PCF – Vie du Parti – CN

Fête de l’HUMA 2017: débat sur l’avenir du PCF – Introduction

Fête de l’HUMA 2017 (Parc départemental de la Courneuve), 15, 16, 17 septembre. Retrouvez-nous sous les stands de la section PCF Paris 15 (av. Joséphine Becker), de la section du PCF Saint-Quentin (av. Valentina Terechkova) et de la fédération du PCF de Haute-Saône (av. Valentina Terechkova). Samedi 16 septembre à 11h sous le stand du PCF Paris 15: débat « Pas d’avenir sans PCF »

«Après la sanction électorale, face à Macron, avant le congrès : PCF, reconstruire le Parti de classe à partir des luttes, ne pas le laisser finir de se dissoudre dans la recomposition de la social-démocratie ».

Avec Corinne Bécourt, secrétaire de la section du PCF de Saint-Quentin de l’Aisne, Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section du PCF de Paris 15ème, membre du Conseil national du PCF, Eric Monnini, secrétaire de la section du PCF du Jarnisy en Meurthe-et-Moselle, Cyril Morlot, secrétaire de la fédération du PCF de Haute-Saône

INTRODUCTION:

Plusieurs évolutions politiques, depuis un an, rendent encore plus impérieux notre objectif de reconstruire le PCF :

Le système et son idéologie dominante ont réussi à mettre en œuvre une recomposition politique inédite pour continuer et aggraver leur politique au service du capital. Des batailles majeures s’annoncent face aux contre-réformes structurelles programmées, notamment celle du marché du travail.

L’avènement orchestré de Macron laisse la droite réactionnaire et l’extrême-droite, elles-mêmes en recomposition, comme recours politique principal pour le capital. A « gauche », la recomposition de la social-démocratie, comme force « d’opposition » durablement minoritaire, s’organise, sur les décombres d’un PS sacrifié, autour du populisme de Mélenchon, du mouvementisme petit-bourgeois, du rocardisme d’un Hamon.

Cette situation est de nature à peser lourdement sur le mouvement syndical et le développement des luttes sociales qui s’annoncent, notamment, dès le 12 septembre, avec la mobilisation nationale CGT contre la poursuite de la casse du droit du travail.

Va peser lourdement également l’effacement historique de notre parti, le PCF, qui a enregistré son plus mauvais résultat électoral depuis sa création, à la limite de la disparition, avec 1,23% des inscrits et 613000 voix aux législatives.

La réunion du Conseil national du PCF des 23 et 24 juin a confirmé que ce résultat catastrophique découle de la stratégie de liquidation des positions et de l’organisation communistes que nous ne cessons de dénoncer.

Après toutes les compromissions pour sauvegarder des députés et l’appareil, Pierre Laurent, sans aucune remise en cause, engage la nouvelle étape de la « réinvention du PCF ».

C’est l’ordre du jour du 38ème congrès avancé de quelques mois, à juin ou novembre 2018, pour s’éloigner de l’échéance des élections européennes, susceptible d’imposer un débat à découvert sur le fond.

Le CN a annoncé la volonté de la direction de se servir de son propre échec pour accélérer la liquidation : un véritable coup de force, d’une direction qui a fini de se disqualifier.

Nous avons analysé cette nouvelle phase, critique, du processus de liquidation. Nous avons décidé de contrer le coup de force, d’engager aussitôt la préparation du congrès, d’imposer le débat démocratique – indissociablement de notre intervention dans les luttes. Après la période électorale, la diversité de nos situations locales dans notre lutte pour la reconstruction du Parti, pèse beaucoup moins.

Notre préparation du prochain congrès peut et doit aussi, dans ces circonstances exceptionnellement graves, être le moment de passer à une nouvelle étape d’organisation pour reconstruire le PCF.

C’est le slogan et l’identification que nous proposons de retenir vis-à-vis des camarades et de l’extérieur, dans la transparence indispensable.

D’ici la Fête de l’Huma, après ce CN, l’appel lancé, par certains d’entre nous, à la démission de Pierre Laurent prend tout son sens : il n’est pas seulement le moyen de remettre en cause les combines électorales désastreuses des 18 derniers mois (primaires/alignement d’en haut sur Mélenchon, négociations humiliantes avec ce dernier etc.), mais clairement de dénoncer et contrer la stratégie de liquidation qui les a amenées et que la direction entend poursuivre coûte-que-coûte.

Nous n’imaginons pas et ne laisserons pas faire un avenir sans PCF!

 

Egalement sous le stand du PCF Paris 15 et celui du PCF Saint-Quentin: MATERIEL MILITANT

En vente: Drapeaux rouges avec faucille et marteau, badges, autocollants, affiche

Dernier numéro de Cahiers communistes

Brochures politiques par thème

Point de rencontre du site

« Solidarité internationale PCF »

Diffusion militante :

En masse, le tract de rentrée, PAR LA LUTTE SOCIALE, GAGNER LE RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON, 25 ANS APRES LE REFERENDUM, FAIRE GRANDIR ENCORE LE NON A MAASTRICHT, 100 ANS APRES, TOUJOURS SUR LA VOIE DE LA REVOLUTION D’OCTOBRE

CARTES D’ADHESION AU PCF !

« Séminaire » du CN du PCF du 25/08/17 : une étape pour préparer un congrès extraordinairement antidémocratique, d’esquive et de poursuite de la stratégie de destruction du Parti.

Emmanuel Dang Tran, 25 août 2017, actualisé 17h  (entre crochets)

Pierre Laurent à l'Université d'été du PS 2014: déjà se "réinventer"!

La direction du PCF invite aujourd’hui, 25 août 2017, avant l’ouverture de « l’université d’été » à Angers, les membres du Conseil national à un « séminaire ». Celui-ci est censé préparer l’organisation du congrès prétendument « extraordinaire » de 2018.

La direction a fourni et diffusé assez largement un projet de « document de consultation des communistes » que discuteront les membres présents à cette réunion, qui n’est pas une session du CN. Je reproduis ce texte ci-dessous, sur lequel je réagis. La version finale sera diffusée par la direction. Aucune modification fondamentale n’est à attendre a priori. [Le texte a suscité un important scepticisme parmi les intervenants et va être profondément retravaillé dans les jours qui viennent, sans que le principe du questionnaire-sondage soit remis en cause. NdA]

Il sera hors de question pour moi de chercher à amender une démarche que je considère être une véritable insulte faite aux communistes.

La méthode de consultation proposée pour préparer l’ordre du jour du congrès est celle du questionnaire « QCM », façon sondage d’opinion, avec un guidage et des « choix multiples » prédéfinis. Un questionnaire anonyme de surcroît ! Chacun sait que le commanditaire d’un sondage public choisit et oriente les questions et les réponses. C’est également le même qui retraitera les réponses ! Quel camarade pourra tomber dans l’illusion d’avoir participé à quelque chose avec une telle caricature de consultation?

Visiblement, Pierre Laurent, et la plupart des directions du PCF veulent pouvoir parler au nom de majorités silencieuses, anonymes, qui n’existent pas, pour échapper ensuite aux vraies questions.

La « consultation » suit les annonces de Pierre Laurent dans son discours-fleuve du CN des 23 et 24 juin. Elle vise clairement à exonérer, au maximum, la direction sortante, malgré son nouvel échec historique, de ce qu’il reste de débat démocratique organisé dans le Parti, tel que les statuts le prévoient quant à la préparation des congrès. C’est le seul point sur lequel le congrès prévu a quelque chose « d’extraordinaire ».

Avec le questionnaire, le seul choix sur lequel les communistes sont invités à trancher, anonymement, c’est la date de tenue du congrès, entre juin ou octobre 2018. Là encore, il ne s’agit que d’avancer de 7 ou de 12 mois le congrès normal, le temps de faire digérer le désaveu de la période électorale 2017. Il s’agit aussi – le texte les mentionne – d’éviter la coïncidence entre le congrès et la préparation des élections européennes de 2019. La critique évidente, à ce moment, ne manquerait pas de monter face aux positions euroconstructives adoptées par la direction du PCF et le PGE ou par Tsipras.

Pour trouver les bonnes réponses, déjà induites par le QCM lui-même, il n’y a qu’à reprendre le discours de juin de Pierre Laurent. Il faut continuer à « réinventer le Parti », pousser plus loin les transformations du Parti etc. continuer sur la même voie.

Maintenant que le « Front de gauche » est enterré, on peut ouvrir une discussion sur ce sujet (en 2008, il a été imposé en marge du 34ème congrès et sans consultation). Mais, pour la direction, une – petite – place dans la recomposition de la gauche social-démocrate, traditionnelle ou populiste, reste l’objectif. Les regroupements pour les élections et la présence à tout prix dans les institutions restent, plus que jamais, la priorité.

Deux débats de diversion, déjà repérables dans le discours de P. Laurent, sont confirmés dans l’orientation du questionnaire. Une discussion largement à vide s’annonce sur les « classes populaires » (expression antimarxiste, les classes se définissant par une position dans la production et la création de plus-value) mais excluant tout retour au Parti de classe. Une discussion sur les identifiants du Parti, que l’on maintiendra officiellement, – le changement de nom n’est plus évoqué – vise à tranquilliser les adhérents, comme la reprise gratuite du mot « révolutionnaire », alors qu’on ne cesse de les vider de leur contenu et de les délaisser.

Ce séminaire et ce questionnaire préparent l’orientation de l’assemblée des animateurs de section du 14 octobre [peut-être reportée au 18 novembre] dont les directions vont s’efforcer de verrouiller la participation. Celle-ci n’est pas davantage habilitée à contourner les statuts et la préparation des congrès.

La gravité de la situation du Parti exige un vrai congrès, non un congrès bâclé comme les 36 et 37èmes, et encore moins un congrès via enquête d’opinion !

Les communistes doivent pouvoir disposer et discuter d’un texte national commun posant un rapport d’activité de la direction sortante, un bilan des positionnements suivis depuis plusieurs congrès. Et ce au plus tôt. Ils doivent pouvoir ébattre et se prononcer sur les questions stratégiques de fond et les plus immédiates : réorientation de l’UE ou rupture avec l’UE, combinaisons avec des organisations de « gauche » ou rassemblement à partir des luttes, modulation des aides aux entreprises ou rupture avec la politique au service du capital etc.

Après la méthode Coué infligée lors du dernier CN de juin, cette nouvelle étape marque la volonté de la direction du Parti de passer en force – fût-ce sur le mode dilatoire et soporifique – d’esquiver les débats, de poursuivre jusqu’au bout la ligne de « mutation/transformation/liquidation ».

Pour le Parti et ce qu’il doit porter dans la lutte des classes, malgré la marginalisation et le discrédit, mais au vu de ce que continue à représenter notre Parti, les camarades ne doivent ni se décourager et s’éloigner, ni se résoudre encore à  un faux « moindre mal » et une fausse unité de ce qui reste.

Je fais partie de ceux qui considèrent, encore davantage aujourd’hui, que Pierre Laurent et la direction exécutive ne sont pas à même d’organiser le congrès et qu’ils devraient démissionner (APPEL A SIGNER EN LIEN).

D’accord ou non, tous les communistes doivent se réunir dans l’exigence du respect de statut, avec proposition de résolution d’un CN assumant ses responsabilités, textes alternatifs et vote(s) et avec le temps, l’impulsion et l’impartialité nécessaires à l’échange.

Ce n’est pas l’état d’esprit de l’équipe dirigeante. C’est aux communistes de l’imposer, d’engager eux-mêmes le processus de reconstruction du Parti de classe en donnant la priorité au rassemblement dans les luttes.

 

 

 

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CI-DESSOUS : ATTENTION DOCUMENT DE TRAVAIL PROVISOIRE NON ADOPTE : IL SERA LARGEMENT MODIFIE. NOUS LE REPRODUISONS, SUIVANT LE SOUCI GENERAL DE TRANSPARENCE, POUR LA MESURE DE L’ETAT D’ESPRIT DE LA DIRECTION DU PARTI

Consultation des communistes sur les thèmes et chantiers du congrès extraordinaire 2018

en vue de la réunion nationale des animateurs de sections

Le Conseil national a décidé de tenir un congrès extraordinaire du PCF en 2018 et non en 2019 comme prévu initialement.

Pourquoi un congrès extraordinaire ?

La situation politique de ces derniers mois, avec notamment l’élection de Trump aux États-Unis, les derniers événements en Amérique latine ou encore les guerres sans fin au Moyen-Orient, est marquée au niveau international par des affrontements extrêmement violents. La concentration des richesses, les affrontements guerriers, les actes terroristes qui frappent sur tous les continents,  la résurgence des organisations d’extrême-droite montrent à quel point l’humanité peut sombrer dans un chaos. En France, l’élection de Macron est également le témoignage de cet affrontement au niveau national. La séquence électorale de 2017 a bouleversé le système politique dans notre pays. La situation n’est pas stabilisée et la crise politique et sociale reste entière. Les premières décisions du pouvoir Macron sont brutales et appellent la construction de ripostes fortes. Des rendez-vous de première importance nécessiteront décisions et dispositifs efficaces, dont celui des européenne de 2019. Notre parti a maintenu un groupe de députés à l’Assemblée nationale, mais avec des résultats législatifs historiquement bas. La question de l’avenir de notre combat et de la forme qu’il doit prendre est posée. Le paysage à gauche a totalement changé, et derrière ce choc politique, se développent des révolutions profondes de notre société et du monde où cohabitent des dangers immenses et une grande recherche de renouveau dans la société française. Notre combat communiste est plus utile que jamais pour répondre au besoin de justice et de paix mais il doit être profondément repensé dans ces conditions nouvelles.

- Pourquoi une consultation des communistes ?

Ce document de consultation est un élément important pour la préparation du congrès extraordinaire en 2018. Il s’agit de travailler à définir les chantiers que nous souhaiterions voir aborder à l’occasion de notre congrès. Les résultats de ce document de consultation seront versés aux débats de l’assemblée des animateurs de section du 14 octobre.

Cette assemblée proposera la liste des chantiers de travail ainsi que l’ordre du jour du congrès, sa date et sa méthode de préparation.

Cette consultation ouverte à l’ensemble des adhérents de notre parti se déroule du 26 août au 7 octobre et sera traitée de façon anonyme.

Il est important que chacun s’empare de ce questionnaire afin de permettre au plus grand nombre d’adhérents de notre parti de s’exprimer sur les questions qu’ils souhaitent voir aborder à l’occasion de notre congrès et de faire vivre notre plus bel atout, notre intelligence collective.

 

 

I. Quels chantiers pour ce congrès?

1.1 Bilan et enseignements de la dernière période

Nous avons besoin de cerner ensemble les difficultés, comme les points d’appui, de la dernière période et les enseignements de la nouvelle situation politique, en identifiant et distinguant les questions conjoncturelles (derniers choix stratégiques) et les questions structurelles (évolution longue, changements de société…) :

➔ Front de gauche : 

  • As-tu participé à des assemblées citoyennes dans ta ville/ton entreprise ? OUI/NON
  • Nous proposons de faire ensemble le bilan de l’expérience du Front de gauche de ces dernières années. Es-tu d’accord avec cette proposition ? OUI / NON
  • Si tu le souhaites, partage ici quelques premiers éléments de ton expérience à ce sujet :

………….

➔ Fronts de luttes :

  • As-tu participé à des initiatives et/ou luttes concrètes associant des citoyen‑ne‑s, des syndicats, des associations, mouvements, élu-e-s ? OUI / NON
  • Te semble-t-il nécessaire de revenir collectivement sur les enseignements de ces expériences ? OUI / NON
  • Si tu le souhaites, partage ici quelques premiers éléments de ton expérience à ce sujet :

………….

➔ Consultation citoyenne :

  • As-tu rempli toi-même la grande consultation ? OUI/NON
  • As-tu fait remplir la grande consultation ? OUI/NON
  • Te semble-t-il nécessaire de revenir collectivement sur les enseignements de cette initiative nationale ? OUI / NON
  • Si tu le souhaites, partage ici quelques premiers éléments de ton expérience à ce sujet :

………….

➔ Séquences électorales 2017 :

  • As-tu pris part à la campagne :

◦   présidentielle

◦   législatives

◦   aucune des 2

  • Nous proposons de travailler ensemble à un bilan de ces campagnes. Es-tu d’accord ? OUI / NON
  • Si tu le souhaites, partage ici quelques premiers éléments de ton expérience à ce sujet :

………….

En s’appuyant sur les axes ci-dessus, élargis à ceux qui remonteront de nos travaux des mois prochains, pour mieux alimenter et enrichir le débat sur les transformations du PCF, nous proposons qu’un bilan des dernières années constitue un premier point de notre congrès.

Es-tu d’accord avec cette proposition ? OUI / NON 

Selon toi, un autre sujet doit-il figurer au bilan ? Si oui, lequel ?

 

            1.2 Quels chantiers de transformation  pour le PCF?

Le Parti communiste français est appelé à se réinventer pour contribuer, dans les mois et années à venir, à l’amorce d’un processus de transformation sociale au service des intérêts populaires de notre pays. Son rôle, son avenir sont à interroger. Quels sujets te semble-t-il important d’aborder lors du congrès dans ce but :

 

➔ La question de notre stratégie de transformation concrète

Penses-tu que cette question doit être abordée ? OUI / NON

➔ Si oui, choisis parmi 3 questions ci-dessous, numérote-les de 1 à 3 par ordre d’importance pour toi :

■ Notre projet est-il à la hauteur de la société du 21e siècle ?  Quels sont les nouveaux enjeux à prendre en compte ?

■ Comment faire vivre et progresser notre projet ? A partir de quelles aspirations de la société ?  Dans quelles luttes ?

■ Comment devenir un parti de la conquête citoyenne ? Comment permettre la participation citoyenne ?

■ Quel rassemblement voulons-nous, avec qui, comment ? Avec quels objectifs ? Quels outils ?

■ Conquérir des lieux de pouvoirs et les exercer ? Pour quoi faire ? Avec qui ?

■ Quelle gauche voulons-nous reconstruire ? comment y faire entendre notre singularité ?

■ Autres :

 

 De qui sommes-nous ou voulons-nous être le parti ?

Penses-tu que cette question doit être travaillée et mise en débat ? OUI / NON

➔ Si oui, choisis parmi 3 questions ci-dessous, numérote-les de 1 à 3 par ordre d’importance pour toi :.

■ Comment redevenir le parti des classes populaires ? Qu’est ce que cela signifie ?Quelles priorités se donner?

 

■ Comment rendre constructives les colères populaires et citoyennes qui s’expriment ?

■ Quelles sont les formes d’engagement les plus adaptées pour y arriver ?

■ De quels modes d’organisation avons-nous besoin pour permettre à chacun de trouver sa place dans notre parti?

■ Autres :

 

  De quel parti avons-nous besoin ?

Penses-tu que cette question doit être travaillée et mise en débat ? OUI / NON

Si oui, choisis parmi 3 questions ci-dessous, numérote-les de 1 à 3 par ordre d’importance pour toi :

■ Quelle nouvelle forme d’organisation démocratique révolutionnaire adaptée aux nouvelles configurations territoriales et institutionnelles?

■ Quels nouveaux usages collaboratifs et démocratiques à imaginer, à développer ?

■ Comment concilier cohérence nationale et réalités locales dans nos luttes, nos campagnes ?  Comment, à partir de nos bonnes pratiques locales et du travail de nos élu-e-s, construire les outils de notre stratégie nationale de transformation sociale ?

■ Comment mener la bataille idéologique face au rouleau compresseur libéral ?  Comment mieux animer nos campagnes à hauteur de cette ambition ?

■ Quel rôle et quelle place des directions dans notre parti?

■ Quels moyens humains et financiers pour mettre en œuvre ces politiques ?

■ Autres :

 

  Les identifiants du PCF, la communication, la visibilité,

Penses-tu que cette question doit être abordée ? OUI / NON

➔ Si oui, choisis parmi 3 questions ci-dessous, numérote-les de 1 à 3 par ordre d’importance pour toi :

■ Comment définir le communisme d’aujourd’hui ? Comment le PCF l’incarne-t-il , au quotidien de nos luttes et dans nos combats à long terme ?

■ Refonder des repères et des symboles forts, lesquels et comment ?

■ Reconstruire notre communication à partir d’une redéfinition, claire et accessible pour tous, à partir d’ identifiants forts de notre parti ?

■ Comment organiser l’apport et la pratique du numérique dans la transmission, la diffusion et l’animation de nos idées ?

■  Comment retravailler notre relation aux médias, et aux nouveaux médias ?

■ Autres :

 

➔ As tu d’autres propositions de chantiers à traiter ? (3 maximum)

………

 

➔ Pour travailler concrètement à ces chantiers, as-tu des initiatives nouvelles à proposer,   des expériences à faire partager ?

   ……..

 

II. Quelle méthode pour le congrès ?

Pour enrichir les échanges et travaux des animateurs de section, et les aider à se déterminer, peux-tu exprimer tes choix prioritaires de date, processus et méthodes du congrès extraordinaire :

➔ Date du Congrès extraordinaire (coche ton choix)

■ JUIN 2018

■ OCTOBRE 2018

➔ Processus d’élaboration

• Plutôt que de discuter d’emblée un texte global dans nos sections et nos fédérations, nous proposons d’ouvrir des chantiers de travail et de transformation que déciderait l’Assemblée nationale du 14 octobre.

Ces chantiers, animés nationalement, seraient ouverts à tous les communistes. Ils soumettraient des conclusions et des décisions au printemps ou avant l’été selon la date du Congrès. C’est sur ces propositions que les communistes débattraient et voteraient au Congrès.

■ Es-tu d’accord ?  OUI / NON

■ As-tu une autre proposition ?

……

➔ Méthode de travail pour le processus d’élaboration

• Pour créer plus de liens et un travail collaboratif entre les réflexions des groupes de travail, ou des sections/fédérations et contributions personnelles, nous proposons d’utiliser une plate-forme numérique organisée par chantier.

Cependant les camarades souhaitant s’exprimer hors plate-forme pourront bien-sûr le faire par mail, courrier etc.

■ Es-tu d’accord ? OUI / NON :

■ As-tu une autre méthode à proposer ?

….

• Nous proposons qu’une consultation des communistes, affinée par les décisions de l’assemblée nationale des animateurs et animatrices de section, soit poursuivie sur chacun des chantiers avec des méthodes qui devront être décidées à partir du 14 octobre

■ Es-tu d’accord ? OUI / NON :

■ As-tu une autre méthode à proposer ?

➔ Implications de sympathisants, non adhérents, acteurs du mouvement social et citoyen, intellectuels …

• Tout le long de notre processus de travail sur les différents chantiers, nous proposons que nous puissions, sur certains sujets, auditionner, consulter des acteurs de la société.

■ Es-tu d’accord ? OUI / NON :

■ As-tu une autre méthode à proposer ?

 

 

III. Ton engagement / ton expérience/ ton rapport au parti / priorité des campagnes

Nom :

Prénom :

Fédération :

Section :

Date de naissance : JJ/MM/AAAA

Mobile :

Mail :

Date d’adhésion :

Situation professionnelle : CDI/ CCD/ Privé d’emploi/ Etudiant / Lycéen

 

➔ Quels événements et raisons ont motivé ton adhésion ?

 

➔ En plus de ton implication au PCF est-tu militant(e) d’une organisation syndicale ou associative ?

• Si oui laquelle :

• Y exerces-tu des responsabilités ? Oui / Non

 

➔ Verses-tu des cotisations régulièrement au PCF  ? OUI/ NON

 

➔ As-tu des contacts réguliers avec les communistes de ta section : OUI/ NON

• Si non, pourquoi ?

 

➔ Assistes-tu au AG de ta section ?

■ Systématiquement, sauf empêchement

■ Quand l’AG a un enjeu important (vote…)

■ Rarement, cela ne t’intéresse pas

■ Impossible avec ton emploi du temps familial ou professionnel

■ Tu n’aimes pas le mode de fonctionnement en AG

■ Tu ne souhaites pas prendre la parole en public

■ Autres :

 

➔ As-tu déjà participé à une formation du PCF ? OUI / NON

• Si oui laquelle :

 

➔  Milites-tu ? (cocher) :

■ Chaque semaine

■ Régulièrement selon l’actualité

■ En période de campagne électorale

■ Rarement faute de disponibilité

■ Jamais car je ne me sens pas à l’aise sur le terrain

■ Autre :

 

➔ Où milites-tu ? (Cocher)

■ Dans ton entreprise ou  lieu de travail

■ Dans un quartier populaire

■ En zone rurale

■ Dans ta ville, ton quartier

■ Dans un collectif thématique

■ Autre :

 

➔ Exerces-tu ou as-tu exercé une ou des responsabilité-s au sein du PCF ? (locale/départementale/nationale) : oui /non

• Si oui,  la/lesquelles :

• Sur quelle période les, l’as-tu exercée(s) :

➔ Es-tu ou as-tu été élu(e) communiste ? oui /non

• Si oui ton ou tes mandats :

• Sur quelle période les, l’as-tu exercé(s) :

 

 

➔ Parmi tes compétences, ou connaissances lesquelles pourraient être utiles au Parti :

……

 

 

 

➔ Quelles sont pour toi les 3 campagnes prioritaires à mener dans les mois à venir ?

-

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 Quelles sont pour toi les 3 combats/défis prioritaires à mener dans les années à venir ?

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➔ Qu’est-ce qu’être communiste pour toi aujourd’hui ? (En 4 lignes) 

Evidemment que nous ne défilerons pas derrière Mélenchon le 18 mars !

Nous n’irons pas, communistes de la section du PCF Paris 15ème, défiler derrière Mélenchon le 18 mars. Et ce n’est pas parce que Mélenchon prétend interdire les drapeaux rouges au rassemblement derrière sa personne.

Non, c’est parce que notre drapeau, orné de la faucille et du marteau, porte une perspective révolutionnaire et une voie pour y arriver qui sont totalement contradictoires avec la fumeuse « 6ème république » de MM. Mélenchon, Montebourg (et plus discrètement de M. Hamon).

Il est significatif que, jamais dans les 120 pages du programme de Mélenchon, « L’Avenir en commun », n’apparaissent le mot « capitalisme » et l’expression « lutte des classes ». Communistes, la raison d’être de notre engagement conscient est justement de rompre avec le premier en élevant le niveau de la seconde.

Au contraire, Mélenchon voudrait entraîner les aspirations populaires au changement vers une hypothétique réforme, un colmatage de la démocratie bourgeoise.

Marx et Lénine ont le plus clairement démontré combien la démocratie bourgeoise, formelle, cachait la dictature de fait de la classe dominante.

Bien conscients de cette vérité, communistes, nous défendons pied à pied les libertés démocratiques conquises et nous battons pour en arracher d’autres. Mais nous ne nous trompons pas de sens. C’est le rapport de classe dans la production et la société qui oblige la classe dominante, l’Etat bourgeois, à concéder des libertés, qu’ils tentent incessamment de reprendre. Ce n’est pas l’inverse : un bon prince qui octroierait des libéralités, fût-il élu dans un scrutin (contrairement à l’arrivée de De Gaulle au pouvoir en mai 1958), hors de tout rapport de force de classe organisé dans le pays.

Oui, communistes, nous combattons, entre autres, les intercommunalités, les communautés d’agglomération, les grandes régions qui servent à éloigner les lieux de décision des citoyens. Oui, nous nous battons pour le service public, élément essentiel de la démocratie. Oui, nous nous battons pour l’accès au droit, pour la proportionnelle, pour la suppression du Sénat etc. Nous ne désertons aucun terrain de lutte.

Parfois aussi, nous nous battons contre l’inflation d’institutions et de modalités en reprenant les formes de la démocratie bourgeoise pour mieux étouffer l’expression des salariés dans l’entreprise, le droit des syndicats révolutionnaire. Une pseudo-démocratie formelle envahit les relations sociales à l’entreprise où elle prétend établir la validité de « votes » soumis à la prépondérance de l’influence patronale (ex : certaines conséquences des nouvelles règles de « représentativité syndicale »).

Une de nos batailles principales est aussi de nous opposer au déplacement vers l’Union européenne des lieux de décision, notamment depuis et avec l’euro. Les rapports de classe s’étant formés et existant dans le cadre national – pour une longtemps encore -, l’alliance capitaliste et impérialiste qu’est l’UE, sert à contourner les acquis sociaux et démocratiques des classes ouvrières de chaque pays pour renforcer l’exploitation des travailleurs, les mettre en concurrence.

Tout cela, aussi, nous sépare fondamentalement de Mélenchon. Nous ne ferons pas l’affront à celui qui aspire aux plus hautes fonctions de ne pas avoir compris le sens du Traité de Maastricht, quand il en a défendu la philosophie comme porte-parole du PS au Sénat.

Devant la crise de légitimité de l’UE, aujourd’hui, il met en avant une perspective alambiquée et trompeuse, déjà parce qu’elle est conditionnée à son impossible élection. Un « plan A » propage l’idée, l’illusion, d’une réforme possible de l’UE du capital par une renégociation : un « plan A » comme Tsipras ! Un « plan B », conditionné à la fois à l’élection de Mélenchon et à l’issue des tractations du « plan A », envisage une rupture avec l’UE mais seulement une renégociation de son instrument le plus contraignant, l’euro. C’est un « plan B » comme Varoufakis ! La 6ème République est bien loin de l’émancipation de la tutelle de l’UE du capital, de la rupture avec l’application de ces directives que nous prônons !

Non seulement Mélenchon détourne l’aspiration au changement sur le terrain erroné de la réforme de la démocratie bourgeoise, mais il le fait dangereusement avec jeux  et postures politiciens, son « populisme » assumé.

Interrogé, entre autres, par la presse, sur les mesures à prendre contre la corruption, Mélenchon répond qu’il faut limiter la succession des mandats électoraux des parlementaires, lui qui a été 23 ans sénateur, 3 ans ministre et qu’il est depuis 8 ans député européen… Comment l’opinion, les électeurs vont-ils apprécier ce cynisme ?

Avant les législatives, la « France insoumise », comme le « Parti de gauche » avant les élections précédentes, se déploie en tractations, jeux et coups politiciens pour les candidatures et les places, inspirée par les pratiques des courants du PS ou de la figure de référence de JLM, François Mitterrand. Comment l’opinion, les électeurs (notamment les communistes qui ont de la mémoire) vont-ils apprécier cette peu alléchante préfiguration de la « 6ème république » ?

La désignation de Hamon, au lieu de Valls, à la primaire a largement dégonflé la posture de radicalité à gauche de Mélenchon. Les similitudes entre les deux socio-démocrates apparaissent clairement. Mélenchon confirme qu’il observe un « pacte de non-aggression » avec Hamon. Mais l’on ne se dirige pas vers un désistement de l’un sur l’autre qui, seul, laisserait envisager la possibilité d’une victoire. A l’émission « On n’est pas couché » de France 2, Mélenchon explique que cela permettra de capter des électorats plus larges. De plus en plus clairement, on constate que les candidatures Hamon et Mélenchon préparent une recomposition politique à gauche, une cure d’opposition pour retrouver un peu de crédibilité d’ici 2022, canaliser aussi le mouvement social. Ils ne sortent pas du schéma politicien de l’alternance : leur « 6ème république » est tout sauf une rupture du côté social-démocrate !

Enfin et, c’est le plus grave, Mélenchon qui prétend rompre avec la 5ème République et le pouvoir personnel, mène la campagne la plus personnelle, frisant le culte de la personnalité. Il met en avant la fiction dangereuse d’une « relation directe » entre le dirigeant et le peuple, affiche son mépris notamment des partis.

Dans un autre contexte, la candidature de Mélenchon nous laisserait à peu près indifférents. Pour deux raisons, ce n’est pas le cas en 2017.

Premièrement parce que  son « populisme de gauche », que célébrera le rassemblement du 18 mars, alimente gravement le populisme de droite. Deuxièmement – et là Mélenchon n’y est pour rien – parce que la direction de notre parti, le PCF, a choisi, faute de vouloir défendre des positions communistes, de s’aligner sur lui et de jouer le rôle du dindon de la farce en espérant s’en sortir dans la recomposition politique à gauche qui suivra les législatives.

Mais ce n’est pas le choix et la perspective des militants communistes que vous rencontrez dans les quartiers et entreprises du 15ème !

CN du PCF des 24&25/09/2016. Analyse d’Emmanuel Dang Tran. Choisir de temporiser, de rester dans l’impasse politique, de tenir les communistes à l’écart: pourquoi?

Conseil national du PCF des 24 et 25 septembre 2016. Compte-rendu et analyse d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris.

Le CN des 24 et 25 septembre 2016 était principalement consacré à la stratégie pour les élections de 2017. Je suis intervenu le 24, mon intervention valant explication de vote contre le « relevé de décisions » (de non-décisions) final. J’ai été, à ma surprise, le seul à voter contre (72 pour, 7 abstentions) malgré la méthode antidémocratique et l’impasse politique que traduit ce texte. A noter que mon camarade Cyril Morlot, qui siégeait à mes côtés, aurait voté contre mais, invité en tant que secrétaire de la fédération de la Haute-Saône, il ne pouvait pas prendre part au vote. Au dernier congrès, en mépris du respect proclamé de la « diversité », la direction a éliminé du CN tous les autres militants et responsables d’organisations du Parti qui ont défendu la motion « Reconstruisons le Parti de classe ! Priorité au rassemblement dans les luttes ».

Comme ces camarades, je ne me sens absolument pas tenu de participer à une unité de façade derrière les choix de Pierre Laurent, d’autant moins, sur le sujet, après sa décision unilatérale de janvier dernier d’inscrire le Parti dans la logique des « primaires ». Comme mes camarades, je ne conçois pas non plus la prudence et l’attentisme de certains, soucieux de préserver des positions électives octroyées par le PS.

Ceci étant rappelé, j’en viens au CN lui-même. La session des 24 et 25 septembre a été particulièrement navrante tant la décision imposée était justement de ne pas prendre de décisions, de les retarder au maximum. Le choix, puisqu’on est dans l’impasse, c’est de rester dans l’impasse. Le processus statutaire de consultation des communistes n’est pas enclenché d’ici la convention nationale du 5 novembre. Il y a de forts risques que celle-ci ne décide de rien non plus. Les communistes sont seulement autorisés à discuter dans le vide. Les pénibles séances de fin 2006, lorsque la direction d’alors négociait la candidature des « collectifs antilibéraux », en tenant les adhérents du Parti à l’écart, reviennent en mémoire. En pire !

Cette méthode ne tient pas de la maladresse. Non, elle est le reflet d’une ligne politique impossible à assumer, tant elle est suicidaire et contraire à la raison d’être de notre parti, aux attentes de l’avant-garde des travailleurs en lutte. Ce que le congrès précipité, bâclé – avec un texte de la direction délibérément nul et illisible -, avec une stratégie réelle définie a posteriori hors des débats de congrès, a tenté de masquer, apparaît au grand jour. La seule perspective offerte par la ligne de Pierre Laurent, c’est  de mettre, contre une certaine rétribution, la marque historique PCF au service d’une recomposition de la gauche réformiste, susceptible de recréer des illusions et de canaliser la protestation populaire avant ou, plus probablement, après l’alternance de 2017. L’attention appuyée de la direction nationale à l’égard de « personnalités », mouillées jusqu’au cou dans le social-libéralisme et l’opportunisme, tour à tour Duflot, Montebourg ou Taubira constraste avec le mépris à l’endroit des communistes.

Le mot « rassemblement » a été omniprésent dans les interventions et l’est dans le « relevé de décision ». Mais rassemblement de qui ? De ces personnalités, de leurs partis bidon, sans réalité sociale, d’une large frange du PS, voire de tout le PS sauf Hollande, Valls et Macron ! L’Huma est même prête à faire passer Hidalgo, championne de la spéculation immobilière à Paris, pour une tenante de l’aile gauche ! L’inquiétude légitime devant la poussée de l’extrême-droite et de la droite est dramatisée et instrumentalisée pour justifier cette imposture, cette logique mortifère du moindre mal. Les luttes, notamment la mobilisation contre la loi El-Khomri, sont réduites à des illustrations, à un mythe fondateur de ce pauvre « rassemblement ». Tout au contraire, conscients de l’opération politicienne, nous devrions y voir une base et agir pour une montée générale des luttes sur une perspective de rupture, objectivement non électorale pour l’instant…

Mais comme d’habitude, de l’action du Parti dans les luttes, et dans leur avant-garde, il n‘a point été question au CN. La seule initiative avancée – la plupart des membres du CN reconnaissant le peu d’enthousiasme des camarades – est le questionnaire démagogique « Que demande le peuple », digne de ce que les sociétés de marketing appellent un (mauvais) « sondage charriot ».

La perspective d’insertion – jusqu’à effacement total – du PCF dans cette recomposition politicienne est aussi indéfendable, dans le Parti et publiquement – que le fond réformiste qui va avec. La référence de Pierre Laurent, c’est le Parti de la gauche européenne, la politique de Tsipras, son asservissement à l’UE, son hyper-austérité ! Les électeurs « de gauche » sont pourtant bien refroidis maintenant. Que le « Brexit », vote de classe, ne trouve pas suffisamment de relais politiques en Grande-Bretagne est une chose à constater et analyser. Mais la direction du PCF et le PGE choisissent de désavouer le vote des Britanniques (au passage contredisant nos camarades anglais, gallois et irlandais). Chez les travailleurs en France, même dans le « peuple de gauche », il ne se trouve pas grand monde pour croire que quelques économistes sauront subvertir, de l’intérieur, les orientations de la Banque centrale européenne pour réorienter vers le bonheur cette construction capitaliste antipopulaire !

Tout ce contexte, ces non-dits, expliquent l’indécision choisie des groupes dirigeants du Parti et les « hypothèses » soumises par le « relevé de décision » à des débats à la cantonade d’ici le 5 novembre. Comme un camarade de bon sens l’a dit au CN : il serait plus correct d’indiquer aux communistes une date où ils pourraient réellement se prononcer en connaissance de cause, même si c’est après la primaire du PS (et de la gauche) en janvier.

D’ici là, les dirigeants du PCF sont dans la spéculation. Est-ce que ce sera Hollande ? Et dans ce cas-là, il y a de la place pour un ou plusieurs candidats de la « gauche de la gauche ». Si c’est Montebourg ou Hamon, on pourra plus facilement s’effacer et négocier pour les législatives. La cote de Mélenchon, le lièvre de la fable, peut varier considérablement selon ces scénarios et il peut devenir autant un tremplin qu’un boulet électoral… Tout cela pour ceux qui aiment la politique façon sciences-po !

Enfermées dans ces considérations, dans cette conception fausse et politicienne du rassemblement, les trois options proposées par le « relevé de décisions », exclusives ou complémentaires, sont mauvaises.

Le choix de se ranger derrière Mélenchon était inacceptable pour moi avant 2012. Il l’est toujours. Je me suis amusé d’entendre des camarades du CN s’offusquer de son populisme, de son bonapartisme, de sa démagogie. Mélenchon n’a pas changé. Les mêmes me sifflaient lorsque je citai, avant 2012, dès 2008, tous les exploits de ce politicien mitterrandien.

Aux camarades qui sincèrement, sans ignorer ce qu’ils appellent pudiquement « les défauts » du personnage, considèrent qu’il est le seul à pouvoir faire gagner une option de « gauche » aux élections, je réponds qu’ils se font des illusions, qu’ils tombent dans le piège de la présidentialisation que le Parti n’a cessé de dénoncer, qu’ils ne prennent pas en compte les dangers profonds du discours de Mélenchon. Son populisme inachevé risque – et la démonstration a été faite dans le Pas-de-Calais déjà – de servir de marchepied au FN.  Puisqu’il est beaucoup question en ce moment du sulfureux conseiller fasciste de Sarkozy, Patrick Buisson, il n’est pas inutile de rappeler que Mélenchon et lui entretiennent une vieille amitié politique.

Devant l’insatisfaction des communistes, leur frustration devant cette ligne d’impuissance, certains proposent – c’est une des options mises en débat – une vraie-fausse candidature, un leurre pour tenter d’exister dans le débat médiatique (avec un « appel à candidatures » dans le « relevé de décisions » borné par l’acceptation de la stratégie de « rassemblement » politicien). Puis, cette candidature, on la retirerait en janvier ! Ceux qui prônent ainsi une déclaration de candidature de Pierre Laurent dès maintenant ne lui font pas un cadeau. Il serait littéralement massacré dans les sondages ! Et le Parti avec ! Un candidat communiste sur la ligne de Tsipras, sur une ligne pro-UE, un candidat qui ne cesse de rechercher le rassemblement le plus large « à gauche » et donc de se dévaloriser lui-même !

Si jamais le PS et le système décidaient de maintenir Hollande candidat, pour mieux recomposer la gauche après son échec électoral cinglant, et que Pierre Laurent présente effectivement sa candidature, le pire est à redouter. Souvenons-nous de ce que représentait le PCF début 2002 et de ce qu’il a représenté ensuite, après la bérézina de Hue aux présidentielles (3,37%).

Pour certains, dans un premier temps, la candidature-leurre pourrait être portée par une personnalité plus consensuelle, plus pateline, celle d’André Chassaigne. Mais l’expérience a été faite depuis 2011 de ses conceptions. En 2011, il se présentait pour donner le change et cautionner Mélenchon. Depuis, comme avant, il est, dans le « Front de gauche » et à l’Assemblée, l’un des plus chaleureux partisans du rassemblement de toute la gauche, avec presque tout le PS. Les cheminots n’auront pas oublié que cela l’a amené à ne pas s’opposer en commission parlementaire aux pires articles de la « réforme » ferroviaire en 2014, dont la dissolution de la SNCF.

Reste la 3ème hypothèse proposée : celle d’attendre pour mieux attendre, y compris le 5 novembre. C’est celle qui traduit le plus sincèrement l’état d’esprit du CN. Peut-être même que, dans l’intérêt du parti, vu l’état de la direction, si l’on attendait mai 2017, ce ne serait pas plus mal. Une membre du CN a d’ailleurs fait remarquer, à juste titre, que pour les législatives, ramené localement, on n’a pas trop de mal à imaginer des accords à gauche…

Mais, par rapport à ce que représente et doit encore représenter notre Parti, par rapport aux attentes des communistes, ce choix de résignation est tout aussi inacceptable.  Et je ne l’accepte pas.

Dans cette situation difficile et navrante, que bien des camarades, nous ne découvrons pas, il me semble que le plus important reste, plus que jamais, de faire s’élever la lucidité, de se débarrasser des illusions et d’aller à l’essentiel : sauver notre parti de ces stratégies suicidaires, en le faisant vivre, dans le plus d’entreprises, de villes et de campagnes, sur des bases de classe. Autant que possible, aussi, dans les campagnes électorales dans un maximum de circonscriptions aux législatives.

Ne laissons pas réduire à prétextes électoraux décoratifs les mobilisations contre la loi El-Khomri, contre la répression antisyndicale, contre l’état d’urgence (approuvé par Chassaigne et Laurent !), contre la guerre impérialiste, contre la casse des services publics et de la Sécurité sociale ! Développons les arguments, les campagnes, les luttes, les perspectives de rupture contre cette politique, contre la politique du capital, mise en œuvre par une démocratie bourgeoise aux abois, prête à recourir au fascisme et coordonnées par l’UE et le capitalisme international.

C’est l’option que nous allons faire entendre le plus fortement possible, en faisant jouer tout ce qu’il peut y avoir encore de démocratique dans les statuts actuels du PCF, et l’engagement sincère de milliers de communistes.

Emmanuel Dang Tran, 29 septembre 2016