Economie / Luttes

Macron et son gouvernement, « grands communicants » ? Répondons aux insultes et déjouons les coups idéologiques tordus !

On ne sait pas comment interpréter l’énurésie verbale dans le mépris de classe affiché par le jeune président. Il y a certainement une volonté d’enfoncer le clou de la résignation et de dresser les travailleurs les uns contre les autres.

Fonctionnaires, salariés, agents du service public, nous ne pouvons pas nous laisser traiter de « fainéants », encore moins par un Macron qui a gagné 2 millions d’euros à liquider des entreprises à la Banque Rothschild.

A côté de la grossièreté du Président, son gouvernement joue finement dans l’ordonnancement de ses attaques antisociales. Sa communication excelle notamment à diriger la lutte contre un mauvais coup pour mieux laisser passer un mauvais coup principal et un recul durable dans la bataille des idées pour les travailleurs.

Concrètement, pour ce qui concerne notamment le service public, pensons aux débats provoqués sur les « contrats aidés », sur les « compensations » des hausses de CSG ou sur la suppression partielle de la taxe d’habitation.

Il y a des mauvais coups simples à combattre dans l’idée. Par exemple, la hausse du forfait hospitalier. Elle va augmenter le reste à charge, notamment des patients les plus pauvres. Elle va peser à la hausse sur les cotisations aux mutuelles et aux complémentaires. L’argent détourné est celui que les profits des entreprises engrangent grâce aux exonérations de cotisations sociales maladie. Cette bataille est importante et rassembleuse, d’autant que ses termes sont clairs.

 

Mais la ministre du travail, par exemple, est beaucoup plus fourbe avec la remise en cause annoncée, avant la rentrée, des « contrats aidés ».

Face aux ordonnances Macron, nous nous battons contre un pan d’une attaque globale contre les acquis sociaux dans le code, les règles, les statuts du travail, dans le privé comme dans le public. Au même moment, le gouvernement déclenche un contre-feu visant la confusion. Bien sûr, nous défendons les personnes dont la situation et les perspectives se trouvent brusquement dégradées par la restriction des « contrats aidés ». Bien sûr, nous luttons contre la désorganisation qu’elle provoque brusquement, dès cette rentrée, dans certains services, notamment à l’école (sans l’hypocrisie de certains élus locaux). Mais nous ne tomberons pas dans le piège qui nous pousse à ériger en référence ces formes de sous-emplois, payés à peine au RSA, ultra-précaires, ce « traitement social du chômage » initié par des gouvernements de fausse « gauche » pour mieux supprimer des postes stables. La défense des personnes en « contrat aidé » passe par la revendication de vrais emplois, des postes de fonctionnaires, dans le cadre de la bataille globale pour le retrait des ordonnances Macron.

La même logique vicieuse est à l’œuvre à propos de la hausse de 1,7% de la CSG et de sa – relative – compensation pour les fonctionnaires.

La hausse de la CSG est un mauvais coup pour l’ensemble du monde du travail. Pour les 2/3 des retraités, elle représente un nouvel impôt, lourd et parfaitement injuste. Pour les salariés du privé, le basculement de cotisations sociales, notamment de cotisations chômage, vers la CSG – malgré le tout petit gain ponctuel sur le salaire net – représente une nouvelle menace sur le financement de la sécurité sociale et – gravement – sur le financement d’assurance chômage et la reconnaissance des responsabilités du patronat dans le chômage. La casse de l’Unedic est programmée dans la suite.

Pour les fonctionnaires et les agents des entreprises publiques, la ponction est simplement inacceptable. Il n’y a aucune raison qu’ils payent de la CSG pour l’assurance chômage, alors que, dans les maigres acquis subsistants, ils ont la sécurité théorique de l’emploi. Le pouvoir est plus pervers encore en n’étant pas clair sur la compensation des 1,7% et en posant une augmentation éventuelle du traitement net comme un pendant à l’entourloupe sur les salariés du privé.

En clair, les fonctionnaires et agents des entreprises publiques sont invités à revendiquer l’équivalent de ce qui est mensongèrement présenté comme un cadeau aux salariés du privé. Non, soyons clairs : nous n’acceptons aucun recul du pouvoir d’achat. Nous combattons la hausse de la CSG dans le public. Nous réclamons une hausse du point d’indice, des traitements et des salaires, sans rentrer en concurrence avec les annonces aux collègues du privé.

Troisième exemple grave de manipu

Les grands « communicants »

lation idéologique du gouvernement : la suppression progressive de la taxe d’habitation pour 80% des ménages.

La TH est un impôt globalement injuste, peu légitime, mal accepté. Dans l’absolu, nous sommes pour son remplacement par de tout autres impôts locaux. Mais là, nous dénonçons – loin de l’hypocrisie de certains élus locaux – que sa suppression et son remplacement par des dotations, précaires dans la durée, prélevées sur le budget de l’Etat constituent une menace pour les services publics, la fonction publique territoriales et une aggravation des inégalités. Les contribuables locaux vont continuer à payer, comme contribuables nationaux, pour des services locaux dégradés. Les ménages les plus pauvres, déjà exonérés de TH, vont être mis davantage à contribution via le budget de l’Etat et leurs impôts indirects (TVA).

 

Retrait des ordonnances Macron: tract version courte

Seules les luttes sociales peuvent aujourd’hui mettre en échec la politique au service de l’argent. Forts des mobilisations syndicales des 12 et 21 septembre, faisons grandir l’opposition jusqu’au RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON !

Tract version PDF

Des luttes sectorielles, contre les mauvais coups de Macron montent pour mieux converger:

Jeudi 28 septembre: journée de protestation des retraités contre l’amputation des pensions par la hausse de la CSG (manifestation 14h00, Opéra)

Mardi 10 octobre: grève et manifestation dans les fonctions publiques contre le blocage des traitements, les saignées de personnels, les déstructurations des services publics, notamment par la casse des statuts.

L’an dernier, l’opinion publique s’est opposée massivement à la loi El-Khomry. Cette année, les ordonnances Macron vont beaucoup plus loin dans la casse du code du travail.

- Avec les ordonnances, un salarié pourra être licencié simplement parce qu’il aura refusé une modification de son contrat de travail signé auparavant.

- En cas de licenciement abusif – illégal donc ! – un patron ne pourra plus être condamné qu’à des indemnités minimes aux prud’hommes.

- Les multinationales pourront déplacer plus facilement leurs profits vers des filiales à l’étranger pour mieux licencier et délocaliser en France.

- Le repreneur d’un sous-traitant pourra remettre à zéro les acquis antérieurs.

- Les petits patrons pourront modifier à tout moment l’organisation du travail, remettre en cause les primes, organiser des référendums bidons sans tenir compte ni du code du travail, ni des accords de branche ni encore moins des syndicats de salariés…

Il y en a pour 159 pages de mesures techniques et vicieuses concoctées par le patronat et que le gouvernement veut nous imposer par une guerre éclair contre le monde du travail.

QUEL TRAVAILLEUR, QUEL JEUNE A LA PORTE DE L’EMPLOI VA CROIRE QUE FACILITER LES LICENCIEMENTS C’EST « BON CONTRE LE CHOMAGE » ?

C’est d’autant plus vrai que, dès son élection, Macron a choisi d’imposer sa ligne antisociale :

- L’étatisation programmée de l’assurance chômage va finir de décharger le patronat de sa responsabilité, le transfert des cotisations chômage vers la CSG est injuste envers les retraités et profondément grave pour tous les travailleurs.

- Macron a de nouveau attaqué les cheminots en menaçant leur régime « spécial » pourtant associé à leurs contraintes et à leur mission de service public.

- Aux fonctionnaires, il a déjà infligé le gel des salaires et des recrutements.

- Aux locataires et aux étudiants : la baisse des APL,

- Aux retraités, une augmentation de 1,7% de la CSG dès 1.200 euros mensuels …

LES CONDITIONS DE LA CONSTRUCTION D’UNE  LARGE CONVERGENCE DES LUTTES EXISTENT DONC BIEN.

Et le succès de la journée d’actions interprofessionnelle qui a associé grèves dans les entreprises et manifestations rassemblant de 400.000 personnes montre qu’un rapport de forces peut se construire pour mettre en échec, TOUT DE SUITE, les mesures antisociales commandées par le patronat.

Un rapport de forces construit dans la lutte et la grève !

Communistes, nous sommes déterminés à agir pour « démonter » les ordonnances et expliquer comment la plupart des salariés risquent concrètement de les subir, pour construire les convergences de lutte contre ce qui serait un véritable recul de société. Communistes, nous ferons tout pour développer les luttes, les actions jusqu’au retrait des ordonnances Macron.

Rien à attendre d’une prochaine duperie électorale (en 2022!)

Grâce à une abstention record, Macron dispose d’une large majorité à l’Assemblée nationale mais il ne bénéficie pas – loin de là – d’un soutien majoritaire pour casser le marché du travail.

Il le sait ! C’est même pour cela qu’il veut bloquer toute perspective politique : désespérer les citoyens coincés entre une droite et son extrême, dangereusement renforcée, mêlant démagogie sociale, nationalisme et racisme et « une gauche », comme Hamon ou Mélenchon, cachant son réformisme et son populisme derrière de grandes déclarations … d’intention renvoyant à un douteux succès électoral sans contenu.

Non, le monde du travail ne peut pas se permettre d’attendre à nouveau 5 ans une prochaine duperie électorale.

Non, il n’existe aucun début de majorité politique qui ne s’exprimerait que le week-end derrière un hypothétique sauveur suprême.

12 et 21 septembre: faire grandir l’opposition jusqu’au RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON !

Partons des mobilisations syndicales des 12 et 21 septembre pour faire grandir l’opposition jusqu’au RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON !

(PCF Paris 15 – sept. 2017)

L’an dernier, l’opinion publique s’est opposée massivement – à 80% selon les enquêtes – à la loi El-Khomry. Une large sympathie, s’est exprimée pour les manifestations pour son retrait.

Cette année, les ordonnances Macron vont beaucoup plus loin dans la casse du code du travail, au-delà de la question du temps de travail. Nous affirmons que la même opposition existe qu’en 2016 dans le pays.

Quel travailleur, quel jeune à la porte de l’emploi, va croire que faciliter les licenciements, c’est « bon contre le chômage » ?

Avec les ordonnances, un salarié pourra être licencié pour refus d’une modification du contrat de travail pourtant signé avec son patron. S’il licencie abusivement sans cause économique réelle et sérieuse, un patron ne pourra plus être condamné qu’à des indemnités minimes aux prud’hommes. Les multinationales pourront déplacer leur profit vers des filiales à l’étranger pour mieux licencier et délocaliser en France. Les petits patrons pourront imposer des bouleversements de l’organisation du travail, remettre en cause les primes, malgré les accords de branches et le code du travail. Ils pourront organiser des « référendums » internes, là où ils disposent de tous les moyens de pression. Ils pourront faire sans les syndicats. Le repreneur d’un sous-traitant pourra remettre à zéro les acquis concédés aux salariés par l’ancien prestataire. Etc.

Il y en a pour 159 pages de mesures techniques et vicieuses concoctées par le patronat et que le gouvernement veut imposer par

une guerre éclair de 6 semaines contre le monde du travail.

Ce coup de force doit ouvrir une nouvelle étape dans la « libéralisation », le retour à la loi de jungle, du marché du travail. L’étatisation programmée de l’assurance chômage va finir de décharger le patronat de sa responsabilité dans le chômage. Le transfert des cotisations chômage vers la CSG n’est pas seulement dur et injuste pour les retraités (1,7% de prélèvement !) mais profondément grave pour tous les travailleurs.

Les dégâts des mêmes politiques dans les pays voisins, coordonnées par l’UE, sont connus, de la Grèce à l’Allemagne (où la proportion de travailleurs pauvres atteint 22% contre 7% en France). Il s’agit d’écraser les salaires, de généraliser la précarité, d’accentuer la surexploitation. L’aide aux PME est un alibi. Les profits sont absorbés par les donneurs d’ordres et vont à leurs dividendes. En fait de lutte contre le chômage, il s’agit de dissoudre la définition de l’emploi (aussi avec l’extension des CDI de « mission », en fait des CDD sans prime de précarité).

Il n’en est que plus important de stopper net Macron maintenant.

Partant de l’expérience de l’an dernier, le mouvement social peut gagner en 2017.

En 2016, la mobilisation des travailleurs, avec les syndicats revendicatifs, a été forte. Elle s’est heurtée à la répression scandaleuse de Manuel Valls, détournant son « état d’urgence » contre les salariés.

La convergence n’a pas été totalement réussie avec les mouvements des cheminots et des fonctionnaires, pourtant confrontés au même moment à de très graves atteintes, eux aussi, contre leurs statuts.

Surtout, le mouvement s’est trouvé court-circuité par le début de la campagne des présidentielles, les calculs politiciens et la propagation de nouvelles illusions électorales.

Cette année, les suppôts de Macron prétendent que les ordonnances faisaient partie de son programme. Quel mépris décidément de la part de ce président! Les textes ont été tenus au secret jusqu’au 31 août. La « concertation » de l’été avec les syndicats s’est effectuée dans le vide.

En début de quinquennat, il est risqué pour Macron d’envoyer les forces de répression contre des manifestants.

Choisissant d’imposer d’entrée sa ligne antisociale, Macron a de nouveau attaqué les cheminots en menaçant leur régime « spécial », pourtant associé à leur mission de service public. Aux fonctionnaires, il a déjà inflige le gel des salaires et des recrutements ; aux jeunes, la baisse des APL ; aux retraités, la ponction de 1,7% de CSG au-dessus de 1200 euros par mois. Les conditions d’une construction d’une large convergence de luttes existent, aujourd’hui comme hier, sur les statut et le marché du travail. Elle est nécessaire pour tous.

Le capital et le patronat comptent sur le blocage de la perspective politique

pour faire passer leur plan historique de recul social. Avec leurs médias, ils ont réussi à faire élire Macron et à brouiller le jeu politicien. Logiquement, la cote de popularité de Macron redescend vite et reviens à son faible socle du 1er tour de la présidentielle : 24% des voix correspondant à ceux qui ont le moins intérêt au changement.

Macron ne bénéficie pas d’un soutien majoritaire pour sa casse du marché du travail. Mais il n’existe pas d’opposition du côté des institutions et des organisations politiques pour l’empêcher.

Le président dispose d’une majorité pléthorique de « fans »  à l’Assemblée, élue grâce à une abstention record. La présidentielle a laissé à l’extrême-droite et à la droite le terrain de l’opposition politique principale. L’extrême-droite, dangereusement renforcée, reprend déjà son discours mêlant démagogie sociale, nationalisme et haine anti-immigrés. L’élimination de Fillon a libéré un espace à une droite libérale-réactionnaire située entre Macron et Le Pen.

Ce n’est quand même pas le général de Villiers qui va être le champion de la lutte contre l’austérité en pleurant hypocritement sur les dépenses de surarmement (alors qu’encore 850 millions d’euros ont été détournés des budgets civils vers les opérations extérieures)

De l’autre côté, l’opération « En Marche » a phagocyté une grande partie du PS faisant passer pour « radicaux » des politiciens réformistes comme Hamon, fils spirituel du père de la CSG Rocard et ministre de Hollande, où Mélenchon qui – souvenons-nous – appelait à voter Hollande au 2ème tour de 2012 comme pour lui-même.

Le populisme, l’agitation de Mélenchon de ses « fans » ne doivent pas cacher l’absence de tout anticapitalisme et de lutte des classes – jusqu’aux mots – dans leur programme. Communistes, nous condamnons l’opération de JLM et FI, leur tentative de détournement politicien du mouvement social qui ne fait que renvoyer toute perspective de changement à 2022.

Le monde du travail ne peut pas se permettre d’attendre à nouveau 5 ans une prochaine duperie électorale, comme le conçoit le système. Il n’existe aucun début de majorité le week-end derrière un hypothétique sauveur et le « coup d’Etat social » de FI.

Mais un rapport de force existe pour mettre en échec, tout de suite, les mesures antisociales commandées par le patronat. C’est seulement dans la lutte, la grève qu’il peut et doit s’exprimer. Sur ce terrain, les diversions de droite et d’extrême-droite sont également disqualifiées.

Aussi, communistes, nous ferons tout pour développer la lutte, les actions, les grèves pour LE RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON, à commencer par les manifestations initiées par la CGT les 12 et 21 septembre 2017.

Les jours et les semaines qui viennent doivent être utilisées pour démonter les ordonnances, expliquer comment la plupart des salariés risquent concrètement de les subir, à construire les convergences de lutte contre la remise en cause des statuts du travail.

Dans l’histoire récente, d’autres dirigeants politiciens, frais émoulus, péroraient  sûrs d’eux, « droits dans leurs bottes », après leur avènement. Le mouvement social peut envoyer à Macron et à ses ordonnances la même claque qu’à Juppé et à son plan en 1995, à Villepin et à son CPE en 2006.

Son amie, c’est la finance ! Ne laissons pas Macron, élu par défaut, gouverner par défaut ! Sans attendre, ripostons, préparons les luttes ! – Tract

juin 2017

Macron président, ancien ministre de Hollande, recrute un premier-ministre de droite et d’anciens ministres de Sarkozy. Nous ne sommes pas surpris. Depuis 30 ans, droite et « gauche » se succèdent pour infliger la même politique antisociale à notre peuple. Communistes, nous n’avions pas, déjà en 2012, été de ceux qui ont propagé de graves illusions sur Hollande. Le système de l’alternance arrivait à bout de souffle. Fillon était trop clairement marqué à droite, risquant de déclencher une révolte sociale, comme Juppé en 1995. Face à ces réalités, le système, c’est-à-dire la finance, le grand patronat et leurs médias, a réussi à imposer Macron, le candidat de la confusion, sous l’emballage marketing du renouvellement. Cela s’est fait péniblement, après une suite de coups bas, de unes de magazine « people », avec en fin de compte, les voix au 1er tour de seulement 1 électeur sur 6. Le Pen a joué pleinement son rôle de diversion, de repoussoir et de faire valoir de la politique du capital, « moindre mal ». Ce faisant, et nous en mesurons la gravité, l’hypothèse d’un recours à la droite extrême par le système s’est renforcée.
Macron ne bénéficie d’aucun état de grâce. Travailleurs, ne lui laissons aucun répit !

Les 80% d’opposition, en 2016, à la loi EL-Khomri existent toujours alors qu’il veut encore l’aggraver ! Le candidat aux discours creux dissimule de moins en moins son programme de casse sociale. Bien sûr, le flou va persister encore quelques semaines jusqu’aux législatives. Une « personnalité » comme Nicolas Hulot, courtisée par toute la « gauche », même « radicale », nommée ministre y contribue. Le présentateur de la télé commerciale, VRP en shampoing hier, est plus que jamais aujourd’hui le VRP du capitalisme « vert », par lequel le pouvoir justifie de nouvelles taxes.
Les législatives vont servir à la recomposition politique destinée à égarer le peuple dans les 5 ans à venir.

Dans la suite de la présidentielle, le FN va essayer de se poser en principal opposant, de fait en son meilleur faire-valoir. Le parti de la division et de la haine hésite entre accentuer sa démagogie sociale ou renforcer son ultra-conservatisme. L’alliance avec le bourgeois propret Dupont-Aignant montre à quel point l’opposition du FN à l’UE du capital et à l’euro est factice et n’est que phrases nationalistes. L’épisode confusionniste gauche+droite Macron va permettre à la droite et la « gauche » de se reconstituer. La droite est partie pour le faire sur une ligne toujours aussi économiquement « libérale » mais socialement encore plus réactionnaire avec des ponts tendus à l’extrême-droite. La « gauche » espère se refaire une virginité par une cure d’opposition. On a remarqué comment Hollande et Cazeneuve ont voulu s’afficher « socialistes » et « de gauche » après la passation de pouvoir, tout comme Cambadélis. Les clans Aubry, Hidalgo ou Hamon, s’organisent au PS pour incarner des courants de « gauches » de nouvelle social-démocratie. Le politicien maastrichien Mélenchon, sur un mode populiste et mégalo, entend le faire hors du PS qu’il veut ouvertement « remplacer ». La recomposition d’une gauche réformiste, avec un pilier populiste et un autre socio-démocrate, pour mieux faire patienter d’ici 2022 ? Non merci!

Vu ce constat, communistes, nous considérons que, dans la période, seule les luttes sociales, peuvent et doivent, sans attendre, faire face à la politique de Macron et préparer la véritable alternative politique. La reconstruction du PCF, parti révolutionnaire historique de la classe ouvrière en France, à l’origine des plus importants acquis sociaux (36/45/68) s’inscrit dans cette nécessité immédiate.
Les axes de riposte et de rassemblement du monde du travail se précisent en même temps que les attaques présidentielles et gouvernementales s’annoncent. Ce sont nos priorités !

NON AUX GUERRES FRANCAISES ! Le jour de son avènement, Macron a voulu parader en véhicule militaire, avant de jouer au chef au Mali. Quelques jours auparavant, Hollande posait, dans le 15ème à Balard, la première pierre d’un monument aux soldats français morts dans les guerres étrangères de la France depuis les années 60. Il ne s’agissait pas de pleurer la mémoire de nos morts, encore moins des victimes des interventions françaises, mais de préparer l’opinion à de nouvelles opérations extérieures ruineuses en argent, dramatiques en pertes humaines. La hausse à 2% du PIB, 8% du budget de l’Etat des dépenses militaires va représenter une ponction de 9 milliards d’euros sur les budgets sociaux. Ce n’est pas avec des armes de guerre, en exacerbant les tensions au Moyen-Orient ou en Afrique que l’on va contrecarrer des tireurs isolés à Paris. Sortie de l’Otan et de toute défense intégrée européenne ! Retour de tous les soldats français déployés à l’étranger ! Baisse du budget militaire et suppression unilatérale de l’arme atomique française !

Ses amis, c’est les riches financiers ! Macron a annoncé la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes financières, maintenant l’ISF uniquement sur les patrimoines immobiliers. Ce cadeau aux actionnaires et spéculateurs est inacceptable. Il représente 3 milliards d’euros par an. On mesure le sens et les limites de la « moralisation » de la vie publique présentée par Macron !

Suppression de la taxe d’habitation : piège ! Macron projette la suppression de la taxe d’habitation (TH) pour 80% des foyers. La TH est un impôt très inégal. Mais la « réforme » de Macron est dangereuse. Au lieu d’équilibrer les contributions, il s’agit de priver les communes de leur dernière recette indépendante, de les mettre sous tutelle avant de mieux les mettre à la diète, aux dépens de tous les services publics et emplois municipaux.

L’école de l’inégalité comme principe ? Macron et son nouveau ministre, M. Blanquer, ancien collaborateur sous Sarkozy, s’apprête à poursuivre et aggraver la politique de Mme Belkacem. C’est notamment un théoricien de la dissolution de l’éducation nationale dans des structures « autonomes », plus ou moins délaissées et/ou dépendantes des potentats locaux, contre l’école laïque et républicaine. Quelques mesures démagogiques vers les zones d’éducation prioritaire serviront à camoufler la destruction du système. Aucun moyen supplémentaire n’est d’ailleurs alloué pour mettre en place ces mesures.

Sécurité sociale/Santé/hôpital : danger ! CICE transformé en baisse de cotisations patronales. Hausse de 17 milliards de la CSG par basculement de cotisations salariales et ponction (1,7%) sur 50% des retraités. Nouvelle étape structurelle dans la sape du financement solidaire de la Sécu par le salaire socialisé. Aggravation avec la retenue à la source même repoussée à 2019. Conséquences directes sur l’assurance maladie et l’hôpital public.

Marché du travail/Assurance chômage. Provocation dans l’aggravation par ordonnances de la loi El-Khomri. Le modèle : contrat zéro heure au Royaume-Uni ou plan Hartz en Allemagne. Assurance chômage : les entreprises lavées de leurs responsabilités. Une étatisation de l’Unedic dans le sens de baisser les indemnités, d’obliger les chômeurs à accepter des emplois sous-qualifiés et sous-payés, d’instaurer un service du travail obligatoire.

Le jour de son « sacre », Macron a donné un autre signal symbolique, à côté de sa descente des Champs-Elysées en « command car ». Il est venu apporter à Anne Hidalgo son soutien total aux JO 2024 à Paris devant le Comité olympique international. Une gabegie pour tout le long du quinquennat ! Tous les budgets prévisionnels des JO depuis 1988 se sont avérés outrancièrement sous-estimés. Il faut en moyenne multiplier la note par deux : de 6,5 milliards d’euros à 13 pour Paris 2024 ? Les principaux bénéficiaires sont les grands groupes capitalistes. Les perdants, les budgets publics parfois jusqu’à la faillite comme au Brésil et en Grèce. Les retombées sociales sont symboliques. Les JO à l’ère de la marchandisation n’ont plus grand-chose à voir avec le sport amateur mais tout avec la débauche de publicité. Les habitants de Munich, de Hambourg, de Rome et de Budapest ont pu faire valoir leur refus des JO auprès de leurs autorités. Paris (et l’Ile-de-France) sera-t-elle la seule ville à exclure la population de toute consultation ? Exigeons un référendum !

La victoire de Macron à la présidentielle ne marque assurément pas un renouveau politique, mais bien au contraire la continuation et l’aggravation des politiques libérales en faveur du patronat. Travailleurs, soyons prêts dans nos entreprises et dans nos quartiers à riposter, dès les semaines qui suivront les élections législatives, aux provocations lancées par le banquier Macron. Non à la casse des services publics, non à la destruction du droit du travail, non aux guerres impérialistes ! Oui à une politique qui réponde aux intérêts populaires !