Economie / Luttes

Après les présidentielles : Intensifier la résistance sociale et les luttes ! – tract 1er mai

Contre la casse sociale, l’exploitation, Pour la paix. Manifestons le 1er mai!

Repris de PCF Paris 15.

Avec l’élection présidentielle au suffrage direct (que, communistes, nous avons toujours dénoncée), aggravée par le quinquennat, le système dispose d’un formidable outil politique et idéologique pour contourner la volonté du peuple.

En 2010, plus de 70% des travailleurs s’opposaient à la casse de la retraite à 60 ans par Sarkozy. En 2016, la même proportion a rejeté la casse du code du travail par Hollande (loi El-Khomri). Pourtant, avec le résultat des présidentielles 2017, les puissances d’argent et le grand patronat sont en état d’aggraver encore ces politiques, également d’engager le pays puis loin dans la logique de militarisation et de guerre. La situation est grave pour le monde du travail.

Le système, avec son idéologie dominante, a atteint trois objectifs, à l’occasion de la présidentielle :

Le système a réussi à dépasser son modèle d’alternance, à bout de souffle, qui voyait droite et ce qui reste de « gauche » se succéder et se compléter pour appliquer la même politique, depuis au moins 1983. Hamon, social-démocrate, pourtant frondeur, mais lâché de tous côtés, a payé pour le bilan de Hollande. Le soldat Fillon a été sacrifié, livré en pâture pour ses petites affaires, peu reluisantes certes, mais si banales. Les projecteurs dirigés sur quelques milliers d’euros ont ébloui suffisamment pour aveugler sur les milliards d’euros transférés vers le capital.

Le système a réussi, de justesse, à introniser le produit politique marketisé Macron, candidat « ni droite, ni gauche », fusionnel et confusionniste, au discours creux, en tant que figure du renouvellement politique. Malgré son passé de grand banquier et de suppôt de Hollande.

Depuis le 1er tour, le programme antisocial de Macron se précise, avant la consécration électorale annoncée du 7 mai.

Le système réussit à établir l’extrême-droite comme principale force d’opposition pour les années qui viennent. Le Pen est au plus haut électoral, en voix, de l’histoire du FN. Elle est renforcée dans son rôle de diversion de la colère et de repoussoir, fausse opposition légitimant la politique au service du capital. Elle l’est d’autant plus devant les ralliements aussi bien de personnalités de « gauche » que de droite à Macron et le dépassement du « clivage gauche-droite ». Par ailleurs, le FN a affiné sa démagogie sociale, ce qui le rapproche d’un parti fasciste. Le duo avec Macron se fait beaucoup sur des sujets de société, comme le multiculturalisme », loin de l’affrontement de classe. Des ponts commencent à être tendus avec la droite « classique » réactionnaire comme avec Dupont-Aignan.

Nous sommes loin de sous-estimer le risque d’utilisation de la droite extrême et de d’extrême droite comme recours prochain du système, comme l’histoire nous le fait craindre.

Troisième sujet de satisfaction pour les tenants du système, ce qui reste de la « gauche », même de « gauche de la gauche », est en passe de se recomposer hors de toute orientation de combat de classe. Sous des formes encore imprécises, un amalgame pourrait se réaliser entre les restes du PS, les socio-démocrates rocardiens, version Hamon ou Aubry, socio-libéraux version Hidalgo et le mouvement populiste institutionnel de Mélenchon. L’effacement du parti historique des travailleurs en France, pas seulement pour ces élections, notre parti, le PCF pèse aussi très lourd.

C’est à partir de ce début d’analyse, à approfondir, que nous nous positionnons dès les semaines qui viennent.

Pour le 2ème tour, l’opération de propagande s’amplifie encore, visant à conditionner la vie politique et sociale des prochaines années. L’idéologie dominante somme les électeurs de choisir le moindre mal contre Le Pen. Communistes (section PCF Paris 15), nous ne disons pas « blanc bonnet/bonnet blanc ». Non, mais Macron et Le Pen sont deux aspects, l’un très grave, l’autre critique pour le peuple, des pouvoirs  au service du capital. Nous refusons de considérer Macron comme un « rempart » contre l’extrême-droite et de nous laisser enrégimenter dans une « Union sacrée » derrière lui. En fait le duo se complète dramatiquement: la politique de l’un fait le lit de la démagogie de l’autre et vice versa.

Voilà pourquoi, nous avons décidé de ne pas donner de consigne de vote pour le 2nd tour. Individuellement, chacun fera selon son âme et conscience. Tous, nous sommes d’accord pour tout faire pour dissuader voisins, collègues, citoyens de voter Le Pen. Tous, nous nous préparons à combattre la politique ultracapitaliste de Macron, auquel nous ne voulons donner aucune caution.

Mais nous disputer entre opposants aux mêmes politiques, tomber dans la dramatisation orchestrée du 2nd tour, c’est rentrer dans le calcul de l’idéologie dominante et faire le jeu et de Macron et de Le Pen, aux dépens des travailleurs.

La bataille pour « faire barrage à l’extrême-droite » s’engage, dans des conditions nouvelles, pour une longue période, bien au-delà du 7 mai. Elle est pour nous indissociable de la lutte contre la politique ultracapitaliste, la purge antisociale dont Macron sera le nom et Le Pen le sinistre faire-valoir, dans un contexte d’approfondissement de la crise du capitalisme.

L’alternative politique ne peut partir, dans les conditions actuelles, que du développement des luttes. En nombre, en conscience et en organisation. Pour combattre la politique de Macron, la mystification et les organisations de l’extrême-droite, pour reconstruire une perspective de progrès pour le monde du travail. Le duo Macron/Le Pen se met en place, notamment sur des questions de société comme le « multiculturalisme ». Remettons la question sociale au centre !

Les mouvements pour les retraites ou contre El-Khomri, ou pour les services publics, l’hôpital, La Poste, la SNCF, ont montré de grandes possibilités de mobilisation. Quand ces luttes dominent, la millionnaire Le Pen et l’énarque Philippot sont démasqués, hors jeu. Ils ne se préoccupent alors que d’attaquer les syndicats de lutte.

Dans la campagne, le FN a franchi un pas dans la démagogie sociale, tout azimut. Mais elle a une limite : l’argent ! La mise en cause du capital est abstraite. Le FN se retrouve toujours, à la fin, dans le camp du patronat. Le discours de haine raciste et de division a aussi sa limite. Qui peut croire que ce sont nos collègues, issus de l’immigration, ou les pauvres réfugiés des guerres impérialistes qui empochent les milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises ?

Communistes, nous n’entendons pas laisser l’opposition à l’UE du capital, que nous avons condamnée depuis sa fondation, il y a 60 ans, au discours nationaliste et hypocrite de Le Pen. Elle s’applique à canaliser l’opposition de classe à l’UE pour mieux dévoyer et renvoyer aux calendes grecques la rupture nécessaire (mais non suffisante) avec les directives, les traités européens et l’euro. Sur la question de l’UE, le duo confusionniste entre Macron et Le Pen ne fait que commencer.

Avec Macron, les contre-réformes du plan Attali apparaissent. Elles pourraient être imposées par un coup de force, par ordonnances (sans débat parlementaire et surtout public). Tout y passe : la poursuite de la sape du financement de la sécurité sociale, la « loi travail » puissance 2, l’attaque contre les statuts, contre la fonction publique en s’y prenant par la territoriale etc. Il annonce notamment la casse de l’UNEDIC et de l’assurance chômage par son étatitsation. Le peu de responsabilité reconnue du patronat dans le chômage disparaîtrait, remplacé par une sorte de service du travail obligatoire.

Sur le plan extérieur, Hollande sera allé jusqu’au bout dans l’alignement sur l’impérialisme américain, notamment en Syrie. Macron s’annonce prêt à prendre la suite de cette politique guerrière de surarmement en haussant le budget militaire, notamment.

Face à cette perspective, la mobilisation du 1er mai, pour la défense et la reconquête des droits sociaux, pour les salaires et retraites, pour les services publics, pour la réponse aux besoins (industrie, agriculture), pour les libertés démocratiques, pour la paix et le désarmement, est essentielle.

C’est la meilleure riposte à Macron et le meilleur barrage à Le Pen.

 

Au 1er tour, nous (PCF Paris 15) n’avons pas donné de consigne de vote, en l’absence de candidat communiste. Les voix se sont réparties « à gauche », notamment sur Mélenchon, souvent sans illusion. Nous exprimons clairement notre désapprobation des conceptions de Mélenchon – culte de la personnalité, dédain des partis, populisme -, notre désaccord avec sa conception dirigiste d’un capitalisme d’Etat, avec de faibles revendications immédiates et une négation de la lutte des classes dans non programme, notre inquiétude devant la perspective politique qu’il propose de changement de régime institutionnel. Populisme, renversement de régime : c’est un terrain dangereux où l’extrême-droite est bien plus à l’aise.

Dans toute la France, des organisations du PCF militent et travaillent à la reconstruction de notre parti, dont nous reconnaissons la crise, mais dont l’histoire de notre pays connaît l’importance.

 

 

 

Le revenu universel de Benoît Hamon : une attaque déguisée contre la sécurité sociale

Présenté comme un marqueur de gauche, le revenu universel de Benoît Hamon constitue un véritable cheval de Troie de la remise en cause de la sécurité sociale et de l’ensemble du système de protection sociale.

Le revenu universel suppose de verser tous les mois à chaque citoyen un revenu d’un montant identique sans contrepartie et sans conditions de ressources. Cette mesure s’oppose donc à la logique des minimas sociaux qui  dépendent en France des difficultés et des besoins particuliers de chacun.

Cette proposition, aussi bien défendue à gauche qu’à droite (comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Christine Boutin), est aujourd’hui largement associée à Benoît Hamon qui en a fait la mesure phare de son programme. Pour « éradiquer la grande précarité », il propose d’instaurer un revenu universel en trois étapes. Dans un premier temps, il s’agit de verser automatiquement le RSA, revalorisé à 600 euros (+10%), à tous les ayant-droits ainsi qu’aux jeunes de 18-25 ans. Dans un deuxième temps, ce revenu universel sera versé à toute la population. Enfin, dans un troisième temps, il s’agit d’organiser une « grande conférence citoyenne » pour préciser les conditions de mise en œuvre du revenu universel, notamment son financement et son montant – tout en annonçant l’ambition de le porter à 750 euros.

En l’état, le revenu universel constitue un double piège pour les salariés et les citoyens. Pour s’en rendre compte, il suffit de se poser la question de son financement.

Le revenu universel : un moyen de réduire les minimas sociaux

Pour un revenu universel de 600 euros, cette mesure coûterait environ 360 milliards par an (600 x 12 x 50 millions) et il est certain que les financements des minimas sociaux en France seront fusionnés et affectés à cette nouvelle mesure. C’est là le premier piège du revenu universel car, en plus d’être inférieur au seuil de pauvreté (960 euros par mois), la somme prévue (600 euros) se révèle inférieure à ce qu’une personne en situation de précarité pourrait prétendre avec le système actuel de protection sociale. Neuf types de prestations sociales répondent aujourd’hui aux situations de précarité, comme le minimum vieillesse ou l’allocation adulte handicapés qui prévoient toutes les deux une allocation maximale de 800 euros. Par ailleurs, certaines de ces aides sociales peuvent être cumulées avec les prestations sociales, de telle sorte qu’en région parisienne un bénéficiaire du RSA et de l’APL peut prétendre parfois à une allocation supérieure. Derrière ses dehors progressistes, le revenu universel est en réalité une mesure destinée à réduire les minimas sociaux.

Le revenu universel : un moyen de casser la sécurité sociale

Par ailleurs, même en mobilisant l’ensemble des financements réservés aux minimas sociaux (24 milliards d’euros en 2015), on est encore loin du compte. Et ce hic du financement du revenu universel ne fait que s’aggraver dès lors qu’on prévoit, comme Benoit Hamon, d’en porter le montant à 750 euros – il en coûterait alors 450 milliards d’euros. Pour financer sa mesure, Benoît Hamon prévoit de nouvelles recettes issues essentiellement de la lutte contre l’évasion fiscale ou la taxation des robots… Cela serait largement insuffisant et ne peut pas être pris au sérieux de la part d’un ancien ministre socialiste d’un gouvernement champion des cadeaux aux entreprises et aux plus riches. A l’inverse, il paraît évident qu’il lui faudra mobiliser une large partie du budget de la Sécurité sociale (450 milliards). Une éventualité qui correspond d’ailleurs au projet de la fondation Jean Jaurès, dont s’inspire Benoit Hamon, qui prévoit que le revenu universel se substitue aux dépenses d’assurance vieillesse (les retraites) et celles d’assurance maladie (sauf pour les affections de longue durée… ce qui rejoint la proposition de François Fillon). Voilà le deuxième piège du revenu universel : sa mise en œuvre implique nécessairement la fin de notre système actuel de Sécurité sociale, reposant  sur les cotisations et la solidarité entre salariés.

Que le revenu universel séduise autant la gauche social-démocrate que la droite ne doit rien au hasard. Comme le projet de fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, défendu – sans faire trop de bruits – par la quasi-totalité des candidats à la présidentielle, cet alignement nous pousse, plus que jamais, à faire monter le rapport de force pour la défense de la sécurité sociale et faire barrage à sa casse programmée.

 

MR pour PCF Paris 15, février 2017

La censure de la politique de la casse du droit du travail ne pourra passer que par la convergence des luttes organisée syndicalement

Tract – pétition, vivelepcf, 12 mai 2016

La censure de la politique de la casse du droit du travail ne pourra passer que par la convergence organisée (syndicalement, politiquement) des luttes des cheminots, des fonctionnaires, des salariés du privé et du public

Le vrai passage en force de la loi Valls/El-Khomri n’a pas lieu à l’Assemblée. L’utilisation par le gouvernement de l’article 49-3 pour couper court aux débats n’est une surprise pour personne. Il ne doit pas masquer qu’au moins 90% des députés, de droite, d’extrême-droite, ou de « gauche » suivent la politique de casse sociale, voulue par le patronat, appliquée par le gouvernement avec l’Union européenne. La quasi-totalité des députés « frondeurs » a approuvé ou laissé passer l’ANI ou la loi Rebsamen déjà contre le code du travail, le « pacte de responsabilité » et le CICE. Le 49-3 fait l’affaire de quelques élus de « gauche » qui espèrent préserver une certaine virginité avant les élections de 2017 : lamentable !

Non, le vrai passage en force, c’est que la loi El-Khomri est adoptée contre l’opposition massive des travailleurs et d’une large majorité de l’opinion publique. Ce rejet n’a pas diminué, ces derniers mois, malgré l’intense propagande du pouvoir, malgré la complicité étudiée des organisations syndicales et politiques de collaboration, les postures variées du Medef, malgré la confusion de certains mouvements de protestation, malgré les provocations violentes.

Le coup de force politique du 11 mai exacerbe la colère. Il peut et doit renforcer la lutte pour le retrait pur et simple de la loi El-Khomri. Il a eu lieu le même jour qu’une grande manifestation nationale des cheminots, précisément contre la casse du statut du travail à la SNCF.

La convergence d’intérêt est totale entre les luttes des cheminots et celle du reste du monde du travail. Les coïncidences, loin d’être fortuites, sont précises. A la SNCF aussi, le travail de sape des syndicats de collaboration qui négocient le poids des chaînes, enfin le niveau du recul social et de la casse du service public, atteint ses limites.

Les conditions existent pour une mobilisation massive et gagnante du monde du travail, avec la jeunesse, dans les prochains jours et les semaines qui viennent. Laissons de côté les calculs politiciens de ceux qui spéculent « à gauche » pour leurs ambitions en 2017 ! Disons à ceux que des mouvances rassemblent sur des places pour « rêver d’un autre monde » que les voies de la construction de cet autre monde, contre le capitalisme, sont connues depuis longtemps : la lutte des classes, les luttes pas à pas qui s’y inscrivent.

Les appels de syndicats locaux de cheminots se multiplient pour des actions plus continues, des grèves, à partir du 18 mai. De nouvelles manifestations nationales contre la loi El-Khomri étaient déjà prévues pour cette date. Les délégués au récent congrès de la CGT ont adopté un appel national à construire un mouvement reconductible pour lui faire échec.

« Ça passe ou ça casse » ? Hollande, Valls, Macron se montrent sûrs que ça va passer. Montrons leur qu’ils se trompent ! Commençons à inverser la politique au service du capital !

Communistes, nous mettons toute notre énergie à soutenir, renforcer et alimenter ces luttes dès maintenant. Censurer la politique du gouvernement : c’est les luttes qui le feront !

Tract manif du 28 avril contre le projet Valls-El-Khomri: « Pas de diversion, Le monde du travail peut seul gagner le retrait du projet de loi Khomri et commencer à mettre en échec la politique du capital ! »

Pas de diversion! Salariés du privé, agents de la SNCF, fonctionnaires, jeunes… :

Le monde du travail peut seul gagner le retrait du projet de loi Khomri et commencer à mettre en échec la politique du capital !

 

  • Retrait pur et simple du projet de loi Valls-Khomri !
  • Limitation légale du recours au CDD. Retour au renouvellement une seule fois seulement et obligation d’embauche en CDI sur le même poste.
  • Maintien intégral du statut SNCF et extension à tous les travailleurs du rail !
  • Retrait du protocole PPCR dans la fonction publique !
  • Augmentation générale des salaires et des pensions !

 

Communistes, nous pensons que les forces existent pour gagner le retrait du projet de loi Valls-El Khomri. Nous jugeons que cette victoire peut être essentielle pour commencer à inverser la politique au service du patronat et du capital menée par les gouvernements successifs. Nous associons notre combat contre cette loi avec, en particulier, la dénonciation du « Pacte de responsabilité », transfert inédit par son montant – 42 milliards d’euros par an – de l’argent du travail socialisé vers le profit capitaliste.

Comme beaucoup, nous répétons que la convergence des luttes sera décisive pour gagner. Mais nous ciblons d’abord la convergence de toutes les luttes présentes contre les attaques contre le statut du travail, les statuts des travailleurs.

La force de la mobilisation des cheminots le 26 avril, à nouveau, contre le décret gouvernemental, dit « décret-socle », qui abaisse les conditions sociales des cheminots, pour faire le lit de la concurrence et de la privatisation, est pour nous indissociable de la grève du 28 contre la casse du code du travail. Ce rassemblement est la condition pour gagner à la SNCF comme dans le pays tout entier. Les luttes, aussi, des fonctionnaires, des personnels hospitaliers par exemple, contre les atteintes multiples au statut général de la fonction publique se situent au cœur de la grande bataille actuelle.

La convergence doit aussi se faire avec la jeunesse qu’elle soit ouvrière, salariée, lycéenne ou étudiante. Nous ne confondons pas la colère et les inquiétudes justes portées par la jeunesse, sous des formes diverses, avec l’impasse de démarches politiciennes facilement récupérées sinon téléguidées dès le départ par l’idéologie dominante. Les limites politiques des « Indignés de Wall Street » ou des « Indignés » en Espagne, se sont confirmées. Nous exprimons notre inquiétude face à des « nuits » qui risquent d’être sans lendemains. Virer le réac Finkielkraut pour applaudir le bourgeois Varoufakis, économiste globe-trotter, ami de Macron, complice de fait de la politique antisociale en Grèce, ne fait pas avancer la bataille. Ni diversion, ni récupération, en vue de telle ou telle recomposition politicienne: c’est le rassemblement dans les luttes sociales – plutôt de jour – qui peut permettre de gagner et de dégager une perspective d’alternative politique.

Communistes, nous insistons donc sur le principal : le retrait du projet de loi Valls-Khomri dangereux et inacceptable. Touffu, il porte des attaques disparates mais graves par exemple contre la médecine du travail et l’inspection du travail. Mais le pire – qui n’est pas le plus lisible pour les travailleurs, nos collègues, nos voisins, nous-mêmes – , c’est l’établissement de « l’inversion de la hiérarchie des normes ». Des « accords » d’entreprise, acquis le couteau sous la gorge par des patrons tout-puissants chez eux, soutenus par des syndicalistes jaunes, auraient le dessus sur les accords de branche, qui pourraient eux-mêmes être supérieurs à la Loi. L’opposition à ce point fondamental est au cœur de notre mobilisation. Encore et toujours !

Le calcul politicien du pouvoir à l’approche de 2017 saute aux yeux. Hollande n’est évidemment plus en mesure de tromper les travailleurs à « gauche » comme en 2012. Avec Valls ou Macron, ils se disputeront le terrain du « social-libéralisme ». Mais le système a besoin d’autres objets politiques pour recréer des illusions, canaliser et détourner les luttes. Le FN est dangereusement en réserve. Les élections présidentielles autrichiennes viennent de marquer un progrès effrayant de l’extrême-droite. Mais le système a aussi besoin de remettre en piste une « gauche » de substitution à la direction du PS discréditée. Dans le cas de crise extrême en Grèce, il l’a fait avec Syriza et Tsipras. Ceux-ci, depuis des mois, avec leurs alliés d’extrême-droite (ANEL), poursuivent les politiques de casse des acquis des travailleurs au profit du capital et de l’UE que les partis traditionnels n’arrivaient plus à faire passer. Pendant ce temps, la droite et l’extrême-droite attendent leur tour ! En comparaison en France, on pourrait rire des numéros téléphonés de Mme Aubry, des « frondeurs » ou de dirigeants de syndicats étudiants, pépinières de cadres politiques de la social-démocratie. On n’est guère surpris des déclarations de certains de ces apprentis politiciens tout à coup enthousiastes devant quelques annonces de fin du quinquennat de Hollande « pour la jeunesse » ? Quel crédit apporter à ces pions du système ?

Ces calculs peuvent et doivent être débordés. Les syndiqués CGT, à travers la phase finale du congrès de leur syndicat à Marseille, ont exprimé fortement, l’exigence d’une ligne de lutte sociale et politique, cohérente et conséquente, contre la politique du capital.

Les syndicats réformistes sont à la manœuvre, et pas seulement la CFDT relais officiel du pouvoir (qui ne jure que par le « dialogue social » et les accords « majoritaires » mais qui valide à 10% des voix le plan Hirsch de suppressions de jours de récupération à l’Assistance-Publique/Hôpitaux de Paris).

Notamment à la SNCF, sur un mode corporatiste ou sur un mode gauchiste, les syndicats jaunes, épaulés par les médias, trouvent tous les arguments pour dissuader l’aspiration au rassemblement des luttes parallèles, masquer la convergence d’intérêt, face au gouvernement, des batailles contre ses projets de loi Khomri et de « décret-socle ». Dans la suite de l’immense mobilisation contre la « réforme ferroviaire » de 2014, en alliance avec des luttes locales de cheminots et des mouvements d’usagers partout en France, il est possible de gagner que le « décret-socle » sorti du chapeau pour tromper la lutte en 2014 garantisse finalement le maintien et l’extension des conditions de travail SNCF des cheminots.

Sur ces voies, la journée nationale de grève et de manifestation du jeudi 28 avril, aussitôt suivie du 1er mai, peut et doit aboutir à une extension et une généralisation du mouvement. Les convergences ne se décrètent pas, encore moins par ceux qui ne les évoquent que pour poursuivre d’autres buts. Elles se construisent. La force et la diversité des mobilisations du 9 et du 31 mars notamment montrent les possibilités.

Communistes, nous mettons toute notre énergie à contribuer à ce rassemblement dans les luttes pour :

=>Le retrait du projet de loi Valls-El-Khomri

=>La dénonciation de son point central : l’inversion de la hiérarchie des normes sociales

=>La réalisation dans la lutte de la convergence d’intérêt manifeste entre travailleurs du privé, du public, notamment de la SNCF, des fonctionnaires, chômeurs (agents du Pôle emploi aussi), de la jeunesse, pour la défense du statut du travail.

C’est la condition d’une perspective d’alternative politique, loin des illusions et des numéros de claquettes des politiciens chevronnés ou amateurs. C’est la condition d’une résistance aux tentations autoritaires et fascisantes du régime en difficulté.

 

 

37ème congrès du PCF : « Reconstruisons le parti de classe ! Priorité au rassemblement dans les luttes »

Le 37ème congrès du PCF se tiendra début juin. Les communistes qui vous distribuent ce tract, avec leurs organisations locales, départementales, ont publié et mettent en débat une plateforme « PCF : reconstruisons le parti de classe ! Priorité au rassemblement dans les luttes ». Vous pouvez la consulter sur internet (www.vivelepcf.fr) ou en obtenir un exemplaire papier à cette adresse : cahierscommunistes@orange.fr