite du représentant de Die Linke (dont Gregor Gysi, président du PGE, est membre), Dietmar Bartsch, dans l’une des colonies israéliennes près de la bande de Gaza où il a planté des arbres dans le cadre de la coopération avec l’organisation sioniste « Keren Kayemet » (fonds national juif), connu pour sa grande responsabilité dans la politique de nettoyage ethnique contre les palestiniens, conforte notre décision.

 

38ème congrès du PCF: PRESENTATION de la motion  » PCF: Reconstruire le Parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes »

 

 

20 septembre 1992: il y a 25 ans, 49% votaient contre Maastricht. Combien maintenant contre l’UE du capital?

MAASTRICHT. Il y a 25 ans exactement, les élites capitalistes françaises et européennes tremblaient. Le 20 septembre 1992, le NON au référendum sur le traité de Maastricht était en passe de l’emporter et obtenait finalement 49%, malgré une propagande, un chantage, alors jamais vus.

Le PCF avait, le premier, dévoilé le texte et dénoncé sa gravité. Nous avions réclamé un référendum. Mitterrand, confiant dans les sondages, l’avait accordé avant de s’en mordre les doigts. Un de ses disciples, Mélenchon célébrait, comme porte-parole du PS au Sénat, un « bon compromis de gauche ». Aujourd’hui, il regrette que l’application de Maastricht n’ait pas répondu à ses attentes. Le politicien populiste prend décidément toujours le peuple pour des imbéciles !

Inquiétés, les porte-parole de la classe dominante devaient développer une hargne, une haine de classe, inconcevables contre les travailleurs qui massivement, à juste titre, mobilisés par le PCF et la CGT, avaient rejeté le traité.

Nous pouvons mesurer la gravité et toute l’actualité de Maastricht aux sous-titres du numéro spécial de l’Huma-dimanche (une ci-contre) du 27 mai 1992: « Des institutions échappant à tout contrôle/Une liberté totale pour les capitaux/ Economies sous surveillance/ Un budget de la France sous diktat/ Le pouvoir monétaire confisqué/Convergences purement financières/ Une Europe sociale minimale/ Vers l’armée européenne/ Réseaux sur mesure pour multinationales/ Citoyenneté ou euroracisme ? »

Depuis 25 ans, toutes les – rares – consultations concédées des peuples d’Europe sont allées dans le sens du refus de l’UE du capital, notamment en 2005 en France sur le TCE et jusqu’au « Brexit » de 2016. L’UE a perdu toute légitimité. Mais la défaillance des partis communistes, notamment, a laissé le système détourner l’opposition à l’UE vers le nationalisme ou la collaboration de classe. Avec Tsipras en Grèce, il n’y a pas eu de rupture avec l’UE, au contraire un renforcement de la dictature antisociale de l’UE !

Pour nous communistes, malgré les reculs et reniements de certaines directions, il faut, plus que jamais, réaffirmer la nécessité de la rupture avec l’UE du capital. Le rapport de force existe, au plan des pays, pour refuser l’application des directives, contester l’instrument principal de domination supranationale qu’est l’euro, rejeter l’UE du capital et la mise en concurrence des peuples qu’elle implique, la perspective de guerre impérialiste dans laquelle elle place notre pays.  Face à Macron qui tente un coup de force pro-ue!

 

Les communistes britanniques mettent en garde contre le piège tendu par les conservateurs dans la sortie de l’Union Européenne

Repris de Solidarité Internationale PCF

Traduction NK pour « Solidarité Internationale PCF – Vivelepcf » – Déclaration du secrétaire à l’international du Parti Communiste Britannique (Communist Party of Britain – CPB), John Foster, publiée sur le site 21centurymanifesto.wordpress.com le 3 août 2017.

Le gouvernement conservateur se prépare à lier les travailleurs ainsi qu’un futur gouvernement travailliste en utilisant les règles du marché et de la concurrence de l’UE, après la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne, selon le Parti communiste.

«Les grandes entreprises exercent une pression énorme sur la Première Ministre May et sur son équipe de négociation pour parvenir à un accord avec l’UE qui empêcherait toute forme d’intervention démocratique dans l’économie par une stratégie économique et politique alternative », a déclaré le secrétaire à l’international John Foster au Comité Politique du Parti mercredi soir dernier (2 août).

Il a averti sur le fait que tout traité de transition ou post-Brexit signé avec l’Union Européenne qui accepte les règles et les institutions existantes en matière de marché unique ou d’union douanière empêcherait de mener des politiques visant à soutenir l’industrie, à contrôler le capital, à réglementer le commerce ou à recourir à des marchés publics pour promouvoir l’emploi local, le syndicalisme, l’amélioration des qualifications et l’investissement dans la recherche et le développement.

M. Foster a évoqué notamment le jugement de l’Association européenne de libre-échange dans l’affaire Holship, qui démontre la façon dont la loi européenne sur la concurrence et sur le «droit d’établissement» est utilisée pour porter atteinte au syndicalisme et aux conditions générales des travailleurs. L’année dernière, la Cour de l’Association européenne de libre-échange a jugé qu’une convention collective protégeant le salaire de dockers norvégiens était invalide en vertu du droit des traités européens, malgré les points de vue avancés par la Cour suprême de Norvège.

«Plus de dirigeants syndicaux devraient évoquer les dangers que représentent le marché unique européen, et sa surexploitation des travailleurs« détachés », au niveau des emplois, des conditions de vie, des collectivités locales et des industries stratégiques», a suggéré le secrétaire à l’international du PCB. Il s’est donc félicité de la décision récente du GMB, troisième syndicat britannique, de s’opposer à l’adhésion continue au marché unique européen.

Les communistes britanniques ont déclaré qu’il était urgent de faire tomber le gouvernement conservateur minoritaire avant qu’il ne puisse faire adhérer la Grande-Bretagne à l’Association européenne de libre-échange et à son Espace économique européen avec l’UE, ou accepter ici d’autres juridictions de la Cour de justice «anti-syndicats» de l’Union européenne.

Le Parti communiste a également alerté sur le fait que les tories et leurs grands soutiens financiers issus du monde des affaires cherchent à nouer des accords commerciaux et d’investissement avec les États-Unis, le Canada et d’autres pays, ce qui ancrerait les principes capitalistes du marché libre, en érigeant le profit des entreprises avant les intérêts des travailleurs et des consommateurs.

Sur la question controversée de la soi-disant libre circulation des personnes, M. Foster a accusé l’UE d’hypocrisie et de racisme.

«La principale préoccupation de l’UE a toujours été de veiller à ce que les entreprises puissent employer des travailleurs désespérés d’une partie de l’Europe dans des conditions qui sapent les salaires, les conditions de travail et le syndicalisme dans un autre», a-t-il déclaré: «La libre circulation n’a jamais été étendu aux personnes extérieures à la « Forteresse Europe », la plupart, non blancs, ont été maintenus à l’écart par des barrières toujours plus grandes».

Le Comité Politique du PC a appelé le gouvernement britannique à accorder unilatéralement le droit de séjour aux ressortissants étrangers et à abroger toutes les législations discriminatoires en matière d’immigration et de nationalité adoptées depuis 1980.

Suites du référendum en Grande-Bretagne: rencontre publique le 6 juillet, sur les nouvelles conditions de la rupture avec l’UE du capital

A l’initiative de la revue « Cahiers communistes », et du site internet « Solidarité internationale PCF »

INVITATION :

Après la victoire du NON au référendum sur le maintien de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne,

Signal d’une rupture avec l’UE du capital ? Quelles capacités de mobilisation politique dans chaque pays ?

RENCONTRE PUBLIQUE avec

Mike SARGENT, dirigeant du syndicat britannique RMT (National Union of Rail, Maritime and Transport Workers: syndicat des transports – 80.000 adhérents) qui a fait campagne pour la sortie de l’UE

Emmanuel DANG TRAN, membre du Conseil national du PCF, co-rédacteur de la motion n°4 au 37ème congrès du PCF « Reconstruire le parti de classe – priorité au rassemblement dans les luttes » qui appelait à soutenir les forces progressistes britanniques engagées dans la campagne pour la sortie de l’UE

MERCREDI 6 JUILLET 2016, à 19h00

Au Patronage laïque, 61 rue Violet, à Paris 15ème

(métros Emile Zola ou La Motte-Piquet).

 

Souvenir de 2005 et souvenir de 1992

 

CAHIERS COMMUNISTES : http://vivelepcf.fr

SOLIDARITE INTERNATIONALE PCF : http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Articles sur le référendum au Royaume-Uni (cliquez sur les liens) :

Référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE : « Période cruciale pour les travaillistes » par Robert Griffiths, secrétaire général du PC de Grande Bretagne (qui fait campagne pour la sortie)